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“A69, on finit!”, plusieurs milliers de pro-autoroute se font entendre après l’arrêt du chantier

Plusieurs milliers de partisans de l’autoroute A69 se sont rassemblés samedi sur son tracé aux abords de Castres pour donner de la voix et défendre un projet “essentiel” pour la région, un peu plus d’une semaine après l’arrêt du chantier décidé par la justice.La sono crache un rap qui scande “On déroule l’autoroute!”, un organisateur confie en souriant: “on a fourni les paroles et l’IA a fait le reste”.Le morceau s’entend de loin, malgré le violent vent d’autan qui fait voler le sable du chantier où se sont rassemblés les partisans de l’autoroute contestée – entre 7 et 8.000 personnes selon les organisateurs, 3.700 selon la préfecture – derrière une banderole de tête proclamant: “Le bon sens, on finit!.”On a été un peu assommé par cette décision mais cette manifestation est là pour montrer que notre territoire ne va pas se résigner”, explique Guy Bousquet, chef d’entreprise et président de l’association pro-autoroute Via81.Les petits drapeaux avec le slogan “A69, on finit!” s’agitent derrière lui, leur couleur bleu horizon rappelle les maillots du Castres Olympique arborés par trois joueurs du l’équipe locale de rugby venus à la manifestation.Pierre-Yves Revol, le patron du club et par ailleurs président du groupe pharmaceutique Pierre-Fabre, influent acteur économique de la région et ardent défenseur du projet autoroutier, est là également mais ne souhaite pas s’exprimer.Dans le cortège, Kevin Rodriguez, conducteur d’engin sur le chantier de l’autoroute, est venu “écouter ce que les élus disent, savoir s’il va y avoir des avancées” et espérant “que les travaux vont reprendre”.”Jeudi midi (27 février, date de la décision du tribunal sur le fond), ils nous ont dit machine à l’arrêt, fin de chantier, ça fout un coup au moral”, raconte-t-il, affirmant ne pas comprendre: “c’était avant qu’il fallait se réveiller, le chantier, il est là maintenant”. La justice estime que les apports du projet sont insuffisants au regard des atteintes portées à l’environnement.”On peut pas laisser comme ça, faut finir”, abonde à ses côtés un collègue, conducteur de niveleuse qui souhaite rester anonyme et pour qui cette interruption de chantier, “ça été comme un +carjacking+ (vol de voiture, NDLR), on conduit et on vous sort du véhicule”. Désormais au chômage technique, il veut croire que l’Etat “peut passer au-dessus (de la décision du tribunal) et que le chantier peut continuer”.- “Souci d’attractivité” -Blouse blanche parmi les chasubles bleues des pro-A69, Marie-Noël Cufi est médecin à l’hôpital de Castres-Mazamet. Elle est venue défendre un projet “essentiel”.   “Pour nous, un enjeu important c’est de rapprocher la métropole (toulousaine) pour des questions de qualité, notamment des transferts pour les patients, et puis il y a le souci de l’attractivité, on vit dans un territoire rural, enclavé et attirer des professionnels de santé est un challenge important au quotidien”, explique-t-elle, estimant que l’autoroute constituait un atout sur ces deux plans.”C’est une nécessité cette autoroute, des entreprises en ont besoin, on va pas rester figé, il faut avancer”, clame encore Burno Santamaria, de Castres, salarié d’un atelier de découpe de viande à Puylaurens (Tarn), sur le tracé de l’autoroute. Les manifestants veulent croire qu’une voie est encore possible pour une reprise rapide des travaux.”L’Etat fait le travail pour soutenir le chantier A69 et qu’on poursuive les travaux”, s’est félicité le député du Tarn (Renaissance) Jean Terlier, faisant référence à l’appel que prévoit de former le gouvernement à la décision du 27 février, ainsi qu’à un outil procédural qu’il entend utiliser: “un sursis à exécution”. Cette procédure permettrait de suspendre la décision de première instance.”Nous ne pouvons plus être soumis à l’aléa judiciaire”, a-t-il par ailleurs ajouté, annonçant “prendre l’initiative d’une proposition de loi de validation” de l’autorisation environnementale du chantier, qui pourrait être débattue “dans les semaines qui viennent”. L’autoroute devait être mise en service fin 2025.Le constructeur Atosca, concessionnaire désigné de l’A69 qui assurait le pilotage des travaux, était également représenté au rassemblement.”Le moment le plus difficile dans cette opération pour moi, ça a été d’annoncer aux 1.000 personnes (travaillant sur le chantier) (…) que l’on arrêtait totalement”, a dit à l’AFP Martial Gerlinger, directeur général d’Atosca.”On entend les opposants mais la majorité silencieuse, nous on a toujours considéré qu’elle était présente”, a-t-il estimé.

“A69, on finit!”, plusieurs milliers de pro-autoroute se font entendre après l’arrêt du chantier

Plusieurs milliers de partisans de l’autoroute A69 se sont rassemblés samedi sur son tracé aux abords de Castres pour donner de la voix et défendre un projet “essentiel” pour la région, un peu plus d’une semaine après l’arrêt du chantier décidé par la justice.La sono crache un rap qui scande “On déroule l’autoroute!”, un organisateur confie en souriant: “on a fourni les paroles et l’IA a fait le reste”.Le morceau s’entend de loin, malgré le violent vent d’autan qui fait voler le sable du chantier où se sont rassemblés les partisans de l’autoroute contestée – entre 7 et 8.000 personnes selon les organisateurs, 3.700 selon la préfecture – derrière une banderole de tête proclamant: “Le bon sens, on finit!.”On a été un peu assommé par cette décision mais cette manifestation est là pour montrer que notre territoire ne va pas se résigner”, explique Guy Bousquet, chef d’entreprise et président de l’association pro-autoroute Via81.Les petits drapeaux avec le slogan “A69, on finit!” s’agitent derrière lui, leur couleur bleu horizon rappelle les maillots du Castres Olympique arborés par trois joueurs du l’équipe locale de rugby venus à la manifestation.Pierre-Yves Revol, le patron du club et par ailleurs président du groupe pharmaceutique Pierre-Fabre, influent acteur économique de la région et ardent défenseur du projet autoroutier, est là également mais ne souhaite pas s’exprimer.Dans le cortège, Kevin Rodriguez, conducteur d’engin sur le chantier de l’autoroute, est venu “écouter ce que les élus disent, savoir s’il va y avoir des avancées” et espérant “que les travaux vont reprendre”.”Jeudi midi (27 février, date de la décision du tribunal sur le fond), ils nous ont dit machine à l’arrêt, fin de chantier, ça fout un coup au moral”, raconte-t-il, affirmant ne pas comprendre: “c’était avant qu’il fallait se réveiller, le chantier, il est là maintenant”. La justice estime que les apports du projet sont insuffisants au regard des atteintes portées à l’environnement.”On peut pas laisser comme ça, faut finir”, abonde à ses côtés un collègue, conducteur de niveleuse qui souhaite rester anonyme et pour qui cette interruption de chantier, “ça été comme un +carjacking+ (vol de voiture, NDLR), on conduit et on vous sort du véhicule”. Désormais au chômage technique, il veut croire que l’Etat “peut passer au-dessus (de la décision du tribunal) et que le chantier peut continuer”.- “Souci d’attractivité” -Blouse blanche parmi les chasubles bleues des pro-A69, Marie-Noël Cufi est médecin à l’hôpital de Castres-Mazamet. Elle est venue défendre un projet “essentiel”.   “Pour nous, un enjeu important c’est de rapprocher la métropole (toulousaine) pour des questions de qualité, notamment des transferts pour les patients, et puis il y a le souci de l’attractivité, on vit dans un territoire rural, enclavé et attirer des professionnels de santé est un challenge important au quotidien”, explique-t-elle, estimant que l’autoroute constituait un atout sur ces deux plans.”C’est une nécessité cette autoroute, des entreprises en ont besoin, on va pas rester figé, il faut avancer”, clame encore Burno Santamaria, de Castres, salarié d’un atelier de découpe de viande à Puylaurens (Tarn), sur le tracé de l’autoroute. Les manifestants veulent croire qu’une voie est encore possible pour une reprise rapide des travaux.”L’Etat fait le travail pour soutenir le chantier A69 et qu’on poursuive les travaux”, s’est félicité le député du Tarn (Renaissance) Jean Terlier, faisant référence à l’appel que prévoit de former le gouvernement à la décision du 27 février, ainsi qu’à un outil procédural qu’il entend utiliser: “un sursis à exécution”. Cette procédure permettrait de suspendre la décision de première instance.”Nous ne pouvons plus être soumis à l’aléa judiciaire”, a-t-il par ailleurs ajouté, annonçant “prendre l’initiative d’une proposition de loi de validation” de l’autorisation environnementale du chantier, qui pourrait être débattue “dans les semaines qui viennent”. L’autoroute devait être mise en service fin 2025.Le constructeur Atosca, concessionnaire désigné de l’A69 qui assurait le pilotage des travaux, était également représenté au rassemblement.”Le moment le plus difficile dans cette opération pour moi, ça a été d’annoncer aux 1.000 personnes (travaillant sur le chantier) (…) que l’on arrêtait totalement”, a dit à l’AFP Martial Gerlinger, directeur général d’Atosca.”On entend les opposants mais la majorité silencieuse, nous on a toujours considéré qu’elle était présente”, a-t-il estimé.

Fashion Week de Paris: la semaine en six shows marquants

Féérique, original ou gourmand… A mi-parcours de la Fashion Week féminine automne-hiver de Paris, certains défilés ont d’ores et déjà marqués les esprits. – Zomer nous la fait à l’enversPour sa quatrième collection, la troisième présentée à Paris, le duo créatif à la tête de Zomer a livré au Palais de Tokyo un show en mode rembobinage. Le défilé a tout d’abord commencé par une bande-son composée d’applaudissements sur laquelle les mannequins ont déambulé en file indienne, ce qui conclut habituellement ce genre d’événement, avant que chaque modèle ne déambule chacun à son tour sur le podium, avec des robes, vestes, manteaux chemises ou même manteaux portés à l’envers.À la fin du défilé, les créateurs Danial Aitouganov et Imruh Asha sont apparus de dos pour saluer le public. Lors de leurs derniers défilés, les deux Nééerlandais avaient fait appel à deux jeunes enfants, puis deux hommes âgés et et enfin deux femmes pour saluer le public, à leur place.- Soutien-gorge bonnet XXL chez VaqueraC’était l’une des pièces phares de la nouvelle collection de Vaquera: un soutien-gorge géant décliné en robe, en jupe ou en top.”La lingerie a toujours été une partie très importante de notre marque, et c’était en fait un soutien-gorge que nous avions fait il y a quelques saisons et qui n’avait pas vraiment eu son moment”, ont expliqué à la presse les créateurs de la maison new-yorkaise Bryn Taubensee et Patric DiCaprio.Toujours dans la démesure, le duo a également présenté un collier de perles géant.- Des confettis chez Courrèges”Ça va être une saison pleine de confettis”, s’était promis Nicolas di Felice, chez Courrèges. Pari réussi, pour le créateur belge qui s’est inspiré de ce petit rectangle de papier pour concevoir sa dernière collection, avec des robes semblant avoir été conçues dans une seule bande de tissu rectangulaire, mais aussi pour construire son show.Les silhouettes ont déambulé sous la verrière ensoleillée du Carreau du Temple, en plein coeur de la capitale, dans un tourbillon virevoltant de confettis rouges, roses, bleus et argentées grâce à une soufflerie. Avec à la clé, une ambiance féérique et festive, portée par une bande-son puissante.- La musique dans la peau chez HodakovaUn violon sur la tête, un tambour à la ceinture et un violoncelle porté en robe… Grande adepte de l'”upcycling”, la Suédoise Ellen Hodakova Larsson a été jusqu’à recycler des instruments de musique pour son premier défilé au calendrier officiel de la Semaine de la mode parisienne.De quoi mettre en avant “la façon dont on peut capturer ses différentes humeurs dans l’énergie musicale”, a souligné la trentenaire à la presse, confiant avoir joué du violon, enfant. – Stella McCartney au bureauÊtre sexy de jour comme de nuit. Sous les yeux attentifs de Brigitte Macron, Stella McCartney a fait défiler entre les chaises, les ordinateurs et les photocopieuses d’un bureau du nord de la capitale des femmes en tailleur gris et larges épaulettes, mais aussi en strass et transparence, des bodies combinés avec des cuissardes scintillantes et grandes lunettes, ou bien emmitouflées dans une délicate robe rose et ultra-courte.Avant le show, des danseuses ont déambulé parmi les invités qui prenaient possession de leurs sièges. Le défilé s’est achevé sur un court spectacle de pole dance, au rythme d’une musique disco.- Gourmandises chez Mame KurogouchiLa créatrice Mame Kurogouchi s’est inspirée de divers artisanats traditionnels japonais, comme la laque, utilisée à la fois comme élément de protection et de décoration du mobilier, mais aussi de la nourriture. Les mochis, ces desserts ronds à base de riz sucré, ont été le point de départ de manteaux épais et longs, dotés de poches de rembourrage ovales et douces. “Cela vient de la belle forme des mochis. J’en mange presque tous les jours”, a-t-elle déclaré à l’AFP.

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Tempête en Australie : deux camions militaires en mission entrent en collision, 36 blessés

Trente-six personnes ont été blessées samedi dans l’est de l’Australie après la collision de deux camions militaires en mission de secours, alors que la tempête Alfred provoquait des coupures d’électricité massives et un risque de crues subites, ont annoncé les services d’urgence et la police.”Le dernier bilan dont je dispose fait état de 36 blessés”, a déclaré un porte-parole du service ambulancier de Nouvelle-Galles du Sud, qui a dépêché des équipes paramédicales sur les lieux près de la ville de Lismore, sujette aux inondations, ainsi que deux hélicoptères.Il a ajouté que les blessés avaient été transportés dans quatre hôpitaux.Certains soldats sont grièvement blessés, a indiqué le Premier ministre Anthony Albanese dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense. Rétrogradée en dépression tropicale samedi matin, Alfred a toutefois soufflé des vents violents sur la côte est australienne, déracinant des arbres et renversant des lignes électriques dans le sud-est du Queensland et le nord-est de la Nouvelle-Galles du Sud.La tempête a provoqué de fortes précipitations dans cette région, faisant gonfler les rivières sur les 400 kilomètres de littoral des deux Etats australiens, selon les prévisionnistes du Bureau australien de météorologie, déclenchant de nombreuses alertes aux inondations.”Les rivières commencent déjà à réagir aux fortes précipitations, avec de nombreuses alertes aux inondations (…) en cours”, a indiqué le bureau dans un communiqué.Bien que la tempête ait “commencé à s’affaiblir”, les prévisionnistes mettent en garde contre des pluies intenses et des rafales de vent qui pourraient se poursuivre tout au long du week-end.Le corps d’un homme de 61 ans a été retrouvé samedi après que son 4×4 a été emporté par les flots alors qu’il traversait un pont sur une rivière en crue, dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Après avoir réussi à sortir de son véhicule, il a tenté en vain de s’accrocher à une branche avant de sombrer dans l’eau, selon la police.Près de 300.000 foyers dans le Queensland et 42.600 autres en Nouvelle-Galles du Sud étaient privés d’électricité samedi, d’après le groupe Energex.- “Des risques subsistent” -“Bien qu'(Alfred) ait été rétrogradé, des risques très sérieux subsistent et il est donc important que les (Australiens) ne considèrent pas cette rétrogradation comme une raison de se relâcher”, a averti le Premier ministre australien Anthony Albanese, en conférence de presse.”Son impact sera grave et s’intensifiera au cours des prochaines heures et même des prochains jours”, a-t-il insisté.Environ 16.200 personnes ont reçu l’ordre d’évacuer en Nouvelles-Galles du Sud, où 30 opérations de sauvetage ont été menées au cours des dernières 24 heures, selon les services d’urgence australiens.Ginny Burke, 30 ans, a déclaré à l’AFP qu’elle se trouvait par chance à son travail lorsque le vent a déraciné un arbre qui s’est abattu sur la maison qu’elle loue à Elanora, sur la Gold Coast, dans le Queensland.”Que peut-on faire ?”, s’interroge l’ambulancière, toutefois soulagée que la tempête n’ait causé pour elle que des dégâts matériels.Le Premier ministre de la Nouvelle-Galles du Sud, Chris Minns, a mis en garde contre tout relâchement. “Les rivières sont pleines. La pluie continue et devrait continuer à tomber dans les jours à venir. Et les vents sont très forts”, a-t-il insisté lors d’une conférence de presse.

Evasion de Mohamed Amra: 27 suspects mis en examen, aux côtés du narcotrafiquant

Les huit suspects présentés vendredi aux magistrats chargés des investigations sur l’évasion meurtrière du narcotrafiquant Mohamed Amra ont été mis en examen et six placées en détention provisoire dans la soirée, a indiqué samedi le parquet de Paris.Deux suspects ont demandé un débat différé et sont, dans l’attente, aussi incarcérés.Le nombre d’hommes et femmes mis en examen dans cette affaire monte donc à 28, en comptant le fugitif Mohamed Amra, arrêté le 22 février en Roumanie puis remis à la France.Parmi les suspects vendredi, figurent “les acteurs principaux” de l”‘étape de la cavale” de Mohamed Amra dans un appartement loué à Compiègne, près de Paris, à partir de mai 2024 que le narcotrafiquant a quitté en octobre, selon la procureure Laure Beccuau.Dans cette enquête “hors normes”, les chefs d’inculpation – meurtres, tentatives de meurtre, évasion, le tout en bande organisée, et association de malfaiteurs – font encourir la réclusion criminelle à perpétuité “pour les plus élevés d’entre eux”, a souligné la procureure.Outre Amra, que l’accusation considère comme partie prenante, six personnes sont suspectées d’avoir fait partie du commando : deux guetteurs – dont l’un a aussi conduit un véhicule – deux autres conducteurs de véhicule et deux passagers.Les autres “petites mains” aussi “font partie de ce rouage criminel car sans elles, tout aurait été plus difficile” à réaliser, a-t-elle insisté.Plusieurs sources proches du dossier ont pourtant fait part vendredi de leurs craintes, auprès de l’AFP, d’un emballement judiciaire avec des décisions disproportionnées.Deux jeunes habitants de Compiègne, sans casier judiciaire, ont été mis en examen vendredi et incarcérés: ils sont soupçonnés d’avoir loué le logement qu’occupait Amra dans la même ville. Ils assurent ne pas avoir su que le narcotrafiquant y serait caché.Mohamed Amra, 30 ans, s’était évadé le 14 mai 2024 alors qu’il avait été extrait de sa cellule en Normandie.Un commando avait alors attaqué, à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut, le fourgon pénitentiaire à un péage pour le libérer, tuant deux agents pénitentiaires, Arnaud Garcia et Fabrice Moello, et en blessant trois autres.L’affaire a mobilisé des “moyens d’enquêtes extraordinaires”, a souligné la procureure.”800 techniques d’enquête spéciales” autorisées dont “440 interceptions téléphoniques et géolocalisations, 90 géolocalisations de véhicules, 70 captations de données, 30 captations d’images, 65 sonorisations de lieux ou de véhicules, 23 IMSI-catcher, trois autorisations aux données stockées”, selon le parquet.

Les soirées techno attirent de nouveaux adeptes parfois en décalage avec les “valeurs” du milieu

Avec l’engouement pour la musique techno sur les réseaux sociaux, ce milieu, qui cultivait jusque-là un certain entre-soi, fait face à une nouvelle population aux comportements parfois contraires aux “valeurs” de bienveillance promues par les organisateurs de soirées.”Ces valeurs étaient déjà présentes dans les années 1990-2000: c’était un milieu où était recherchée une forme de respect du corps des autres”, largement en opposition “avec la discothèque traditionnelle” et sa “drague lourde”, explique Anne Petiau, sociologue autrice d’une thèse sur la techno, ce sous-genre de la musique électronique créé en 1980.Mais les choses évoluent. “Dans certaines soirées techno à Paris, j’ai l’impression d’être un bout de viande”, déplore Alani, 19 ans, qui ne souhaite pas donner son patronyme comme la plupart des autres fans de techno rencontrés par l’AFP. L’étudiante décrit “frottements” et regards masculins “insistants”, à l’opposé “du respect” prôné dans le milieu.Bousculades, monopolisation de l’espace de danse, consommation excessive de drogue: autant de comportements qui nuisent à la fête.”Avec le confinement, il y a toute une partie de jeunes qui n’ont pas fait la fête étant mineurs et qui n’ont pas appris à se comporter correctement”, explique Safiatou Mendy, co-coordinatrice chez Consentis, association qui lutte contre les agressions sexuelles dans les clubs techno.Elle épingle aussi les comportements de certains “go muscu” (adeptes affichés de musculation) aux “pratiques très virilistes”, faisant “des pompes au milieu de la piste, alors que ce n’est pas franchement la culture techno”.”C’est à l’opposé de ce que je recherche dans une soirée”, tranche Hugo Chiquet, Lillois de 25 ans. S’il se retrouve souvent torse nu en soirée à cause de la chaleur, il dit se sentir “mal à l’aise” quand on lui demande de faire des photos en mettant en avant ses muscles ou quand des mains se font baladeuses sur ses bras ou ses abdos.”Les +go muscu+, ça fait des années qu’ils sont en soirée techno en Allemagne, aux Pays-Bas. Ce n’est pas eux le problème, mais plus largement tous ceux qui ont des mauvais comportements”, explique Tommy Vaudecrane, président de Technopol, association qui promeut les musiques électroniques. Pour lui, rejeter d’office les “go muscu” reviendrait à perdre le “côté inclusif de la techno”.- Interdiction de filmer -Cette arrivée de novices en soirée techno peut être rattachée à la popularité fulgurante du style musical sur les réseaux sociaux depuis la sortie du confinement. “Sur les playlists, les écoutes n’arrêtent pas d’augmenter” explique Laetitia Berry, chargée de la stratégie éditoriale chez Deezer.Pour elle, la programmation d’artistes techno dans des festivals grand public, comme le DJ Trym l’an dernier au Solidays, est la preuve de cet engouement. “Cette popularité permet de mieux rémunérer les artistes et de faire des choses plus ambitieuses”, se réjouit Tommy Vaudecrane. Mais “plus le nombre de personnes est grand, plus on a de chances de retrouver des gens mal intentionnés”.Certains, comme Seb (prénom modifié), 28 ans, privilégie ainsi les événements plus intimistes avec des artistes parfois moins connus, pour “être sûr(s) de passer une bonne soirée”.Des initiatives récentes ont aussi pour effet indirect d’écarter certains indésirables, en simple recherche de “fame” sur les réseaux sociaux. Parmi elles, l’interdiction de filmer.C’est le cas au Mia Mao, tout nouveau club électro parisien. “Le but est de reconnecter les gens avec la musique et de proposer de se détacher des smartphones”, explique Éric Labbé, chargé des relations presse du Mia Mao. Dans cette cathédrale de béton de 3.000 mètres carrés, où danse un public vêtu de latex ou de cuir, Younes danse avec ses amis, tout sourire. Ici, se félicite le jeune homme queer, “les gens sont beaucoup plus concentrés sur la musique”, une “ambiance qu’on devrait avoir dans tous les événements +tech+”.Pour Lana (prénom modifié), plus habituée des soirées commerciales afro et shatta (sous-genre du dancehall), il est inimaginable  de s’habiller comme elle le souhaite dans ces événements. À cause des “mains baladeuses”, dit la jeune fêtarde de 27 ans.”Ici je me sens plus en sécurité, entourée de gens bienveillants, je peux m’habiller” de façon délurée, “personne ne va me regarder ni me toucher”. 

8-mars: jour de manifestations pour plus d’égalité femmes-hommes

Des dizaines de milliers de personnes se préparent à manifester samedi partout en France, pour réclamer des mesures en faveur de l’égalité femmes-hommes, notamment au travail, à l’heure où les associations féministes s’inquiètent d’une “montée” des “discours masculinistes”.Sur la scène politique comme sur les réseaux sociaux, “on assiste à une propagation des discours masculinistes”, qui infériorisent les femmes et les cantonnent aux rôles d’épouse et de mère, a commenté lors d’une conférence de presse, Anne Leclerc, membre du Collectif national pour les droits des femmes. Cette tendance, plus visible encore depuis l’élection de Donald Trump selon les associations, leur fait craindre discriminations au travail et restrictions en matière d’IVG.Une cinquantaine d’organisations, dont des associations et des syndicats (CGT, CFDT, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa), appellent à manifester dans plus d’une centaine de villes, en ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes.A Paris, le cortège partira à 14H00 de la place de la République pour rejoindre la place de la Nation. La présence annoncée du collectif identitaire Némésis a été unanimement dénoncée par les associations féministes.Vendredi soir, dans la capitale, plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux militants de la cause pro-palestinienne, se sont rassemblées pour une marche “féministe radicale”, finalement autorisée in extremis par la justice après avoir été d’abord interdite. – “On patine” -Les manifestantes protesteront samedi notamment contre les écarts de revenus vis-à-vis des hommes. Le salaire moyen des femmes dans le secteur privé était encore de 22,2% inférieur à celui des hommes en 2023, selon l’Insee. Cette différence, qui s’est réduite d’un tiers depuis 1995, s’explique en partie par un volume de travail moindre.Temps partiel imposé, carrière à trous, difficulté pour accéder aux postes à responsabilité… “Les carrières des femmes sont semées d’embûches”, dénonce Myriam Lebkiri, de la CGT.A temps de travail identique, le salaire moyen des femmes reste inférieur à celui des hommes de 14,2%, selon l’Insee.”On patine, on avance extrêmement lentement”, ce qui devient “insupportable”, a déploré samedi sur France Inter la numéro un de la CFDT Marylise Léon. L’index qui mesure l’égalité femmes-hommes au sein des entreprises “ne permet pas véritablement” de mettre en lumière ces écarts de salaire, “on va donc considérer qu’ils n’existent pas”, a-t-elle ajouté, appelant à “réviser” cet index.Face à ces inégalités salariales persistantes, la Cour des Comptes estimait dans un rapport publié en janvier que le ministère du Travail devait “s’impliquer davantage” pour revaloriser les métiers majoritairement féminins, comme le réclament les associations. Plus globalement, l’institution étrillait la politique en faveur de l’égalité menée par le gouvernement, qui peine à produire des “effets probants”. Conséquence des inégalités professionnelles: les femmes ont généralement des pensions inférieures à celles des hommes.Le 8 mars doit aussi être l’occasion d’une mobilisation pour l’abrogation de la réforme des retraites, qui pénalise plus particulièrement les femmes, a récemment estimé Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.- Violences “partout” -Pour renforcer l’égalité entre les sexes, le gouvernement a lancé en 2023 un plan quinquennal qui met l’accent sur plusieurs thématiques, dont la lutte contre les violences.Dans ce cadre, il a notamment renforcé le soutien financier à la ligne d’écoute associative 3919, qui a connu en 2024 une “année record”, avec plus de 100.000 appels pris en charge.Le gouvernement a également développé le nombre de maison des femmes, qui accompagnent les victimes. Il poursuit le déploiement des téléphones “grave danger” et des bracelets anti-rapprochement.Des mesures loin d’être suffisantes aux yeux des associations. Affaires Pelicot, Le Scouarnec, Bétharram: autant d’exemples dans l’actualité qui montrent que les violences sexistes et sexuelles sont encore “présentes partout”, a souligné Salomé Hocquard de l’Unef. “Elles ne relèvent pas uniquement de faits isolés, mais traduisent un système patriarcal oppressif”.Pour les éradiquer, les associations réclament un investissement de trois milliards d’euros ainsi qu’une “loi-cadre intégrale” allant de l’éducation à la justice ou la santé. Des demandes à ce stade restées lettre morte. 

8-Mars: le collectif identitaire Némésis veut défiler et suscite un tollé

Le collectif Némésis, proche de l’extrême droite et habitué aux actions coup de poing, compte rejoindre samedi la manifestation parisienne du 8-Mars, suscitant la colère d’associations féministes qui jugent son combat identitaire incompatible avec la cause des femmes.Pour cette journée internationale des droits des femmes, Némésis, qui se revendique féministe, a pour mots d’ordre “la fin de l’immigration de masse”, “l’application des OQTF” (obligation de quitter le territoire français) et “la mise en place de mesures efficaces contre l’insécurité”.Sarah Knafo, du mouvement zemmouriste Reconquête!, compte bien les rejoindre. “La cause des femmes françaises nous appartient autant qu’à elles”, les organisatrices de la manifestation, assène l’eurodéputée auprès de l’AFP.Mais parmi les militantes des droits des femmes, ces présences annoncées ne passent pas. “On est très en colère, elles n’ont rien à faire dans cette manifestation”, dénonce Marie Moreau (un pseudonyme), de l’organisation féministe Nous Toutes.C’est un “collectif identitaire, raciste, xénophobe qui stigmatise les migrants comme étant les responsables des violences sexistes et sexuelles dans la société”, critique Myriam Lebkiri, de la CGT, accusant Némésis de “bordéliser (les) manifestations”.”Violeurs étrangers dehors”, “Libérez-nous de l’immigration”: avec ses slogans et pancartes, le collectif Némésis, du nom de la déesse grecque de la vengeance, lance des actions coups de poing depuis novembre 2019, notamment dans les cortèges féministes. Sur ses réseaux sociaux – avec environ 46.000 followers sur Instagram et 94.000 sur X -, l’association répertorie des affaires de violences sexuelles, insistant souvent sur la nationalité étrangère des suspects. Autre caisse de résonance, des médias comme Radio Courtoisie, CNews ou Europe 1, où intervient sa directrice, Alice Cordier (nom d’emprunt).- “Pas de percée” -Pour le politologue Jean-Yves Camus, ce “mouvement identitaire” suit une orientation politique opposée à la plupart des associations féministes, “de gauche et même très souvent de gauche radicale”.Ce spécialiste de l’extrême droite ne constate cependant “pas de percée” du groupe, qui revendique 300 militantes.”Le noyau dur est encore moins nombreux”, complète Magali Della Sudda, directrice de recherche au CNRS, pointant une “visibilité sur les réseaux sociaux et dans les médias inversement proportionnelle à leur capacité d’action dans la rue”.Fin septembre, à l’appel de ce mouvement, environ 500 personnes s’étaient réunies à Paris après le meurtre de Philippine, une étudiante de 19 ans. Le suspect est un Marocain de 22 ans déjà condamné pour viol, en instance d’expulsion.”On est face à des hommes issus de sociétés ultra-patriarcales qu’on croise dans l’espace public, qui ne sont pas du tout assimilés, qui n’ont pas du tout la même vision de la femme que notre vision occidentale et ça se ressent via du harcèlement sexuel, via des agressions sexuelles”, assène auprès de l’AFP Alice Cordier, 27 ans, cofondatrice du collectif.L’extrême droite met en avant la part des mis en cause étrangers dans les violences sexuelles, qui s’est établie à près de 40% dans l’agglomération parisienne, selon le bilan de la délinquance 2024 de la préfecture de police. Au niveau national, selon des statistiques portant sur les violences sexuelles élucidées, 13% des mis en cause étaient de nationalité étrangère en 2023, d’après le ministère de l’Intérieur.Mais la mouvance identitaire omet de rappeler que les violences sexuelles sont très majoritairement commises dans un cadre familial ou amical: en France, 61% des victimes de ces actes ont déclaré connaître leur agresseur, d’après des chiffres officiels de 2022.Némésis, qui avait appelé à voter pour le RN au second tour des élections législatives de 2024, tente de surfer sur la “normalisation” des idées d’extrême droite, assure Myriam Lebkiri. En janvier, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avait salué le “combat” d’Alice Cordier, disant en être “très proche”, avant de rétropédaler. Samedi, il a toutefois assuré le collectif, sans citer son nom cependant, de son soutien sur X, accusant les organisatrices des principales manifestations prévues en France pour le 8-Mars du “pire des sectarismes” et d’user de méthodes “néototalitaires”.Alice Cordier dit, elle, avoir rejoint récemment Les Républicains. Pourtant, l’opposition du collectif “à l’immigration non occidentale et à l’islam” le range du côté de l’extrême droite, assure Magali Della Sudda, autrice de “Les nouvelles femmes de droite” (éd. Hors d’atteinte). La chercheuse parle de “fémonationalistes”, une “contraction de féminisme et de nationalisme”.”On est une association spécialisée sur les violences faites aux femmes, notamment dans l’espace public”, se défend Alice Cordier.Mais pour la porte-parole d’Osez le féminisme ! Elsa Labouret, “ce n’est pas parce qu’un groupe se dit féministe qu’il l’est, et ce n’est pas en réutilisant le langage du féminisme qu’il peut prétendre défendre vraiment les femmes”.  

La comédie musicale “Company” créée en France, dans une dizaine d’opéras

“Company”, une comédie musicale à succès outre-Atlantique, voit le jour pour la première fois en France, coproduite par une dizaine d’opéras de l’Hexagone – une première aussi pour ce genre musical – avec l’objectif de diversifier répertoire et public.Amateurs et néophytes vont pouvoir découvrir cette pièce née aux Etats-Unis en 1970, multi-récompensée, et qui doit sa musique et ses chansons à la légende de Broadway, Stephen Sondheim (1930-2021), compositeur de “West Side Story”.Singularité du projet: porté par Génération Opéra, une association qui favorise la découverte des jeunes artistes lyriques, il est coproduit par une dizaine d’opéras en régions, qui l’accueilleront tour à tour durant deux ans.Après l’Opéra de Massy samedi et dimanche, la pièce s’arrêtera à Compiègne, Bordeaux, Rennes, Nice, Nancy, Avignon, Neuchâtel, Limoges, Clermont-Ferrand, Rouen et enfin au Théâtre du Châtelet à Paris, en mars-avril 2027.Si les coproductions entre opéras sont nombreuses ces dernières années, permettant de réduire les coûts et de produire de manière plus écologique, c’est “la première fois qu’une dizaine se mettent ensemble autour d’une comédie musicale”, affirme à l’AFP Philippe Bellot, directeur de l’Opéra de Massy (Essonne).Une mutualisation que Jérôme Gay, président de Génération Opéra, juge “essentielle”, au moment où “le genre opéra est en danger” et où l’art lyrique doit faire face aux “coupes budgétaires” et à un “ralentissement de programmation”. “Il faut être créatif”, plaide cet amoureux des comédies musicales, un genre “injustement méconnu en Europe”. “Il y a une démarche, engagée ces dernières années, d’élargir le répertoire lyrique au +grand répertoire de la comédie musicale+”, observe pour sa part Frédéric Pérouchine, directeur de la Réunion des opéras de France. “Les opéras se diversifient, parce qu’ils évoluent avec la société”. Proposer ce genre musical “va peut-être permettre aussi à un public différent d’oser passer les portes des opéras, parce qu’on sait que symboliquement, elles restent encore lourdes à franchir”, espère-t-il.- “historique” -Autre originalité de “Company”: c’est l’un des premiers “concept musical”, une approche novatrice, dans les années 1970, de ce théâtre. La narration n’a rien de linéaire: c’est l’anniversaire de Robert, dit Bobby, 35 ans, ses copains s’invitent chez lui… Le public le suit d’une pensée à l’autre, à travers les relations qu’il a avec ses amis.Il s’interroge sur son célibat, l’amour, la solitude, dans des textes qui par moment peuvent paraître désuets en 2025 – en 1970, Sondheim questionnait le mariage – mais qui évoquent des thèmes universels: les choix de la vie, le vivre-ensemble.”Bobby, c’est un rôle mythique dans le petit monde de la comédie musicale”, s’enthousiasme Gaétan Borg, le chanteur qui interprète le personnage, rencontré lors d’une répétition. Il a été séduit par cette pièce qui “parle finalement de la place que l’on cherche dans le monde”.Sur le plateau, il embarque les spectateurs tour à tour dans le métro new-yorkais, dans un parc, sur un balcon au milieu des gratte-ciels de Manhattan, images vidéos et animées à l’appui.Hormis un enregistrement pour la radio en 2017, cette comédie musicale n’a jamais été adaptée en France, assurent ses producteurs. Dans cette création qui rassemble 14 artistes français ou anglo-saxons, les passages parlés sont en français, les chansons en anglais. Les solos (“Being alive”, grande chanson du théâtre musical américain) alternent avec des choeurs enjoués et festifs (“Company”). La mise en scène signée James Bonas, est accompagnée par l’Orchestre national d’Ile-de-France dirigé par Larry Blank. Avec la troupe, “on a tous à coeur de bien faire. On se dit que c’est un peu historique, on fait la première version française!”, lance Gaétan Borg.

Gaité Lyrique: après trois mois d’occupation, 450 jeunes migrants toujours en attente d’hébergement

“Si on laisse les jeunes à la rue, on ne sait pas ce qu’ils vont devenir.” Originaire de Guinée, Alse, emmitouflé dans sa doudoune, fait partie des 450 migrants mineurs isolés occupant le centre culturel de la Gaîté Lyrique à Paris depuis le 10 décembre. Le jeune homme, qui affirme avoir 17 ans, fait partie du Collectif des jeunes de Belleville, à l’origine de l’occupation des lieux. Il préfère parler de leur “combat” plutôt que de sa situation personnelle: “On veut avoir des hébergements, avoir accès à la santé, aux titres de transport, à l’éducation”, énumère-t-il à l’AFP, le regard assuré.Autour de lui, une dizaine de jeunes migrants discutent, devant le bâtiment qui n’accueille plus de public. Il fait doux en ce début de soirée, quelques personnes peignent une banderole rouge posée au sol, “fille à la rue en danger, fille en lutte de la Gaîté”, peut-on lire en lettres capitales. Elles préparent la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars. Peu de filles – une vingtaine – logent dans le lieu culturel du 3e arrondissement, et généralement pour très peu de temps, étant prioritaires pour l’hébergement d’urgence.La presse ne peut parler aux jeunes migrants qu’à l’extérieur du bâtiment où ils vivent. “Il y avait de plus en plus de demandes, alors, pour des raisons de sécurité, on a préféré limiter” l’accès à l’intérieur, explique un membre du collectif.Récemment, des militants d’extrême droite sont venus tracter près de la salle, rapportent plusieurs occupants. “On est dans notre coin et ils viennent nous provoquer”, déplore Koné (prénom modifié), un Ivoirien, passé par le Mali, l’Algérie, la Tunisie et l’Italie avant d’arriver en France en 2023. “Ils disent qu’on est violents, mais c’est eux le problème”.Le 28 février, le milliardaire et puissant allié de Donal Trump, Elon Musk, avait relayé sur X un article du journal britannique Daily Mail sur la situation du théâtre parisien, fustigeant une “empathie suicidaire” menaçant selon lui la “civilisation”.Comptant sur ses doigts, Koné, qui dit être âgé de 17 ans, liste les lieux d’hébergement qu’il a fréquentés jusqu’ici: une tente à la Gare de Lyon, aux Invalides, un gymnase Porte de Clichy, Portes de Vanves, dans le 20e arrondissement, pour finalement atterir à la Gaîté Lyrique.- Vide juridique -La salle de spectacle municipale ne dispose d’aucune douche et les centaines d’occupants se partagent quatre toilettes. Une cagnotte solidaire a déjà permis de réunir plus de 64.000 euros, utilisés pour financer les petits-déjeuners et les repas du soir.Depuis le début de l’occupation, la mairie et l’État se renvoient la balle. Saisi par la ville de Paris, propriétaire du théâtre, le juge des référés du tribunal administratif avait ordonné le 13 février l’évacuation dans un délai d’un mois. Mais la mairie a indiqué qu’elle ne ferait pas appel à la force publique, affirmant avoir lancé cette procédure pour forcer l’État, compétent en matière d’hébergement d’urgence, à “prendre ses responsabilités”, et l’a confirmé dans un courrier adressé au collectif, selon ses membres.Contactée par l’AFP, la préfecture d’Ile-de-France n’a pas souhaité réagir.Une banderole noire traverse la façade, au-dessus de l’entrée: “Gaîté lyrique occupée. 400 vies en danger, 80 emplois menacés”. Les salariés de l’établissement l’ont accrochée avant de partir, exerçant leur droit de retrait alors que, depuis mi-décembre, le lieu culturel avait fermé ses portes au public. La Ville de Paris a annoncé le 28 février qu’elle assurerait “les activités de gardiennage et de sécurité à compter de ce jour”. Les agents de sécurité présents 24H/24H depuis le début de l’occupation, sont restés les mêmes.”C’est mieux, ils connaissent la situation, ça se passe bien”, explique Axelle, soutien du Collectif des jeunes de Belleville.”Nous allons rester ici tant qu’il n’y aura pas de mise à l’abri”, reprend la jeune femme, expliquant que les jeunes exilés ont déposé un recours devant le tribunal pour enfants afin que leur minorité soit reconnue.Mais le temps de la procédure – qui peut durer plusieurs mois -, ces jeunes migrants se trouvent dans un vide juridique. S’ils sont reconnus mineurs, ils seront pris en charge par les services départementaux de l’Aide sociale à l’enfance.