AFP Top News

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

En Tunisie, de jeunes passionnés aident des rapaces à retrouver la vie sauvage

Il y a quelques mois encore, l’aigle royal était incapable de voler, cloué au sol avec ses ailes coupées, probablement par des braconniers. Aujourd’hui, il s’élance dans un vol majestueux au-dessus d’un pic rocheux, dans un rare relâcher attendu avec impatience par des bénévoles tunisiens.Une quarantaine de jeunes passionnés – vétérinaires, naturalistes, simples amateurs de nature – consacre son temps libre au programme “ResQ”, lancé il y a deux ans par l’Association tunisienne de la vie sauvage (ATVS) pour secourir des animaux sauvages blessés, en soigner d’autres saisis chez des trafiquants et sensibiliser l’opinion publique.Ridha Ouni, président de l’Association d’ornithologie tunisienne, a choyé le grand rapace depuis sa confiscation chez un particulier en juillet 2024 à Gabès, dans le sud du pays. Cet expert en biodiversité a monté un centre de réhabilitation avec les moyens du bord dans sa ferme de Sidi Thabet, à l’ouest de Tunis.A côté de ses poules qui caquettent, une dizaine de faucons, de busards ou de milans se pressent les uns contre les autres dans une volière, en attendant que leurs ailes – coupées pour les empêcher de voler – se régénèrent.La majorité des animaux présents, parfois des fennecs ou des loups, proviennent de confiscations de la Direction générale des forêts.- “Exceptionnel” -“Aquila”, l’aigle libéré ce dimanche-là au mont Sidi Zid, à 50 kilomètres de Tunis, était prêt pour le grand départ car il préparait un nid, explique à l’AFP Ridha Ouni, notant qu’il a été relâché dans une zone idéale pour trouver proies et femelles.En plus, “c’est la période de migration de l’Afrique centrale vers l’Europe, la meilleure période. S’il trouve une partenaire, l’an prochain on le reverra peut-être ici avec ses aiglons”, s’enthousiasme cet autodidacte de 60 ans.Jamila Bouayed, directrice de l’ATVS, âgée de 32 ans, déborde d’émotion: “réhabiliter un animal sauvage puis le rendre à la nature, c’est exceptionnel”.Pour Maha Clostio, une Tuniso-Américaine de 27 ans en dernière année d’études vétérinaires, voir “Aquila” retrouver la liberté a une saveur particulière. “J’ai fait partie de l’équipe de vétérinaires de l’ATVS qui l’a sauvé quand nous étions dans le sud pour relâcher un fennec. Ça a été un long parcours pour qu’il redevienne fort et en bonne santé”, sourit-elle, se souvenant d’un oiseau déshydraté, ailes coupées, serres blessées.Son relâcher est seulement le quatrième d’un grand rapace en deux ans de ResQ, après un autre aigle royal et deux vautours.Mais sur la même période, le centre de M. Ouni a “accueilli plus de 200 individus” repartis dans la nature.- “Un grand parcours” -L’objectif d’un tel relâcher est de stabiliser la population d’aigles royaux dans le pays “qui ne compte que 50 couples, un chiffre choquant” pour M. Ouni.En Tunisie, en raison de la dégradation de son habitat naturel mais aussi du braconnage et de la chasse, l’aigle royal est sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature des espèces en danger.Habib Rekik, un informaticien responsable de ResQ, filme toutes les opérations avec sa GoPro pour sensibiliser le public: “peu de gens ici savent que ces animaux sont protégés par la loi, qu’ils doivent rester dans la nature, pas dans des cages ou des jardins. Il y a un grand parcours à faire”.Il s’inquiète aussi de voir tous les week-ends des touristes se faire photographier avec des faucons à Sidi Bou Saïd, près de Tunis.”Si vous voulez voir un rapace, regardez des documentaires ou allez dans la nature avec des jumelles”, s’énerve M. Rekik, en appelant à boycotter les braconniers alimentant le commerce illégal. Avoir autant de jeunes dans l’ATVS est un atout pour populariser ses actions, qui ont un coût car “un aigle royal, ça consomme 500 grammes de viande par jour et la viande est très chère en Tunisie”, souligne M. Ouni.A l’initiative de ses jeunes membres, l’ATVS, qui dépend entièrement de dons privés, s’est lancée sur Instagram et sur des plateformes de financement participatif.Prochains objectifs: rénover les volières de M. Ouni et créer un espace à des fins d’éducation environnementale.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Les microalgues, un “or vert” qui tarde à pousser en Europe

Pour beaucoup, c’est un nouvel “or vert” paré de toutes les vertus: les microalgues qui font rêver de nombreux secteurs, de l’alimentation aux cosmétiques, tardent à se développer en Europe, entre coûts de production élevés et réglementation stricte.Ces micro-organismes photosynthétiques constituent un groupe varié de plusieurs centaines de milliers d’espèces qui peuplent les eaux de notre planète depuis plus de 3,5 milliards d’années.Ces microalgues, qualifiées d'”or vert” dans plusieurs publications universitaires, ont pour une dizaine d’entre elles atteint une production à l’échelle industrielle.Sont valorisées leur capacité à croître exponentiellement mais aussi leur polyvalence: elles peuvent servir à produire des lipides type oméga-3, offrant une alternative à l’huile de poisson, ou être consommées comme compléments alimentaires riches en protéine, à l’image de la spiruline. Cette cyanobactérie, généralement présentée sous forme de poudre bleue, est un aliment traditionnellement consommé dans plusieurs pays comme le Mexique ou le Tchad. La France, leader de la production de spiruline en Europe (200 tonnes par an environ selon Eurostat), en consomme 400 tonnes chaque année selon la Fédération des spiruliniers de France.- L’Asie plus performante –  Plus largement, on retrouve aussi des microalgues dans des pâtes, des biscuits, des bonbons, des yaourts, des boissons ou encore le pain, selon un rapport publié en juillet 2024 dans le cadre du programme européen Circalgae, qui vise à valoriser les déchets de l’industrie de production des algues.Néanmoins, la filière européenne de la microalgue reste balbutiante: le continent ne produit ainsi que 650 tonnes de biomasse de microalgue chaque année sur un total mondial de 130.000 tonnes, selon l’Association européenne de la biomasse algale (EABA). “Les pays asiatiques sont plus performants que nous dans la production. Ils ont un certain savoir-faire et une habitude de consommation traditionnelle, en plus de profiter d’un climat favorable à la culture des microalgues”, analyse Maeva Subileau, professeure de biotechnologie à l’Institut Agro de Montpellier, dans le sud de la France. Hélène Marfaing, membre du Centre d’étude et de valorisation des algues, souligne aussi que “la réglementation réfrène un peu l’apparition de nouveaux dossiers” de mise sur le marché d’algues en alimentaire.Elle évoque notamment la lourdeur du règlement européen Novel Food, en vigueur depuis 1997, auquel doit se soumettre tout aliment qui n’est pas traditionnellement consommé au sein de l’UE.- Lumière naturelle ou fermentation -Le produit doit passer une série de tests rigoureux pour s’assurer de sa non-toxicité, un processus long et coûteux (généralement entre 500.000 et un million d’euros). “Il faut avoir les reins solides pour se lancer là-dedans”, estime Mme Marfaing, pour qui “assouplir certaines règles faciliterait l’introduction de nouvelles espèces de microalgues”.Identifier des microalgues économiquement rentables peut, en outre, prendre plusieurs années. Le développement de la gamme de colorant bleu naturel de Fermentalg, entreprise productrice de microalgues par fermentation installée à Libourne (Gironde, dans le sud-ouest de la France), a ainsi supposé “six à sept ans de recherches” et “quatre à cinq ans de développement”, selon son directeur général Pierre Josselin.En outre, les rendements des cultures semblent prometteurs mais nécessitent des moyens conséquents de production, de récolte et d’extraction de molécules, quelle que soit la technologie retenue.Pour une production avec lumière naturelle, il faut une large surface d’étangs à ciel ouvert. Une culture en circuit fermé nécessite éclairage artificiel et régulation de la température, ce qui s’avère plus onéreux: entre 500.000 et 800.000 euros pour 100 hectares, contre 370.000 euros en lumière naturelle, selon le rapport Circalgae.Enfin, la culture par fermentation, possible seulement avec certaines espèces de microalgues, est la plus coûteuse mais permet de produire “jusqu’à 100 grammes de matière par litre”, contre “10 grammes par litre” au mieux sans ce procédé, selon Maeva Subileau.Pour l’heure, la filière des microalgues en Europe a généré un chiffre d’affaires d’environ 350 millions d’euros en 2018, selon l’EABA. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Australie: 80.000 foyers sans électricité alors que le cyclone Alfred se dirige vers la côte

Plus de 80.000 foyers australiens étaient privés d’électricité vendredi, au moment où le cyclone tropical Alfred et ses vents destructeurs se rapprochent de la côte orientale densément peuplée du pays.Vendredi après-midi, le cyclone se trouvait à 125 kilomètres à l’est de la ville de Brisbane, selon le gouvernement.Le département météorologique australien estime de son côté que le typhon, premier à frapper la zone depuis 1974, touchera la côte australienne samedi.Plus de 4 millions de personnes se trouvent sur la trajectoire du cyclone, sur une bande côtière densément peuplée de 300 kilomètres, à cheval sur la frontière entre l’Etat du Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud.Vendredi matin, 80.000 foyers sont privés d’électricité à travers les deux Etats alors que des  vents déjà dévastateurs ont emporté des arbres qui sont tombés sur des pylônes électriques, ont annoncé les autorités.- “Peur” -Le Premier ministre de l’Etat du Queensland, David Crisafulli, a assuré que la tempête “était déjà forte” et a prévenu que les conditions allaient empirer à mesure que le cyclone s’approchait des terres.Des images de l’AFP montrent un yacht projeté sur les rochers après s’être détaché à Point Danger, à l’extrémité sud de la Gold Coast.Deux personnes ont eu “de la chance s’en sortir” après qu’un arbre se soit abattu sur le toit d’une maison dans la banlieue côtière de la ville de Gold Coast, dans le Queensland, a aussi déclaré le service ambulancier de l’Etat.Au total, 10.000 habitants de zones de la Nouvelle-Galles du Sud sujette aux inondations ont été évacués en urgence, ont indiqué les responsables de ces opérations.La ville de Lismore, déjà frappée par des inondations record de 14 mètres après des pluies torrentielles en 2022, suscite également l’inquiétude des autorités.Ces trois derniers jours, de nombreux Australiens des zones menacées se sont préparés, bloquant les entrées de leur maison avec des sacs de sable et mettant de côté des réserves de nourriture et d’eau.”Beaucoup de gens ont peur, car on ne sait pas du tout ce qui va se passer”, a déclaré à l’AFP Paul Farrow, un habitant de la ville côtière de Coolangatta, à la frontière entre Nouvelle-Galles du Sud et Queensland.”Nous pourrions tous perdre nos maisons”, s’est inquiété l’homme de 62 ans.- “Se préparer au pire” -Le Premier ministre australien Anthony Albanese a assuré que la région devait “espérer le meilleur, mais se préparer au pire”.”C’est lorsque la nature fait des ravages que les Australiens sont les meilleurs. Nous sommes unis. Nous faisons attention les uns aux autres. Nous veillons sur nos voisins”, a-t-il déclaré devant la presse.Le cyclone Alfred va probablement toucher la côte samedi, a assuré le bureau de météorologie australien, même s’il assure que sa trajectoire est de plus en plus difficile à suivre. Les pluies torrentielles, des vents destructeurs et des vagues violentes vont s’abattre sur la côte à mesure que la tempête approche, a indiqué le bureau.Plus de 900 écoles de l’État du Queensland et des régions voisines du nord de la Nouvelle-Galles du Sud ont été fermées vendredi, ont indiqué des responsables du ministère de l’Education.Si les cyclones sont fréquents dans les eaux tropicales chaudes qui baignent le flanc nord de l’Australie, il est plus rare qu’ils se forment dans les eaux plus froides plus au sud.Les chercheurs ont à plusieurs reprises mis en garde contre le fait que le changement climatique amplifie le risque de catastrophes naturelles telles que les feux de brousse, les inondations et les cyclones.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Trafic d’influence au profit de LVMH: l’heure du jugement pour l’ex-patron du renseignement Bernard Squarcini

Le tribunal correctionnel de Paris rend vendredi son jugement au procès de l’ex-patron du renseignement intérieur Bernard Squarcini, soupçonné d’avoir profité de ses réseaux pour obtenir informations confidentielles et privilèges au bénéfice notamment du PDG de LVMH, Bernard Arnault.La décision doit être annoncée à partir de 10H00.L’ancien chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, devenue depuis DGSI) a comparu en novembre aux côtés de neuf autres personnes, parmi lesquelles figuraient le préfet Pierre Lieutaud, l’ancien magistrat de la cour d’appel de Paris Laurent Marcadier ou encore des policiers et consultants en intelligence économique.Celui qui est surnommé “le Squale”, aujourd’hui âgé de 69 ans, était lui-même jugé pour onze infractions, allant du trafic d’influence passif au détournement de fonds publics, en passant par la compromission du secret de la défense nationale, le faux en écriture publique ou encore la complicité de violation du secret professionnel.Il est soupçonné d’avoir usé de ses connexions dans les mondes de la police et du renseignement, le tout au profit d’intérêts privés et en particulier pour le milliardaire Bernard Arnault.Ce dernier a d’ailleurs témoigné à la barre, contraint de venir au tribunal après avoir été cité à comparaître par les avocats de l’ancien journaliste et désormais député François Ruffin (ex-LFI, qui siège désormais dans le groupe écologiste), partie civile dans ce dossier à tiroirs.Lors du procès, le représentant du ministère public a requis quatre ans d’emprisonnement avec sursis et 300.000 euros d’amende à l’égard de M. Squarcini, un “haut fonctionnaire émérite” coupable selon lui de “faits extrêmement graves”.Il a aussi demandé à son encontre cinq ans d’interdiction professionnelle avec exécution provisoire, c’est à dire s’appliquant immédiatement même en cas d’appel, et cinq ans d’interdiction de toute fonction publique.- Surveillance de Ruffin -Contre les neuf autres prévenus, le procureur a réclamé des peines allant de quatre mois à deux ans de prison avec sursis, assorties selon les cas d’amendes allant jusqu’à 100.000 euros.Selon l’accusation, M. Squarcini a indûment missionné des agents de la DCRI en 2008 afin de débusquer un homme qui voulait faire chanter Bernard Arnault, mais aussi obtenu des informations couvertes par le secret auprès de policiers, notamment sur l’affaire Cahuzac, sur une plainte d’Hermès contre Vuitton et sur l’assassinat de l’avocat corse Antoine Sollacaro. Ou encore fait appel à ses connaissances pour faciliter des procédures de passeports et visas.Il est aussi soupçonné d’avoir réalisé, avec quatre de ses coprévenus, une rocambolesque opération de surveillance de François Ruffin et du journal Fakir, entre 2013 et 2016, pour le compte de LVMH. M. Squarcini venait de se reconvertir dans le privé.A l’époque, celui qui était journaliste tournait le film “Merci patron !” et prévoyait d’interpeller Bernard Arnault lors des assemblées générales du groupe de luxe.Devant le tribunal, le milliardaire a assuré n’avoir été “absolument pas au courant” et a accusé M. Ruffin “d’instrumentaliser” le procès, celui-ci n’ayant eu de cesse de déplorer que le groupe de luxe ait pu conclure, en 2021, une convention judiciaire d’intérêt public de 10 millions d’euros pour éviter les poursuites.Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe.Me Marie-Alix Canu-Bernard, conseil de M. Squarcini avec Me Patrick Maisonneuve, a dénoncé une “absence singulière d’impartialité” dans la conduite des investigations par les juges d’instruction, ainsi qu’une “absence de contradictoire” et de “loyauté”. Son confrère a lui estimé qu’il n’avait “pas démérité tout au long de sa vie” au service de la France.Les avocats de plusieurs autres prévenus ont aussi fait valoir les carrières “irréprochables” de leurs clients.

48 killed in ‘most violent’ Syria unrest since Assad ouster: monitor

Fierce fighting between Syrian security forces and gunmen loyal to deposed ruler Bashar al-Assad killed 48 people on Thursday, a war monitor said.The Syrian Observatory for Human Rights said the clashes in the coastal town of Jableh and adjacent villages were “the most violent attacks against the new authorities since Assad was toppled” in December.Pro-Assad …

48 killed in ‘most violent’ Syria unrest since Assad ouster: monitor Read More »

Trump backs off Mexico, Canada tariffs after market blowback

US President Donald Trump on Thursday unveiled a temporary rollback to steep tariffs targeting Canada and Mexico, providing some reprieve to companies and consumers after blowback on financial markets.After his sweeping tariffs of up to 25 percent on the two US neighbors took effect Tuesday, stock markets tumbled, while economists warned that blanket levies could …

Trump backs off Mexico, Canada tariffs after market blowback Read More »

Les prisons de Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe choisies pour accueillir les 200 narcotrafiquants les plus dangereux

Les 200 narcotrafiquants les plus dangereux seront emprisonnés dans la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), à partir du 31 juillet, suivie mi-octobre de celle de Condé-sur-Sarthe (Orne), a annoncé jeudi Gérald Darmanin.”Nous aurons deux établissements de haute sécurité cette année”, “ça fait 200 narcotrafiquants qui, d’ici le 15 octobre, seront totalement à l’isolement du reste de la société”, a déclaré sur France 2 le garde des Sceaux.Ces deux prisons, toutes les deux récentes, sont déjà les deux établissements les plus sécurisés de France.Mais le ministre a souligné qu’il fallait “rendre tout à fait hermétiques les deux établissements, renforcer les moyens, y mettre un certain nombre de personnels supplémentaires”. “A partir du mois d’avril, pour la prison du Pas-de-Calais, on sortira les détenus qui ne sont pas concernés”, a-t-il encore indiqué. “On fera pendant deux mois des formations pour les agents, une sécurité totale et les travaux. Et à partir du mois de mai-juin, les nouveaux détenus rentreront”.Sont déjà détenus à Vendin-le-Vieil Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie des commandos jihadistes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, et le braqueur multirécidiviste Rédoine Faïd, surnommé le “roi de la belle”, tous les deux placés à l’isolement. “On va laisser sur place les personnes les plus dangereuses”, a dit M. Darmanin.- “Plus jamais une affaire Amra” -“C’est une révolution pour les prisons françaises, pour l’administration française, on n’a jamais fait ça”, s’est-il félicité, assurant qu’il ne fallait “plus jamais une affaire Amra”.Le narcotrafiquant Mohamed Amra, qui était l’homme le plus recherché de France et a été arrêté en Roumanie, a été incarcéré dans le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe après sa remise à la France.Son cas, après son évasion sanglante qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires en mai 2024, a plusieurs fois été invoqué par M. Darmanin pour justifier la création de nouvelles prisons destinées aux trafiquants de stupéfiants, dont le régime carcéral d’isolement est inspiré de la lutte anti-mafia en Italie.Ce “régime de détention très strict” a fait l’objet d’un amendement à la proposition de loi sur la lutte contre le narcotrafic, qui a été adopté mercredi par la commission des lois de l’Assemblée nationale.Ce régime comprend des mesures telles que des fouilles intégrales après tout contact avec l’extérieur, des parloirs équipés d’hygiaphone ou encore un accès limité au téléphone.Ces dispositions ont été dénoncées, notamment par l’Observatoire international des prisons qui les juge “attentatoires aux droits fondamentaux”.Face aux critiques, M. Darmanin a saisi le Conseil d’Etat, qui doit se réunir la semaine prochaine.Dans ces prisons, seront affectées des personnes qui sont soit en détention provisoire, soit condamnées, a encore expliqué le ministre.”Ce sont les services de police et de justice qui vont me désigner les personnes les plus dangereuses”, a indiqué M. Darmanin. “Je prendrai un arrêté pour chacune des personnes et ces personnes seront mises dans cette prison”. En principe, pour une durée de quatre ans, renouvelable.Parmi les critères permettant de déterminer le degré de dangerosité des détenus, figurent la “capacité à corrompre”, la “capacité à menacer”, la “capacité à tenir une communication avec l’extérieur”, “toucher de l’argent de l’étranger”, “menacer des magistrats, des policiers, des journalistes, des avocats”. Pour protéger les surveillants pénitentiaires travaillant dans ces prisons, M. Darmanin a annoncé qu’il acceptait de “les anonymiser”, dans les procès-verbaux.Par ailleurs, seront affectés “deux ou trois gardiens pour un détenu afin qu’il y ait un contrôle qui s’applique et qu’on ne puisse pas menacer ou corrompre les gardiens”.”Deux établissements en 2025 au lieu d’un confirment qu’un changement s’opère dans la prise en charge de la population pénale”, a commenté auprès de l’AFP le syndicat pénitentiaire Ufap-Unsa, appelant à créer “des établissements spécialisés  et adaptés pour tous les profils: criminalité organisée, terroristes, détenus violents et cas psy”.

A la barre, les victimes racontent les traumatismes et Joël Le Scouarnec reconnaît les viols

Dépression, idées suicidaires, vie et famille brisées: les premières des 299 victimes du pédocriminel Joël Le Scouarnec auditionnées par la cour criminelle du Morbihan ont expliqué jeudi l’impact des violences sexuelles infligées lorsqu’elles étaient enfants par l’ex-chirurgien, qui a pour la première fois reconnu avoir violé trois d’entre elles.”J’espère que ça va clore toutes ces années de mal-être pour pouvoir enfin commencer à vivre”, a lancé la première Orianne, violée “plusieurs fois” quand elle avait dix ans dans sa chambre d’hôpital.”Ca fait 33 ans que j’attends ce moment”, dit-elle courageusement: “Il a brisé ma vie et je veux qu’il m’entende.”Hospitalisée à la clinique de Loches (Indre-et-Loire) pour une appendicectomie, Orianne (elle a autorisé la presse à divulguer son prénom) explique comment le chirurgien, dès le premier jour, avait fait déplacer un patient qui partageait sa chambre afin qu’elle y reste seule, à sa merci.Elle n’a que dix ans à l’époque mais sait qu'”on ne (mesure) pas la fièvre en insérant un doigt dans le vagin” et qu'”on n’écoute pas le coeur d’un malade en caressant longuement ses seins”, souligne-t-elle par visioconférence.Orianne décrit comment le médecin lui “a donné des gouttes” pour la faire dormir mais “je savais très bien ce qui allait se passer.”- “Ca me hante!” -“Là je vais avoir 44 ans et depuis l’âge de 10 ans et demi ça me hante tous les jours.” “J’avais la sensation de ne pas pouvoir bouger, ne pas pouvoir crier… Mais je sentais très bien ses mains partout sur moi”, souffle la victime.A son retour dans sa famille, elle tente de parler à ses parents “mais personne ne m’a crue, personne ne m’a comprise.”Sombrant dans la dépression, vers l’âge de 13 ans elle demande à voir un gynécologue qui constate la rupture de l’hymen. Mais “personne ne m’a jamais demandé si j’avais subi des sévices sexuels alors que je n’attendais que ça pour pouvoir en parler”, répète celle dont la vie sentimentale et sexuelle reste encore à ce jour marquée par les traumatismes et les blocages provoqués par ces viols.Depuis son box, le médecin âgé de 74 ans reste figé comme une statue de cire.Un peu plus tard, pour la première fois depuis son interpellation en 2017 après une plainte pour le viol d’une voisine de six ans, il reconnaît les viols commis sur Orianne sous couvert d’actes médicaux.Il lui demande “pardon” d’une voix brisée, renifle et semble produire quelques larmes. Puis reprend d’un ton égal: “Je n’ai gardé aucun souvenir de tout ça”, soulignant n’avoir “aucune raison de mettre en doute tout ce qu’elle vient de dire”.Des excuses sincères ? “En tout cas, il y a des excuses et des aveux”, estime Me Louise Aubret, l’une des avocates d’Orianne.- Familles dévastées -Une deuxième victime, âgée de 9 ans en 1991 lorsqu’elle est violée par le chirurgien à Loches, vient à son tour à la barre. Contrairement à Orianne, elle ne se souvient de rien et la cour s’en remet aux violences méticuleusement consignées par l’ex-chirurgien dans ses carnets.”J’attends la vérité” pour pouvoir avancer, lâche cette victime.L’accusé ne conteste pas les faits mais n’a là non plus pas de souvenirs. “Je ne vais pas inventer ce que j’ai oublié”, s’agace-t-il sur une question de la présidente.C’est au tour de Virginie (son vrai prénom, avec son accord) de témoigner à la barre du choc subi lorsque les gendarmes lui annoncent en 2019 les sévices décrits par Joël Le Scouarnec dans ses carnets, et des souffrances que cela déclenchera chez elle.La quadragénaire n’avait aucun souvenir des viols répétés infligés par l’accusé. Enjouée jusqu’alors, elle s’effondre, prend 25 kg et passe près de six mois en hôpital psychiatrique en raison de “pensées suicidaires”. Son époux, partie civile en tant que victime indirecte, a ressenti le “besoin” d’être à ses côtés à la barre pour l’épauler mais aussi montrer à l’accusé “que les conséquences vont au-delà” des seuls enfants violentés et que “beaucoup de familles sont malheureuses”.”Je prends aujourd’hui la mesure des conséquences de ce que j’ai fait (…) c’était ignoble et immonde”, assure Joël Le Scouarnec, qui reconnaît ces viols, “désolé”.La dernière victime auditionnée de la journée s’avance et décline son identité, comme un défi à l’accusé qu’elle dévisage dans son box. C’est la fille d’un collègue de l’ex-chirurgien, agressée lorsqu’elle avait 2 ans en 1989.Comme Virginie, elle ne se souvenait de rien et “s’effondre” lorsqu’on lui apprend qu’elle figure dans les fameux carnets.Elle est elle-même devenue chirurgien et dit se méfier maintenant de tous les individus masculins, dans sa vie privée ou professionnelle: “A chaque fois que j’opère un enfant j’y pense, à chaque fois!”, lâche-t-elle. L’audition des victimes se poursuit vendredi.