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Mort de Jean-Louis Debré, grand témoin de la Ve République, de l’Assemblée au Conseil constitutionnel

Un nom de famille irrémédiablement lié à la Ve République: Jean-Louis Debré, proche de l’ancien président Jacques Chirac, ex-président de l’Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel, est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 80 ans.La famille de l’ancien élu de l’Eure a annoncé le décès mardi matin à LCI, dirigée par l’un de ses fils, le journaliste Guillaume Debré. L’actuelle présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a déploré la perte d’un “immense serviteur de l’État”, évoquant “un amoureux de la République”.L’Assemblée nationale lui a rendu hommage et respecté une minute de silence avant la séance de questions au gouvernement. Le Sénat le fera également.”Jean-Louis Debré a consacré sa vie à une certaine idée de la France”, a réagi sur X le président Emmanuel Macron, saluant “un homme de droit et de droiture”.Le chef du gouvernement, François Bayrou, a souligné son “esprit particulier” et “la profondeur” de son “engagement”.”C’était un personnage truculent et assez unique (…) héritier d’une grande famille politique”, a commenté sur France Inter l’ancien Premier ministre et maire du Havre, Édouard Philippe.Le fils de Michel Debré, rédacteur de la Constitution de la Ve République et premier chef de gouvernement de Charles de Gaulle en 1959, était un proche de Jacques Chirac, dont il fut conseiller dès les années 1970.L’ancien patron des députés LR (ex-UMP, ex-RPR), Christian Jacob, a salué “le fidèle grognard de Jacques Chirac, celui qui aura apporté une réelle contribution à la victoire de 1995”.Docteur en droit sans avoir passé le bac, magistrat instructeur puis député (1986), soutien de Jacques Chirac dans sa guerre interne à droite avec Édouard Balladur, il fut nommé ministre de l’Intérieur de 1995 à la dissolution de l’Assemblée nationale de 1997, marquant l’opinion publique par l’évacuation de sans-papiers occupant l’église Saint-Bernard à Paris.Accédant à la présidence de l’Assemblée nationale après la réélection de Jacques Chirac en 2002, Jean-Louis Debré y gagna une image plus consensuelle et fut ensuite nommé à la présidence du Conseil constitutionnel (2007-2016).Ses successeurs lui ont rendu hommage, Laurent Fabius mettant en avant “son attachement au service de la République” et Richard Ferrand “son indépendance d’esprit et son humanité”.Parmi de nombreux ouvrages publiés, Jean-Louis Debré raconta son expérience à la tête de l’institution de la rue de Montpensier. Mais aussi ses rapports parfois tendus avec Nicolas Sarkozy, dont le Conseil constitutionnel a, après sa défaite face à François Hollande en 2012, confirmé le rejet des comptes de campagne.-“Voix singulière” et “humour décapant”-Auteur de livres politiques et de romans policiers, familier des planches de théâtre, Jean-Louis Debré -dont le frère jumeau Bernard Debré, professeur urologue réputé et lui aussi député, est décédé en 2020- fut également, pendant plus de vingt ans, député de la première circonscription de l’Eure (Évreux), où lui a succédé Bruno Le Maire en 2007, détenue depuis juillet 2024 par le Rassemblement national.”Ce grand connaisseur et ce grand serviteur de nos institutions aura marqué de ses convictions gaullistes la vie politique française”, a réagi sur X le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR).Marine Le Pen (RN) a salué sur le même réseau social “un homme de tempérament, connu pour son franc-parler et son attachement aux débats”.Les hommages sont également élogieux à gauche, à l’image de l’ex-président (PS) François Hollande qui a mis en avant un homme “passionné, ardent, fiévreux” dans sa défense de Jacques Chirac et de ses “convictions gaullistes”, mais aussi sa “grande capacité d’indépendance”.”Nos débats passionnants et respectueux dépassaient nos divergences”, a souligné le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel.”Il était de ceux pour qui l’idée républicaine restait un idéal et même davantage qu’une Constitution (…) Sa fidélité à cette attitude nous est léguée comme un exemple”, a réagi sur X le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.Homme de tempérament, connu pour son franc-parler et son attachement aux débats, il fut et demeurera une personnalité du paysage politique et institutionnel.

Bétharram: la congrégation admet sa “responsabilité”, “soulagement” nuancé des victimes

La congrégation des pères de Bétharram, qui a longtemps dirigé l’établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques au cœur d’un scandale de violences physiques et sexuelles, a reconnu mardi sa “responsabilité” en annonçant des mesures saluées avec nuance par les victimes.”Je prends la parole au nom de la congrégation pour dire que nous sommes toujours très affectés par ce qui s’est passé (…), par les souffrances de ces enfants qui étaient venus ici pour être protégés, éduqués” mais auxquels “le contraire” est arrivé: “ils ont été anéantis”, a déclaré le prêtre Laurent Bacho, 75 ans et ancien vicaire régional des bétharramites, dans un entretien avec l’AFP.”Pour aboutir à une position commune irrévocable, il nous a fallu du temps”, a concédé le religieux face aux critiques sur son “mutisme”.”C’est un immense soulagement”, a réagi Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes, regrettant toutefois un positionnement “contraint” et tardif d’une “congrégation acculée” qui “aurait dû reconnaître” ses responsabilités “depuis des décennies” selon lui.D’anciens religieux et personnels laïcs de Notre-Dame-de-Bétharram sont visés par plus de 150 plaintes déposées depuis un an pour violences physiques, agressions sexuelles et viols. Le parquet de Pau a ouvert une information judiciaire le 21 février, un ancien surveillant étant mis en examen et écroué.Laurent Bacho, responsable de la cellule d’écoute au sein de la congrégation, a rencontré huit victimes. “Je n’ai pas douté” de leur parole, assure-t-il. Mais il murmure aussi sa “douloureuse” prise de conscience: les personnes accusées sont “des frères (qu’il a) appréciés”. “Ce n’est pas moi en tant que tel mais je fais partie de ce corps. Sans être coupable, je suis responsable.”En mai dernier, après l’ouverture d’une enquête judiciaire, la congrégation s’est tournée vers l’Institut francophone pour la justice et la démocratie (IFJD), qui doit “les accompagner” pour satisfaire “le plus possible les droits des victimes” et prévenir de nouvelles violences, explique à l’AFP sa directrice, Magalie Besse.- “Toutes les victimes” -De premières mesures ont été décidées.Jusqu’à présent, la congrégation avait indemnisé à hauteur de “700.000 euros”, soit 60% de ses finances, les 19 victimes de violences sexuelles prescrites perpétrées par des religieux, reconnues par la Commission de reconnaissance et réparation (CRR) mise en place par l’Église depuis 2021.Elle ne prenait pas en compte cependant les victimes de laïcs, que les pères de Bétharram veulent indemniser désormais, grâce à “la vente des quelques biens immobiliers” qu’ils possèdent à Lestelle-Bétharram.Le montant des réparations dépendra notamment des fonds récoltés lors de ces ventes, et de la teneur des dénonciations.”Nous allons nous dépouiller (…) et c’est d’autant plus douloureux que ces biens ont été acquis par notre fondateur Michel Garicoïts”, a souligné Laurent Bacho.”De quoi parle-t-on ? On parle de biens immobiliers qui sont complètement à l’abandon depuis des décennies”, a rétorqué Alain Esquerre.”C’est une évolution effectivement très importante que la congrégation reconnaisse ses responsabilités sur le volet sexuel du dossier” mais “ce n’est toujours pas suffisant”, a-t-il ajouté, réclamant que soient aussi prises en compte les victimes de violences physiques.Pour Magalie Besse, “il y a des questions techniques complexes” liées au nombre important des victimes mais “il va falloir proposer des solutions”, également, pour ces faits “extrêmement graves”.- Commission d’enquête indépendante -Une “réparation mémorielle” sera aussi proposée, souligne Laurent Bacho. Le 15 mars à Bayonne, l’IFJD organise un forum pour ouvrir “un dialogue” entre les victimes qui le souhaitent et la congrégation. L’idée d’installer une plaque ou d’édifier un monument y sera évoquée.Ce rendez-vous sera aussi l’occasion d’expliciter le fonctionnement d’une nouvelle commission d’enquête indépendante, financée par la congrégation.Composée de membres externes qui restent à définir, elle devra investiguer “pendant au moins six mois” sur “les causes” des “abus massifs”, assure Laurent Bacho: audition des victimes, des membres de la congrégation, examen des archives, étude de son fonctionnement dans les “différents pays” où elle est présente…”Pourquoi nous n’avons rien vu, rien su ?”, répète le prêtre, circonscrivant les violences à “des personnalités déviantes” et rejetant l’idée d’un “système” ayant permis cinquante ans de violences.Pour parachever ce “travail de réflexion”, Magalie Besse suggère d’interroger aussi “les acteurs de l’Éducation nationale”, les “politiques”, “une partie des élites”… qui ont pu contribuer “au déni”. “L’État n’a pas été au rendez-vous” dans ce dossier, avait regretté en février la ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, alors que Bétharram n’a été contrôlé qu’une seule fois en trente ans, en 1996, quand l’actuel chef du gouvernement, François Bayrou, occupait son poste.Éclaboussé par le scandale, ce dernier répète n’avoir “jamais été informé” dans le passé des faits dénoncés aujourd’hui par d’anciens élèves de l’établissement qu’ont fréquenté plusieurs de ses enfants et où son épouse a enseigné le catéchisme.clw-cac-cas-kal/ppy/jed/sp

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Le plus grand iceberg du monde s’immobilise près d’une île riche en faune sauvage

Le plus gros iceberg du monde semble s’être arrêté à plus de 70 km d’une île isolée de l’Antarctique, ce qui pourrait permettre d’éviter une collision redoutée avec une zone majeure de reproduction de la faune et de la flore, a annoncé mardi le groupe de chercheurs du British Antarctic Survey.Ce colossal plateau de glace, connu sous le nom d’A23a, d’une superficie de 3.360 kilomètres carrés — soit plus de deux fois la taille du Grand Londres — et qui pèse près de mille milliards de tonnes, dérivait vers le nord de l’Antarctique en direction de l’île de Géorgie du Sud, emporté depuis décembre par de puissants courants océaniques. Cette situation a fait craindre qu’il n’entre en collision ou ne s’échoue dans des eaux moins profondes à proximité de l’île, ce qui pouvait perturber l’alimentation des bébés pingouins et des phoques. Mais depuis le 1er mars, l’iceberg est resté bloqué à 73 kilomètres de l’île, selon un communiqué du British Antarctic Survey. “Si l’iceberg reste échoué, nous ne nous attendons pas à ce qu’il affecte de manière significative la faune locale”, anticipe l’océanographe Andrew Meijers, en charge de la surveillance par satellite d’A23.”Au cours des dernières décennies, les nombreux icebergs qui empruntaient cette route à travers l’océan Austral, se sont brisés, dispersés et ont fini par fondre rapidement”, explique-t-il.”Les pêcheries commerciales ont cependant été perturbées par le passé: à mesure que l’iceberg se brise en morceaux plus petits, cela pourrait rendre les opérations de pêche dans la région à la fois plus difficiles et potentiellement dangereuses”, ajoute toutefois M. Meijers.En revanche, “les nutriments soulevés par l’échouage et par sa fonte pourraient accroître la disponibilité de nourriture pour l’ensemble de l’écosystème régional, y compris pour les manchots et les phoques”.A23a s’est détaché du plateau continental antarctique en 1986. Il est resté coincé pendant plus de 30 ans avant de finalement se libérer en 2020, son lent voyage vers le nord étant parfois retardé par les forces océaniques qui le faisaient tourner sur place.En janvier, un morceau de 19 km s’était détaché mais les scientifiques ne pouvaient dire avec précision quelles conséquences cela aurait sur la trajectoire et l’avenir de ce géant de glace.

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Grèce: les écoles rouvrent à Santorin après la baisse de l’activité sismique

Les écoles de l’île grecque de Santorin et d’autres îles voisines en mer Egée ont rouvert mardi après près d’un mois de fermeture due à une forte activité sismique, selon les autorités. La réouverture des écoles est accompagnée par le retour graduel des habitants de Santorin, dont nombreux avaient quitté leur île après les secousses telluriques successives début février.La commission scientifique nationale surveillant les séismes a donné son feu vert pour la réouverture des écoles après avoir constaté la baisse de l’intensité des séismes et la résilience des bâtiments publics. A la suite des inspections effectuées par des équipes d’ingénieurs “les bâtiments publics ont bien répondu aux charges sismiques”, a indiqué un communiqué de la commission. Des milliers de tremblements de terre surtout en mer et de faible magnitude, ont été enregistrés depuis fin janvier entre les îles de Santorin, Amorgos, Ios et Anafi dans l’archipel des Cyclades (sud-est). Les secousses les plus fortes, d’une magnitude entre 5 et 5,3, n’ont provoqué ni victimes ni importants dégâts matériels.Toutefois, autorités et habitants avaient été très inquiets. Les autorités avaient alors déclaré l’état d’urgence à Santorin et Amorgos début février pour une durée d’un mois entraînant la fermeture des écoles de Santorini et des autres îles proches.Le ministère de la Protection civile a attribué l’activité récente à une combinaison de mouvements tectoniques et d’une activité magmatique profonde. La région n’a pas connu de phénomène de telle ampleur depuis le début des relevés en 1964, selon des experts. Située à la convergence des plaques tectoniques africaine et anatolienne en Turquie, la mer Égée est fréquemment touchée par des tremblements de terre. Connue pour sa spectaculaire caldeira volcanique, Santorin fait également partie d’un arc volcanique avec deux volcans sous-marins proches de l’île, Nea Kameni et Kolumbo, qui sont entrés en éruption pour la dernière fois en 1950 et 1650 respectivement.  Le ministère a déclaré mardi que des mesures préventives resteraient en place et a appelé les habitants à être vigilants face au risque de glissements de terrain. Destination touristique prisée, Santorin a accueilli 3,4 millions de visiteurs en 2023. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a récemment annoncé un programme de soutien pour les entreprises locales et les travailleurs de l’île.

Pédocriminel et “bon chirurgien”: Le Scouarnec veut convaincre de son double visage

Joël Le Scouarnec, accusé de violences sexuelles sur 299 patients souvent mineurs, a martelé mardi être à la fois “le bon chirurgien et le pervers qui n’avait aucun état d’âme”, désirant montrer la “juxtaposition” de ses deux visages à la cour criminelle du Morbihan à Vannes.”Mon activité pédophile était une chose et mon activité professionnelle en était une autre, et cette activité pédophile n’a pas eu de retentissement sur mon activité professionnelle”, affirme-t-il, debout dans son box.”Pour certaines personnes, c’est incompréhensible (…) Comment peut-on être chirurgien et aussi en même temps commettre des actes d’agression sur certains de ses patients?”, résume-t-il avant de répondre: “ce sont deux choses qui se juxtaposent.”Mais “j’ai aussi été ce chirurgien qui a profité de son statut pour abuser d’enfants”, et regarder des images pédopornographiques à la pause-déjeuner dans son bureau a pu avoir des “conséquences néfastes” sur sa pratique, consent-il d’une voix toujours égale devant la cour qui l’interroge sur son parcours professionnel.De même, lundi, Joël Le Scouarnec a affirmé être à la fois un bon père et un “pédophile”. S’il avoue avoir “fantasmé” sur ses trois fils, il ne reconnaît aucun geste incestueux à leur égard – contrairement à trois nièces victimes.La cour, puis les avocats des parties civiles, l’interrogent aussi sur son “départ précipité”, de son propre aveu, de la clinique de Loches (Indre-et-Loire), où il a exercé de 1983 à 1994.A-t-il voulu fuir parce qu’il était soupçonné d’y avoir agressé sexuellement des enfants ? Il nie fermement, évoquant un conflit avec un associé.”Ils ont pensé que j’étais quelqu’un de bien et j’étais celui qui les a trahis”, déclare-t-il en évoquant ses anciens collègues de la quinzaine d’hôpitaux de l’ouest de la France où il a violé ou agressé sexuellement des patients de 1989 à 2014.- “Responsable” -“Je suis entièrement responsable de ce que j’ai fait”, réaffirme mardi le médecin après avoir promis la veille d'”assumer” ses actes. “Si j’ai commis un viol, je dirai: +J’ai commis un viol+”, a-t-il dit.Mais pour les victimes — qui suivent l’audience en salle de retransmission en raison de leur grand nombre — difficile de “faire confiance à sa sincérité”, a confié lundi soir l’une d’elles, Marie, à l’AFP.Mardi après-midi, l’accusé sera interrogé plus précisément sur ses carnets, des centaines de pages où il a décrit méticuleusement pendant des décennies les violences sexuelles commises sur les enfants de son entourage et ses patients.Ces journaux intimes, saisis en 2017 après son interpellation, ont permis aux enquêteurs de retrouver la trace de quelque 300 victimes de viols ou agressions sexuelles.Des écrits qualifiés lundi par leur auteur de “sordides”, “crus”, “vulgaires”. “Oralement, je ne me suis jamais exprimé ainsi, avilissante pour les personnes concernées, avilissante pour moi aussi”, a-t-il assuré.Lors de ses gardes à vue sur ses écrits faisant état de viols de fillettes dans ses carnets, le médecin a assuré “qu’il s’agissait soit d’une exagération de sa part, soit d’un fantasme”, a indiqué lundi le directeur de l’enquête, Sylvain Boissinot.Car, rappelle le gendarme, si l’accusé a déjà reconnu une partie des viols, lorsqu’il s’agissait de toucher rectal sur des garçons, il ne reconnaît pas les viols avec pénétration vaginale sur les filles et n’avoue que des agressions sexuelles sur celles-ci.- “Mémoire sélective” -L’accusé “est quelqu’un qui a avancé, qui a mis des mots sur ses actes, qui a une position qui a fortement évolué”, a affirmé lundi Me Thibaut Kurzawa, avocat de Joël Le Scouarnec.”J’ai fait tellement de mal que j’ai du mal à le supporter”, a dit lundi son client.”Mon souhait (est) d’avoir devant moi quelqu’un qui exprime sa souffrance et qui me fait prendre conscience des souffrances qu’il a subies”, lance-t-il mardi, se référant à ses victimes, âgées en moyenne de 11 ans au moment des faits.Lundi, la cour a interrogé l’accusé sur un éventuel traumatisme dans son enfance. Mais Joël Le Scouarnec affirme n’avoir “rien trouvé” dans son “passé” qui pourrait “expliquer (son) comportement” pédocriminel.Confronté mardi encore à ses “trous de mémoire” alors que ses proches l’ont tous décrit comme doté d’une “mémoire d’éléphant”, le médecin a invoqué une “mémoire sélective”.

Commission d’enquête : Coquerel (LFI) annonce saisir la justice après le refus de Kohler d’être auditionné

Le député Eric Coquerel (LFI) a annoncé mardi qu’il saisirait “dès ce jour” le procureur de la République pour demander des poursuites contre le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler, après son nouveau refus d’être auditionné devant une commission d’enquête sur les raisons du dérapage des finances publiques.”J’ai donné une dernière chance à Monsieur Kohler pour se présenter devant notre commission puisqu’il en a l’obligation. Il vient de me répondre à l’instant que ce ne sera pas le cas. Donc je vais évidemment entamer dès ce jour une poursuite devant le procureur de la République”, a annoncé M. Coquerel, président de cette commission d’enquête, lors d’une conférence de presse à l’Assemblée.”Certains diront qu’il a peut-être des choses à cacher. Je ne suis même pas sûr que ça soit l’élément fondamental. L’élément fondamental ? C’est que ces gens-là pensent qu’ils n’ont pas de comptes à rendre au Parlement. Je rappelle que Monsieur Kohler n’est pas le président de la République”, a poursuivi le député de Seine-Saint-Denis devant des journalistes.La commission des Finances de l’Assemblée, présidée par Eric Coquerel, a obtenu pour six mois les pouvoirs d’une commission d’enquête et lancé ses travaux début décembre pour enquêter sur “les causes” de “la variation” et des “écarts des prévisions fiscales et budgétaires” constatés sur les années 2023 et 2024.Alexis Kohler, bras droit du président Emmanuel Macron, n’a pas répondu à la convocation de la commission invoquant des problèmes d’agenda, puis “le principe de séparation des pouvoirs”, selon différents courriers adressés à Eric Coquerel et consultés par l’AFP, dont le dernier est daté du 3 mars.Le secrétaire général de l’Elysée y invoque à nouveau “le principe de séparation des pouvoirs” entre l’exécutif et le législatif, pour justifier le fait qu’un collaborateur du président de la République puisse refuser d’être auditionné devant une commission d’enquête, estimant qu’une telle audition risquerait de “porter atteinte aux principes constitutionnels qui encadrent le fonctionnement de nos institutions”.Selon une ordonnance du 17 novembre 1958, toute personne dont une commission d’enquête a jugé l’audition utile est tenue de déférer à la convocation qui lui est délivrée. La personne qui ne comparaît pas ou refuse de déposer ou de prêter serment devant une commission d’enquête est passible de deux ans d’emprisonnement et de 7.500 euros d’amende.M. Kohler s’est déjà présenté devant des commissions d’enquête, en 2019 sur l’affaire Benalla au Sénat, ou en 2020 sur les concessions d’autoroute, toujours à la chambre haute.

Bétharram: la congrégation reconnaît sa “responsabilité” et annonce des mesures

La congrégation des pères de Bétharram, qui a longtemps dirigé l’établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques au cœur d’une vaste affaire de violences physiques et de viols, reconnaît mardi sa “responsabilité” en annonçant des mesures, alors que de nombreux plaignants fustigeaient son “mutisme”.”Je prends la parole au nom de la congrégation pour dire que nous sommes toujours très affectés par ce qui s’est passé (…) par les souffrances de ces enfants qui étaient venus ici pour être protégés, éduqués” mais auxquels “le contraire” est arrivé: “ils ont été anéantis”, a déclaré le prêtre Laurent Bacho, 75 ans et ancien vicaire régional des bétharramites, qui a accordé une interview à l’AFP.”Pour aboutir à une position commune irrévocable, il nous a fallu du temps”, admet le religieux, dont le large sourire semble vouloir compenser une appréhension palpable pour cette prise de parole officielle.Depuis un an, d’anciens religieux et personnels laïcs de Notre-Dame-de-Bétharram sont visés par plus de 150 plaintes déposées pour violences physiques, agressions sexuelles et viols.Laurent Bacho, responsable de la cellule d’écoute au sein de la congrégation, a déjà rencontré huit victimes. “Je n’ai pas douté” de leur parole, assure-t-il. Mais il murmure aussi sa “douloureuse” prise de conscience, comparable à un coup “d’épée”: les personnes accusées sont “des frères (qu’il a) appréciés”. “Ce n’est pas moi en tant que tel mais je fais partie de ce corps. Sans être coupable, je suis responsable.”En mai dernier, la congrégation s’est tournée vers l’Institut francophone pour la justice et la démocratie (IFJD) afin de trouver la “sérénité” nécessaire aux décisions “douloureuses”, résume Laurent Bacho.Cette ONG doit “les accompagner” pour satisfaire “le plus possible les droits des victimes” et prévenir de nouvelles violences, explique à l’AFP sa directrice, Magalie Besse.- “Toutes les victimes” -De premières mesures ont été décidées.Jusqu’à présent, la congrégation avait indemnisé à hauteur de “700.000 euros”, soit 60% de ses finances, les 19 victimes de violences sexuelles prescrites perpétrées par des religieux, reconnues par la Commission de reconnaissance et réparation (CRR) mise en place par l’Église depuis 2021.Mais elle ne prenait pas en compte les victimes de laïcs. Les pères de Bétharram veulent indemniser désormais ces dernières, grâce à “la vente des quelques biens immobiliers” qu’ils possèdent à Lestelle-Bétharram, à l’exception du sanctuaire emblématique, selon Laurent Bacho.”Nous allons nous dépouiller (…) et c’est d’autant plus douloureux que ces biens ont été acquis par notre fondateur Michel Garicoïts”, ajoute-t-il. Le montant des réparations dépendra notamment des fonds récoltés lors de ces ventes, et de la teneur des dénonciations.”Jésus prit la place de toutes les victimes, lui qui était innocent”: M. Bacho déclame le “texte fondateur” de la congrégation, en menant l’AFP à un lieu baptisé “le calvaire”, près de l’école de Bétharram.”Que nous soyons montés ici est un grand symbole, c’est comme un ordre qui m’est fait”, dit le prêtre: la congrégation doit “prendre en compte toutes les victimes”.Y compris pour les violences physiques, non concernées par l’indemnisation ? “Il y a des questions techniques complexes” liées au nombre important des victimes, répond Magalie Besse, mais “il va falloir proposer des solutions” pour ces violences physiques “extrêmement graves”.- Commission d’enquête indépendante -Une “réparation mémorielle” sera aussi proposée à toutes les victimes, souligne Laurent Bacho. Le 15 mars à Bayonne, l’IFJD organise un forum pour ouvrir “un dialogue” entre celles qui le souhaitent et des membres de la congrégation. L’idée d’installer une plaque ou d’édifier un monument y sera évoquée.Ce rendez-vous sera aussi l’occasion d’expliciter le fonctionnement d’une nouvelle commission d’enquête indépendante, financée par la congrégation.Composée de membres externes qui restent à définir, elle devra investiguer “pendant au moins six mois” sur “les causes” des “abus massifs”, assure Laurent Bacho: les commissaires entendront des victimes, des membres de la congrégation, ils pourront “étudier les archives” de Bétharram, creuseront son fonctionnement dans les “différents pays” où elle est présente…”Pourquoi nous n’avons rien vu, rien su ?”, répète Laurent Bacho, circonscrivant les violences à “des personnalités déviantes” et rejetant l’idée d’un “système” ayant permis cinquante ans de violences.”La congrégation a beaucoup avancé dans sa prise de conscience” ces derniers mois “mais le travail de la commission sera aussi d’accompagner pour achever ce travail de réflexion”, estime Magalie Besse. Qui suggère d’interroger aussi “les acteurs de l’Éducation nationale”, les “politiques”, “une partie des élites”… qui ont pu contribuer “au déni”. “L’Etat n’a pas été au rendez-vous” dans cette affaire, avait regretté le 21 février la ministre de l’Education nationale, Elisabeth Borne, au sujet de cet établissement presque jamais inspecté en trente ans à part un contrôle en 1996 n’ayant rien relevé d’anormal malgré déjà des signalements de violences. Mme Borne avait toutefois déploré “l’exploitation politique” de cette affaire qui éclabousse le chef du gouvernement François Bayrou. Ministre de l’Education entre 1993 et 1997, à l’époque de certains des faits incriminés, il répète n’avoir “jamais été informé” dans le passé des violences sexuelles dans cet établissement qu’ont fréquenté plusieurs de ses enfants et où son épouse a enseigné le catéchisme, malgré des témoignages affirmant le contraire.

Mort de Nahel: le parquet de Nanterre requiert un procès pour meurtre contre le policier auteur du tir

Le parquet de Nanterre a requis un procès pour meurtre contre le policier ayant tiré sur Nahel en juin 2023, une mort devenue symbole des violences policières et qui est à l’origine de plusieurs nuits d’émeutes à travers la France, a annoncé le ministère public mardi.Le parquet “a requis le 3 mars 2025 le renvoi du policier mis en examen (…) du chef de meurtre, et le non-lieu du chef de complicité de meurtre pour le second policier présent lors des faits”, détaille la même source dans un communiqué.Le jeune homme a été tué le 27 juin 2023 d’une balle tirée à bout portant par un policier motocycliste qui contrôlait le véhicule qu’il conduisait. Dans la foulée, une enquête pour meurtre avait été ouverte. Celle-ci s’est achevée le 2 août. Une première version policière, selon laquelle le jeune homme aurait foncé sur le motard, avait été infirmée par une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux.La mère de Nahel, Mounia Merzouk, est “soulagée” par l’annonce des réquisitions pour meurtre, a indiqué à l’AFP son avocat Me Frank Berton, sollicité par l’AFP.”Il n’y avait pas d’autre qualification envisageable dans cette affaire, le geste est volontaire et l’intention de tuer évidente”, a-t-il souligné.L’auteur du coup de feu mortel, Florian M., a été mis en examen pour meurtre et incarcéré pendant cinq mois, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire.L’autre policier présent était lui sous le statut de témoin assisté.Une reconstitution des faits avait eu lieu le 5 mai 2024. En présence de leurs avocats, Florian M., son collègue présent ce jour-là et plusieurs témoins ont été confrontés à leurs déclarations, notamment pour établir si le policier auteur du tir était en danger de mort. Après cette reconstitution, “deux confrontations” ont été “organisées les 15 et 16 juillet 2024”, précise le parquet.Etaient présents les policiers, la mère de Nahel et les deux passagers du véhicule conduit par l’adolescent au moment des faits, selon une source proche du dossier.Contacté, l’avocat du policier auteur du tir, Me Laurent-Franck Liénard, n’était pas joignable dans l’immédiat.gd-dho-mlf-js/cal/pta

Narcotrafic: le régime carcéral d’isolement voulu par Darmanin est “attentatoire aux droits fondamentaux”, affirme l’OIP

Le nouveau régime carcéral d’isolement que le ministre de la Justice Gérald Darmanin veut faire adopter par le Parlement pour y incarcérer notamment les narcotrafiquants les plus dangereux, est “attentatoire aux droits fondamentaux” des détenus, met en garde mardi l’Observatoire international des prisons (OIP).Le gouvernement vient de déposer un amendement à une proposition de loi pour lutter contre le narcotrafic en France qui arrive ce mardi en commission à l’Assemblée nationale, pour créer des quartiers de lutte contre la criminalité organisée en prison.Pour l’OIP, ces nouveaux quartiers “répondraient à un régime carcéral d’isolement quasi-total intrinsèquement attentatoire aux droits fondamentaux des personnes détenues”.”Le garde des Sceaux propose finalement d’instituer ce qui ressemble dangereusement aux QHS : les quartiers de haute sécurité”, fermés en 1982 par l’ancien ministre de la Justice Robert Badinter qui dénonçait leur “régime inhumain”, observe l’OIP dans un communiqué.Avec ce qui est proposé, “c’est tout le champ de la criminalité organisée et certains crimes sériels qui est aujourd’hui susceptible d’être concerné”, craint l’association. “Et ce, que les personnes détenues soient condamnées ou simplement mises en cause – et donc présumées innocentes”, ajoute-t-elle.Il est prévu que la décision de placement dans ces quartiers relève du garde des Sceaux, un “nouveau pouvoir discrétionnaire” qui “présente un risque évident d’arbitraire tant ces critères sont flous et la paranoïa sécuritaire totale”. Le gouvernement souhaite que le placement dans ces quartiers ait une durée de validité de quatre ans, renouvelable, ce qui est “à l’opposé de l’idée selon laquelle l’isolement carcéral doit être le plus court possible”, déplore l’OIP.Par ailleurs, ce régime automatiserait “les mesures les plus attentatoires aux droits humains et libertés fondamentales : fouilles à nu systématiques, parloirs hygiaphones, interdiction d’accès aux unités de vie familiale et parloirs familiaux, ou encore restriction drastique de l’accès au téléphone à un minimum de deux heures deux fois par semaine”.”La question du sens de la peine est totalement occultée pour une obsession sécuritaire, feignant d’ignorer les effets néfastes de l’isolement sur la santé des personnes qui y sont soumises, et l’impact à plus long terme sur la préparation et construction d’un projet de sortie”, souligne encore l’OIP.

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Le Japon confronté à son pire incendie de forêt en 50 ans, toujours pas maîtrisé

Les pompiers continuent de lutter mardi contre les flammes du pire incendie de forêt que le Japon ait connu depuis un demi-siècle, qui a causé la mort d’une personne, l’évacuation de près de 4.000 habitants et qui n’est pas maîtrisé mardi soir.”Pour l’heure, rien n’indique que l’incendie est maîtrisé”, a commenté un porte-parole de la ville d’Ofunato, au nord du pays, auprès de la presse.Des hélicoptères militaires et des pompiers tentent d’éteindre l’incendie, a-t-il ajouté. Cinq jours après le début de l’incendie, des images aériennes d’une chaîne de télévision japonaise ont montré une épaisse fumée blanche s’échappant d’une zone boisée autour d’Ofunato, dans la région d’Iwate, où les précipitations ont drastiquement diminué.De la neige est attendue pendant la nuit, se transformant en pluie, mais selon le porte-parole de la ville, il est impossible de dire si cela aidera à éteindre l’incendie. “Le mauvais temps pourrait empêcher les hélicoptères de larguer de l’eau,” a-t-il averti.Mardi matin, l’incendie avait embrasé quelque 2.600 hectares, selon l’agence de gestion des incendies et des catastrophes, soit plus de sept fois la superficie du Central Park de New York.Les feux de forêts font rage dans la région, alors que le Japon a connu son été le plus chaud jamais enregistré l’année dernière et que le changement climatique fait grimper les températures dans le monde entier.Il s’agit du plus important incendie de forêt au Japon depuis 1975, date à laquelle 2.700 hectares avaient brûlé à Kushiro, dans le nord de l’île de Hokkaido.Plus de 2.000 pompiers sont mobilisés dans le nord du Japon. La plupart sont déployés depuis d’autres régions du pays — dont Tokyo — et travaillent au sol et dans les airs à Iwate, région durement touchée par le tsunami meurtrier de mars 2011. Un avis d’évacuation a été émis pour environ 4.600 personnes, dont 3.939 ont quitté leur domicile pour se mettre à l’abri, selon la municipalité d’Ofunato.- Baisse record des précipitations -Le nombre de feux de forêt avait diminué au Japon depuis un pic dans les années 1970, selon les données du gouvernement, mais l’archipel en recensait encore environ 1.300 en 2023, concentrés sur la période de février à avril, lorsque l’air s’assèche et que les vents se lèvent.A Ofunato, les précipitations ont seulement atteint 2,5 millimètres en février, battant ainsi le précédent record de 4,4 millimètres en 1967 et se situant en dessous de la moyenne habituelle de 41 millimètres.Depuis vendredi dernier, “il n’y a pas eu de pluie, ou très peu, voire pas du tout” à Ofunato, a déclaré à l’AFP un responsable de l’agence météorologique locale. L’année 2024 a aussi été la plus chaude jamais enregistrée au Japon, selon l’agence météorologique nationale (JMA), sur fond de phénomènes extrêmes se multipliant dans le monde en raison du changement climatique.L’incendie a touché certaines entreprises présentes dans la région. La société Taiheiyo Ciment a déclaré à l’AFP avoir suspendu les activités de son usine à Ofunato pendant plusieurs jours, car une partie de ses installations se situent dans la zone d’évacuation recommandée. L’entreprise de confiserie Saitoseika, basée à Ofunato, a prévenu quant à elle, que si son siège social ou usines devenaient une zone interdite, elle pourrait être amenée à “interrompre sa production”, qualifiant la situation de “tendue”. Le prodige du baseball japonais Roki Sasaki, des Dodgers de Los Angeles, qui était lycéen à Ofunato, à offert un don de près de 64.000 euros (10 millions de yens) à la ville, a indiqué la municipalité sur X.