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Arrêt du chantier de l’A69: joie des opposants, tristesse des ouvriers

“C’est officiel! Je n’y crois pas!”, s’écrie, du haut du grand arbre où elle campe depuis trois jours à l’entrée de Castres, l’une des deux dernières militantes “écureuils”, qui vient d’apprendre que les travaux de l’autoroute A69 sont suspendus.”Mais on restera mobilisés”, s’empresse d’ajouter l’activiste d’une vingtaine d’années, depuis l’arbre dont elle tenait à empêcher l’éventuel abattage le long de l’autoroute Toulouse-Castres. “Comme quoi, il faut croire à ses rêves. Il faut garder espoir”, crie encore la jeune fille qui souhaite rester dans l’anonymat.”Stop A69. Biodiversité. Danger”, a pu lire un journaliste de l’AFP, sur une grande banderole accroché à l’arbre où elle campe. Même joie de l’autre côté de la petite route qui sépare les arbres occupés par chacune des deux militantes. “C’est une victoire, même si c’est trop tard pour les terres localement. Mais c’est un signal fort pour tous les autres projets. Ca montre que ça vaut le coup de contester, de se saisir des moyens de recours qu’on a pour lutter contre les projets que l’Etat nous impose”, crie la seconde depuis son arbre. Précisant qu’elle ne souhaite pas non plus donner son identité, mais que son âge est dans “la trentaine”, elle commence à préparer son départ.Sur la banderole encore accrochée aux branches de l’arbre, on peut lire en plusieurs couleurs: “A69, arbres menacés”. – “L’autre versant”-A quelques centaines de mètres de distance, un groupe d’ouvriers du chantier discute, près des engins qui avaient été rangés un peu avant la mi-journée. L’ambiance n’est pas du tout la même.”C’est triste. Eux sont contents, mais il y a l’autre versant. On perd notre boulot. On vient de loin. Moi, je viens de Gap. On va être au chômage”, regrette Hugues Lamoulière, 53 ans.”Le but c’était de continuer à travailler. C’est un bon groupe”, confie-t-il à l’AFP.Mateusz Mikociak, 30 ans, conduit sur le chantier un engin pour le compte d’une entreprise sous-traitante. Son contrat s’arrête vendredi et il ne touchera plus rien.”Pour moi, c’est la misère. Et il y a plein de gens comme moi” qui travaillent sur le chantier pour le compte d’un sous-traitant, confie-t-il à l’AFP.Cette décision va “priver d’emploi des milliers de personnes, paralyser l’économie du sud du Tarn et, plus largement, tous les grands projets d’infrastructures en France”, abonde l’ancien député du Tarn Bernard Carayon, maire de Lavaur, dont la commune longeait le tracé.- Ballet d’engins de chantier -Quelques kilomètres plus loin, dans le centre de Castres, le maire Pascal Bugis n’est “pas véritablement surpris”. “J’ai toujours pensé que les choses seraient compliquées jusqu’au bout”, déclare-t-il.Puis il demande au gouvernement et aux législateurs de définir de manière plus précise la notion de “raison impérative d’intérêt public majeur” qui a été au centre de la décision du tribunal administratif de Toulouse rendue jeudi.Alors que des travaux de sécurisation sont nécessaires pour arrêter le chantier, le ballet des des engins s’est poursuivi sur plusieurs points du tracé de l’A69 quelques heures après l’annonce du jugement, a constaté un photographe de l’AFP.Le chantier, entamé en 2023, s’étend sur des dizaines de kilomètres. Le parcours actuel entre Toulouse et Castres, avec ses routes coupées, ses carrefours modifiés ou ses déviations, le rappelle en permanence aux automobilistes.

Arrêt du chantier de l’A69: joie des opposants, tristesse des ouvriers

“C’est officiel! Je n’y crois pas!”, s’écrie, du haut du grand arbre où elle campe depuis trois jours à l’entrée de Castres, l’une des deux dernières militantes “écureuils”, qui vient d’apprendre que les travaux de l’autoroute A69 sont suspendus.”Mais on restera mobilisés”, s’empresse d’ajouter l’activiste d’une vingtaine d’années, depuis l’arbre dont elle tenait à empêcher l’éventuel abattage le long de l’autoroute Toulouse-Castres. “Comme quoi, il faut croire à ses rêves. Il faut garder espoir”, crie encore la jeune fille qui souhaite rester dans l’anonymat.”Stop A69. Biodiversité. Danger”, a pu lire un journaliste de l’AFP, sur une grande banderole accroché à l’arbre où elle campe. Même joie de l’autre côté de la petite route qui sépare les arbres occupés par chacune des deux militantes. “C’est une victoire, même si c’est trop tard pour les terres localement. Mais c’est un signal fort pour tous les autres projets. Ca montre que ça vaut le coup de contester, de se saisir des moyens de recours qu’on a pour lutter contre les projets que l’Etat nous impose”, crie la seconde depuis son arbre. Précisant qu’elle ne souhaite pas non plus donner son identité, mais que son âge est dans “la trentaine”, elle commence à préparer son départ.Sur la banderole encore accrochée aux branches de l’arbre, on peut lire en plusieurs couleurs: “A69, arbres menacés”. – “L’autre versant”-A quelques centaines de mètres de distance, un groupe d’ouvriers du chantier discute, près des engins qui avaient été rangés un peu avant la mi-journée. L’ambiance n’est pas du tout la même.”C’est triste. Eux sont contents, mais il y a l’autre versant. On perd notre boulot. On vient de loin. Moi, je viens de Gap. On va être au chômage”, regrette Hugues Lamoulière, 53 ans.”Le but c’était de continuer à travailler. C’est un bon groupe”, confie-t-il à l’AFP.Mateusz Mikociak, 30 ans, conduit sur le chantier un engin pour le compte d’une entreprise sous-traitante. Son contrat s’arrête vendredi et il ne touchera plus rien.”Pour moi, c’est la misère. Et il y a plein de gens comme moi” qui travaillent sur le chantier pour le compte d’un sous-traitant, confie-t-il à l’AFP.Cette décision va “priver d’emploi des milliers de personnes, paralyser l’économie du sud du Tarn et, plus largement, tous les grands projets d’infrastructures en France”, abonde l’ancien député du Tarn Bernard Carayon, maire de Lavaur, dont la commune longeait le tracé.- Ballet d’engins de chantier -Quelques kilomètres plus loin, dans le centre de Castres, le maire Pascal Bugis n’est “pas véritablement surpris”. “J’ai toujours pensé que les choses seraient compliquées jusqu’au bout”, déclare-t-il.Puis il demande au gouvernement et aux législateurs de définir de manière plus précise la notion de “raison impérative d’intérêt public majeur” qui a été au centre de la décision du tribunal administratif de Toulouse rendue jeudi.Alors que des travaux de sécurisation sont nécessaires pour arrêter le chantier, le ballet des des engins s’est poursuivi sur plusieurs points du tracé de l’A69 quelques heures après l’annonce du jugement, a constaté un photographe de l’AFP.Le chantier, entamé en 2023, s’étend sur des dizaines de kilomètres. Le parcours actuel entre Toulouse et Castres, avec ses routes coupées, ses carrefours modifiés ou ses déviations, le rappelle en permanence aux automobilistes.

Retraites: le gouvernement exige l’équilibre financier, FO quitte la négociation

Les discussions sur la réforme des retraites de 2023 ont débuté jeudi avec le départ de Force ouvrière, qui a annoncé son refus de participer à une “mascarade” suite à un courrier de François Bayrou aux partenaires sociaux exigeant un retour à l’équilibre financier du système dès 2030.”La lettre du Premier ministre a fini par nous convaincre de ne pas venir dans cette concertation”, a déclaré le négociateur de FO Michel Beaugas.”Pour nous c’est terminé. Nous ne participerons pas à cette mascarade où on veut nous faire dire qu’effectivement la seule solution, c’est d’allonger la durée de travail pour les salariés dans ce pays”, a-t-il lancé à la presse après environ un quart d’heure dans la salle de réunion.Les syndicats sont entrés dans la négociation avec la volonté d’abroger la réforme de 2023 et sa mesure phare, le recul progressif de l’âge de départ de 62 à 64 ans.Michel Beaugas a dénoncé une “instrumentalisation” des partenaires sociaux, pour leur “faire porter le chapeau” d’un allongement de la durée de travail.L’obligation de rétablir l’équilibre dans cinq ans oblige les partenaires sociaux à trouver plus de 6 milliards d’euros d’économies supplémentaires, sur la base du rapport remis la semaine dernière par la Cour des comptes, alors que François Bayrou s’était contenté de demander en janvier que les comptes du système de retraites ne soient pas “dégradés”.Concession au Parti socialiste, la réouverture du dossier des retraites a aidé le gouvernement Bayrou à éviter une censure au parlement, mais le succès de sa démarche paraît déjà compromis.”Je suis pessimiste sur l’issue des discussions”, a déclaré jeudi au Monde le président du Medef, Patrick Martin.”Nous voyons mal comment la cible d’un retour à l’équilibre en 2030 pourrait être atteinte si l’on remet en cause la règle des 64 ans”, selon lui.La CGT a demandé de son côté à la Cour des comptes de chiffrer le coût d’un retour à 62 ans, qu’elle n’avait pas inclus dans son rapport publié la semaine dernière.Selon un courrier adressé aux participants par l’animateur des débats Jean-Jacques Marette, les négociateurs auront droit jeudi à un “retour” sur ce rapport et établiront ensuite leur “programme de travail” pour les trois mois à venir.- “Capitalisation” -Autour de la table siègeront donc quatre syndicats représentatifs au niveau national (CFDT, CGT, CFE-CGC et CFTC) ainsi que l’Unsa, qui ne l’est pas, et le Medef, la CPME et l’U2P dans le camp patronal ainsi que la FNSEA (agriculteurs).Premier syndicat, la CFDT est “motivée pour agir dans le cadre d’un rendez-vous qui est une vraie opportunité”, a expliqué à l’AFP le numéro deux de la centrale réformiste Yvan Ricordeau.La CFDT espère pouvoir “répondre aux principales attentes” des salariés, notamment “la prise en compte de la pénibilité et le renforcement du droit des femmes”, a-t-il précisé. Il souligne aussi la nécessité de “trouver une voie de passage avec un équilibre financier”, pour garantir une retraite aux “générations futures”.La Confédération des PME insiste aussi sur “l’équité intergénérationnelle” et veut “mettre dans l’équation la question de l’espérance de vie et de son évolution”, a expliqué à l’AFP son vice-président en charge des affaires sociales, Eric Chevée.Pour trouver de nouvelles recettes, la CPME propose d’aligner le taux de CSG (contribution sociale généralisée) des retraités sur celui des actifs, un peu plus élevé, (hors petites pensions). Elle souhaite aussi l’introduction d’une dose de “capitalisation” (un système d’épargne dans lequel chaque retraité cotise pour sa retraite future) en plus du système par répartition qui prévaut aujourd’hui (les cotisations des actifs payent les pensions des retraités actuels).”Le patronat mène une campagne de pub extrêmement puissante sur la retraite par capitalisation”, constate pour sa part Denis Gravouil, négociateur de la CGT, farouchement opposé à cette idée.Ce syndicat propose d’équilibrer le système en augmentant les salaires des femmes, en supprimant les exonérations de cotisations sur les heures supplémentaires et en soumettant à cotisations l’intéressement et la participation. François Bayrou a indiqué dans son courrier que les parlementaires seraient informés de l’avancée des travaux “à échéances régulières”. Il a promis que si les partenaires sociaux parviennent à un accord pour amender la très impopulaire réforme de 2023, le texte sera soumis au parlement.

Darmanin annonce un “renforcement sans précédent” des moyens contre le crime organisé en Corse

Création d’un pôle spécialisé contre la criminalité organisée à Bastia, arrivée de nouveaux personnels de justice: à Ajaccio, le ministre de la Justice a annoncé jeudi “un renforcement sans précédent” des moyens contre le crime organisé en Corse, dans un discours salué comme “décisif”.A l’appui d’une nouvelle circulaire de politique pénale territoriale “d’ici un mois”, avec pour axes principaux “la lutte contre la drogue et le blanchiment”, Gérald Darmanin a annoncé l’arrivée sous 20 mois de “17 magistrats, 21 greffiers et 12 attachés de justice spécialisés”, un renforcement présenté comme “sans précédent”. S’exprimant devant l’Assemblée de Corse, dans le cadre d’une session dédiée aux “dérives mafieuses” dans l’île de Beauté, le garde des Sceaux a également fait part de son projet de “création d’un pôle spécialisé contre la criminalité organisée basée à Bastia, qui comprendra procureurs et juges du siège.” Selon le ministre, il s’agira d’un pôle spécialisé “comme il n’en existe nulle part ailleurs sur le territoire de la République”.  Enfin, dans une déclaration unanimement saluée par les élus corses, il a annoncé le retrait des condamnés et mis en examen corses du Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes (Fijait), “afin qu’aucun amalgame avec les terroristes islamistes ne soit au rendez-vous”.Il répondait ainsi à une demande forte du mouvement indépendantiste Core in Fronte.Dans ce qu’il a défini comme “une révolution contre le crime organisé”, le ministre est ensuite revenu sur la proposition de loi contre le narcotrafic adoptée en première lecture au Sénat, en janvier, rappelant son soutien à “la création du Pnaco (procureur national anti-criminalité organisée, ndlr) au 1er janvier 2026”, “l’extension de la confiscation de tous les avoirs criminels” et “la création d’un véritable régime de repenti” élargi aux crimes de sang.- “Les pieds dans le plat” -Saluant “un moment politique majeur”, un “discours important, sans doute décisif”, Gilles Simeoni, président autonomiste du Conseil exécutif de Corse, a demandé “le temps de réfléchir à ces mesures pour en discuter ensemble ensuite”.Face “aux dérives mafieuses” qui gangrènent la Corse, le pouvoir politique autonomiste local devait proposer officiellement 30 mesures concrètes jeudi après-midi. Parmi ces mesures, dévoilées depuis près d’une semaine, ne figurent cependant pas les principales réformes juridiques adoptées au Sénat, à la stupéfaction des deux collectifs anti-mafia insulaires.Dans ce rapport, qui s’apparente surtout à un plaidoyer pour l’autonomie de l’île, Gilles Simeoni, ex-avocat pénaliste, notamment d’Yvan Colonna (condamné à la perpétuité pour l’assassinat du préfet Erignac en 1998 et décédé en 2022 après avoir été agressé par un codétenu à la prison d’Arles), fait ainsi part de son “désaccord” avec plusieurs mesures inspirées du droit italien et retenues dans la proposition de loi contre le narcotrafic adoptée à l’unanimité par le Sénat.Parmi les principales propositions des élus autonomistes corses, issues de deux ans d’échanges avec associations et collectifs, figurent par contre la création d’une “instance consultative spécifique à la lutte contre les dérives mafieuses” et la volonté de “combattre les clichés positifs associés à la mafia”.Dans une réaction auprès du journal Corse-Matin, Jean-Toussaint Plasenzotti, représentant du collectif anti-mafia “Massimu Susini”, du nom de son neveu, militant nationaliste assassiné en septembre 2019 à Cargèse (Corse-du-Sud), a salué la prise de parole du ministre: “Son discours nous satisfait, il met les pieds dans le plat. Il dit qu’il faut des outils contre cette criminalité singulière qu’est la mafia”.”Quand vous avez des élus territoriaux qui tournent autour du pot et sortent des laïus sur la lutte nationaliste, etc. ça suffit. Aujourd’hui il y a une urgence”, a-t-il insisté, “il faut que les gens prennent leurs responsabilités”. Invité jeudi matin devant l’Assemblée de Corse, l’ancien maire de Palerme, Leoluca Orlando, venu témoigner de son combat contre la mafia en Sicile, s’est lui aussi montré favorable à un durcissement des lois, sur le modèle italien: “On est aux limites de l’Etat du droit. Mais aux limites de la dictature, risque de se trouver la mafia”, a-t-il déclaré.Cette session jeudi intervenait dans un climat très lourd, après le meurtre d’un jeune pompier avant Noël à Ajaccio, puis celui d’une étudiante de 18 ans, vraisemblablement ciblée par erreur, le 15 février à Ponte-Leccia (Haute-Corse), dans une île où le nombre d’homicides rapporté à la population est le plus élevé de France métropolitaine.

Après Mohamed Amra, de premiers complices présumés du narcotrafiquant devant des juges d’instruction

Après le narcotrafiquant Mohamed Amra, mis en examen mardi à Paris et incarcéré dans une prison ultra-sécurisée, le tour de ses complices présumés. Des juges d’instruction parisiens ont commencé jeudi à étudier le sort d’une première vague de potentiels soutiens de sa sanglante évasion en mai 2024.Jeudi, en milieu de journée, une dizaine de suspects ont commencé à être présentés aux magistrats instructeurs de la Junalco (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée) en vue de leur possible mise en examen, selon des sources proches du dossier.Un dispositif de sécurité renforcée a été mis en place autour de l’enceinte du tribunal judiciaire de Paris, en vue de leur venue.S’ils sont mis en examen, ils pourraient ensuite comparaître plus tard dans la journée devant des juges des libertés et de la détention qui devraient se prononcer sur leur placement ou non en détention provisoire.Des sources proches du dossier ont évoqué une procédure complexe et touffue, dans laquelle l’analyse de la téléphonie a joué un rôle essentiel.L’arrestation de Mohamed Amra, surnommé “La Mouche”, samedi en Roumanie pour cause de mandat d’arrêt européen, a donné le feu vert à plusieurs séries d’interpellations, en France, mais aussi à l’étranger.- “Profils extrêmement différents ” -Au total, 28 personnes ont été placées en garde à vue en France. Mercredi soir sur France 5, la procureure de Paris Laure Beccuau a indiqué que 22 l’étaient toujours en début de soirée. Une source proche du dossier a affirmé plus tard dans la soirée à l’AFP qu’il n’y avait plus que 19 personnes en garde à vue. Par ailleurs, deux personnes ont été arrêtées au Maroc et une en Espagne ces derniers jours. Les formalités d’extradition ou de remise à la France “sont en cours”, selon le parquet. Parmi la vingtaine de mis en cause se trouvent “une partie des suspects” des meurtres des deux agents pénitentiaires à Incarville (Eure) en mai dernier lors de l’évasion de Mohamed Amra, a déclaré la procureure de Paris.Mme Beccuau a évoqué des “profils extrêmement différents” repérés notamment par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) durant neuf mois d’investigations.”M. Amra a su recruter une équipe de fidèles qui ont su recruter des gens avec des spécialisations: vol de véhicules, maquillage, téléphonie…”, a-t-elle détaillé.”Chacun a eu un moment ou à un autre son rôle dans cette fuite”, a-t-elle ajouté.Mme Beccuau avait auparavant confirmé la présence parmi les interpellés “d’un certain nombre” de membres de la “Black Mafia Family”, une organisation criminelle basée en Normandie, spécialisée dans le trafic de stupéfiants.”La plupart” des personnes présentées jeudi à la justice “ont déjà un casier judiciaire”, a souligné l’une des sources proches du dossier.- “Drame créé” -Le 14 mai 2024, Mohamed Amra avait été extrait de sa cellule normande pour un interrogatoire devant un juge d’instruction.Un commando en avait alors profité pour attaquer, à la voiture-bélier et au fusil d’assaut, le fourgon pénitentiaire au péage d’Incarville pour libérer le détenu multirécidiviste, tuant deux agents pénitentiaires, Arnaud Garcia et Fabrice Moello, et en blessant trois autres.La France avait alors découvert l’existence de Mohamed Amra: adolescent voyou, condamné pour la première fois à 13 ans pour vols aggravés et qui a progressivement “dérivé vers la violence”, pour rejoindre la grande criminalité organisée, d’après un rapport de l’Inspection générale de la justice (IGJ).Avant son évasion, Mohamed Amra était déjà mis en examen dans deux informations judiciaires de nature criminelle. Et d’après l’IGJ, la justice le soupçonnait aussi d’être “impliqué dans cinq autres procédures”.Mardi, Mohamed Amra, qui aura 31 ans le 10 mars, a été mis en examen par des magistrats instructeurs de la Junalco pour meurtres, tentative de meurtres, évasion, vol et recel de vol, le tout en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs.Il a été incarcéré à l’isolement dans la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe, où il affrontera à “des consignes d’extrême fermeté”, selon le ministre de la Justice Gérald Darmanin.Son avocat, Hugues Vigier, a indiqué au journal Paris Normandie mercredi son espoir que son client “mesure le drame qu’il a créé”.bur-gd-tll-clw-mk/asl/dch   

Injections illégales de botox: l’agence du médicament alerte sur des cas graves de botulisme

Les injections de botox hors cadre médical, souvent promues sur les réseaux sociaux, sont illégales et peuvent avoir de graves effets sur la santé, alerte jeudi l’agence du médicament après l’hospitalisation de huit femmes présentant des symptômes sévères de botulisme.Ces symptômes lourds ont été observés chez des personnes qui ont dû être admises en réanimation dans la région parisienne entre août et septembre 2024: “difficulté à parler ou à avaler, difficulté à marcher, vision floue ou double, difficultés respiratoires pouvant nécessiter une trachéotomie”, détaille l’ANSM dans un communiqué.Le botulisme est une maladie neurologique grave dont les symptômes sont apparus 24 à 48 heures après des injections “à visée esthétique, par des personnes non qualifiées”, de botox, un produit injectable utilisé en médecine esthétique pour améliorer temporairement l’apparence des rides.Ces cas ont nécessité “une hospitalisation immédiate en réanimation: pour certaines de ces femmes, on était dans des situations de mise en jeu du pronostic vital”, a précisé à l’AFP Mehdi Benkebil, directeur de la surveillance de l’agence du médicament.Ces dernières années, des cas sporadiques avaient été relevés, “mais là on peut parler d’un cluster, une situation exceptionnelle”, indique-t-il, toutes les femmes hospitalisées ayant été injectées – “au niveau du visage et du contour des yeux” – dans le même centre en région parisienne, avec des effets indésirables principalement liés à un “surdosage”.Aussi utilisé pour traiter certains troubles musculaires ou neurologiques, le botox ou toxine botulinique est un médicament que “seuls des médecins spécialistes en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, en dermatologie, en chirurgie de la face et du cou, en chirurgie maxillo-faciale et en ophtalmologie peuvent acheter et administrer”, rappelle l’ANSM.Tout “prestataire d’esthétique” qui l’administre à ses clients “se met dans l’illégalité et met en danger la santé de ses clients”, ajoute l’agence du médicament, qui a saisi le procureur de la République en septembre 2024. Le centre a ensuite fait l’objet d’une fermeture, a indiqué M. Benkebil.L’ANSM appelle ainsi “à la plus grande vigilance face à des pratiques dangereuses qui peuvent faire l’objet d’une promotion via les réseaux sociaux et constituent un exercice illégal de la médecine”.D’après l’Ordre des médecins, les actes médicaux et chirurgicaux illégaux à visée esthétique connaissent une croissance inquiétante en France. En 2024, le nombre de signalements a atteint un record de 128, contre 123 en 2023 et 62 en 2022.

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La Réunion en alerte avant l’arrivée du cyclone Garance

Dans la cohue d’un supermarché de La Réunion, Franck Vitry pousse du pied un pack de huit grandes bouteilles d’eau minérale. Comme des milliers d’habitants, il fait des provisions avant le passage du cyclone Garance sur l’île française de l’océan Indien et sa voisine, l’île Maurice.À 12H00 (09H00 à Paris), le phénomène était encore à 270 km des côtes réunionnaises. Selon Météo France, son passage au plus près de l’île est attendu vendredi matin, mais l’alerte rouge sera déclenchée jeudi dès 19H00, interdisant toute circulation et imposant un confinement strict.Autour de Franck Vitry, des dizaines d’autres clients habitués aux alertes cycloniques prennent leurs précautions dans ce supermarché du Port (ouest). “Je me suis dit que j’avais le temps de faire mes courses, mauvaise pioche”, soupire ce père de famille.”Ça m’a pris 30 secondes pour prendre mon pack d’eau, et là, ça fait 10 minutes que j’attends en caisse!”, poursuit le père de famille.Partout, les chariots débordent de packs d’eau, de bougies, de piles et de boîtes de conserve. À Saint-Denis, le chef-lieu du département, Maryvonne Laurent, 36 ans, pousse son caddie entre les rayons, ses deux fils de 4 et 7 ans sur les talons.”J’ai pris des rouleaux de pâte feuilletée surgelée, des œufs et du sucre pour faire de la pâtisserie et occuper les enfants pendant l’alerte rouge”, explique-t-elle. Georges, un autre client qui ne donne que son prénom, respecte lui une tradition bien ancrée. “J’ai acheté de l’eau, des oeufs et une demi-douzaine de boîtes de sardines à l’huile. Il faut bien respecter la tradition”, plaisante-t-il, la salade de sardines agrémentée d’oignons hachés et de piment étant un classique des confinements cycloniques réunionnais.Le temps est encore calme, mais les premières averses ont commencé à tomber en début d’après-midi sur Saint-Denis, dans le nord de La Réunion. C’est sur cette zone que Garance devrait toucher terre, selon Météo France. Une nette détérioration des conditions météorologiques est attendue dans la soirée.- Ports à l’arrêt, vols suspendus -Sur le port de Sainte-Marie, près de Saint-Denis, les pêcheurs s’activent depuis la veille. “Hier (mercredi)avec les autres pêcheurs, nous avons hissé toutes les barques bien en sécurité, loin de l’eau”, raconte l’un d’eux, occupé à ranger ses filets sous un abri.Au port marchand de la Pointe des Galets, les activités portuaires ont cessé dès mercredi après-midi. L’aéroport de La Réunion a lui fermé ses portes jeudi matin, interrompant toutes les arrivées et départs.”On a vraiment eu peur de ne pas pouvoir partir hier soir (mercredi)”, souffle une jeune passagère qui ne donne pas son nom, à l’arrivée d’un des derniers vols en provenance de Paris. “Notre vol a été avancé, il a fallu s’adapter en catastrophe, c’est beaucoup de stress mais finalement on y est arrivé”, commente-t-elle.L’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam de l’île touristique de Maurice, distante de 200 km, avait suspendu ses vols dès mercredi.Une alerte de niveau 3 a été émise par Maurice, avec des rafales jusqu’à 70 km/h “qui se renforceront au cours de la journée”, selon les services météorologiques de Port-Louis. Le cyclone “s’approche dangereusement de Maurice et constitue une menace directe pour l’île”, ajoute le bulletin, précisant que des inondations sont attendues.  Pour les agriculteurs de La Réunion, la tempête représente une menace directe. À Étang-Salé-Les-Hauts, dans le sud de l’île, Jean-Christophe Hoareau retire, la mort dans l’âme, les bâches de ses serres. Il sait que ses concombres ne résisteront pas.”Le sentiment d’être impuissant, de ne pas savoir si ça va résister”, dit-il. “À chaque fois, on perd nos cultures parce qu’on ne prend pas le risque. On sauve notre structure, c’est notre outil de travail principal”.Malgré l’intensité du phénomène, la préfecture de La Réunion n’envisage pas, à ce stade, de passer en alerte violette, dernier niveau du dispositif. Celui-ci impose un confinement total, y compris pour les forces de l’ordre et les secours.

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Dernières heures à Rome pour un accord financier sur la sauvegarde de la nature

La grande conférence biodiversité des Nations unies examine jeudi à Rome un ultime compromis poussé par le Brésil pour dépasser l’interminable dispute Nord-Sud sur le financement des efforts mondiaux pour stopper la destruction de la nature.Riches nations et pays en développement, qui s’étaient quittés fâchés en novembre à la COP16 biodiversité de Cali (Colombie), ont entamé par des déclarations plus feutrées au dernier jour des prolongations, organisées depuis mardi au siège de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture).Le Brésil, “réellement déçu” mercredi soir par le projet d’accord de la présidence colombienne, a suggéré jeudi matin quelques évolutions, accueillies par une Union européenne “prudemment favorable”.La proposition a été formulée au nom des BRICS, le bloc des économies émergentes présidé cette année par Brasilia et qui réunit notamment la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.Elle doit être débattue dans l’après-midi lors de consultations à portes closes, avant de nouvelles joutes oratoires dans la salle plénière, qui pourraient se prolonger dans la nuit.”Nous n’avons plus de temps (…) c’est la fin de la partie”, a exhorté la présidente de la COP16, Susana Muhamad. La ministre colombienne de l’Environnement cherche à éviter un nouveau fiasco pour le multilatéralisme environnemental, déjà fragilisé par l’enlisement des négociations sur la pollution plastique et le retard de l’humanité sur ses objectifs climatiques.”Ne laissez pas le silence être notre héritage”, proclamaient les tracts distribués aux négociateurs par des jeunes venus les accueillir dans le hall d’entrée sur fond de bruits de forêt tropicale.- Bataille de fonds -Le projet d’accord, recherché sur fonds de vives tensions commerciales et géopolitiques, vise à clarifier les deux objectifs de la diplomatie environnementale pour les cinq prochaines années. Le premier: comment lever des centaines de milliards de dollars pour arrêter d’ici 2030 la destruction de la nature qui menace l’alimentation de l’humanité, sa santé, la régulation du climat par les mers et les forêts, et la survie d’un million d’espèces menacées d’extinction.Ensuite, comment gérer et répartir équitablement les fonds, destinés à restaurer les écosystèmes et à combattre la déforestation, la surexploitation des ressources, les pollutions, etc.Ces buts sont ceux fixés par l’accord de Kunming-Montréal, scellé fin 2022 à la COP15 de la Convention sur la diversité biologique (CDB).Ils doivent être atteints en atteignant d’ici 2030 23 objectifs, dont le plus emblématique prévoit de placer 30% des terres et mers dans des aires protégées (contre 17% et 8% actuellement, selon l’ONU).Autre objectif, porter à 200 milliards de dollars par an d’ici 2030 les dépenses de la protection de la nature, dont 30 milliards d’aide des pays développés aux pays pauvres (contre environ 15 milliards en 2022).- Créer un fonds ? -Mais le principal point d’achoppement est la revendication des pays en développement de créer un fonds dédié à la protection de la nature et placé sous l’autorité de la COP, comme prévu par le texte de la CDB depuis 1992.Les pays développés – menés par l’Union européenne, le Japon et le Canada en l’absence des États-Unis, non-signataires de la convention mais important contributeur financier – y sont hostiles: ils craignent une fragmentation de l’aide au développement, déjà menacée par les crises budgétaires et l’effacement de l’aide américaine depuis l’élection de Donald Trump.Les Etats-Unis, observateurs influents lors des précédentes COP, ont renoncé à faire le déplacement à Rome.Pour les pays développés, il faut avant tout “améliorer les performances” des instruments existants, le Fonds mondial pour l’Environnement (GEF, en anglais) et le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF, en anglais), une solution provisoire adoptée en 2022 et modestement dotée (400 millions de dollars).Le projet d’accord renvoie ensuite à la COP18, en 2028, le soin de décider s’il faut un nouveau fonds ou si des instruments existants peuvent être transformés pour correspondre aux attentes des pays en développement, qui sont nombreux, pays africains en tête, à les juger inéquitables et difficiles d’accès.Même en cas d’accord à Rome, celui-ci laissera un goût amer, trois mois après un compromis financier Nord-Sud adopté dans la douleur à la COP29 sur le climat à Bakou. Le Brésil a déjà prévenu que les progrès douloureux réalisés à la CBD risquaient de se répercuter sur d’autres négociations cette année.

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La justice met un coup d’arrêt au chantier de l’A69

Le tribunal administratif de Toulouse a mis un coup d’arrêt jeudi à l’imposant chantier de l’A69 en annulant l’arrêté préfectoral qui l’autorisait, une première pour une infrastructure routière de cette envergure en France, signant un revers pour l’Etat.”L’arrêté du 1er mars 2023 par lequel les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn ont délivré à la société Atosca une autorisation (…) en vue de la réalisation des travaux de la liaison autoroutière entre Verfeil et Castres, dite A69″ est “annulé”, selon la décision du tribunal consultée par l’AFP.L’Etat va faire appel de la suspension du chantier, qu’engendre automatiquement la décision du tribunal, a annoncé le ministère des Transports. Le ministre Philippe Tabarot a qualifié la situation d'”ubuesque: un chantier avancé aux deux tiers est arrêté du jour au lendemain”, selon un communiqué.Pour sa part, le collectif d’opposants à l’A69 La Voie est libre (LVEL) a immédiatement salué “une décision historique qui porte un coup d’arrêt définitif à un projet inutile, destructeur et irresponsable, que nous dénonçons avec force depuis plusieurs années. C’est un grand jour pour le droit environnemental.”L’arrêt du tribunal “dénonce l’irresponsabilité de l’Etat et du concessionnaire pour avoir engagé les travaux sans attendre. Ce passage en force, dopé au déni institutionnel, vient d’être stoppé net”, s’est encore réjoui LVEL.Pour ses promoteurs, cet axe visait surtout à désenclaver “le bassin de vie” du sud du Tarn, qui “a besoin de se connecter aux équipements de la capitale régionale” Toulouse, comme l’aéroport ou les hôpitaux, selon Yasser Abdoulhoussen, directeur de projet, chargé du pilotage de l’A69 à la préfecture du Tarn.Cette décision va “priver d’emploi des milliers de personnes, paralyser l’économie du sud du Tarn et, plus largement, tous les grands projets d’infrastructures en France”, a aussitôt regretté, dans un communiqué, l’ancien député du Tarn Bernard Carayon, maire de Lavaur, dont la commune longeait le tracé.- Engins rangés -Cette décision signifie l’arrêt immédiat du chantier, car un appel devant la justice administrative n’est pas suspensif.Avant même la décision, sur le chantier côté castrais de l’autoroute de 53 km qui devait relier Toulouse à Castres fin 2025, les engins étaient rangés à la mi-journée, contrairement à l’habitude, a constaté un journaliste de l’AFP, qui a vu une petite pelleteuse en train d’être hissée sur un camion, à quelques dizaines de mètres du site où des “écureuils” occupent encore un arbre marqué pour être abattu.Le tribunal a suivi l’avis de la rapporteure publique, qui avait par deux fois demandé au tribunal administratif de Toulouse “l’annulation totale” de l’arrêté préfectoral qui a permis d’entamer le chantier en 2023.A l’audience du 18 février, cette magistrate, Mona Rousseau, avait réaffirmé que les gains espérés de la future autoroute n’étaient pas suffisants pour établir une “raison impérative d’intérêt public majeur” justifiant les atteintes à l’environnement commises par le projet.”Dans tout l’historique de la jurisprudence sur les autoroutes en France, aucun projet autoroutier n’a été annulé pour des raisons environnementales”, avait déclaré à l’AFP Julien Bétaille, maître de conférences en droit de l’environnement à l’université Toulouse Capitole.Cette annulation visant pour la première fois une autoroute signifie qu'”un verrou a sauté dans la mentalité du juge administratif”, a-t-il dit avant la décision du tribunal administratif.- Une première -De fait, c’est la première fois en France qu’une infrastructure routière d’une telle importance est interrompue par un jugement, et non par une décision politique, comme l’abandon du projet d’A45 Lyon/Saint-Etienne en 2018.Le cas du contournement du village touristique de Beynac, en Dordogne, retoqué par la justice administrative, concerne un ouvrage de moindre envergure, avec un budget initial plus de dix fois inférieur aux 450 millions d’euros que doit coûter l’A69.Le bitume n’avait pas encore été coulé mais Atosca, constructeur et futur concessionnaire de l’autoroute, affirmait avoir déjà “concrétisé plus de 300 millions d’euros, soit 65% du budget total du chantier”.”Cette décision est incompréhensible”, a estimé le député du Tarn Jean Terlier, dans un communiqué. “Comment accepter que les juges n’aient pas pris en compte la situation du chantier avec près de 300 millions d’euros de travaux déjà engagés, 45% des terrassements réalisés, 70% des ouvrages d’art construits et plus de 1.000 salariés du concessionnaire qui se retrouveront demain sans emploi”.

La justice met un coup d’arrêt au chantier de l’A69

Le tribunal administratif de Toulouse a mis un coup d’arrêt jeudi à l’imposant chantier de l’A69 en annulant l’arrêté préfectoral qui l’autorisait, une première pour une infrastructure routière de cette envergure en France, signant un revers pour l’Etat.”L’arrêté du 1er mars 2023 par lequel les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn ont délivré à la société Atosca une autorisation (…) en vue de la réalisation des travaux de la liaison autoroutière entre Verfeil et Castres, dite A69″ est “annulé”, selon la décision du tribunal consultée par l’AFP.L’Etat va faire appel de la suspension du chantier, qu’engendre automatiquement la décision du tribunal, a annoncé le ministère des Transports. Le ministre Philippe Tabarot a qualifié la situation d'”ubuesque: un chantier avancé aux deux tiers est arrêté du jour au lendemain”, selon un communiqué.Pour sa part, le collectif d’opposants à l’A69 La Voie est libre (LVEL) a immédiatement salué “une décision historique qui porte un coup d’arrêt définitif à un projet inutile, destructeur et irresponsable, que nous dénonçons avec force depuis plusieurs années. C’est un grand jour pour le droit environnemental.”L’arrêt du tribunal “dénonce l’irresponsabilité de l’Etat et du concessionnaire pour avoir engagé les travaux sans attendre. Ce passage en force, dopé au déni institutionnel, vient d’être stoppé net”, s’est encore réjoui LVEL.Pour ses promoteurs, cet axe visait surtout à désenclaver “le bassin de vie” du sud du Tarn, qui “a besoin de se connecter aux équipements de la capitale régionale” Toulouse, comme l’aéroport ou les hôpitaux, selon Yasser Abdoulhoussen, directeur de projet, chargé du pilotage de l’A69 à la préfecture du Tarn.Cette décision va “priver d’emploi des milliers de personnes, paralyser l’économie du sud du Tarn et, plus largement, tous les grands projets d’infrastructures en France”, a aussitôt regretté, dans un communiqué, l’ancien député du Tarn Bernard Carayon, maire de Lavaur, dont la commune longeait le tracé.- Engins rangés -Cette décision signifie l’arrêt immédiat du chantier, car un appel devant la justice administrative n’est pas suspensif.Avant même la décision, sur le chantier côté castrais de l’autoroute de 53 km qui devait relier Toulouse à Castres fin 2025, les engins étaient rangés à la mi-journée, contrairement à l’habitude, a constaté un journaliste de l’AFP, qui a vu une petite pelleteuse en train d’être hissée sur un camion, à quelques dizaines de mètres du site où des “écureuils” occupent encore un arbre marqué pour être abattu.Le tribunal a suivi l’avis de la rapporteure publique, qui avait par deux fois demandé au tribunal administratif de Toulouse “l’annulation totale” de l’arrêté préfectoral qui a permis d’entamer le chantier en 2023.A l’audience du 18 février, cette magistrate, Mona Rousseau, avait réaffirmé que les gains espérés de la future autoroute n’étaient pas suffisants pour établir une “raison impérative d’intérêt public majeur” justifiant les atteintes à l’environnement commises par le projet.”Dans tout l’historique de la jurisprudence sur les autoroutes en France, aucun projet autoroutier n’a été annulé pour des raisons environnementales”, avait déclaré à l’AFP Julien Bétaille, maître de conférences en droit de l’environnement à l’université Toulouse Capitole.Cette annulation visant pour la première fois une autoroute signifie qu'”un verrou a sauté dans la mentalité du juge administratif”, a-t-il dit avant la décision du tribunal administratif.- Une première -De fait, c’est la première fois en France qu’une infrastructure routière d’une telle importance est interrompue par un jugement, et non par une décision politique, comme l’abandon du projet d’A45 Lyon/Saint-Etienne en 2018.Le cas du contournement du village touristique de Beynac, en Dordogne, retoqué par la justice administrative, concerne un ouvrage de moindre envergure, avec un budget initial plus de dix fois inférieur aux 450 millions d’euros que doit coûter l’A69.Le bitume n’avait pas encore été coulé mais Atosca, constructeur et futur concessionnaire de l’autoroute, affirmait avoir déjà “concrétisé plus de 300 millions d’euros, soit 65% du budget total du chantier”.”Cette décision est incompréhensible”, a estimé le député du Tarn Jean Terlier, dans un communiqué. “Comment accepter que les juges n’aient pas pris en compte la situation du chantier avec près de 300 millions d’euros de travaux déjà engagés, 45% des terrassements réalisés, 70% des ouvrages d’art construits et plus de 1.000 salariés du concessionnaire qui se retrouveront demain sans emploi”.