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COP16 biodiversité: sprint final à Rome pour un accord sur la finance pour la nature

Riches nations et pays en développement, d’accord sur l’urgence pour l’humanité de stopper sa destruction de la nature, se livrent une ultime bataille jeudi à Rome sur le financement de cet objectif vital, quatre mois après l’échec des négociations de la COP16 en Colombie.Le temps manque mais les milliards de dollars aussi pour que le monde tienne son objectif de cesser d’ici 2030 la déforestation, la surexploitation des ressources et les pollutions qui mettent en péril l’alimentation de l’humanité, la régulation du climat et la survie d’un million d’espèces, menacées d’extinction.Ce dessein, fruit de l’accord historique de Kunming-Montréal scellé fin 2022 lors de la 15e conférence de la Convention sur la diversité biologique (CDB), s’incarne dans un programme de 23 objectifs à réaliser d’ici 2030. Le plus emblématique prévoit de placer 30% des terres et mer dans des aires protégées (contre 17% et 8% actuellement, selon l’ONU).Deux ans plus tard, les 196 pays signataires de la CDB devaient s’accorder à la COP16 de Cali sur la manière de résoudre la faiblesse de financement de cette ambitieuse feuille de route.Celle-ci prévoit que le monde porte à 200 milliards de dollars par an d’ici 2030 les dépenses consacrées à la nature, dont 30 milliards d’aide fournie par les pays développés aux pays pauvres (contre environ 15 milliards en 2022).- Créer un fonds ? -La manière dont l’argent doit être récolté et partagé est devenue toutefois si controversée, entre les grandes puissances et le reste du monde, qu’ils se sont quittés à Cali le 2 novembre sans accord, les obligeant à une prolongation à Rome, débutée mardi au siège de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture).Après deux jours de négociations au bord du Circus Maximus, sur fond de détérioration des relations internationales et de guerres commerciales, les négociateurs ont reçu mercredi en fin de journée un nouveau texte établi par la présidence colombienne, qui cherche à naviguer entre les lignes rouges de chaque bloc.Le principal point d’achoppement est la revendication des pays en développement de créer un fonds dédié à la protection de la nature et placé sous l’autorité de la COP, comme prévu par le texte de la convention sur la biodiversité de 1992.Mais les pays développés – menés par l’Union européenne, le Japon et le Canada en l’absence des États-Unis, non-signataires de la convention mais important contributeur financier – y sont hostiles: ils craignent une fragmentation de l’aide au développement, déjà fragilisée par les crises budgétaires et l’effacement des Américains depuis l’élection de Donald Trump.Le compromis de la présidence colombienne prévoit d'”améliorer les performances” des instruments existants, en premier lieu le Fonds mondial pour l’Environnement (GEF, en anglais) et le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF, en anglais), une solution provisoire adoptée en 2022 et modestement dotée (400 millions de dollars).Le texte renvoie ensuite à la COP18, en 2028, le soin de décider s’il faut un nouveau fonds ou si ces instruments existants peuvent être transformés pour correspondre aux attentes des pays en développement, nombreux, pays africains en tête, à les juger inéquitables et difficiles d’accès.”Nous n’avons pas de temps à perdre, le monde nous regarde et nous avons la responsabilité de lui montrer que le multilatéralisme peut marcher”, a exhorté en plénière le ministre canadien de l’Environnement Steven Guilbeault, pour encourager à accepter le compromis.”Il s’agit d’un texte très soigneusement équilibré”, a abondé le représentant du Royaume-Uni, tandis que la ministre française Agnès Pannier-Runacher appelait à se résigner: “les textes satisfaisants pour tout le monde, ça n’existe pas”, a-t-elle déclaré à la presse.”Nous sommes réellement déçus”, leur a répondu le Brésil, par la voix de sa négociatrice en cheffe, Maria-Angelica Ikeda. La création d’un nouveau fonds “aurait dû être construite à la COP1 et nous avons seulement 15 COP de retard”, soit 30 ans, a-t-elle regretté.Le texte de compromis prévoit une feuille de route pour améliorer d’ici 2030 les différents circuits financiers destinés à la sauvegarde de la nature, afin de répondre aux difficultés des pays pauvres et endettés.Mais “il s’agit d’un processus extrêmement lourd avec de nombreuses étapes”, faisant peser la menace d’une “paralysie bureaucratique”, a déploré le délégué égyptien, tandis que la République démocratique du Congo multipliait les prises de paroles scandalisées.Les débats doivent reprendre à 10H00 et sont censés se conclure dans la soirée, même si la perspective d’une prolongation vendredi reste envisageable.

Dernière émission sur C8 de Cyril Hanouna, qui doit dévoiler ses projets

Il a promis de l’annoncer lors de la dernière de “Touche pas à mon poste” sur C8: autant adulé que décrié, l’animateur Cyril Hanouna doit annoncer jeudi soir ses projets, après l’arrêt de sa chaîne vendredi sur la télé numérique terrestre (TNT).C8, comme NRJ12, vont s’éteindre vendredi soir à minuit, en raison du non-renouvellement de leurs fréquences par l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel.Cela est largement dû pour C8 aux “manquements réitérés” de la chaîne, qui a cumulé 7,6 millions d’euros d’amendes en raison des dérapages de “Baba”, surnom de Hanouna.Mais “mon seul objectif est clair, c’est bien entendu continuer: on va faire une autre émission ou la même”, affirme l’intéressé. TPMP, dont le concept remonte à 2010, revendique chaque jour en moyenne “deux millions et demi” de téléspectateurs.  Cyril Hanouna fait durer le suspense et sans doute monter les enchères, assurant encore ces derniers jours ne pas avoir pris sa décision.La vedette de C8 dévoilera ses intentions jeudi lors d’une soirée spéciale en direct, “TPMP Toute la vérité”, où il répondra à des questions des téléspectateurs.En fin de soirée, il a promis de convoyer en van ses chroniqueurs jusqu’à leur nouveau port d’attache, tenu secret.- Direction M6 ou Canal+ -Deux options se dégagent: rester au sein du groupe Canal+ en migrant sur CStar, chaîne gratuite de la TNT, ou rejoindre le groupe M6.Des discussions ont été entreprises depuis plusieurs semaines pour de possibles émissions à partir de la rentrée prochaine sur la chaîne W9 et la station Fun Radio appartenant à M6. Il s’agit d’un “projet de divertissement”, “pas un projet sociétal ou politique”, donc “c’est quelque chose de très différent de ce que fait aujourd’hui Cyril”, selon le directeur général des activités audio du groupe, Régis Ravanas.Mais cette piste suscite des résistances internes, notamment des journalistes, en raison de la personnalité polémique de l’animateur. “S’il vient, je m’en vais”, avait lâché fin janvier Karine Le Marchand, star de M6. Mais les deux animateurs semblent avoir depuis enterré la hache de guerre. “On a pu lui faire du mal. Je lui présente mes excuses”, a déclaré mardi la figure de C8. Karine Le Marchand en a aussitôt “pris acte” et indiqué qu’elle resterait “vigilante” sur France Inter.”J’ai échangé avec la direction du groupe qui a su me rassurer”, a-t-elle affirmé jeudi matin sur France Inter, précisant qu’elle ne ferait plus obstacle à une éventuelle arrivée de Cyril Hanouna dans le groupe. L’autre voie pour l’animateur pourrait être celle d’une arrivée sur CStar, chaîne musicale de Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, à qui il clame son amitié indéfectible et qui pourrait lui laisser potentiellement davantage de liberté que M6. Ses critères de choix? “Préserver le maximum d’emplois”, dit-il. Il restera quoi qu’il en soit les après-midis des prochains mois à l’antenne d’Europe 1, également dans l’escarcelle de Vincent Bolloré.  – “Fanzouzes” mobilisés -Hanouna a cependant livré deux autres “destinations” possibles pour l’après C8: “chez moi”, ce qui “voudra dire que je vais monter moi-même ma chaîne”, ou “un autre endroit pour me consacrer à autre chose, peut-être pourquoi pas 2027”, année d’élection présidentielle.C’est que Hanouna a, au fil des années, de plus en plus investi les sujets politiques et invité nombre de personnalités de la droite et de l’extrême droite. Il est boycotté par une partie de la gauche. “C’est quoi ces histoires de candidature à la présidentielle?”, l’a interrogé la semaine dernière Jordan Bardella (RN). “On se verra” et “on en parlera”, lui a répondu Hanouna, lors d’une émission de TPMP.Il semble privilégier à ce stade ses “fanzouzes” qui ne ratent aucune de ses émissions et qu’il ne cesse de rassurer sur la suite.La fin de TPMP, “c’est l’horreur, c’est injuste”, se lamentait il y a quelques jours Sylvia Dornier, 62 ans, dans la queue pour assister à un des derniers numéros. Et de promettre: “On le suivra sur une autre chaîne”.

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Arrêt du chantier ou pas: décision-clé jeudi sur le sort de l’A69

Le bitume n’a pas encore été coulé, mais le tracé est en partie réalisé. La justice administrative doit annoncer jeudi si elle met à l’arrêt le colossal chantier de l’A69 qui déjà s’étend sur des dizaines de kilomètres entre Toulouse et Castres, retoquant alors la première infrastructure routière de cette envergure en France.Sur le terrain, les récurrentes actions et manifestations d’opposition se sont taries dans l’attente de la décision du tribunal administratif de Toulouse. Si deux “écureuils” occupent encore un arbre marqué pour être abattu, les militants contre l’A69 patientent sereinement et se disent “très confiants”.  Il faut dire que par deux fois, la rapporteure publique, dont les avis sont régulièrement suivis, a demandé au tribunal administratif de Toulouse “l’annulation totale” de l’arrêté préfectoral qui a permis d’entamer le chantier en 2023. À l’audience du 18 février, cette magistrate, Mona Rousseau, a réaffirmé que les gains espérés de la future autoroute n’étaient pas suffisants pour établir une “raison impérative d’intérêt public majeur” (RIIPM) justifiant les atteintes à l’environnement commises par le projet.Pour ses promoteurs, cet axe de 53 km vise avant tout à désenclaver “le bassin de vie” du sud du Tarn, qui “a besoin de se connecter aux équipements de la capitale régionale” Toulouse, comme l’aéroport ou les hôpitaux, a souligné Yasser Abdoulhoussen, directeur de projet, chargé du pilotage de l’A69 à la préfecture du Tarn.Aussi, à moins que le tribunal ne décide de reporter sa décision, de ne se prononcer que partiellement ou de s’en remettre au Conseil d’État, deux possibilités s’offrent à lui: annuler ou non l’arrêté préfectoral, ce qui engendrerait soit l’arrêt immédiat du chantier, soit, à l’inverse, la poursuite normale des travaux de l’autoroute dont l’ouverture était initialement prévue fin 2025.Quelle que soit la décision, il y aura un appel puis sans doute un recours devant le Conseil d’État. “Donc on va en parler encore pendant des années”, explique à l’AFP Julien Bétaille, maître de conférences en droit de l’environnement à l’université Toulouse Capitole.- “Sursaut prometteur” -Si les anti-A69 obtiennent gain de cause, ce sera un “message fort pour la justice environnementale”, estime l’une de leurs avocates, Alice Terrasse, qui espère “un sursaut prometteur” du tribunal.”Juridiquement, ce ne serait pas une surprise”, commente M. Bétaille, qui juge que cette décision serait “logique” au regard de “l’évolution de la jurisprudence” et du “contexte de changement climatique, d’érosion de la biodiversité”.Mais “statistiquement”, ce serait une “anomalie”, reprend-il, car “dans tout l’historique de la jurisprudence sur les autoroutes en France, aucun projet autoroutier n’a été annulé pour des raisons environnementales”.Pour l’expert, cela signifierait qu'”un verrou a sauté dans la mentalité du juge administratif”, qui accepterait ainsi “de s’attaquer aux autoroutes”. De fait, ce serait la première fois en France qu’une infrastructure routière d’une telle importance est interrompue par un jugement, et non par une décision politique, comme l’abandon du projet d’A45 Lyon/Saint-Étienne en 2018.Le cas du contournement du village touristique de Beynac, en Dordogne, retoqué par la justice administrative, concerne un ouvrage de moindre envergure, avec un budget initial plus de dix fois inférieur aux 450 millions d’euros que doit coûter l’A69.- “Plusieurs millions d’euros” -Plaidant pour la poursuite du chantier, Atosca, constructeur et futur concessionnaire de l’autoroute, affirme avoir “désormais concrétisé plus de 300 millions d’euros, soit 65% du budget total du chantier”.En outre, l’arrêt du chantier serait coûteux, font valoir l’État et Atosca. Il faudrait stabiliser des ouvrages en cours de réalisation, protéger ceux déjà édifiés, surveiller des matériels entreposés ou encore installer des clôtures autour des bassins et fossés ouverts.Cette sécurisation du chantier, ajoutée à l’application des clauses de suspension du contrat, coûterait plusieurs millions d’euros, ajoutent-ils.Dans l’hypothèse d’une décision favorable à l’État et Atosca, le chantier de l’A69 se poursuivrait au moins jusqu’à une décision en appel, qui prendrait plusieurs mois.Dans ce cas-là, “on prendra acte que la justice n’applique pas le droit et qu’il va falloir se débrouiller autrement”, a déclaré Geoffrey Tarroux, du collectif La Voie est libre. “Mais la lutte continuera.”

Arrêt du chantier ou pas: décision-clé jeudi sur le sort de l’A69

Le bitume n’a pas encore été coulé, mais le tracé est en partie réalisé. La justice administrative doit annoncer jeudi si elle met à l’arrêt le colossal chantier de l’A69 qui déjà s’étend sur des dizaines de kilomètres entre Toulouse et Castres, retoquant alors la première infrastructure routière de cette envergure en France.Sur le terrain, les récurrentes actions et manifestations d’opposition se sont taries dans l’attente de la décision du tribunal administratif de Toulouse. Si deux “écureuils” occupent encore un arbre marqué pour être abattu, les militants contre l’A69 patientent sereinement et se disent “très confiants”.  Il faut dire que par deux fois, la rapporteure publique, dont les avis sont régulièrement suivis, a demandé au tribunal administratif de Toulouse “l’annulation totale” de l’arrêté préfectoral qui a permis d’entamer le chantier en 2023. À l’audience du 18 février, cette magistrate, Mona Rousseau, a réaffirmé que les gains espérés de la future autoroute n’étaient pas suffisants pour établir une “raison impérative d’intérêt public majeur” (RIIPM) justifiant les atteintes à l’environnement commises par le projet.Pour ses promoteurs, cet axe de 53 km vise avant tout à désenclaver “le bassin de vie” du sud du Tarn, qui “a besoin de se connecter aux équipements de la capitale régionale” Toulouse, comme l’aéroport ou les hôpitaux, a souligné Yasser Abdoulhoussen, directeur de projet, chargé du pilotage de l’A69 à la préfecture du Tarn.Aussi, à moins que le tribunal ne décide de reporter sa décision, de ne se prononcer que partiellement ou de s’en remettre au Conseil d’État, deux possibilités s’offrent à lui: annuler ou non l’arrêté préfectoral, ce qui engendrerait soit l’arrêt immédiat du chantier, soit, à l’inverse, la poursuite normale des travaux de l’autoroute dont l’ouverture était initialement prévue fin 2025.Quelle que soit la décision, il y aura un appel puis sans doute un recours devant le Conseil d’État. “Donc on va en parler encore pendant des années”, explique à l’AFP Julien Bétaille, maître de conférences en droit de l’environnement à l’université Toulouse Capitole.- “Sursaut prometteur” -Si les anti-A69 obtiennent gain de cause, ce sera un “message fort pour la justice environnementale”, estime l’une de leurs avocates, Alice Terrasse, qui espère “un sursaut prometteur” du tribunal.”Juridiquement, ce ne serait pas une surprise”, commente M. Bétaille, qui juge que cette décision serait “logique” au regard de “l’évolution de la jurisprudence” et du “contexte de changement climatique, d’érosion de la biodiversité”.Mais “statistiquement”, ce serait une “anomalie”, reprend-il, car “dans tout l’historique de la jurisprudence sur les autoroutes en France, aucun projet autoroutier n’a été annulé pour des raisons environnementales”.Pour l’expert, cela signifierait qu'”un verrou a sauté dans la mentalité du juge administratif”, qui accepterait ainsi “de s’attaquer aux autoroutes”. De fait, ce serait la première fois en France qu’une infrastructure routière d’une telle importance est interrompue par un jugement, et non par une décision politique, comme l’abandon du projet d’A45 Lyon/Saint-Étienne en 2018.Le cas du contournement du village touristique de Beynac, en Dordogne, retoqué par la justice administrative, concerne un ouvrage de moindre envergure, avec un budget initial plus de dix fois inférieur aux 450 millions d’euros que doit coûter l’A69.- “Plusieurs millions d’euros” -Plaidant pour la poursuite du chantier, Atosca, constructeur et futur concessionnaire de l’autoroute, affirme avoir “désormais concrétisé plus de 300 millions d’euros, soit 65% du budget total du chantier”.En outre, l’arrêt du chantier serait coûteux, font valoir l’État et Atosca. Il faudrait stabiliser des ouvrages en cours de réalisation, protéger ceux déjà édifiés, surveiller des matériels entreposés ou encore installer des clôtures autour des bassins et fossés ouverts.Cette sécurisation du chantier, ajoutée à l’application des clauses de suspension du contrat, coûterait plusieurs millions d’euros, ajoutent-ils.Dans l’hypothèse d’une décision favorable à l’État et Atosca, le chantier de l’A69 se poursuivrait au moins jusqu’à une décision en appel, qui prendrait plusieurs mois.Dans ce cas-là, “on prendra acte que la justice n’applique pas le droit et qu’il va falloir se débrouiller autrement”, a déclaré Geoffrey Tarroux, du collectif La Voie est libre. “Mais la lutte continuera.”

Mort de Rémi Fraisse: la CEDH juge l’intervention de la gendarmerie

La responsabilité de l’Etat est-elle engagée dans la mort de Rémi Fraisse, en 2014, lors d’affrontements contre le projet de barrage de Sivens ? La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) doit trancher jeudi matin ce dossier emblématique des luttes écologistes.A Lisle-sur-Tarn (Tarn), où le conseil départemental, avec l’appui de l’Etat, développe actuellement un nouveau projet de barrage, le botaniste de 21 ans avait été tué par l’explosion d’une grenade offensive lancée par un gendarme, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014.Le jeune homme participait alors à une de ses premières mobilisations. “Foncièrement pacifiste” selon ses proches, éloigné de toute activité militante, il assurait bénévolement pour France Nature Environnement le suivi de la renoncule à feuille d’ophioglosse, une espèce végétale protégée.Cette nuit-là, au cours d’affrontements violents, la gendarmerie avait tiré plus de 700 grenades en tous genres, dont 42 offensives, selon un décompte officiel cité par Mediapart.La CEDH, qui siège à Strasbourg, est invitée à répondre à deux questions. Le recours à la force par les gendarmes mobiles était-il absolument nécessaire et proportionné ? L’enquête qui a été menée a-t-elle été approfondie, indépendante et impartiale ?Une information judiciaire avait été ouverte à l’époque pour “violence par une personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner”, ensuite requalifiée en “homicide involontaire”. Mais aucun procès pénal ne s’est jamais tenu dans cette affaire.Les investigations avaient été menées par les gendarmes de la commune voisine, ce qui avait alimenté des soupçons de collusion. Les juges d’instruction avaient conclu à un non lieu, confirmé en appel puis en cassation.- Aucune reconstitution -L’absence de procès a créé “une grande frustration”, confie Claire Dujardin, avocate de la sœur, de la mère et de la grand-mère de Rémi Fraisse. “Cela n’arrive jamais. Quand quelqu’un meurt, normalement, il y a un procès.”Son confrère, Arié Alimi, qui défend le père de la victime, dénonce également “un ensemble de circonstances qui ont empêché la manifestation de la vérité”. Il estime “aberrant” le refus des juges d’instruction de procéder à une reconstitution en dépit de “versions extrêmement divergentes entre les protagonistes”, ou l’absence d’audition du préfet: “On l’a demandé plusieurs fois, cela nous a toujours été refusé”.Cette nuit-là, les gendarmes avaient reçu ordre de “défendre et tenir la zone de vie sur le site de Sivens”, le préfet Thierry Gentilhomme exigeant de leur part une “extrême fermeté”, selon les déclarations du chef des gendarmes. L’exécutif avait plus tard assuré au contraire que des consignes “d’apaisement” avaient été passées.Au cours de la procédure, les avocats de la famille avaient également mis en avant que le peloton de gendarmerie avait eu recours à des grenades offensives parce qu’il ne disposait pas de grenades lacrymogènes, plus appropriées, et que le lancer de la grenade, en cloche, ne respectait pas les recommandations d’usage, préconisant de l’envoyer au ras du sol.Des arguments écartés par la Cour de cassation, qui avait jugé les conditions de recours à la force “réunies” et que la présence d’un grillage et d’un fossé “ne permettait pas un lancer” vers le bas.- Nouveau projet -Après les affrontements survenus en 2024 dans le Tarn autour du chantier de l’autoroute A69, “c’est comme si rien n’avait changé, comme si aucune leçon n’avait été tirée”, regrette l’avocate Claire Dujardin. En septembre, plusieurs militants réfugiés dans des arbres étaient tombés de plusieurs mètres de haut au cours d’opérations de gendarmerie et avaient été hospitalisés.Porté par le conseil départemental du Tarn, le projet de barrage de Sivens devait créer une retenue de 1,5 million de mètres cubes d’eau pour l’irrigation de terres agricoles.Le barrage avait été autorisé par la préfecture, qui avait signé une déclaration d’utilité publique, une autorisation de défrichement et une dérogation à la loi sur les espèces protégées.Ces autorisations, jugées illégales, avaient finalement été annulées par la justice en 2016.A Lisle-sur-Tarn, un projet de retenue d’eau a été relancé, selon France 3. Ni le département ni la commune n’ont répondu aux demandes de l’AFP. “Nous avons pour consigne de ne pas répondre aux journalistes”, indique un agent municipal.

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En Asie centrale, la renaissance d’un immense projet soviétique de centrale hydroélectrique

En Asie centrale, pas d’électricité ou d’agriculture sans coopération sur l’eau: après des décennies de rivalités, la construction de l’immense centrale hydroélectrique de Kambar-Ata-1 par le Kirghizstan, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan doit assurer la sécurité énergétique et alimentaire de la région.Fait notable, ce projet, pensé sous l’URSS, a été relancé sans les deux superpuissances voisines que sont la Russie, allié historique, et la Chine, partenaire d’ordinaire incontournable. Il doit permettre de répondre aux pénuries existantes et aux défis causés par le changement climatique.Kambar-Ata-1 est “très important pour l’Asie centrale, sa sécurité alimentaire et énergétique”, a déclaré fin janvier le ministre kirghiz de l’Energie Taalaïbek Ibraev lors d’une visite sur le futur site du chantier, au milieu des montagnes du Kirghizstan, à laquelle a assisté l’AFP.Même enthousiasme quelques jours plus tard lors d’une réunion trilatérale. Pour les ministres ouzbek et kazakh, ce projet “apportera de grands avantages à la région” et “assurera à long-terme la stabilité et le développement de l’Asie centrale”.Des déclarations impensables il y a peu, du fait des rivalités entre nations, mais rendues possibles par un réchauffement des relations en raison d’un déficit hydrique et énergétique croissant insurmontable sans coopération.Mais pour que Kambar-Ata génère de l’électricité à partir des eaux émeraude de la rivière Naryn, il faudra attirer les investisseurs internationaux: au moins 3,5 milliards de dollars sont nécessaires.Les travaux débutant en 2025 vont durer de longues années, à l’instar de la centrale de Rogoun au Tadjikistan, futur plus haut barrage du monde, dont la mise en service est sans cesse repoussée.- “Atténuer l’impact du changement climatique” -L’effondrement économique post-soviétique, la corruption et les conflits avaient tenu à distance les investisseurs et mis un coup d’arrêt aux colossaux projets énergétiques lancé sous l’URSS en Asie centrale, comme Kambar-Ata ou Rogoun.”La chute de l’Union soviétique a détruit les liens hydriques et énergétiques” entre pays centrasiatiques, explique à l’AFP Rassoul Oumbetaliev, spécialiste kirghiz des questions énergétiques.Le défunt président ouzbek “Islam Karimov était constamment opposé à Kambar-Ata-1”, invoquant le spectre d’une “guerre pour les ressources en eau et en énergie”, rappelle l’expert.Dans le système hérité de l’ère soviétique, le Kirghizstan et le Tadjikistan déficitaires en électricité mais situés en amont des fleuves doivent fournir de l’eau au Kazakhstan, à l’Ouzbékistan et au Turkménistan pour l’agriculture.En échange, ceux-ci envoient de l’électricité, mais tous s’accusaient de ne pas respecter leurs engagements.La construction de nouveaux barrages doit résoudre les tensions.D’après M. Oumbetaliev, “Kambar-Ata revêt une grande importance pour le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, qui veulent pendant la saison estivale de l’eau en grande quantité”, qui sera accumulée là-bas.Pour le Kirghizstan, la centrale doit permettre l’export d’électricité vers les pays voisins, voire jusqu’en Afghanistan et au Pakistan. D’autant que le pays utilise d’après la Banque mondiale “moins d’un cinquième de son potentiel hydroélectrique”.Et Kambar-Ata doit pouvoir couvrir le déficit électrique croissant (3,9 milliards de kilowatt-heure en 2024) grâce à sa capacité de production estimée à 5,6 milliards de kilowatt-heure.Tous savent que les pénuries sont appelés à se multiplier, et le phénomène s’aggravera, selon les experts, du fait du changement climatique.Selon la Banque eurasiatique de développement, “construire de nouvelles centrales hydroélectriques tout en rénovant celles existantes atténuera l’impact du changement climatique”. D’après elle, 2023 a été le “point de bascule” dans la prise de conscience des questions hydriques en Asie centrale.- Électricité non rentable -Avec Kambar-Ata-1, qui doit mieux réguler et stocker l’eau, le gouvernement kirghiz attend un effet positif pour les centrales situées en aval.En premier lieu celle de Toktogoul, qui fournit 40% de l’électricité du Kirghizstan.Accroché au coeur de la centrale, un immense bas-relief représente Vladimir Lénine avec une citation de 1920 du fondateur de l’URSS : “Le communisme, c’est le pouvoir des Soviets plus l’électrification de tout le pays”.Le communisme a disparu mais l’électrification n’est toujours pas achevée.Au Kirghizstan, le secteur énergétique n’est pas rentable, vétuste et reste largement subventionné pour contenir les tensions sociales dans un pays à l’économie fragile et prompt à se révolter.Kambar-Ata doit résoudre l’équation, au moins en partie.”Aujourd’hui, le tarif auquel nous vendons ne justifie pas les coûts de production d’électricité. Si nous continuons comme ça, dans 5 à 10 ans, nous n’aurons plus d’électricité. Il faut donc construire la centrale”, a expliqué le ministre kirghiz de l’Energie.

Procès Le Scouarnec: l’ex-épouse n’a rien vu et ne veut toujours rien voir

L’ex-épouse de Joël Le Scouarnec, ex-chirurgien jugé depuis trois jours à Vannes pour des violences sexuelles sur 299 patients, souvent mineurs, ne se doutait pas des penchants pédophiles de son mari, n’a rien vu et ne veut toujours rien voir.Au cours d’une très longue audition parfois difficilement audible en raison de problèmes respiratoires, cette femme de 71 ans a été soumise mercredi à un feu roulant de questions par la cour criminelle du Morbihan.Confrontée aux extraits de carnets de Joël Le Scouarnec laissant penser qu’elle était avertie dès 1996 de son attirance sexuelle pour les enfants, Marie-France maintient n’avoir jamais rien su avant 2017, quand son mari, dont elle était séparée à l’époque, a été interpellé pour le viol d’une fillette de six ans. Le divorce a été prononcé en 2023.Pressée de questions, l’ex-épouse, vêtue de sombre et visiblement coiffée d’une perruque, persiste, s’agace et se plaint d’être malmenée: “je ne sais pas”, “je ne me souviens pas”…”C’est facile après de dire, vous auriez dû faire ça”, s’emporte-t-elle.”Il n’y a rien qui pouvait me laisser le penser. Rien, rien, rien (…) Je n’ai jamais eu de doutes”, a lancé la septuagénaire, accusant même certaines de ses nièces de “mentir” sur des violences sexuelles commises par l’ex-chirurgien.”Jusqu’à l’âge adulte, elle était toujours pendue au cou de mon mari”, a-t-elle déclaré à propos de l’une d’elles, la qualifiant de “petite fille tortueuse”.- Démentis -Elle a aussi assuré ne “jamais” avoir entendu que M. Le Scouarnec avait été condamné en 2005 pour détention d’images pédopornographiques à quatre mois de prison avec sursis, malgré plusieurs affirmations en ce sens auprès des enquêteurs en 2017, lors de l’arrestation de M. Le Scouarnec.Comme les trois petits singes, elle ne voit rien, n’entend rien et ne dit rien non plus.”Je n’ai jamais dit ça”, a-t-elle assuré, disant même avoir été menacée à l’époque par un gendarme. La cour insiste pour lui montrer des photos d’une jeune nièce nue endormie, prises par Joël Le Scouarnec, ou encore un photomontage à caractère sexuel avec le visage d’un de ses fils, effectué là encore par l’ex-chirurgien. Il faut “la mettre en face de certaines réalités”, appuie l’avocat général, Stéphane Kellenberger.Marie-France refuse de les regarder, comme elle refuse de prendre connaissance de certains écrits de sa main relatant les violences sexuelles qu’il inflige à des enfants. “J’ai envie de dormir la nuit”, a-t-elle dit, affirmant avoir été elle-même violée deux fois par des oncles dans son enfance et une fois par un conjoint à l’âge adulte.”C’est abject”, s’exclame-t-elle un peu plus tard, en entendant son ex-mari écrire comme il s’est exhibé devant leur petite-fille âgée de deux ans.Comment n’a-t-elle rien vu ? Marie-France cite d’abord son “hyperactivité”, puis tente “je crois que je ne vois pas le mal”. “C’est tellement énorme, c’est impensable, inconcevable que mon mari puisse avoir fait tout ça”, explique-t-elle. Si elle avait su, elle jure qu’elle aurait traîné son mari “directement à la gendarmerie”. Mais elle rejette la responsabilité sur les autres, comme la mère des nièces violentées par son époux: “si ma belle soeur avait parlé, on n’en serait pas là!”Invitée à avoir un mot de compassion pour les victimes, elle répond en mentionnant les viols dont elle-même dit avoir été victime, enfant puis avec un compagnon en 2013. Elle parle aussi des viols commis sur l’un de ses fils par le père de Joël Le Scouarnec quand il avait entre 5 et 10 ans. Dans le box, son ex-mari, crâne chauve entouré de cheveux blancs et lunettes cerclées, baisse souvent les yeux, le visage fermé, en écoutant les débats.”Je crois qu’il faut qu’il reste en prison (…) après tout ce qu’il a fait”, dit Marie-France, qui dit ne plus l’aimer mais a continué à lui rendre visite en prison.A l’issue de son audition, son ex-mari s’adresse à elle et lui demande pardon, comme à chacun des membres de sa famille jusque-là.- Maison insalubre -En début d’audience, le frère de Joël Le Scouarnec, Patrick Le Scouarnec avait accusé Marie-France d’avoir été “au courant” des agissements pédocriminels de son mari “et elle n’a rien fait”.Elle “aurait pu faire en sorte que mon frère soit interpellé” avant 2017, date de son interpellation, avait affirmé le frère cadet de Joël Le Scouarnec, sans toutefois en avoir de “preuves”.L’ex-chirurgien a été condamné par les assises de Saintes en 2020 à 15 ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces. D’autres violences sexuelles, dont certaines sur une autre nièce, n’ont pas été jugées car prescrites.A Jonzac (Charente-Maritime), avant son interpellation en 2017 pour le viol de sa voisine de six ans -qui a mené à la saisie de carnets et fichiers où le médecin notait scrupuleusement le nom de ses victimes et les violences sexuelles qu’il leur avait imposées entre 1989 et 2014 dans différents hôpitaux-, le médecin “dormait sur un canapé” dans une maison insalubre, assure son frère.

Retour en prison pour Mohamed Amra, soumis à un régime strict d’isolement

Mohamed Amra, le narcotrafiquant remis à la France mardi après neuf mois de cavale et son arrestation en Roumanie, a passé une première journée mercredi dans la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe (Orne) à l’issue de sa mise en examen dans l’enquête sur sa sanglante évasion.L’homme âgé de 30 ans y est confronté à “des consignes d’extrême fermeté”, a assuré à la presse le ministre de la Justice Gérald Darmanin.Il est soumis à une “heure de promenade par jour, seul, sans jamais croiser un autre détenu” et “deux heures de communication téléphoniques” qui seront “écoutées par les services de renseignement”. Pour ses proches ou son avocat, il a le droit à “trois visites par semaine, extrêmement contrôlées, avec des fouilles systématiques”.Présentées comme exceptionnelles par le ministre, la plupart de ces mesures sont toutefois déjà appliquées aux autres détenus à l’isolement, ont souligné auprès de l’AFP des sources proches du dossier.Arrêté sous mandat d’arrêt européen, Mohamed Amra a été transféré de Roumanie en France mardi sous haute sécurité, avant d’être mis en examen dans la soirée au tribunal de Paris pour meurtres, tentative de meurtres, évasion, vol et recel de vol, le tout en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs.- “Dignité” -Dans des affaires judiciaires, “l’isolement peut être justifié, mais il doit se faire dans le respect d’une dignité qu’on doit maintenir”, avait déclaré dans la foulée à la presse l’avocat de Mohamed Amra, Hugues Vigier.Depuis son évasion, le cas Amra a sans cesse été invoqué par le garde des Sceaux pour justifier la création d’une nouvelle prison en juillet, destinée aux trafiquants de stupéfiants et fondée sur un nouveau régime carcéral d’isolement inspiré de la lutte anti-mafia en Italie.Premier objectif: mieux surveiller et comprendre le degré de dangerosité des “17.000 narcotrafiquants” qui dorment “aujourd’hui dans les prisons françaises et “isoler de l’extérieur les 600-700 détenus les plus dangereux”, a réaffirmé mercredi M. Darmanin.Le ministre veut par exemple que ces détenus considérés particulièrement sensibles, déjà mis à l’écart à l’isolement, ne puissent plus être extraits de prison pour être interrogés ou signer des documents, mais aient recours à la visioconférence.Ceux qui gravitent autour de ces criminels d’envergure sont aussi dans la ligne de mire des forces de l’ordre.- Complices “extrêmement différents” -Dans le dossier de Mohamed Amra, une vingtaine de complices présumés étaient toujours en garde à vue mercredi soir.Trois personnes ont été remises en liberté dans la soirée, portant à 19 le nombre de personnes en garde à vue, a affirmé à l’AFP une source proche du dossier. En début de soirée, interviewée sur France 5, la procureure de Paris Laure Beccuau avait de son côté indiqué que 22 gardes à vue étaient encore en cours.Une première vague de suspects – “une dizaine” selon le parquet – doit ainsi être présentée jeudi aux trois magistrats instructeurs en vue de leur éventuelle mise en examen.Par ailleurs, deux personnes ont été arrêtées au Maroc et une en Espagne ces derniers jours. Les formalités d’extradition ou de remise à la France “sont en cours”, selon le parquet. Parmi les personnes arrêtées, se trouvent “une partie des suspects” des meurtres des deux agents pénitentiaires à Incarville (Eure) en mai 2024 lors de l’évasion de Mohamed Amra, a indiqué Laure Beccuau.Les personnes interpellées ont des “profils extrêmement différents”, a souligné la procureure. “On peut considérer qu’autour de lui, M. Amra a su recruter une équipe de fidèles qui ont su recruter des gens avec des spécialisations: vol de véhicules, maquillage, téléphonie…”, a-t-elle détaillé.”Chacun a eu un moment ou à un autre son rôle dans cette fuite, cette évasion”, a-t-elle ajouté. Au cours des neuf mois d’investigations, les enquêteurs, avec en premier rang l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) ont cherché à identifier l’ensemble des personnes ayant pu aider à la préparation, à l’évasion puis à la dissimulation de M. Amra. L’évasion datait du 14 mai 2024, lorsque le détenu multirécidiviste avait été extrait de sa cellule en Normandie pour être amené à un juge d’instruction qui devait l’interroger.Un commando en avait alors profité pour attaquer, à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut le fourgon pénitentiaire au péage d’Incarville pour le libérer, tuant deux agents pénitentiaires et en blessant trois autres.La France avait alors découvert l’existence de Mohamed Amra: adolescent voyou, condamné pour la première fois à 13 ans pour vols aggravés et qui a progressivement “dérivé vers la violence”, pour rejoindre la grande criminalité organisée, d’après un rapport de l’Inspection générale de la justice (IGJ).Avant son évasion, il était déjà poursuivi dans deux informations judiciaires criminelles. Et d’après l’IGJ, la justice le soupçonnait aussi d’être “impliqué dans cinq autres procédures” judiciaires.clw-mk-tll-edy-mby/vgu

Liverpool dispatch Newcastle as title moves into sight after Arsenal stalemate

Liverpool moved a giant step closer to the Premier League title with a ruthless 2-0 win against Newcastle, while Arsenal’s challenge is in tatters after a 0-0 draw against Nottingham Forest on Wednesday.With suspended boss Arne Slot watching from the Anfield stands, Liverpool opened up a massive 13-point lead over second-placed Arsenal thanks to goals …

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A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

L’UE cherche un difficile équilibre entre compétitivité et ambitions climatiques

L’Union européenne a proposé mercredi de mettre un coup de frein à certains de ses projets sur le climat pour donner un peu d’air aux entreprises, soumises à une concurrence féroce venant des Etats-Unis et de la Chine.Sous la pression d’industriels, de Paris et de Berlin, mais au grand dam des ONG, la Commission européenne a proposé la modification de plusieurs textes très ambitieux, dont certains ont été adoptés il y a quelques mois à peine.En faisant cela, l’Europe montre qu’elle “sait se réformer”, a affirmé le commissaire européen Stéphane Séjourné. “Sans tronçonneuse mais avec des hommes et des femmes compétents, qui écoutent les acteurs économiques”, a-t-il lancé, en clin d’oeil à Elon Musk et au président argentin Javier Milei.L’exécutif européen souhaite très concrètement:-  Le report d’un an et la révision du “droit de vigilance” imposé aux industriels. Ce texte exigeait des entreprises qu’elles préviennent et remédient aux violations de droits humains et dommages environnementaux tout au long de leur chaîne de valeur, y compris chez leurs fournisseurs et sous-traitants.- Faire passer de 50.000 à 10.000 le nombre d’entreprises devant se plier à une sorte de comptabilité verte. Le but de cette règle était d’harmoniser la manière dont les entreprises publient leurs données de “durabilité”, mais elle était très critiquée par les lobbies patronaux.La cheffe de l’exécutif européen Ursula von der Leyen avait placé la lutte contre le changement climatique au coeur de son premier mandat. Mais face au risque d’une guerre commerciale avec l’Amérique de Donald Trump, qui menace d’imposer de nouveaux droits de douane au Vieux Continent, elle tourne son attention vers les entreprises.”La France salue le diagnostic clair de la Commission sur les difficultés de l’industrie européenne et les idées novatrices qu’elle propose pour y répondre”, a réagi en soirée le ministère français de l’Economie et des Finances: “le Clean Industrial Deal trace la voie du rebond européen (…) il faut maintenant accélérer son déploiement.”L’organisation patronale française Medef a été moins enthousiaste, qualifiant les annonces d'”insuffisantes”.- Bataille au Parlement – Les propositions de Bruxelles seront soumises à l’approbation du Parlement européen et des Etats membres.Au Parlement, la bataille s’annonce “très difficile”, prédit la centriste Marie-Pierre Vedrenne. Illustration du virage pris par Bruxelles, l’eurodeputée française soutenait il y a encore quelques mois les textes, qu’elle veut aujourd’hui modifier.”Il est vrai qu’en tant qu’élue, quand tu as travaillé pendant cinq ans sur un dossier, ce n’est pas très facile de dire que tu t’es trompée”, confie-t-elle. “Mais je pense que le monde a complètement changé depuis”, assure l’élue.Dans une lettre publiée la semaine dernière, les socialistes ont exhorté la Commission à “revoir” sa copie. Tout comme les ONG environnementales, vent debout contre cette proposition.”C’est du pur délire”, dénonce Amandine Van Den Berghe, de l’ONG ClientEarth. “Changer de cap maintenant pénaliserait fortement les grandes entreprises qui se sont engagées dans la voie du développement durable et qui ont commencé à investir de l’argent et des ressources pour se conformer à la législation”, assure-t-elle.- Mobiliser “jusqu’à 100 milliards d’euros” -L’Europe rétorque qu’elle n’entend pas remettre en cause la lutte contre le changement climatique, ni même son ambition d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.”Nos objectifs climatiques et sociaux restent inchangés”, a assuré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans un discours prononcé face à des industriels, réunis à Anvers.C’est d’ailleurs pourquoi elle a également dévoilé mercredi une stratégie pour soutenir la décarbonation de l’industrie européenne, baptisée “Pacte pour une industrie propre”.Dans ce document d’une vingtaine de pages figurent peu de propositions chiffrées, à part l’objectif de “mobiliser jusqu’à 100 milliards d’euros” pour des projets d’industrie propre. Il comprend aussi une ribambelle d’incitations pour investir dans l’énergie verte, avec une emphase sur le “Made in Europe”.L’UE propose aussi des achats groupés de matières premières essentielles pour l’électronique et les technologies propres, un peu à la manière de ce qu’elle a fait avec les vaccins durant la pandémie.Bruxelles pense avoir une carte à jouer dans ce secteur, face au climatoscepticisme de Donald Trump.”Le fait que les Etats-Unis s’éloignent maintenant de leur programme climatique ne signifie pas que nous devrions faire de même. Au contraire. Cela signifie que nous devons aller de l’avant”, veut croire le commissaire européen à l’Energie, Dan Jørgensen.