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La justice met un coup d’arrêt au chantier de l’A69, liesse chez les opposants

La justice a mis un coup d’arrêt jeudi au colossal chantier de l’A69 en annulant son autorisation environnementale, une première pour une autoroute de cette envergure en France, signant un revers pour l’Etat qui fait appel.Des cris de joie ont résonné dans un bar du centre de Toulouse, transformé en QG des anti-A69 réunis pour fêter leur victoire. “On l’a fait”, s’exclament-ils.”C’est la victoire de David contre Goliath”, a déclaré à l’AFP Gilles Garric, parmi les 300 à 400 opposants venus fêter en soirée la décision de justice place du Capitole.”C’est majeur, il y aura vraiment un avant et un après A69″, a ajouté ce conseiller municipal de Teulat (Tarn), un village “coupé en deux” par le chantier.”L’arrêté du 1er mars 2023 par lequel les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn ont délivré une autorisation environnementale en vue de la réalisation des travaux de la liaison autoroutière entre Verfeil et Castres, dite A69″ est “annulé”, selon la décision du tribunal administratif de Toulouse.L’Etat va faire appel de la suspension du chantier, qu’engendre automatiquement la décision du tribunal, a aussitôt annoncé le ministère des Transports dans un communiqué.- “Ubuesque” -Le ministre Philippe Tabarot a qualifié la situation d'”ubuesque: un chantier avancé aux deux tiers est arrêté du jour au lendemain”, et promis que “l’Etat continuerait de soutenir le projet”.L’Etat demande en outre un sursis d’exécution pour pouvoir reprendre le chantier de cet axe de 53 km entre Toulouse et Castres, dans l’attente de la décision au fond de la cour administrative d’appel.Le constructeur Atosca, concessionnaire désigné de l’A69, a pris “acte de l’impossibilité de poursuivre les travaux et de l’intention de l’Etat d’engager toutes les voies de recours permettant la reprise du projet dans les meilleurs délais possibles et dans le respect de la réglementation”, selon un communiqué.Sur le chantier, à Castres, où les engins avaient été garés en pleine journée, contrairement à l’habitude, une militante anti-A69 perchée sur un arbre s’est écriée: “c’est officiel, je n’y crois pas”, en apprenant la décision.- “Historique” -“C’est un grand jour pour le droit environnemental”, s’est félicité le collectif d’opposants à l’A69 La Voie est libre (LVEL), saluant “une décision historique”. Devant l’Assemblée nationale à Paris, où une cinquantaine de personnes se sont rassemblées en soirée, Caroline Duval,  militante du collectif La déroute des routes, a dit “merci au tribunal administratif de Toulouse de nous avoir réconciliés avec la justice, face à un chantier inutile et illégal”. Les Ecologistes, les Insoumis et la Confédération paysanne ont également salué une victoire “historique”. “Pour la première fois, la justice française interrompt un projet autoroutier pour des raisons environnementales”, a réagi sur X la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, espérant que cette décision “fera jurisprudence”.De fait, c’est la première fois en France qu’une infrastructure routière d’une telle importance est interrompue par un jugement, et non par une décision politique, comme l’abandon du projet d’A45 Lyon/Saint-Etienne en 2018.Le tribunal de Toulouse a suivi l’avis de la rapporteure publique, qui lui avait par deux fois demandé “l’annulation totale” de l’arrêté préfectoral ayant permis le début du chantier en 2023. À l’audience du 18 février, cette magistrate, Mona Rousseau, a réaffirmé que les gains espérés de la future autoroute n’étaient pas suffisants pour établir une “raison impérative d’intérêt public majeur” (RIIPM) justifiant les atteintes à l’environnement commises par le projet.- “70% des ouvrages d’art” – Le bitume devait être coulé en mars. Mais “comment accepter que les juges n’aient pas pris en compte la situation du chantier avec près de 300 millions d’euros de travaux déjà engagés, 45% des terrassements réalisés, 70% des ouvrages d’art construits et plus de 1.000 salariés du concessionnaire qui se retrouveront demain sans emploi”, a fustigé le député du Tarn Jean Terlier.Pour ses promoteurs, cet axe visait à désenclaver “le bassin de vie” du sud du Tarn, pour se connecter aux équipements de la capitale régionale, Toulouse.Cette décision va “priver d’emploi des milliers de personnes, paralyser l’économie du sud du Tarn et, plus largement, tous les grands projets d’infrastructures en France”, a regretté l’ancien député du Tarn Bernard Carayon, maire de Lavaur, dont la commune longeait le tracé.Le patron des laboratoires Pierre-Fabre, principal employeur du sud du Tarn, a menacé de “privilégier des territoires d’accès plus rapides” si “l’enclavement devait devenir définitif”.

La justice met un coup d’arrêt au chantier de l’A69, liesse chez les opposants

La justice a mis un coup d’arrêt jeudi au colossal chantier de l’A69 en annulant son autorisation environnementale, une première pour une autoroute de cette envergure en France, signant un revers pour l’Etat qui fait appel.Des cris de joie ont résonné dans un bar du centre de Toulouse, transformé en QG des anti-A69 réunis pour fêter leur victoire. “On l’a fait”, s’exclament-ils.”C’est la victoire de David contre Goliath”, a déclaré à l’AFP Gilles Garric, parmi les 300 à 400 opposants venus fêter en soirée la décision de justice place du Capitole.”C’est majeur, il y aura vraiment un avant et un après A69″, a ajouté ce conseiller municipal de Teulat (Tarn), un village “coupé en deux” par le chantier.”L’arrêté du 1er mars 2023 par lequel les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn ont délivré une autorisation environnementale en vue de la réalisation des travaux de la liaison autoroutière entre Verfeil et Castres, dite A69″ est “annulé”, selon la décision du tribunal administratif de Toulouse.L’Etat va faire appel de la suspension du chantier, qu’engendre automatiquement la décision du tribunal, a aussitôt annoncé le ministère des Transports dans un communiqué.- “Ubuesque” -Le ministre Philippe Tabarot a qualifié la situation d'”ubuesque: un chantier avancé aux deux tiers est arrêté du jour au lendemain”, et promis que “l’Etat continuerait de soutenir le projet”.L’Etat demande en outre un sursis d’exécution pour pouvoir reprendre le chantier de cet axe de 53 km entre Toulouse et Castres, dans l’attente de la décision au fond de la cour administrative d’appel.Le constructeur Atosca, concessionnaire désigné de l’A69, a pris “acte de l’impossibilité de poursuivre les travaux et de l’intention de l’Etat d’engager toutes les voies de recours permettant la reprise du projet dans les meilleurs délais possibles et dans le respect de la réglementation”, selon un communiqué.Sur le chantier, à Castres, où les engins avaient été garés en pleine journée, contrairement à l’habitude, une militante anti-A69 perchée sur un arbre s’est écriée: “c’est officiel, je n’y crois pas”, en apprenant la décision.- “Historique” -“C’est un grand jour pour le droit environnemental”, s’est félicité le collectif d’opposants à l’A69 La Voie est libre (LVEL), saluant “une décision historique”. Devant l’Assemblée nationale à Paris, où une cinquantaine de personnes se sont rassemblées en soirée, Caroline Duval,  militante du collectif La déroute des routes, a dit “merci au tribunal administratif de Toulouse de nous avoir réconciliés avec la justice, face à un chantier inutile et illégal”. Les Ecologistes, les Insoumis et la Confédération paysanne ont également salué une victoire “historique”. “Pour la première fois, la justice française interrompt un projet autoroutier pour des raisons environnementales”, a réagi sur X la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, espérant que cette décision “fera jurisprudence”.De fait, c’est la première fois en France qu’une infrastructure routière d’une telle importance est interrompue par un jugement, et non par une décision politique, comme l’abandon du projet d’A45 Lyon/Saint-Etienne en 2018.Le tribunal de Toulouse a suivi l’avis de la rapporteure publique, qui lui avait par deux fois demandé “l’annulation totale” de l’arrêté préfectoral ayant permis le début du chantier en 2023. À l’audience du 18 février, cette magistrate, Mona Rousseau, a réaffirmé que les gains espérés de la future autoroute n’étaient pas suffisants pour établir une “raison impérative d’intérêt public majeur” (RIIPM) justifiant les atteintes à l’environnement commises par le projet.- “70% des ouvrages d’art” – Le bitume devait être coulé en mars. Mais “comment accepter que les juges n’aient pas pris en compte la situation du chantier avec près de 300 millions d’euros de travaux déjà engagés, 45% des terrassements réalisés, 70% des ouvrages d’art construits et plus de 1.000 salariés du concessionnaire qui se retrouveront demain sans emploi”, a fustigé le député du Tarn Jean Terlier.Pour ses promoteurs, cet axe visait à désenclaver “le bassin de vie” du sud du Tarn, pour se connecter aux équipements de la capitale régionale, Toulouse.Cette décision va “priver d’emploi des milliers de personnes, paralyser l’économie du sud du Tarn et, plus largement, tous les grands projets d’infrastructures en France”, a regretté l’ancien député du Tarn Bernard Carayon, maire de Lavaur, dont la commune longeait le tracé.Le patron des laboratoires Pierre-Fabre, principal employeur du sud du Tarn, a menacé de “privilégier des territoires d’accès plus rapides” si “l’enclavement devait devenir définitif”.

Le “roi de la belle” et braqueur multirécidiviste Antonio Ferrara interpellé en Belgique

Le braqueur multirécidiviste Antonio Ferrara a été interpellé jeudi, lors d’un coup de filet en Belgique avant un possible braquage à main armée en Allemagne.Menée par la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, l’enquête française a conduit à l’arrestation en Belgique d’Antonio Ferrara, 51 ans, a confirmé le parquet de Paris à l’AFP.Dans un communiqué publié plus tard dans la journée de jeudi, le parquet a précisé que douze personnes au total avaient été interpellées. Parmi elles, “outre Antonio Ferrara et un de ses frères, figurent trois autres Français”, selon le communiqué de la procureure de Paris, Laure Beccuau. Deux autres figures du grand banditisme, Kader Doumbia et Walid Tarsim, ont également été interpellées, selon une source proche du dossier.Neuf interpellations ont eu lieu jeudi matin à Eupen, dans la province de Liège, à proximité de la frontière allemande, “vers 7h30″, a détaillé le parquet de Paris dans son communiqué. Trois autres personnes ont été interpellées ailleurs en Belgique, le parquet du procureur du Roi de Bruxelles expliquant qu’elles avaient eu lieu dans la capitale du plat pays grâce au travail de la police judiciaire fédérale et des unités spéciales belges.”Plusieurs de ces suspects ont des antécédents judiciaires en Belgique et/ou en France”, a poursuivi le parquet belge avant d’assurer que “plusieurs perquisitions ont été menées en France et en Belgique.” Les auditions sont en cours par le juge d’instruction belge, est-il ajouté.L’enquête a été confiée à l’office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO). Selon plusieurs médias, cette opération serait relative à un projet d’attaque en Allemagne d’un centre-fort, un endroit où les banques stockent leurs avoirs (billets, bijoux). Un policier belge a été blessé dans l’interpellation, percuté par une voiture des suspects, a indiqué la police fédérale belge à l’AFP. Légèrement touché, il a été emmené à l’hôpital mais a pu ressortir rapidement.- Un suspect blessé -Selon une source proche de l’enquête, en tentant de fuir, un des suspects arrêtés a également été blessé, par balle, et a dû être soigné à l’hôpital. Ses jours ne sont pas en danger.”Le criminel Antonio Ferrara vient d’être interpellé. Je remercie les policiers qui ont mené l’enquête et procédé à l’arrestation avec un très grand professionnalisme”, s’est félicité le ministre de l’Intérieur français Bruno Retailleau sur son compte X, avant de saluer “les autorités belges pour leur coopération exemplaire”.L’enquête pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime, visant notamment Antonio Ferrara, avait été ouverte le 15 novembre 2024, a précisé le parquet de Paris.”Toute sa famille est en état de sidération. Il est évidemment présumé innocent et seul le dossier livrera son degré d’implication et la manière dont l’enquête a été construite”, a expliqué Me Amar Bouaou, avocat d’Antonio Ferrara, à l’AFP.”Si son implication est avérée, alors il sera compliqué de donner tort aux chantres de la répression en ce qui le concerne. La réalité aujourd’hui est violente pour tous ceux qui l’ont aidé à surmonter son épreuve carcérale et la réalité est complexe car il est difficile de comprendre qu’une personne aussi brillante que lui n’ait pas réussi à chasser ses vieux démons”, a ajouté Me Bouaou.- Deux évasions -Surnommé le “roi de la belle” pour s’être évadé à deux reprises de prison, Antonio Ferrara avait été libéré en juillet 2022 de la prison de Réau (Seine-et-Marne) après avoir fini de purger sa peine.Né le 12 octobre 1973 dans le sud de l’Italie, et arrivé en France à l’âge de 10 ans, quand sa famille s’est installée à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Antonio Ferrara a été condamné pour des braquages et une tentative de meurtre ainsi que pour ses deux évasions.Il a en revanche été acquitté dans trois affaires de braquage de fourgons blindés en 2009 et d’un bureau de poste en 2012.Antonio Ferrara s’était évadé une première fois de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) en 1998 à l’occasion d’un transfèrement à l’hôpital, profitant ensuite d’une longue cavale jusqu’en 2002.Le 12 mars 2003, il s’était évadé de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) avec l’aide de complices déguisés en policiers, qui avaient attaqué l’établissement au lance-roquettes. Il sera repris quatre mois plus tard.Ces vingt dernières années, il y a eu plusieurs attaques de centres-forts sécurisés en France, certaines avec des butins de plusieurs millions d’euros.

Les opposants à l’A69 réunis pour célébrer “la victoire de David contre Goliath”

Entre 300 et 400 opposants à l’autoroute A69 Toulouse-Castres, dont le chantier a été annulé par la justice administrative jeudi, se sont rassemblés dans la Ville Rose pour fêter la victoire “historique” de “David contre Goliath”, a constaté un journaliste de l’AFP.”C’est majeur, il y aura vraiment un avant et un après A69″, a déclaré à l’AFP Gilles Garric, opposant au projet autoroutier contesté.”On est dans un temps où les juges commencent à se rendre compte de ce qu’il faut justifier pour arriver à détruire des espèces protégées, des terres agricoles, des zones humides, arracher des arbres”, a dit ce conseiller municipal de Teulat, petit village “coupé en deux” par le chantier de l’A69.”C’est la victoire de David contre Goliath”, s’est-il réjoui, saisi par l’émotion. Les manifestants se sont réunis en fin de journée place du Capitole dans le centre-ville pour célébrer la décision publiée à la mi-journée par le tribunal administratif de Toulouse, stoppant net le chantier s’étalant sur une cinquantaine de kilomètres en direction de Castres (Tarn).”Cette autoroute, clairement, ne présentait pas de raison impérative d’intérêt public majeur, donc elle est annulée purement et simplement et il n’y a aucune possibilité qu’elle revoie le jour, parce qu’en appel il n’y a aucune chance qu’il y ait des arguments nouveaux”, a dit à l’AFP Jean Olivier, président des Amis de la Terre Midi-Pyrénées.”C’est vrai que ce qui n’est pas facile à comprendre, c’est que les travaux ont le droit de démarrer avant même que le tribunal ait dit si l’autoroute était légale ou illégale, là il y a un vrai souci”, poursuit-il.Les militants écologistes de plusieurs collectifs ont pris la parole pour saluer une “décision historique”, reprenant le slogan de cette lutte longue de plusieurs années: “No Macadam”.Une cinquantaine de personnes étaient également réunies à Paris devant l’Assemblée nationale, accrochant sur les grilles du bâtiment des banderoles sur lesquelles on pouvait lire “Élus, laissez béton !””Merci au tribunal administratif de Toulouse de nous avoir réconciliés avec la justice, face à un chantier inutile et illégal, qui visait à détruire plus de 1000 hectares de terre nourricière”, a souligné Caroline Duval, militante du collectif La déroute des routes.

Bétharram: contre la prescription, les victimes appellent “à sortir du mutisme”

Les victimes de violences physiques et sexuelles à Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), “en colère” contre la “prescription” couvrant l’essentiel des faits qu’elles dénoncent, ont lancé un nouvel appel aux témoignages jeudi et exhorté la congrégation qui dirigeait cet établissement privé à sortir du “mutisme”.Lors d’une longue entrevue avec le procureur de Pau, qui a ouvert le 21 février une information judiciaire sur les faits dénoncés commis entre 1955 et 2004, les 49 victimes reçues ont exprimé leur “colère, notamment sur les questions de prescription” et leur “énorme angoisse de ne voir pour le moment qu’un seul (ancien) surveillant en détention”, a déclaré le porte-parole de leur collectif, Alain Esquerre.Cet homme, né en 1965, a été mis en examen pour viols et agression sexuelles. Les deux seules autres personnes encore vivantes accusées de crimes similaires dans ce dossier, un prêtre né en 1931 et un autre ancien surveillant, né en 1955, sont en revanche sorties libres de garde à vue, car les faits reprochés sont prescrits.Ce dernier, surnommé “Cheval” en référence à sa chevalière qu’il utilisait pour frapper les élèves, est cité dans de nombreuses plaintes. Le parquet de Châteauroux, où il a été directeur adjoint d’un collège de 2005 à 2018, a invité d’éventuelles victimes à se faire connaître.- 40 nouvelles plaintes -Le collectif des victimes a présenté jeudi 40 nouvelles plaintes, pour viols, violences physiques ou sexuelles au procureur Rodolphe Jarry, ce qui porte le total à 152, selon M. Esquerre, qui a regretté qu’en “l’état actuel du dossier”, il ne soit “pas possible” d’ouvrir une “information judiciaire contre la personne morale de Bétharram”. “Cependant, si des victimes plus récentes se manifestent, un nouvel examen sera possible”, a-t-il ajouté, lançant un nouvel appel aux témoignages.”Par ailleurs, nous exhortons la congrégation des pères (du Sacré-Cœur) de Jésus-de-Bétharram à sortir de leur mutisme et à plaider coupables, afin de reconnaître l’entièreté de leurs responsabilités pour les agissements criminels de leurs prêtres, ainsi que de leurs préposés laïcs, agissant sous leur entière autorité”, a-t-il encore déclaré.La congrégation, qui a géré l’établissement béarnais jusqu’en 2009, exerce aujourd’hui une cotutelle, avec celle des Filles de la Croix, sur l’ensemble scolaire, renommé Ensemble du Beau Rameau, soit la traduction française du béarnais “bèth arram”. – “Faire partout jurisprudence” -M. Esquerre a également promis de ne pas “lâcher” “tous ces agresseurs”, évoquant des poursuites au civil “intentées, soit individuellement, soit par le collectif”, qui envisage également de “saisir la justice, y compris la justice administrative, pour les manquements de l’État.””On ne peut plus dire à des victimes : +C’est prescrit+. Ce n’est plus suffisant parce qu’elles peuvent être amnésiques traumatiques et avoir une remontée de leur trauma à un moment où le dossier est prescrit”, estime un autre membre du collectif, Pascal Gélie.Il dénonce des “actes de barbarie”, comme “des piqûres à eau”, “des piqûres d’alcool, sous-cutanées”, “un surveillant qui a arraché des cheveux à main nue” ou encore “le fait de nous laisser dehors toute la nuit sur le perron”.”C’est une institution de salopards. Point. Et le mot est faible”, tonne Jean-Marie Delbos, 78 ans, victime d’un prêtre aujourd’hui nonagénaire, sorti libre de garde à vue au bénéfice de la prescription.”On s’y attendait à la prescription, mais le côté optimiste, c’est qu’ils nous ont dit que c’était vraiment le début de l’affaire, que ça risquait d’être très long et qu’ils allaient chercher partout des faits éventuellement commis plus tard et qui ne rentreraient pas dans la prescription”, a déclaré jeudi une autre victime qui a requis l’anonymat.”Ce dossier de Bétharram, nous allons le porter haut et fort. Et je pense qu’il va faire partout en France jurisprudence”, a conclu M. Esquerre, qui salue la constitution d’autres groupes de victimes venant d’établissements catholiques de la région “afin de libérer la parole des victimes de ces pensionnats trop longtemps étouffée”.Une proposition de loi visant à rendre imprescriptibles au civil les viols sur mineurs pourrait être débattue en avril au Sénat, après un premier rejet à l’Assemblée.”J’espère qu’elle sera votée et donc je suis favorable, de manière générale, à la levée de la prescription pour les crimes commis sur les mineurs”, a notamment appuyé le ministre de la Justice Gérald Darmanin interrogé jeudi sur RTL.

Royaume-Uni et France prolongent un accord contre les migrations clandestines

Le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau et son homologue britannique Yvette Cooper ont annoncé jeudi la prolongation d’un an d’un traité permettant à Londres de cofinancer des moyens français destinés à empêcher les traversées clandestines meurtrières de la Manche.M. Retailleau, qui a reconnu à l’issue de la visite avoir eu un “bras de fer sur le plan financier” après un changement des règles de remboursement par les Britanniques, a néanmoins adopté un ton conciliant, saluant les efforts de Londres contre l’immigration illégale.Malgré des discussions “âpres”, “nous sommes d’accord sur les objectifs et nous parvenons toujours au final à nous entendre”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune au Touquet (Pas-de-Calais).Le traité de Sandhurst a été prolongé jusqu’en 2027, par un avenant à l’accord triennal 2023-2026.Dans le cadre de ce traité signé en 2018, Londres finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière, car c’est sur le sol français que se déroulent les contrôles des personnes en partance pour le Royaume-Uni.Cette prolongation permettra de financer des projets immobiliers non achevés mi-2026 pour un montant de 25 millions d’euros: des fonds déjà programmés mais qui pourront ainsi être utilisés notamment pour construire un centre de rétention administrative à Dunkerque (Nord), a précisé Beauvau.Les deux ministres sont partis tôt jeudi matin du Touquet pour survoler le littoral en avion. Ils ont ensuite visité un barrage installé sur un cours d’eau pour empêcher les embarcations clandestines de rejoindre la mer, ou encore la gendarmerie d’Etaples-sur-Mer, équipée de drones et caméras thermiques.”Nous avons contrôlé le travail et les investissements effectués dans le cadre de l’accord de Sandhurst”, afin d’assurer qu’ils sont “utilisés le plus efficacement possible” a déclaré Mme Cooper, ajoutant que son gouvernement versera in fine “les mêmes fonds que ceux prévus”.Londres s’est engagé à verser “541 millions d’euros entre 2023/2024 et 2025/2026”, selon un rapport parlementaire britannique de décembre 2024.- Casernes -Alors que les tensions semblaient s’être ravivées autour des questions migratoires qui empoisonnent de longue date les relations entre Londres et Paris, M. Retailleau a salué “des mesures très innovantes” du Royaume-Uni pour diminuer son “attractivité” pour les migrants, et notamment la possibilité d’y travailler illégalement.”Nous avons augmenté substantiellement” les expulsions mais aussi multiplié “les opérations contre le travail illégal” y compris en utilisant “des kits biométriques” pour identifier les travailleurs étrangers, a expliqué Mme Cooper.Parmi les autres projets devant être cofinancés d’ici 2027 figurent des casernes pour les CRS déployés en renfort sur le littoral, ou encore des formations pour les opérateurs de drones.En contrepartie des fonds britanniques, Paris s’est engagé depuis 2023 à augmenter le taux d’interception d’embarcations destinées à traverser la Manche et réduire “notablement” le nombre de traversées.Les traversées avaient atteint un nombre record en 2022, quand plus de 45.000 personnes étaient parvenues à rejoindre le Royaume-Uni. Elles avaient chuté en 2023, avant de rebondir de 25% l’an dernier avec 36.800 arrivées.M. Retailleau a également plaidé jeudi pour un “changement de doctrine” permettant aux forces françaises d’intercepter des bateaux même quand ils sont déjà à l’eau, pour contrer la nouvelle tactique des “taxis-boats”, qui arrivent par la mer pour embarquer des migrants directement dans l’eau, évitant ainsi les interceptions sur les plages.Face au durcissement sécuritaire, passeurs et candidats à l’exil prennent des risques accrus, déplorent des associations de soutien aux migrants et des experts. Au moins 78 personnes sont mortes en tentant de rallier l’Angleterre par la mer en 2024, un record.La maire de Calais Natacha Bouchart (divers droite) s’est dite “très déçue” de mesures qui ne lui semblent pas à même de ralentir les départs, appelant de ses voeux une “réunion au sommet de l’ensemble des ministres de l’Intérieur européens et britannique”.Déplorant que depuis le Brexit les mécanismes d’immigration vers le Royaume-Uni “ont été détruits”, M. Retailleau a assuré travailler à un accord sur le plan européen, espérant que “dans l’année qui vient, on sera capable de mettre des solutions plus larges sur la table”.

In major shift, Ocalan calls for PKK to drop weapons, disband

An emotional crowd broke into applause, while others wept in the main city of Turkey’s Kurdish-majority southeast Thursday as jailed PKK founder Abdullah Ocalan urged his militant group to dissolve and his fighters to lay down their weapons. The response came as Ocalan’s landmark declaration was read out at an Istanbul press conference, his words relayed …

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La soeur de Le Scouarnec dénonce les “mensonges” de l’ex-épouse, les méthodes d’enquête critiquées

La soeur de Joël Le Scouarnec a dénoncé jeudi les “mensonges” de l’ex-épouse du chirurgien pédocriminel au quatrième jour du procès, également marqué par une controverse sur les méthodes des enquêteurs pour informer les victimes, souvent endormies ou en phase de réveil au moment des faits.Dès le début du quatrième jour du procès à Vannes du chirurgien pédocriminel, Annie, 72 ans, s’est effondrée en pleurs en évoquant les propos tenus la veille par sa belle-soeur Marie-France, entendue par la cour criminelle du Morbihan pendant cinq heures.Cachée sous une perruque, Marie-France avait outré les avocats représentant les 299 patients victimes de violences sexuelles de la part de l’ex-chirurgien, en niant farouchement avoir connu les penchants pédophiles et actes pédocriminels de son mari.”C’était insupportable, plein de cruauté envers les victimes (…) plein de mensonges”, a dénoncé Annie.Elle a ensuite déclaré que la plus jeune de ses deux filles lui avait confié dès octobre 2000 avoir subi des violences sexuelles de la part de Joël Le Scouarnec, et qu’elle avait confronté ce dernier aussitôt.Son frère aurait alors tout de suite reconnu les faits. “Oui, c’est vrai et Marie-France est au courant”, lui aurait-il déclaré, selon elle.”Je lui ai dit +faut que tu fasses quelque chose, que tu te fasses soigner+”, se souvient Annie. Pourquoi n’a-t-elle pas déposé plainte, demande la présidente Aude Buresi? “Je ne me suis pas rendu compte que c’était quelqu’un de dangereux.””J’ai besoin de savoir comment tu en es arrivé là”, dit Annie en s’adressant à son frère. “Est-ce que notre père a eu des gestes sur toi? (…) Dis-moi la vérité!”, l’exhorte-t-elle.”Comment je suis devenu un pédophile puis un pédocriminel ? Je ne sais toujours pas”, lui a-t-il répondu un peu plus tard. “Ce dont je suis certain, c’est que je n’ai jamais subi aucune agression de la part de qui que ce soit”, affirme-t-il, d’une voix claire. Arrêté en 2017 pour le viol de sa voisine de six ans, Joël Le Scouarnec avait été condamné en 2020 à 15 ans de prison pour les violences sexuelles commises sur quatre enfants. Parmi eux, les deux filles d’Annie.Le médecin avait aussi reconnu des violences sexuelles, prescrites, sur une autre nièce.- Méthodes d’enquête critiquées -Est venu ensuite à la barre Cyrille Martin, le colonel de gendarmerie qui a commandé la section de recherches de Poitiers, chargée à l’époque de l’enquête sur les carnets intimes de l’ex-chirurgien, saisis en 2017 après son interpellation pour le viol de sa voisine de six ans. Lors d’une perquisition en mai 2017 à Jonzac (Charente-Maritime), des milliers de pages de “journaux intimes” et quelque 300.000 images pédopornographiques –dont certaines de ses propres fils et d’enfants de leur entourage– ont été saisies.Dans ses carnets et fichiers, l’ex-chirurgien notait le nom, l’âge, voire l’adresse postale de nombre de ses victimes: des patients dont l’âge moyen était de onze ans et qui étaient souvent endormis ou en phase de réveil.Il y a aussi décrit scrupuleusement les sévices pédocriminels qu’il leur infligeait et c’est ce fil que les enquêteurs ont remonté pour identifier ses victimes entre 1989 à 2014.Le colonel Martin a souligné le caractère “hors norme” et “atypique” de ce dossier qui a contraint les gendarmes à procéder à rebours de ce dont ils ont l’habitude : “aller vers des victimes qui, pour la grande majorité, n’étaient pas conscientes des crimes dont elles avaient été victimes”.En décortiquant les écrits de l’accusé, ils réussiront à localiser et entendre 330 victimes potentielles.Mais plusieurs avocats des parties civiles ont critiqué jeudi les méthodes employées par les gendarmes.Certains ont évoqué le fait que plusieurs dizaines de victimes potentielles aient pu être oubliées dans les investigations. D’autres ont fustigé les conditions brutales dans lesquelles les gendarmes ont parfois révélé aux victimes les sévices infligés par Joël Le Scouarnec des décennies plus tôt, sans prise en charge psychologique ou processus spécifique pour éviter des traumatismes. “Avez-vous des regrets?”, demande ainsi au colonel Martin Louise Aubret-Lebas, qui représente quinze victimes, dont certaines ont selon elle appris les crimes subis en présence de leurs enfants ou par un simple appel téléphonique.”Oui, c’est regrettable. Que des victimes se sentent blessées et touchées par rapport à des maladresses ou des façons de faire qui n’étaient pas appropriées (…) évidemment ce n’était pas le but de la gendarmerie”, a-t-il dit.L’audience se poursuivait avec le directeur d’enquête.