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Trump says Musk should use ‘scalpel’ not ‘hatchet’ in govt cuts

President Donald Trump responded Thursday to growing criticism over unprecedented cuts to the US government overseen by his billionaire advisor Elon Musk, saying they should be carefully targeted.”We say the ‘scalpel’ rather than the ‘hatchet,’” Trump posted on his social media platform Truth Social.The president’s message represents the first move to rein in the power …

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Une page se tourne pour Lille, Martine Aubry quitte la mairie et désigne son successeur

“Le temps est venu de passer la main”: à un an des municipales, Martine Aubry, emblématique maire socialiste de Lille depuis 2001, a annoncé jeudi sa démission “mi-mars” en faveur de son premier adjoint Arnaud Deslandes, 42 ans.”Je suis élue à Lille depuis 30 ans, je suis maire depuis 24 ans (…) mais le temps est venu de passer la main à une nouvelle génération”, a déclaré l’élue de 74 ans, lors d’une conférence de presse dans la capitale nordiste.”Je le fais vraiment avec une très grande sérénité (…) même si le cœur est pincé, bien évidemment”, a-t-elle ajouté, essuyant quelques larmes.L’ancienne ministre socialiste, connue notamment pour les emplois-jeunes et la réforme des 35 heures sous le gouvernement de Lionel Jospin à la fin des années 1990, a déclaré vouloir démissionner de son poste “mi-mars”. Elle a souhaité que son premier adjoint, Arnaud Deslandes, soit élu maire lors d’un prochain conseil municipal extraordinaire, “qui pourrait se tenir le 21 mars”.Arnaud Deslandes, encore peu connu du grand public, a fait toute sa carrière dans l’ombre de Martine Aubry, dont il est un fidèle.Il “a porté auprès de moi de grandes transformations dans la ville” et partage “les mêmes priorités”, la “solidarité et l’accompagnement de tous”, a loué Mme Aubry. “Nous avons les mêmes colères devant les inégalités et la même envie de les combattre”.Diplômé de Science Po Lille et arrivé à la mairie comme stagiaire en 2005, Arnaud Deslandes a ensuite gravi tous les échelons: collaborateur de cabinet de 2006 à 2013, puis directeur de cabinet de 2013 à 2020, adjoint chargé de la solidarité et de la cohésion des territoires, puis premier adjoint depuis 2023.- “maire d’exception” -Martine Aubry “est un maire d’exception”, lui succéder impose “beaucoup d’humilité”, a déclaré Arnaud Deslandes, reconnaissant avoir “tout appris” à ses côtés, “le sens du travail, la rigueur”. L’édile a estimé que la sénatrice PS Audrey Linkenheld, un temps pressentie comme sa dauphine, et le député PS Roger Vicot, candidat déclaré à la mairie, avaient plutôt un rôle à jouer “au niveau national”.Elle a précisé quitter toutes ses fonctions politiques, tout en affirmant ne pas prendre sa “retraite politique”, souhaitant “participer au renouveau des idées de gauche”.Avant ses annonces, Martine Aubry a longuement défendu son bilan à la tête de Lille, devenue selon elle “une capitale culturelle, rayonnante, entreprenante”. Sa plus grande fierté reste sa décision “prise dès le départ de garder les quartiers populaires dans la ville, et de garder ce vivre-ensemble dans nos différences”, a confié jeudi l’élue, qui a beaucoup misé sur la culture et une rénovation urbaine qui préserve la mixité sociale.Ce passage de témoin intervient après des mois de suspense, donnant  l’impression d’une succession mal anticipée, alors que les écologistes notamment sont en embuscade pour conquérir la ville en 2026.- “entre-soi socialiste” -M. Vicot, ex-maire de Lomme, commune associée de Lille, a pris les devant sans attendre les consignes de Mme Aubry et sillonne activement le terrain depuis des mois.Dès septembre 2023, il a affiché son ambition de conquérir la mairie, devenant le premier socialiste à se déclarer ouvertement. “Une démarche solitaire un peu contraire à tout ce qu’on s’était dit”, a regretté Mme Aubry. Le candidat socialiste pour les municipales de 2026 doit être désigné dans l’année par les militants du parti.Le candidat écologiste Stéphane Baly, battu d’un cheveu (227 voix) par Mme Aubry lors des précédentes municipales en 2020, a lui aussi officialisé sa candidature pour EELV. Dans l’opposition, la députée macroniste Violette Spillebout, ex-proche de Martine Aubry, et Louis Delemer, candidat LR, sont également en lice.”Un immense merci pour tout ce que tu as fait pour Lille, pour l’énergie incroyable que tu as déployée pour la transformation de cette ville (…)  si chère à ton coeur”, a réagi la maire de Paris Anne Hidalgo (PS).Martine Aubry “est une figure de la gauche qui a toujours courageusement défendu ses positions au péril de la calomnie”, a souligné Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. Le groupe des élus écologistes à la mairie a rendu hommage à une maire dont les mandats “ont façonné la ville”, mais déploré qu’elle ait “préféré défendre son bastion socialiste plutôt que d’assumer une transformation de la ville en phase avec les enjeux de ce siècle”, notamment sur le plan environnemental.Mme Aubry tente “d’imposer un successeur (…) jamais élu sur son nom, destiné à gérer les affaires courantes avant l’élection”, a dénoncé Violette Spillebout. Les Insoumis lillois, eux, ont évoqué la fin d’un “entre-soi socialiste à bout de souffle”.

Sites porno: les géants PornHub ou YouPorn désormais soumis à l’obligation de vérifier l’âge

Les sites pornographiques établis dans d’autres pays de l’Union européenne (UE) que la France, comme les géants PornHub ou YouPorn, ont désormais l’obligation de vérifier la majorité de leurs utilisateurs sous peine de sanctions.Selon un arrêté ministériel publié jeudi, ils sont inclus dans une disposition légale mise en place en janvier, qui ne s’appliquait jusqu’à présent qu’aux éditeurs de sites établis en France et en dehors de l’UE.Ce délai s’expliquait par le temps nécessaire à la mise en place de la procédure permettant à l’Arcom, le gendarme français du numérique, de notifier les pays concernés en cas de non-respect de la loi française.Hébergé à Chypre, le groupe Aylo (maison mère de YouPorn et PornHub), tout comme Jacquie et Michel, installé en Hongrie et en Espagne, ont trois mois pour mettre en oeuvre un système de vérification de l’âge “respectueux de la vie privée” et “efficace”, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à leur blocage, a précisé le ministère de la Culture.Selon l’Arcom, dix-sept premiers sites européens font partie des plateformes qu’elle va contrôler.Cet arrêté “va enfin permettre de bloquer l’accès aux mineurs aux sites pornographiques les plus fréquentés en France”, se félicite le ministère, évoquant une “avancée majeure dans la protection de nos enfants et adolescents en ligne”. D’ici à trois mois, ces sites devront eux aussi exiger l’envoi d’une photo ou d’un document d’identité par exemple, en proposant au moins une méthode respectant le principe de double anonymat qui permet de prouver sa majorité sans divulguer son identité.Sans cela, ils s’exposent à une sanction de l’Arcom qui peut, depuis l’adoption en mai 2024 de la loi dite Sren visant à sécuriser internet, ordonner un blocage par les opérateurs télécoms et le déréférencement des sites incriminés.Dans un communiqué publié jeudi, le gendarme du numérique indique que, depuis janvier, il a procédé à des vérifications “sur six services parmi les plus fréquentés”.”Aucun de ces services n’avait mis en œuvre un système de vérification de l’âge, bien qu’ils y soient tenus”, note l’Arcom, qui va les en notifier par courrier, “première étape à un éventuel blocage”.- “Long dossier” -Ce système de vérification de l’âge est réclamé de longue date par les associations de protection de l’enfance. “On est forcément satisfait de toutes les avancées dans ce très long, trop long dossier”, a réagi auprès de l’AFP Justine Atlan, de e-Enfance.La directrice générale de l’association se félicite que “ces géants” de la pornographie n’échappent plus à la loi française “pour des raisons techniques”, alors que plusieurs collectifs ont multiplié ces dernières années les procédures devant la justice pour tenter de faire bloquer certains sites X.Selon une étude de l’Arcom menée sur le premier semestre 2024, près de 40% des enfants accèdent à des sites pornographiques chaque mois.En décembre, le groupe Aylo avait affirmé à l’AFP être “conscient de la nouvelle règle et s’engage(r) à toujours respecter la loi”, tout en jugeant ces mesures “inefficaces” et “dangereuses” pour la sécurité et la vie privée des utilisateurs.”Aylo défend depuis des années publiquement la vérification de l’âge des utilisateurs”, a affirmé jeudi le groupe, interrogé par l’AFP.”Malheureusement, la manière dont nombre de législations dans le monde ont mis en oeuvre cette vérification est inefficace, hasardeuse et dangereuse”, relève-t-il, en évoquant “les centaines de milliers de données personnelles sensibles collectées” à cette fin, ce qui “met en danger la sécurité des utilisateurs”.”La meilleure solution (…) consiste à vérifier l’âge à la source : sur l’appareil”, ajoute le groupe, renvoyant au “contrôle parental”.Contacté par l’AFP, le site français Tukif, qui applique déjà le système de vérification d’âge, s’est dit “pas entièrement convaincu par la procédure”.Il craint “un effet contre-productif” qui verrait le trafic “se reporter vers des plateformes moins modérées” et, “in fine, aggraver la situation pour les mineurs qui chercheraient à consulter des sites pornographiques”.Malgré l’arsenal déployé par l’Arcom, des moyens de contournement existent, via l’installation d’un VPN (un réseau privé virtuel) ou des sites miroirs, qui répliquent à l’identique une page sous un nom de domaine différent.D’autres pays, comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne, imposent aussi des restrictions d’accès aux sites X liées à l’âge.

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Antilles: l’Ifremer annule une campagne de recherche après une décision de justice

L’Ifremer, opérateur de la Flotte océanographique française, a annoncé jeudi l’annulation de l’ensemble d’une campagne de recherche aux Antilles, déjà suspendue dans les eaux françaises par une décision de justice destinée à protéger les cétacés. Prévue pour débuter mi-mars, cette mission de géophysique marine portée par l’Université des Antilles et le CNRS devait sillonner pendant quatre semaines l’ensemble de l’arc Antillais et les eaux territoriales de plusieurs pays (Dominique, Saint-Kitts, Sainte-Lucie, États-Unis, etc.).La campagne avait pour objectif de “mieux comprendre le comportement tectonique de la zone de subduction des Antilles” et “de progresser dans la connaissance du risque sismique régional”, selon un communiqué de l’Ifremer.Mais une juge des référés du tribunal administratif de Fort-de-France (Martinique), saisie par des associations de défense de l’environnement, a suspendu mardi cette campagne pour les Antilles françaises au motif qu’elle était “susceptible de porter atteinte, de manière irréversible, aux espèces protégées de la baleine à bosse et du cachalot”.Les appareils utilisés pour établir les profils sismiques peuvent engendrer “des lésions physiologiques au niveau de l’audition et d’autres organes, dont certaines peuvent s’avérer létales” pour les cétacés, a estimé la magistrate, qui a en outre souligné que la campagne était menée “à la période de pic de fréquentation de ces deux espèces protégées”Les dates de la campagne avaient été définies en fonction de la disponibilité du navire de recherche L’Atalante (85 mètres), et “dans un objectif de décarbonation”, a expliqué à l’AFP Olivier Lefort, directeur de la Flotte Océanographique Française (FOF) pour l’Ifremer.”On s’est permis de programmer à cette période-là parce que la source sismique utilisée (l’outil de mesure, ndlr) a une puissance 100 fois inférieure” à celles utilisées classiquement, a souligné Cécile Ducatel, ingénieure en acoustique sous-marine à la direction de la FOF.D’ailleurs, “il n’existe pas de cas qui montre que la sismique a entraîné la mort de cétacés. Ça n’existe pas”, a souligné Mme Ducatel, les seuls cas létaux recensés l’ayant été avec des sonars militaires, aux propriétés différentes.Cinq observateurs indépendants à bord du navire devaient également s’assurer qu’aucun cétacé ne se trouve à moins de 100 mètres de la source sismique et qu’aucune tortue marine ne s’approche à moins de 100 mètres du navire.La campagne doit être reprogrammée en 2025 ou 2026, a précisé l’Ifremer.

L’ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri sera jugé pour manipulation de cours et corruption

L’ancien PDG de Casino Jean-Charles Naouri sera jugé à Paris en octobre pour manipulation de cours et corruption, soupçonné d’avoir manœuvré pour maintenir artificiellement le cours de l’action de son entreprise en 2018 et 2019, ce qu’il conteste.Le procès devrait se tenir devant le tribunal correctionnel de Paris du 1er au 16 octobre, a appris l’AFP jeudi de source judiciaire, précisant que les citations des personnes prévenues étaient en cours.La société Casino Guichard Perrachon, qui a changé de mains en 2024, est également citée devant le tribunal, pour manipulation de cours en bande organisée et corruption privée active.Contactée par l’AFP, l’entreprise a indiqué que “la nouvelle gouvernance ne commente pas des faits antérieurs à son arrivée”. Casino a en effet changé de main depuis les faits reprochés, tombant en 2024 dans l’escarcelle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky au terme d’une restructuration spectaculaire de sa dette, devenue insoutenable.M. Naouri, premier actionnaire et patron du groupe pendant plusieurs décennies, l’avait en effet fait grossir à coup d’acquisitions financées par de l’endettement.Trois anciens hauts cadres de l’entreprise seront également jugés pour les mêmes infractions. Parmi eux, l’ancien directeur de la communication comparaitra en plus pour délit d’initié.L’éditeur de presse Nicolas Miguet devra répondre de manipulation de cours en bande organisée, corruption privée passive, blanchiment de cette corruption et délit d’initié.- “Feuilleton manipulatoire” -Dans leur note aux fins de poursuites datée du 20 décembre 2024 et dont l’AFP a eu connaissance, les magistrats du parquet national financier (PNF) pointent une manipulation de cours “orchestrée par Casino” de septembre 2018 à juin 2019, et l'”intention frauduleuse des dirigeants et cadres de Casino ainsi que de Nicolas Miguet dans la diffusion de leur +feuilleton manipulatoire+.”Sous couvert d’une convention de prestations de conseils, d’environ 800.000 euros, Nicolas Miguet aurait utilisé ses différents canaux de diffusion pour défendre le cours de Bourse de l’entreprise, notamment auprès d’actionnaires individuels. Ce, sans informer son public de ses liens financiers avec le groupe, selon le ministère public.”C’est abracadabrantesque, car quelle personne raisonnable peut imaginer qu’il y a eu possibilité de manipulation de cours via un petit journal style Hebdo Bourseplus?”, une de ses publications, a-t-il réagi auprès de l’AFP.A cette époque, Casino était sous le feu d’analystes financiers s’inquiétant de sa solvabilité et était pressé par les marchés de réduire son endettement. Début septembre 2018, l’action Casino était tombée au plus bas jusqu’alors, autour de 25 euros.M. Naouri “conteste vigoureusement l’interprétation du PNF et aura l’occasion de s’en expliquer devant le tribunal, l’enquête ayant été parcellaire et ayant volontairement/artificiellement occulté les attaques spéculatives virulentes auxquelles a dû faire face durant cette période” l’entreprise, soutiennent dans un communiqué ses avocats, Mes Olivier Baratelli, Nicolas Huc-Morel et Marie-Aix Canut-Bernard, qualifiant les poursuites de “fantaisistes”.Pour eux, “ce contexte exceptionnel (…) a parfaitement justifié” que les dirigeants de Casino “aient souhaité que l’entreprise s’entoure de professionnels compétents dans leurs domaines respectifs” dans le but de “protéger tout simplement l’intérêt social du groupe”.La défense de M. Naouri a déposé une plainte avec constitution de partie civile en juillet 2024, pour qu’un juge d’instruction enquête sur les vendeurs à découvert.Parmi eux, le fonds américain Muddy Waters, qui avait mis en lumière en 2015 les fragilités d’un groupe très endetté.Alexandre Bompard, PDG du concurrent Carrefour depuis 2017, et Matthieu Pigasse, alors chez Lazard, banque qui conseillait Carrefour, ont été entendus en tant que témoins au cours de l’enquête en octobre 2024, à la demande de la défense de M. Naouri, selon la note aux fins de poursuites. Ils ont été interrogés sur une éventuelle tentative de rapprochement entre Carrefour et Casino en septembre 2018. A cette période, Nicolas Miguet conseillait de vendre des titres Carrefour et d’acheter des titres Casino.Une audience de mise en état est fixée au 28 avril en vue du procès.

Réarmer la France, un nouveau casse-tête budgétaire pour le gouvernement

Réarmer la France sans affaiblir davantage des finances publiques déjà exsangues: le laborieux budget 2025 à peine voté, le gouvernement se heurte à un nouveau casse-tête face à ce qu’Emmanuel Macron a décrit comme “la menace” de la Russie.Dans une mise en garde télévisée contre les “dangers” suscités par le rapprochement entre Moscou et Washington, le président de la République a laissé entendre qu’un nouvel effort budgétaire difficile attendait les Français, avec “des réformes, des choix, du courage”.Pour lui, les Européens doivent porter leurs dépenses militaires à 3% ou 3,5% de leur richesse nationale, contre 2% actuellement en France. C’est une trentaine de milliards d’euros supplémentaires par an, une gageure pour le gouvernement tant les finances publiques sont contraintes. D’autant qu’il exclut d’alourdir le déficit public dans une France tancée par Bruxelles pour ses dérapages et où les ministères sont priés de surveiller strictement leurs dépenses pour tenir l’objectif d’un déficit à 5,4% du PIB en 2025, contre environ 6% en 2024. En comparaison, dans un virage majeur, l’Allemagne prévoit de débloquer des centaines de milliards d’euros pour son réarmement. – “Equation insoluble” -Or, en France, “avant même d’envisager d’augmenter les dépenses militaires, on était quasiment devant une équation insoluble” pour tenter de stabiliser la dette, souligne auprès de l’AFP François Ecalle, président du site spécialisé Fipeco. Avec une hausse annuelle des crédits supérieure à 3 milliards d’euros, le budget de la défense est l’un des seuls à avoir échappé aux coupes opérées dans le budget 2025.De 50,5 milliards d’euros cette année (hors retraites), il doit croître jusqu’à environ 67 milliards en 2030, selon le ministre des Armées Sébastien Lecornu, dans le cadre d’une loi de programmation militaire dotée de 413 milliards pour 2024-2030. “Un +poids de forme+ de l’armée française à un peu moins de 100 milliards d’euros de budget annuel permet de durcir notre modèle d’armée”, a-t-il estimé dans Le Point.La mobilisation des fonds européens, voulue à hauteur de 800 milliards d’euros par la Commission européenne, sujet au menu d’un sommet extraordinaire jeudi à Bruxelles, sera “probablement” insuffisante pour subvenir aux besoins français, a admis la porte-parole du gouvernement Sophie Primas. La Commission, comme Berlin et Paris, veut aussi exclure les dépenses supplémentaires pour la défense du calcul des déficits excessifs. Mais où trouver des marges de manœuvre alors qu’Emmanuel Macron écarte d’augmenter les impôts et le ministre Eric Lombard de tailler dans les dépenses sociales? Le Premier ministre François Bayrou, qui a exprimé son attachement au “modèle social” français, évoquera ses orientations budgétaires vendredi matin sur Europe 1 et CNews. “Pour arriver à des montants aussi colossaux” d’économies, “on ne peut pas laisser de côté la dépense sociale – qui représente la moitié des dépenses publiques – ni la dépense locale”, estime François Ecalle.  – “Acceptation sociale” -Le ministère de l’Economie entend aussi faciliter l’investissement privé dans l’industrie de la défense, en réunissant banques, assurances et fonds le 20 mars. Attirer ces capitaux nécessite “un carnet de commandes (publiques) lisible” afin d’assurer une “montée en cadence des capacités de production”, selon Julien Malizard, titulaire de la chaire Economie de défense à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).Et si l’augmentation massive des dépenses pourrait stimuler la croissance en zone euro, gare aux tensions sur les prix, a alerté la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde. Sur les marchés, les taux d’emprunt des Etats européens ont grimpé en flèche.Alors que le ministre des Armées souhaite mobiliser l’épargne des Français “de manière volontaire” dans un élan patriotique, Bercy exclut à ce stade un produit ad hoc, tout comme l’utilisation des avoirs russes gelés défendue par des leaders de la macronie et la gauche. Dans un paysage politique morcelé depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, la tâche la plus difficile sera peut-être de convaincre les Français de se serrer davantage la ceinture. La gauche refuse de nouveaux “sacrifices” tandis que des voix s’élèvent pour réformer l’Etat-providence.En pleine concertation sur la réforme des retraites et alors que le ministre de l’Economie souhaite augmenter le taux d’emploi, Emmanuel Macron a demandé aux partenaires sociaux d’avancer des “solutions”. 

Il “a brisé ma vie”: à la barre, une victime raconte, Joël Le Scouarnec reconnaît un viol 33 ans après

“J’espère que ça va clore toutes ces années de mal-être pour pouvoir enfin commencer à vivre”: première des 299 victimes du pédocriminel Joël Le Scouarnec auditionnée par la cour criminelle du Morbihan, Orianne a enfin pu raconter jeudi les viols commis sur elle par l’ex-chirurgien quand elle avait dix ans.L’accusé a pour la première fois à Vannes reconnu ces viols commis en 1992, dont il a réaffirmé cependant ne pas se souvenir, comme c’est le cas pour la plupart des patients, souvent mineurs, sur lesquels il perpétrait des violences sexuelles.”Ca fait 33 ans que j’attends ce moment”, a lancé d’emblée la quadragénaire avant de laisser s’échapper quelques sanglots. Une profonde inspiration, et elle reprend courageusement: “Il a brisé ma vie et je veux qu’il m’entende.”Hospitalisée à la clinique de Loches (Indre-et-Loire) pour une appendicectomie, Orianne (elle a autorisé la presse à divulguer son prénom) explique comment le chirurgien, dès le premier jour, avait demandé aux aides-soignantes de déplacer un autre patient âgé qui partageait sa chambre, afin qu’elle y reste seule.”Pendant mon séjour, ce chirurgien m’a violée plusieurs fois”, raconte-t-elle, auditionnée par visioconférence en raison de problèmes de santé consécutifs, selon elle, des viols commis par l’accusé. “J’étais terrorisée.”Elle n’a que dix ans à l’époque mais sait qu'”on ne (mesure) pas la fièvre en insérant un doigt dans le vagin” et qu'”on n’écoute pas le coeur d’un malade en caressant longuement ses seins”, souligne-t-elle, balayant les arguments avancés la veille encore par l’accusé, pour qui certains viols étaient des gestes “purement médicaux”.La voix vibrant d’émotion, Orianne décrit comment le médecin lui “a donné des gouttes” pour la faire dormir. “Mais moi (…) je savais très bien ce qui allait se passer.”- “Ca me hante!” -“Pas besoin de remettre en ordre mes souvenirs, ça me hante!”, insiste-t-elle. “Là je vais avoir 44 ans et depuis l’âge de 10 ans et demi ça me hante tous les jours.” “J’avais la sensation de ne pas pouvoir bouger, ne pas pouvoir crier… Mais je sentais très bien ses mains partout sur moi”, souffle la victime, qui restera hospitalisée pendant une longue semaine.A son retour dans sa famille, elle tente de parler à ses parents de ce qu’elle a subi. “Mais personne ne m’a crue, personne ne m’a comprise.”Sombrant dans la dépression, vers l’âge de 13 ans elle demande à voir un gynécologue qui constate la rupture de l’hymen et lui demande seulement “si (elle) fait beaucoup de sport”.”Personne ne m’a jamais demandée si j’avais subi des sévices sexuels alors que je n’attendais que ça pour pouvoir en parler”, répète celle dont la vie sentimentale et sexuelle reste marquée par les traumatismes et les blocages provoqués par ces viols.Depuis son box, le médecin âgé de 74 ans garde un visage toujours impassible à ce récit, figé comme une statue de cire, fixant l’écran où apparaît la plaignante.Qu’attend Orianne du procès ? “Ceux qui savaient je veux qu’ils soient punis, je veux des excuses (…) Je veux surtout que la peine soit à la hauteur de tout le mal qu’il a pu faire”, souligne-t-elle. Joël Le Scouarnec encourt au maximum vingt ans de réclusion criminelle.- “Excuses” et “aveux” -Un peu plus tard, pour la première fois depuis son interpellation en 2017 après une plainte pour le viol d’une voisine de six ans, Joël Le Scouarnec reconnaît les viols par pénétration digitale dans le vagin commis sur Orianne sous couvert d’actes médicaux.”J’ai été effectivement la personne qu’elle a décrite, l’être ignoble qui faisait tout ce qu’il pouvait pour entrer à plusieurs reprises dans sa chambre pour assouvir ses pulsions”, lâche l’accusé.Il lui demande “pardon” d’une voix qui se brise, renifle et semble produire quelques larmes. Puis reprend d’un ton égal: “Je n’ai gardé aucun souvenir de tout ça”, soulignant n’avoir “aucune raison de mettre en doute tout ce qu’elle vient de dire”.Des excuses sincères ? “En tout cas, il y a des excuses et des aveux”, estime Me Louise Aubret, l’une des avocates d’Orianne.Une deuxième victime, âgée de 9 ans en 1991 lorsqu’elle subit les violences du chirurgien à Loches, vient à son tour à la barre. Contrairement à Orianne, elle ne se souvient de rien et la cour s’en remet aux violences méticuleusement consignées par l’ex-chirurgien dans ses carnets.”J’attends la vérité” pour pouvoir avancer, lâche cette victime.L’accusé ne conteste pas les faits mais n’a là encore pas de souvenirs. “Je ne vais pas inventer ce que j’ai oublié”, s’agace-t-il sur une question de la présidente.

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La banquise au plus bas dans un monde qui connaît toujours une chaleur hors norme

Une banquise mondiale au plus bas, des températures mondiales toujours au plus haut: après 2024 et sa litanie de records et catastrophes climatiques, l’hiver 2025 illustre encore le réchauffement de la planète en poursuivant plus de deux ans d’observations de chaleurs à des niveaux historiques.En février, la surface cumulée de la banquise autour des deux pôles, mesurée précisément depuis plus de quatre décennies par satellites, a atteint un nouveau minimum historique. Et les trois mois correspondant à l’hiver de l’hémisphère nord (décembre-février) ont été presque aussi chauds que le record de l’an dernier, selon le bulletin mensuel publié jeudi par l’observatoire européen Copernicus.”Février 2025 s’inscrit dans la lignée des températures records ou quasi records observées au cours des deux dernières années” sous l’effet du réchauffement climatique, souligne dans un communiqué Samantha Burgess, du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF).- Fonte record de l’Arctique -“L’une des conséquences d’un monde plus chaud est la fonte de la glace de mer” conduisant “l’étendue mondiale de la banquise à un minimum historique”, ajoute-t-elle.La banquise, glace formée par le gel de l’eau de mer, fond naturellement l’été (en Antarctique en ce moment) et se reforme l’hiver (Arctique), mais en des proportions désormais déclinantes.Sa fonte ne fait pas directement monter le niveau des océans, contrairement à la fonte de la glace qui se situe sur des terres (calottes glaciaires, glaciers).Mais elle peut accélérer le réchauffement climatique car elle découvre l’océan qui, plus foncé que la glace, réfléchit moins d’énergie solaire et absorbe plus d’énergie. Le 7 février, “un plus bas record a été atteint concernant la surface de banquise cumulée” autour de l’Arctique et l’Antarctique, indique Copernicus.Cette fonte des glaces est particulièrement marquée dans l’Arctique. Près du pôle Nord, la température moyenne a atteint en février 11°C au-dessus des normales de 1991-2020.La banquise de l’Antarctique, sans battre le record absolu, est néanmoins 26% moins étendue que sa moyenne saisonnière au cœur de l’été austral.Son minimum annuel a été atteint le 1er mars et égalise ceux enregistrés en 2022 et 2024, soit les deuxièmes plus bas jamais enregistrés en 47 années de surveillance, a indiqué jeudi le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), un observatoire américain de référence.La planète entame une troisième année d’affilée avec des températures historiquement élevées, après que 2024 est devenue l’année la plus chaude jamais mesurée, battant le record de 2023.Les climatologues s’attendaient à ce que les températures mondiales exceptionnelles depuis deux ans s’atténuent après la fin du cycle du phénomène El Nino, synonyme de réchauffement supplémentaire, qui a atteint son apogée en janvier 2024.- Contrastes régionaux -Mais le thermomètre continue de battre ou de frôler les records.Et cela ne devrait pas s’arranger: l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a averti jeudi que le phénomène La Nina, successeur d’El Nino associé à des températures mondiales plus basses, devrait être de “courte durée”, après avoir déjà averti en décembre que La Nina serait insuffisante pour compenser les effets du réchauffement climatique.Même si février 2025 n’est que le troisième mois de février le plus chaud des annales, il reste toutefois hors normes, plus chaud de 1,5°C par rapport au niveau préindustriel, souligne Copernicus. Ce niveau figure dans l’accord de Paris signé par la quasi-totalité des pays du monde.Selon l’ONU, le monde est en route pour franchir durablement ce seuil au début des années 2030. Voire avant la fin de cette décennie, selon des études récentes.Février a été marqué notamment par d’importants incendies en Argentine et plusieurs cyclones dans le sud-est de l’Afrique et le Pacifique Sud.Les moyennes mondiales, élevées, cachent de forts contrastes.Une grande partie de l’Arctique, les Alpes et l’Himalaya, ainsi que la Scandinavie, le nord du Chili et de l’Argentine, le Mexique, l’Inde ou la Floride ont connu des températures très chaudes pour un mois de février.En revanche, une vague glaciale a été observée dans l’ouest des Etats-Unis, et il a également fait froid en Turquie, Europe de l’Est et au Moyen-Orient, ainsi que dans une vaste part de l’Asie orientale.