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Le Conseil d’État interdit de tirer sur les loups des Hautes-Pyrénées

Le Conseil d’État a annulé vendredi un arrêté préfectoral autorisant un éleveur des Hautes-Pyrénées à tirer en direction de loups pour protéger son troupeau, l’espèce étant très rare dans ce département.”La population de loups dans le département des Hautes-Pyrénées est très réduite, un unique spécimen mâle ayant été identifié à ce jour”, a relevé la plus haute juridiction administrative.En avril, cet arrêté du préfet à Tarbes autorisait le président du groupement pastoral de Saint-Pé-de-Bigorre, près de Lourdes, “à effectuer des tirs de défense simple en vue de la défense de son troupeau contre la prédation du loup”.Attaqué par une association de défense des animaux, Ferus, l’arrêté avait été conforté en juillet par le tribunal administratif de Pau.Le Conseil d’État n’a pas eu la même lecture, condamnant par ailleurs l’État à verser 3.000 euros à l’association pour ses frais de justice.Pour lui, l’arrêté préfectoral visé “est susceptible de porter atteinte à l’état de conservation de l’espèce au niveau local”.La portée de cette décision, limitée à un département, cache un conflit national entre éleveurs et défenseurs de la faune sauvage sur le statut de cette espèce protégée.Les éleveurs accusent l’État de sous-estimer la population de ces prédateurs. Ils ont dénoncé un “refus persistant d’affronter la réalité du terrain” quand, fin novembre, la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, référente nationale pour cette espèce, a estimé à 1.082 le nombre de loups en France, contre 1.013 un an auparavant.À partir du 1er janvier, la réglementation change et autorisera tout éleveur, ou chasseur mandaté par un éleveur, à tuer un loup dans le cas où il attaquerait son troupeau. L’autorisation préalable nécessaire jusque-là est supprimée, au profit d’une déclaration en préfecture a posteriori.L’immense majorité des meutes en France est localisée dans les Alpes. Mais les loups s’installent progressivement dans les autres régions de montagne: Massif central, Jura, Vosges et Pyrénées.

Collège: encore 9% d’heures de cours perdues, déplore la Cour des comptes

Quelque 9% des heures de cours ont été perdues dans les collèges publics français en 2023-24, du fait essentiellement d’absences non remplacées, indique vendredi dans un rapport la Cour des comptes, qui appelle à “des actions résolues” pour améliorer la situation.Au total, encore 10,3 millions d’heures d’enseignement n’ont pas été assurées en 2023-24, soit un pourcentage de 9%, en baisse par rapport aux deux années scolaires précédentes (9,5% en 2021-22 et 11,2% en 22-23), mais en hausse légère par rapport à 2018-2019 (8%), souligne la Cour des comptes citant des chiffres de la Direction statistique du ministère de l’Education (Depp). Sont ainsi comptabilisées les absences des enseignants liées à des raisons personnelles (maladie, autorisations d’absence) ou au fonctionnement du système éducatif (formations, examens et concours, sorties, voyages scolaires, réunions…), ou encore les heures perdues pour fermeture d’établissements (1% des heures, pour cause d’examens notamment). Ce temps d’enseignement perdu n’est pas homogène, détaille-t-elle. Il est plus important dans certaines matières qui peinent à recruter (français, mathématiques, technologie, allemand…), certains territoires moins attractifs ou moins efficaces dans les remplacements et dans l’éducation prioritaire (11% des heures non assurées en 2023-2024, contre 8% hors éducation prioritaire).Par ailleurs, la propension des enseignants à faire des remplacements de courte durée via le “Pacte enseignant”, mis en place à la rentrée 2023 (qui prévoit des hausses de rémunération en échange de missions supplémentaires sur base du volontariat) “s’avère plus fréquente dans l’Est et le Nord de la France et dans le secteur privé sous contrat”, constate-t-elle.La hausse des crédits consacrés au remplacement (“Pacte enseignant” notamment), ne s’est “pas traduite par une réduction significative du temps d’enseignement perdu dans le second degré”, regrettent les Sages de la rue Cambon.Malgré des efforts du ministère de l’Education, les absences institutionnelles (pour formation notamment) “représentent encore malgré tout 36% des absences de courte durée des enseignants”.”Des actions résolues restent à mener et des choix à faire”, estime-t-elle. Elle recommande de “renforcer sans délais la politique de prévention” en matière de santé, “en particulier des risques psycho-sociaux”. Elle préconise aussi de “réduire les absences institutionnelles des enseignants” (réunions pédagogiques, formation continue…), de “promouvoir la bivalence” (enseignement de deux matières) au collège “à partir de la rentrée 2026” ou encore de “développer dès la rentrée 2026 les mesures ciblées” pour “compenser le manque d’attractivité de certaines zones”.

Le gouvernement va revaloriser le Smic de 1,18% au 1er janvier, sans coup de pouce

Le gouvernement va revaloriser le Smic de 1,18% au 1er janvier, sans lui donner de coup de pouce au-delà de son augmentation mécanique, a-t-on appris vendredi de sources syndicales. Le directeur général du Travail a annoncé aux partenaires sociaux cette augmentation lors de la réunion de la Commission nationale de la négociation collective sur le Smic, selon la CGT, FO et la CFTC. Elle fera monter le salaire minimum à 1.823,03 euros brut par mois et 12,02 euros brut de l’heure. “Le Premier ministre a décidé ce jour, de ne pas augmenter le Smic, et enlise les travailleurs et travailleuses dans la précarité”, a déploré la CGT dans un communiqué. “Nous regrettons qu’il n’y ait toujours pas de coup de pouce depuis de trop nombreuses années alors que le nombre de travailleurs pauvres augmente”, a réagi pour sa part la CFTC.Le 27 novembre, le groupe d’experts sur le Smic avait recommandé dans son rapport annuel de ne pas donner de coup de pouce au salaire minimum au-delà de son augmentation mécanique. Une augmentation mécanique qui devait conduire, selon ses calculs, à “une hausse autour de 1,4% (…), soit au-dessus de l’inflation attendue (proche de 1%)”. Chaque 1er janvier, le Smic est en effet indexé à l’inflation constatée pour les 20% de ménages les plus pauvres. Il est revalorisé de la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé.Cette augmentation mécanique s’avère finalement plus faible que les projections des experts, à 1,18%. “Compte tenu du ralentissement du marché du travail, du niveau élevé du Smic par rapport au salaire médian et du coût très important des exonérations” de charges patronales sur les bas salaires, les experts recommandaient de “ne pas aller au-delà de la revalorisation automatique prévue par le Code du travail”. Au-delà de cette évolution mécanique, le gouvernement peut choisir de donner un coup de pouce, mais le dernier remonte à juillet 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande à l’Elysée.Au 1er novembre 2024, environ 2,2 millions de salariés du secteur privé étaient rémunérés au Smic, soit 12,4% d’entre eux, selon les données du ministère du Travail.

La natalité, notamment freinée par des craintes financières, selon une consultation citoyenne

Qu’est-ce qui vous empêche d’avoir un enfant ? La crainte de manquer de moyens financiers, la peur de l’avenir ou tout simplement l’absence d’un partenaire, ont répondu les 30.000 Français qui ont participé à une consultation citoyenne sur la natalité.Ouverte sur le site de l’Assemblée nationale du 23 octobre au 4 décembre, cette consultation publique visait à recueillir “les témoignages et les expériences concrètes des Français” afin “de mieux comprendre les freins” aux projets de famille, dans le cadre d’une mission d’information sur la natalité, explique un communiqué vendredi. “Le désir d’enfant reste important” mais “ne se concrétise pas toujours”, en raison de multiples facteurs, relève le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), rapporteur de cette mission, cité dans le communiqué. “La peur d’un déclassement social, financier ou professionnel est un frein important”, notamment.Parmi les répondants, 28% ont évoqué “l’aspect financier de l’éducation et de l’entretien” comme principal frein pour avoir un premier enfant, 18% les “inquiétudes liées à l’avenir de la société” et 15% les craintes autour de la conciliation entre vie professionnelle et personnelle.S’il s’agit d’avoir un enfant supplémentaire, 42% des répondants citent l’aspect financier comme frein principal.Interrogés sur les mesures qui pourraient les aider à franchir le pas pour avoir un enfant ou un enfant supplémentaire, les répondants ont d’abord plébiscité des “congés parentaux plus longs et mieux rémunérés” puis des politiques publiques en faveur des modes de garde.Cette consultation a aussi fait émerger la problématique de l’absence de partenaire stable. “La crise de la conjugalité est une réalité qui pèse directement sur la natalité”, souligne Jérémie Patrier-Leitus.Parmi les répondants, 81% étaient âgés de 25 à 45 ans. Plus des trois quarts sont des femmes. Une majorité habitent dans des grandes villes ou des villes de taille moyenne et dispose d’un salaire supérieur au salaire médian, soit environ 2.200 euros nets.Leurs réponses alimenteront les travaux de la mission qui publiera un rapport en janvier.La natalité décline en France depuis plusieurs années. En 2024, 660.800 nouveaux-nés ont vu le jour, selon l’estimation révisée de l’Insee, soit le plus faible nombre depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, pour la troisième année consécutive.Ce déclin de la natalité agite la classe politique, qui s’inquiète notamment du financement du système de protection sociale. Il avait conduit le président Emmanuel Macron à appeler au “réarmement démographique” du pays.

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Indonésie: les mosquées inondées, les fidèles ne savent pas où prier

Dans l’île indonésienne de Sumatra, ravagée par des inondations qui ont fait près de 1.000 morts, des arbres déracinés par milliers témoignent du désastre autour d’une mosquée inaccessible aux fidèles qui, vendredi, ne savaient pas où prier.Le bilan de ces inondations parmi les pires que Sumatra ait récemment connues, dans le nord de l’île, y compris à Aceh (dévasté par un tsunami en 2004), s’élevait vendredi à 995 morts, 226 disparus et près de 890.000 personnes déplacées, selon l’Agence nationale de gestion des catastrophes.A Darul Mukhlisin, vendredi, jour de prière pour les musulmans, les rescapés des inondations meurtrières ne peuvent toujours pas accéder à la mosquée, dont l’entrée est barrée par des milliers d’arbres depuis les pluies torrentielles qui se sont abattues il y a deux semaines.”Nous n’avons aucune idée d’où provient tout ce bois”, déclare Angga, 37 ans, originaire du village voisin de Tanjung Karang.Avant le déluge, la mosquée était très fréquentée par les fidèles qui assistaient aux prières quotidiennes et du vendredi.”Aujourd’hui, elle est impraticable. La mosquée se trouvait près d’une rivière”, a ajouté Angga. “Mais la rivière a disparu, elle s’est changée en terrain mort.”Des villageois ont déclaré à l’AFP que la structure de la mosquée avait probablement absorbé une grande partie de l’impact des arbres et troncs d’arbres emportés par les torrents en aval. Elle a ainsi évité des destructions encore plus importantes, selon eux.L’AFP a constaté sur place que la mosquée était totalement cernée par des monceaux d’arbres déracinés et de troncs, probablement venus d’ exploitations forestières voisines.- Exploitation forestière incontrôlée  -Les autorités ont attribué en partie l’ampleur des dégâts à l’exploitation forestière incontrôlée.Les écologistes affirment que la déforestation généralisée a aggravé les inondations et les glissements de terrain, en détruisant la couverture forestière qui stabilise normalement les sols et retient les précipitations. L’Indonésie figure régulièrement parmi les pays affichant les taux de déforestation annuels les plus élevés.Le président Prabowo Subianto, en visite vendredi dans le district d’Aceh Tamiang, a assuré aux victimes que le gouvernement s’efforçait de rétablir la situation.”Nous savons que les conditions sont difficiles, mais nous les surmonterons ensemble”, a-t-il déclaré, appelant la population à “rester vigilante et prudente”.Il a également présenté ses excuses “pour les éventuelles défaillances, mais nous travaillons d’arrache-pied”, a-t-il ajouté.Abordant les questions environnementales, M. Prabowo a appelé à une meilleure protection des forêts.”Les arbres ne doivent pas être abattus sans discernement”, a-t-il poursuivi.”Je demande aux gouvernements locaux de rester vigilants, de surveiller et de protéger notre nature du mieux possible”, a-t-il souligné.Mais la frustration va croissante, les victimes des inondations se plaignent de la lenteur de l’aide.Le coût de la reconstruction après la catastrophe pourrait s’élever à 51.820 milliards de roupies (3,1 milliards de dollars) et le gouvernement indonésien se refuse à solliciter l’aide internationale.Babo, Khairi Ramadhan, 37 ans, s’est rendu dans le village voisin de Babo, comptant  trouver une autre mosquée pour prier.”Je vais en trouver une qui n’a pas été touchée par les inondations”, assure-t-il. “Certaines ont peut-être déjà été nettoyées. Je ne veux plus être habité par le chagrin.” 

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La France met à jour sa méthode pour devenir “neutre en carbone” en 2050

Le gouvernement a publié vendredi la stratégie actualisée de la France pour devenir “neutre en carbone” en 2050, un objectif extrêmement ambitieux qui passe entre autres par la fin du pétrole et du gaz.Ce projet de troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) paraît dix ans jour pour jour après l’Accord de Paris, traité signé en France pour abaisser les émissions de gaz à effet de serre mondiales.Depuis, le pays est resté fidèle à l’objectif de sortir des activités industrielles et des énergies qui alimentent le réchauffement de la planète.”Au terme de ces dix ans, nous pouvons être fiers du chemin parcouru”, écrit le président Emmanuel Macron dans une tribune publiée par le site d’opinions Projet Syndicate. Il y vante “la réussite de notre écologie à la française, qui combine progrès et protection, qui permet de réduire nos émissions et le chômage à la fois”.La France, avec l’Union européenne plus généralement, a des partenaires qui croient aussi à ces objectifs. Mais ils semblent de moins en moins influents, comme l’ont montré les négociations internationales récentes, en particulier à la conférence climat de novembre (COP30) à Belém (Brésil).Les États-Unis, premier producteur mondial de pétrole, comptent sur les hydrocarbures pour leur avenir, tandis que leur président Donald Trump ne croit pas aux prévisions des climatologues. De plus, de grands pays émergents ne souhaitent pas que la sortie des énergies fossiles soit un objectif explicite de la communauté internationale.En France, l’opinion publique est divisée sur les changements radicaux de mode de vie qu’implique cette “neutralité en carbone”. Moins de viande, moins d’essence, moins d’avion, d’autres modes de chauffage: de telles préconisations sont parfois impopulaires, qualifiées par exemple par l’opposition d’extrême droite d'”écologie punitive”.- “Électricité décarbonée” -“Attention, cette stratégie n’est pas une façon de dicter des changements de mode de vie, elle met l’accent sur les leviers dont nous disposons déjà: déployer davantage les pompes à chaleur, promouvoir les véhicules électriques…”, réplique la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, dans le quotidien Les Échos.”Ce n’est pas une transition écologique de centres-villes, où on mange du soja et on fait du vélo. C’est une transition écologique avec véhicules électriques pour tout le monde”, a appuyé son cabinet, en présentant à la presse ce projet de Stratégie.Certains objectifs ciblés peuvent paraître très compliqués à atteindre dans le temps imparti. Parmi les préconisations de cette Stratégie nationale bas carbone, on lit par exemple “2040-2045: sortie du pétrole”, et “2050: fin du gaz fossile”.La réduction de la dépendance aux importations d’hydrocarbures est un objectif largement partagé, qui profitera à la production nationale d’électricité, notamment renouvelable. L’objectif fixé est de passer à 55% d’électricité dans la consommation énergétique en 2050, contre 37% en 2023.”Avec une électricité décarbonée abondante, nous sommes dans une situation très favorable pour agir, pour le climat, mais aussi pour notre compétitivité, notre indépendance énergétique et notre prospérité”, a commenté le directeur de l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), Benoît Leguet.Dans les transports, l’électrique doit aussi progresser. Le gouvernement espère 15% de voitures électriques sur les routes en 2030. En 2050, pour les transports intérieurs, seul l’aérien continuerait à émettre du CO2, d’après la Stratégie. Camions électriques, trains et péniches déplaceraient les marchandises.L’agriculture est un autre champ d’action crucial pour la France. Les recommandations vont de “davantage de fruits et légumes, et de légumineuses” dans le régime alimentaire à “réduire l’intensité carbone de l’élevage”, via le retour des pâturages entre autres.Dans l’alimentation, le gouvernement veut “réduire le gaspillage alimentaire de 50% d’ici 2030 par rapport à 2015”.Dans l’industrie, il s’agira de “réindustrialiser en décarbonant la production”, ou encore de “faire évoluer les modes de consommation pour réduire la demande en processus intensifs en carbone”.Greenpeace s’est dite très sceptique. “La réalité de la trajectoire de la France laisse craindre des ambitions de façade”, écrit un de ses experts sur l’énergie, Nicolas Nace.

À Mayotte, les déchets du cyclone Chido empoisonnent toujours l’île

Sur le front de mer de Mamoudzou, un voilier éventré repose encore sur un trottoir, un an après que le cyclone Chido a dévasté Mayotte. À ses pieds, des débris de coques et des morceaux de polyester s’enfoncent dans les rochers.La scène rappelle le lendemain du passage du cyclone tropical Chido, qui avait frappé l’archipel de plein fouet le 14 décembre 2024, faisant 40 morts et 41 disparus. Les bateaux à l’ancre dans le lagon du département français avaient été surpris par les vents: parmi les naufrages, une vedette de la gendarmerie et une barge reliant les deux îles de Mayotte.Un peu plus loin, la route littorale débouche sur une vaste étendue de gravats: les débris des habitations dévastées y sont encore entassés, presque inchangés depuis un an, malgré les opérations de nettoyage.Selon la préfecture de Mayotte, “le passage successif des cyclones Chido et Dikeledi (qui a provoqué des pluies diluviennes le 12 janvier, ndlr) ont généré près de 10.000 tonnes de déchets” dans la collectivité de 374 km2.Quelque 50 “sites tampons” avaient alors été mis en place à travers Mayotte. “Il en reste cinq sur le territoire”, précise Chanoor Cassam, directeur général du Sidevam, en charge de la collecte et du traitement des déchets ménagers.Il espérait voir disparaître “la totalité de ces tas d’ordures en mai”. Mais en décembre, la situation reste inextricable. Il faut dire que les vents à plus de 210 km/h ont aussi perturbé durablement le service des collectes. Les premiers mois, le site d’enfouissement du nord, endommagé, ne pouvait traiter plus de 300 tonnes quotidiennes. Aujourd’hui, il en absorbe “400 à 500”. Mais les dépôts encore visibles sur l’île mêlent bois, ferrailles ou plastiques, qui doivent être triés puis exportés avant l’enfouissement des déchets non valorisablesCar Mayotte ne dispose ni de filière de recyclage ni d’incinérateur. Le tri repose sur quelques bornes d’apports volontaires, avant l’expédition des matériaux “en Hexagone”, rappelle Philippe Moccand, directeur régional outre-mer de Citeo, chargé de la collecte des déchets recyclables sur l’île.Le résultat reste marginal: “seulement 3% des emballages en verre, plastique, papier, carton ou des conserves sont triés” à Mayotte contre 66% dans l’Hexagone, souligne Chanoor Cassam.- Risques sanitaires -Ces amas de déchets créent des risques sanitaires croissants. En février, la préfecture a autorisé “pour des raisons de salubrité et de santé publique” le brûlage exceptionnel d’une partie des déchets.La mesure visait à contenir rats et moustiques, “vecteurs de maladies graves” dans un territoire touché en 2024 par une épidémie de choléra, alertait alors la sénatrice (LR) Marta de Cidrac, présidente du groupe d’études “Économie circulaire” qui appelle à “repenser la gestion des déchets à Mayotte”.Le mélange des déchets produit un lixiviat (jus) toxique qui s’infiltre dans les sols, menace les nappes phréatiques et, par ruissellement, gagne le littoral. “Les appareils électroménagers peuvent aussi rejeter des métaux lourds”, rappelle le directeur du Sidevam, Chanoor Cassam.Une pollution diffuse qui atteint la végétation, les rivières et finit parfois dans le lagon de Mayotte, que les élus locaux ambitionnent d’inscrire au patrimoine mondial de l’Unesco.Pour Damien Devault, maître de conférences en éco-toxicologie qui participe au projet Plasma (“Pollution aux microplastiques du lagon de Mayotte”), “les conséquences sur l’écosystème marin sont indéniables”.D’autant que les épaves accentuent le phénomène. Des fragments de coques flottent encore entre deux eaux et rejoignent parfois les mangroves. Les rivières rejettent d’autres déchets.”Les navires en polyester sont en décomposition dans l’eau depuis un an. Nous manquons de moyens pour les extraire du lagon, le risque qu’ils cassent et polluent encore davantage le milieu est grand et on ne sait pas où les mettre”, souligne le chercheur.”Le cyclone a rendu extrêmement visibles des problématiques qui étaient déjà présentes sur l’île en les amplifiant”, poursuit-il. En août, l’État a missionné une entreprise pour retirer certaines épaves qui menaçaient la navigation. Pour les autres, il n’y a plus d’urgence, veut croire un spécialiste de la biodiversité dans l’archipel, souhaitant rester anonyme.”Le gazole et l’huile des moteurs se sont déjà échappés. Et quand un bateau est échoué sur les rochers, il est quasiment inaccessible”.

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Greenpeace asperge de peinture la place de l’Étoile à Paris

Des militants de l’ONG Greenpeace ont aspergé de peinture vendredi à Paris les pavés de la place de l’Étoile pour protester contre les modestes avancées de l’accord de Paris sur le climat, adopté il y a dix ans jour pour jour.Vers 11H15, a constaté un journaliste de l’AFP, ces militants, accompagnés de ceux d’Action justice climat et d’Action non-violente COP21, ont aspergé de la peinture de couleur orange foncé, aux “pigments naturels”, “pas nocive et qui s’efface à l’eau” selon eux, le sol de la place où se trouve l’Arc de triomphe, sur le rond-point en haut de la célèbre avenue des Champs-Élysées.Les militants climatiques ont déployé plusieurs banderoles près du rond-point. L’une d’elles arborait le message “10 ans de sabotage climatique”.Ils se sont dispersés au moment de l’arrivée de la police, alors que les voitures continuaient à circuler sur le rond-point.Adopté par la quasi-totalité des pays du monde à la COP21 le 12 décembre 2015, l’accord de Paris fixait l’objectif de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale “bien en deçà de 2°C” par rapport à l’ère pré-industrielle et de poursuivre les efforts pour la contenir à 1,5°C.De nombreuses voix, dont celle du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, ont toutefois reconnu récemment que l’objectif de 1,5°C ne serait pas tenu à court terme.La dernière COP qui s’est tenue au Brésil en novembre s’est par ailleurs terminée sur de modestes engagements, sans citer les énergies fossiles dans ses conclusions.”Il faut faire des choses spectaculaires qui vont attirer l’attention des journalistes, des gens et de l’État pour faire parler de ça. C’est un peu navrant, mais c’est ça la résistance citoyenne aujourd’hui, c’est trouver des moyens innovants d’attirer l’attention sur ces sujets”, a expliqué à l’AFP Jason Temaui Man, un militant pro-climat polynésien ayant participé à l’action organisée par Greenpeace.Le ministère de la transition écologique a prévu de son côté de commémorer les dix ans de l’accord de Paris avec des tables-rondes, en présence du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et de l’ancien président de la COP21, Laurent Fabius.

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Des militants de l’ONG Greenpeace ont aspergé de peinture vendredi à Paris les pavés de la place de l’Étoile pour protester contre les modestes avancées de l’accord de Paris sur le climat, adopté il y a dix ans jour pour jour.Vers 11H15, a constaté un journaliste de l’AFP, ces militants, accompagnés de ceux d’Action justice climat et d’Action non-violente COP21, ont aspergé de la peinture de couleur orange foncé, aux “pigments naturels”, “pas nocive et qui s’efface à l’eau” selon eux, le sol de la place où se trouve l’Arc de triomphe, sur le rond-point en haut de la célèbre avenue des Champs-Élysées.Les militants climatiques ont déployé plusieurs banderoles près du rond-point. L’une d’elles arborait le message “10 ans de sabotage climatique”.Ils se sont dispersés au moment de l’arrivée de la police, alors que les voitures continuaient à circuler sur le rond-point.Adopté par la quasi-totalité des pays du monde à la COP21 le 12 décembre 2015, l’accord de Paris fixait l’objectif de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale “bien en deçà de 2°C” par rapport à l’ère pré-industrielle et de poursuivre les efforts pour la contenir à 1,5°C.De nombreuses voix, dont celle du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, ont toutefois reconnu récemment que l’objectif de 1,5°C ne serait pas tenu à court terme.La dernière COP qui s’est tenue au Brésil en novembre s’est par ailleurs terminée sur de modestes engagements, sans citer les énergies fossiles dans ses conclusions.”Il faut faire des choses spectaculaires qui vont attirer l’attention des journalistes, des gens et de l’État pour faire parler de ça. C’est un peu navrant, mais c’est ça la résistance citoyenne aujourd’hui, c’est trouver des moyens innovants d’attirer l’attention sur ces sujets”, a expliqué à l’AFP Jason Temaui Man, un militant pro-climat polynésien ayant participé à l’action organisée par Greenpeace.Le ministère de la transition écologique a prévu de son côté de commémorer les dix ans de l’accord de Paris avec des tables-rondes, en présence du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et de l’ancien président de la COP21, Laurent Fabius.