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“Comment notre fille a pu subir ça ?”: au procès de l’enseignante d’Evaëlle, le combat de ses parents

Au procès de l’enseignante d’Evaëlle jugée à Pontoise pour harcèlement sur mineurs, les parents de l’adolescente sont revenus sur l’histoire de leur fille qui s’est suicidée à 11 ans en 2019 et leur combat, eux qui ont “alerté tous ceux” qu’ils “pouvaient”. Précoce et “atypique”, Evaëlle avait d’après son père “des difficultés à s’entendre avec les enfants de son âge”.L’arrivée en 6e au collège Isabelle-Autissier d’Herblay dans le Val-d’Oise avait été éprouvante pour l’adolescente, devenue le bouc émissaire de camarades qui l’insultent et la violentent. Deux d’entre eux seront jugés devant le tribunal des enfants avant la fin de l’année.Dès septembre, elle a également fait face à des tensions avec sa professeure de français, autour de la mise en place d’un protocole médical relatif à des problèmes de dos. Après des échanges entre les parents d’Evaëlle et l’enseignante, parfois tendus, la situation avait été temporairement réglée. Jusqu’à une session consacrée au harcèlement scolaire, quelques mois plus tard.L’enseignante avait demandé aux élèves d’exprimer leurs reproches à Evaëlle qui devait ensuite s’expliquer. Face à ses pleurs, l’enseignante s’était énervée et lui avait intimé de répondre aux questions, d’après les récits des élèves.Pour Evaëlle, “c’était la pire journée de toute ma vie”, rapporte sa mère.”Ça a été la goutte de trop”, se remémore le père d’Evaëlle. “On se dit que c’est pas possible d’avoir ces attitudes-là, elle est où la bienveillance ? Comment notre fille a pu subir ça ?”.Les parents retirent leur fille des cours de français.Le père est “convaincu” que l’enseignante “a initié” le harcèlement et que “les élèves ont repris le flambeau”.Evaëlle change de collège, elle va d’abord mieux mais est rattrapée par des difficultés, notamment avec un camarade.”Elle n’a pas eu le temps de travailler” le harcèlement subi dans son précédent collège et “le comportement de ce garçon lui a fait revivre beaucoup de choses. Elle n’a trouvé qu’une solution pour s’échapper”, ajoute son père.L’échappatoire trouvée par la fille de 11 ans est le suicide. Il la découvre le 21 juin 2019, pendue à son lit.”Tout s’est écroulé le jour où Evaëlle a disparu”, confie-t-il pudiquement.- “Drame de l’institution” -Au moment des faits, la communauté éducative du collège soutient l’enseignante visée par l’enquête.Dans un courrier au rectorat envoyé avant le départ du collège d’Evaëlle, le principal dénonce l’attitude de ses parents qualifiée d'”attaques affolées et injustifiées”.”En 2018, dans ma façon de penser, je ne peux pas imaginer qu’un enseignant puisse avoir des agissements de type harcèlement”, raconte-t-il à la barre.Le suicide d’Evaëlle, “c’est le drame de toute l’institution scolaire” reconnaît-il.”Enfin il se rend compte qu’on n’a pas monté les choses en épingle. On n’a pas été intrusifs plus que ça, on n’a pas été revendicatifs, on a même eu du mal à poser le mot harcèlement au début”, réagit la mère d’Evaëlle.Elle regrette aussi bien l’inertie de l’Education nationale -contre laquelle il n’y aura aucune poursuite pénale à la suite d’une indemnisation- que le manque d’investigations des autorités, une première plainte ayant été classée alors qu’Evaëlle était encore vivante.”On a alerté tous ceux qu’on pouvait en tant que parents d’élèves”, insiste la mère.L’enseignante sera interrogée mardi.Lors de l’instruction, elle a rapporté n’avoir pas réussi à créer un lien avec Evaëlle mais se disait investie pour les élèves.Un portrait très contrasté de l’enseignante aux 30 ans sans accroc a été brossé par différents témoignages.”Elle avait une grande compétence avec les élèves en difficulté”, d’après le principal du collège, soulignant qu’elle donnait toujours cours avec la porte de la classe ouverte.Pour celui qui lui a succédé dès la rentrée de septembre 2019, elle apparaissait comme étant une “professeure autoritaire et cassante”.”Humiliation”, “isolement”, “stigmatisation” : les comportements de l’enseignante ont eu “pour effet une dégradation très importante des conditions de vie de la jeune fille qui s’isolait de plus en plus”, a écrit la juge, qui l’a renvoyée pour harcèlement moral sur Evaëlle et deux autres adolescents et décidé d’un non-lieu pour homicide involontaire.

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Collision en mer du Nord: Greenpeace “extrêmement préoccupée” par les “multiples risques toxiques”

L’ONG Greenpeace s’est dite lundi “extrêmement préoccupée” par les “multiples risques toxiques” engendrés par la collision d’un pétrolier et d’un cargo en mer du Nord, dont l’un transportait du kérosène et l’autre un gaz inflammable, le cyanure de sodium, selon le site spécialisé Lloyd’s List Intelligence.Selon cette publication spécialisée dans le transport maritime, le cargo qui a percuté le pétrolier transportait une quantité non déterminée d’alcool et quinze conteneurs de cyanure de sodium, un gaz inflammable et très toxique en cas d’inhalation et d’ingestion.”Alors que les informations émergent sur ce que les navires transportaient, nous sommes extrêmement préoccupés par les multiples risques toxiques que ces produits chimiques pourraient représenter pour la vie marine”, a déclaré Paul Johnston, scientifique des laboratoires de recherche de Greenpeace à l’université d’Exeter (ouest du pays).”Le kérosène qui a pénétré dans l’eau à proximité d’une zone de reproduction des marsouins est toxique pour les poissons et autres créatures marines”, a-t-il ajouté.La collision survenue lundi entre le porte-conteneurs Solong et le pétrolier Stena Immaculate, qui était ancré à environ 10 miles (16 km) de la côte, a déclenché une alerte à la pollution sur la côte nord-est de l’Angleterre.D’après le site Lloyd’s List Intelligence, le Stena Immaculate transportait environ 220.000 barils de kérosène.Selon Tom Webb, maître de conférences en écologie marine et en conservation à l’université de Sheffield (nord), la zone où a eu lieu la collision est connue pour la richesse de sa faune, notamment les échassiers et autres oiseaux d’eau.”La pollution chimique résultant d’incidents de ce type peut avoir un impact direct sur les oiseaux et peut également avoir des effets à long terme sur la chaîne alimentaire marine”, a-t-il déclaré.

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Collision entre un pétrolier et un cargo en mer du Nord, rejet de kérosène

Une collision entre un cargo et un pétrolier à l’ancre lundi en mer du Nord au large du Yorkshire (nord de l’Angleterre) a provoqué un important incendie et l’évacuation d’une trentaine de membres d’équipage, le rejet en mer de kérosène faisant redouter une pollution.L’incident qui s’est produit lundi matin a déclenché une vaste opération de secours, coordonnée par les garde-côtes britanniques, alors que des images vidéo montrent d’impressionnants panaches de fumée et des flammes s’élevant du lieu de la collision.Les raisons de l’incident restent pour l’instant à déterminer, mais selon l’opérateur américain du pétrolier, la société Crowley, “le +Stena Immaculate+ a été percuté par le porte-conteneurs +Solong+”.Son propriétaire, la société suédoise Stena Bulk, a précisé à l’AFP que l’équipage du navire est en vie.Il a quitté le navire après plusieurs explosions dans le bateau, dont un réservoir contenant du kérosène a été brisé, a précisé Crowley.Un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer a qualifié la situation “d’extrêmement préoccupante”, tandis que les garde-côtes ont lancé une “évaluation” pour décider des “mesures de lutte contre la pollution probablement nécessaires” après la collision.Selon un porte-parole du commandement chargé du transport maritime militaire, le “Stena Immaculate” “était temporairement affrété par le Military Sealift Command”, une branche de l’armée américaine.Une trentaine de personnes ont été évacuées par les secours, mais leur nombre précis et leur état de santé faisait l’objet d’informations contradictoires.Le directeur du port de Grimsby, Martyn Boyers, a fait état auprès de l’AFP de 32 blessés transportés vers cette localité, tandis que le député local, Graham Stuart, a donné le chiffre de 37 personnes évacuées, dont une transportée à l’hôpital.Les blessés sont arrivés à terre “à bord de trois bateaux” et “les ambulances font la queue sur le quai” du port, a indiqué Martyn Boyers.La Branche d’investigation des accidents maritimes (MAIB), organisme chargé des enquêtes sur les accidents en transport maritime, a annoncé avoir envoyé une équipe sur place pour procéder à de premières constatations. Dans la zone portuaire, seuls les travailleurs assermentés du site ont le droit d’entrer et de sortir, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. Des bruits d’hélicoptères se font régulièrement entendre.- “Limiter l’impact” -Le cargo impliqué, le “Solong”, bat pavillon portugais et était parti de Grangemouth, en Ecosse, lundi soir pour se rendre à Rotterdam, aux Pays-Bas. L’entreprise allemande Reederei Köpping, qui est son propriétaire toujours selon Vessel Finder, indique sur son site que le bateau mesure 140m de long. Il est capable de transporter un maximum de 812 containers de 14 tonnes.Elle n’a toujours pas réagi à l’incident à ce stade.L’alerte a été donnée peu avant 10H00 GMT, selon les garde-côtes britanniques. Une opération de secours a été mise en place dans la fouée mobilisant notamment canots de sauvetage, un avion, un hélicoptère et des navires situés a proximité, avait indiqué la même source.Battant pavillon américain, le “Stena Immaculate” est parti le 27 février d’Agio Theodoroi, en Grèce, à destination de Killinghome, dans le nord de l’Angleterre, selon Vessel Finder.L’ONG environnnementale Greenpeace a indiqué dans un communiqué suivre de “très près” les informations sur la collision.”À ce stade, il est trop tôt pour évaluer l’ampleur des dommages causés à l’environnement”. Toutefois, juge-t-elle, “dans le cas d’un déversement d’hydrocarbures ou d’une perte de cargaison dangereuse du porte-conteneurs concerné, la rapidité de l’intervention sera également cruciale pour limiter l’impact”.Tout en pointant les dangers d’une fuite “toxique”, Ivan Vince, directeur du cabinet ASK Consultants, spécialisé en sécurité des risques environnementaux, explique que le kérosène “n’est pas persistant” dans l’environnement. “L’essentiel va s’évaporer rapidement et ce qui ne s’évapore pas sera dégradé assez rapidement par les micro-organismes” marins, ajoute-t-il.Plusieurs collisions ont été rapportées ces dix dernières années en mer du Nord.Il y a deux ans, deux cargos s’étaient percutés au large de l’archipel allemand de Heligoland. Trois personnes avaient été tuées et deux autres avaient disparu en mer.En 2015, le Flinterstar, un cargo transportant plus de 500 tonnes de produits pétroliers, avait coulé après une collision avec un tanker à huit kilomètres au large du littoral belge.bur-ode-adm-mhc/alm/ybl

Evasion de Mohamed Amra: détention provisoire pour l’un des principaux membres présumés du commando

Fernando D., suspecté d’être l’un des principaux membres du commando qui a permis l’évasion du narcotrafiquant Mohamed Amra, a été placé en détention provisoire lundi, ont indiqué ses avocats à l’AFP.Leur client, surnommé “Abe”, transféré d’Espagne et mis en examen à Paris jeudi, avait demandé un débat différé devant le juge des libertés et de la détention (JLD).Lundi, le suspect, aux longues dreadlocks attachées en une queue basse et à la barbiche brune, est arrivé escorté d’agents du GIGN devant la JLD, a constaté l’AFP.C’est avec une voix à peine audible que l’homme, la carrure athlétique sous un pull bleu ciel et la joue gauche portant les stigmates d’une plaie, a décliné son identité, sa date et son lieu de naissance, les poignets toujours menottés. La juge a ensuite ordonné le huis clos.Fernando D., 32 ans, avait été interpellé fin février dans une luxueuse villa dotée d’un important dispositif de sécurité à Mijas, dans la province de Malaga (sud de l’Espagne).Selon la police espagnole, lors de la perquisition, les enquêteurs avaient notamment retrouvé deux armes à feu chargées, des plaques d’immatriculation françaises “doublées”, un véhicule de luxe volé en France…Remis à la France, il est soupçonné d’avoir fait partie du commando qui a attaqué, à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut, un fourgon pénitentiaire où était détenu le narcotrafiquant Mohamed Amra lors d’une extraction au péage d’Incarville (Eure), tuant deux agents pénitentiaires et en blessant trois autres.Les enquêteurs n’ont, à ce stade, “aucun ADN, aucune empreinte papillaire, aucun bornage téléphonique qui lui appartiendrait, aucune reconnaissance par un quelconque témoin qui permettrait de démontrer qu’il était présent”, a affirmé l’un de ses avocats, Me Saïd Harir.Les enquêteurs se fondent, “de ce qu’on a compris” sur le “visionnage d’une vidéosurveillance”, où ils assurent avoir détecté une “démarche” et une “corpulence”, relève Me Harir.Mais “on a bien vu” devant le JLD “qu’il n’a aucune démarche particulière, ni gabarit particulier qui permettrait une reconnaissance”, a insisté Me Harir.Le suspect a été placé à l’isolement.”C’est compliqué pour lui. Il ne faut surtout pas oublier qu’il s’agit de sa première incarcération”, a souligné Me Harir, assurant que son client n’avait “pas pour habitude d’évoluer dans le milieu du banditisme” et comptait à son casier, “huit mentions, très anciennes, et essentiellement des délits routiers”.”L’institution judiciaire ne doit pas oublier qu’elle a avant tout affaire à un homme”, a abondé Me Steeve Ruben, son avocat également.Dans ce dossier d’ampleur, où 27 autres suspects sont poursuivis, “il faudra veiller à ce que les principes de l’institution ne s’effondrent pas”, a-t-il prévenu.

Le lycée musulman Al-Kindi retrouvera-t-il son contrat ? A la justice de trancher

Le groupe scolaire musulman Al-Kindi et l’Etat, qui a résilié son contrat, se sont vivement affrontés lundi devant le tribunal administratif de Lyon, leurs représentants s’accusant mutuellement d’avoir des visées “politiques” dans ce dossier emblématique.La préfète d’Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé le 10 janvier mettre fin aux contrats avec l’école, le collège et le lycée Al-Kindi, accusés de “porter un projet contraire aux valeurs de la République”, invoquant plusieurs “manquements” constatés lors de visites d’inspections.Parmi ses griefs: la présence de sept ouvrages qualifiés de “séparatistes” dans son fonds documentaire, un règlement intérieur différent pour les filles et les garçons, des propos problématiques tenus par un professeur sur sa chaîne Youtube ou encore une “opacité” administrative et financière.L’établissement, qui scolarise 620 élèves à Décines-Charpieu, en banlieue de Lyon, a saisi en urgence la justice pour lui demander de suspendre cette décision qui la privera, selon ses calculs, de 1,6 million d’euros à la rentrée prochaine.Dans une salle d’audience bondée, où régnait une forte émotion, son avocat Sefen Guez Guez a accusé l’Etat d’avoir “cherché le maximum d’arguments pour faire résilier le contrat” dans un souci “d’affichage” politique.Il a aussi reproché aux autorités de ne pas avoir tenu compte des “mesures correctrices” prises par l’établissement après le rapport d’inspection (retrait des livres problématiques, rupture du contrat de l’enseignant contesté, modification du règlement intérieur…) “Vous avez été pris la main dans le sac” et avez opéré un revirement opportuniste, a rétorqué Pascale Leglise, directrice des libertés publiques et des affaires juridiques du ministère de l’Intérieur, en accusant l’équipe dirigeante d’être “noyautée par les Frères musulmans”.”Cet établissement dysfonctionne et dysfonctionnera”, a-t-elle encore assené, l’accusant d’inculquer à ses élèves “une vision fondamentaliste et séparatiste” de la société. “Ils auront les manettes du pouvoir, de bonnes situations” et “un biais dans leur mode de fonctionnement”, a-t-elle déploré.”Dans une société de plus en plus fracturée (…) il faut stopper les gens qui ont des visées d’islam politique”, a encore assené la représentante de l’Etat, “il y a le feu!”Le président du tribunal, Thierry Besse, a fait baisser les tensions en ramenant le débat sur “les aspects comptables” du dossier.Pour lui, “la critique fondamentale” porte sur la porosité entre les finances des classes sous contrat et celles hors contrats qui par “un tour de passe passe” affichent les mêmes frais d’inscription. Il rendra sa décision dans la semaine.À l’exception d’une classe de seconde dans une école à Marseille, Al-Kindi est le dernier lycée musulman sous contrat depuis la résiliation de l’agrément du lycée Averroès de Lille, longtemps présenté comme le fleuron de l’enseignement musulman en France.Fin 2023, le préfet du Nord avait décidé de résilier ce contrat en reprochant au lycée d’avoir dispensé des enseignements “contraires aux valeurs de la République”. Le tribunal administratif de Lille a depuis rejeté deux recours en référé et doit examiner le fond du dossier le 18 mars.Ce sera “un procès historique”, a commenté dans un communiqué la direction du lycée nordiste, déplorant “les inégalités de traitements” entre lycées musulmans et catholiques “à l’heure où les scandales révélés paraissent se multiplier dans l’enseignement privé”.

Disparition de Delphine Jubillar: le procès de son mari s’ouvrira le 22 septembre aux assises du Tarn

Le procès de Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse Delphine disparue en décembre 2020, va débuter le 22 septembre devant la cour d’assises du Tarn, a-t-on appris lundi de source judiciaire.Incarcéré depuis sa mise en examen le 18 juin 2021, ce peintre-plaquiste de 37 ans qui clame son innocence dans cette affaire sans corps, ni aveux, ni témoin, ni scène de crime, doit être jugé pendant plusieurs semaines mais la durée exacte du procès reste encore à déterminer, selon la même source.Son épouse Delphine Jubillar, infirmière avec qui il a eu deux enfants, avait disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en plein couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19, à Cagnac-les-Mines (Tarn), près d’Albi.Malgré l’absence de corps ou d’aveux, les enquêteurs ont progressivement acquis la conviction que Cédric Jubillar avait tué son épouse alors qu’elle venait de lui annoncer son intention de divorcer. Il a été mis en examen pour meurtre.Le procès pourrait durer jusqu’à quatre semaines, une ampleur liée au fait que “c’est un procès hors normes où tout est contesté”, avait expliqué début novembre à l’AFP Me Alexandre Martin, l’un des trois avocats de Cédric Jubillar, après une réunion préparatoire en présence des parties.”L’accusation sera soutenue par deux avocats généraux”, l’un du parquet général et l’autre du parquet de Toulouse, afin de “sécuriser la tenue du procès en raison de sa durée et d’associer à l’accusation le parquet de Toulouse qui a suivi la procédure tout au long de l’information judiciaire”, avait à cette même occasion souligné un communiqué de la cour d’appel toulousaine.La disparition de Delphine Jubillar avait suscité un grand émoi en France, quelques jours avant Noël et quelques semaines après la condamnation de Jonathann Daval pour le meurtre de son épouse en Haute-Saône, qu’il avait longtemps nié en endossant le rôle du mari éploré.

Fashion Week de Paris: puissance et sensualité chez Marine Serre, des airs d’adieu chez Loewe

Marine Serre, Loewe et Gabriela Hearst ont dévoilé lundi, lors de la Fashion Week de Paris, leurs collections automne-hiver 2025-2026, avant le très attendu défilé de Louis Vuitton qui doit clôturer cette avant-dernière journée.Pour cette nouvelle saison, la jeune créatrice française Marine Serre a présenté un vestiaire mixte sensuel et structuré, où la taille est cintrée et les épaules carrées, hommage aux femmes fatales des années 1950 et 1980, et où la lingerie s’expose. “La collection est axée sur le fait de donner aux hommes et aux femmes l’impression qu’ils sont dans un film tous les jours”, a expliqué la styliste de 33 ans à la presse. Un film, ou une série, de David Lynch, décédé mi-janvier. “C’est une référence à la +Red Room+ de Twin Peaks, où on ne sait pas si on est dans le futur, dans le passé, le présent, ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas”, a-t-elle ajouté. Élément iconique de la série télévisée des années 1990 du cinéaste américain, la “Red Room” est un monde parallèle dans lequel le personnage principal fait de nombreux rêves étranges.Une robe midi en cuir noir et aux épaules futuristes, un manteau sans manches en fourrure ceinturé à la taille, une robe blanche à longues manches faite à partir d’éléments de lingerie, une nuisette satinée jaune clair sur une chemise noire ou encore un bustier de cuir noir porté sur une combinaison en dentelle rouge transparente font partie des looks les plus remarquables. Le tout, donc, essentiellement en noir et blanc, avec des touches de rouge et d’imprimé tigre.”Je veux que les femmes soient libres, radicales. Je veux qu’elles s’aiment, qu’elles se sentent sexy et vraiment sensuelles”, a insisté Marine Serre. – La dernière d’Anderson chez Loewe ? -Absente de la semaine de la mode masculine de Paris en janvier, la marque espagnole Loewe, propriété du groupe LVMH, s’est cette fois contentée d’une simple présentation de ses collections femme et homme. De quoi alimenter les rumeurs de départ de son directeur artistique Jonathan Anderson pour d’autres horizons au sein du géant français du luxe.Il se murmure notamment qu’il pourrait prendre la tête de Dior, en remplacement de Kim Jones, qui a quitté Dior Homme en janvier, et de Maria Grazia Chiuri, la directrice artistique des collections femme. Toujours en place, la styliste italienne est également donnée partante.En attendant, le Nord-Irlandais a confirmé son style conceptuel avec une collection en hommage au couple Josef et Anni Albers, pionniers de l’art moderne au XXe siècle.Le vestiaire féminin se compose notamment de grands manteaux en laine multicolore, tissés comme un patchwork minutieux, de vestes en cuir et de longs manteaux noirs à grandes poches avec d’énormes fermetures métalliques qui s’associent à d’immenses cuissardes, et de robes de soirée en organza bleu ciel. Chez les hommes, les pantalons sont larges, les bottes de style alpin. L’Uruguayenne Gabriela Hearst, ex-directrice artistique de Chloé, a de son côté dévoilé une collection chic et bohème, avec une abondance de cuir, d’imprimés python et de vison recyclé. Une robe côtelée en laine mérinos ocre et jaune, avec des tourbillons sur la poitrine, ou encore un modèle fait de restes de cachemire, couleur avoine, tissés à la main par des artisans uruguayens, figurent parmi les pièces remarquables.La journée s’achèvera par le défilé de Nicolas Ghesquière pour Louis Vuitton, dans un lieu tenu secret.

Transports: les plaintes pour violences sexuelles en forte hausse

Le nombre de victimes de violences sexuelles dans les transports en commun enregistrées par les forces de l’ordre a augmenté de 86% en près de dix ans, une hausse qui a conduit certains opérateurs à déployer des dispositifs de prévention. En 2024, 3.374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été enregistrées par les services de police et de gendarmerie nationales, soit 6% de plus qu’en 2023, et 86% de plus qu’en 2016, selon une étude publiée lundi par l’Observatoire de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof). Les femmes restent les cibles principales: elles représentent 91% des victimes, selon l’enquête du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) citée par l’Observatoire. Trois quarts d’entre elles (75%) ont moins de 30 ans, 36% sont mineures. La quasi-totalité des mis en cause (99%) sont des hommes.A Paris et en région Ile-de-France, une enquête menée par la RATP montre que sept femmes sur 10 ont été victimes de ce type de violences dans les transports franciliens au cours de leur vie. Les interpellations pour des agressions sexuelles survenues dans les transports en commun d’Île-de-France ont augmenté de 30% en 2024 par rapport à 2023, a annoncé vendredi la SNCF.”Qu’une femme ou une fille modifie ses horaires ou ses trajets par peur d’être agressée doit nous interroger sur la liberté d’accès de toutes les citoyennes au service public des transports”, estime la secrétaire générale de la Miprof, Roxana Maracineanu, citée dans l’étude.En l’espace de dix ans, la réaction des témoins a évolué avec une plus grande intervention: 23% des victimes déclarent ainsi avoir été aidées par une tierce personne, contre 10% en 2016.Du côté des victimes, 74% en ont parlé à des proches, 16% à un professionnel de santé et 16% aux forces de l’ordre. Seules 7% ont déposé plainte. En 2016, elles n’étaient que 2%.- “Inadmissibles” -Face à l’ampleur du phénomène, certains opérateurs ont mis en place des dispositifs visant à renforcer la sécurité des femmes sur leur réseau, à l’image de descentes à la demande dans les bus. Les dispositifs déployés – comme les numéros d’assistance (3117 et 31177) et les bornes d’appel sur les quais – sont connus de la majorité des utilisateurs du réseau francilien mais restent peu utilisés: 12% seulement déclarent y avoir déjà eu recours.Environ 900 alertes ont été reçues en 2024 par ces numéros d’assistance pour des violences sexistes et sexuelles, soit 4% du total des alertes, qui concernent plutôt des faits de sûreté. “On a besoin aujourd’hui que les jeunes s’emparent de ce 3117, qu’ils le popularisent autour d’eux”, a souligné vendredi Valérie Pécresse, la présidente d’IDFM (Ile-de-France Mobilités), l’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France, lors d’une visite au centre d’appel du 3117. “C’est eux qui vont être les donneurs d’ordre, y compris à leurs parents, en disant: +Porte plainte, ça sert à quelque chose+”.Les agents des stations et les agents de sécurité de la RATP sont formés pour assurer un soutien adapté aux victimes, précise la RATP.Cette étape est sensible. “La personne qui prend en charge doit être en capacité d’écoute, ne pas la brusquer à aller porter plainte par exemple, tout en restant à sa place selon ses compétences professionnelles”, indique dans l’étude la chercheuse en urbanisme Manon Marguerit, qui a réalisé une thèse à la RATP sur la prévention et la lutte contre les violences sexuelles et de genre. “Pour la RATP, comme les agent·e·s sont directement en station et donc spatialement proches du lieu de l’agression, ils et elles peuvent constituer un premier maillon dans la relation de soin avec une victime”, souligne Manon Marguerit.Dénonçant un “fléau”, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a jugé ces comportements “inadmissibles”. Dans un message publié sur X, il a assuré que la proposition de loi sur la sûreté dans les transports, actuellement en examen au Parlement, allait permettre de donner des pouvoirs accrus aux agents RATP et SNCF sur le terrain. “ces mesures fermes doivent être mises en oeuvre rapidement: il en va du droit des femmes à se déplacer en sécurité dans notre pays”, a-t-il écrit.