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55 Ghanaians killed after being lured into Ukraine war: govt

Some 55 Ghanaians have been killed while fighting in Ukraine, the country’s foreign minister said on Friday, promising a crackdown on illicit recruitment schemes luring citizens to Russia under false pretences.A growing number of African countries have in recent months begun to discover that their citizens have been duped into fighting for the Russian army, …

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Laits infantiles: la toxine céréulide repérée chez un bébé, l’Etat accusé de minimiser les risques

Pour la première fois, la toxine céréulide, derrière la vague actuelle de rappels de laits infantiles, a été repérée chez un bébé français ayant été hospitalisé, alors que des familles accusent l’État de minimiser les risques par un suivi insuffisant.La France a reçu “un premier résultat d’analyse de selles positif à la toxine céréulide” chez un nourrisson hospitalisé après la consommation d’un lait rappelé, a annoncé vendredi le ministère de la Santé, confirmant une information de Radio FranceC’est une première pour un bébé français, même si cela ne permet pas de conclure à un lien de cause à effet, après deux mois de doutes et d’interrogations sanitaires autour de l’affaire des laits infantiles. Celle-ci a débuté avec le rappel par Nestlé de dizaines de lots dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, une toxine pouvant provoquer des vomissements dangereux chez un nouveau-né.Puis, elle s’est amplifiée avec une cascade de rappels similaires par des industriels comme Danone ou Lactalis, mais aussi de plus petits acteurs de ce marché en pleine croissance. Point commun, un ingrédient fourni par le même sous-traitant chinois.Trois décès ont été signalés parmi des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels en France, seul pays européen dans ce cas, ainsi qu’une dizaine d’hospitalisations. Mais aucun lien de cause à effet n’a encore été identifié.Dans ce contexte, l’annonce de vendredi apporte un indice en faveur d’une intoxication, même si le ministère de la Santé reste sur sa ligne, assurant qu’il est trop tôt pour évoquer un lien et, donc, de premières conséquences sanitaires avérées de cette vague de rappels.”L’imputabilité” ne pourra être établie que par les “soignants ayant pris en charge l’enfant” en lien avec les “spécialistes en toxicologie mobilisés dans le cadre des investigations”, explique le ministère.Celui-ci ne communique pas les détails du cas. Selon Radio France, il s’agit d’un bébé hospitalisé une nuit début février à Montpellier et ayant consommé un lait Gallia (Danone).Ce développement intervient au moment où plusieurs familles accusent frontalement l’État d’appliquer une politique de surveillance qui minimise la réalité des conséquences sanitaires.- Des cas en Belgique -Les associations, qui ont engagé plusieurs actions en justice face à l’État et aux industriels, pointent notamment des rappels trop tardifs avec une responsabilité excessivement laissée aux industriels et des capacités insuffisantes d’analyses, la France ayant dû déléguer la recherche de céréulide à la Belgique. Celle-ci a signalé mi-février la présence de la toxine chez huit bébés ayant consommé un lait rappelé, tous avec des symptômes “légers”.La France, elle, a attendu plusieurs semaines avant de transmettre aux soignants et hôpitaux des critères justifiant une alerte, ces derniers étant assez larges et peu distincts d’une gastro-entérite.”On peut se dire que l’on est en train de minimiser le recensement des cas pour qu’il y ait moins de victimes recensées”, avance auprès de l’AFP Nathalie Goutaland, avocate du collectif Intox’Alim, rassemblant plusieurs familles.Me Goutaland, qui a saisi cette semaine en référé le Conseil d’État, avance une possibilité de “conflit d’intérêt” de la part de l’État devant le risque d’être mis devant ses responsabilités.”Effectivement, il y a une minimisation”, pour Quentin Guillemain, président de l’association APS-Enfants, née de l’affaire Lactalis impliquant déjà des laits infantiles en 2017. Il estime qu’à terme, “l’État sera probablement condamné pour carence fautive”.De son côté, le ministère de la Santé explique ne pas avoir cherché à dresser un recensement exhaustif des intoxications, mais de s’être concentré sur les cas potentiellement les plus graves. L’enjeu est plutôt “de permettre aux autorités de porter une attention particulière aux situations les plus sensibles”, dit-il à l’AFP.Depuis le début de la crise, les autorités sanitaires ont, par ailleurs, assuré plusieurs fois que la réalisation d’analyses n’était pas cruciale pour les médecins, puisqu’un bébé sera soigné de la même façon qu’il soit atteint d’une intoxication au céréulide ou d’une gastro-entérite sévère.”Que la détection de céréulide n’ait pas d’impact sur les soins, c’est hors sujet”, répond Me Goutaland, estimant qu’un “droit d’accès à la preuve” est en jeu pour les familles.

Allocations familiales: un coup de rabot pour financer le congé de naissance

La majoration des allocations familiales n’interviendra plus aux 14 ans de l’enfant, mais aux 18 ans, soit un manque à gagner pouvant atteindre 900 euros par an pour les familles concernées, en vertu d’une mesure qui entre en vigueur dimanche. Plusieurs associations déplorent cette mesure, qui vise à financer le nouveau congé de naissance, dans un contexte de chute historique de la natalité. – Ce qui change au 1er mars – Les allocations familiales, versées sous conditions de ressources, ne seront plus majorées lorsque les enfants atteignent l’âge de 14 ans. Jusqu’ici, les familles avec deux enfants bénéficiaient d’une augmentation quand le plus jeune atteignait cet âge, et celles avec trois enfants ou plus bénéficiaient de cette majoration pour chaque enfant franchissant cet âge, jusqu’à ses 20 ans.Désormais, la majoration n’interviendra qu’aux 18 ans de l’enfant. Les familles dont l’enfant a eu 14 ans avant le 1er mars continueront toutefois de percevoir l’ancien dispositif.Selon le gouvernement, la majoration de 14 ans représentait 75,90 euros supplémentaires par mois, au maximum, soit plus de 900 euros par an pour les familles concernées. – Quelles économies pour l’État? – Le ministère des Solidarités et des Familles justifie ce décalage par une logique de réallocation plus adaptée aux “besoins réels”. “Un enfant de 14 ans ne coûte pas plus cher qu’un enfant de 10 ans. Son coût augmente surtout avec les études supérieures et l’entrée dans la vie active”, explique-t-on.Selon le gouvernement, ce décalage permettra de réaliser 210 millions d’euros d’économies dès cette année, puis 1,2 milliard par an d’ici à quatre ans.Elles permettront de financer le congé de naissance qui entrera en vigueur au 1er juillet, et s’ajoutera aux congés maternité et paternité. De deux mois pour chaque parent, il sera rémunéré à 70% du salaire net le premier mois et 60% le second.- Un choix critiqué – Le Conseil de la famille du HCFEA (Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge), qui conseille le gouvernement, est défavorable à cette mesure, qui va “affecter particulièrement les familles nombreuses et modestes” dans un contexte “où la pauvreté infantile augmente”, souligne sa présidente Hélène Périvier.La branche Famille de la Sécurité sociale est “excédentaire et n’a donc pas besoin de raboter les allocations familiales pour financer ce congé de naissance”, dit-elle à l’AFP, relevant que ses excédents sont depuis des années utilisés pour financer des mesures qui relèvent des autres branches de la Sécurité sociale (maladie, vieillesse…).L’économie réalisée par la suppression de la majoration sera deux fois supérieure au coût du congé de naissance, estimé à 600 millions d’euros à terme, note pour sa part l’Union nationale des associations familiales.Le conseil d’administration de la Caisse nationale aux allocations familiales (Cnaf), où siègent les associations, s’est prononcé contre le décret décalant la majoration.Une famille avec un adolescent a besoin de 250 euros de plus par mois qu’avec un enfant en primaire, a calculé l’Unaf.”Un adolescent mange davantage et plus souvent hors de la maison, on peut plus difficilement le faire partager la chambre d’un autre, il se déplace seul et plus loin. Ses vêtements, ses loisirs, l’équipement téléphonique sont plus coûteux”, décrit Céline Bouillot, chargée de mission à l’Unaf.- Chute de natalité – Cette mesure intervient de plus dans un contexte de recul historique de la natalité en France, observent des associations: 644.000 naissances en 2025, soit 2,3% de moins qu’en 2024 et 24% de moins qu’en 2010, soit le niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale.L’instauration du nouveau congé de naissance, promesse d’Emmanuel Macron, est d’ailleurs la mesure emblématique de l’exécutif face à cette baisse historique. “La dénatalité est liée au fait que la société ne prenne pas assez en compte les familles. La réforme des allocations familiales revient à faire payer le congé de naissance par les familles modestes avec des adolescents, alors que les excédents de la Cnaf devraient servir aux familles”, regrette Mireille Lachaud de Familles de France.

Encore plus de Français fortunés non imposés qu’on ne pensait, affirme l’ancien ministre Éric Lombard

Ce sont “autour de 50.000” foyers détenteurs d’un patrimoine élevé qui échappent à l’impôt sur le revenu ou sur les plus-values et dividendes, a affirmé vendredi l’ancien ministre de l’Économie, Éric Lombard, qui avait initialement lancé l’alerte.Cet ancien dirigeant de grands groupes financiers, au sein de BNP Paribas puis à la Caisse des dépôts et consignations, et ex-adhérent du Parti socialiste, a fait un bref passage à Bercy, de décembre 2024 à octobre 2025, dans le gouvernement de François Bayrou.Il a expliqué vendredi sur RTL qu’il avait alors souhaité s’intéresser à ces cas: “J’avais demandé qu’on creuse le sujet. Et je maintiens d’ailleurs cette demande”.C’est lui-même qui a ouvert la polémique en déclarant au journal Libération en janvier: “Parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu!”Des parlementaires, alertés par ses propos, ont alors réclamé à Bercy des détails sur la fiscalité des particuliers en 2024.- Produits financiers -L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) a concerné quelque 186.000 foyers en 2024. Parmi eux, des sénateurs en ont trouvé en février 13.335 avec un revenu fiscal de référence si faible qu’ils ont été dispensés d’impôt sur le revenu, les plus-values et les dividendes.Mais le chiffre des Français fortunés non imposés est en vérité encore plus élevé, a assuré vendredi M. Lombard.”Il y a, j’estime, autour de 50.000 ménages probablement, si on fait un calcul statistique rapide, qui ont un revenu fiscal de référence modeste par rapport à leur patrimoine financier”, a-t-il déclaré à l’AFP, auprès de laquelle il souhaitait apporter des précisions.M. Lombard inclut des foyers fiscaux qui ne sont pas redevables de l’IFI mais qui détiennent un montant élevé d’actifs mobiliers, comme des produits financiers.”Pour une part non négligeable, c’est lié à ce qu’on appelle la suroptimisation fiscale (…) C’est légal (…) Certains peuvent trouver des montages permettant de réduire leur base fiscale”, affirmait-il sur RTL.Selon lui, “ça touche entre 0,1 et 0,3% des Français, sur lesquels il faut qu’on analyse ce qu’il se passe”.- “Situations extrêmement différentes” -“Ma conviction, en termes d’équité, c’est qu’avec ces nouvelles méthodes permettant de piloter ses revenus, quand on a des revenus assez importants, il faut que l’imposition soit aussi indexée sur le patrimoine, en tout cas sur l’épargne financière”, a exposé l’ancien ministre.M. Lombard a cependant déploré que le fisc n’ait connaissance que d’une partie du patrimoine des contribuables, la partie immobilière. Conformément à la loi française, “il n’y a pas de déclaration des patrimoines financiers”, a-t-il fait remarquer à l’AFP.Interrogé par RTL sur son positionnement politique, M. Lombard s’est dit “indépendant”. Il “travaille pour faire une plateforme” afin de rassembler “du Parti socialiste jusqu’à LR”, a-t-il révélé.Sur ce sujet de la fiscalité des riches, le gouvernement de Sébastien Lecornu a adopté une position défensive.La nouvelle première présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, lorsqu’elle était en janvier encore ministre de l’Action et des Comptes publics, avait déclaré à l’Assemblée nationale: “Il n’est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu. Il n’y a pas de document à Bercy qui le montrerait”.Son successeur David Amiel, interrogé mardi également à l’Assemblée nationale, a dénoncé une “confusion dans ce débat”, avec des contribuables dans “des situations extrêmement différentes”.”Il y a des retraités qui possèdent des biens dans des zones qui ont connu une flambée immobilière. Il y a des entrepreneurs qui ont des revenus extrêmement variables”, avait avancé M. Amiel. Il a promis aux parlementaires “une analyse plus approfondie des différents cas possibles”.L’Assemblée nationale a créé le 11 février une commission d’enquête sur l'”imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés et à leur contribution au financement des services publics”.En France, 53% des 41,5 millions de foyers ayant rempli une déclaration de revenus pour 2024 n’ont pas payé d’impôt sur le revenu.

Affaire Sarah Halimi: Kobili Traoré interpellé dans un autre dossier, la famille veut un procès

L’interpellation, dans une récente affaire de séquestration, de Kobili Traoré, jugé pénalement irresponsable du meurtre de Sarah Halimi en 2017, peut-elle rouvrir ce dossier retentissant ? C’est le voeu de la famille de la sexagénaire juive tuée, qui espère toujours un procès.Un nom bien connu de la chronique judiciaire a donc refait surface vendredi par le biais d’un communiqué du parquet de Paris. Kobili Traoré, ainsi que deux autres suspects, vont passer devant un juge d’instruction “en vue de leur mise en examen”, mis en cause dans une affaire d'”enlèvement, séquestration et vol avec arme”, crimes passibles de 20 ans de réclusion. Leur détention provisoire est requise, précise encore le ministère public.Kobili Traoré, gros consommateur de cannabis, avait roué de coups, au cri de “Allah Akbar”, et jeté par-dessus le balcon Sarah Halimi, sa voisine d’immeuble, âgée de 65 ans, il y a près de 9 ans à Paris.Bien qu’entérinant la nature antisémite du meurtre, la Cour de cassation, plus haute juridiction de la justice française, avait confirmé l’absence de procès dans cette affaire retentissante en avril 2021. Selon les experts psychiatriques, le meurtrier a été pris d’une “bouffée délirante” au moment des faits. Cette décision avait provoqué un vif émoi en France et au-delà, avec des manifestations d’ampleur dans l’Hexagone et en Israël pour réclamer, en vain, un procès du meurtrier, confié à différents services psychiatriques. – “Stupéfaction et effarement” -Cette fois Kobili Traoré, et deux complices présumés, s’en sont pris fin janvier à une personne chez qui ils “se fournissaient en stupéfiants” et avec qui l’un des suspects “avait un litige financier”, mentionne le parquet de Paris.Une fois dans son appartement, ils ont aspergé la victime “de gaz lacrymogène” et l’ont “violentée, avant de fouiller l’habitation”. Des bijoux, sacs de valeur, téléphone, et la clé d’un box ont été dérobés. Les agresseurs présumés ont attaché la victime sur une chaise avant de quitter les lieux.”C’est avec stupéfaction et effarement que nous avons appris que l’assassin et le bourreau de Sarah Halimi a été placé en garde à vue”, pour des faits “particulièrement violents”, a réagi la famille de Sarah Halimi par la voix de son avocat Me Olivier Pardo. La famille de Sarah Halimi, “qui a vécu l’absence de procès comme une blessure qui ne se referme pas ne peut que s’indigner” de la permission de sortie dont aurait bénéficié Kobili Traoré pour commettre ce récent méfait, alors qu’il faisait l’objet d’une “hospitalisation sous contrainte”, selon ce conseil. Cette séquestration “démontre un peu plus la nécessité impérieuse de rouvrir ce dossier afin de rétablir la vérité”, souligne Me Pardo, selon qui des “éléments nouveaux vont être produits” démontrant “que la thèse de l’abolition du discernement après la prise de stupéfiants ne correspond pas à la réalité”. – “Comme dans l’affaire Epstein” -“Des initiatives procédurales seront prises dans les prochaines semaines”, ajoute encore le conseil, martelant dans un communiqué que “le calvaire et l’assassinat de Sarah Halimi ne peuvent rester impunis”.Le cabinet de Me Pardo travaille depuis plusieurs mois sur ces éléments nouveaux, qu’il réserve à la justice et qui sont de nature selon lui à “pouvoir permettre la réouverture du dossier du meurtre de Sarah Halimi, un peu comme dans l’affaire Epstein”, éclaire-t-il cette fois auprès de l’AFP. Argument majeur pour la famille de Sarah Halimi, un psychiatre a attesté au cours de la garde à vue récente de Kobili Traoré “qu’il ne présentait pas de symptomatologie aigüe, ni syndrome délirant ni désorganisation”, rapporte le parquet de Paris.”Kobili Traoré a dû faire valoir, cette fois encore, que son discernement était aboli, mais cette fois l’expertise démontre que ce n’est pas le cas, c’est un élément complémentaire sur lequel je vais m’appuyer”, insiste auprès de l’AFP Me Pardo. “Avec ces faits récents et les éléments nouveaux que nous allons apporter sur la mort de Sarah Halimi, nous entendons démontrer qu’il y a eu une préméditation qui est incompatible avec une abolition du discernement”, conclut l’avocat.

Santé et prévention: l’essor des check-up privés soulève des inquiétudes

Mieux vaut prévenir que guérir, mais à quel coût? Des structures privées proposent des bilans de santé de prévention ultra complets, et très chers, soulevant réserves et inquiétudes chez des experts, qui dénoncent un modèle “élitiste” et pas forcément pertinent pour être en meilleure santé. Chez Zoï, start-up française de check-up médicaux personnalisés, aucun matériel médical n’est apparent. Dans les locaux à la décoration minimaliste – nichés au cœur de Paris, entre la place Vendôme et celle de l’Opéra – tout est dissimulé derrière des armoires en bois, dans une ambiance tamisée.Son cofondateur, Ismaël Emelien, ancien grand artisan de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron en 2017, revendique d’avoir conçu un “lieu qui ne soit pas un hôpital, pas un hôtel, et qui ne ressemble à aucun autre”.Le client – appelé “membre” – est directement installé à son arrivée dans l’une des 18 “suites”, dans laquelle se relaieront autour de lui, pendant quatre heures, des professionnels de santé.Au programme: 36 bilans dont l’analyse de 145 marqueurs biologiques, un électrocardiogramme, une échographie complète du corps, l’analyse du microbiote et quatre examens d’imagerie avancée – pour un prix total de 3.600 euros, non pris en charge par la Sécurité sociale.”Plus de la moitié des maladies chroniques non transmissibles sont évitables par le comportement. On a donc créé un service de santé préventive qui vise à comprendre les risques auxquels vous êtes exposés et vous fournir une feuille de route personnalisée pour vous aider à les réduire”, décrit à l’AFP M. Emelien.Une approche “extrêmement élitiste”, fustige Christine Ferron, déléguée générale de Fédération promotion santé, association qui mène des actions de prévention partout en France, et pour qui il est “inacceptable de considérer que cette offre serait une réponse adéquate aux problématiques de santé que l’on rencontre aujourd’hui”. Début janvier, l’arrivée chez Zoï de Jérôme Salomon, ancien directeur général de la Santé et figure des années Covid en France, a d’ailleurs suscité l’indignation de certains de ses confrères.”J’ai toujours été un fervent partisan de la prévention”, se défend-il auprès de l’AFP. “Les bilans que l’on fait ici, et c’est pour ça que je suis venu, ce n’est pas uniquement des dépenses multiples ou des choix cosmétiques, c’est vraiment des examens ciblés pour être les plus pertinents dans une démarche de médecine préventive”, affirme-t-il.- Pas d’efficacité démontrée -Cette entreprise n’est pas la seule sur ce créneau. Pionnier, l’Hôpital américain de Neuilly (Hauts-de-Seine) propose aussi des bilans de santé depuis plus de trente ans pour plusieurs milliers d’euros. D’autres start-up, comme Lucis ou Kor, se sont lancées récemment.Créée en janvier 2025, Lucis (5.000 utilisateurs revendiqués) est une “plateforme de santé préventive, adossée à des réseaux de laboratoire”, présente à l’AFP son fondateur, Max Berthelot.Pour 490 euros annuels, l’abonnement comprend deux bilans (analyse de 110 biomarqueurs, microbiote, âge biologique) qui donnent lieu à des recommandations “autour de la nutrition, du sommeil, de l’activité physique, du stress, etc.”, détaille-t-il.Pas de quoi convaincre Christine Ferron, pour qui les bilans proposés par cette offre privée n’ont pas “démontré leur efficacité” et ne correspondent à “aucune recommandation officielle”.L’analyse du microbiote n’est par exemple pas recommandée par la Société nationale française de gastro-entérologie ; tandis que l’âge biologique – l’âge des cellules qui diffèrerait de l’âge chronologique – “fait l’objet de nombreuses recherches, mais ne permet pas encore d’applications cliniques”, souligne le biologiste Eric Gilson, spécialiste du vieillissement.Quant à l’analyse des biomarqueurs, utilisée notamment pour prévoir les risques de maladie, “ce ne sont que des probabilités”, qui sont surtout modulables “selon l’environnement”, rappelle Marion Albouy, médecin de santé publique. D’ailleurs, observe-t-elle, le fait d’être informé d’un risque ne suffit pas à changer une habitude, comme par exemple celle de fumer ou boire de l’alcool, note la cheffe du service de santé publique du CHU de Poitiers.Selon Zoï, qui assure “ne pas faire d’examens inutiles”, 90% de leurs clients déclarent suivre les recommandations les plus importantes, notamment grâce “au suivi via une application”.- Bilans gratuits – Depuis son ouverture il y a deux ans, le centre a réalisé plus de 3.000 check-up – dont la moitié à des cadres, envoyés par leur entreprise, comme le géant français des cosmétiques L’Oréal ou celui de l’eau et des déchets Veolia. “Non seulement ça les assure contre des risques mais ça améliore aussi les performances, ça réduit l’absentéisme, ça réduit le burn-out”, assure M. Emelien.Pour Marie Persiani, vice-présidente de la Fédération promotion santé, cette vision de la prévention “très centrée sur l’individu” est “trop limitée pour être efficace”, puisqu’elle occulte de nombreux facteurs “plus déterminants” comme les conditions de vie ou de travail.Aussi, considérer l’individu comme “gestionnaire de ses propres risques” revient à lui “donner l’illusion de pouvoir contrôler sa trajectoire” en “surfant sur ses inquiétudes”.Sans oublier que cette multiplication de tests augmente le risque de déceler des potentielles anomalies “qui n’auraient jamais évolué”: “Cela peut entraîner des traitements invasifs, des opérations, des biopsies, donc beaucoup d’anxiété et de surtraitement”, avertit Mme Persiani.Les Français ont aussi déjà accès -gratuitement- à des check-up. Le dispositif “Mon bilan prévention”, généralisé en 2024, s’adresse ainsi à quatre tranches d’âge ciblées -18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans, ou 70-75 ans- et consiste à faire le point sur sa santé.Selon les chiffres de l’assurance maladie, 170.000 bilans ont été réalisés au cours des 18 premiers mois du lancement du dispositif – loin des plus de 20 millions de Français concernés.En matière de prévention, “il faut surtout consolider ce qu’on a déjà”, avance le Dr Albouy. Elle s’inquiète d’une “dérive qui résumerait la prévention” à ces bilans proposés par des start-up, qui ne sont qu’un “gadget” et participent à “l’aggravation des inégalités sociales”.Pour Christine Ferron, en plus d’être réservée à “une poignée de privilégiés”, cette offre privée se crée “au détriment du reste de la population”. Ces bilans mobilisent des ressources “en matériel et en professionnels alors que la population manque cruellement d’accès aux soins”, dénonce-t-elle.

L’Iranienne Esfandiari assignée à résidence après sa condamnation

L’Iranienne Mahdieh Esfandiari, condamnée jeudi à un an de prison ferme assorti d’une interdiction définitive du territoire pour apologie du terrorisme, a été assignée à résidence, a-t-on appris vendredi auprès de son avocat.Après sa condamnation, la jeune femme, qui a déjà effectué huit mois de détention provisoire et pourrait servir de possible monnaie d’échange avec Téhéran contre les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, toujours bloqués en Iran, est sortie libre et a annoncé vouloir faire appel.Le ministère de l’Intérieur a de son côté émis une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (Micas) après sa sortie du tribunal, selon Me Nabil Boudi, confirmant une information du Monde.Cette mesure, destinée à empêcher qu’elle ne s’évapore dans la nature, lui interdit de quitter Paris et l’oblige à pointer deux fois par semaine au commissariat de son quartier.Contacté, le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité faire de commentaire.Agée de 39 ans, Mahdieh Esfandiari, née en Iran et arrivée en France en 2018, a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement dont un ferme assorti d’une interdiction définitive du territoire, notamment pour apologie du terrorisme.La justice française l’accusait d’avoir alimenté en publications les comptes de l’organisation Axe de la Résistance en 2023 et 2024, notamment sur les plateformes Telegram, X, Twitch et YouTube.Ces publications ont notamment fait l’apologie de l’attaque sanglante menée par le mouvement islamiste radical palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive.Me Boudi, qui avait critiqué jeudi une “peine très sévère” et interrogé ses motivations, a par ailleurs confirmé à l’AFP avoir “interjeté appel” dans la foulée de la décision. Cet appel a pour effet de suspendre la peine prononcée, dont l’interdiction définitive du territoire, rendant son expulsion impossible jusqu’à la fin de la procédure.Les autorités iraniennes avaient émis le souhait d’échanger, une fois la procédure judiciaire close en France, leur ressortissante contre les deux Français.Cécile Kohler, 41 ans, et Jacques Paris, 72 ans, avaient été condamnés en octobre dernier respectivement à 20 et 17 ans de prison pour espionnage au profit notamment d’Israël, puis libérés début novembre avec interdiction de quitter le territoire iranien. 

Vingt ans de réclusion requis contre les deux auteurs de la campagne de haine visant Samuel Paty

Le parquet général a requis vendredi en appel 20 ans de réclusion criminelle contre les deux auteurs d’une campagne de haine contre Samuel Paty, lancée avant sa décapitation par un jihadiste tchétchène pour avoir montré des caricatures du Prophète lors d’un cours sur la liberté d’expression. Brahim Chnina, 54 ans, et le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, sont rejugés depuis fin janvier par la cour d’assises spéciale de Paris pour cette cabale en ligne ciblant le professeur d’histoire-géographie qui ne s’était arrêtée qu’avec son assassinat par Abdoullakh Anzorov le 16 octobre 2020 près du collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). L’accusation a demandé d’assortir la peine d’une période de sûreté des deux tiers, durant laquelle aucun aménagement de peine ne sera possible. Les deux hommes, qui encourent 30 ans d’emprisonnement, avaient interjeté appel de leur condamnation en première instance à 13 et 15 années de réclusion criminelle. Le parquet général doit désormais prendre ses réquisitions contre deux proches d’Anzorov, un jihadiste de 18 ans qui, après le crime, avait été abattu par la police qu’il menaçait.Condamnés en première instance à 16 ans de réclusion criminelle, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, encourent la perpétuité.”On ne reproche pas à Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui des actes préparatoires à l’attentat commis par Anzorov. Ce qu’on leur reproche, c’est des actes préparatoires à tous les Anzorov potentiels”, déclare une des deux avocates générales. Leur action et la désignation d’une cible ne peut être mise sous le coup de l’impulsion vite réprimée: elle “dure dix jours, du 7 octobre au 16 octobre”, relève la magistrate, dans un réquisitoire minutieux, s’employant, point par point, à priver d’oxygène la défense qui doit plaider vendredi et samedi.La cabale en ligne a semé au collège une “terreur” qui “était là avant même l’entrée en scène du terroriste Anzorov”: “C’est cette phase-là que vous avez à juger en ce qui concerne les deux accusés Abdelhakim Sefrioui et Brahim Chnina”, poursuit la magistrate.Selon elle, ils étaient passibles de poursuites avant même que l’attentat ne soit commis: “On leur reproche eux d’avoir créé les conditions d’un passage à l’acte terroriste.” – Enseignants traumatisés -“Jamais un dossier de terrorisme n’aura revêtu autant d’enjeux sociétaux”, poursuit-elle, insistant sur l’importance de protéger l’école, “fondement de la République”. Le crime a traumatisé la communauté enseignante et avait jeté l’effroi dans un pays alors sous tension: au moment des faits, Al-Qaïda venait de menacer de nouveau la France après la republication de ses caricatures par Charlie Hebdo à l’occasion du procès des attentats de janvier 2015. Et le 25 septembre, deux personnes avaient été blessées lors d’une attaque jihadiste devant les anciens locaux parisiens de l’hebdomadaire.Les deux hommes, qui ne connaissaient pas Anzorov, affirment n’avoir ni conscience de l’assassinat à venir ni intention qu’il advienne. Ils disent également n’avoir pas été mus par la question du blasphème et des caricatures, qu’avait invoquée Anzorov dans la revendication de son crime. Brahim Chnina a invoqué le sentiment d’injustice d’un père à qui sa fille avait dit avoir dû quitter la classe parce que Samuel Paty aurait fait sortir les musulmans au moment de montrer les caricatures. C’était un mensonge: exclue pour indiscipline, elle n’assistait pas à ce cours. Quant à Abdelhakim Sefrioui, qui avait contacté Brahim Chnina au début de la campagne en qualité revendiquée de représentant du Conseil des imams de France, il n’aurait été animé que par son combat contre la discrimination et sa conviction que le professeur avait stigmatisé les élèves musulmans. Une ligne de défense, balayée par l’accusation: “On est bien sur la question du blasphème”, tranche l’avocate générale, rappelant témoignages et propos passés des deux accusés.   Si Brahim Chnina a exprimé sa “honte” et ses regrets, cela n’a pas été le cas d’Abdelhakim Sefrioui: entre deux digressions théologico-politiques, il s’est posé en héraut des droits des musulmans, livrés à la “vindicte” publique par les autorités françaises avec la complicité de “médias aux ordres”. Vendredi, secouant parfois la tête ou esquissant un sourire ironique, l’ancien dirigeant du Collectif Cheikh Yassine, du nom du fondateur du Hamas palestinien, militant depuis plus de trois décennies, a écouté l’avocate générale le décrire en “manipulateur”, qui serait intervenu en croyant déceler une occasion “de relancer sa carrière d’islamiste politique qui était en déshérence”. Le verdict est attendu lundi. 

Matisse tué à Châteauroux en 2024: le procès de la mère du meurtrier s’est ouvert

Le procès de la mère de l’adolescent condamné à huit ans de prison pour le meurtre de Matisse, tué à 15 ans de plusieurs coups de couteau en avril 2024, s’est ouvert à huis clos vendredi à Châteauroux, où elle est jugée pour violences volontaires.Le fils de la mise en cause, également âgé de 15 ans au moment des faits, de nationalité afghane en situation régulière, a été reconnu coupable en mai dernier d’avoir porté les coups mortels à Matisse à la suite d’une bagarre causée par une battle de rap le 27 avril 2024.Il s’était alors rendu chez lui pour s’emparer d’un couteau puis était revenu, accompagné de sa mère, asséner plusieurs coups à l’adolescent, dont l’un avait atteint le cœur.L’adolescent a été condamné à huit ans de prison ferme par le tribunal pour enfants de Châteauroux, le 28 mai 2025, à laquelle s’ajoute notamment une injonction de soins de quinze ans.Sa mère, âgée de 39 ans, est de son côté soupçonnée d’avoir également mis des gifles et porté des coups au jeune Matisse.Elle est arrivée au palais de justice vers 8H45, seule et le visage caché par un foulard, une heure avant la mère du jeune Matisse, accompagnée de ses avocats, a constaté un journaliste de l’AFP.Le procès s’est ouvert à huis clos vers 10H00, avec une haute présence policière. Plusieurs barrières barrent l’accès du palais de justice.Le procureur de la République de Châteauroux David Marcat avait précédemment justifié auprès de l’AFP la mise en place de ce dispositif très important, “compte tenu des risques de prise à partie, déjà constatés” à l’occasion du procès du meurtrier, à l’issue duquel des échauffourées avaient entraîné l’exfiltration de la mère.Elle comparaît vendredi pour “violences sur personne vulnérable sans ITT (incapacité totale de travail)”.Une qualification juridique qui “s’explique par le fait que des coups ont été portés sur le jeune homme alors qu’il était en train de décéder, d’où l’état de vulnérabilité, mais sans ITT, car ce ne sont pas ces coups qui ont entraîné sa mort”, avait précisé le procureur de la République de Châteauroux, David Marcat. Elle risque trois ans de prison.Prévue initialement fin septembre, l’audience avait été renvoyée à la demande de la défense.La nationalité afghane de l’accusé et de sa mère avait donné lieu à de violentes polémiques, des responsables politiques de droite et d’extrême droite appelant notamment le gouvernement à durcir sa politique migratoire.Le meurtre de Matisse avait causé une émotion considérable dans sa ville natale et au-delà.Quelque 8.000 personnes avaient défilé dans les rues de Châteauroux dans les jours suivant sa mort et 2.000 environ avaient assisté à la cérémonie tenue en sa mémoire.