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Un air de “fin du monde”: La Réunion en partie dévastée par le cyclone Garance

“On aurait dit que c’était la fin du monde”: comme cette habitante de Saint-Denis, les Réunionnais restent dimanche sous le choc, deux jours après le passage dévastateur sur l’île du cyclone Garance, tuant quatre personnes.L’heure est dimanche aux travaux de nettoyage et de déblaiement après le passage du cyclone et de ses vents à plus de 200 km/h.Les réseaux électriques continuent d’être progressivement remis en route mais 90.000 personnes (21% des abonnés) restent privées d’alimentation, a indiqué dimanche en fin de journée la préfecture, précisant que l’alimentation était “entravée par la perte de 21 pylônes, détruits” par le vent.L’accès à l’eau reste aussi perturbé, avec 65.000 personnes encore privées d’eau courante, selon la préfecture, qui a mis en place une cellule pour résoudre ce problème et déployé 60 citernes sur l’île. Téléphonie et internet sont aussi perturbés, obligeant la préfecture à disposer huit kits Starlink (kits satellitaires pour l’internet haut débit) sur le territoire.- “Tout est perdu !” -La route du littoral reliant l’ouest au nord de l’île a été rouverte à la circulation dimanche à la mi-journée. Construite en partie sur la mer, cet axe majeur de circulation était fermé depuis jeudi soir. “Même si nous étions préparés, le cyclone a été très puissant”, a souligné le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, dans Le Figaro dimanche.Il a redit que “deux vagues de renforts nationaux sont prévues pour venir en aide à la population”, avec une centaine de pompiers en provenance de Mayotte, acheminant cinq tonnes de matériel, ainsi qu’un escadron de gendarmerie avant lundi, “100 personnels de la Sécurité civile” arrivant de métropole.Mais en attendant chez les habitants, le traumatisme est très présent.A La Colline, un quartier excentré de Saint-Denis difficilement accessible autrement qu’en véhicule tout terrain, une Réunionnaise confie, sous couvert de l’anonymat, avoir cru “ne plus jamais voir un autre jour”.”On aurait dit que c’était la fin du monde, la rivière était en crue, la pluie tombait sans arrêt et le vent soufflait très fort”, décrit-elle. “Regardez tout ça, nous n’avons plus rien, tout est perdu !”, lance-t-elle en montrant un amoncellement de tôles tordues, d’arbres arrachés et de détritus recouvert de boue qui s’étalent sur quelques centaines de mètres.Son voisin, qui requiert aussi l’anonymat -“parce que je ne parle pas en mon nom propre, mais au nom de tout le monde”-, abonde dans son sens: “Des habitants ont dû se sauver eux-mêmes. Certains ont nagé pour survivre et se sont accrochés aux toits. Des bébés ont été placés dans des seaux et dans des paniers pour les protéger des eaux en furie”.Après le cyclone, un épisode météorologique “brutal et puissant”, l’île, qui compte plus de 880.000 personnes, reste “défigurée”, selon les termes du préfet.De nombreuses localités, en plus des vents violents, ont été traversées par des coulées de boue provenant des rivières en crue ou des ravines se jetant dans l’océan.”Il va y avoir beaucoup de travaux de remise en état: beaucoup de routes sont encombrées par des branchages, voire par des arbres en travers de la route, des routes sont inondées, des routes sont coupées, emportées, des ponts sont coupés”, a prévenu dès vendredi le préfet de l’île, Patrice Latron.- Agriculture dévastée -Nombre d’habitants expriment leur colère. “Regardez tout ça, nous n’avons plus rien, tout est perdu !”, lance une habitante de La Colline en montrant un amoncellement de tôles tordues, d’arbres arrachés et de détritus recouvert de boue qui s’étalent sur quelques centaines de mètres.Contactée par l’AFP, la mairie de Saint-Denis a assuré dimanche qu’un détachement de militaires des forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) et l’élue municipale du secteur s’étaient rendus sur place à la mi-journée.Les militaires procèdent au déblayage, au nettoyage et à la sécurisation du quartier.Alimenté par le ronronnement des tronçonneuses et le raclement de pelleteuses sur les chaussées, un bruit de fond est audible dans plusieurs quartiers de Saint-Denis.Dans le centre-ville de la préfecture de l’île, Marjorie Bénard, sabre en main, hache en morceaux une grosse branche qui obstrue l’entrée de son jardin. “Avec mon mari et les enfants nous n’arrêtons de tailler, hacher et balayer depuis samedi matin”, raconte-t-elle à l’AFP.Elle se dit “un peu fatiguée” et “surtout préoccupée”: chez elle, deux baies vitrées ont volé en éclats sous la force des vents. “Maintenant on peut entrer dans la maison comme dans un moulin.”Le cyclone a aussi eu des conséquences dévastatrices pour l’agriculture réunionnaise.”Ça fait bientôt 17 ans que j’habite ici. Et j’ai jamais vu mon jardin comme ça un lendemain de cyclone”, se désole Jean-Christophe Hoarau, qui cultive à L’Etang-Salé (sud-ouest) melons et concombres en serre.Tous ses arbres fruitiers ont été détruits. Il ne lui reste que ses cultures sous serres pour subvenir à ses besoins. Au total, il estime avoir perdu 75% de sa production.

Jean-Michel Othoniel, ses oeuvres de verre et la beauté pour “mission”

Ses sculptures en perles de verre géantes ont essaimé partout dans l’espace public avec une “mission” : cultiver la beauté “comme un acte presque politique”, dit l’artiste plasticien français Jean-Michel Othoniel en ouvrant à l’AFP son atelier à Montreuil, en banlieue parisienne.Parisiens et touristes sont nombreux à connaître son “Kiosque des Noctambules”, sculpture composée de ses fameuses “perles” ou boules de verre rouges, bleues et argentées, qui coiffe depuis 2000 la station de métro parisienne du Palais Royal, place Colette.Cette première commande publique a lancé sa carrière et une multitude d’autres ont suivi d’Amsterdam au Qatar, de La Nouvelle-Orléans à San Francisco, en passant par Singapour, Tokyo ou le Château de Versailles. “Elle amène du merveilleux dans la cité. Je crois beaucoup à ça aujourd’hui, cette idée de la beauté comme un acte presque politique pour ramener de l’espoir”, poursuit l’artiste en arpentant d’un pas léger l’ancien entrepôt industriel qu’il a investi avec ses équipes en 2020.”C’est un peu la mission que je me suis donnée depuis longtemps et aujourd’hui, avec l’actualité, elle prend un sens encore plus fort”, ajoute d’une voix douce cet adepte des bâtisseurs comme le facteur Cheval et Antoni Gaudi, ainsi que des poèmes de Pétrarque.- Tsunami -Au coeur de ce vaste espace, le visiteur est d’abord saisi par “La Grande Vague”, une sculpture de 15 mètres de long sur six mètres de haut, constituée de 10.000 briques de verre sombre et mordoré, qui semble vouloir s’abattre à tout moment et rappelle celle du maître japonais de l’estampe, Hokusai. Jean-Michel Othoniel l’a réalisée en 2017, après le tsunami qui a frappé le Japon en mars 2011 et l’a beaucoup “choqué”. Il raconte avoir voulu “figer ce désastre”, en commençant par dessiner des vagues en aquarelle, “comme pour chacun de (ses)projets”, avant d’en faire une sculpture. Il s’est ensuite lancé dans “une aventure humaine de près de deux années” avec “des ingénieurs et des maîtres verriers indiens”, avec lesquels il travaille régulièrement depuis, ainsi que d’autres à Murano, en Italie, et en Suisse.Vingt-cinq années se sont écoulées depuis “Le Kiosque des Noctambules” et nombre d’expositions à New York, Tokyo, Séoul ou bien sûr Paris, dont une rétrospective au Centre Pompidou en 2011.En 2019, six de ses peintures, une pratique plus rare pour lui inspirée des fleurs et des perles – qu’il a immortalisées plus récemment à l’encre sur feuilles d’or blanc -, sont entrées dans les collections du musée parisien du Louvre.- Festival de Cannes -Dès la fin du mois d’avril, l’enfant de Saint-Etienne (est de la France), où il est né en 1964 avant de faire ses études à l’Ecole nationale supérieure d’art de Paris-Cergy, partira à la conquête de nouveaux publics en Chine, au Festival de Cannes et en Avignon.En témoignent les séries de perles alignées sur le sol de l’atelier, telles des billes tombées de la poche d’un géant. Étiquetées par projet, elles attendent leur assemblage.Colorées dans toutes les nuances de bleu, vert ou rouge, elles renvoient d’alchimiques reflets et deviendront peut-être d’immenses colliers, fleurs, spirales d’atomes, croix ou nœuds célestes qui ont fait la renommée du sculpteur.”C’est dans la nature que les hommes ont vu les premières images, j’essaie de les retrouver comme les histoires cachées dans les fleurs, dans une sorte de quête”, dit-il.Le 26 avril débutera sa “première grande exposition dans un musée en Chine”, une rétrospective des dix dernières années au Long Museum de Shanghai.A partir du 17 mai, il partira à la rencontre des stars et du public du Festival de Cannes en installant ses oeuvres pour la toute première exposition d’un nouveau musée d’art contemporain installé à La Malmaison, sur la Croisette.Mais c’est Avignon qui lui réserve sans doute le plus gros défi à partir du 28 juin : “ma plus grande exposition avec 240 œuvres, pour la plupart inédites, dans dix lieux dont le Palais des papes, le pont d’Avignon ou le musée du Louvre en Avignon”, dit l’artiste.”Je l’ai construite comme une sorte de voyage dans la ville, de chasse au trésor”.

Apporter “amour et sécurité”, le quotidien des accueillants familiaux

Un travail “24 heures sur 24 et (presque) 365 jours sur 365” mais “passionnant” et résolument humain: dans sa maison, dans la campagne Lorraine, Sylvie Oswald accueille trois personnes en situation de handicap, qu’elle a aussi intégrées, au quotidien, dans sa vie de famille.Dans le salon de cette grande maison au centre du village de Neufmaisons (Meurthe-et-Moselle), Andrée, 61 ans, fait du coloriage, l’un de ses “passe-temps” favoris. Tout près, Stéphanie, 41 ans, et Bruno (le prénom a été modifié à sa demande), 31 ans, regardent les Feux de l’amour, comme tous les matins, sur un grand écran plat depuis le canapé.Ces trois personnes en situation de handicap mental, qui ne se connaissaient pas avant leur arrivée dans cette maison, cohabitent désormais aux côtés de Sylvie Oswald et de son mari.Quelque 18.000 places de ce type sont ouvertes en France pour des personnes âgées en perte d’autonomie ou en situation de handicap.Vers 11H30, le repas est prêt: les trois pensionnaires investissent la cuisine pour faire la vaisselle, l’essuyer, mettre la table. Tout le monde met la main à la pâte sans rechigner. Plus tôt dans la matinée déjà, ils avaient chacun eu à ranger leur chambre, passer l’aspirateur dans les parties communes ou encore vider le lave-vaisselle.- “Un contenu familial” -La participation aux tâches du quotidien a pour but “qu’ils gardent leur autonomie”, explique leur accueillante, et ce malgré leur pathologie.Ici, Sylvie Oswald le répète: elle n’est “pas la famille, ni une famille de substitution”, mais malgré tout, ces personnes handicapées, souvent en rupture familiale, ont trouvé “amour et sécurité”. “On va leur apporter, quand même, un contenu familial.”Chacun a aussi son intimité et vaque à ses occupations en toute liberté. Bruno par exemple aime beaucoup sortir, quand Andrée, surnommée Dédé, peut faire des mots-mêlés dans sa chambre et Stéphanie regarde la télévision assise sur son lit.Disant être “bien” chez Mme Oswald, Andrée confie aussi que seule, elle peut avoir “des tendances suicidaires”: être entourée la sécurise.Leurs prises en charges médicales, leurs activités de loisirs à l’extérieur, sont aussi organisées par Mme Oswald. Ils participent aussi aux “repas de famille, fêtes, mariages” de sa propre famille, explique-t-elle.Pour Sylvie Oswald, ce métier, “c’est de l’humain. Tout le monde ne serait pas capable de le faire, car pour certains, le handicap est lié à quelque chose de négatif”, regrette-t-elle.Les profils éligibles au placement en famille d’accueil sont toutefois sélectionnés, afin que la cohabitation se passe au mieux. “Il faut une certaine autonomie (de la personne accueillie), une demande, une pathologie compatible” avec une vie de famille.- Plus d’individualité -Les accueillants familiaux, salariés, doivent également prendre des congés payés dans l’année. Leurs pensionnaires sont alors placés dans des “familles relais” ou temporairement en institution.Avant de choisir de terminer sa carrière professionnelle en tant que famille d’accueil, Sylvie Oswald travaillait déjà dans une institution prenant en charge des personnes handicapées.Là-bas, “il y avait dix personnes à gérer” en même temps, impossible donc d’individualiser les rapports autant qu’en famille d’accueil.Questionnée, Stéphanie dit qu’elle préfère nettement être chez Sylvie Oswald. Au foyer, où elle était avant, il y avait “trop de monde”, et elle ne sortait pas aussi souvent.Là, elle va à l’équitation une fois par mois. Auprès de Cracotte, la jument qu’elle a l’habitude de monter, elle dit se sentir encore mieux.”Quand elle était en foyer elle venait deux ou trois fois par an et là elle vient tous les mois. Elle est beaucoup plus autonome sur les tâches qu’on lui demande”, observe sa monitrice, Lucie Fournerat-Croiset.Les trois amis aiment aussi parcourir les allées de l’hypermarché à proximité, à la recherche de biscuits ou de sodas, un autre moment de partage.En Meurthe-et-Moselle, une trentaine de familles d’accueil sont en activité. Mais il en faudrait bien plus, et susciter une vocation chez des accueillants plus jeunes, pour répondre aux demandes. Un rapport de l’Assemblée nationale alertait en 2020 sur “l’urgence de développer l’accueil familial” qui peut aussi “constituer une réponse à la solitude des personnes âgées”.

Quand la passion pour l’avion l’emporte: horlogère et pâtissier devenus mécanos

Roxane réparait des montres et Guillaume faisait des gâteaux: animés par leur passion pour les avions, ces trentenaires ont changé de vie pour devenir mécaniciens aéronautiques, un secteur en forte demande qui aime des profils atypiques.Lorsqu’elle étudiait l’horlogerie, Roxane Gerand, 32 ans, s’intéressait particulièrement à “tout ce qui est altimètre en avionique”. “Je l’ai toujours gardé dans l’esprit” et en 2015 “je me suis dit +allez, lançons-nous !”. Elle dit y avoir été bien accueillie que ce soit pendant l’apprentissage ou l’intégration dans les ateliers.  Ses parents sont “conciliants” et la “suivent” dans ce revirement peu commun vers un milieu qui compte très peu de femmes.”Si on est passionné par la mécanique, je ne vois pas pourquoi être freinée parce que c’est soi-disant un métier d’homme. Soyez ce que vous voulez être et non ce que les autres veulent que vous soyez”, lance-t-elle à l’intention de jeunes femmes qui hésitent. Une journée sera dédiée aux femmes au prochain salon du Bourget en juin pour les encourager à venir dans l’industrie aéronautique. Air France, qui emploie Roxane, compte actuellement 16% de femmes contre 7% en 2010.Pour Roxane, c’est un atout. “A la sortie des écoles d’horlogerie, il n’y a pas eu beaucoup d’emplois. La plupart des écoles sont en Suisse, il y a une grande concurrence. Et j’avoue, j’étais un peu fatiguée de ces compétitions donc je voulais changer”, raconte-t-elle. – Jamais la routine -Roxane fait d’abord un apprentissage de trois ans en aéronautique, sur les trains d’atterrissage dont la plupart des systèmes fonctionnent grâce à des circuits hydrauliques.Elle arrive ensuite chez Air France où elle s’occupe de l’hydraulique, puis se spécialise dans les cabines, en particulier les toilettes. “Cela ne se voit pas, mais il y a beaucoup de travail sur une cuve. Il y a des tests électriques, pneumatiques, hydrauliques pour voir s’il n’y a pas de fuites ou d’équipement électrique qui a lâché”.Elle démonte, change des joints, ajuste, règle le moteur, remonte, teste avant de l’emballer et l’envoyer au client. “Il n’y a jamais une même panne”. “C’est vraiment un univers qui est très enrichissant, qu’on apprend tous les jours”, soutient Guillaume Cidolit, 30 ans qui est depuis novembre au remontage final des moteurs dans un atelier de maintenance d’Air France à l’aéroport d’Orly. Pâtissier de 2001 à 2022, il en a “eu un peu ras-le-bol” et a voulu “passer à autre chose”. “C’est plus une passion qu’un métier. Passionné, je l’ai été, mais j’ai perdu cette passion”, raconte-t-il. Il ne lui restait alors que la “discipline” et un rythme de travail “épuisant”. – “Gratifiant” -“J’aime les travaux manuels et les avions”: c’est ainsi qu’il a résumé son souhait auprès de France Travail qui l’oriente vers une formation qui dure neuf mois. “Le plus compliqué, c’est l’anglais et l’interprétation de la documentation technique” toujours rédigée en anglais. “Mais en s’entraînant, on y arrive”. Outre l’anglais, il a dû passer des tests “psychotechniques” demandant de réinterpréter des schémas ainsi que de “personnalité” censés montrer comment un candidat raisonne et fonctionne. Guillaume fait des vacations de matin ou d’après-midi et va bientôt travailler de nuit une semaine sur cinq. Un rythme “plus ralenti qu’en pâtisserie” même s’il y a des similitudes entre les deux mondes en termes du respect des consignes et des recettes. “On ne peut pas faire n’importe quoi”.”Les enjeux sont moins graves quand on rate un gâteau que sur un moteur. Mais cela reste tout aussi technique”. Il préfère aussi l’esprit d’équipe dans les hangars où “on s’entraide”, mais surtout le fait de contribuer à faire voler un avion. “On remonte des moteurs qui iront partout dans le monde. L’avion s’envole avec l’un des moteurs qu’on a réparés, c’est toujours gratifiant”. 

Une armée de mécanos d’Air France au service de 200 compagnies

Dans un immense hangar de maintenance d’Air France à l’aéroport de Paris Roissy, on se sent petit au pied de l’avion A350 baptisé Saint-Malo, mais ces jeunes mécaniciens savent l’apprivoiser, du moteur aux boutons de four défectueux. Ils sont 13.000 salariés dans le monde répartis dans 20 centres dont les plus gros situés dans les aéroports parisiens d’Orly et de Roissy pour assurer le service de plus de 3.000 avions d’Air France-KLM, mais aussi de 200 autres compagnies aériennes, explique Gery Montreux, directeur général adjoint d’Air France Industries.La veille, Yanis Lasfar, mécanicien chez Air France depuis 2019, a remplacé un accumulateur du système de freinage du Saint-Malo. Ce jour de début février il monte à bord, où un apprenti fixe un siège avec un technicien, pour s’occuper d’un bouton du four de la cuisine. Son champ d’action? “Maintenance de l’avion, du global, cela peut être du moteur, des trains d’atterrissage…”Ce n’est qu’au “cerveau de l’avion” bardé de câbles et de serveurs qu’il n’a pas le droit de toucher, “c’est un autre métier”. – “Grosse machine” -A 27 ans, Kayze Camon a déjà 10 ans d’expérience chez Air France dont les deux dernières années dans la maintenance des Airbus.”Nos managers nous accompagnent pour qu’on évolue”, raconte Kayze Camon qui pour en arriver là avait suivi une formation de six mois après s’être occupé des toboggans sur un autre site de maintenance. Chaque intervention effectuée est signée, la personne qui l’a faite tamponne un papier et engage sa responsabilité. “C’est la première chose qu’on apprend”. “Il n’y a pas de fausses questions. Dans le cas de doute, on contacte le bureau technique d’Airbus. Si l’avion doit rester au hangar deux jours de plus, il restera deux jours de plus”, explique Vincent Annequin, technicien supérieur. Ici, on ne connaît pas de pénurie de pièces de rechange. S’il y en une qui manque au “magasin”, on la prélève sur un autre avion qui est en visite. “On a ce luxe de ne pas dépendre” des fournisseurs, souligne Vincent Annequin. “C’est une très grosse machine”, s’enthousiasme Yanis Lasfar. La maintenance est la seule activité qui a fonctionné à 100% pendant le Covid, ce qui a permis de faire rapidement démarrer les avions après le confinement. Air France possède même son propre banc d’essais à Roissy où sont testés les moteurs qui ont été réparés – jusqu’à 200 par an – qu’on certifie avant de les remettre dans les avions. Le test se passe “comme sur un avion” avec du carburant et de l’air pour démarrer le moteur. Un centre de données récolte tous les paramètres, explique Christophe Chatenet, responsable du site. – “Couture” et “cuisine” -Les problèmes d’approvisionnement persistent en revanche dans l’atelier des matériaux composites et sur le site du remontage des moteurs.  “Depuis le Covid, c’est cyclique, on a de temps en temps des grosses pénuries qui peuvent affecter notre flux. Certains chantiers attendent plusieurs mois jusqu’à un an”, raconte à l’AFP Alexandra Chardon, responsable de l’atelier.Ici on répare les nez d’avion, fortement soumis aux impacts d’oiseaux. Avec des gestes et matériaux qui évoquent les ateliers de couture et de cuisine. On découpe d’abord la zone endommagée, ensuite on la reconstruit dans un moule pour qu’elle garde sa forme aérodynamique. Les “couturiers” découpent un sac sous vide pour y placer des matériaux composites, l’appliquent sur le trou et envoient le tout cuire comme un gâteau à l’autoclave, un gros four.  Des gestes d’une grande technicité qui nécessitent au moins deux ans d’apprentissage. Kevin Normand est en train de les apprendre après avoir fait “un peu de restauration et de manutention”. “La mécanique et tout ce qui est manuel, ça m’intéresse depuis que je suis petit et je ne me voyais pas ranger des pâtes toute ma vie”.Avec l’augmentation du trafic aérien, l’industrie aéronautique manque de bras et met les bouchées doubles pour former ou recruter. “C’est un bon problème, la branche industrielle est très dynamique” avec de nouvelles compagnies aériennes qui font de la maintenance chez Air France, souligne Emmanuel Guérin, responsable du remontage des moteurs à Orly où l’on a besoin dès cette année de 80 mécaniciens de plus. “Il faut qu’on recrute entre 350 et 400 personnes tous les ans en production” dans la maintenance, un marché qui croît de près de 4% par an, conclut Gery Montreux.

Un air de “fin du monde”: La Réunion panse ses plaies après le cyclone Garance

“On aurait dit que c’était la fin du monde”: comme cette habitante de Saint-Denis, les Réunionnais restent dimanche sous le choc, deux jours après le passage sur l’île du cyclone Garance, tuant quatre personnes.L’heure est dimanche au début des travaux de nettoyage et de déblaiement après le passage du cyclone et de ses vents à plus de 200 km/h.Les réseaux électriques continuent d’être progressivement remis en route: “A 13H00 locales (10H00 en métropole), 50% des clients privés d’alimentation en électricité ont déjà pu être rétablis”, a indiqué EDF dans un communiqué. Il reste 90.000 clients à rétablir pour lesquels l’entreprise assure être “pleinement mobilisée”. La route du littoral reliant l’ouest au nord de l’île a été rouverte à la circulation dimanche à la mi-journée. Construite en partie sur la mer, cet axe majeur de circulation était fermé depuis jeudi soir. – “Tout est perdu!” -“Même si nous étions préparés, le cyclone a été très puissant”, a souligné le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, dans Le Figaro dimanche.Il a redit que “deux vagues de renforts nationaux sont prévues pour venir en aide à la population”, avec une centaine de pompiers en provenance de Mayotte, acheminant 5 tonnes de matériel, ainsi qu’un escadron de gendarmerie, avant, lundi, “100 personnels de la Sécurité civile” arrivant de métropole.Mais en attendant chez les habitants, le traumatisme est très présent.A La Colline, un quartier excentré de Saint-Denis difficilement accessible autrement qu’en véhicule tout terrain, une Réunionnaise confie, sous couvert de l’anonymat, avoir cru “ne plus jamais voir un autre jour”.”On aurait dit que c’était la fin du monde, la rivière était en crue, la pluie tombait sans arrêt et le vent soufflait très fort”, décrit-elle. “Regardez tout ça, nous n’avons plus rien, tout est perdu!”, lance-t-elle en montrant un amoncellement de tôles tordues, d’arbres arrachés et de détritus recouvert de boue qui s’étalent sur quelques centaines de mètres.Son voisin, qui requiert aussi l’anonymat – “parce que je ne parle pas en mon nom propre, mais au nom de tout le monde” -, abonde dans son sens: “des habitants ont dû se sauver eux-mêmes. Certains ont nagé pour survivre et se sont accrochés aux toits. Des bébés ont été placés dans des seaux et dans des paniers pour les protéger des eaux en furie”.Contactée par l’AFP, la mairie de Saint-Denis a assuré dimanche qu’un détachement des militaires des forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) et l’élue municipale du secteur s’étaient rendus sur place à la mi-journée.- “Mobilisation totale” -Après le cyclone, un épisode météorologique “brutal et puissant”, l’île, qui compte plus de 880.000 personnes, reste “défigurée”, selon les termes du préfet.De nombreuses localités, en plus des vents violents, ont été traversées par des coulées de boue provenant des rivières en crue ou des ravines se jetant dans l’océan.”Il va y avoir beaucoup de travaux de remise en état: beaucoup de routes sont encombrées par des branchages, voire par des arbres en travers de la route, des routes sont inondées, des routes sont coupées, emportées, des ponts sont coupés”, a prévenu dès vendredi le préfet de l’île, Patrice Latron.Nombre d’habitants expriment leur colère. “Regardez tout ça, nous n’avons plus rien, tout est perdu!”, lance une habitante de La Colline en montrant un amoncellement de tôles tordues, d’arbres arrachés et de détritus recouvert de boue qui s’étalent sur quelques centaines de mètres.Contactée par l’AFP, la mairie de Saint-Denis a assuré dimanche qu’un détachement des militaires des forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) et l’élue municipale du secteur s’étaient rendus sur place à la mi-journée.Les militaires procèdent au déblayage au nettoyage et à la sécurisation du quartier.”Forces de sécurité et de secours, élus, services de l’État : la mobilisation est totale”, a assuré Emmanuel Macron sur X samedi soir.Alimenté par le ronronnement des tronçonneuses et le raclement de pelleteuses sur les chaussées, un bruit de fond est audible dans plusieurs quartiers de Saint-Denis.”Il y en a sans doute encore pour plusieurs jours avant que l’on retrouve notre quartier comme avant”, commente Pierre Dalleau qui réside non loin du centre-ville de Saint-Denis. Sa voiture a été prise dans la boue jusqu’aux portières. Plus loin dans la rue, Marjorie Bénard, sabre en main, hache en morceaux une grosse branche qui obstrue l’entrée de son jardin. “Avec mon mari et les enfants nous n’arrêtons de tailler, hacher et balayer depuis samedi matin”, raconte-t-elle à l’AFP.Elle se dit “un peu fatiguée” et “surtout préoccupée”: chez elle, deux baies vitrées ont volé en éclats sous la force des vents. “Maintenant on peut entrer dans la maison comme dans un moulin”.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Un air de “fin du monde”: La Réunion panse ses plaies après le cyclone Garance

“On aurait dit que c’était la fin du monde”: comme cette habitante de Saint-Denis, les Réunionnais restent dimanche sous le choc, deux jours après le passage sur l’île du cyclone Garance, tuant quatre personnes.L’heure est dimanche au début des travaux de nettoyage et de déblaiement après le passage du cyclone et de ses vents à plus de 200 km/h.Les réseaux électriques continuent d’être progressivement remis en route: “A 13H00 locales (10H00 en métropole), 50% des clients privés d’alimentation en électricité ont déjà pu être rétablis”, a indiqué EDF dans un communiqué. Il reste 90.000 clients à rétablir pour lesquels l’entreprise assure être “pleinement mobilisée”. La route du littoral reliant l’ouest au nord de l’île a été rouverte à la circulation dimanche à la mi-journée. Construite en partie sur la mer, cet axe majeur de circulation était fermé depuis jeudi soir. – “Tout est perdu!” -“Même si nous étions préparés, le cyclone a été très puissant”, a souligné le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, dans Le Figaro dimanche.Il a redit que “deux vagues de renforts nationaux sont prévues pour venir en aide à la population”, avec une centaine de pompiers en provenance de Mayotte, acheminant 5 tonnes de matériel, ainsi qu’un escadron de gendarmerie, avant, lundi, “100 personnels de la Sécurité civile” arrivant de métropole.Mais en attendant chez les habitants, le traumatisme est très présent.A La Colline, un quartier excentré de Saint-Denis difficilement accessible autrement qu’en véhicule tout terrain, une Réunionnaise confie, sous couvert de l’anonymat, avoir cru “ne plus jamais voir un autre jour”.”On aurait dit que c’était la fin du monde, la rivière était en crue, la pluie tombait sans arrêt et le vent soufflait très fort”, décrit-elle. “Regardez tout ça, nous n’avons plus rien, tout est perdu!”, lance-t-elle en montrant un amoncellement de tôles tordues, d’arbres arrachés et de détritus recouvert de boue qui s’étalent sur quelques centaines de mètres.Son voisin, qui requiert aussi l’anonymat – “parce que je ne parle pas en mon nom propre, mais au nom de tout le monde” -, abonde dans son sens: “des habitants ont dû se sauver eux-mêmes. Certains ont nagé pour survivre et se sont accrochés aux toits. Des bébés ont été placés dans des seaux et dans des paniers pour les protéger des eaux en furie”.Contactée par l’AFP, la mairie de Saint-Denis a assuré dimanche qu’un détachement des militaires des forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) et l’élue municipale du secteur s’étaient rendus sur place à la mi-journée.- “Mobilisation totale” -Après le cyclone, un épisode météorologique “brutal et puissant”, l’île, qui compte plus de 880.000 personnes, reste “défigurée”, selon les termes du préfet.De nombreuses localités, en plus des vents violents, ont été traversées par des coulées de boue provenant des rivières en crue ou des ravines se jetant dans l’océan.”Il va y avoir beaucoup de travaux de remise en état: beaucoup de routes sont encombrées par des branchages, voire par des arbres en travers de la route, des routes sont inondées, des routes sont coupées, emportées, des ponts sont coupés”, a prévenu dès vendredi le préfet de l’île, Patrice Latron.Nombre d’habitants expriment leur colère. “Regardez tout ça, nous n’avons plus rien, tout est perdu!”, lance une habitante de La Colline en montrant un amoncellement de tôles tordues, d’arbres arrachés et de détritus recouvert de boue qui s’étalent sur quelques centaines de mètres.Contactée par l’AFP, la mairie de Saint-Denis a assuré dimanche qu’un détachement des militaires des forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) et l’élue municipale du secteur s’étaient rendus sur place à la mi-journée.Les militaires procèdent au déblayage au nettoyage et à la sécurisation du quartier.”Forces de sécurité et de secours, élus, services de l’État : la mobilisation est totale”, a assuré Emmanuel Macron sur X samedi soir.Alimenté par le ronronnement des tronçonneuses et le raclement de pelleteuses sur les chaussées, un bruit de fond est audible dans plusieurs quartiers de Saint-Denis.”Il y en a sans doute encore pour plusieurs jours avant que l’on retrouve notre quartier comme avant”, commente Pierre Dalleau qui réside non loin du centre-ville de Saint-Denis. Sa voiture a été prise dans la boue jusqu’aux portières. Plus loin dans la rue, Marjorie Bénard, sabre en main, hache en morceaux une grosse branche qui obstrue l’entrée de son jardin. “Avec mon mari et les enfants nous n’arrêtons de tailler, hacher et balayer depuis samedi matin”, raconte-t-elle à l’AFP.Elle se dit “un peu fatiguée” et “surtout préoccupée”: chez elle, deux baies vitrées ont volé en éclats sous la force des vents. “Maintenant on peut entrer dans la maison comme dans un moulin”.

Un incendie touche une médiathèque à Dijon, la mairie dénonce un acte “criminel”

Un incendie, rapidement maîtrisé, a touché la médiathèque d’un quartier populaire de Dijon dans la nuit de samedi à dimanche, la mairie dénonçant un acte “criminel” après un premier incident similaire deux semaines plus tôt.Les pompiers sont intervenus un peu avant 3H15 du matin dimanche, à la médiathèque Champollion du quartier des Grésilles, classé prioritaire, a indiqué la préfecture de Côte d’Or dans un communiqué dimanche matin.”Le feu a concerné 200 m2 du 1er étage de la médiathèque. Il est dorénavant éteint et les opérations de déblais sont en cours”, ont rapporté les services de l’Etat, qui précisent que l’enquête judiciaire devra “déterminer les causes exactes et les circonstances de l’incendie”.”L’enquête est en cours”, a indiqué, contacté par l’AFP, le parquet de Dijon, qui évoque un incendie “possiblement criminel”.La Ville de Dijon a déploré de son côté un “incendie criminel”, qui a “pour la seconde fois endommagé a bibliothèque Champollion la nuit même qui a suivi sa réouverture au public, moins de deux semaines après un premier incendie”.La maire de Dijon Nathalie Koenders a salué dans un communiqué le travail du personnel municipal qui avait “œuvré sans relâche et accompli un travail remarquable pour permettre la réouverture rapide de cet équipement public de grande qualité déjà rendu inutilisable par le premier incendie”. Elle dénonce “deux actes évidemment liés entre eux”.”Ensemble, nous ne céderons ni à l’intimidation ni au découragement”, assure-t-elle.Le préfet de Côte d’Or Paul Mourier “déplore ce sinistre qui prive les habitants de ce quartier populaire d’un équipement culturel de proximité”.”Il réaffirme sa détermination à maintenir l’ordre et à lutter contre le trafic de stupéfiants aux Grésilles”, souligne également le communiqué de la préfecture.Dans la nuit du 16 au 17 février, un début d’incendie avait déjà touché la médiathèque. Nathalie Koenders avait décrit un incident s’inscrivant “dans un climat préoccupant, marqué par une recrudescence d’actes criminels visant les bâtiments publics, à Dijon et dans la métropole”. Dimanche, une trentaine de pompiers ont été mobilisés contre l’incendie.

Après la colère, une édition 2025 apaisée du Salon de l’agriculture

Le Salon international de l’agriculture (SIA) ferme ses portes dimanche, au terme d’une 61e édition apaisée, contrastant nettement avec les tensions de l’an dernier et l’expression d’une colère profonde du monde agricole.- Un Salon apaisé -Ils sont venus voir les taureaux de concours, monter dans la moissonneuse-batteuse, découvrir l’ail de la Drôme ou le rhum de Martinique… Des centaines de milliers de visiteurs ont parcouru les allées de la plus grande ferme de France, installée pendant neuf jours au Parc des expositions de la porte de Versailles à Paris.Un premier bilan chiffré de la fréquentation sera donné dimanche soir, mais les organisateurs sont d’ores et déjà satisfaits de l’affluence et de la bonne tenue du Salon, dont le Maroc était l’invité d’honneur.Après les huées et les violences qui avaient entouré la venue d’Emmanuel Macron en 2024, en pleine mobilisation des agriculteurs pour demander un “revenu décent” et de la “considération”, la déambulation présidentielle a retrouvé ses allures de marathon.Samedi dernier, il a arpenté douze heures durant les allées, sacrifiant au passage obligé devant le box de Oupette, la vache Limousine égérie du salon.- Souveraineté alimentaire -Emmanuel Macron s’est posé en défenseur des agriculteurs, qui ne peuvent, a-t-il dit, être “la variable d’ajustement” du pouvoir d’achat ou d’accords commerciaux, comme celui récemment passé entre l’Union européenne et des pays du Mercosur.Face à des syndicats inquiets, le président s’est engagé à tout faire “pour protéger cette souveraineté alimentaire française et européenne” dans un monde instable où Pékin, Trump ou Poutine peuvent faire trembler les secteurs des vins, cognacs, fromages ou blés français.”On est frappés, on va devoir réagir”, déclarait quelques jours plus tard le commissaire européen à l’Agriculture Christopher Hansen en visite au Salon, après la menace américaine d’imposer des droits de douane de 25% à l’Europe.Après le président Macron, c’est aussi une vision de la souveraineté alimentaire conçue comme un “réarmement” qu’a défendue la ministre de l’Agriculture Annie Genevard: “La France doit produire plus pour manger mieux (…), produire plus pour rester une puissance exportatrice”.Cette vision a largement satisfait le premier syndicat agricole FNSEA, comme son rival de la Coordination rurale, qui n’ont de cesse de plaider pour moins de contraintes et de normes, et plus de “moyens de production” – notamment des pesticides et de l’eau.Au contraire, la Confédération paysanne, le troisième syndicat agricole qui défend une “réelle transition agroécologique”, s’est dite “extrêmement choquée”. La position du gouvernement constitue, selon elle, un “recul majeur” sur les questions environnementales “sans pour autant garantir des prix minimum” aux agriculteurs.En signe de protestation contre la possible réintroduction en France d’un insecticide néonicotinoïde, toxique pour les pollinisateurs, des militants de la Confédération ont déversé vendredi des sacs d’abeilles mortes sur le stand de Phyteis, lobby de l’industrie des pesticides.- Agneau, tête de veau et grands patrons -Soucieux de tourner la page de la colère agricole, l’exécutif a mis en avant les engagements “honorés” depuis un an, avec notamment “500 millions d’euros d’allégement de charges fiscales”, et la toute récente adoption de la loi d’orientation agricole, attendue depuis trois ans par la profession.Si “tous les problèmes ne sont pas résolus”, le Premier ministre François Bayrou a salué un “climat très positif”.Comme toujours, élus et responsables politiques se sont succédé dans les allées. Le communiste Fabien Roussel a mangé une tête de veau au petit-déjeuner; l’écologiste Marine Tondelier a posé avec un agneau sur les genoux; l’eurodéputé d’extrême droite et président du Rassemblement national Jordan Bardella a multiplié les selfies.Le salon a aussi permis de renouer un “dialogue” entre l’Office français de la biodiversité (OFB) et la Coordination rurale (CR), qui avait auparavant appelé à la suppression de cette police de l’environnement.Mercredi, plateau inédit: cinq patrons de la grande distribution, mais sans le leader du secteur E.Leclerc, ont présenté des “engagements” destinés à aider les agriculteurs sous l’impulsion de l’animatrice Karine Le Marchand.Cette initiative a laissé sceptique le secteur agro-industriel, qui a ironisé ou dénoncé un “coup de communication”, alors que parallèlement, le gouvernement regrettait “une tension extrême” dans la dernière ligne droite des négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs.