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La pollution des eaux sous un entrepôt Bolloré incendié en 2023 suscite l’inquiétude

Plusieurs associations s’inquiètent de concentrations importantes de lithium détectées dans les eaux souterraines sous un entrepôt de l’entreprise Bolloré Logistics au sud de Rouen, incendié en janvier 2023, où des batteries avaient été stockées sans autorisation.Les dernières analyses publiées récemment par la préfecture de Seine-Maritime font état d’un taux de lithium de 200.000 microgrammes par litre sur un point de captage des eaux souterraines de la commune de Grand-Couronne où a eu lieu l’incendie. C’est dix fois plus que l’an dernier, selon France Nature Environnement Normandie qui a porté plainte en mai 2025 pour pollution et écocide. Aucune norme sanitaire n’existe en France pour cette substance. Mais l’association cite des études menées par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) qui “tendent à établir une valeur cible maximale de 20 microgrammes par litre pour les organismes aquatiques des eaux douces et de 840 microgrammes pour l’eau destinée au réseau potable”. Parmi les effets dangereux potentiels identifiés par l’institut : neurotoxicité, hypothyroïdie, insuffisance rénale chronique. La pollution au lithium sous l’entrepôt incendié ne touche cependant pas le réseau d’eau potable, soulignent les autorités.D’après Paul Poulain, chercheur indépendant sur les pollutions et les risques, les composants des batteries au lithium et leur fuite dans l’environnement “constituent une menace directe” pour “les invertébrés, les poissons ou les oiseaux”.Le 16 janvier 2023, l’entrepôt stockant sans autorisation 12.300 batteries de véhicules appartenant à Blue Solutions, filiale du groupe Bolloré, avait été entièrement détruit par les flammes.- “On est scandalisés” -L’incendie avait immédiatement suscité des inquiétudes sur d’éventuels risques pour la santé ou l’environnement, auprès d’une population encore traumatisée par le précédent de l’usine Lubrizol en septembre 2019, quand 10.000 tonnes de produits chimiques étaient parties en fumée dans un autre incendie survenu dans le même secteur.En mai dernier, “quand nous avons déposé plainte on avait des taux 10 fois inférieurs à ce qu’on retrouve aujourd’hui”, a expliqué à l’AFP la juriste de France Nature Environnement Normandie Alice Béral. La hausse des concentrations, depuis, serait liée au ruissellement des eaux de pluie sur les batteries calcinées, seulement retirées du site en juillet 2025, plus de deux ans après l’incendie et après plusieurs mises en demeure.”On est toujours scandalisés, on aimerait que les responsables prennent leurs responsabilités”, a ajouté Mme Béral, soulignant vouloir faire assumer le coût du préjudice au groupe Bolloré.Le secrétaire de l’association des victimes de Lubrizol, Christophe Holleville, a regretté que le chantier de dépollution en surface se soit fait “à ciel ouvert”. “Cela aurait dû être fait sous un chapiteau de confinement, chaque coup de pelleteuse dégageait un nuage de poussière de lithium”, selon lui.Les taux de pollution au lithium “se sont envolés” dans les eaux de surface et malgré la mise en place d’une station de traitement des eaux polluées, “on atteint dans les eaux souterraines des taux record” qu’on ne retrouve qu’à proximité de sites d’extraction de ce métal, affirme-t-il.La préfecture reconnaît que le débit de pompage de la station de dépollution “n’atteint pas le niveau requis”.Blue Solutions et Bolloré Logistics, filiale rachetée en 2024 par CMA CGM, avaient été contraints par la préfecture et la justice administrative de financer cette “barrière hydraulique”.Contacté par l’AFP, le groupe Bolloré n’a pas donné suite.

Gangs ou collectifs de rue ? Le flou autour d’une réalité guadeloupéenne au procès des émeutes de 2021

Artistes, médiateurs, employés municipaux ou policier: les prévenus du procès des émeutes de 2021 en Guadeloupe, jugés depuis lundi à Fort-de-France (Martinique), ont tous en commun d’évoluer dans des quartiers populaires de l’archipel. Mais l’accusation de liens avec des “gangs” soulève débats et contestations à la barre.Deux d’entre eux seraient “leaders” de groupes apparentés à des gangs, selon un procès-verbal de renseignement de la gendarmerie consulté par l’AFP. Le document évoque des “structures hiérarchisées, ancrées sur un territoire avec des têtes de réseau et des lieutenants chargés d’exécuter des instructions liées à leurs activités criminelles”.Deux gangs majeurs seraient à l’œuvre en Guadeloupe, Sektion Kriminel et Chien La Ri, comptant respectivement 300 et 200 membres, selon ce même document. Ces deux groupes, connus dans l’archipel depuis le début des années 2000, étaient rivaux jusqu’en 2016.Sektion Kriminel, basé à Pointe-à-Pitre, réunit des rappeurs, souvent arborant la couleur violette.Les Chien La Ri sont aussi officiellement connus pour être un collectif d’artistes. Originaires de Baie-Mahault (centre de la Guadeloupe), ils s’étaient vus mettre à disposition un studio d’enregistrement par le maire de l’époque, Ary Chalus, actuellement président de la région Guadeloupe.Le procureur général près la cour d’appel de Basse-Terre Éric Maurel fait régulièrement référence à eux, alertant sur la structuration de ces groupes, leur évolution et leur implications dans des affaires de grand banditisme.Les accusés démentent fermement cette vision des choses. “Quand je lis certaines choses, j’ai l’impression qu’on se raconte un film”, réplique à la barre Noël Daufour, surnommé Oneel, présenté comme un membre important de Sektion Kriminel.Il est accusé, avec les 12 autres prévenus de ce procès, d’avoir été un organisateur des émeutes de fin 2021 en Guadeloupe, sur fond de contestation du pass sanitaire pendant l’épidémie de Covid-19. Des bâtiments publics et commerciaux avaient été détruits, des barricades installées: une violence “planifiée et organisée”, selon le procureur de la République de l’époque, Patrick Desjardins.- Clips de rap -Mais c’est sur leur rapport à la violence, à la musique, à la Guadeloupe que les prévenus sont interrogés au prétoire. Tous évoquent des “violences institutionnelles” à laquelle ils ont été confrontés. La musique chez eux est omniprésente.”On relate une réalité avec le souci de décrire et de dénoncer”, défend Noël Daufour, interrogé sur la violence des paroles de ses morceaux et les armes qu’on y voit.Lui se présente comme “pacificateur”, y compris en détention lors d’anciennes condamnations. Après une peine de prison en 2016, il raconte avoir entrepris “d’apaiser les relations” avec d’autres groupes, dont les Chien La Ri, menés selon l’accusation par Frédéric “Bwana” Dumesnil, lui aussi sur le banc des prévenus.”Les gangs, c’est quelque chose qui est structuré, qui a des ramifications à l’étranger, il y a parfois des rituels de passage pour les intégrer: je n’ai jamais vu ça en Guadeloupe”, assure ce dernier, employé comme médiateur pour la commune de Baie-Mahault et connu pour son travail associatif auprès des jeunes.Autre prévenu, Loïc Chenilco est lui aussi médiateur pour la commune des Abymes (centre) et artiste, auteur de morceaux de trap -un courant du rap- aux paroles parfois militantes, et aux clips montrant souvent des armes.”Quand on vient de quartier difficile, on a un sentiment d’appartenance”, explique-t-il, disant avoir grandi à neuf enfants dans un trois-pièces insalubre, “l’équivalent d’une favela”.Adrien Roux, substitut du procureur à Fort-de-France, concède l’aspect “nébuleux” de ce phénomène de gangs aux contours peu connus. Il n’y a pas d’affaire judiciaire en cours en faisant cas et selon une source judiciaire, “aucun indicateur n’existe en Guadeloupe sur des faits liés aux gangs, auxquels les auteurs ne revendiquent jamais leur appartenance”.

L’Insee va dire comment s’est portée l’économie française en fin d’année

L’Insee dévoile vendredi matin comment s’est portée la croissance française au dernier trimestre 2025, et les économistes s’attendent à un chiffre assez robuste, compris entre 0,2% et 0,4%.”Nos résultats économiques sont encourageants”, s’est félicité vendredi dernier le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure en présentant ses vœux aux acteurs économiques: “tout pointe vers une croissance de l’année dernière sans doute plus proche de 0,9% que le 0,7% auquel nous nous attendions”.Cette croissance de 0,9% du produit intérieur brut (PIB) sur l’année entière est attendue par l’ensemble des économistes quelle que soit la croissance du quatrième trimestre, qui pèse peu dans le calcul arithmétique de la croissance annuelle.Fin 2025, l’économie, au vu des enquêtes mensuelles déjà publiées par l’Institut national de la statistique, a davantage reposé sur les entreprises que sur la consommation des ménages, restée assez terne, tandis que leur épargne atteint presque 19% de leur revenu disponible.Si l’année s’est mieux terminée que prévu, “on le doit en grande partie aux entreprises qui ont continué d’investir, de recruter, de produire et d’exporter”, a remarqué M. Lescure.- Aéronautique -Selon le directeur général de la Banque de France en charge des statistiques, Olivier Garnier, “le secteur ayant le mieux performé au deuxième semestre, en particulier en décembre, est l’industrie manufacturière, toujours tirée par l’aéronautique et le secteur de la défense”.Après différents problèmes d’approvisionnement qui ne lui ont permis d’assurer une pleine production que six mois seulement l’an dernier, le secteur est bien reparti en fin d’année.Stéphane Colliac, de BNP Paribas, souligne aussi qu’un autre secteur, celui-là “un peu plus sous les radars”, a tiré aussi la croissance : “les biens d’équipement électriques, électroniques et informatiques”, une dénomination de l’Insee qui recouvre notamment l’intelligence artificielle.La situation politique semble moins peser sur l’économie que dans les mois ayant suivi la dissolution de juin 2024, dans une sorte d'”autonomisation de la vie économique par rapport à la vie politique”, décrit le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, et les entreprises ont continué de travailler correctement en fin d’année alors que le vote d’un budget n’était pas acquis.Début 2026, pour lequel l’Insee prévoit actuellement 0,3% de croissance à chacun des deux premiers trimestres, l’incertitude budgétaire est en voie d’être définitivement levée, avec l’adoption quasi-assurée du projet de loi de Finances par un dernier recours au 49.3 à l’Assemblée nationale vendredi, après le rejet du texte au Sénat jeudi.- “Urgent d’agir” -En revanche, une croissance correcte ne règle que très partiellement le problème massif de finances publiques du pays.Le gouvernement, qui espérait faire adopter un budget basé sur un déficit des administrations publiques de 4,7% du PIB, a dû se résoudre à des compromis, particulièrement avec le PS, qui amèneront le déficit à 5%, après 5,4% en 2025.D’ores et déjà, l’agence Moody’s en a douté cette semaine, prédisant un déficit restant à 5,2% cette année.”Il est urgent d’agir, de réduire vigoureusement notre déficit public” – le pire de la zone euro, NDLR -, “de maîtriser nos dépenses et de stabiliser notre dette publique”, la troisième de la zone, a rappelé jeudi la présidente par intérim de la Cour des comptes, Carine Camby.”Il est vain de parler de souveraineté alimentaire, numérique, industrielle ou sanitaire, quand notre souveraineté budgétaire est mise en péril par notre charge de la dette”, a-t-elle mis en garde.Les chiffres du quatrième trimestre des croissances espagnole et italienne seront également publiés vendredi, ainsi que des chiffres détaillés de la croissance allemande, qui a progressé de 0,2%, sur le trimestre et sur l’année 2025, selon de premières estimations, après deux années de récession.

Budget: Lecornu dégaine un ultime 49.3, l’épilogue approche

La ligne d’arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu va activer vendredi matin pour la troisième fois l’article 49 alinéa 3 de la Constitution à l’Assemblée nationale, ultime étape avant l’adoption définitive du budget de l’Etat, attendue lundi.Après quatre mois de très denses discussions au Parlement, le projet de loi de finances pour 2026 va pouvoir aboutir. Examiné à partir de 9H00 à l’Assemblée nationale en lecture définitive, le projet de budget ne sera pas discuté très longtemps: le chef du gouvernement est attendu au Palais Bourbon pour activer d’emblée un nouveau 49.3 sur le texte. En engageant ainsi la responsabilité du gouvernement, Sébastien Lecornu devrait s’exposer à nouveau à deux motions de censure, issues de la gauche hors-PS et du Rassemblement national.Celles-ci seront soumises aux députés “probablement lundi après-midi”, ont indiqué des sources gouvernementales et parlementaires à l’AFP. Et sauf immense surprise, elles seront rejetées comme les deux précédentes grâce à la clémence des Républicains et surtout du Parti socialiste. Le gouvernement dispose en effet d’un matelas relativement confortable d’une vingtaine de voix d’avance.Le rejet des motions vaudra alors adoption définitive du budget de l’Etat, qui devra tout de même passer le filtre du Conseil constitutionnel avant d’être promulgué. Sa mise en place mettra fin au régime fragile de la loi spéciale, votée fin décembre faute d’accord parlementaire pour assurer la continuité de l’Etat.S’il est certes “imparfait”, ce budget “est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d’incertitude qui s’est installé depuis quelques mois”, a salué jeudi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.Elle s’exprimait devant les sénateurs, très mécontents de la copie finale. Ces derniers, qui devaient être saisis du texte avant son retour à l’Assemblée selon les règles de procédure parlementaire, n’ont pas souhaité retarder l’échéance, préférant le rejeter d’emblée sans rouvrir la discussion.Si certains parlementaires, tout comme l’agence de notation Moody’s, en doutent, le texte entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.Il prévoit diverses concessions en direction notamment du PS, comme les repas à un euro pour les étudiants ou la hausse de la prime d’activité pour les salariés modestes.Mais il continue de susciter l’hostilité de l’extrême droite et d’une grande partie de la gauche (Insoumis, écologistes, communistes), qui ont déposé à chaque occasion des motions de censure.Il s’agira de la troisième utilisation du 49.3 par Sébastien Lecornu, qui s’était engagé à y renoncer au début de l’automne, à la demande du PS. Les deux premiers ont été activés lors de la “nouvelle lecture” du texte, l’un sur la partie “recettes”, l’autre sur la partie “dépenses”.

La destruction d’un mas médiéval sur un domaine dont le couple Sarkozy est actionnaire devant la justice

Un mas médiéval du XVe siècle entièrement réduit en “gravats”: la justice s’est penchée jeudi sur la citation directe d’une association écologiste engagée contre un luxueux domaine des Alpilles, appartenant à l’entrepreneur Stéphane Courbit associé au couple Sarkozy.Devant le tribunal de Tarascon, la Ligue de défense des Alpilles vise la société Estoublon Holding, propriétaire du domaine d’Estoublon dans le massif des Alpilles, dans lequel sont associés l’entrepreneur et producteur télé Stéphane Courbit et l’ex-président Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni-Sarkozy.En mai 2025, la justice avait déjà prononcé une amende de 150.000 euros dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) concernant la destruction de cette bâtisse remontant au XVe siècle à l’encontre d’une autre entité juridique, la société agricole du domaine d’Estoublon.Avec 17 hectares de vigne et 120 hectares d’oliviers, ce domaine, qui se targue d’exister depuis 1489, propose des huiles d’olive “multimédaillées aux profils aromatiques exceptionnels” et met en avant sur son site Internet des offres d’oenotourisme.Au sein d’une “des propriétés les plus exclusives de Provence”, le château –privatisable– offre 10 chambres.Les faits examinés jeudi à Tarascon remontent à mai 2021. Sans attendre les permis nécessaires, des travaux de destruction sont menés au mas de Montredon, dans le périmètre d’un château classé monument historique, au coeur du domaine.Quand, en juin, arrive le refus du maire, il ne reste plus rien de la bâtisse de 800 mètres carrés.”On est sur un cas de démolition totale”, indique Frédéric Aubanton, architecte des bâtiments de France (ABF), cité comme témoin.- “Rayé de l’histoire” -Un tel ouvrage, dont “les éléments majeurs, sculptés, ont été brisés en petits morceaux”, ne peut pas être “remonté”, a-t-il encore estimé.A l’AFP il explique que ce mas datant du XVe siècle avait subi des altérations au XVIIe et au XVIIIe siècle.C’était “un mas typique de ces petits fiefs seigneuriaux, avec des éléments de décors, des fenêtres à meneaux, un escalier à vis, une cheminée monumentale, au rez-de-chaussée de belles voûtes d’arêtes”, dit-il.A la barre, la représentante de la Ligue de défense des Alpilles, Annick Blanc, a fustigé le montant de la CRPC. “Le mas a été rayé de l’histoire et de la mémoire (…) payer 150.000 euros après avoir réduit un mas en poussière pourrait faire des émules”, a-t-elle déploré.Plaidant la relaxe, l’avocat du domaine d’Estoublon, Me Kyum Lee s’est insurgé de voir se rouvrir devant la justice une affaire déjà réglée, selon lui, qualifiant la procédure intentée “d’appel de la CRPC.””Je ne vais pas remettre en cause le fait que le mas a été détruit”, a-t-il reconnu.Mais, a-t-il souligné, “la partie civile n’est pas contente de la peine convenue en CRPC. Elle se dit qu’il faut un nouveau procès pour pouvoir enfin obtenir, peu importe de qui, une peine bien supérieure.”La décision sera rendue le 30 avril. L’avocat de la ligue, Me Benoist Busson, a demandé 100.000 euros de dommages et intérêts solidairement à la Estoublon Holding, à Stéphane Courbit, à un ex-responsable du domaine et au cabinet d’architecture intervenu sur le chantier.”Ils ont 800m2 qu’ils ont démoli qu’ils peuvent reconstruire, on estime que c’est un dossier à plusieurs millions d’euros”, a-t-il dit à l’AFP.En 2022, un reportage de Paris Match sur le domaine suivait Carla Bruni, qui “s’implique dans tous les processus créatifs” à Estoublon. Le magazine explique alors que l’entrepreneur Stéphane Courbit est associé au couple Sarkozy et à la famille Prats dans cette affaire. “Mon mari et moi sommes tombés amoureux d’Estoublon”, raconte ainsi Mme Bruni-Sarkozy.

Procès Casino: l’ex-PDG Jean Charles Naouri, l’entreprise et Nicolas Miguet condamnés pour corruption

L’ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri a été condamné jeudi à quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis pour corruption et diffusion d’informations fausses, l’enseigne de supermarchés, trois de ses anciens cadres et le patron de presse Nicolas Miguet ayant également été reconnus coupables.Le tribunal correctionnel de Paris a aménagé la partie d’emprisonnement ferme de M. Naouri en détention à domicile sous bracelet électronique. L’ex-champion de la grande distribution, qui a annoncé faire appel, a également été condamné à un million d’euros, une amende deux fois moins élevée que celle réclamée par le parquet national financier.La société Casino, désormais dans l’escarcelle de l’entrepreneur tchèque Daniel Kretinsky, a pour sa part été condamnée à 40 millions d’euros d’amende dont 20 millions avec sursis.Jean-Charles Naouri avait conclu en septembre 2018 une “convention” avec le sulfureux patron de presse Nicolas Miguet, facturée 823.000 euros, supposément pour des “conseils” pendant neuf mois.Pour l’accusation, dont le raisonnement a été suivi par le tribunal, il s’agissait en fait de défendre le cours de l’action Casino, au moment même où elle décrochait en Bourse, en présentant sous un jour favorable l’enseigne de grande distribution dans les différentes publications de conseils boursiers de M. Miguet.Celui qui s’était fait connaître dès les années 1990 par son activisme médiatique et politique — il a tenté, en vain, de se présenter à plusieurs reprises à l’élection présidentielle — a été condamné à 800.000 euros d’amende et quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis.Le mandat de dépôt, avec effet différé, lui a été décerné pour la partie ferme: Nicolas Miguet devra donc être incarcéré dans les prochaines semaines.Le tribunal correctionnel “a également jugé que la diffusion de la rumeur d’une offre publique hostile imminente de Carrefour sur Casino” par Nicolas Miguet, “à l’instigation de Casino et de ses anciens dirigeants, constituait bien le délit de diffusion d’informations fausses ou trompeuses”. Le patron de presse a encore été condamné pour blanchiment et délit d’initié.Les magistrats ont en revanche relaxé l’ensemble des mis en cause du délit de manipulation de cours par recours à des procédés fictifs: “La démonstration d’un lien de causalité entre les faits et un effet sur le cours de Casino n’a pas été rapportée”, ont-ils noté.Dans un communiqué de ses avocats, Jean-Charles Naouri s’est dit “déterminé à se battre afin que la justice prononce sa totale innocence”, en rappelant en outre qu’il avait déposé une plainte “visant les manipulations de cours dont Casino a été victime entre 2015 et 2018”.Le groupe Casino a indiqué à l’AFP “prendre acte du jugement” et “se donner dix jours” quand à l’opportunité de faire appel.Trois ex-cadres du groupe de grande distribution ont par ailleurs été condamnés à trois ans d’emprisonnement avec sursis, avec des peines d’amende allant de 250.000 à 500.000 euros.

Trump’s new Minneapolis point man vows ‘smarter’ operation

Donald Trump’s border chief said Thursday that some federal agents could be withdrawn from Minneapolis, the northern US city that has become the flashpoint for the president’s immigration crackdown.The Trump administration, facing a public backlash over the shooting deaths of two Americans by federal agents in Minneapolis, also eased immigration operations in the northeastern state …

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Une journée de mobilisation pour Christophe Gleizes se termine en musique au Bataclan

Un concert au Bataclan a conclu jeudi une journée de mobilisation pour le journaliste sportif français détenu en Algérie depuis sept mois Christophe Gleizes, à qui Ségolène Royal rend visite vendredi, un signal positif selon sa mère.”C’est avec l’émotion d’une maman que je m’adresse à vous tous”, a lancé, la voix tremblante, Sylvie Godard, montée sur la scène parisienne pour remercier le public “pour (son) merveilleux soutien”.Echarpe rouge “Free Gleizes” autour du cou, elle a lu un court message transmis par son fils depuis la prison de Tizi Ouzou où il est incarcéré : “grâce à vous je ne me sens pas seul et bientôt nous nous retrouverons et nous rattraperons le temps perdu”.Plusieurs artistes, comme le compositeur Alex Beaupain, la chanteuse Mathilda, ou le groupe électro-pop Elephanz, ont prêté leur voix au soutien du journaliste. Figure de la pop française, Jeanne Cherhal a improvisé une version de la chanson écrite par Michel Berger “Diego libre dans sa tête”.Le concert, organisé par Reporters sans frontières (RSF) a ponctué une journée de mobilisation avec plusieurs rassemblements à Toulouse, Lille, Montpellier, ou Perpignan, pour demander au président algérien Abdelmajid Tebboune d’accéder à la demande de grâce formulée par la famille. Collaborateur des magazines français So Foot et Society, Christophe Gleizes a été arrêté le 28 mai 2024 en Algérie où il s’était rendu pour un reportage sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi-Ouzou, à 100 kilomètres à l’est d’Alger.D’abord placé sous contrôle judiciaire, il avait été incarcéré en juin 2025 après sa condamnation pour “apologie du terrorisme” en première instance à sept ans de prison, en pleine crise diplomatique franco-algérienne.Début décembre 2025, la Cour d’appel de Tizi-Ouzou a confirmé cette peine, alors que son avocat français, Me Emmanuel Daoud, dénonçait un “dossier totalement vide”. La justice algérienne lui reproche des contacts avec des personnes liées au mouvement séparatiste MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie), classé terroriste en Algérie depuis 2021.- bientôt 37 ans -Sur scène, l’ancien footballeur international Vikash Dhorasoo, a appelé les autres figures de son sport à se joindre à la mobilisation.”Ce que j’aimerais c’est que d’autres footballeurs importants prennent la parole” pour “mettre la pression sur le gouvernement algérien”, a-t-il lancé, très applaudi.Les parents du journaliste et le secrétaire général de RSF, Thibaut Bruttin, ont jugé positive auprès de l’AFP l’annonce par l’ancienne ministre française Ségolène Royal qu’elle rendrait visite en prison au journaliste vendredi, à l’occasion de son déplacement en Algérie où elle a rencontré le président Tebboune.”Plus vous avez des personnalités qui sont respectées par le gouvernement algérien et qui peuvent influencer la décision, plus, pour nous, c’est formidable”, a déclaré Mme Godard à propos de l’ancienne candidate à la présidentielle, actuellement présidente de l’Association France Algérie (AFA). Sylvie Godard doit elle-même se rendre en Algérie samedi pour rendre visite à son fils “pour ses 37 ans”. “On va lui apporter des livres (…) des mots croisés (…) des vêtements, et puis après on a droit à un couffin avec 8 kilos de nourriture”, a-t-elle raconté à l’AFP.Paris et Alger restent empêtrés dans une crise diplomatique à la suite de la reconnaissance, à l’été 2024 par la France, d’un plan d’autonomie “sous souveraineté marocaine” pour le Sahara occidental. L’Algérie soutient le mouvement indépendantiste du Polisario.Depuis, une succession de nouveaux épisodes de crispation ont entretenu les tensions, notamment la détention pendant un an de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné en Algérie pour “atteinte à l’unité nationale” et finalement grâcié avant d’être libéré en novembre 2025. L’écrivain a été élu jeudi à l’Académie française.La semaine dernière encore, Alger a protesté contre la diffusion sur France Télévisions d’un numéro de Complément d’enquête consacré à la crise diplomatique entre les deux pays. L’Algérie a dénoncé un “tissu de contre-vérités” et “une véritable agression contre l’Etat algérien, ses institutions et ses symboles”.

Britain’s Starmer hails ‘good progress’ after meeting China’s Xi

Britain’s Prime Minister Keir Starmer hailed “really good progress” on issues including visa-free travel and tariffs during talks with Chinese leader Xi Jinping in Beijing on Thursday.Starmer’s visit to China is the first by a British premier since 2018 and follows a slew of Western leaders seeking a rapprochement with Beijing recently, pivoting from an …

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Trump says Putin to halt Kyiv strikes for week amid harsh cold

US President Donald Trump said Thursday that Russia’s Vladimir Putin agreed to a personal request to halt attacks on Kyiv and other Ukrainian cities after Moscow’s strikes left millions without heating during an “extreme” cold snap.Trump’s claim comes as Russian strikes on Ukraine’s power infrastructure have disrupted light, heating and water supplies, with temperatures plummeting …

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