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Evasion de Mohamed Amra: nouvelles mises en examen vendredi dans une enquête “hors normes”

Une enquête “hors normes” a permis d’interpeller à ce stade 27 suspects impliqués dans l’évasion du narcotrafiquant Mohamed Amra, qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires le 14 mai 2024 au péage d’Incarville (Eure).Plusieurs vagues de mises en examen ont eu lieu depuis l’arrestation en Roumanie de Mohamed Amra, le 22 février. Vendredi, huit suspects ont encore été interrogés par les trois juges d’instruction chargés des investigations. Vers 21H00, au moins six étaient mis en examen, selon des sources proches du dossier. Des débats étaient en cours devant les juges des libertés et de la détention pour décider de leur détention provisoire ou non.Parmi ces suspects figurent “les acteurs principaux” de l”‘étape de la cavale” de Mohamed Amra, qui a duré neuf mois, a précisé plus tôt dans la soirée la procureure de Paris Laure Beccuau. Un appartement a été “loué à Compiègne (Oise) à partir de mai 2024”, avant que le fugitif ne le quitte “en octobre”.Quand les enquêteurs “établissent ce lieu de dissimulation, les services de police vont employer tous les moyens utiles pour vérifier la présence de Mohamed Amra” mais “il n’y est plus”, relate la magistrate. “On va poursuivre sa recherche, comprendre petit à petit qu’il a pu revenir à Rouen” jusqu’à “apprendre qu’il est parti en Roumanie” début février.Il y est arrêté le 22 février, remis à la France le 25. Mis en examen, il est incarcéré dans la prison ultra sécurisée de Condé-sur-Sarthe (Orne).Deux autres suspects dans ce dossier aux “dimensions tentaculaires” sont “en attente d’extradition” depuis le Maroc, a annoncé Mme Beccuau et un autre “fait l’objet d’une notice Interpol”.- Disproportion ? -Dans cette enquête “hors normes”, les chefs de mise en examen – meurtres, tentatives de meurtre, évasion, le tout en bande organisée, et association de malfaiteurs – font encourir la réclusion criminelle à perpétuité “pour les plus élevés d’entre eux”, a détaillé la procureure.A ce stade, sept personnes sont suspectées d’avoir fait partie du commando : Amra, deux guetteurs – dont l’un a aussi conduit un véhicule – deux autres conducteurs de véhicule et deux passagers. Quatre d’entre eux ont été “vus armés”.”Notre raisonnement” est “de considérer que feront partie de ce commando mortel, et en tout cas, en porteront la responsabilité tous ceux qui auront participé à cette action, tous ceux sans lesquels l’action n’aurait pu aboutir à ses conséquences tragiques”, a déclaré Laure Beccuau.Les “petites mains” aussi “font partie de ce rouage criminel car sans elles, tout aurait été plus difficile” à réaliser, a-t-elle insisté.Plusieurs sources proches du dossier ont pourtant fait part de leurs craintes, auprès de l’AFP, d’un emballement judiciaire, craignant que les mesures de sûreté ne soient pas proportionnées aux profils des suspects.Deux jeunes hommes, âgés d’une vingtaine d’années et vivant à Compiègne, sont soupçonnés d’avoir loué le logement qu’occupait Amra dans la même ville, a appris l’AFP de source proche du dossier. Mais ces deux amis, sans casier judiciaire, assurent ne pas avoir su qu’il y serait caché. Ils ont été placés en détention provisoire. “Il est important de mesurer si ces jeunes ont pu intentionnellement être impliqué dans la location. Ce n’est pas le cas de mon client, et la vérité se manifestera dans les prochaines semaines”, a déclaré à l’AFP Mani Ayadi, avocat de l’un d’eux.Face au silence de la majorité des suspects, les investigations vont se poursuivre avec de nouvelles auditions et sur le plan technique.Ce sont déjà les “moyens d’enquêtes extraordinaires” mis en oeuvre qui ont permis de les identifier, notamment “440 interceptions téléphoniques et géolocalisations, de véhicules, de captations de données, d’images”, a énuméré la procureure.Mohamed Amra, 30 ans, s’était évadé le 14 mai 2024 alors qu’il avait été extrait de sa cellule en Normandie pour être interrogé par un juge d’instruction à Rouen.Un commando avait alors attaqué, à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut, le fourgon pénitentiaire au péage d’Incarville (Eure) pour le libérer, tuant deux agents pénitentiaires, Arnaud Garcia et Fabrice Moello, et en blessant trois autres.- “Pas surpris” -L’enquête doit notamment déterminer le rôle d’Amra: a-t-il orchestré son évasion? Ou d’autres ont-t-ils voulu le faire sortir?C’est une “opération montée, concertée, organisée, minutée même”, qui “induit qu’il y ait plusieurs participants à l’élaboration du projet”, a répondu Christian Sainte, chef de la police judiciaire, également présent à la conférence de presse, sans donner plus de détails.Interrogés plusieurs fois sur l’implication éventuelle de membres de la “Black Manjak Family”, présentée comme une organisation criminelle basée en Normandie et spécialisée dans les stupéfiants, Christian Sainte a simplement indiqué que certains suspects avaient “des liens de proximité” entre eux.La procureure a elle souligné que Mohamed Amra n’avait “pas été surpris” par l’attaque. Les auditions des agents pénitentiaires ont démontré qu'”il s’y attendait au contraire”, qu’il connaissait l’équipe “qui ne l’a jamais menacé” et qu’il avait eu une “participation active pour s’extraire du fourgon”.Il avait d’ailleurs déjà été “aux manettes” d’une première tentative d’évasion, le 7 mai, qui a échoué grâce au concours “précieux” de “concitoyens”, ayant signalé des véhicules et des individus aux tenues suspectes.

Devant Le Scouarnec, une de ses victimes soutient son regard et “veut savoir”

A la barre de la cour criminelle du Morbihan vendredi, Amélie Lévêque regarde dans les yeux avec une colère feutrée le pédocriminel Joël Le Scouarnec qu’elle accuse de l’avoir violée quand elle avait neuf ans: “Je veux savoir.”Accusé pour des violences sexuelles sur 299 patients, l’ex-chirurgien a détaillé dans ses carnets les viols et agressions sexuelles commis sur ses victimes, qui étaient mineures dans leur grande majorité à l’époque des faits, de 1989 à 2014.Mais sur Amélie Lévêque, 43 ans, opérée de l’appendicite en 1991 à l’âge de neuf ans, le médecin ne note qu’une ligne, se remémorant un regard scabreux sur la “fente” de la petite fille.Les regards accompagnés de pensées pédophiles n’étant pas réprimés par la loi, les enquêteurs ne la contactent pas.Carré blond, fines lunettes et foulard gris, Amélie raconte comme elle apprend en 2019 par la presse que le médecin, interpellé deux ans plus tôt pour le viol de sa voisine de six ans, est désormais soupçonné de viols et agressions sexuelles sur plusieurs centaines de personnes.En fait-elle partie? Elle dit avoir aussitôt appelé l’avocate de la jeune voisine, Me Francesca Satta. Qui lui confirme que le chirurgien mentionne bien une “Amélie” opérée à Loches (Indre-et-Loire).”Moi, mon carnet, il ne parle que d’un regard, alors (Joël le Scouarnec) il va avoir un regard sur ma vie”, lance-t-elle, la voix qui résonne, presque défiante, dans le silence du tribunal de Vannes.- “Haine et dégoût” -Phobie des hôpitaux, peur panique des aiguilles, anorexie, pleurs sans raison, épisodes dépressifs… Incapable de dormir sans somnifères depuis 2019, Amélie Lévêque égrène devant la cour les troubles qui l’affectent depuis son appendicectomie.De son opération, la quadragénaire ne se rappelait que d’un chirurgien qui “était méchant et m’avait fait mal”. Des séances d’EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) lui permettent de retrouver le souvenir d’une main sur son bas-ventre et d’une “douleur rapide dans l’entrejambe”: une pénétration digitale vaginale, mais aussi, peut-être “un toucher rectal” imposé.Elle se souvient d’avoir eu froid, et précise avoir eu une bronchite à la suite de son opération.Sa voix se brise. Amélie Lévêque sanglote, paraît soudain plus menue qu’elle ne l’est. Puis elle se redresse et demande à la cour: “J’aimerais m’adresser à lui, si vous le permettez.”Lui, rigide sur son banc dans le box, ne bouge pas, écoute attentivement. Elle se tourne vers lui.”Vous m’avez violée alors que j’étais une petite fille de neuf ans tellement joyeuse, et vous avez mis en moi tant de troubles, de phobies inexpliquées et enfouies”, accuse-t-elle.”Je vous regarde et j’ai un mélange de haine, de dégoût, une envie de vomir parce que malgré tout, vous me faites de la peine, vous ressemblez à un grand-père.”Les larmes affluent. “Je vous demande de me redonner ma joie de vivre parce que j’en ai vraiment besoin pour continuer”, supplie celle qui “attend ce moment depuis cinq ans.”- “Les types comme moi” -Poursuivi en ce qui concerne Amélie Lévêque pour viol sur mineur de moins de 15 ans, Joël Le Scouarnec avait demandé un non-lieu pour insuffisances de charge au motif qu’il n’a écrit, dans ses carnets, “qu’un acte de contemplation, sans contact physique”.Mais, lorsque la présidente Aude Buresi lui donne la parole, l’ex-chirurgien fait volte-face. “Je ne mets absolument pas en doute les souvenirs qu'(Amélie Lévêque) a eus après sa séance d’EMDR”, dit-il.”Ça ne peut pas être inventé. Il s’est donc passé quelque chose, ce qu’elle a pu évoquer, et qui ne peut que correspondre à une réalité”, insiste l’accusé qui, comme d’habitude, ne se souvient, lui, “de rien”.”Les types comme moi, faut pas les laisser agir”, conclut-il.L’audience se poursuit. Amélie Lévêque laisse la place à une autre victime du médecin.A l’extérieur, l’attendent ses parents qui la serrent dans ses bras, et un parterre de caméras et micros. Depuis l’annonce du procès, et même avant, elle a été l’une des rares à accepter d’être interviewée, désirant que “la honte change de camp”.Sur les marches du tribunal, la quadragénaire affiche un grand sourire. Elle se sent “vide, mais libre.””Libre d’être heureuse”, ajoute-t-elle après un court silence.

Procès Ubisoft: la justice lève le voile sur des années de harcèlement sexuel et moral

Insultes sexistes, racistes ou homophobes, humiliations permanentes: trois anciens hauts cadres vont s’expliquer à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Bobigny sur le harcèlement sexuel et moral systémique qu’ils sont accusés d’avoir mené au sein d’Ubisoft, géant français du jeu vidéo.À la suite d’une vague de témoignages anonymes sur Twitter (aujourd’hui X), le scandale éclate au grand jour grâce à des enquêtes publiées dans Libération et Numérama (site web d’actualité sur l’informatique et le numérique) en juillet 2020.Dans la foulée, Serge Hascoët, directeur créatif et numéro 2 du groupe, démissionne. Thomas François et Guillaume Patrux sont licenciés pour faute grave.Ce sont ces trois hommes que le tribunal va juger du 10 au 14 mars, suspectés d’avoir mené et encouragé un management toxique au sein du studio, selon des sources proches du dossier.Les témoignages accablants des plaignantes contre Thomas dit “Tommy” François, alors vice-président du service éditorial d’Ubisoft, exposent l’atmosphère qu’il a fait régner dans les locaux à Montreuil.Sur la période de prévention retenue par la justice, de janvier 2012 à juillet 2020, Thomas François avait entre 38 et 46 ans.- Employée ligotée -Ses habitudes au bureau: diffuser des films pornographiques avec le son sur haut-parleur, embrasser par surprise des salariés sur la bouche, jouer à “chat-bite”, commenter en public le physique des employées qu’il traite de “connasse”, “laideron”, “salope” ou “morue”…Alors qu’elle porte une jupe, Tommy François oblige une jeune collaboratrice qu’il vient d’embaucher à faire le poirier dans l’open-space.Il ligote à une chaise cette même employée, la place dans l’ascenseur et l’envoie à un autre étage. Ou encore lui barbouille le visage de feutre puis la contraint à suivre une réunion sans pouvoir se laver.Outre ces accusations, il est poursuivi pour tentative d’agression sexuelle ayant voulu, lors d’une fête de Noël, embrasser de force une jeune employée, maintenue par d’autres collègues.Car il incitait par ailleurs “ses subordonnés à agir de même, usant notamment à cette fin de son aura et de sa position hiérarchique élevée au sein de la société”, selon un rapport d’enquête consulté par l’AFP.Accusé d’être tout aussi adepte de propos libidineux et de questions intrusives de nature sexuelle, Serge Hascouët est par ailleurs accusé de commentaires et actes racistes.Après les attentats de 2015, il aurait demandé à une employée de confession musulmane si elle adhérait aux idées du groupe État islamique. Cette assistante de direction pouvait retrouver des images de sandwich au bacon en fond d’écran de son ordinateur, de la nourriture déposée sur son bureau pendant le mois du ramadan. Âgé de 59 ans, l’ancien numéro 2 du groupe qui comptait alors 20.000 employés à travers le monde, va répondre au tribunal de Bobigny des accusations tant de complicité que de harcèlement moral et sexuel. Troisième prévenu dans ce procès, l’ancien “game director” Guillaume Patrux, 39 ans, est lui renvoyé pour harcèlement moral. – “Inertie des ressources humaines” -Des dizaines de témoins ont été entendus lors de l’enquête mais “un grand nombre renonçait à déposer plainte par crainte des réactions du milieu du jeu vidéo”, selon le rapport dont l’AFP a eu connaissance.Lors de leurs auditions, ces personnes ont déploré “l’inertie des ressources humaines pourtant alertées sur ces comportements”, signale cette même source.À l’initiative des premières plaintes en juillet 2021, le syndicat Solidaires informatique dénonce “les rouages d’un système qui manipule, épuise et broie les travailleurs.euse.s de l’entreprise”.Une des neuf victimes à s’être constituées partie civile “a été l’objet de multiples actes et propos humiliants qui ont causé d’importantes répercussions psychologiques,” indique à l’AFP Me Benjamin Bohbot. Serge Hascoët “nie catégoriquement avoir harcelé une seule de ses collègues. Il nie avoir eu connaissance d’actes répréhensibles commis par différents collaborateurs d’Ubisoft,” selon un communiqué transmis à l’AFP par son avocat Me Jean-Guillaume Le Mintier. Un argumentaire que les parties civiles battent en brèche.  “À partir du moment où c’est quelque chose d’ancré dans l’entreprise et que les dirigeants n’interviennent pas pour faire cesser, c’est systémique à l’entreprise,” commente Me Charlotte Merigot.”J’ai vu passer plusieurs dossiers de harcèlement moral ou sexuel et je n’ai jamais vu une telle volonté d’humilier,” ajoute l’avocate du syndicat des travailleuses et travailleurs du jeu vidéo.

Attentat de la rue des Rosiers: la détention du seul suspect en France encore prolongée

La détention provisoire d’Abou Zayed, seul suspect en France dans l’enquête sur l’attentat mortel de la rue des Rosiers de 1982, dans le quartier juif historique du Marais à Paris, a été prolongée une nouvelle fois vendredi, a appris l’AFP de sources proches du dossier.”Si la justice a encore besoin de temps pour prouver la culpabilité de notre client après 43 ans d’enquête, c’est qu’il y a un sérieux doute sur son implication dans cet attentat”, ont indiqué ses avocats, Me Romain Ruiz et Bruno Gendrin.Extradé de Norvège où il vivait, Abou Zayed, qui conteste son implication dans les faits, a été mis en examen et incarcéré le 5 décembre 2020.Sa détention a depuis été continuellement prolongée et la cour d’appel de Paris a accepté vendredi l’ultime prolongation de quatre mois prévue par le code de procédure pénale.Si l’ordonnance finale dans ce dossier, dont les investigations sont toujours en cours et actives, n’est pas rendue avant l’expiration de ce délai de quatre mois, Abou Zayed sera remis en liberté de droit.Si au contraire l’ordonnance était rendue, sa détention pourrait alors être à nouveau potentiellement prolongée, jusqu’à la tenue d’un procès devant la cour d’assises spéciale.Six personnes avaient été tuées et 22 blessées le 9 août 1982 dans l’explosion d’une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg puis dans une fusillade dans le quartier du Marais, perpétrée par un commando de trois à cinq hommes.L’attentat a depuis été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).Abou Zayed, Palestinien naturalisé Norvégien de 63 ans, dont le nom complet est Walid Abdulrahman Abou Zayed, est depuis 2020 mis en examen pour assassinats et tentatives d’assassinats et incarcéré.Les juges antiterroristes français le soupçonnent d’être l’un des tireurs de l’attentat, principalement sur la base de notes du renseignement et de déclarations de trois témoins, se présentant comme des anciens membres d’Abou Nidal.La défense d’Abou Zayed, qui assure qu’il n’était pas en France au moment des faits, considère ces trois témoignages comme anciens, imprécis et discordants.Abou Zayed a fini par reconnaître en décembre 2022, après l’avoir longtemps niée, son appartenance en 1982 au Comité militaire du Fatah CR d’Abou Nidal, dont l'”objet même”, selon le magistrat instructeur, était de commettre des attentats en Europe.Les juges pensent avoir identifié trois autres suspects, deux localisés en Jordanie, dont le cerveau présumé de l’attentat, et un troisième en Cisjordanie, mais la Jordanie a refusé à plusieurs reprises l’extradition de ses ressortissants.

Nutri-Score: inquiétudes quant à l’avenir de l’étiquetage de qualité nutritionnelle

L’association de consommateurs Foodwatch et l’un des concepteurs du Nutri-Score ont fait part vendredi de leurs inquiétudes quant à la mise en place d’une nouvelle version de cet affichage d’information nutritionnelle, après des déclarations critiques de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.Cet étiquetage qui classe les produits alimentaires de A à E en fonction de leur composition et de leurs apports nutritionnels a été conçu par des spécialistes de la nutrition et mis en place en 2017 en France, sur la base du volontariat. Il s’est fait une place assez importante dans les rayons des grandes surfaces et une poignée de pays européens l’ont à leur tour adopté.Dans une étude qualitative réalisée par Santé publique France et Kantar Public auprès de 71 personnes et publiée en novembre 2024, les sondés jugeaient l’indicateur “facile et rapide à utiliser” et était notamment utile pour “les produits transformés” comme les plats préparés, car les consommateurs se sentaient “incapables d'(en) évaluer eux-mêmes la qualité”.Un nouveau mode de calcul, plus sévère avec les produits transformés par l’industrie agroalimentaire pour tenir compte de travaux scientifiques plus récents, nécessite un arrêté gouvernemental pour entrer en vigueur en France.Il avait été avalisé par de précédentes équipes gouvernementales mais la ministre actuelle de l’Agriculture, Annie Genevard, a assumé le fait de bloquer la publication de cet arrêt cette semaine. Interrogée au Sénat, elle a indiqué: “l’arrêté est à ma signature. Je n’ai pas encore signé. Je ne sais pas quelles sont mes marges de manoeuvre pour en corriger les effets négatifs, mais croyez bien que je m’y intéresse de très près”.- “Magnifiques salaisons françaises” -L’élue du Doubs, fief du fromage Comté et des saucisses de Montbéliard ou de Morteau, reproche à l’indicateur de donner une mauvaise note aux produits “remarquables” du terroir ou issus des “magnifiques salaisons françaises”, fromage et charcuterie notamment. Pourtant, “le Nutri-Score ne dit pas qu’il ne faut pas consommer les produits, il rappelle que certains produits qui sont très gras, très sucrés, très salés, doivent être consommés en petites quantités, pas trop fréquemment”, a expliqué à l’AFP Serge Hercberg, professeur de nutrition et concepteur de cet étiquetage largement plébiscité par les spécialistes.”L’interdiction des publicités pour des produits gras sucrés salés (PGSS), l’étiquetage nutritionnel et la taxation des boissons sucrées sont les politiques publiques les plus efficaces contre le surpoids et l’obésité”, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) de juillet 2024.L’association de défense des consommateurs Foodwatch a de son côté jugé “irresponsable” la déclaration de la ministre, qui “se fait la porte-voix des arguments des lobbies laitiers et bloque une mesure de santé publique attendue et prête depuis un an”, selon Audrey Morice, chargée de campagne chez Foodwatch.- Coût des maladies chroniques -L’association a adressé, avec la fédération d’associations de patients France Assos Santé et le Réseau Action Climat, une lettre ouverte au Premier ministre François Bayrou vendredi.”Il n’est plus possible de faire reposer la responsabilité des maladies chroniques liées à une mauvaise alimentation sur la seule responsabilité des consommateurs, alors même que ces derniers n’ont pas accès à une information claire et neutre sur ce qu’ils achètent et consomment”, écrivent-ils.Les “maladies liées à la nutrition”, comme l’obésité (multipliée par 4 depuis 1997 chez les 18-24 ans pour atteindre 9,2% en 2020), le cancer, les maladies cardio-vasculaires, le diabète ou l’hypertension ont “un coût humain et également un coût social et un coût économique extrêmement important”, déplore M. Hercberg. La ministre de l’Agriculture “ne sait peut-être pas qu’il y a une épidémie mondiale d’obésité”, et “son refus d’un indicateur basé sur la science est consternant”, a déploré la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier sur X. Interrogé vendredi, le ministère de la Santé français a indiqué que Catherine Vautrin avait “déjà exprimé sa position”, en l’occurrence qu’elle était “extrêmement vigilante sur les Nutri-Scores” et qu’il fallait “aller plus loin sur le sujet”.La Commission européenne, décisionnaire en matière d’information obligatoire aux consommateurs, a réitéré récemment “continuer à travailler” sur une solution consensuelle d’étiquetage nutritionnel qui ne soit pas le Nutri-Score, auquel sont opposés de grands industriels, certains secteurs agricoles et le gouvernement italien.bur-cda-ref-sb-sac-tg/abb/nth

LFI dépose une proposition de loi pour abroger le “devoir conjugal”

La France insoumise a déposé à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à “mettre fin au devoir conjugal dans le droit français”, après une récente décision de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) condamnant la France, a-t-on appris vendredi.Le devoir conjugal, ou devoir d’avoir des relations sexuelles avec son époux ou épouse, ne figure pas en tant que tel dans le Code civil.Mais selon ce dernier, “les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie”. Or ces termes peuvent encore aujourd’hui être interprétés comme impliquant une “communauté de lit”, a dit la députée LFI Sarah Legrain, à l’initiative du texte déposé juste avant la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars.Le but de la proposition de loi est “de s’assurer que cette lecture aberrante du Code civil n’ait plus jamais cours dans les affaires de divorce”, a déclaré la députée à l’AFP. “C’est aussi une façon de réaffirmer notre attachement à la lutte contre le viol conjugal.”Mme Legrain a dit espérer pouvoir rassembler largement sur cette proposition, et avoir déjà recueilli la cosignature d’élus issus des groupes écologiste, communiste et du MoDem.En janvier, la CEDH a donné raison à une Française dont le mari avait obtenu le divorce aux torts exclusifs de son épouse, au motif qu’elle avait cessé d’avoir des relations sexuelles avec lui depuis plusieurs années. Dans son jugement, la Cour a souligné qu’une “jurisprudence ancienne mais constante” sur le devoir conjugal était “encore régulièrement appliquée par les juridictions de première instance et d’appel”. “La Cour ne saurait admettre, comme le suggère le gouvernement, que le consentement au mariage emporte un consentement aux relations sexuelles futures. Une telle justification serait de nature à ôter au viol conjugal son caractère répréhensible”, avait ajouté la CEDH.Le texte Insoumis propose de modifier le Code civil pour y préciser que la “communauté de vie ne saurait être interprétée comme une obligation d’avoir des relations sexuelles”. Cette semaine lors d’une conférence de presse, LFI a par ailleurs mis en valeur une série de propositions de lois du groupe, axées autour de l’indépendance économique des femmes: reconnaissance de la pénibilité des métiers féminisés, lutte contre le temps partiel contraint, meilleure protection dans le monde du travail des femmes victimes de violences conjugales.L’examen de toute proposition de loi dépend d’une éventuelle inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, par exemple lors d’une semaine transpartisane.

Sénégal: la France a commencé à restituer ses installations militaires

La France a commencé à restituer plusieurs installations utilisées par l’armée française au Sénégal, les premières transférées dans le cadre, d’ici la fin de l’année, de son retrait militaire de ce pays ouest-africain.”La partie française a remis à la disposition de la partie sénégalaise les installations et logements des quartiers Maréchal et Saint-Exupéry, ce vendredi 7 mars 2025″ à Dakar, a annoncé vendredi l’ambassade de France dans la capitale sénégalaise.D’autres emprises “seront restituées selon le calendrier conjointement agréé”, indique le communiqué, sans plus de précisions.Le Sénégal est resté, après son indépendance en 1960, l’un des alliés africains les plus sûrs de la France, ancienne puissance coloniale dominante en Afrique de l’Ouest.Mais les nouveaux dirigeants en fonction depuis 2024 ont promis de traiter désormais la France à l’égal des autres partenaires étrangers, au nom de la souveraineté.Avant le Sénégal, l’armée française a définitivement quitté fin janvier sa dernière base au Tchad, après la rupture surprise de l’accord de coopération militaire entre Paris et N’Djamena, fin novembre.Quatre autres anciennes colonies françaises – le Niger, le Mali, la Centrafrique et le Burkina Faso – ont enjoint à Paris de retirer son armée de leurs territoires après des années de présence militaire, et se sont rapprochées de Moscou.Les personnels français diminuent parallèlement en Côte d’Ivoire et au Gabon, conformément à un plan de restructuration de la présence militaire française en Afrique de l’Ouest et centrale.La France a ainsi rétrocédé le 20 février à la Côte d’Ivoire la grande base militaire historique qu’elle occupait depuis près de 50 ans près de la capitale économique Abidjan.- “Pays souverain” -La base française de Djibouti, qui accueille 1.500 personnes, n’est pas concernée par cette réduction de voilure, Paris voulant en faire un “point de projection” pour les “missions” en Afrique, après le retrait forcé de ses forces du Sahel.Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024 et entré en fonctions en avril, a annoncé fin décembre le terme en 2025 de toute présence militaire étrangère sur le sol national, dans un discours à la Nation.M. Faye, élu sur la promesse du souverainisme et de la fin de la dépendance vis-à-vis de l’étranger, prône la rupture avec le système et se réclame d’un panafricanisme de gauche.Le 28 novembre, il avait annoncé que la France allait devoir fermer ses bases militaires au Sénégal, dans un entretien avec l’AFP à Dakar.”J’ai instruit le ministre des Forces armées de proposer une nouvelle doctrine de coopération en matière de défense et de sécurité, impliquant, entres autres conséquences, la fin de toutes les présences militaires de pays étrangers au Sénégal, dès 2025″, avait déclaré dans son discours fin décembre M. Faye. “Le Sénégal est un pays indépendant, c’est un pays souverain et la souveraineté ne s’accommode pas de la présence de bases militaires (étrangères)”, avait-il dit, 64 ans après l’indépendance de ce pays d’Afrique de l’Ouest.Le 12 février, Paris avait annoncé la mise en place d’une commission conjointe avec Dakar pour organiser les modalités de départ des Eléments français au Sénégal (EFS) et de restitution d’ici la fin de l’année 2025 des emprises.Cette commission s’est réunie “pour la première fois le 28 février, sous la présidence du Général Abdou Latif Kamara, directeur de l’Institut de Défense du Sénégal, en présence de l’ambassadrice de France au Sénégal, Mme Christine Fages, et du commandant des EFS, le Général Yves Aunis”, ajoute le communiqué de l’ambassade.Elle “a examiné le calendrier et les modalités de remise à disposition du Sénégal des différentes emprises utilisées par les EFS. La commission a également lancé les travaux de rénovation du partenariat bilatéral de défense et de sécurité”, selon la même source.Dans la perspective du départ des EFS, le licenciement de l’ensemble de leur personnel sénégalais est prévu “au 1er juillet 2025”, selon un récent courrier du commandant des EFS à l’inspecteur régional du Travail au Sénégal, publié dans la presse.Les emprises militaires françaises à Dakar et dans sa périphérie emploient directement 162 personnels, et font travailler entre 400 et 500 personnes au total via l’intermédiaire d’entreprises sous-traitantes.Un forum des métiers, organisé par l’armée française, s’est tenu jeudi à Dakar pour “offrir des opportunités de reclassement” au sein d’entreprises locales de ces 162 employés. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

A69: nouvelle passe d’armes, avant une longue procédure d’appel

Neuf jours après l’arrêt du chantier de l’A69, le ministre des Transports a confirmé vendredi vouloir faire appel et tenter de relancer les travaux de l’axe Toulouse-Castres, les opposants renvoyant à l’Etat la responsabilité d’un “immense gâchis”, à la veille d’une mobilisation des partisans de l’autoroute.Le 27 février, la justice administrative s’est pour la première fois prononcée sur le fond du dossier, annulant l’autorisation environnementale du chantier, une première pour une autoroute de cette envergure en France, qui devait entrer en service fin 2025.L’appel du gouvernement “sera déposé dans les jours qui viennent”, accompagné d’une demande de “sursis à exécution”, a déclaré le ministre Philippe Tabarot sur Sud Radio, jugeant que l’arrêt du chantier provoquait une “catastrophe concrète et immédiate sur un plan économique”.”Nous sommes effectivement en présence d’un immense gâchis, mais dont les responsables ne sont pas les opposants à l’A69, qui avaient alerté sur l’illégalité de l’autorisation environnementale dès le stade de sa délivrance, mais bien l’Etat qui a signé l’acte et encouragé la réalisation d’un chantier à marche forcée en sachant l’autorisation fragile”, a rétorqué auprès de l’AFP l’avocate des opposants, Me Alice Terrasse.Cette passe d’armes intervient à la veille d’une mobilisation, à Castres, des partisans de l’autoroute contre le jugement du tribunal administratif de Toulouse.- “Crédibilité de l’Etat” en jeu -“3.000 à 4.000 personnes (…) sont indirectement concernées, (…) des sous-traitants, qui avaient commandé du matériel, qui sont en cessation de paiement”, a décrit le ministre, “déterminé” à mener à bien ce tronçon de 53 km censé réduire d’une vingtaine de minutes le trajet Castres-Toulouse.Convaincu que cette autoroute est “indispensable pour désenclaver le Tarn”, argument contesté par les opposants et que le tribunal a remis en question, le ministre a estimé que c’est “la crédibilité de l’Etat qui se joue aussi si demain ce chantier est arrêté”.Il a également dit craindre une “jurisprudence sur l’ensemble du territoire national” et “la fin des grands projets” d’infrastructures.”Les deux tiers sont réalisés, 300 millions d’euros ont été pratiquement investis, deux ouvrages d’art sur trois ont été réalisés. Quelles conséquences si demain, on est (…) obligé de détruire ce qui a été réalisé?”, s’est-il interrogé.- “Passage en force” -Les anti-A69, qui ont multiplié les recours en référé et sur le fond, dénoncent le “passage en force” de l’Etat et du constructeur Atosca, qui a démarré le chantier avant que la justice ne tranche.L’appel et le sursis exécutoire demandé par l’Etat ne surprennent pas les opposants, le ministre les ayant annoncés dès le 27 février. “En revanche, ce qui me choque, c’est la façon dont l’Etat remet en cause un jugement du tribunal administratif. On a l’impression d’une remise en cause de l’Etat de droit”, a réagi Gilles Garric, membre du collectif La voie est libre, opposé à l’A69.”Le passage en force a été orchestré par l’Etat. Ce n’est pas parce qu’on a une DUP (déclaration d’utilité publique, ndlr) qu’on a une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), c’est la loi”, a-t-il souligné.Le ministre a dit souhaiter que de tels développements judiciaires “ne se reproduisent plus dans notre pays”, évoquant une réforme, pour que “quand on a une déclaration d’utilité publique, on ait une autorisation environnementale” automatiquement.”Vouloir dégrader un peu plus le droit d’environnement, suite à une décision de justice, dans un contexte extrêmement inquiétant d’effondrement de la biodiversité, serait là encore un acte politique parfaitement inconscient”, a fustigé Me Terrasse.La requête de l’Etat devra être déposée devant la cour administrative d’appel de Toulouse, qui examinera le sursis à exécution lors d’une audience programmée dans un délai d’un à deux mois, et rendra sa décision dans les jours suivants.L’audience sur le fond concernant l’appel ne sera probablement programmée qu’au deuxième semestre.Qualifiant la situation de “bombe économique et juridique”, la CPME (organisation patronale des PME) a mis en garde contre “l’ère d’incertitudes juridiques” que provoquerait une confirmation de l’annulation en appel.CCI-France, réseau des Chambres de commerce, propose pour sa part de poursuivre le projet tout en faisant de l’A69 “la première autoroute faisant rimer économie et environnement”, en “y intégrant des solutions de mobilité durable”.tq-ap-vgr-od/abb/mpm

A69: nouvelle passe d’armes, avant une longue procédure d’appel

Neuf jours après l’arrêt du chantier de l’A69, le ministre des Transports a confirmé vendredi vouloir faire appel et tenter de relancer les travaux de l’axe Toulouse-Castres, les opposants renvoyant à l’Etat la responsabilité d’un “immense gâchis”, à la veille d’une mobilisation des partisans de l’autoroute.Le 27 février, la justice administrative s’est pour la première fois prononcée sur le fond du dossier, annulant l’autorisation environnementale du chantier, une première pour une autoroute de cette envergure en France, qui devait entrer en service fin 2025.L’appel du gouvernement “sera déposé dans les jours qui viennent”, accompagné d’une demande de “sursis à exécution”, a déclaré le ministre Philippe Tabarot sur Sud Radio, jugeant que l’arrêt du chantier provoquait une “catastrophe concrète et immédiate sur un plan économique”.”Nous sommes effectivement en présence d’un immense gâchis, mais dont les responsables ne sont pas les opposants à l’A69, qui avaient alerté sur l’illégalité de l’autorisation environnementale dès le stade de sa délivrance, mais bien l’Etat qui a signé l’acte et encouragé la réalisation d’un chantier à marche forcée en sachant l’autorisation fragile”, a rétorqué auprès de l’AFP l’avocate des opposants, Me Alice Terrasse.Cette passe d’armes intervient à la veille d’une mobilisation, à Castres, des partisans de l’autoroute contre le jugement du tribunal administratif de Toulouse.- “Crédibilité de l’Etat” en jeu -“3.000 à 4.000 personnes (…) sont indirectement concernées, (…) des sous-traitants, qui avaient commandé du matériel, qui sont en cessation de paiement”, a décrit le ministre, “déterminé” à mener à bien ce tronçon de 53 km censé réduire d’une vingtaine de minutes le trajet Castres-Toulouse.Convaincu que cette autoroute est “indispensable pour désenclaver le Tarn”, argument contesté par les opposants et que le tribunal a remis en question, le ministre a estimé que c’est “la crédibilité de l’Etat qui se joue aussi si demain ce chantier est arrêté”.Il a également dit craindre une “jurisprudence sur l’ensemble du territoire national” et “la fin des grands projets” d’infrastructures.”Les deux tiers sont réalisés, 300 millions d’euros ont été pratiquement investis, deux ouvrages d’art sur trois ont été réalisés. Quelles conséquences si demain, on est (…) obligé de détruire ce qui a été réalisé?”, s’est-il interrogé.- “Passage en force” -Les anti-A69, qui ont multiplié les recours en référé et sur le fond, dénoncent le “passage en force” de l’Etat et du constructeur Atosca, qui a démarré le chantier avant que la justice ne tranche.L’appel et le sursis exécutoire demandé par l’Etat ne surprennent pas les opposants, le ministre les ayant annoncés dès le 27 février. “En revanche, ce qui me choque, c’est la façon dont l’Etat remet en cause un jugement du tribunal administratif. On a l’impression d’une remise en cause de l’Etat de droit”, a réagi Gilles Garric, membre du collectif La voie est libre, opposé à l’A69.”Le passage en force a été orchestré par l’Etat. Ce n’est pas parce qu’on a une DUP (déclaration d’utilité publique, ndlr) qu’on a une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), c’est la loi”, a-t-il souligné.Le ministre a dit souhaiter que de tels développements judiciaires “ne se reproduisent plus dans notre pays”, évoquant une réforme, pour que “quand on a une déclaration d’utilité publique, on ait une autorisation environnementale” automatiquement.”Vouloir dégrader un peu plus le droit d’environnement, suite à une décision de justice, dans un contexte extrêmement inquiétant d’effondrement de la biodiversité, serait là encore un acte politique parfaitement inconscient”, a fustigé Me Terrasse.La requête de l’Etat devra être déposée devant la cour administrative d’appel de Toulouse, qui examinera le sursis à exécution lors d’une audience programmée dans un délai d’un à deux mois, et rendra sa décision dans les jours suivants.L’audience sur le fond concernant l’appel ne sera probablement programmée qu’au deuxième semestre.Qualifiant la situation de “bombe économique et juridique”, la CPME (organisation patronale des PME) a mis en garde contre “l’ère d’incertitudes juridiques” que provoquerait une confirmation de l’annulation en appel.CCI-France, réseau des Chambres de commerce, propose pour sa part de poursuivre le projet tout en faisant de l’A69 “la première autoroute faisant rimer économie et environnement”, en “y intégrant des solutions de mobilité durable”.tq-ap-vgr-od/abb/mpm