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“Combien de Bétharram?” Cercueils et scène de crime devant le ministère de l’Education

Faux cercueils et scène de crime factice avec soutane et survêtement d’adolescent: une poignée de militants a organisé une mise en scène lundi devant le ministère de l’Education nationale pour soutenir les victimes de violences à Bétharram et dans d’autres établissements privés catholiques et réclamer “des actions fortes”.Les manifestants, certains en tenues évoquant les uniformes scolaires, portaient des pancartes affichant “pour les victimes, la peine est imprescriptible”, “stop impunité”. Ils avaient installé de fausses pierres tombales où les inscriptions faisaient référence aux autres établissements scolaires catholiques également impliqués dans des affaires de violences physiques ou pédophiles, comme Notre-Dame-de-Garaison (Hautes-Pyrénées) ou Stanislas à Paris. “Combien de Bétharram dans ce pays?”, a interrogé Arnaud Gallais, co-fondateur de l’association Mouv’Enfants, en référence à l’école privée catholique du Béarn dont de nombreux anciens élèves ont dénoncé des violences physiques et sexuelles.”Le rapport Sauvé (sur la pédocriminalité dans l’Eglise catholique) en 2021 nous a dit qu’il y avait eu 330.000 victimes de pédocriminalité dans l’Eglise en 70 ans” dont près d’un quart dans les écoles catholiques, rappelle M. Gallais.Mouv’Enfants appelle notamment à “des actions et une obligation de résultats pour tous les lieux qui accueillent des enfants” et plus de moyens pour contrôler les établissements scolaires.D’anciens religieux et personnels laïcs de Notre-Dame-de-Bétharram sont visés par plus de 150 plaintes déposées pour violences physiques, agressions sexuelles et viols. Le Premier ministre François Bayrou a été accusé d’avoir fermé les yeux sur cette affaire quand il était ministre de l’Education dans les années 1990. Une inspection à l’époque n’avait pas détecté de dysfonctionnement.

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Argentine: l’eau reflue, recherches actives des disparus après les inondations meurtrières

L’eau reflue dans la ville portuaire argentine de Bahia Blanca, touchée par des inondations soudaines vendredi responsables de la mort d’au moins 16 personnes, et où lundi les opérations de recherches s’activent pour retrouver les corps de deux enfants officiellement portés disparus et recenser la centaine de personnes recherchées par leurs proches.”L’eau a baissé partout” dans le périmètre de la ville de 350.000 habitants, l’un des principaux ports d’Argentine à 600 km au sud de Buenos Aires, a indiqué lundi à la radio AM750 le ministre de la Sécurité de Buenos Aires, Javier Alonso, bien que des localités voisines soient encore totalement sous les eaux. Deux sœurs âgées de 1 et 5 ans, emportées par le courant avec leur mère qui a survécu, sont recherchées. Le corps d’un homme qui a tenté de les secourir a été retrouvé dimanche après-midi.Selon M. Alonso elles sont les seules personnes “signalées comme disparues auprès du procureur”. Plus de 100 signalements de personnes recherchées par leurs proches ont été réalisés auprès des autorités locales qui disent espérer que ces dernières sont simplement “esseulées” en raison de l’absence de moyens de communication. Les pluies ont commencé à s’abattre tôt vendredi matin et en quelques heures 400 millimètres d’eau sont tombés, presque autant que ce qu’il pleut d’habitude en un an dans la région.La rivière Maldonado, qui traverse Bahia Blanca, est sortie de son lit et des quartiers entiers ont été submergés jusqu’au toit des maisons.- “Pas d’infrastructure” -Les opérations de nettoyage et de recensement des dégâts ont également commencé dans certains secteurs de la ville où “il y a un mètre et demi de boue”, a ajouté M. Alonso.Le maire de Bahia Blanca, Federico Susbielles, a déjà estimé les dégâts à 370 millions d’euros. “La plupart des morts sont (…) des personnes très âgées qui se trouvaient dans des maisons de retraite ou dans des foyers qui s’occupent de personnes âgées”, avait-il déclaré dimanche lors d’une conférence de presse.Quelque 200 pompiers sont attendus lundi accompagnés de près de 800 policiers pour la sécurisation des installations par crainte de pillages.Le président Javier Milei a décrété trois jours de deuil national. “Tous les domaines du gouvernement national continueront à se consacrer (…) à l’assistance aux sinistrés en ce moment douloureux pour tous les Argentins”, a écrit la présidence dans un communiqué.Plusieurs tonnes de “fournitures de base nécessaires face à ce type d’urgence” ont été transportées par l’Armée de l’air et un hôpital mobile de 40 places a été installé, a indiqué la présidence.Le Pape François, de nationalité argentine et hospitalisé depuis plus de trois semaines, “exprime sa proximité avec les personnes touchées”, a fait savoir le Vatican.”Mes condoléances aux familles qui ont perdu leurs proches et beaucoup de force à tous ceux qui traversent une période difficile”, a écrit sur son compte Instagram la star du football et idole nationale Lionel Messi.Ce désastre “est un exemple clair du changement climatique”, a estimé Andrea Dufourg, directeur de la politique environnementale de la ville d’Ituzaingo, près de Buenos Aires. “Nous n’avons d’autre choix que de préparer les villes, d’éduquer les citoyens et de mettre en place des systèmes d’alerte précoce efficaces”, a-t-elle ajouté.Bahia Blanca avait déjà subi une violente tempête en décembre 2023, qui avait fait 13 morts et provoqué des dégâts considérables.La ministre de la Sécurité, Patricia Bullrich, a affirmé que la tragédie ne pouvait être prévue. “Il est tombé 300 millimètres en huit heures dans une ville qui a 190 millimètres par an, il n’y a pas d’infrastructure qui puisse supporter cela, dans un phénomène climatique qui détruit tout”, a-t-elle dit au journal Infobae.Les pluies ont affecté toute la région, cœur agricole de l’Argentine. Selon des sources du secteur, deux millions d’hectares de terres ont été endommagés.

Russian court accuses veteran journalist of ‘justifying terrorism’

Russian prosecutors on Monday accused a veteran journalist of “justifying terrorism” — a charge punishable by up to seven years in prison — as her trial opened amid a widespread crackdown on independent media.Moscow has hugely stepped efforts to quash dissent as it fights in Ukraine and regularly accuses anyone deemed not to toe the …

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Psychiatrie: la pénurie de quétiapine persiste, incertitudes sur un réapprovisionnement

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a reconnu lundi manquer de visibilité sur une reprise d’approvisionnement de quétiapine, un traitement psychiatrique dont les pénuries affectent dorénavant “60% du marché français”.Dans ce contexte, l’ANSM a remis à jour ses recommandations pour limiter l’impact de la pénurie de cet antipsychotique utilisé dans les troubles bipolaires et la schizophrénie.”On fait face à une vraie absence de visibilité”, à “de grosses incertitudes” concernant la remise à disposition de ce traitement qui permette de couvrir les besoins des patients, a indiqué à l’AFP Pierre-Olivier Farenq, directeur du Casar, le centre d’appui des situations à risque de l’ANSM.”Aujourd’hui, quasiment 60% du marché français est impacté” par ces fortes tensions qui concernent entre “200.000 et 250.000 patients par an suivant un traitement à base de quétiapine au long cours”, a-t-il ajouté.La quétiapine est commercialisée sous le nom Xeroquel par le laboratoire français Cheplapharm, ainsi que sous des versions génériques par d’autres groupes. Mais la molécule de base est largement produite par une entreprise grecque, Pharmaten, à l’arrêt depuis “un défaut qualité” apparu à l’été.Sur les 12 laboratoires qui commercialisent la quétiapine sur le territoire national, sept dépendent du fabricant grec et sont donc dans “l’incapacité de réapprovisionner le marché”, précise M. Farenq.L’information transmise par les industriels à l’ANSM “tendrait à dire que la situation devrait s’améliorer” mais elle est, selon le responsable, à prendre “avec énormément de précaution”.L’ANSM rappelle en effet avoir reçu dans un premier temps des éléments “plutôt rassurants” côté industriel avant d’avoir eu, courant décembre, “des vraies inquiétudes” concernant l’approvisionnement.Fin janvier, elle a ainsi annoncé une première série de mesures, comprenant l’interdiction des exportations et, surtout, une restriction des prescriptions.En février, elle a instauré un dispositif de délivrance à l’unité de comprimés et de préparations magistrales élaborées en pharmacie, comme cela s’est déjà produit pour certains antibiotiques.L’action des préparations magistrales, “monte en puissance” avec l’objectif de répondre “idéalement” à environ “un quart des besoins”, selon l’ANSM qui a élargi lundi le dispositif au dosage 50 mg face à “une concentration des difficultés sur ce dosage”, en complément des dosages 100 mg et 150 mg. 

Suicide d’Evaëlle: “sérieuse” ou “cassante”, l’enseignante jugée pour harcèlement

“Sérieuse et dynamique” selon l’administration, “cassante” et “tranchante” d’après d’anciens collègues. Le procès d’une enseignante jugée pour le harcèlement moral d’Evaëlle qui s’est suicidée à 11 ans en 2019 a débuté lundi au tribunal judiciaire de Pontoise. La matinée a été consacrée à sa carrière et l’audition de témoins.Elle devient professeure en 1987, à 25 ans. “J’ai choisi d’exercer cette profession par choix” après des études de lettres classiques, dit-elle, droite dans son tailleur bleu marine, avec un ton maîtrisé, difficilement audible depuis les bancs fournis de la presse.Après différents établissements dans le Val-d’Oise, elle arrive en 2016 au collège Isabelle-Autissier d’Herblay, avec la “motivation”. “C’était un tout nouveau collège, il y avait tout à construire, un projet d’établissement”.Si son dossier académique brosse le portrait d’une enseignante “expérimentée, sérieuse et dynamique”, d’autres éléments décrivent une “professeure autoritaire et cassante”, d’après le proviseur du collège arrivé la rentrée suivant le suicide d’Evaëlle.Durant l’enquête, il avait rapporté des propos d’une collégienne. Dans un échange avec cette dernière, l’enseignante lui aurait dit “tu nous soûles” et qu’elle préférait avoir un chien que des élèves.”Il vaut mieux qu’elle reste à la vie scolaire sinon il y aura un mort”, aurait encore lancé l’enseignante, selon un assistant d’éducation scolaire.”On est quelques mois après le suicide d’Evaëlle”, s’alarme Me Delphine Meillet, qui représente la famille d’Evaëlle.Avant l’ouverture du procès, elle a déclaré que la famille d’Evaëlle souhaitait “que cette enseignante réalise qu’elle a commis des erreurs vis-à-vis d’Evaëlle”.- “Dégradation très importante” -Le 21 juin 2019, le père d’Evaëlle a retrouvé sa fille de 11 ans pendue à son lit dans leur pavillon à Herblay (Val-d’Oise), la veille de leur départ en vacances. Dans la journée, elle avait eu un conflit avec un collégien. Six mois plus tôt, l’adolescente avait tenté de mettre le feu à une poutre de la maison après une rupture amicale.Depuis l’entrée d’Evaëlle en sixième au collège Isabelle-Autissier d’Herblay, les problèmes s’étaient multipliés pour la jeune fille, déjà victime de brimades en primaire.Au-delà du comportement insultant et violent de camarades, elle faisait face à des tensions avec son enseignante de français au sujet de la mise en place d’un protocole médical relatif à des problèmes de dos. Dans un premier temps, la situation avait été réglée en interne et Evaëlle, décrite comme précoce, joyeuse mais ayant des difficultés dans les relations sociales, n’appréhendait plus de se rendre en cours de français.Pourtant, quelques mois plus tard, durant une session consacrée au harcèlement scolaire, l’enseignante avait demandé aux élèves d’exprimer leurs reproches à Evaëlle qui devait ensuite s’expliquer. Face à ses pleurs, l’enseignante s’était énervée et lui avait intimé de répondre aux questions, d’après les récits des élèves.Ses parents portent plainte contre des élèves et la changent de collège en février 2019. L’ensemble des comportements de l’enseignante ont eu “pour effet une dégradation très importante des conditions de vie de la jeune fille qui s’isolait de plus en plus”, a écrit la juge qui a décidé de son renvoi pour harcèlement moral sur mineure et du non-lieu pour homicide involontaire.Lors de l’instruction, l’enseignante a dit qu’elle avait pu être trop sévère voire “cash” mais qu’elle s’était investie pour les élèves. Au sujet d’Evaëlle, elle n’avait pas réussi à créer un lien avec elle.A la barre, une ancienne collègue de mathématiques a relaté des “remarques tranchantes” et une difficulté par les élèves à comprendre le second degré dont elle pouvait faire preuve.Lundi après-midi, trois assistantes de vie scolaire qui ont travaillé avec la prévenue ont évoqué une enseignante “bienveillante”, “gentille” et “aidante”.”Parfois il y avait des situations complexes en classe, elle mettait un petit peu d’humour. Ce n’est pas quelqu’un qui criait. C’était quelqu’un de souriant, qui pouvait s’inquiéter de ces élèves en classe”, a raconté l’une d’elles qui a travaillé à ses côtés de 2004 à 2010, relevant “la prestance” de l’enseignante.Cette dernière est également jugée pour avoir harcelé deux autres collégiens. Le procès doit s’achever mardi.

Une cinquantaine de mesures pour tenter d’adapter la France à un réchauffement de 4°C

Comment adapter la France à un réchauffement pouvant atteindre quatre degrés? Après de nombreux retards, le gouvernement a lancé lundi son troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), mettant l’accent sur la mise en oeuvre d’une cinquantaine de mesures au niveau local, d’ores et déjà jugées insuffisantes par certains experts du climat.Records de chaleur, inondations, érosion côtière: dans une France déjà plus chaude de 1,7 degré depuis 1900, les conséquences du dérèglement climatique ne “sont plus une exception” mais “notre nouvelle norme” et une “réalité tragique”, a déclaré la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, en dévoilant les contours de ce “PNACC-3”.Ce plan, attendu depuis fin 2023, compte 52 mesures destinées à protéger davantage les populations, mieux anticiper les risques, assurer la résilience des territoires et adapter les activités humaines face à des conditions climatiques extrêmes.Il se base sur une trajectoire de réchauffement de référence en France à +2,7°C en 2050 et +4°C en 2100. – Dimension territoriale – L’accent est particulièrement mis sur les territoires et secteurs les plus menacés comme les littoraux, les montagnes, les forêts et l’agriculture.Parmi les mesures, le renforcement des protections pour les travailleurs exposés aux canicules, différentes études pour mieux adapter transports et exploitations agricoles, des feuilles de route pour adapter chaque secteur économique, une évolution des règles de rénovation des logements ou encore une protection des principaux sites culturels français (Tour Eiffel, Mont Saint-Michel…).Un “travail” va également débuter dans le but de donner une “valeur juridique” à la Trajectoire de référence de l’adaptation au changement climatique (TRACC), un document de référence pour les acteurs publics. Cent intercommunalités seront accompagnées en 2025 dans le cadre d’une Mission adaptation.Ronan Dantec, vice-président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable au Sénat, a salué cette “dimension territoriale”. “Pour la première fois on a une trajectoire très claire, c’était absolument essentiel pour les acteurs locaux”, a-t-il déclaré.L’accent a aussi été mis sur le financement des mesures, l’une des principales critiques énoncées avant la consultation publique lancée en octobre. – Quels financements ? -Outre le réchaussement, déjà annoncé, du fonds Barnier, créé en 1995 pour aider collectivités, petites entreprises et particuliers à financer les travaux nécessaires pour réduire leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles, Agnès Pannier-Runacher a aussi annoncé une “mobilisation inédite du Fonds vert à hauteur de 260 millions d’euros”. Près d’un milliard d’euros des crédits des Agences de l’eau seront orientés vers l’adaptation et une enveloppe de 30 millions sera consacrée à la prévention des gonflements des sols à dominante argileux. Une nouvelle mission pour mobiliser davantage les acteurs privés, et notamment les banques, dans la prévention des risques sera lancée “au premier semestre 2026″.”Il est essentiel que l’adaptation soit dotée de moyens à la hauteur des enjeux”, a souligné la ministre, assurant avoir augmenté les enveloppes “à hauteur de 40%”. Mais pour I4CE, institut de recherches spécialisé dans l’économie du climat, cela reste “quand même à nuancer”.”La hausse du Fonds Barnier pourrait rapidement se révéler insuffisante et la réorientation du Fonds Vert vers l’adaptation est surtout l’effet d’une diminution des moyens alloués aux autres priorités, les crédits dédiés à l’adaptation se maintiennent mais n’augmentent pas”, juge Guillaume Dolques, expert Adaptation chez I4CE.Pour lui, ce plan “n’est qu’une première étape” et n’aura “de sens que si certains arbitrages sont faits et que l’on se donne les moyens des ambitions”.Ronan Dantec reconnaît aussi que dans le contexte budgétaire tendu, il va “probablement manquer de l’argent”, mais reste malgré tout “très satisfait de ce PNACC” avec lequel, dit-il, “on a vraiment franchi des paliers importants” sur le chantier de l’adaptation, longtemps insuffisamment pris en compte.L’ONG Oxfam juge ce plan “inopérant, car dépourvu de gouvernance adaptée et de moyens budgétaires pour sa mise en œuvre”. Il constitue “une nouvelle occasion manquée de protéger la population”, dit Oxfam, regrettant notamment que les besoins des plus vulnérables (personnes âgées, enfants …) ne soient pas suffisamment pris en compte.”L’inaction coûtera bien plus cher que l’adaptation”, souligne l’ONG. Un constat partagé par Agnès Pannier-Runacher: “un euro investi dans l’adaptation, c’est huit euros évités pour réparer les dommages”, a-t-elle souligné.

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Une cinquantaine de mesures pour tenter d’adapter la France à un réchauffement de 4°C

Comment adapter la France à un réchauffement pouvant atteindre quatre degrés? Après de nombreux retards, le gouvernement a lancé lundi son troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), mettant l’accent sur la mise en oeuvre d’une cinquantaine de mesures au niveau local, d’ores et déjà jugées insuffisantes par certains experts du climat.Records de chaleur, inondations, érosion côtière: dans une France déjà plus chaude de 1,7 degré depuis 1900, les conséquences du dérèglement climatique ne “sont plus une exception” mais “notre nouvelle norme” et une “réalité tragique”, a déclaré la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, en dévoilant les contours de ce “PNACC-3”.Ce plan, attendu depuis fin 2023, compte 52 mesures destinées à protéger davantage les populations, mieux anticiper les risques, assurer la résilience des territoires et adapter les activités humaines face à des conditions climatiques extrêmes.Il se base sur une trajectoire de réchauffement de référence en France à +2,7°C en 2050 et +4°C en 2100. – Dimension territoriale – L’accent est particulièrement mis sur les territoires et secteurs les plus menacés comme les littoraux, les montagnes, les forêts et l’agriculture.Parmi les mesures, le renforcement des protections pour les travailleurs exposés aux canicules, différentes études pour mieux adapter transports et exploitations agricoles, des feuilles de route pour adapter chaque secteur économique, une évolution des règles de rénovation des logements ou encore une protection des principaux sites culturels français (Tour Eiffel, Mont Saint-Michel…).Un “travail” va également débuter dans le but de donner une “valeur juridique” à la Trajectoire de référence de l’adaptation au changement climatique (TRACC), un document de référence pour les acteurs publics. Cent intercommunalités seront accompagnées en 2025 dans le cadre d’une Mission adaptation.Ronan Dantec, vice-président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable au Sénat, a salué cette “dimension territoriale”. “Pour la première fois on a une trajectoire très claire, c’était absolument essentiel pour les acteurs locaux”, a-t-il déclaré.L’accent a aussi été mis sur le financement des mesures, l’une des principales critiques énoncées avant la consultation publique lancée en octobre. – Quels financements ? -Outre le réchaussement, déjà annoncé, du fonds Barnier, créé en 1995 pour aider collectivités, petites entreprises et particuliers à financer les travaux nécessaires pour réduire leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles, Agnès Pannier-Runacher a aussi annoncé une “mobilisation inédite du Fonds vert à hauteur de 260 millions d’euros”. Près d’un milliard d’euros des crédits des Agences de l’eau seront orientés vers l’adaptation et une enveloppe de 30 millions sera consacrée à la prévention des gonflements des sols à dominante argileux. Une nouvelle mission pour mobiliser davantage les acteurs privés, et notamment les banques, dans la prévention des risques sera lancée “au premier semestre 2026″.”Il est essentiel que l’adaptation soit dotée de moyens à la hauteur des enjeux”, a souligné la ministre, assurant avoir augmenté les enveloppes “à hauteur de 40%”. Mais pour I4CE, institut de recherches spécialisé dans l’économie du climat, cela reste “quand même à nuancer”.”La hausse du Fonds Barnier pourrait rapidement se révéler insuffisante et la réorientation du Fonds Vert vers l’adaptation est surtout l’effet d’une diminution des moyens alloués aux autres priorités, les crédits dédiés à l’adaptation se maintiennent mais n’augmentent pas”, juge Guillaume Dolques, expert Adaptation chez I4CE.Pour lui, ce plan “n’est qu’une première étape” et n’aura “de sens que si certains arbitrages sont faits et que l’on se donne les moyens des ambitions”.Ronan Dantec reconnaît aussi que dans le contexte budgétaire tendu, il va “probablement manquer de l’argent”, mais reste malgré tout “très satisfait de ce PNACC” avec lequel, dit-il, “on a vraiment franchi des paliers importants” sur le chantier de l’adaptation, longtemps insuffisamment pris en compte.L’ONG Oxfam juge ce plan “inopérant, car dépourvu de gouvernance adaptée et de moyens budgétaires pour sa mise en œuvre”. Il constitue “une nouvelle occasion manquée de protéger la population”, dit Oxfam, regrettant notamment que les besoins des plus vulnérables (personnes âgées, enfants …) ne soient pas suffisamment pris en compte.”L’inaction coûtera bien plus cher que l’adaptation”, souligne l’ONG. Un constat partagé par Agnès Pannier-Runacher: “un euro investi dans l’adaptation, c’est huit euros évités pour réparer les dommages”, a-t-elle souligné.

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Finlande: fuite de liquide de refroidissement radioactif dans l’enceinte du réacteur EPR

Une fuite de 100 m3 de liquide de refroidissement radioactif s’est produite vendredi dans l’enceinte du réacteur EPR Olkiluoto 3 (OL3) en Finlande, le plus puissant d’Europe, sans “poser de risque”, a annoncé son exploitant TVO lundi.  La fuite a eu lieu à l’occasion de la maintenance annuelle “lors du remplissage de la piscine du réacteur”, a précisé TVO dans un communiqué.”Le liquide de refroidissement s’est écoulé dans des salles de confinement fermées à l’environnement et dans le système de drainage du sol de l’enceinte de confinement”, a-t-il ajouté.”L’incident n’a présenté aucun risque pour le personnel, l’environnement ou la sûreté nucléaire”, a-t-il ajouté.Selon TVO, cette fuite s’est produite “à la suite d’une erreur humaine, une trappe de la piscine n’ayant pas été fermée correctement”.”L’importance de l’événement pour la radioprotection a finalement été faible, grâce aux mesures de sécurité prises”, a-t-il ajouté.Le calendrier de la maintenance n’est pas affecté et devrait s’achever comme prévu en mai.TVO “a commencé à enquêter sur la cause de l’incident et soumettra ultérieurement un rapport” à l’autorité de sûreté nucléaire finlandais (Stuk), en particulier “sur les mesures visant à empêcher qu’il se reproduise”, a indiqué l’autorité dans un communiqué séparé.OL3 est le réacteur nucléaire le plus puissant en opération en Europe et fournit 14% de l’électricité de la Finlande.Comme nombre d’autres chantiers d’EPR, il a été marqué par d’innombrables retards et d’énormes surcoûts qui ont été une des principales causes du démantèlement industriel de son constructeur, le groupe français Areva, depuis rebaptisé Orano.