AFP Top News

Trois départements bretons maintenus en vigilance orange crues

Trois départements bretons, le Finistère, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine, sont maintenus jusqu’à mardi en vigilance orange crues, dont deux également en vigilance pluie/inondation, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 16H00.La vigilance orange “pluie-inondation” dans le Finistère et le Morbihan est prévue jusqu’à mardi 06H00.Une nouvelle perturbation “va concerner la pointe bretonne en lien avec la dépression baptisée +Chandra+”, selon Météo-France.Cette perturbation va apporter, à nouveau, “des cumuls notables” de pluie, avec “un renforcement du vent”, “dans un contexte de sols saturés et de crues déjà en cours”.Concernant le risque de crues, les cours d’eau bretons concernés par la vigilance orange restent l’Odet, la Laïta et l’Oust, selon Vigicrues. Après une “accalmie” dimanche, l’organisme prévient que ce nouvel épisode pluvieux sera “de nature à faire repartir à la hausse” les niveaux de ces cours d’eau. Sur l’Oust par exemple, un pic de crue a été atteint dans le secteur de Malestroit (Morbihan) dimanche soir avant que les niveaux baissent lentement mais les pluies à venir pourrait entraîner une nouvelle “réaction importante” du cours d’eau, selon Vigicrues.Vigicrues rapporte par ailleurs des débordements “localisés” sur certains tronçons de cours d’eau du quart sud-ouest de la France, dans le piémont pyrénéen et sur le plateau de Lannemezan.A Redon, commune située dans le sud de l’Ille-et-Vilaine et qui avait connu d’importantes inondations en 2025, la situation était lundi “maîtrisée”.”Notre priorité est aujourd’hui l’anticipation : nous agissons en amont pour protéger les habitants et garantir la continuité de la vie locale”, a déclaré le maire Pascal Duchêne dans un communiqué de presse.Des dispositifs anti-inondation ont été installés lundi sur des quais qui “permettent de limiter les infiltrations d’eau”.

Fermeture du site de Bétharram: les modalités arrêtées d’ici l’été

Après quelques jours de cacophonie, l’enseignement catholique a confirmé lundi “souhaiter” fermer le site historique de Notre-Dame de Bétharram, au cœur d’un scandale de violences physiques et sexuelles, et prévoir de préciser les modalités “avant l’été”.”Nous souhaitons fermer le site”, “c’est clairement notre objectif”, a affirmé le secrétaire de l’enseignement catholique Guillaume Prévost lundi.Mais “nous ne souhaitons pas le faire dans n’importe quelles conditions, compte tenu de nos responsabilités” vis-à-vis des victimes et des familles notamment, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, quelques jours après des déclarations contradictoires sur le sujet et qui laissaient planer une incertitude sur le devenir de l’établissement des Pyrénées-Atlantiques.M. Prévost s’est dit “confiant” sur sa “capacité à pouvoir (…) présenter un projet clair sur le plan logistique et éducatif avant l’été”. “Nous nous sommes donné trois mois pour aboutir”, a-t-il affirmé, assurant qu'”une seule chose nous guide, la responsabilité”.”C’est officiel, Bétharram va fermer”, s’est réjoui auprès de la presse Alain Esquerre, ancien élève de Bétharram à l’origine de la révélation du scandale.Depuis deux ans, près de 250 plaintes ont été déposées par d’anciens élèves de Notre-Dame-de-Bétharram auprès du parquet de Pau, visant des prêtres et des laïcs pour des faits commis entre la fin des années 1950 et le début des années 2000.- “Un symbole, un bâtiment” -Aujourd’hui, le groupe scolaire rebaptisé Le Beau Rameau compte plusieurs établissements sur deux sites : un collège à Lestelle-Bétharram, le site historique, et une école primaire, un lycée et un lycée professionnel à Igon, une commune voisine. S’y ajoutent deux internats: un pour les garçons à Lestelle-Bétharram, et un pour les filles à Igon. Il y a sur le site de Lestelle-Bétharram “un symbole, un bâtiment” qui “est la version négative qu’il faut quitter”, a affirmé Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec).L’avenir des enfants scolarisés sur place “est sur le groupe scolaire du Beau-Rameau”, a-t-il expliqué. A Igon, où il existe déjà trois établissements, “il conviendra d’y rajouter un quatrième établissement, un collège. Voilà ce qui s’appelle la fermeture en bon ordre et proprement du site”.Pour les 160 collégiens aujourd’hui sur le site de Lestelle-Bétharram, “il faut leur trouver des salles de classe” et donc “réorganiser le site d’Igon”. Pour les onze élèves de l’internat de garçons, “il faut trouver sur le site d’Igon onze chambres, c’est possible”, a-t-il ajouté. Il a détaillé qu’il y aurait aussi des espaces à “re-concevoir” pour les activités sportives, et une “question à se poser” concernant un éventuel déménagement de la cuisine centrale du site de Bétharram.Pour M. Guéret, “ce type d’opérations est faisable, en profitant des temps fermés, donc de vacances”.M. Guéret avait annoncé la semaine dernière la prochaine fermeture du site de Lestelle-Bétharram, des propos avec lesquels le Secrétariat général de l’Enseignement catholique (Sgec) avait toutefois pris ses distances, assurant qu’il n’était “pas question de fermeture de l’établissement à ce stade”.Des violences à Bétharram avaient été dénoncées dès les années 1990 mais la parole des anciens élèves ne s’est libérée qu’à partir de l’automne 2023, dénonçant fellations et masturbations forcées, passages à tabac, humiliations et supplices.Concernant le devenir des bâtiments historiques et la possibilité d’en faire un lieu mémoriel, M. Prévost a indiqué que “ça n’appartenait pas” à l’enseignement catholique, le propriétaire des murs étant la congrégation de Bétharram.Le Sgec a également annoncé lundi le lancement d’une mission sur la “Qualité de la relation éducative” après “le traumatisme” de la révélation des violences dans des établissements catholiques.

Glucksmann propose au PS une alternative à la primaire unitaire

La primaire, c’est sans lui. Mais le dernier score du PS à une élection nationale, c’était avec lui. Conscient de ce dilemme chez les socialistes, Raphaël Glucksmann veut les convaincre d’abandonner la primaire des unitaires pour une “plateforme” résolument sociale-démocrate.Ce week-end, le projet de primaire des “unitaires”, réunis autour d’Olivier Faure (PS), de Marine Tondelier (Ecologistes) et des anciens Insoumis Clémentine Autain (Après) et François Ruffin (Debout) sous le nom “Front populaire 2027”, a pris forme avec un scrutin annoncé pour le 11 octobre.Et les organisateurs continuent de tendre la main aux deux candidats de gauche en tête dans les sondages, qui refusent catégoriquement de participer à ce processus de désignation: Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann.En vain.Lundi sur BFMTV, le fondateur de Place publique, crédité d’environ 13% des intentions de vote, a redit son refus de participer à un processus qui, selon lui, “est une volonté de ne pas choisir entre les deux pôles qui existent à gauche”: la social-démocratie et la gauche radicale.En retour, il a appelé ses “partenaires socialistes”, avec qui il a fait campagne aux européennes de 2024 pour obtenir 13,8%, à construire une “plateforme commune”.Pas suffisant pour convaincre la direction du parti à la rose.Lors d’une conférence de presse lundi matin, le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a appelé à construire “un fil de cohérence pour les Français” et estimé qu’en 2027, le PS devait se présenter devant les électeurs avec les mêmes partenaires de gauche – notamment les Ecologistes – que pour les municipales de mars.”A la fin, on a une obligation, c’est d’y aller tous ensemble, sinon nous serons spectateurs de cette élection présidentielle”, a martelé le bras droit d’Olivier Faure alors que les soutiens de la primaire espèrent qu’elle créera une dynamique permettant à son vainqueur de bénéficier du “vote utile” à gauche.”Pour Glucksmann, l’intuition de se passer de la primaire, je peux la comprendre mais il faut qu’il instaure un truc avec les Français”, note de son côté un proche du patron des députés PS, Boris Vallaud, dont l’aile est charnière pour faire ou défaire une majorité au PS.Car le Parti socialiste – et Raphaël Glucksmann en est bien conscient – est divisé sur la question de la participation à la primaire.- “Faure a rien le droit de dire” -Ce week-end, Olivier Faure a rappelé que conformément à ses règles internes, le PS, seul à gauche à avoir dirigé le pays, ne s’engagerait formellement dans le processus de primaire qu’après un vote des militants.”Faure a rien le droit de dire. Il est en plein congrès de l’Unef là”, ironise un ténor Insoumis alors que LFI défend le même raisonnement que Glucksmann sur une opposition claire au premier tour de la présidentielle entre gauche radicale et social-démocratie.Les opposants internes au premier secrétaire, dont le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et la présidente de la région Occitanie Carole Delga, ne sont pas favorables à cette primaire, craignant que le vote des militants unitaires de gauche ne profite pas à un socialiste.Carole Delga, qui a récemment jugé dans Le Point que Raphaël Glucksmann était “prêt pour 2027”, a ainsi réagi samedi en appelant à mettre fin aux “petites tractations d’appareils”.”Le projet est le préalable à toute union crédible, solide et sérieuse. Après viendra le temps de savoir qui le portera dans un large rassemblement”, a-t-elle rappelé.”La primaire n’est pas faite pour que Faure la gagne mais il ne l’a pas compris encore”, tacle, plus direct, un élu socialiste. L’ancien président François Hollande, à qui ses adversaires prêtent des ambitions élyséennes pour 2027, penche également pour une fédération de la gauche réformiste allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot.”Ça ressemble beaucoup à ce que François Hollande appelle de ses voeux”, saluait lundi, après la déclaration de Raphaël Glucksmann, un proche du député de Corrèze auprès de l’AFP. 

Face aux “pratiques mafieuses” en Corse, l’Etat s’organise

Face à la vingtaine de bandes criminelles répertoriées en Corse, les autorités administratives et judiciaires ont détaillé un plan de bataille pour contrecarrer l’action de “la pieuvre” dans l’île méditerranéenne.Présentées le 15 novembre lors des manifestations antimafia à Ajaccio et Bastia, “trois initiatives pour lutter contre la criminalité organisée et l’emprise mafieuse” sont désormais “à l’oeuvre”, expliquait la semaine dernière le préfet de Corse, Eric Jalon, lors d’un point presse.Trois “groupes d’évaluation de la criminalité organisée en Corse”, un régional et deux départementaux, ont ainsi été créés pour “mettre autour de la table dans un comité restreint les autorités judiciaires, les autorités administratives et les services de police et de gendarmerie de manière à partager un diagnostic, établir des priorités et coordonner au mieux l’action”, a détaillé le préfet.Un millier d’agents de l’État vont par ailleurs être formés pour “qu’ils puissent déceler tous les endroits où la pieuvre peut s’agripper et le signaler notamment à la coordination pour la sécurité”, a indiqué le préfet, pour qui “en formant la jeunesse, avec les actions initiées par le rectorat” de sensibilisation à la mafia dans les collèges et lycées de l’île et “en formant nos agents, on renforce les défenses immunitaires du corps social”.Enfin, à destination des “entreprises affectées par la criminalité organisée”, notamment par des incendies criminels à répétition, les pouvoirs publics recensent “les outils disponibles (Banque de France, Urssaf, finances publiques,..)” pour les aider “à répondre à leurs difficultés”.- “Action féroce” -“Si on est simplement sur la recherche des auteurs des assassinats, on ne résoudra pas le problème de la mafia”, a assuré à l’AFP le coordonnateur pour la sécurité en Corse, Arnaud Vieules, prônant “une action globale avec des poursuites judiciaires et une action administrative féroce contre les acteurs de la criminalité organisée, dans le respect absolu de la loi mais en ne laissant rien passer”.Le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre a également précisé à l’AFP mettre en oeuvre avec le préfet de Haute-Corse, Michel Prosic, “une logique de harcèlement des groupes criminels”, en “multipliant les enquêtes” dans “les secteurs sensibles des balades en mer, des travaux publics, de la restauration”, victimes de racket ou d’incendies criminels.”Donc on part des groupes criminels, on identifie leurs intérêts économiques, s’ils veulent investir dans un stade de foot, un club de padel ou la construction d’un supermarché et on va regarder si le terrain est constructible, qui a délivré le permis de construire, est-ce que ça a été fait dans les règles, s’il y a eu un marché public, etc…””On ne va pas trouver à chaque fois quelque chose, mais on a déjà plus de chances de trouver”, relève le magistrat, estimant que “c’est à la justice de faire la démonstration de son efficacité avec des enquêtes plus nombreuses, plus ciblées, en attaquant le produit du crime là où il est, en attaquant les investissements de ces activités criminelles dans l’économie et en rendant plus de réponses pénales, plus vite”.Pour Nicolas Septe, procureur d’Ajaccio, 2025 restera une “année charnière”, “sans retour en arrière possible” dans la lutte contre la criminalité organisée, avec la mise en place du pôle régional anticriminalité organisée (Praco) à Bastia et l’entrée en fonction du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco).”Les priorités de l’action publique en 2026 demeurent la criminalité organisée, les incendies volontaires, les extorsions, mais aussi les saisies d’avoirs criminels”, a-t-il martelé, en se félicitant des 10 millions d’euros saisis en Corse en 2025.

En Corse, les agents de l’Etat formés pour mener le combat contre “la mafia”

Un combat contre “des adversaires rudes, coriaces, riches”: face à “la mafia” les services de l’Etat en Corse ont lancé une campagne de formation de 1.000 agents publics pour qu’ils signalent toute tentative de pression et “les signaux faibles” d’une présence criminelle dans leur activité.Il s’agit d’expliquer “comment les agents de l’Etat peuvent être confrontés et doivent réagir à la criminalité organisée”, résume Arnaud Vieules, coordonnateur pour la sécurité en Corse, lors de la troisième séance de sensibilisation réalisée devant 80 agents de la Direction départementale des territoires (DDT) et à laquelle l’AFP a pu assister en exclusivité.La séance de deux heures débute par une présentation de la criminalité insulaire, composée d'”une vingtaine de bandes criminelles” avec “3, 4, 5 bandes criminelles qui cohabitent à Ajaccio” et “à peu près aucune règle outre l’appât du gain, l’amitié ou la rancoeur”, explique ce sous-préfet détaché de la police.Cette criminalité peut être qualifiée de “mafia” parce que “les groupes criminels ont le souci d’un ancrage social et économique qui les amène à investir sur ce territoire en captant (..) notamment la commande publique” avec “des acteurs politiques plus ou moins contraints”, ajoute-t-il.Concernant leurs revenus illicites, “le dénominateur commun initial est le trafic de stupéfiants”, qui est “à un niveau élevé sur ce territoire”, sans “points de deal” mais avec “une ubérisation de la distribution de la drogue via les réseaux sociaux ou WhatsApp”, souligne-t-il. Il évoque également “les jeux clandestins, dans certains cafés, qui rapportent beaucoup de cash”.Ensuite, ils “investissent dans l’économie réelle”, notamment “l’immobilier, le foncier, le tourisme, la restauration, la batellerie, le commerce, la distribution, les déchets” et dans “le secteur agricole, avec des mécanismes de fraudes”, développe-t-il.- Collectif puissant -Dans ces secteurs, “vous, agents de l’Etat” pouvez être confrontés aux “pressions, à l’oppression, à la corruption”, à des “conflits d’intérêts”, à des “services parfois poreux” ou à une “ambiguïté hiérarchique” quand “la personne en qui vous avez le moins confiance est votre responsable immédiat”.Mais “vous pouvez être des capteurs de situations inappropriées”, des “contributeurs de cette lutte contre la mafia”, a-t-il avancé en rappelant que “tous les agents de l’État ont l’obligation de signaler les infractions détectées”.Signalement qui peut se faire “par voie hiérarchique”, directement au procureur ou en contactant la coordination pour la sécurité forte de 14 agents, via notamment un mail dédié (pref-signalement-csc@corse-du-sud.gouv.fr).”Y compris les signaux faibles que vous pourrez détecter”, dit-il, assurant qu'”il n’y a pas de mauvais signalement” et que “les sources sont sacrées” et protégées “par une confidentialité absolue”.Interrogé par un agent sur ces “signaux faibles”, il précise que “voir apparaître dans votre environnement professionnel un acteur de la criminalité organisée”, même dans des “démarches normales”, doit être signalé. Et puis, “à chaque fois que vous êtes capables de dire +ça ne va pas, il n’y a peut-être pas d’infraction, mais ce n’est pas logique, pas rationnel+”.”Si on appliquait au niveau des services de l’État systématiquement la même réglementation pour tous et de la même manière, je pense que déjà, on résoudrait un certain nombre de sujets”, a lancé un agent sous les applaudissements de ses collègues.Interrogé par l’AFP, un autre agent, sous couvert d’anonymat comme tous ceux présents, s’est dit “agréablement surpris de cette formation”, “intéressante et nécessaire”, jugeant parfois “compliqué de passer par sa hiérarchie, surtout quand on sait que c’est l’État qui est en faute”.Quand “il y a une infraction et qu’il n’y a pas de suite, c’est souvent par manque de moyens mais parfois, par pression politique”, a-t-il précisé. “Dans ces cas-là, ça serait bien de nous dire +tu as bien fait ton travail mais on ne peut rien faire+. Ca nous permettrait d’être moins frustrés”.”On a en face de nous des adversaires rudes, coriaces, riches, pas faciles à neutraliser, c’est une réalité, un combat. La mafia, c’est cet ancrage-là très puissant” mais “ce qu’on vous offre aujourd’hui, c’est la capacité de renforcer la cuirasse. Si le collectif est mobilisé, on est bien plus puissant que la criminalité organisée”, conclut le coordonnateur.

Le procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty s’est ouvert à Paris

Le procès en appel de quatre personnes, condamnées en première instance à des peines de 13 à 16 ans de réclusion criminelle pour leur rôle dans l’assassinat en octobre 2020 du professeur Samuel Paty par un islamiste tchétchène, survenu après une campagne de haine et d’intimidation, s’est ouvert lundi.L’enseignant d’histoire-géographie avait été décapité le 16 octobre 2020 aux abords du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, abattu par la police juste après son crime.Lors du procès en première instance, les huit accusés (sept hommes et une femme) avaient tous été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de un à 16 ans de prison.Quatre sont rejugés devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris, jusqu’au 27 février.Au début de l’audience, les quatre hommes, assis dans le box vitré des accusés, ont décliné leur identité.Parmi eux figurent d’un côté deux amis d’Anzorov, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, condamnés à 16 ans de réclusion pour complicité d’assassinat; et de l’autre, Brahim Chnina et le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, qui avaient écopé respectivement de 13 et 15 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste, accusés d’avoir participé à la campagne de haine ayant conduit à l’assassinat de l’enseignant.Les quatre autres personnes qui n’ont pas fait appel étaient en contact avec Anzorov sur les réseaux sociaux.- Mensonge -Tout est né du mensonge d’une élève de 13 ans, fille de Brahim Chnina, accusant le professeur d’avoir discriminé les élèves musulmans de sa classe lors d’un cours sur la liberté d’expression où il avait présenté une caricature de Mahomet. En réalité, elle n’y avait pas assisté mais son mensonge avait été relayé massivement sur les réseaux sociaux par son père et Abdelhakim Sefrioui.Après plusieurs jours d’une campagne virulente ciblant l’enseignant de 47 ans, ce dernier avait été tué par Abdoullakh Anzorov, un islamiste radical tchétchène.En décembre 2024, les magistrats de la cour d’assises spéciale de Paris ont admis que Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ne connaissaient pas l’assassin.Mais, selon les juges, “les deux accusés ont, en connaissance de cause, pris le risque, malgré le danger et les menaces visant Samuel Paty, qu’une atteinte volontaire à son intégrité physique soit portée par un tiers, violent et radicalisé qui devenait leur bras armé”. Et ils “ont contribué à créer un état d’esprit propre à susciter le crime”, “en attisant la colère et la haine d’un esprit radicalisé”.Pour les conseils de Brahim Chnina, Me Frank Berton et Me Louise Tort, dans ce dossier, “on a une extension de l’association de malfaiteurs terroriste” qui “n’est pas normale” ni “légitime”.- “Poids des regrets” -M. Chnina “est meurtri” et” véritablement effondré à la fois par le poids de l’accusation, le poids aussi des regrets”, a souligné Me Berton devant la presse.La défense de M. Sefrioui attend de son côté que la cour d’assises d’appel reconnaisse “l’innocence” du prédicateur.”Il y a une évidence matérielle dans ce dossier, c’est qu’il ne connaissait pas l’auteur de l’attentat et que l’auteur de l’attentat n’a absolument pas vu la vidéo dans laquelle il apparaissait”, a déclaré avant le début du procès un de ses avocats, Me Vincent Brengarth.Abdelhakim Sefrioui n’a jamais “appelé à la violence. Il a appelé à des sanctions administratives” contre Samuel Paty, a affirmé son confrère, Me Francis Vuillemin.Les avocats ont demandé que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et l’ex-garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti soient cités comme témoins pour les entendre “sur les défaillances qui ont conduit à l’assassinat”.Des interrogations planent toutefois sur leur présence, prévue vendredi: la présidente de la cour d’assises d’appel a indiqué que M. Dupond-Moretti avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas se présenter à la barre; quant à M. Nuñez, sa présence ne peut être autorisée que par un décret présenté en conseil des ministres par le garde des Sceaux. Ces questions restent pour l’heure en suspens.Concernant les proches de M. Anzorov, les magistrats de première instance ont retenu qu’ils étaient “parfaitement” conscients de la dangerosité de leur ami et qu’ils l’avaient pourtant aidé, dans sa recherche d’armes notamment.

Migrants: arrestation en France de deux militants britanniques pour provocation à la haine

Deux Britanniques soupçonnés d’être des militants d’extrême droite venus en France pour participer à une mobilisation interdite contre les migrants ont été placés dimanche en garde à vue pour provocation à la haine, ont annoncé lundi les autorités françaises.Les deux hommes ont été arrêtés près de Calais dimanche vers 21H30, a déclaré à l’AFP le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch.Agés de 35 et 53 ans, ils diffusaient du contenu susceptible d’inciter à la haine en direct sur une chaîne YouTube, a détaillé une source policière.Ils ont été placés en garde à vue pour provocation à la haine et participation à un groupement en vue de la préparation de violences, sur la base de propos tenus en ligne le jour-même, a précisé à l’AFP la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier.Il s’agit des premières gardes à vue de militants d’extrême droite britanniques en France pour ces motifs, a-t-elle souligné, précisant qu’il ne leur est pas reproché de violences physiques.”En fonction de l’enquête” judiciaire, le préfet a ensuite averti dans un communiqué lundi qu’il délivrerait “une obligation de quitter le territoire français (OQTF) fondée sur la menace à l’ordre public”, dans la perspective de “leur reconduite dans leur pays d’origine”. Les deux Britanniques pourraient ainsi transiter par un centre de rétention administrative, où sont retenus les migrants en attente d’une expulsion.Ils ne faisaient pas partie des dix militants d’extrême-droite interdits de territoire français depuis mi-janvier en raison d’accusations d'”actions à caractère violent” envers des migrants sur le littoral français.Les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ont prolongé jusqu’à mercredi l’interdiction de rassemblements liés à une opération anti-migrants intitulée “Overlord”, lancé par un militant britannique d’extrême droite, Daniel Thomas.L’opération – nommée en référence à la bataille de Normandie dans laquelle des soldats alliés ont traversé la Manche en 1944 pour combattre les troupes nazies en France – vise “à se substituer aux autorités de polices françaises afin d’empêcher” des départs de migrants vers le Royaume-Uni, explique l’arrêté qui l’interdit.Daniel Thomas avait notamment appelé sur ses réseaux sociaux à des rassemblements samedi 24 janvier à Douvres et sur le littoral français.- “+Garder les plages+” -Dans plusieurs vidéos diffusées en direct sur une chaîne YouTube dimanche, on peut voir deux hommes, vraisemblablement les deux Britanniques arrêtés par la suite, arpenter une plage près de Calais.”Je vais garder les plages ce soir, si personne d’autre ne veut le faire (…). Si je vois un canot, je cours et je le transperce de toutes mes forces”, assure l’un d’eux dans l’une de ces vidéos, appelant d’autres Britanniques en renfort.”On ne peut en accueillir que jusqu’à un certain point, trop c’est trop et là c’est trop, n’est-ce pas? C’est pour ça qu’on fait ça”, dit-il encore. De son côté, M. Thomas, qui n’a pas été interpellé selon la préfecture, a publié samedi et dimanche des images de lui brandissant un drapeau, qu’il dit prises ce week-end sur des plages françaises.Une centaine de personnes se sont également rassemblées samedi à Douvres, ville côtière du sud de l’Angleterre et porte d’entrée du pays pour la plupart des migrants arrivés par la mer.Daniel Thomas mène, selon les autorités françaises, une branche “très radicale” du mouvement d’ultra-droite “Raise the Colours”, née d’une scission du groupe à la suite des interdictions de territoire français.Le compte principal de Raise the Colours sur X a insisté samedi n’avoir “rien à voir” avec l’opération menée par Daniel Thomas.La justice française a ouvert en octobre une enquête préliminaire pour “violences aggravées” commises sur des migrants et signalées par une association, laquelle soupçonne des activistes d’extrême-droite britanniques, mais sans “preuve formelle”.Les traversées clandestines sont un sujet de tensions récurrentes entre Londres et Paris, qui a durci ses méthodes pour tenter de contrer les passeurs.Dans une décision publiée lundi, la défenseure des droits Claire Hédon a alerté sur l’usage de pistolets à impulsion électrique ou grenades lacrymogènes à l’encontre des migrants s’apprêtant à traverser la Manche, soulignant que cela bafoue parfois les règles en vigueur.Les tentatives de traverser la Manche ont baissé de 3% en 2025, selon Frontex.Mais 41.472 migrants ont réussi à rejoindre le Royaume-Uni sur des “small boats”, le deuxième nombre le plus élevé après le record de 2022 selon des chiffres britanniques. Au moins 29 migrants ont péri lors de telles traversées l’an passé.cnp-etb-cln-mca/dch   

L’ex-sénateur Joël Guerriau au tribunal pour avoir drogué la députée Sandrine Josso

Un tête-à-tête entre élus de la République, un champagne au goût étrange, et une retentissante affaire politico-judiciaire: l’ex-sénateur Joël Guerriau est jugé lundi et mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, accusé d’avoir drogué à l’ecstasy la députée Sandrine Josso afin de la violer.Dans cette affaire souvent perçue comme un cas emblématique de soumission chimique, fléau de société sur lequel Sandrine Josso est politiquement très engagée depuis les faits, l’éventuelle motivation sexuelle, niée par Joël Guerriau, devrait faire l’objet d’âpres débats à l’audience.Le 14 novembre 2023 au soir, Sandrine Josso, 48 ans, est invitée au domicile parisien du sénateur de Loire-Atlantique de 56 ans, un homologue parlementaire avec lequel elle entretient depuis dix ans une relation amicale sans la moindre ambiguïté sexuelle. Celui-ci veut fêter sa fraîche réélection à la chambre haute, à laquelle il siège depuis 2011.À son arrivée vers 20H00 dans son appartement du 6e arrondissement, la députée MoDem découvre à sa grande surprise être la seule invitée de Joël Guerriau. Pendant qu’elle patiente au salon, son hôte leur prépare dans la cuisine, hors de sa vue, des coupes de champagne pour trinquer.Sandrine Josso accepte le verre qui lui est offert, boit quelques gorgées. En bouche, le champagne blanc a un drôle de goût.D’après la députée de Loire-Atlantique, Joël Guerriau se montre étrangement pressant. Il lui reproche de ne pas boire ou manger, insiste pour la resservir, trinquer. Le sénateur réalise des “tours de magie” devant son invitée, joue avec l’éclairage de la pièce en coupant puis rallumant par à-coups le plafonnier.Après une coupe et demi de champagne, accompagnée de deux fajitas, Sandrine Josso ressent des symptômes “bizarres”: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausée, tremblements… Voyant Joël Guerriau manipuler un sachet transparent et le ranger dans un tiroir de la cuisine, elle panique.Prétextant devoir retourner à l’Assemblée nationale, la députée, en grande détresse, ayant même du mal à parler ou tenir debout, quitte précipitamment vers 22H00 le domicile de Joël Guerriau et demande à des collègues députés de venir la récupérer au palais Bourbon.Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, avec une présence de MDMA à hauteur de 388 nanogrammes par millilitre de sang. Une concentration très nettement supérieure à une prise récréative de cette drogue euphorisante.- “Acte d’inadvertance” -Interpellé dès le lendemain des faits, Joël Guerriau dément avoir drogué Sandrine Josso pour l’agresser et argue d’un “acte d’inadvertance” de sa part.Selon le récit qu’il a fourni tout au long de l’instruction, il s’est procuré pour lui-même un euphorisant dans une période de vague à l’âme consécutive à la mort de son chat, et a servi par erreur à son amie un verre qu’il se destinait.En perquisition, un sachet de 30 grammes d’ecstasy a été retrouvé dans le tiroir de sa cuisine.”Je ne suis pas au top de ma forme. J’ai l’air d’aller bien mais à l’intérieur, je suis ravagée”, a confié à l’AFP Sandrine Josso en amont du procès. “Quelque part, je prends ça comme une mission en fait. Je me dis, si ça m’est arrivé, que j’ai trouvé l’énergie nécessaire pour m’échapper, je dois en faire quelque chose”.Pour sa part, Joël Guerriau “réserve ses explications au tribunal”, ont indiqué à l’AFP ses avocats, Mes Maria Roumiantseva et Henri Carpentier. L’ex-sénateur, qui a démissionné le 5 octobre dernier du palais du Luxembourg, encourt cinq ans d’emprisonnement.Sandrine Josso considère qu’en la droguant, Joël Guerriau avait l’intention de la violer pour “assouvir une pulsion, un fantasme”, ce dont le prévenu se défend.Si le sénateur n’a effectué aucun geste à caractère sexuel durant la soirée, les juges d’instruction ont estimé que le “cadre à tout le moins intimiste” du tête-à-tête et ses recherches sur internet, quelques semaines avant les faits, sur la drogue et le viol étaient suffisants pour qu’il soit jugé de ce chef devant le tribunal.

“Nous souhaitons fermer le site” de Bétharram, dit le secrétaire général de l’enseignement catholique

“Nous souhaitons fermer le site” de Notre-Dame de Bétharram, au cœur d’un scandale de violences physiques et sexuelles, “c’est clairement notre objectif”, a affirmé le secrétaire général de l’enseignement catholique Guillaume Prévost lundi.Mais “nous ne souhaitons pas le faire dans n’importe quelles conditions, compte tenu de nos responsabilité” vis-à-vis des victimes et des familles notamment, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, quelques jours après des déclarations contradictoires sur le sujet et qui laissaient planer une incertitude sur le devenir de l’établissement situé à Lestelle-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques).M. Prévost s’est dit “confiant” sur sa “capacité à pouvoir (…) présenter un projet clair sur le plan logistique et éducatif avant l’été”. “Nous nous sommes donné trois mois pour aboutir”, a-t-il affirmé, assurant qu'”une seule chose nous guide, la responsabilité”.Depuis deux ans, près de 250 plaintes ont été déposées par d’anciens élèves de Notre-Dame-de-Bétharram auprès du parquet de Pau, mettant en cause des prêtres et des laïcs pour des faits commis entre la fin des années 1950 et le début des années 2000.Il y a sur le site “un symbole, un bâtiment” qui “est la version négative qu’il faut quitter”, a de son côté affirmé Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec).L’avenir des enfants scolarisés sur place “est sur le groupe scolaire du Beau-Rameau”, qui compte aujourd’hui trois établissements dans la commune voisine d’Igon: une école primaire, un lycée et un lycée professionnel, a-t-il expliqué.”Il conviendra d’y rajouter un quatrième établissement, un collège. Voila ce que s’appelle la fermeture en bon ordre et proprement du site”, a-t-il ajouté.Pour les 160 collégiens aujourd’hui sur le site de Lestelle-Bétharram, “il faut leur trouver des salles de classe” et donc “réorganiser le site d’Igon”, a ajouté le président de la Fnogec.Pour M. Guéret, “ce type d’opérations est faisable, en profitant des temps fermés, donc de vacances”.M. Guéret avait annoncé la semaine dernière la prochaine fermeture du site de Lestelle-Bétharram, des propos avec lesquels le Secrétariat général de l’Enseignement catholique avait toutefois pris ses distances en assurant qu’il n’était “pas question de fermeture de l’établissement à ce stade”.Des violences avaient été dénoncées dès les années 1990 mais la parole des anciens élèves ne s’est libérée qu’à partir de l’automne 2023, dénonçant fellations et masturbations forcées, passages à tabac, humiliations et supplices.Des faits pour lesquels la congrégation des pères de Bétharram a reconnu sa responsabilité, l’an dernier après que le scandale eut éclaté, et compte indemniser toutes les victimes.

Grève reconduite au Louvre : le musée de nouveau fermé lundi

Le musée du Louvre est resté fermé lundi pour la quatrième fois depuis le début, mi-décembre, de la mobilisation d’une partie de son personnel pour de meilleures conditions de travail, a indiqué l’établissement à l’AFP.Fragilisé par le casse du 19 octobre, le musée le plus visité du monde peine à mettre fin à ce conflit social, l’un des plus longs de son histoire, malgré plusieurs séances de négociations avec le ministère de la Culture et la direction.Réunis lundi matin en assemblée générale, au moins 300 salariés ont voté la reconduction de la grève lancée le 15 décembre pour dénoncer les sous-effectifs et les écarts de rémunération avec d’autres agents relevant du ministère de la Culture, selon les syndicats CGT et CFDT.”Ce qu’il nous faut, c’est une volonté politique pour que ces écarts de rémunération soient compensés sans attendre”, a déclaré à l’AFP Christian Galani, qui dit vouloir prendre au mot la ministre de la Culture, Rachida Dati, laquelle a jugé les revendications des grévistes “légitimes”.”Si nos demandes sont légitimes, il faut qu’elle s’en occupe avant son départ du ministère” pour briguer la mairie de Paris, a-t-il ajouté.Selon Valérie Baud, représentante de la CFDT, la direction du Louvre a transmis dimanche une “première mouture” de propositions sur les conditions de travail, jugée “insuffisante” par les salariés.Depuis le début de la mobilisation, le musée a déjà été contraint de fermer totalement à trois reprises et d’ouvrir partiellement ses espaces à trois autres occasions.Même lorsque la grève n’était pas reconduite, les assemblées générales du personnel ont systématiquement retardé d’environ deux heures l’ouverture du musée, au grand dam des touristes massés devant les entrées.Mi-janvier, le Louvre avait évalué à “au moins un million d’euros” les pertes de recettes liées à ce mouvement social.