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Après le passage du cyclone Garance, La Réunion prend la mesure des dégâts

Arbres arrachés, voitures emportées par les flots, routes et électricité coupées: l’île de La Réunion, sous alerte rouge jusqu’à samedi matin, s’apprête à mesurer l’ampleur des dégâts au lendemain du passage du cyclone Garance, qui a provoqué la mort de quatre personnes.L’alerte rouge, ordonnant le confinement de la population, a été levée samedi à 10H00 locales (07H00 à Paris). Le phénomène météorologique Garance a été déclassé au stade de forte tempête tropicale.L’aéroport Roland-Garros, à l’est de Saint-Denis (nord), sera rouvert samedi partir de 18H30 (15H30 à Paris).Le bilan “nous montre combien il faut être prudent alors que le danger n’est pas terminé”, a souligné vendredi soir le préfet de l’île, Patrice Latron.Le passage de ce cyclone, “brutal et violent” selon les termes du représentant de l’État, s’est en effet soldé par le décès de quatre personnes. – Une île “défigurée” -Une femme a été emportée par les eaux à Saint-Denis et un homme tué, également dans la commune chef-lieu de La Réunion, dans un incendie d’origine électrique. Une femme a elle été ensevelie par une coulée de boue à Trois Bassins, commune de l’ouest de l’île.La préfecture a annoncé samedi matin le décès d’une quatrième personne, “un homme coincé sous un arbre” à Saint-Denis.Samedi matin, quelque 953 personnes étaient réparties dans des centres d’hébergement et 160.000 restaient privées d’électricité, selon un point de la préfecture à 11H00 locales. Plus de 310.000 habitants sont toujours privés d’eau potable et 139.000 de réseau internet.”Il va y avoir beaucoup de travaux de remise en état: beaucoup de routes sont encombrées par des branchages, voire par des arbres en travers de la route, des routes sont inondées, des routes sont coupées, emportées, des ponts sont coupés”, décrit le préfet de l’île.Le préfet continue d’appeler à la “prudence” et prévient les plus de 880.000 habitants que compte l’île que le “monde” que “nous redécouvrirons” samedi sera “encore défiguré par Garance”.”Ce phénomène a été plus violent que Belal”, en 2024, a affirmé le préfet de La Réunion. Le cyclone Belal, qui s’était abattu sur La Réunion le 15 janvier 2024, avait provoqué la mort de quatre personnes et fait 100 millions d’euros de dégâts, selon les chiffres de France assureurs.Pendant le passage du cyclone vendredi, Météo-France a relevé des rafales de vent soufflant à 214 km/h à l’aéroport situé au nord de l’île et de 230 km/h sur le piton Sainte-Rose à l’extrême est. De très fortes pluies orageuses ont également balayé l’île. A Saint-Gilles-les-Bains, une ville balnéaire de la côte ouest de l’île, la ravine est sortie de son lit.Les flots déchaînés ont submergé la route, la faisant s’effondrer sur plusieurs mètres. “Nous n’avons plus d’électricité depuis ce moment-là, les lignes à haute tension ont été déterrées par les flots, je ne sais pas quand ça va pouvoir être réparé”, déplore Louis Fontaine, 66 ans, habitant de la commune.Une fois sorti de son lit, le cours d’eau boueux a envahi tout le centre-ville de Saint-Gilles. Depuis 06H00 samedi matin, bien avant la levée de l’alerte rouge, les employés des services communaux ont commencé à déblayer la boue des rues.”On y va à la pelle, les habitants nous aident mais il y a beaucoup trop de boue, nous avons été obligés de faire intervenir des pelleteuses”, commente Jean, un employé communal, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.- Renforts attendus -Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des rues totalement inondées avec parfois des torrents d’eau dévalant les pentes, notamment à Saint-Denis et à Saint-André (est de La Réunion). D’autres vidéos montrent des voitures emportées.”Nos armées se tiennent prêtes à assister les services de l’État et soutenir la population”, a posté sur X le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, précisant que le pont aérien toujours en place entre La Réunion et Mayotte, frappé par le cyclone Chido mi-décembre, “sera maintenu afin d’acheminer pompiers, gendarmerie, véhicules et fret réunionnais actuellement déployés sur l’archipel mahorais”. “Deux vagues de renforts nationaux sont prévues pour venir en aide à la population”, a annoncé vendredi soir sur X Bruno Retailleau.Samedi matin, “103 sapeurs-pompiers de la sécurité civile, accompagnés de cinq tonnes de matériel actuellement à Mayotte, arriveront à La Réunion”, a détaillé le ministre de l’Intérieur, ajoutant qu’un escadron de gendarmerie partirait aussi de Mayotte “en renfort pour la sécurisation”.Et dimanche, “100 personnels de la sécurité civile (50 pompiers et 50 militaires) partiront de métropole”, a assuré M. Retailleau.Des habitants de cette île habituée aux événements climatiques ont confié à l’AFP leur “peur” face à la “puissance” de ce cyclone.Floris Carpaye de la FDSEA, syndicat agricole majoritaire à La Reunion, se désole: “toutes les filières agricoles ont été impactées, mais le maraîchage est peut être le secteur qui a été le plus touché, les serres ont volé, les plants de légumes ont été noyés, c’est une véritable catastrophe”.”Ca va se chiffrer en dizaines de millions d’euros”, redoute M. Carpaye.Le groupement hospitalier Est Réunion a lui aussi annoncé avoir “subi des dégâts majeurs”.”Sous la pression des vents violents, des vitres ont cédé et 61 patients ont dû être déplacés à l’intérieur de l’établissement pour garantir leur sécurité. Aucune évacuation extérieure n’a été nécessaire”, précise le groupement hospitalier.

Prisons: plus de 81.000 détenus en France, un chiffre inégalé, au 1er février

Avec 81.599 détenus recensés au 1er février, les prisons françaises n’ont jamais connu un nombre aussi élevé de personnes incarcérées, selon des chiffres obtenus samedi auprès du ministère de la Justice.Au 1er février, les prisons françaises comptaient 81.599 détenus pour seulement 62.363 places opérationnelles.La surpopulation carcérale, que personne ne conteste, est un mal endémique français.La densité carcérale globale était de 130,8% au 1er février. Cette densité, supérieure ou égale à 200% dans 18 établissements ou quartiers pénitentiaires, contraint plus de 4.000 détenus, 4.490 exactement, à dormir sur des matelas posés à même le sol.La densité carcérale atteint 158,9% en maison d’arrêt, où sont incarcérés les détenus en attente de jugement, donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines.Selon les données du ministère, 52.507 détenus étaient hébergés au 1er février dans un structure avec une densité supérieure à 120% et 41.875 dans une structure avec une densité supérieure à 150%.Le seuil des 80.000 détenus a été franchi pour la première fois au 1er novembre 2024 (80.130). Il n’a cessé depuis de grimper sauf au 1er janvier où l’on avait enregistré un léger tassement (80.669 détenus contre 80.792 au 1er décembre).Parmi les personnes incarcérées au 1er février, 21.631 sont des prévenus, en détention dans l’attente de leur jugement définitif.Au total, 98.780 personnes étaient placées sous écrou au 1er février. Parmi elles, on compte 17.181 personnes non détenues faisant l’objet d’un placement sous bracelet électronique ou d’un placement à l’extérieur.La France figure parmi les mauvais élèves en Europe en termes de surpopulation carcérale, en troisième position derrière Chypre et la Roumanie, selon une étude publiée en juin par le Conseil de l’Europe.Des mesures ont pourtant été prises pour tenter de remédier à ce problème, comme l’interdiction des peines de prison de moins d’un mois, l’aménagement des peines ou encore le développement de travaux d’intérêt général.En parallèle de la création de prisons de haute sécurité pour les détenus les plus dangereux, notamment les narcotrafiquants, les places de semi-liberté seront doublées d’ici 2027, soit 3.000 places, a récemment annoncé le garde des Sceaux Gérald Darmanin.Selon le ministère, “cette mesure permettra notamment de lutter contre la surpopulation carcérale et de favoriser la réinsertion”.

Métropole rennaise: 100.000 jeunes concernés par une campagne de vaccination contre la méningite

L’Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne a annoncé vendredi soir une campagne de vaccination “de grande ampleur” qui concernera 100.000 jeunes de 15 à 24 ans sur le territoire de Rennes métropole après plusieurs cas de méningites.En France, une recrudescence de cas d’Infections invasives à méningocoques (IIM), dont celles liées au sérogroupe B, a été observée au cours de la saison 2024-2025 “avec un nombre particulièrement élevé de cas en janvier”, indique l’ARS dans un communiqué.Le territoire de la métropole rennaise, soit près d’un demi million d’habitants, se trouve “particulièrement concerné par cette situation”.Depuis décembre, l’ARS de Bretagne est “intervenue autour de plusieurs situations d’infections invasives à méningocoques de type B en Ille-et-Vilaine, notamment en prenant en charge les cas détectés et les personnes contacts”, avec notamment deux foyers dans une école de commerce rennaise et au sein d’une famille. L’analyse génomique des souches des bactéries responsables de ces cas d’IIM à l’institut Pasteur a révélé “une infection par une seule et même souche de la bactérie”, d’après la même source.L’enquête menée par l’ARS Bretagne et Santé publique France “n’a pas permis de retrouver de lien épidémiologique entre les deux groupes de cas”, ce qui suggère une circulation de cette souche sur le territoire de la métropole rennaise.”Cette situation se caractérise par un nombre de cas d’infections plus important que d’habitude sur ce territoire”, souligne l’ARS. Ainsi, “afin de protéger des formes graves la population la plus exposée, les autorités lancent dans les prochains jours une opération de vaccination de grande ampleur contre le méningocoque B en direction des jeunes de 15 à 24 ans habitants ou scolarisés ou étudiants sur le territoire de Rennes métropole”, qui regroupe 43 communes.Cette campagne de vaccination peut ainsi concerner 100.000 personnes.La vaccination s’étalera sur plusieurs semaines consécutives “afin de permettre à l’ensemble de la population cible d’accéder à la vaccination” d’après l’ARS, qui annonce la venue du ministre de la Santé Yannick Neuder lundi dans la capitale bretonne.

Maladie de Lyme: la controverse ressurgit avec un avis controversé de la HAS

C’était l’une des grandes polémiques médicales des années 2010: existe-t-il une forme chronique de la maladie de Lyme ? En sourdine depuis les années Covid, le débat reprend en France, après un avis contesté de la Haute autorité de Santé (HAS).La HAS, l’instance française dont les avis visent à orienter les politiques de santé, a publié fin février de nouvelles recommandations sur la prise en charge de la borréliose de Lyme, une infection bactérienne provoquée par les morsure de tiques.Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de Français sont infectés et quelques centaines finissent à l’hôpital. L’infection se traduit le plus souvent par une rougeur de la peau vers la morsure, mais peut aussi causer d’autres troubles, notamment neurologiques.Or, si la prise en charge immédiate de la maladie ne fait guère débat – vite donner des antibiotiques aux patients -, l’avis de la HAS réveille une polémique largement occultée ces dernières années: l’existence ou non d’une forme chronique.Un nombre conséquent de patients ont en effet des symptômes pendant des mois, voire des années. Pour une petite part du corps médical, souvent soutenue par les associations de malades, cela s’explique par la persistance durable de la bactérie dans l’organisme.Mais cette position, qui n’a jamais été appuyée par des études solides, ne convainc pas la majorité des médecins qui peinent néanmoins à expliquer la présence de symptômes à long terme.Cet antagonisme nuit de longue date au suivi des patients. L’hypothèse d’une présence durable de la bactérie sert de base à des thérapies à l’efficacité non avérée, proposant des mois de prise d’antibiotiques. Mais, parallèlement, des patients témoignent s’être heurtés à des médecins qui refusent largement d’admettre l’existence de symptômes durables.Le précédent avis de la HAS remontait à 2018 et avait mécontenté les deux camps. Il reconnaissait l’existence de symptômes persistants, des termes qui n’allaient pas assez loin pour les partisans d’une forme chronique, mais qui étaient déjà trop affirmatifs pour les principales sociétés savantes.- Flou sur les financements -Celles-ci, aux côtés de l’Académie de médecine, avaient carrément publié leurs propres recommandations, un rare désaveu pour la HAS.Avec ses nouvelles recommandations, celle-ci s’inscrit a priori dans un contexte plus apaisé, alors que le débat sur le sujet a perdu en visibilité médiatique. Principale figure des défenseurs de l’existence d’un Lyme chronique dans les années 2010, le professeur Christian Perronne a été décrédibilisé par ses positions lors de la crise du Covid, notamment vaccino-sceptiques.D’un autre côté, les recherches autour du Covid long ont donné plus de crédibilité aux symptômes dits “post-infectieux”. Et c’est bien parmi ces derniers que la HAS classe désormais la forme persistante de la maladie de Lyme.A certains titres, son nouvel avis va plus loin. Elle insiste quant au fait que les symptômes persistants sont une “pathologie reconnue” et impose d’éviter une “errance médicale” aux patients.Mais, en phase avec le consensus scientifique sur le sujet, elle ne parle pas de forme chronique et évoque uniquement des symptômes “post-traitement”. La nuance est de taille, car elle écarte l’idée d’une présence de la bactérie à long terme, pour privilégier des hypothèses comme un dérèglement du système immunitaire.”Dans ces conditions, il nous est impossible d’endosser ces recommandations”, a prévenu dans un communiqué transmis jeudi à l’AFP la Fédération française contre les Maladies vectorielles à tiques (FFMVT), bastion des partisans d’un Lyme chronique.La FFMVT, qui a participé aux discussions, dit avoir demandé en vain l’introduction d’un paragraphe évoquant un “dissensus” sur le sujet. Elle regrette, par ailleurs, que la HAS intègre des psychothérapies dans ses recommandations de suivi. Le sujet est sensible car les associations rejettent en bloc l’idée d’une explication psychosomatique dans certains cas.Cette polémique de fond se double, par ailleurs, d’accusations quant à l’usage de financements dédiés à la recherche sur la maladie, alors que les parlementaires avaient débloqué fin 2023 dix millions d’euros dans ce but.Selon la FFMVT, l’Inserm en a consacré l’essentiel à combler ses frais de fonctionnement. Interrogé par l’AFP, l’institut a contesté cette interprétation, affirmant que l’usage des dix millions serait étalé sur plusieurs années et niant tout “déficit à combler”.

Après le passage du cyclone Garance, La Réunion mesure l’ampleur des dégâts

Arbres arrachés, voitures emportées par les flots, routes et électricité coupées: l’île de La Réunion, sous alerte rouge jusqu’à samedi matin, s’apprête à mesurer l’ampleur des dégâts au lendemain du passage du cyclone Garance, qui a provoqué la mort de quatre personnes.L’alerte rouge, ordonnant le confinement de la population, a été maintenue jusqu’à samedi 10H00 locales (07H00 à Paris).L’aéroport Roland-Garros, à l’est de Saint-Denis (nord), “sera rouvert samedi 1er mars à partir de 18H30 (15H30 à Paris) mais pas avant” afin de pouvoir laisser les équipes opérationnelles effectuer “les dernières vérifications”, a annoncé la direction de l’aéroport dans un communiqué publié vendredi soir. Un premier vol est prévu à 21H00 (18H00 à Paris), précise-t-elle.Le bilan “nous montre combien il faut être prudent alors que le danger n’est pas terminé”, a souligné vendredi soir le préfet de l’île, Patrice Latron.Le passage de ce cyclone, “brutal et violent” selon les termes du représentant de l’État, s’est en effet soldé par le décès de quatre personnes. – Une île “défigurée” -Une femme a été emportée par les eaux à Saint-Denis et un homme tué, également dans la commune chef-lieu de La Réunion, dans un incendie d’origine électrique. Une femme a elle été ensevelie par une coulée de boue à Trois Bassins, commune de l’ouest de l’île.La préfecture a annoncé samedi matin le décès d’une quatrième personne, “un homme coincé sous un arbre” à Saint-Denis.À 18H30 locales vendredi soir, 847 personnes étaient accueillies dans des centres d’hébergement d’urgence, 182.000 se trouvaient sans électricité, 171.000 sans eau et 134.000 sans internet, selon la préfecture. “Il va y avoir beaucoup de travaux de remise en état: beaucoup de routes sont encombrées par des branchages, voire par des arbres en travers de la route, des routes sont inondées, des routes sont coupées, emportées, des ponts sont coupés”, décrit le préfet de l’île.Le préfet continue d’appeler à la “prudence” et prévient les plus de 880.000 habitants que compte l’île que le “monde” que “nous redécouvrirons” samedi sera “encore défiguré par Garance”.”Ce phénomène a été plus violent que Belal”, en 2024, a affirmé le préfet de La Réunion. Le cyclone Belal, qui s’était abattu sur La Réunion le 15 janvier 2024, avait provoqué la mort de quatre personnes et fait 100 millions d’euros de dégâts, selon les chiffres de France assureurs.Pendant le passage du cyclone vendredi, Météo-France a relevé des rafales de vent soufflant à 214 km/h à l’aéroport situé au nord de l’île et de 230 km/h sur le piton Sainte-Rose à l’extrême est. De très fortes pluies orageuses ont également balayé l’île. – Renforts attendus -Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des rues totalement inondées avec parfois des torrents d’eau dévalant les pentes, notamment à Saint-Denis et à Saint-André (est de La Réunion). D’autres vidéos montrent des voitures emportées.”Nos armées se tiennent prêtes à assister les services de l’État et soutenir la population”, a posté le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, précisant que le pont aérien toujours en place entre La Réunion et Mayotte, frappé par le cyclone Chido mi-décembre, “sera maintenu afin d’acheminer pompiers, gendarmerie, véhicules et fret réunionnais actuellement déployés sur l’archipel mahorais”. “Deux vagues de renforts nationaux sont prévues pour venir en aide à la population”, a annoncé vendredi soir sur X Bruno Retailleau.Samedi matin, “103 sapeurs-pompiers de la sécurité civile, accompagnés de cinq tonnes de matériel actuellement à Mayotte, arriveront à La Réunion”, a détaillé le ministre de l’Intérieur, ajoutant qu’un escadron de gendarmerie partirait aussi de Mayotte “en renfort pour la sécurisation”.Et dimanche, “100 personnels de la sécurité civile (50 pompiers et 50 militaires) partiront de métropole”, a assuré M. Retailleau.Des habitants de cette île habituée aux événements climatiques ont confié à l’AFP leur “peur” face à la “puissance” de ce cyclone.Olivier Fontaine, président de la chambre d’agriculture de La Réunion, a lui fait état de “destructions et dégâts sans précédent”. Selon lui, “à ce stade, ce sont plusieurs milliers d’exploitations qui ont été anéanties”.Le groupement hospitalier Est Réunion a lui aussi annoncé avoir “subi des dégâts majeurs”.”Sous la pression des vents violents, des vitres ont cédé et 61 patients ont dû être déplacés à l’intérieur de l’établissement pour garantir leur sécurité. Aucune évacuation extérieure n’a été nécessaire”, précise le groupement hospitalier.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Après le passage du cyclone Garance, La Réunion mesure l’ampleur des dégâts

Arbres arrachés, voitures emportées par les flots, routes et électricité coupées: l’île de La Réunion, sous alerte rouge jusqu’à samedi matin, s’apprête à mesurer l’ampleur des dégâts au lendemain du passage du cyclone Garance, qui a provoqué la mort de quatre personnes.L’alerte rouge, ordonnant le confinement de la population, a été maintenue jusqu’à samedi 10H00 locales (07H00 à Paris).L’aéroport Roland-Garros, à l’est de Saint-Denis (nord), “sera rouvert samedi 1er mars à partir de 18H30 (15H30 à Paris) mais pas avant” afin de pouvoir laisser les équipes opérationnelles effectuer “les dernières vérifications”, a annoncé la direction de l’aéroport dans un communiqué publié vendredi soir. Un premier vol est prévu à 21H00 (18H00 à Paris), précise-t-elle.Le bilan “nous montre combien il faut être prudent alors que le danger n’est pas terminé”, a souligné vendredi soir le préfet de l’île, Patrice Latron.Le passage de ce cyclone, “brutal et violent” selon les termes du représentant de l’État, s’est en effet soldé par le décès de quatre personnes. – Une île “défigurée” -Une femme a été emportée par les eaux à Saint-Denis et un homme tué, également dans la commune chef-lieu de La Réunion, dans un incendie d’origine électrique. Une femme a elle été ensevelie par une coulée de boue à Trois Bassins, commune de l’ouest de l’île.La préfecture a annoncé samedi matin le décès d’une quatrième personne, “un homme coincé sous un arbre” à Saint-Denis.À 18H30 locales vendredi soir, 847 personnes étaient accueillies dans des centres d’hébergement d’urgence, 182.000 se trouvaient sans électricité, 171.000 sans eau et 134.000 sans internet, selon la préfecture. “Il va y avoir beaucoup de travaux de remise en état: beaucoup de routes sont encombrées par des branchages, voire par des arbres en travers de la route, des routes sont inondées, des routes sont coupées, emportées, des ponts sont coupés”, décrit le préfet de l’île.Le préfet continue d’appeler à la “prudence” et prévient les plus de 880.000 habitants que compte l’île que le “monde” que “nous redécouvrirons” samedi sera “encore défiguré par Garance”.”Ce phénomène a été plus violent que Belal”, en 2024, a affirmé le préfet de La Réunion. Le cyclone Belal, qui s’était abattu sur La Réunion le 15 janvier 2024, avait provoqué la mort de quatre personnes et fait 100 millions d’euros de dégâts, selon les chiffres de France assureurs.Pendant le passage du cyclone vendredi, Météo-France a relevé des rafales de vent soufflant à 214 km/h à l’aéroport situé au nord de l’île et de 230 km/h sur le piton Sainte-Rose à l’extrême est. De très fortes pluies orageuses ont également balayé l’île. – Renforts attendus -Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des rues totalement inondées avec parfois des torrents d’eau dévalant les pentes, notamment à Saint-Denis et à Saint-André (est de La Réunion). D’autres vidéos montrent des voitures emportées.”Nos armées se tiennent prêtes à assister les services de l’État et soutenir la population”, a posté le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, précisant que le pont aérien toujours en place entre La Réunion et Mayotte, frappé par le cyclone Chido mi-décembre, “sera maintenu afin d’acheminer pompiers, gendarmerie, véhicules et fret réunionnais actuellement déployés sur l’archipel mahorais”. “Deux vagues de renforts nationaux sont prévues pour venir en aide à la population”, a annoncé vendredi soir sur X Bruno Retailleau.Samedi matin, “103 sapeurs-pompiers de la sécurité civile, accompagnés de cinq tonnes de matériel actuellement à Mayotte, arriveront à La Réunion”, a détaillé le ministre de l’Intérieur, ajoutant qu’un escadron de gendarmerie partirait aussi de Mayotte “en renfort pour la sécurisation”.Et dimanche, “100 personnels de la sécurité civile (50 pompiers et 50 militaires) partiront de métropole”, a assuré M. Retailleau.Des habitants de cette île habituée aux événements climatiques ont confié à l’AFP leur “peur” face à la “puissance” de ce cyclone.Olivier Fontaine, président de la chambre d’agriculture de La Réunion, a lui fait état de “destructions et dégâts sans précédent”. Selon lui, “à ce stade, ce sont plusieurs milliers d’exploitations qui ont été anéanties”.Le groupement hospitalier Est Réunion a lui aussi annoncé avoir “subi des dégâts majeurs”.”Sous la pression des vents violents, des vitres ont cédé et 61 patients ont dû être déplacés à l’intérieur de l’établissement pour garantir leur sécurité. Aucune évacuation extérieure n’a été nécessaire”, précise le groupement hospitalier.

Depuis 38 ans, la folle expédition souterraine d’un facteur

“C’est l’aventure qui me pousse”: dans les profondeurs d’une caverne, armé d’une simple pioche, un ex-facteur aujourd’hui septuagénaire explore depuis 38 ans un gouffre découvert par hasard dans son pré en Bourgogne.En ce 5 janvier 1987, dans le village de Péronne (Saône-et-Loire), la jument Uriane grattait le sol enneigé quand la terre s’est dérobée sous ses sabots, révélant un fossé béant. Appelés par le propriétaire de la prairie, Robert Brunet, des spéléologues évaluent la profondeur de la cavité à plus de 50 mètres, avec 200 mètres d’étroits boyaux. “Ils étaient impressionnés!”, se souvient Robert.Facteur de métier, il ne connaît rien à la spéléologie mais se fait explorateur, vite rejoint par un ami, Alain Musy, qui se dit amateur de “découvertes et de mystères”.Au fil des décennies, les deux forçats du tréfonds ont découvert plusieurs salles, une rivière souterraine, de multiples stalactites et des centaines d’ossements préhistoriques.”On a enlevé la terre qui recouvrait la roche sur 5-6 mètres”, raconte Robert à l’AFP. “On a élargi les galeries là où, avant, on ne pouvait passer qu’en rampant”. Et “plus de 400 marches” de béton ont été coulées pour remplacer les échelles de bois des premières expéditions.Le postier n’a que les moyens du bord. Dans les supermarchés, il récupère des sacs pour remonter à la seule force de ses bras jusqu’à 25 tonnes de glaise par an. A la déchetterie, il trouve des tuyaux pour l’aération, tenus par des mètres de ruban adhésif. Et avec des pots de confiture, il protège de l’humidité les ampoules de son système d’éclairage. Aujourd’hui retraité, Robert Brunet est souvent surnommé le “facteur Cheval de la spéléologie”, en référence à Ferdinand Cheval, un autre postier qui a bâti seul dans la Drôme, pendant des décennies, son “palais idéal”, un monument d’architecture naïve. Sauf que, Robert, lui, ne construit pas: il creuse.- “On est fous” -L’étroite brèche est ainsi devenue une gigantesque caverne accessible sur 51 m de profondeur grâce à 300 m de galeries.Passée l’entrée, un escalier en colimaçon ouvre sur un monde de merveilles remontant jusqu’à 450.000 ans. Des stalactites aux formes incongrues scintillent. Des parois rocheuses brillent de fossiles, de quartz ou de manganèse. Des crevettes aveugles nagent dans de minuscules piscines…Au détour de ce labyrinthe féérique, Robert attaque au piolet de maçon une paroi de glaise, détachant centimètre par centimètre des pâtés de boue dégoulinante. Et quand piocher ne suffit plus, le marteau piqueur est appelé à la rescousse. “J’en use trois, quatre par an”, rit Robert, faisant fi du danger. “Ben oui, un effondrement peut arriver”, reconnaît-il. “Mais ça serait vraiment de la malchance”.”C’est l’aventure qui me pousse. On creuse parce que peut-être qu’il y a une salle derrière, ou un passage, ou une maxillaire d’Homo sapiens”, comme celle fièrement exhibée dans le gouffre.Dans sa folle épopée, l’infatigable retraité reçoit l’aide, tous les deux à trois mois, d’amateurs spéléologues.Mais d’autres aides, en particulier financières, Robert n’en a pas. Et n’en cherche pas non plus. Le gouffre lui appartenant – comme tout sous-sol sous un terrain dont on est propriétaire -, il préfère réserver les visites à des amis et amateurs (une cinquantaine par an seulement). Toujours gratuitement.Cinq jours par semaine, lui et Alain revêtent toujours leur bleu de chauffe recouvert d’une épaisse couche de glaise.”Parfois, on se regarde et on se dit: on est fous”, raille Alain: “je me vois couché dans la boue (…) sous des tonnes de roches. Mais on a 66 et 75 ans!””Je suis en pleine forme”, répond Robert. “Je descendrai tant que je n’aurai pas besoin de déambulateur”.

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Au Vietnam, la lenteur des autorités face aux dégâts de la pollution de l’air

“C’était comme si je n’avais plus d’oxygène”: les neuf millions d’habitants de Hanoï, la capitale du Vietnam, subissent au quotidien la dégradation de la qualité de l’air, faute de politiques efficaces s’attaquant aux racines de la pollution.Devant la persistance du smog qui recouvre la mégapole, Tran Thi Chi a préféré quitter la maison du centre qu’elle habitait depuis plus d’une décennie, pour s’installer à une cinquantaine de kilomètres plus loin.”L’air à Hanoï était devenu tellement épais que c’était comme si je n’avais plus d’oxygène”, explique cettefemme de 54 ans, employée dans la communication.”Nous avons besoin d’urgence de mesures réalistes des autorités”, insiste-t-elle. “Il n’y a pas de temps à perdre.”Depuis le début de l’hiver, la capitale du nord du Vietnam figure régulièrement parmi les villes les plus polluées au monde, sans que les autorités ne tirent la sonnette d’alarme.A cette période de l’année, l’air froid et stagnant a tendance à piéger au niveau de la surface les gaz nocifs émis par l’activité humaine, plongeant une grande partie de l’Asie du Sud et du Sud-Est dans un brouillard toxique aux effets dévastateurs.Au Vietnam, environ 70.000 décès par an sont liés à la pollution atmosphérique, a relevé l’Organisation mondiale de la santé, qui a listé les risques pour les populations exposées: AVC, maladies cardiaques, cancer du poumon ou asthme. Cela équivaut à 13 milliards de dollars de pertes sociales et économiques par an, selon la Banque mondiale.- Situation “urgente” -“La situation est urgente”, reconnaît Muthukumara Mani, économiste en chef chargé des questions environnementales pour la Banque mondiale.Le problème est remonté “aux plus hautes sphères du pays”, poursuit-il, citant une visite de responsables municipaux à Pékin pour comprendre comment la capitale chinoise a réussi à inverser la tendance.Mais en dépit de l’annonce de plans ambitieux, la plupart des mesures ne sont guère appliquées, ont rapporté des experts.Par exemple, le brûlage à ciel ouvert de la paille de riz, l’une des principales causes de la pollution de l’air avec les émissions des véhicules, celles des centrales à charbon, de la construction et des usines, n’est plus autorisé dans le pays depuis 2022. Mais les agriculteurs continuent à brûler ces résidus issus de la riziculture afin de préparer, rapidement et à moindre coût, les champs pour la prochaine récolte.La même interdiction s’applique au brûlage de déchets plastiques, toujours répandu. L’odeur de fumée et de plastique brûlé est une caractéristique commune à de nombreux quartiers de Hanoï.”Je n’ai jamais eu vent de l’interdiction”, explique à l’AFP Le Thi Huyen, qui cultive des champs dans les faubourgs de la capitale. “Si on ne brûle pas, qu’est-ce qu’on doit faire?”- Répression -Contrairement à Bangkok, en proie à une situation similaire, les écoles ne ferment pas à Hanoï lors de pics de pollution. Les autorités thaïlandaises ont également développé un système de télétravail visant à décongestionner la ville durant les journées d’alerte – un dispositif qui n’existe pas au Vietnam.Après des années de silence, le ton a commencé à monter dans les médias d’Etat, contrôlés par le pouvoir.Le site d’informations officiel du ministère de l’Information et des Communications, VietnamNet, a publié en janvier un rare appel à l’action, qualifiant la situation de “crise exigeant une attention immédiate”.Mais au Vietnam, les voix qui prennent position sur les sujets environnementaux risquent un retour de bâton des autorités; le respect de la nature ne fait pas bon ménage avec le développement économique, étroitement lié aux intérêts du pouvoir, selon les experts.Les autorités ont emprisonné ces dernières années plusieurs journalistes et activistes engagés sur le sujet.”La répression a eu un effet dissuasif qui a rendu pratiquement impossible toute action de plaidoyer auprès du gouvernement pour qu’il s’attaque au problème de la pollution de l’air”, a déclaré Ben Swanton, co-directeur du groupe Project88, qui défend la liberté d’expression au Vietnam. 

“Emilia Perez” triomphe aux César et veut oublier les polémiques avant les Oscars

Jacques Audiard a triomphé vendredi aux César malgré les polémiques, avec sept trophées pour sa comédie musicale “Emilia Perez”, dont le meilleur film et la meilleure réalisation, et va désormais mettre le cap sur les Oscars dimanche.”Le plaisir de se cacher, la terreur de ne pas être découvert, merci de m’avoir trouvé !”, a déclaré le réalisateur de 72 ans, paraphrasant le psychiatre britannique Donald Winnicott, après avoir reçu son prix des mains de la réalisatrice Justine Triet, sacrée l’an dernier pour “Anatomie d’une chute”.Ces prix ont un goût de revanche sur le sort pour une comédie musicale hors du commun, tournée façon opéra, en espagnol, avec des stars internationales, Zoé Saldaña et Selena Gomez, ainsi que, dans le rôle principal, une actrice trans espagnole, Karla Sofía Gascón. Celle-ci incarne le rôle titre de son odyssée musicale sur la transition de genre d’un narcotrafiquant mexicain.Encensé à Cannes où ses actrices ont reçu un prix d’interprétation collectif, le film a ensuite décroché un record pour une production non-anglophone de 13 nominations aux Oscars. Mais il a ensuite connu une chute vertigineuse, lorsque d’anciens tweets racistes et islamophobes de Karla Sofía Gascón ont ressurgi, compromettant ses chances pour les Oscars.Karla Sofía Gascón, avec laquelle Audiard avait fini par prendre ses distances, était nommée pour le César de la meilleure actrice, comme Zoé Saldaña, et présente à ses côtés à l’Olympia.Elles ont été remerciées par Jacques Audiard. “J’ai adoré travailler avec vous, je vous aime”, a déclaré celui qui devient l’un des cinéastes les plus primés de l’histoire des César, après ses trophées pour “De rouille et d’os”, “Les frères Sisters”, “Un prophète” ou “De battre mon coeur s’est arrêté”. Camille et Clément Ducol ont été récompensés pour la musique du film.- “A tous les gentils” -Les grands succès populaires de l’année, “Le Comte de Monte-Cristo” et “L’Amour ouf”, qui ont cumulé plus de 14 millions d’entrées en France, ont finalement été boudés. “Un p’tit truc en plus” d’Artus (10,8 millions d’entrées en France), nommé pour le meilleur premier film, allé à “Vingt Dieux”, repart bredouille.”Monte-Cristo” doit se contenter de prix techniques et son acteur principal, Pierre Niney, se fait damer le pion par Karim Leklou, pour son rôle d’homme fragile et père d’adoption dans “Le Roman de Jim” d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu. Karim Leklou a rendu hommage à “tous les gentils, tous les gars qui d’habitude ne doivent pas soulever un César”, apportant une touche de douceur dans une soirée dédiée “à l’Ukraine” par sa présidente, Catherine Deneuve, badge aux couleurs de Kiev à la poitrine.Leklou a aussi eu une pensée pour l’équipe de “l’Amour ouf”, dans lequel il joue. Cette fresque de Gilles Lellouche se contente de la statuette du meilleur rôle secondaire pour Alain Chabat. Côté féminin, Hafsia Herzi, 38 ans, l’emporte pour son rôle de surveillante de prison dans le thriller corse “Borgo”.La star américaine Julia Roberts a apporté une touche de glamour à cette 50e édition, qui s’est déroulée sans éclat particulier. “Aujourd’hui, ma vie est un rêve !”, a lancé la star de 57 ans, sourire XXL aux lèvres, après s’être vu remettre son prix par Clive Owen, qui a partagé l’affiche avec elle dans “Closer, entre adultes consentants” en 2005.Avant elle, les César avaient mis en lumière de jeunes pousses, en sacrant comme meilleurs espoirs deux acteurs débutants, dont l’ancien sans-papiers guinéen Abou Sangare, régularisé après le succès de “L’histoire de Souleymane” pour son rôle de livreur à vélo. Ce film à petit budget qui a fait 600.000 entrées décroche quatre César, dont également le meilleur scénario original et le meilleur second rôle féminin (Nina Meurisse). Après être arrivé en France, “je n’avais presque plus de vie, je vivais parmi les hommes, comme ça, je ne me considérais plus comme un être humain”, a lancé Abou Sangare, 23 ans sur la scène de l’Olympia. “Merci pour votre intégration au sein de l’humanité”.Côté féminin, c’est une étudiante en BTS agricole à Vesoul, Maiwène Barthelemy, qui l’a emporté pour “Vingt Dieux”, et s’est dite “fière de représenter” le métier d’agriculteur.