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Vérification de l’âge des internautes: les géants de la tech se renvoient la balle

Qui pour contrôler l’âge des internautes ? Le gouvernement veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans d’ici septembre, mais les acteurs du secteur sont divisés sur qui doit assumer la charge de cette vérification et sur le niveau auquel elle doit s’opérer.Le règlement européen sur les services numériques (DSA), entré en vigueur en 2024, stipule que la responsabilité de protéger les mineurs relève des applications ou des sites eux-mêmes.En cas d’interdiction, il incomberait donc en théorie à Meta (Facebook, Instagram), X, TikTok ou encore Snapchat de s’assurer de l’âge de l’utilisateur au moment de son inscription.Ce principe est similaire à celui instauré en 2025 en France pour accéder aux sites pornographiques: l’internaute doit justifier de sa majorité au travers d’une application dédiée ou en présentant une pièce d’identité.Cette méthode a toutefois montré ses limites: “Les sites porno ont mis en place des systèmes de vérification d’âge variés, mais des microsites sont apparus, vers lesquels les gens se déportent car il y a moins de contrôle”, observe Thomas Rohmer, directeur de l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique (Open).Se pose également un problème de confidentialité, puisque tous les utilisateurs seraient amenés à devoir justifier de leur âge.L’enjeu est de taille: Facebook et Instagram comptent environ 43 millions d’utilisateurs mensuels en France, tandis que TikTok et Snapchat sont fréquentés par plus de 27 millions de Français chaque mois, selon les rapports de transparence de ces entreprises publiés cet été.Dans son projet de loi initial, le gouvernement ne précise pas comment ce blocage doit être assuré techniquement. Il renvoie à ce qui a été fait dans le cadre des sites pornographiques et confie à l’Arcom, le régulateur du numérique, la charge du contrôle.- Les magasins d’applications – Des géants du secteur comme Meta et Snapchat militent pour que la vérification revienne aux boutiques d’applications mobiles de Google et Apple, ce que ces derniers refusent.Meta a appelé à une “réglementation européenne exigeant la vérification de l’âge et un accord parental” au niveau des magasins d’applications afin de “mieux protéger” les mineurs.”Les ados utilisent en moyenne 44 applications par semaine. La vérification de l’âge au niveau de l’app store simplifierait donc la vie des parents qui n’auraient à confirmer l’âge de leur enfant qu’une seule fois au lieu de le faire pour chaque application”, soutient l’entreprise.Au travers de Google Play et de l’App Store, Google et Apple centralisent les téléchargements et jouent un rôle de “douanier”, estime auprès de l’AFP Jean Gonié, directeur régional des affaires publiques de Snapchat, “tandis que nous, on se trouve au bout de la chaîne”.Google réplique notamment que cela pourrait créer un faux sentiment de sécurité, dédouanant les entreprises de leur responsabilité d’investir dans des mesures de protection adaptées à chaque âge.Une position partagée par Apple qui souligne que “seule une petite partie des applications nécessite une vérification de l’âge” et que “le bon endroit” pour appliquer cette vérification se limite “aux sites web et applications” concernés.- Les opérateurs et les appareils – L’Alliance française des industries du numérique (Afnum), dont font partie des constructeurs de téléphones comme Samsung et Xiaomi, demande elle de contrôler l’accès “à partir de la connexion internet (sim pour les mineurs et box internet)” fournie par les opérateurs téléphoniques.Elle estime que “les fournisseurs d’accès internet” doivent être “intégrés à cette chaîne de responsabilités”.Dernier échelon possible: lors de l’achat d’un appareil permettant l’accès à ces plateformes.Une méthode notamment plébiscitée par le géant des sites pornographiques Aylo, qui détient les plateformes Youporn, Pornhub et Redtube.Un premier pas a été fait dans ce sens avec l’entrée en vigueur à l’été 2024 de la loi Studer, qui impose qu’un dispositif de contrôle parental soit pré-installé sur les téléphones portables, tablettes, ordinateurs et autres objets connectés.Activé lors de la mise en service de l’appareil, il doit permettre de bloquer le téléchargement et l’accès à certaines applications.Toutefois, son activation reste aujourd’hui optionnelle et n’empêche pas d’accéder à ces sites via les navigateurs internet.

L’armement des policiers municipaux, un débat qui n’en est presque plus un

Dans une campagne pour les municipales où la sécurité s’affirme comme la première préoccupation des électeurs, la dotation des policiers municipaux en armes à feu, une demande des agents eux-mêmes, fait de moins en moins débat.Les sondages placent la sécurité en tête des thèmes déterminants pour le scrutin des 15 et 22 mars, et “l’insécurité n’est pas juste un sentiment”, explique à l’AFP Thierry Colomar, président de la Fédération nationale des policiers municipaux de France (FNPMF).Avec l’essor du narcotrafic, “la délinquance se déplace énormément sur le territoire”, notamment “dans les petites communes où il n’y a pas de caméras de surveillance”, et les dealeurs “n’hésitent pas à utiliser leurs armes à feu partout”, détaille le policier municipal.Dans ce contexte, l’idée d’équiper les policiers municipaux d’armes létales ne provoque plus de débats houleux, comme lors des municipales de 2020. La France compte plus de 28.000 policiers municipaux (pour près de 150.000 policiers nationaux), répartis dans 4.500 communes où vit environ 80% de la population, selon le ministère de l’Intérieur. Leur nombre a presque doublé depuis 2012, où ils étaient environ 15.000. Les policiers municipaux sont autorisés à porter des armes à feu létales (de catégorie B1), ainsi que des matraques, bombes lacrymogènes, flash-balls ou tasers.”L’armement de la police municipale, qui n’allait pas de soi historiquement, s’impose désormais comme une évidence pour une large majorité de communes”, note un rapport d’information du Sénat de mai dernier.En France, 83% des polices municipales étaient armées (d’armes létales ou non) en 2023, contre 65% en 2016. Et la part des agents dotés d’une arme à feu de poing est passée de 48% en 2012 à 58% en 2023. Exception notable: Paris, où les plus de 2.200 policiers municipaux ne sont pas armés du tout. C’est “une police d’ultraproximité, pas une police d’intervention”, explique la mairie.Du centre droit à l’extrême droite, les candidats à l’Hôtel de ville Pierre-Yves Bournazel, Rachida Dati, Sarah Knafo et Thierry Mariani proposent d’augmenter les effectifs et de les équiper d’armes à feu.A contrario, le chef de file de la gauche unie (hors LFI) et ancien premier adjoint socialiste, Emmanuel Grégoire, se dit “totalement hostile” à leur armement létal, estimant qu'”aucune des missions confiées à la police municipale ne le justifie”. Les brigades nocturnes pourront néanmoins être dotées de pistolets à impulsion électrique, s’il est élu maire. – “Une arme à la ceinture, ça rassure” -La dotation en arme à feu est une demande des fonctionnaires eux-mêmes. “Ils veulent être armés pour leur sécurité et pour protéger la population, parce qu’ils sont souvent les premiers sur les lieux” d’un incident, explique à l’AFP Jean-Paul Jeandon, maire socialiste de Cergy (Val-d’Oise) et coprésident de la commission prévention de la délinquance et sécurité de l’Association des maires de France. “Avoir une arme à la ceinture pour faire des contrôles routiers la nuit, ça rassure”, estime Stéphane Poupeau, policier municipal à Tours et président du Syndicat national de la sécurité publique. “La mise en place de l’armement est aujourd’hui une condition sine qua non pour développer une police municipale digne de ce nom”, insiste Sofyan El Belqasmi, chef de la police municipale de Saint-Denis, qui est équipée d’armes à feu.Les policiers municipaux suivent une formation obligatoire, dispensée par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). Elle dure 120 jours pour les agents, 183 pour les encadrants. Le maniement des armes leur est enseigné par des moniteurs eux-mêmes formés par la police nationale ou la gendarmerie. Thierry Colomar assure que les entraînements au tir sont “très contrôlés, autant que dans les troupes d’élite comme le GIGN”, l’unité d’intervention de la gendarmerie. Selon lui, l’armement des policiers municipaux “ne devrait plus être un débat”. Alors que 4.500 postes de policiers municipaux restent non pourvus en France, la possibilité d’être armé attire davantage de candidats. Quand Jean-Paul Jeandon a créé en 2022 la brigade de nuit de la police municipale de Cergy, non armée, il n’a reçu aucune candidature. Il lui a fallu doter les postes de nuit d’armes à feu pour qu’ils trouvent preneurs.

Sous l’effet de l’Ukraine, la France passe aux drones de combat

Forte de l’expérience acquise en Ukraine et de partenariats qui se concrétisent avec l’industrie automobile, la filière française du drone militaire émerge pour combler son retard concernant cette arme clé des conflits modernes.Qu’est-ce qu’un drone militaire ?Engin sans pilote, le drone “apporte une corde supplémentaire à l’arc des militaires avec le gros avantage de ne pas mettre en danger les vies humaines et d’être moins cher par rapport aux moyens traditionnels”, souligne Florian Aknin, expert de l’aérospatiale et de défense au sein du cabinet de conseil international Roland Berger.L’engin est relativement simple. “Vous pouvez acheter une imprimante 3D, trouver des plans en libre accès et avoir un drone en 24 heures”, schématise Hadrien Canter, cofondateur et directeur général d’Alta Ares, start-up française née en Ukraine. C’est la “charge utile” qui donne au drone ses yeux, oreilles, cerveau ou bras armé et en définit la mission: capteurs (optiques, radar, de guidage et navigation) pour surveillance et reconnaissance, explosifs pour frapper en profondeur ou détruire les drones ennemis parfois par collision ou encore des équipements de la guerre électronique destinés à brouiller le signal GPS ou les communications adverses. Quel est leur rôle en Ukraine ?Les frappes russes qui ont privé ces derniers jours plus d’un million d’habitants de Kiev de courant et de chauffage reposent largement sur des volumes massifs de drones iraniens Shahed produits en masse et à bas coût en Russie. La Russie en produit 1.000 par jour et les lance par milliers, souvent avec des missiles balistiques, saturant les défenses ukrainiennes. Les abattre avec des missiles coûte des millions, d’où le recours ukrainien à des drones intercepteurs bon marché.”Les Ukrainiens ont besoin d’environ 20.000 drones par mois, c’est énorme”, souligne Hadrien Canter.Le premier forum franco-ukrainien sur la production conjointe des drones organisé en novembre 2025 en présence des présidents Macron et Zelensky avait pour but “d’aider les Ukrainiens à passer à cette échelle-là”, ajoute-t-il.Sa société implantée en Ukraine équipe des drones ukrainiens d’un logiciel qui augmente le taux d’interception de 30 à 65% et vise 85% comme pour le missile américain Patriot.Autre usage: les frappes en profondeur pour toucher des bases aériennes, infrastructures de défense, raffineries ou dépôts pétroliers en Russie.Quelles synergies pour la filière française? Chez le groupe français EOS Technologie, le drone Rodeur, dont quelques unités ont été livrées à l’Ukraine, peut parcourir jusqu’à 500 km et rester cinq heures dans les airs.Ce modèle, capable à la fois de missions de renseignement et d’attaques “ kamikaze ”, pourrait être utilisé en Europe davantage dans la logique de “bouclier”, dans celle de “glaive” en Ukraine, explique à l’AFP Jean-Marc Zuliani, président d’EOS Technologie.”Les Ukrainiens ont acquis une expérience unique au monde”, souligne le responsable pour qui ils ont actuellement “plus besoin de technologies” que d’appareils.Pour les industriels occidentaux, c’est l’occasion de tester les machines sur le terrain, ajoute-t-il.Le Portugais devenu paneuropéen Tekever, qui a ouvert un bureau à Toulouse en 2024, fournit depuis le début du conflit en Ukraine des drones de reconnaissance et de renseignement.”On ramène cette expérience sur le théâtre européen avec l’ambition de devenir un acteur majeur à l’échelle européenne”, déclare à l’AFP Nadia Maaref, directrice générale de Tekever France.Pourquoi l’industrie automobile est-elle associée ?Initiée il y a plusieurs mois par la Direction générale de l’armement, la démarche se concrétise cette semaine : Renault a annoncé un partenariat avec Turgis Gaillard pour une filière française de drones militaires.”On nous demande une production de masse” et “des industriels automobiles peuvent faire de la très grande série dans des délais beaucoup plus courts”, confie Jean-Marc Zuliani.Il dit avoir signé un partenariat “avec un grand acteur de l’industrie automobile”, dont il ne révèle pas le nom, “capable d’en produire 10.000, 100.000, 1 million d’ici 2030” pour “répondre aux besoins pour la France”. Que deviendra cette filière en cas de cessez-le-feu en Ukraine ?L’augmentation des tensions géopolitiques ne se résume pas à l’Ukraine. “Cessez-le-feu ou pas, elles vont continuer d’augmenter”, déclare Florian Aknin, pour qui la “capacité de monter en cadence” tout comme les stocks participera à la “dissuasion conventionnelle”.

Dépression Ingrid: la Bretagne en vigilance, lente décrue attendue

La dépression Ingrid, à l’origine de pluies, vents et fortes vagues dans plusieurs départements bretons, perd en puissance samedi, mais le risque de crue perdure face à des sols déjà saturés et des cours d’eau sortis de leur lit.Les vigilances orange “crues” sont maintenues samedi pour le Finistère, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine. Selon le site Vigicrues, des tronçons de l’Odet (dans le Finistère), de la Laïta (dans le Finistère), du Blavet (dans le Morbihan) et de l’Oust (Morbihan, Côtes-d’Armor, Ille-et-Vilaine) sont concernés par cette alerte. Des “débordements dommageables sont observés ou attendus” sur ces quatre rivières.A l’exception du Finistère, où Météo-France a annoncé une prolongation de la vigilance orange “pluie-inondations” jusqu’à 16H samedi, les intempéries devraient toutefois baisser en intensité. Après des rafales atteignant 109 km/h à Quimper et un peu plus de 130 km/h sur les caps exposés, la vigilance orange “vent violent” est levée dans le Finistère, selon Météo-France. Dans les Alpes, où un épisode neigeux “court mais assez intense” s’est déclenché vendredi après-midi, la vigilance orange “neige-verglas” a été levée pendant la nuit, en Isère, en Savoie et Haute-Savoie, selon Météo-France.A Quimperlé (Finistère), où la Laïta est sortie de son lit, la décrue va néanmoins “être vraiment très lente”, a déclaré à l’AFP le maire de la ville, Michaël Quernez, alors qu’un nouveau pic de crue est attendu samedi matin vers 09H00. En Ille-et-Vilaine, département fortement touché par des inondations il y a un an, plusieurs villes maintiennent samedi leurs dispositions pour éviter de nouveaux dégâts.Rennes a activé son plan communal de sauvegarde dès mercredi, et en aval sur la Vilaine, la ville de Saint-Nicolas-de-Redon a installé vendredi des protections anti-inondations dans un quartier où plusieurs dizaines de logements et d’entreprises avaient été inondés en janvier 2025. “C’est préventif, pour rassurer les habitants et éviter de raviver le traumatisme, y compris psychologique, des crues de janvier 2025”, explique Jean-François Mary, président d’Eaux et Vilaine et président de Redon Agglomération.

Mode masculine: à Paris, les adieux de Véronique Nichanian chez Hermès

Evénement très attendu de la semaine de la mode masculine de Paris, la styliste française Véronique Nichanian présente samedi sa dernière collection Hermès après 37 ans à la tête des collections homme.Organisé au Palais Brongniart, dans le centre de Paris, à 20H00 (19H00 GMT), ce 76e et dernier défilé ne sera pas “rétrospectif, mais plein de clins d’œil”, a assuré la créatrice de 71 ans à Madame Figaro début janvier.”Ça va être un grand moment marquant”, assure à l’AFP Marie Ottavi, journaliste mode à Libération. “C’est une femme qui a toujours apporté de la modernité dans ses collections. Son départ après tant d’années, ça raconte cette longévité, ce rapport au temps long de la maison Hermès”, ajoute-t-elle.”Il est l’heure de passer le témoin”, annonçait en octobre Véronique Nichanian. Assurant avoir encore “des idées”, elle expliquait vouloir se consacrer plus de temps, notamment pour “réaliser un rêve de longue date”: passer plusieurs mois au Japon.- Rupture -La Britannique d’origine jamaïcaine Grace Wales Bonner a été nommée quelques jours plus tard pour lui succéder. Prix LVMH jeune créateur 2016, la trentenaire s’est construit une belle réputation dans la mode masculine avec sa marque éponyme, une griffe ancrée dans son identité afro-caribéenne tout autant que dans la tradition vestimentaire britannique.Elle présentera sa première collection en janvier 2027. Celle de juin sera préparée par les studios de création interne. “C’est une jeune femme de talent, elle semble déterminée. Il fallait sûrement une rupture après 37 ans, et c’est ce qu’elle va exprimer. C’est bien, c’est juste, et cela me ravit”, a assuré Véronique Nichanian à Madame Figaro. Un choix audacieux également salué par la presse. “Grace Wales Bonner est très moderne, engagée… Hermès a su choisir une personne qui va apporter non seulement de la qualité, mais aussi de l’image et un propos”, estime Marie Ottavi. Les collections femme Hermès restent dirigées par Nadège Vanhée-Cybulski, à la tête de la ligne depuis 2014.- “Réinvention permanente” -Rare femme créatrice dans l’univers de la mode masculine, Véronique Nichanian affirme y avoir trouvé “un formidable terrain d’expression”.Tout juste diplômée de l’Ecole de la chambre syndicale de la couture parisienne (ESCP), elle y fait ses premiers pas auprès du styliste italien basé à Paris Nino Cerruti.Après 10 ans passés auprès de celui qu’elle qualifie de “père spirituel”, elle rejoint Hermès en 1988. “Gérez ça comme votre petite entreprise. Vous avez carte blanche”, lui dit alors Jean-Louis Dumas, président du groupe de 1978 à 2006.Au fil des décennies, elle a bâti “un style contemporain, dans une réinvention permanente du vêtement et de ses usages et à travers une recherche constante sur les matières, les savoir-faire et la couleur”, lui a rendu hommage la griffe dans le communiqué annonçant son départ. Ce changement prend place dans un vaste mercato des directeurs artistiques, chez Chanel, Dior ou Gucci, alors que le marché du luxe fait face à des défis économiques et commerciaux.Hermès, elle, ne connaît pas la crise. La maison dont la publication des résultats annuels est attendue le 12 février, a vu son chiffre d’affaires croître de 6,3% sur les neuf premiers mois de 2025, à 11,9 milliards d’euros.L’an dernier, le groupe de luxe a investi plus d’un milliard d’euros, avec notamment l’ouverture d’une 25e maroquinerie en France, en Charente. Hermès prévoit d’en ouvrir trois autres dans le pays au cours des trois prochaines années.Dans ce contexte, le directeur général Finances, Eric du Halgouët, a confirmé en octobre que le projet de se lancer dans la haute couture était “bien en cours de préparation”, mais pas “avant 2027 au plus tôt”. 

A Tours, la gauche unitaire en route pour la primaire, le PS en observateur

La primaire de la gauche non mélenchoniste tente de passer la vitesse supérieure samedi à Tours, où ses représentants vont annoncer la date et une partie des modalités de ce long processus en vue de la présidentielle de 2027, même si le PS, divisé en interne, reste pour l’heure en observateur.Après leur serment fait en juillet à Bagneux (Hauts-de-Seine) d’avoir un “candidat commun” pour 2027, le patron du PS Olivier Faure, la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, les députés Clémentine Autain (L’Après) et François Ruffin (Debout!) notamment, réunis autour de l’égérie de la Gauche en 2024 Lucie Castets, font un pas de plus pour rendre inéluctable cette primaire, qui doit selon eux leur permettre d’accéder au second tour de la présidentielle.Dans leur agenda, la date du 11 octobre 2026 se profile, même si le mode de scrutin n’a pas encore été tranché.Les membres du Front Populaire 2027, nom de leur alliance, doivent aussi acter les modalités pour pouvoir se présenter à la primaire.Mais les embuches sont nombreuses. Tout d’abord, les deux candidats de gauche les mieux placés dans les sondages, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon et le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, sur deux lignes antagonistes, continuent de refuser toute participation à ce processus, persuadés de pouvoir s’imposer en incarnant le vote utile. Le PCF n’est pas de l’aventure non plus, même si PS et Ecologistes sont persuadés qu’il rentrera tôt ou tard dans le dispositif.Quant au PS, son premier secrétaire Olivier Faure, favorable à la primaire, n’a pas les coudées franches pour s’engager pleinement dans le processus.Ce n’est qu’au terme d’un vote des adhérents socialistes, après les municipales, que le parti à la rose pourra, ou non, s’impliquer dans l’aventure unitaire.Car en interne, les opposants au chef socialiste, et notamment le camp du maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol qui a échoué de peu à prendre le parti en juin 2025, ont exprimé leur désaccord lors d’un bureau national.”Olivier Faure va aller à Tours mais le mandat qu’il a reçu, ce n’est pas de cautionner les annonces qui pourraient y être faites. Il pourra simplement dire que les socialistes prendront leur décision le moment venu”, a expliqué le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner sur Radio J.”Mais quel est le chemin politique que proposent les autres pour éviter l’éparpillement de la gauche?”, interroge le secrétaire général du PS Pierre Jouvet.- “Mémoire de poisson rouge” -Certains, dont François Hollande, penchent pour une fédération de la gauche réformiste allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot, qui désignerait un candidat au consensus.Pour M. Hollande, “la preuve que la primaire n’a pas de sens, c’est bien ce qui se passe à l’Assemblée, où Ecologistes, Autain et Ruffin ont voté pour la censure de LFI et contre le budget au risque de faire sauter le gouvernement quand les socialistes cherchaient une issue”.Et, en l’absence de Raphaël Glucksmann dans le dispositif, le camp de Boris Vallaud, charnière pour faire ou défaire une majorité au PS, avoue ne pas être “emballé” non plus par cette primaire “de bric et de broc”, selon les mots d’un proche du chef des députés socialistes.Les mêmes réclament par ailleurs que le PS désigne en amont son propre candidat, sans faire mystère de l’ambition de Boris Vallaud. “Il sera OK pour la primaire de la gauche s’il gagne celle du PS”, ironise un pro-primaire.Pour la maire de Nantes, Johanna Rolland, “on va gagner aux municipales là où on mène des listes de rassemblement. Pourquoi il faudrait bazarder cette stratégie à la présidentielle?”.Marine Tondelier, qui “suit les turpitudes du PS”, note que ceux qui ont adhéré au parti après le Nouveau Front populaire, “sont ceux qui ont aimé ce qu’Olivier Faure a fait” et devraient choisir la primaire.”On peut espérer que les militants socialistes n’ont pas la mémoire d’un poisson rouge et se souviennent du score d’Anne Hidalgo à la dernière présidentielle”, commente aussi Clémentine Autain.

Defiant protests over US immigration crackdown, child’s detention

Thousands of people braved icy conditions on Friday to protest the Trump administration’s immigration crackdown in Minneapolis and businesses closed their doors amid anger over the detention of a five-year-old migrant boy.Dozens of eateries, attraction sites and other businesses shuttered as part of a day of coordinated action to defy the weeks-long federal immigration operation …

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Lait infantile: Danone élargit son rappel, notamment à la France

Le géant agroalimentaire Danone a annoncé vendredi élargir son rappel de laits infantiles à d’autres marchés après Singapour, notamment la France, où les autorités ont assuré que tous les lots concernés par une possible contamination d’origine bactérienne avaient été retirés du marché.”Compte tenu de nouvelles recommandations d’une autorité européenne, et par mesure de précaution, nous procédons au rappel volontaire de deux lots très limités des produits suivants” : Gallia Calisma Relais 1er âge (0‑6 mois), boîte de 830 g – date de durabilité minimale : 13/10/2026 – code EAN : 3041091725943 ; Blédilait 1er âge (0‑6 mois), boîte de 400 g – date de durabilité minimale : 29/10/2026 – code EAN : 3041091470966″, selon une déclaration transmise à l’AFP.”Afin de se conformer aux dernières recommandations” de certains pays, “Danone procédera au retrait, sur certains marchés ciblés, d’un nombre très limité de lots spécifiques de laits infantiles”, a indiqué vendredi soir le groupe dans un communiqué.Une source proche du dossier a évoqué “l’évolution de recommandations de certaines autorités, en l’occurrence notamment l’Irlande”. Plusieurs lots de lait infantile commercialisés en France comme à l’international, notamment par Nestlé et Lactalis, ont récemment fait l’objet de rappels en raison de la présence potentielle de céréulide, une toxine produite par certaines bactéries.Danone applique “un principe de précaution maximal, motivé par ces nouvelles recommandations réglementaires”, a ajouté la source proche du dossier.Le groupe assure que “les contrôles de routine et les analyses ciblées supplémentaires” “confirment” que ses produits “sont sûrs et pleinement conformes à l’ensemble des réglementations applicables en matière de sécurité alimentaire”.Mercredi, le titre de Danone a dévissé à la Bourse de Paris, après l’annonce du blocage par l’agence alimentaire de Singapour de quelques palettes de lots de lait Dumex 1er âge.En France, tous les lots de laits infantiles concernés par une possible contamination d’origine bactérienne ont “été retirés” du marché, a assuré vendredi la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.Deux enquêtes pénales ont été ouvertes à Bordeaux et Angers après les morts récentes de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de “possible contamination” par une substance toxique liée à la bactérie Bacillus Cereus (céréulide), sans “lien de causalité” établi pour l’heure, selon les autorités.S’adressant aux parents qui donnent du lait en poudre à leurs bébés, la ministre a conseillé vendredi de “vérifier” si leurs boîtes de lait avaient été rappelées sur le site “rappel conso”. “Si jamais c’est le cas, il faut la mettre de côté et acheter une autre boîte de lait”, a-t-elle déclaré sur BFMTV.- Condoléances de Nestlé -Nestlé avait engagé le 5 janvier un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal en raison de la présence potentielle de “céréulide” dans ces produits pourtant très contrôlés. Ce composant toxique, produit dans certaines conditions par une famille de bactéries, les Bacillus cereus, peut causer d’importants vomissements dans les heures suivant sa consommation.Si le lien de causalité avec le décès des deux nourrissons n’est pas établi, le géant suisse de l’agroalimentaire a exprimé vendredi ses “plus sincères condoléances aux familles qui sont en deuil”, disant rester “à la disposition des autorités” pour collaborer à l’enquête.Le fabricant de l’huile riche en acide arachidonique (ARA) à l’origine de la présence potentielle de céréulide est le producteur chinois Cabio Biotech, a-t-on appris de sources proches du dossier.Cette entreprise, fondée en 2004 et dont le siège se trouve à Wuhan (est de la Chine), est le principal producteur chinois de ce type d’huiles et fournit de nombreux producteurs de lait infantile locaux ou internationaux (Nestlé, Danone, notamment).Après Nestlé, le français Lactalis a aussi annoncé mercredi le lancement d’un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays, notamment la France.D’une manière générale, les contrôles de sécurité alimentaire sont particulièrement stricts pour les produits très sensibles comme le lait infantile, selon un point réalisé par l’AFP avec le géant mondial des laboratoires d’analyses, le Français Eurofins.La recherche des bactéries de la famille des Bacillus cereus, est systématiquement proposée mais la céréulide, une toxine produite par certaines souches de Bacillus cereus dans certaines conditions, ne fait pas partie des contrôles classiques.Néanmoins, selon Eurofins, dans le contexte actuel, ce test est en ce moment demandé car l’ensemble des acteurs des produits laitiers en général et des poudres infantiles en particulier se préoccupent de la situation.bur-pan-ito-ned-ngu/jbo/bfi

Lecornu se donne pour objectif la construction de “2 millions de logements d’ici à 2030”, soit 400.000 par an

Sébastien Lecornu s’est donné vendredi un objectif de construction de “2 millions de logements d’ici à 2030″ incluant 125.000 logements sociaux dès 2026, afin de présenter les réponses dans le budget pour ce secteur en crise.”Je ne doute pas que nous serons surveillés dans notre capacité collective, avec la profession, à réussir et être capables de sortir 2 millions de logements d’ici à 2030. Donc c’est absolument colossal. C’est 400.000 logements par an”, a affirmé le Premier ministre lors d’un point presse à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Le logement fait partie “des grandes urgences dans le pays” qui “ne pourront pas attendre le grand débat de (la présidentielle) de 2027″.Dans le parc social, il ambitionne d'”atteindre 125.000 logements construits dès 2026”.Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement a annoncé une augmentation “inédite” des moyens dédiés au logement social: 500 millions d’euros seront alloués à 700 bailleurs sociaux, afin “qu’ils construisent plus et rénovent davantage”.Cette annonce est l’objectif principal d’un plan de relance pour le logement, présenté comme “un des plans les plus radicaux de ces dix dernières années dans sa philosophie”, afin de “relancer massivement la construction et la rénovation”.Sébastien Lecornu a présenté plusieurs principes pour ce futur plan. “Il ne faut pas emmerder les Français”, a-t-il déclaré, une manière d’appeler à plus de souplesse pour relancer le secteur, de même qu’il ne faut pas selon lui opposer “le social contre le privé et le privé contre le social”, ainsi que “le rural et l’urbain”.Le Premier ministre entend appliquer au logement la méthodologie “de Notre-Dame et des Jeux olympiques”.Les leviers mobilisés pour y parvenir sont “un soutien financier inédit aux bailleurs sociaux” inscrit dans le budget 2026, “l’épargne des Français pour relancer l’investissement locatif” ainsi qu'”un calendrier d’engagements pour simplifier les projets immobiliers”, en s’appuyant sur les élus locaux et les acteurs du secteur.Par ailleurs, dans un communiqué, le Premier ministre a dit souhaiter “l’accélération de la transformation du tertiaire” vers “le résidentiel et la production de logement”.Il ambitionne également de “faciliter les travaux de rénovation énergétique” pour remettre sur le marché “des biens anciennement F et G”. Enfin, il a annoncé vouloir faciliter le financement de la rénovation énergétique des logements sociaux et “sécuriser” les propriétaires “contre les impayés de loyer”.Un nouveau dispositif d’investissement locatif, qui pourrait prendre le nom de Vincent Jeanbrun, en remplacement du dispositif Pinel, a été salué par les professionnels du secteur.Il s’agit d’une version améliorée du “statut du bailleur privé”, un avantage fiscal destiné à encourager les particuliers à investir dans un logement pour le louer. Ce dispositif va “permettre de construire près de 50.000 logements en plus par an”, selon le ministre du Logement, et devrait générer plus de 500 millions d’euros de recettes fiscales.