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Le Smic va augmenter de 1,18% au 1er janvier, sans coup de pouce, les syndicats déçus

Une revalorisation sans coup de pouce: le Smic augmentera mécaniquement de 1,18% au 1er janvier, au grand dam des syndicats, qui appelaient le Premier ministre à faire un geste. Deux semaines après la remise du rapport annuel du groupe d’experts sur le Smic qui préconisait, comme tous les ans, de ne pas donner de coup de pouce au salaire minimum au-delà de son augmentation automatique, les partenaires sociaux étaient réunis vendredi pour apprendre la décision du gouvernement.Avec cette hausse de 1,18%, ils ont dû tirer un trait sur un coup de pouce surprise et même constater une revalorisation automatique en deçà de la projection du groupe d’experts, en raison d’une inflation plus faible qu’anticipée. Les experts estimaient en effet fin novembre que la revalorisation automatique du Smic prévue par le Code du Travail entraînerait une hausse de 1,4%.Le salaire minimum passera finalement le 1er janvier de 1.801,80 à 1.823,03 euros brut par mois et de 11,88 à 12,02 euros brut de l’heure. Le gain pour un salarié payé au Smic travaillant à temps plein sera d’un peu moins de 17 euros net par mois. Le Smic “est revalorisé afin de garantir le pouvoir d’achat des salariés concernés et de soutenir le développement économique national”, a commenté le ministère du Travail.Au 1er novembre 2024, environ 2,2 millions de salariés du secteur privé étaient rémunérés au Smic, soit 12,4% d’entre eux, selon les données du ministère.”Le pouvoir d’achat est la première préoccupation des Français”, a réagi auprès de l’AFP le secrétaire national de la CFDT, Fabien Guimbretière. “Une année où il y a une plus faible inflation, c’est souvent là que ça peut permettre un coup de pouce”, a-t-il estimé, regrettant que le Premier ministre n’ait pas fait ce choix.- “Tassement” -Pour la CGT, “le Premier ministre enlise les travailleurs et travailleuses dans la précarité”. La CGT revendique, dans un communiqué, un Smic à 2.000 euros brut et l’indexation de tous les salaires sur les prix “pour garantir à tous les salarié.es le maintien de leur niveau de vie face à l’inflation et stopper les effets de tassement”.”Nous regrettons qu’il n’y ait toujours pas de coup de pouce depuis de trop nombreuses années alors que le nombre de travailleurs pauvres augmente”, a déploré Pierre Jardon de la CFTC. Le syndicat “a fait une étude économique qui démontre qu’une revalorisation de 5% est socialement utile et économiquement largement soutenable”, a-t-il ajouté. Le Smic bénéficie chaque année d’une hausse mécanique, calculée selon deux critères: l’inflation hors tabac constatée pour les 20% de ménages les plus pauvres – qui s’élève à 0,6% entre novembre 2024 et novembre 2025 – et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé.En cours d’année, si l’inflation dépasse 2%, le Smic est par ailleurs augmenté automatiquement dans les mêmes proportions. Au-delà de ces évolutions mécaniques, le gouvernement peut choisir de donner un coup de pouce, mais le dernier remonte à juillet 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande à l’Élysée.”Compte tenu du ralentissement du marché du travail, du niveau élevé du Smic par rapport au salaire médian et du coût très important des exonérations” de charges patronales sur les bas salaires, le groupe d’experts recommandaient de “ne pas aller au-delà de la revalorisation automatique”.En France, le Smic représentait 62,5% du salaire médian en 2024, “soit le niveau le plus élevé parmi les pays européens”, pointaient-ils. Ils se prononçaient également sur le sujet sensible des exonérations de cotisations patronales sur les bas salaires.  Pour éviter l’effet “trappe à bas salaires”, ils jugeaient souhaitable de ramener progressivement le plafond ouvrant droit à ces exonérations à deux Smic. En septembre, le gouvernement avait déjà décidé de le ramener à trois Smic, contre 3,3 auparavant.La CGT pointe dans son communiqué un système qui “tire l’ensemble des salaires vers le bas” en incitant les entreprises à “maintenir des salaires au niveau du Smic pour maximiser ces exonérations, au détriment du niveau de vie des salarié.es”. 

Les médecins libéraux maintiennent leur appel à la grève en janvier

L’ensemble des syndicats de médecins libéraux maintiennent leur appel à une fermeture des cabinets à partir du 5 janvier, dénonçant le projet de budget de la Sécu voté mardi, et plus généralement une politique gouvernementale “piétinant” leur profession.Les six syndicats appellent également à une manifestation à Paris le samedi 10 janvier.”Jamais un gouvernement n’avait accumulé autant d’attaques” contre la médecine libérale “en si peu de temps”, indiquent les six syndicats de médecins représentatifs des généralistes et spécialistes libéraux, et six organisations d’internes et de jeunes médecins.Les syndicats, qui avaient annoncé le 26 novembre leur grève unitaire, ont obtenu plusieurs concessions pendant la discussion parlementaire sur le budget de la Sécu.Ainsi ont disparu la possibilité pour le directeur de l’Assurance maladie d’imposer unilatéralement des baisses de tarifs dans les activités présentant une rentabilité “excessive”, et la surtaxe sur les suppléments d’honoraires. Mais le texte comporte toujours des dispositions qu’ils rejettent farouchement, comme la possibilité d’amendes aux médecins qui n’alimentent pas ou ne consultent pas le dossier médical partagé (DMP) de leurs patients.”Le DMP ne sert à rien, on ne retrouve rien dessus. Trouver les 4 dernières prescriptions ca va, mais pour le reste” il est bien trop difficile à consulter, estime le docteur Patricia Lefébure, présidente de la FMF (médecins généralistes).Si c’était “un outil efficace, utile”, il serait accepté, a-t-elle indiqué. “Le jour où l’intelligence artificielle permettra de faciliter les recherches, ca sera super”.”Comment peut on imposer des sanctions qui pourront aller jusqu’à 100.000 euros par établissement ou 25.000 euros par médecin pour la non-utilisation d’un outil qui ne marche pas”, s’étrangle également Philippe Cuq, le président du Bloc (chirugiens, anesthésistes, gynécologues obstétriciens).Une “baisse autoritaire” des tarifsLe texte actuel du budget de la Sécu laisse par ailleurs subister une possibilité de “baisse autoritaire” des tarifs de l’Assurance maladie sur les actes techniques. “Le directeur de l’Assurance maladie va pouvoir décider seul de certains tarifs”, dénonce Agnès Giannotti, présidente du syndicat MG France. “Quelle confiance peut-on accorder à un accord conventionnel si une décision de l’Assurance maladie peut tout changer? “.Le texte supprime aussi les remboursements de l’Assurance maladie pour les ordonnances faites par les médecins non conventionnés – sauf, bizarrerie du texte soulignée par Philippe Cuq, pour les “soins prescrits par ces médecins à titre gracieux, pour eux-même et pour leurs proches”.Mais le budget pour la Sécu n’est pas le seul motif de colère. Les généralistes dénoncent également le projet de loi contre la fraude en cours de discussion parlementaire. Selon le texte, l’Assurance maladie pourra “imposer” aux médecins qui prescrivent plus d’arrêts de travail que leurs pairs “comparables” une “mise sous objectifs”: les médecins seront tenus de réduire leur prescription, et pourront encourir in fine des sanctions financières s’ils n’obtempèrent pas.Les organisations rappellent également leur opposition aux propositions de loi Garot et Mouillé, en cours d’examen au Parlement, et qui visent toutes les deux à restreindre la liberté d’installation des médecins pour mieux lutter contre les déserts médicaux.Côté syndicats, le communiqué est signé par Avenir Spé/Le Bloc, CSMF, FMF, MG France, SML et UFML.Il est également signé par l’Isnar-IMG et l’Isni (internes), et par ReAGJIR, Jeunes Médecins, Médecins pour Demain (jeunes médecins) et les Comeli (comités locaux de médecins libéraux). Le Bloc organise un “exil” à Bruxelles de praticiens de blocs opératoires à partir du 11 janvier, pour échapper à la réquisition des autorités sanitaires. Selon Philippe Cuq, 2.000 chirurgiens, gynécologues-obstétriciens et anesthésistes se sont déjà inscrits pour bénéficier du transport en bus et des chambres d’hôtels réservés par le syndicat. 

Dermatose en Ariège: le troupeau abattu malgré la mobilisation des éleveurs

Le cadavre d’une vache soulevée par un engin agricole puis chargée dans un camion benne: après une soirée de heurts entre gendarmes et agriculteurs, les vétérinaires ont piqué vendredi les vaches de l’élevage d’Ariège où a été découvert un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).Au petit matin, deux camions et un véhicule des services vétérinaires sont arrivés à cette ferme isolée, sur les hauteurs du village des Bordes-sur-Arize, escortés par plusieurs véhicules de gendarmerie.Devant une foule réduite à une dizaine de personnes opposées à l’abattage -contre plusieurs centaines la veille, avant l’intervention des forces de l’ordre- il sont entrés dans le corps de ferme, dont l’accès avait été barré dans la nuit par plusieurs véhicules de gendarmes.Vers 10h30, face aux Pyrénées enneigés, l’un des camions a commencé à être chargé des carcasses des bovins tués. Les quelque manifestants restants ont alors vu les vaches sans vie être attrapées par une pince géante et être chargées dans la benne du camion, alors que plusieurs de leurs congénères étaient toujours en train de brouter l’herbe verte dans une petite prairie. Une fois chargé, le premier camion est parti avant de revenir une demi-heure plus tard pour prendre un nouveau chargement.Durant deux jours, les éleveurs avaient tenu à distance de la ferme les services vétérinaires, espérant éviter l’application du protocole gouvernemental de lutte contre cette maladie “horriblement contagieuse”, selon la ministre de l’Agriculture.- Affrontements -Jeudi soir, les gendarmes avaient délogé par la force les manifestants qui bloquaient l’accès à l’exploitation avec des dizaines de tracteurs et des troncs d’arbres placés en travers de la route étroite et sinueuse.L’intervention des gendarmes en tenue anti-émeutes, appuyés par des véhicules blindés Centaure, a été émaillée d’incidents avec les manifestants.Des journalistes de l’AFP présents sur place ont assisté à des jets de pierre et de grenades lacrymogènes entre les deux positions.Vers 23h00, les forces de l’ordre ont pris le contrôle de l’exploitation et les manifestants se sont dispersés, essentiellement des fermiers affiliés à la Coordination rurale (CR) ou à la Confédération paysanne, mais aussi quelques militants “d’ultragauche”, selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.Quatre manifestants ont été interpellés jeudi soir, mais un seul a été placé en garde à vue, selon le parquet de Foix.”On s’est pris pas loin de mille grenades sur la gueule. C’est la manière dont on nous traite, comme de la merde”, a regretté auprès de l’AFP Lionel Candelon, président de la CR du Gers.Pour Guilhem Boudin, 56 ans, ancien céréalier en Ariège, l’un des rares manifestants présents vendredi matin autour de la ferme, “on est en train de faire quelque chose de stupide. Une bête était réellement malade. Elle est morte et au lieu de faire un ciblage en fonction des bêtes malades et d’abattre au fur et à mesure, ils veulent tout abattre”, a-t-il déclaré.En Ariège, le préfet a annoncé jeudi qu’une campagne de vaccination des 33.000 bovins du département allait débuter en fin de semaine prochaine.Dans les Hautes-Pyrénées, les vingt vaches d’un élevage de Luby-Betmont ont également été abattues vendredi, conformément à la règlementation en vigueur.Le gouvernement a étendu vendredi les zones de vaccination obligatoire en Occitanie.Dans le Sud-Ouest, les mobilisations se multiplient contre la gestion de la stratégie du gouvernement face à la DNC, mais aussi pour porter d’autres revendications.Une partie des agriculteurs mobilisés mercredi et jeudi en Ariège, se sont rassemblés à Carbonne, en Haute-Garonne, point névralgique du mouvement agricole de début 2024, à l’appel de Jérôme Bayle, figure régionale de la mobilisation agricole, pour bloquer l’A64. La circulation sur cette autoroute était interrompue vendredi en fin d’après-midi.A Agen, des manifestants ont déversé de nombreux déchets dans la nuit de jeudi à vendredi devant des bâtiments administratifs.

Budget de l’Etat: au Sénat, la droite tentée par le compromis, mais pas à n’importe quel prix

Appelée par le gouvernement à se montrer constructive, la droite sénatoriale n’entend pas tourner le dos à un compromis sur le budget de l’Etat, mais sa fermeté vis-à-vis des socialistes risque de compliquer l’aboutissement de la discussion budgétaire avant 2026.”La balle est aujourd’hui dans le camp du Parlement et significativement de la droite sénatoriale”, a lancé mercredi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.Une manière de mettre la pression sur la chambre haute et son alliance majoritaire droite-centristes. Elle détient à elle seule une grande partie des clés d’une équation jusqu’ici insoluble sur le projet de loi de finances pour 2026 (PLF).En effet, si le compromis a été possible sans le Sénat sur le budget de la Sécurité sociale, les délais sur le budget de l’Etat sont tellement contraints que seul un accord entre les deux chambres du Parlement pourrait permettre l’adoption d’un budget avant le 31 décembre.Le Sénat doit voter lundi sur l’ensemble du projet de budget, largement remanié par rapport à la version gouvernementale. Ensuite, une commission mixte paritaire (CMP), réunion de sept députés et sept sénateurs, sera chargée de trouver un terrain d’entente. – CMP décisive -Cette CMP est pour le moment fixée au vendredi 19 décembre, ce qui laisse encore quelques jours aux parlementaires pour négocier le périmètre d’un accord.Si le gouvernement y croit, l’intransigeance de Bruno Retailleau, patron des Républicains et ténor de la droite sénatoriale, reste totale à ce stade.”Il ne pourra pas y avoir d’accord sur un budget qui augmenterait considérablement les impôts et ne réduirait pas significativement la dette”, a-t-il fermement affirmé au Figaro.Autre signe d’une droite sénatoriale inflexible: elle a rejeté d’emblée, vendredi, le budget de la Sécurité sociale dans sa version de compromis trouvée à l’Assemblée nationale, laissant le dernier mot aux députés.Une issue différente sur le budget de l’Etat ? Le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson, martèle depuis plusieurs semaines sa conviction qu’une “voie de passage existe”. “Nous serons dans l’écoute et dans l’ouverture, mais pas à n’importe quel prix. Personne ne peut se permettre de viser une victoire politique sur ce budget”, assure auprès de l’AFP celui qui pilote les débats budgétaires au Sénat.Ce dernier a commencé, ces derniers jours, à rapprocher les points de vue avec son homologue de l’Assemblée nationale, Philippe Juvin (LR lui aussi). Une autre réunion est prévue dimanche entre ces deux responsables.”Mon objectif, c’est bien de trouver un atterrissage”, confirme Philippe Juvin à l’AFP. “Il me semble que c’est accessible”.Le président du Sénat Gérard Larcher, connu pour ses qualités de conciliateur, est lui aussi dans cette optique.Mais le patron de la chambre haute, qui a échangé avec Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu jeudi, reste très agacé par le choix du Premier ministre de se tourner vers le Parti socialiste et lui reproche d’avoir “méprisé” le Sénat.- “Pas prêt à se renier” -“On est prêt à faire des efforts mais on n’est pas prêt à se renier”, glisse un proche du président Larcher, pour qui “trop de concessions ont été faites à la gauche”.”Ce n’est pas à la droite sénatoriale d’aller parler au PS, c’est à Sébastien Lecornu d’aller voir les socialistes pour leur dire que maintenant ça suffit, qu’ils ont tout obtenu dans le budget de la Sécu”, explicite Christine Lavarde, sénatrice LR qui devrait siéger en CMP.Une commission mixte paritaire conclusive ne suffirait pas, néanmoins, car il faudrait ensuite que le texte de compromis soit adopté par l’Assemblée nationale, avec au minimum une abstention de la gauche qui paraît impensable à ce stade.Et certains cadres du bloc central en appellent au retour du 49.3 pour valider cet hypothétique accord.”Le 49.3 n’est pas une baguette magique, si le gouvernement l’utilise sans compromis préalable, il s’expose à une censure immédiate”, a menacé le premier secrétaire du PS Olivier Faure dans Libération.Lui, comme beaucoup, anticipe déjà l’alternative: l’adoption d’une loi spéciale avant le 31 décembre, afin de permettre la poursuite des activités de l’Etat, et la reprise des débats début 2026. Avec un nouveau casse-tête budgétaire en perspective…

Procès Péchier: la perpétuité requise contre l’anesthésiste

Une peine de réclusion criminelle à perpétuité a été requise vendredi à Besançon contre l’anesthésiste Frédéric Péchier, jugé pour 30 empoisonnements de patients, dont douze mortels, lors d’une audience chargée de tension.”Parce que les crimes reprochés à Frédéric Péchier sont hautement pervers, parce qu’il a agi sournoisement et par le biais de la médecine pour duper tout le monde, parce que Frédéric Péchier a commis l’irréparable, tuant de sang froid 12 personnes, et manqué de tuer 18 personnes, (…) nous requérons la peine maximale”, a déclaré l’avocate générale Christine de Curraize devant la cour d’assises du Doubs.Elle a demandé une période de sûreté de 22 ans – soit le maximum prévu par le code pénal – ainsi qu’une interdiction définitive d’exercer la profession de médecin envers celui qu’elle a qualifié de “tueur en série”.Frédéric Péchier est l'”inventeur du crime à double lame: la mort physique du patient et l’atteinte psychique lente et insidieuse de ses confrères jusqu’à les conduire à la disgrâce”, a asséné la magistrate.Le médecin de 53 ans, qui n’a cessé de clamer son innocence, est accusé d’avoir empoisonné 30 patients âgés de 4 à 89 ans entre 2008 et 2017 dans deux cliniques de Besançon.Frédéric Péchier est “le seul dénominateur commun des 30 empoisonnements”, “le seul à pouvoir les avoir commis”, a assené Mme de Curraize plus tôt dans l’après-midi.Selon elle, si Frédéric Péchier n’a pas avoué, c’est qu’il est “complètement verrouillé par sa famille” car ses proches ont dit qu’ils le “renieraient, lui cracheraient dessus, le priveraient de ses enfants” s’il était coupable, avertissant que “leur amour n’est pas inconditionnel”.Une tirade fougueuse qui a déclenché les applaudissements du public, vite rappelé à l’ordre par la présidente de la cour Delphine Thibierge.- Impassible -“Maintenant nous savons qui vous êtes, maintenant nous connaissons vos crimes”, a dit Mme de Curraize.Frédéric Péchier est resté impassible tout au long de cette journée où la tension est montée crescendo.En fin de matinée, l’autre avocate générale, Thérèse Brunisso, a eu la voix brisée en concluant son énumération de la longue liste d’empoisonnements imputés à l’anesthésiste – signe de l’émotion provoquée par plus de trois mois d’audience intense et technique, ponctués de témoignages poignants.Depuis jeudi matin, les deux avocates générales se sont efforcées de convaincre les jurés que chaque cas de cette “affaire totalement hors norme” est bien un empoisonnement et que “tout converge” vers le médecin de 53 ans.Frédéric Péchier “n’a cessé de mentir, de varier dans ses déclarations, soutenant au-delà de la raison des positions intenables”, a déroulé Christine de Curraize, regrettant qu’il n’ait “pas su évoluer face aux avancées de l’enquête”.- “Soif de puissance” -Selon l’accusation, le praticien a pollué des poches de perfusion avec du potassium, des anesthésiques locaux, de l’adrénaline ou encore de l’héparine, pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients pris en charge par des confrères. Son objectif: “atteindre psychologiquement” des soignants avec lesquels il était en conflit et “nourrir sa soif de puissance”.Selon Christine de Curraize, l’objectif du docteur Péchier, à chaque empoisonnement, était d'”assister à la débâcle de son confrère piégé, jouir de son impuissance” avant d’entrer en jeu et d’être ce “médecin que tout le monde admirait”.Pour elle, cependant, sa participation à la réanimation des victimes “n’avait qu’un but: masquer ses crimes”.Pendant cette terrible charge, Frédéric Péchier est resté imperturbable, relisant ses notes, aux côtés de sa sœur Julie Péchier et de Randall Schwerdorffer, ses deux conseils. Depuis l’ouverture du procès, où il comparaît libre, il a admis qu’un empoisonneur avait bien sévi dans l’une des deux cliniques privées où il a travaillé, mais a constamment répété qu’il n’était pas cet empoisonneur.Pour Mme de Curraize, Frédéric Péchier s’est “empêtré dans ses mensonges”. “Votre souhait le plus cher c’était de manipuler tout le monde et d’échapper à la justice”, lui a-t-elle lancé.Lundi, l’avocat de Frédéric Péchier, Randall Schwerdorffer plaidera l’acquittement. “Je n’ai aucun doute que la cour d’assises écoutera cet argumentaire et j’espère qu’il sera entendu”, a déclaré l’avocat jeudi.Interrogé jeudi soir par les journalistes sur les mots des avocates générales, qui voient en lui un “serial killer”, Frédéric Péchier a répondu de manière lapidaire: “C’est leur avis. On verra à la fin.”Le verdict est attendu d’ici le 19 décembre.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Le Conseil d’État interdit de tirer sur les loups des Hautes-Pyrénées

Le Conseil d’État a annulé vendredi un arrêté préfectoral autorisant un éleveur des Hautes-Pyrénées à tirer en direction de loups pour protéger son troupeau, l’espèce étant très rare dans ce département.”La population de loups dans le département des Hautes-Pyrénées est très réduite, un unique spécimen mâle ayant été identifié à ce jour”, a relevé la plus haute juridiction administrative.En avril, cet arrêté du préfet à Tarbes autorisait le président du groupement pastoral de Saint-Pé-de-Bigorre, près de Lourdes, “à effectuer des tirs de défense simple en vue de la défense de son troupeau contre la prédation du loup”.Attaqué par une association de défense des animaux, Ferus, l’arrêté avait été conforté en juillet par le tribunal administratif de Pau.Le Conseil d’État n’a pas eu la même lecture, condamnant par ailleurs l’État à verser 3.000 euros à l’association pour ses frais de justice.Pour lui, l’arrêté préfectoral visé “est susceptible de porter atteinte à l’état de conservation de l’espèce au niveau local”.La portée de cette décision, limitée à un département, cache un conflit national entre éleveurs et défenseurs de la faune sauvage sur le statut de cette espèce protégée.Les éleveurs accusent l’État de sous-estimer la population de ces prédateurs. Ils ont dénoncé un “refus persistant d’affronter la réalité du terrain” quand, fin novembre, la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, référente nationale pour cette espèce, a estimé à 1.082 le nombre de loups en France, contre 1.013 un an auparavant.À partir du 1er janvier, la réglementation change et autorisera tout éleveur, ou chasseur mandaté par un éleveur, à tuer un loup dans le cas où il attaquerait son troupeau. L’autorisation préalable nécessaire jusque-là est supprimée, au profit d’une déclaration en préfecture a posteriori.L’immense majorité des meutes en France est localisée dans les Alpes. Mais les loups s’installent progressivement dans les autres régions de montagne: Massif central, Jura, Vosges et Pyrénées.

Collège: encore 9% d’heures de cours perdues, déplore la Cour des comptes

Quelque 9% des heures de cours ont été perdues dans les collèges publics français en 2023-24, du fait essentiellement d’absences non remplacées, indique vendredi dans un rapport la Cour des comptes, qui appelle à “des actions résolues” pour améliorer la situation.Au total, encore 10,3 millions d’heures d’enseignement n’ont pas été assurées en 2023-24, soit un pourcentage de 9%, en baisse par rapport aux deux années scolaires précédentes (9,5% en 2021-22 et 11,2% en 22-23), mais en hausse légère par rapport à 2018-2019 (8%), souligne la Cour des comptes citant des chiffres de la Direction statistique du ministère de l’Education (Depp). Sont ainsi comptabilisées les absences des enseignants liées à des raisons personnelles (maladie, autorisations d’absence) ou au fonctionnement du système éducatif (formations, examens et concours, sorties, voyages scolaires, réunions…), ou encore les heures perdues pour fermeture d’établissements (1% des heures, pour cause d’examens notamment). Ce temps d’enseignement perdu n’est pas homogène, détaille-t-elle. Il est plus important dans certaines matières qui peinent à recruter (français, mathématiques, technologie, allemand…), certains territoires moins attractifs ou moins efficaces dans les remplacements et dans l’éducation prioritaire (11% des heures non assurées en 2023-2024, contre 8% hors éducation prioritaire).Par ailleurs, la propension des enseignants à faire des remplacements de courte durée via le “Pacte enseignant”, mis en place à la rentrée 2023 (qui prévoit des hausses de rémunération en échange de missions supplémentaires sur base du volontariat) “s’avère plus fréquente dans l’Est et le Nord de la France et dans le secteur privé sous contrat”, constate-t-elle.La hausse des crédits consacrés au remplacement (“Pacte enseignant” notamment), ne s’est “pas traduite par une réduction significative du temps d’enseignement perdu dans le second degré”, regrettent les Sages de la rue Cambon.Malgré des efforts du ministère de l’Education, les absences institutionnelles (pour formation notamment) “représentent encore malgré tout 36% des absences de courte durée des enseignants”.”Des actions résolues restent à mener et des choix à faire”, estime-t-elle. Elle recommande de “renforcer sans délais la politique de prévention” en matière de santé, “en particulier des risques psycho-sociaux”. Elle préconise aussi de “réduire les absences institutionnelles des enseignants” (réunions pédagogiques, formation continue…), de “promouvoir la bivalence” (enseignement de deux matières) au collège “à partir de la rentrée 2026” ou encore de “développer dès la rentrée 2026 les mesures ciblées” pour “compenser le manque d’attractivité de certaines zones”.

Le gouvernement va revaloriser le Smic de 1,18% au 1er janvier, sans coup de pouce

Le gouvernement va revaloriser le Smic de 1,18% au 1er janvier, sans lui donner de coup de pouce au-delà de son augmentation mécanique, a-t-on appris vendredi de sources syndicales. Le directeur général du Travail a annoncé aux partenaires sociaux cette augmentation lors de la réunion de la Commission nationale de la négociation collective sur le Smic, selon la CGT, FO et la CFTC. Elle fera monter le salaire minimum à 1.823,03 euros brut par mois et 12,02 euros brut de l’heure. “Le Premier ministre a décidé ce jour, de ne pas augmenter le Smic, et enlise les travailleurs et travailleuses dans la précarité”, a déploré la CGT dans un communiqué. “Nous regrettons qu’il n’y ait toujours pas de coup de pouce depuis de trop nombreuses années alors que le nombre de travailleurs pauvres augmente”, a réagi pour sa part la CFTC.Le 27 novembre, le groupe d’experts sur le Smic avait recommandé dans son rapport annuel de ne pas donner de coup de pouce au salaire minimum au-delà de son augmentation mécanique. Une augmentation mécanique qui devait conduire, selon ses calculs, à “une hausse autour de 1,4% (…), soit au-dessus de l’inflation attendue (proche de 1%)”. Chaque 1er janvier, le Smic est en effet indexé à l’inflation constatée pour les 20% de ménages les plus pauvres. Il est revalorisé de la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé.Cette augmentation mécanique s’avère finalement plus faible que les projections des experts, à 1,18%. “Compte tenu du ralentissement du marché du travail, du niveau élevé du Smic par rapport au salaire médian et du coût très important des exonérations” de charges patronales sur les bas salaires, les experts recommandaient de “ne pas aller au-delà de la revalorisation automatique prévue par le Code du travail”. Au-delà de cette évolution mécanique, le gouvernement peut choisir de donner un coup de pouce, mais le dernier remonte à juillet 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande à l’Elysée.Au 1er novembre 2024, environ 2,2 millions de salariés du secteur privé étaient rémunérés au Smic, soit 12,4% d’entre eux, selon les données du ministère du Travail.