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“Un coup dur”: le Salon de l’agriculture bousculé par l’absence inédite de vaches

“Un coup dur”: le Salon de l’agriculture devra se passer de vaches, les éleveurs refusant d’amener leurs animaux par “crainte” et par “solidarité” avec ceux touchés par la dermatose nodulaire. Les organisateurs appellent à présent à une édition “sans tensions”, malgré les manifestations.C’est une première dans l’histoire du salon parisien créé en 1964: les organismes de sélection des races bovines ont décidé de ne pas présenter de bovins au concours général agricole et refusé la présence, même symbolique, de quelques vaches, dont Biguine, l’égérie brahman venue de Martinique.C’est “un coup dur pour le salon”, qui laisse ses organisateurs “profondément attristés”, a déclaré mardi à la presse son président, Jérôme Despey, ajoutant respecter le choix des éleveurs.Cette décision intervient alors même que “85% des bovins” parmi les 500 à 600 qui devaient concourir venaient de zones indemnes de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).Mais le protocole sanitaire pourtant strict du salon – qui s’ouvre cette année le 21 février – n’a pas convaincu: “quand on élève pendant plusieurs années des bêtes de concours, on peut comprendre la peur des éleveurs” qui ont choisi de ne pas transporter leurs meilleurs animaux, a expliqué Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca, organisateur du salon.C’est aussi une première en 132 éditions du Concours général agricole qui ne récompense pas que les bovins mais aussi d’autres productions animales ainsi que des centaines de produits du terroir.Une médaille au concours général assure souvent aux producteurs de vins, saucissons et viandes récompensés “20% de revenus”.Les autres animaux (cochons, ovins, chiens, chats, chevaux et ânes) seront bien présents ainsi que les milliers d’exposants de produits de différentes régions.- Des débats, “pas des combats” – Arnaud Lemoine a aussi souligné la “solidarité” des organismes de sélection avec les éleveurs des zones touchées par la maladie, dont les animaux sont bloqués en attendant la levée des restrictions le temps que l’immunité vaccinale se construise.La gestion par l’Etat de l’épizootie de DNC a relancé le mouvement de contestation agricole, nourri par l’accord de libre-échange UE-Mercosur mais aussi par le ras-le-bol général de la profession. Les manifestations ont pris une nouvelle dimension depuis jeudi dernier avec des défilés de tracteurs dans Paris de tous les syndicats, avec la FNSEA à la manoeuvre mardi.La période avant le Salon de l’agriculture est traditionnellement celle où les agriculteurs font pression sur les politiques, qui viennent ensuite défiler parmi les stands pour montrer leur proximité avec le monde rural. Ils seront cette année en campagne pour les élections municipales de mars.En 2024, le premier jour du salon avait été fortement perturbé par des agriculteurs prêts à en découdre avec le président Emmanuel Macron. L’événement avait ouvert au public plus tardivement, dans une atmosphère tendue.Des manifestations avaient fait peser des craintes sur l’édition 2025, qui s’est finalement tenue dans le calme.”On ne peut pas mettre la pression sur le salon (…) chaque année pour des raisons différentes aussi importantes soient-elles (…) On n’a pas de problème avec les débats” mais “pas de combats”, a lancé Arnaud Lemoine, appelant au “respect des visiteurs”, qui sont en moyenne 600.000 à venir chaque année.Les organisateurs souhaitent un salon de la “solidarité” mais “pas un salon des tensions”. Jérôme Despey a d’ailleurs lancé le nouveau slogan de l’événement “venir c’est soutenir” l’agriculture française.”Il n’y aura pas de vaches mais il y aura tout le reste et même un peu plus, il nous reste un mois et demi pour être à la hauteur”, a ajouté Arnaud Lemoine, refusant de donner le nombre de visiteurs nécessaire pour maintenir la rentabilité de l’événement.L’absence de vaches et de l’égérie, qui sera même retirée de l’affiche au grand désespoir des éleveurs d’outremer pour la première fois mis à l’honneur, risque en effet d’avoir un impact sur la fréquentation de ce salon grand public.Une conférence de presse aura lieu début février pour annoncer le programme remodelé de l’événement.

Les tracteurs aux abords de l’Assemblée nationale pour exprimer la “révolte” agricole

Plus de 350 tracteurs ont pris position mardi matin aux abords de l’Assemblée nationale, à Paris, les agriculteurs en colère assurant qu’ils ne bougeraient pas tant que leurs demandes n’auraient pas été “entendues” par le gouvernement.”On demande à être reçus par le Premier ministre, on ne bougera pas d’ici tant qu’on n’aura pas été reçus et entendus” a déclaré à ses troupes Damien Greffin, l’un des vice-présidents du syndicat FNSEA, organisateur avec les Jeunes Agriculteurs (JA) de cette nouvelle mobilisation.Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, venu sur place, a annoncé un rendez-vous “à Matignon”. Celui-ci se tiendra à 14H30 avec le cabinet du Premier ministre, précise-t-on à Matignon.Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale n’ont pas suffi à calmer la colère.”On est au bout du bout, ça fait trois ans qu’on ne dégage pas de revenu sur nos exploitations. Les politiques sont incapables de nous donner un cap”, a déclaré mardi devant l’Assemblée nationale Guillaume Moret, 56 ans, venu en tracteur depuis le Val d’Oise et responsable FNSEA en Ile-de-France.Ravivée par la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest, la contestation est nourrie par la signature prévue samedi de l’accord de libre-échange UE-Mercosur et plus largement par un ras-le-bol général d’une profession confrontée directement aux aléas climatiques et économiques.Venu des départements de grande couronne parisienne mais aussi des Hauts-de-France, les tracteurs de la FNSEA se sont installés non loin de l’Assemblée nationale, où le Premier ministre Sébastien Lecornu a décidé de leur permettre de passer la journée, selon une source proche du dossier.”La révolte paysanne reprend”, peut-on lire sur une banderole déployée devant l’Assemblée nationale, où des prises de parole sont en cours en milieu de matinée. En 2024, la FNSEA avait déjà lancé ses tracteurs sur Paris pour demander des revenus, un allègement des normes et des simplifications pour les agriculteurs.- “Retrouver un peu de souffle” -En fin de matinée, les manifestants ont échangé avec la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui a annoncé une séance le 11 février consacrée à l’application notamment de la loi Duplomb, réclamée par l’alliance FNSEA-JA.La préfecture de police, qui a autorisé lundi soir le rassemblement, comptait à 10H00 quelque 400 manifestants rassemblés aux abords de l’Assemblée nationale et 353 tracteurs positionnés quai d’Orsay.M. Greffin a pour sa part évoqué “plus de 500 tracteurs et 800 agriculteurs”.La semaine dernière, les contestataires de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, avaient eux aussi fait entrer leurs tracteurs venus de toute la France dans Paris, bravant des interdictions de convois de tracteurs et de manifestations non déclarées à proximité des lieux de pouvoir parisiens. Le gouvernement avait assumé de n’avoir pas dispersé le rassemblement devant l’Assemblée.Mardi, un premier convoi d’une quinzaine de tracteurs FNSEA/JA venus des Yvelines est entré dans Paris peu avant 06H00. Vite rejoints par des dizaines d’autres, ils ont descendu les Champs-Elysées en klaxonnant. Certains, équipés de remorques, ont prévu matelas et duvets.La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a promis mardi d'”accélérer”, dans un message posté sur X.”Les agriculteurs veulent que cela accélère. Nous allons accélérer. Avec le Premier ministre et le gouvernement, nous poursuivons le travail d’élaboration de propositions concrètes”, a-t-elle déclaré, sans plus de précisions.La FNSEA demande “une loi spéciale” pour aborder “la prédation du loup, les moyens de production et le sujet de l’eau”.Le gouvernement a annoncé vendredi un paquet de “300 millions d’euros”, largement dépendant du vote du budget, ainsi qu’une augmentation du nombre de loups qu’il est possible de tuer et des mesures pour “débloquer” des projets destinés à irriguer les cultures.La FNSEA veut également “un moratoire sur l’ensemble des sujets eau” et la “suspension de la dernière version de la directive nitrates”, qui établit notamment les plans d’épandages d’engrais.À quelques jours de la signature de l’accord UE-Mercosur, samedi au Paraguay, les agriculteurs ont aussi multiplié leurs opérations ailleurs en France, notamment au péage de Fresnes-lès-Montauban (Pas-de-Calais) sur l’A1, ou au Havre. Sur l’A64 près de Toulouse, les manifestants ont accepté de lever le barrage.Pour ses détracteurs, le traité commercial va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés – bœuf, sucre, volailles – moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.bur-sb-meh-sm-cho-alh/ved/eb

Le procès de l’Iranienne Esfandiari susceptible d’être échangée contre les Français Kohler et Paris s’est ouvert

Le procès pour apologie du terrorisme de l’Iranienne Mahdieh Esfandiari, possible monnaie d’échange avec Téhéran contre les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, s’est ouvert mardi au tribunal correctionnel de Paris, pour quatre jours.”Je suis ici aujourd’hui car je vais enfin pouvoir m’exprimer sur les faits, car il y a eu beaucoup d’histoires erronées me concernant dans les médias, et beaucoup de mensonges”, a déclaré la prévenue à la presse juste avant l’audience. A ses côtés, Me Nabil Boudi, un de ses avocats, a indiqué qu’elle attendait “d’être blanchie intégralement”.Les autorités iraniennes souhaitent échanger Mahdieh Esfandiari, arrêtée en France en février 2025, contre Cécile Kohler, 41 ans, et Jacques Paris, 72 ans, qui avaient été incarcérés en Iran en mai 2022 avant d’être condamnés respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage pour Israël, puis libérés début novembre 2025, avec interdiction de quitter le pays. Ils restent pour l’heure bloqués à l’ambassade de France à Téhéran.Mahdieh Esfandiari a obtenu fin octobre, après huit mois de détention provisoire, sa libération sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire français.”Cet échange entre nous et la France a été négocié. Il y a eu un accord et en effet, nous attendons que toute la procédure juridique et judiciaire se fasse dans les deux pays”, avait déclaré fin novembre le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, à France 24.”Une procédure judiciaire est en cours, qu’il ne nous appartient pas de commenter”, a de son côté déclaré une source diplomatique française.Interrogée par l’AFP, la diplomatie française s’est refusée à tout commentaire sur l’impact potentiel sur leur libération du mouvement de protestation qui secoue l’Iran depuis fin décembre, et dont la répression a fait plus de 600 morts.- “Impatients de rentrer” -Selon la soeur de Cécile Kohler, Noémie Kohler, ils “vont bien”. “Ils sont avec les personnels essentiels (de l’ambassade) qui continuent à être très attentifs à leur égard”, a-t-elle déclaré à l’AFP. “Leur sécurité est assurée”, a souligné de son côté Anne-Laure Paris, la fille de Jacques Paris. “Ils se remettent peu à peu de leur détention, mais ils sont impatients de rentrer”.L’Iranienne de 39 ans est jugée avec quatre autres personnes, dont l’essayiste d’extrême droite multicondamné Alain Soral, visé par un mandat d’amener.Mme Esfandiari comparaît pour apologie d’un acte de terrorisme commis en ligne, provocation directe en ligne à un acte de terrorisme (des délits passibles de sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende), injure publique en ligne en raison de l’origine, ethnie, nation, race ou religion et association de malfaiteurs. Elle conteste les accusations.Les faits qui lui sont reprochés ont été commis à Paris et à Lyon de courant 2023 jusqu’au 3 décembre 2024, notamment sur les plateformes Telegram, X, Twitch et YouTube et le site Egalité et réconciliation d’Alain Soral.Le 30 octobre 2023, le parquet de Paris avait reçu un signalement du ministre de l’Intérieur sur un compte Telegram @Axe_de_la_Résistance, faisant l’apologie de l’attaque sanglante menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive.Après plusieurs mois d’enquête, des juges d’instruction avaient été saisis en novembre 2024.Selon leur ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, Mahdieh Esfandiari a occupé une “place centrale dans l’organisation Axe de la Résistance” et “a secondé” Maurizio Buisson, un ancien étudiant de l’université Al-Mustafa de Qom en Iran qui en était le principal organisateur. Il est lui aussi jugé.Lors d’une perquisition au domicile de l’Iranienne, ont été retrouvés des livres édités par le régime iranien et plus de 2.000 euros en liquide.Arrivée en France en 2018, elle y a créé une entreprise de traduction et interprétariat et avait pour projet en 2025 de rentrer dans son pays.Parmi les nombreux propos qui lui sont reprochés: avoir publié la phrase “Une attaque qui fait le bonheur de milliards de gens dans le monde…” en référence aux massacres du 7-Octobre; avoir remercié “ceux qui ont soutenu la Résistance (…) Et à leur tête la République islamique d’#Iran” ou un an plus tard, avoir célébré notamment avec des émoticônes l’anniversaire de l’attaque perpétrée par le Hamas.Plusieurs associations telles que la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) se sont constituées parties civiles.

Décisif pour 2027, le procès en appel de Marine Le Pen s’est ouvert

Devant une salle comble, le procès en appel de Marine Le Pen et du Rassemblement national dans l’affaire des assistants d’eurodéputés FN a débuté mardi à Paris, ouvrant un mois d’une audience décisive pour sa candidature à la présidentielle de 2027.En veste bleu nuit et chemisier rose, la cheffe de file de l’extrême droite, 57 ans, a fait son entrée accompagnée de ses deux avocats vers 13H10 sous les boiseries de la première chambre du palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité, une vingtaine de minutes avant l’ouverture du procès.Pour cette audience à hauts enjeux politiques où onze personnes et le parti seront jugés jusqu’au 11 février par une formation collégiale présidée par la magistrate Michèle Agi, des centaines de journalistes du monde entier ont fait le pied de grue, depuis le petit matin pour certains, dans les galeries de la cour d’appel.Au moment où l’extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés Rassemblement national (ex-FN) à l’Assemblée, Marine Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l’Élysée empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.- “Espérance””J’espère pouvoir être entendue par la cour d’appel”, a-t-elle glissé dans la matinée avant une réunion de son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, se disant “dans un état esprit d’espérance, en quelque sorte…”.La triple candidate malheureuse à l’Elysée a été condamnée pour détournement de fonds publics le 31 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme sous bracelet électronique, 100.000 euros d’amende et, surtout, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, c’est-à-dire immédiate, qui l’empêche à date de concourir à la présidentielle – ou, en cas de dissolution, à sa propre succession dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Elle encourt 10 ans d’emprisonnement.Les juges de première instance l’ont reconnue coupable d’avoir mis en place un “système” entre 2004 et 2016 de captation des enveloppes versées par le Parlement européen aux eurodéputés, destinées à rémunérer leurs assistants dans le cadre de leurs fonctions à Bruxelles et Strasbourg.Pour l’accusation, représentée devant la cour d’appel par Thierry Ramonatxo et Stéphane Madoz-Blanchet, lesdits assistants travaillaient en réalité pour le seul parti Front national (FN, devenu RN) ou leurs dirigeants.”Il y a une règle intangible qui a toujours été là, c’est que les fonds qui sont versés à l’assistant parlementaire, c’est pour le député, c’est pas pour le parti. Cette règle-là a toujours existé”, a rappelé l’avocat en partie civile du Parlement européen, Me Patrick Maisonneuve.Le tribunal correctionnel a établi le préjudice à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros déjà remboursés par une partie des prévenus – ils étaient 25 en première instance, douze ont renoncé à faire appel malgré leur condamnation, dont la propre sœur de Marine Le Pen, Yann Le Pen.Le maire de Perpignan Louis Aliot, le député RN Julien Odoul, l’eurodéputé Nicolas Bay ou Bruno Gollnisch seront en revanche à nouveau sur le banc des prévenus.- Bardella “meilleur président” -Assistée de son conseil historique, Me Rodolphe Bosselut, et d’une nouvelle avocate, Me Sandra Chirac-Kollarik, elle pourrait davantage insister sur sa “non-intentionnalité” de commettre les faits qui lui sont reprochés plutôt qu’une dénégation en bloc, parfois perçue comme une “défense de rupture”, telle que plaidée en première instance, selon plusieurs de ses proches.Si Marine Le Pen n’a pas abandonné l’espoir d’être relaxée, une déclaration de culpabilité n’obérerait pas sa possibilité de concourir à la présidentielle de 2027 mais à une double condition: qu’une éventuelle peine d’inéligibilité soit inférieure à deux ans et que les magistrats renoncent à la condamner au port d’un bracelet électronique, perçu comme incompatible avec la possibilité de mener une campagne.Elle a quoi qu’il en soit indiqué que la seule décision de la cour d’appel déterminera son avenir, sans attendre une éventuelle décision de la Cour de cassation – bien que cette dernière entende se prononcer, si elle devait être saisie, avant l’échéance présidentielle.Neuf mois après sa condamnation, Marine Le Pen a déjà vu son image se dégrader dans l’opinion, l’idée d’une candidature de substitution de Jordan Bardella à l’Elysée s’étant peu à peu imposée comme la plus probable.Qu’importe: cet automne, Marine Le Pen avait pris la peine de rappeler qu’il était “sûr et certain” qu’elle briguerait à nouveau l’Elysée “si elle p(ouvait) être candidate”. Tout en reconnaissant que, à défaut, “Jordan Bardella peut gagner à (sa) place”.

Près de Toulouse, les agriculteurs commencent à lever le barrage emblématique de l’A64

Les agriculteurs qui occupent nuit et jour depuis un mois un barrage emblématique sur l’A64, à Carbonne (Haute-Garonne), près de Toulouse, ont commencé à quitter les lieux à bord de tracteurs mardi à la mi-journée, après avoir annoncé la levée du blocage au plus tard mercredi, a constaté un journaliste de l’AFP.Après négociation avec le préfet de Haute-Garonne sur place, “on va lever le barrage”, ont déclaré à l’AFP Benjamin Asna et Bertrand Loup, tous deux responsables des “Ultras de l’A64”, qui tiennent ce barrage pacifiquement depuis le 12 décembre, à hauteur de la sortie 27 à Carbonne.Les manifestants vont partir “entre aujourd’hui et demain (entre mardi et mercredi), le temps de tout ranger”, a précisé M. Loup, alors que de brèves échauffourées ont opposé les forces de l’ordre aux manifestants qui voulaient regagner le campement pour le “nettoyer”.”On va sortir dignement, mais le combat n’est pas fini”, a déclaré Jérôme Bayle, porte-voix des “Ultras de l’A64”, à l’origine aussi du mouvement agricole de l’hiver 2024.Avec 33 jours d’occupation, ce barrage, constitué d’un mur de paille et de dizaines de tracteurs à même l’autoroute Toulouse-Bayonne, était l’un des plus anciens de la colère agricole actuelle, ses occupants se relayant nuit et jour pacifiquement, y compris les soirs de Noël et du nouvel-an. Il est aussi emblématique: c’est à Carbonne en effet qu’avait démarré en janvier 2024 la grogne des agriculteurs qui avait fait tache d’huile dans toute la France.- “Insoutenable” -Pour le préfet Pierre-André Durand, cette occupation, “compte tenu de sa durée, était insoutenable”. Après s’être rendu sur place, il a déclaré à la presse que le barrage était “très bien tenu” et ne souffrait “pas de dégradations”, alors que les agriculteurs rangeaient leurs affaires avant de prendre peu à peu le départ. “On est usés par le temps passé, on part sous la force, on a l’impression d’être pris pour des cons”, a confié, amer, Frédéric Magneris, éleveur, avant de monter dans son tracteur.Avant l’aube, mardi, les dizaines de gendarmes en tenue anti-émeute, aidés de véhicules Centaure, ont été déployés à partir de 04H00, maintenant les médias à l’écart du barrage, a constaté un journaliste de l’AFP, tandis qu’un photographe et un JRI de l’AFP ont été évacués d’un pont surplombant le barrage puis d’une rue permettant de visualiser le rassemblement. “On ne fait pas un sprint, mais un marathon et il nous reste des forces”, a encore déclaré M. Bayle, juché sur une glissière de sécurité, au milieu des gendarmes et des manifestants, parvenant à calmer ses troupes après la bousculade. “On ne veut pas d’affrontement avec les gendarmes, mais on résiste”, a-t-il dit. Il a promis que les agriculteurs occitans ne “vont pas baisser les yeux et vont continuer à se révolter”, tant qu’ils n’obtiendront pas satisfaction. Mi-décembre, l’abattage de 207 vaches aux Bordes-sur-Arize (Ariège), en raison d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), avait provoqué la colère agricole dans le Sud-Ouest et plusieurs autres régions. L’accroissement du coût des engrais ou encore l’accord UE-Mercosur en passe d’être signé sont d’autres motifs de la mobilisation qui se poursuit à Paris, où des tracteurs sont entrés mardi matin. 

Les réseaux sociaux nuisent gravement à la santé des ados, alerte l’Anses

L’usage des réseaux sociaux nuit à la santé mentale des adolescents, en particulier celle des filles, estime l’agence française de sécurité sanitaire, au moment où plusieurs textes visant à les interdire pour les moins de 15 ans sont en préparation. S’ils ne sont pas la cause unique de la dégradation de la santé mentale des ados, les effets négatifs des réseaux sociaux, tout récemment proscrits pour les moins de 16 ans en Australie, sont “nombreux” et “documentés”, affirme l’Anses dans un avis publié mardi, fruit de cinq ans de travaux d’un comité d’experts pluridisciplinaire.Comme l’avait préconisé en septembre la commission d’enquête parlementaire sur TikTok, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans fait actuellement l’objet de plusieurs textes de loi: l’un initié par le président Emmanuel Macron, un autre par le groupe Renaissance de Gabriel Attal, et d’autres encore au Sénat. L’Anses préconise d'”agir à la source” pour que les mineurs n’accèdent qu’à des “réseaux sociaux conçus et paramétrés pour protéger leur santé”.Cela implique que les plateformes modifient algorithmes de personnalisation de contenu, techniques d’interfaces persuasives et paramétrages par défaut, souligne l’agence, dont les travaux éclairent les décisions publiques.Parmi les plateformes interrogées mardi par l’AFP, Tik Tok, Snapchat et X n’ont pas réagi, tandis que Meta n’a pas souhaité s’exprimer.”Cette étude donne des arguments scientifiques au débat sur les réseaux sociaux des dernières années: elle est basée sur 1.000 études qui ont été décortiquées” et documentent “les effets sur la santé”, a affirmé Olivia Roth-Delgado, coordinatrice de l’expertise, lors d’une conférence de presse.L’enjeu est de créer un cadre de gouvernance “à la hauteur des enjeux”, a martelé Olivier Merckel, chef de l’unité Evaluation des risques liés aux agents physiques, soulignant qu’instaurer “des mesures réglementaires et des actions de contrôle robustes” pour protéger la santé des mineurs “incombe aux plateformes”.Celles-ci doivent déployer “des systèmes fiables de vérification de l’âge et de recueil du consentement parental” afin de respecter la réglementation européenne sur les services numériques (DSA) et le règlement général sur la protection des données (RGPD). Ce dernier prévoit une inscription possible à partir de 13 ans, avec une validation parentale entre 13 et 15 ans.- “Les filles plus impactées” -Pour l’agence sanitaire, les “systèmes de captation de l’attention” des plateformes “exploitent des vulnérabilités propres” aux adolescents (tendance à prendre des risques, à la comparaison sociale, importance du jugement des pairs) alors qu’ils n’ont pas les “capacités de régulation émotionnelle et comportementale” des adultes.Les réseaux sociaux consultés via un smartphone, sur lequel la moitié des 12-17 ans passent deux à cinq heures par jour, sont une “caisse de résonance inédite” qui renforce les stéréotypes, met en avant des comportements à risque et favorise le cyberharcèlement.Ceci découle d’un modèle économique “maximisant le temps d’utilisation” à des fins lucratives et de “stratégies de captation de l’attention” incitant les adolescents à rester sur les réseaux sociaux au détriment de leur sommeil. Cela induit somnolence, irritabilité, tristesse et “favorise des symptômes dépressifs”, rappelle l’Anses.En outre, les contenus véhiculent des “idéaux normatifs” inatteignables, intériorisés par les filles, via des images retouchées, pouvant “engendrer une dévalorisation de soi”, “terrain fertile” pour les symptômes dépressifs et les troubles alimentaires.Les algorithmes de personnalisation des contenus exposent certains mineurs à des publications incitant au suicide, à l’automutilation ou à des comportements à risques (défis dangereux, consommation de drogues, alcool, tabac, cannabis…) et aux cyberviolences, amplifiées par l’anonymat et la facilité de diffusion des menaces. Plus utilisatrices des réseaux sociaux que les garçons, davantage objets de “pression sociale liée aux stéréotypes de genre” et plus cyberharcelées, les filles sont “plus impactées”, constate l’Anses, à l’instar des personnes LGBTQI et des jeunes ayant déjà des troubles psychiatriques.L’avocate Me Laure Boutron-Marmion a porté en 2024 un recours collectif en responsabilité contre Tik Tok devant le tribunal de Créteil (Val-de-Marne) au nom de sept familles meurtries par le suicide ou la tentative de suicide de leur enfant.Ces familles accusent la plateforme d’avoir laissé circuler des contenus faisant la promotion du suicide, de l’automutilation et des troubles alimentaires auprès de leurs enfants, tombés “dans la marmite mortifère” de TikTok, a déclaré l’avocate à l’AFP.Pour l’Anses, il y a urgence, alors que l’IA redouble le danger: “Perte de pensée critique, génération de stéréotypes ou contenus dangereux…”.

La SNCF conclut mardi ses négociations annuelles sur les salaires

Le trafic ferroviaire était quasi-normal à la SNCF mardi, malgré l’appel à la grève national lancé par deux syndicats le jour où doivent aboutir les négociations annuelles sur les salaires au sein du groupe ferroviaire national.Le “trafic TGV et Intercités est normal ce mardi” a indiqué SNCF Voyageurs, mais le trafic est perturbé localement sur le réseau des trains régionaux, notamment en Ile-de-France (lignes D, R et E) et en Occitanie.Ce mouvement social intervient dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui s’achèvent mardi. Les deux syndicats qui appellent à la grève, CGT et Sud-Rail, comptent ainsi soutenir leurs revendications. Malgré le versement d’une prime anticipée en décembre par la direction, la CGT-Cheminots, premier syndicat du groupe, et Sud-Rail, troisième organisation, estiment que le compte n’y est pas.Dans un tract publié jeudi, la CGT réclame une hausse des salaires et des pensions de 12% ainsi que la mise en place d’un treizième mois pour tous les cheminots et d’une grille unique des salaires quel que soit leur statut. Elle dénonce également les recrutements insuffisants et la dégradation des conditions de travail en appelant à la mobilisation.Pour Sud-Rail, “l’évolution du métier, marquée par l’augmentation constante des missions et une polyvalence imposée, doit obliger la direction à revaloriser immédiatement les salaires” de 400 euros pour tous les salariés et à augmenter les primes.”L’entreprise ferroviaire SNCF est la plus rentable d’Europe en ce moment: quand est-ce que le pouvoir d’achat des cheminots va monter s’il se contente de stagner quand tout va bien?”, s’est interrogé Fabien Villedieu, secrétaire fédéral de Sud-Rail auprès de l’AFP. – Garder les salariés -Les résultats financiers 2025 de la SNCF seront connus fin février. Au premier semestre, elle a multiplié par six son bénéfice net, à 950 millions d’euros, portée notamment par la hausse du trafic sur les rails et l’engouement des voyageurs pour le train depuis le Covid.La direction n’a pas divulgué la proposition de hausse salariale qui sera faite mardi aux syndicats lors d’une table ronde.Mais elle fait valoir que les cheminots ont bénéficié en moyenne d’une hausse de rémunération des personnels présents de 16,4% sur les quatre dernières années, pour une inflation cumulée de 8,1% sur la période. Et 100% d’entre eux ont eu plus de 10%, précise la direction qui compte porter son attention sur les bas salaires, dont “aucun n’est inférieur au Smic + 10%”, c’est-à-dire 1.594 euros net actuellement.Depuis son arrivée à la tête de la SNCF début novembre, l’ancien premier ministre Jean Castex a reçu toutes les organisations syndicales afin d’échanger sur la façon dont le groupe compte accompagner la transition, voire la mutation, à laquelle il est confronté dans les prochaines années, avec l’ouverture à la concurrence sur ses rails.Charge de travail, santé mentale, formation, égalité hommes-femmes, la SNCF a lancé des ateliers et des travaux sur plusieurs sujets pour tenter de maintenir son attractivité et fidéliser ses salariés.Certains – à la maintenance par exemple-  pourraient être tentés de partir chez des constructeurs comme Alstom ou Airbus à Toulouse. Les cheminots employés pour faire rouler les trains – conducteurs, chefs de bord ou contrôleurs – pourraient être tentés par les sociétés de transport concurrentes qui arrivent sur les rails français comme Trenitalia.Car depuis une réforme en 2020, la SNCF ne recrute plus de personnel “au statut” garantissant un emploi à vie. Les cheminots statutaires représentent encore deux tiers des personnels. Les autres sont des contractuels en contrat à durée indéterminée (CDI). Ils devraient représenter 50% des effectifs d’ici la fin de la décennie, selon les projections de la direction qui estime qu’elle doit “repenser complètement sa politique d’attractivité” pour garder ses salariés.

En France, désormais 69,1 millions d’habitants, plus de décès que de naissances

La France, qui compte désormais 69,1 millions d’habitants, a franchi en 2025 un cap symbolique: le nombre de décès a été supérieur à celui des naissances, une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.Au 1er janvier 2026, 69,1 millions de personnes vivaient en France, dont 2,3 millions dans les cinq départements d’outre-mer, a indiqué l’Insee mardi. La population a augmenté de 0,25% par rapport à l’an dernier, à “un rythme un peu moins rapide que celui observé ces deux dernières années”, a précisé Sylvie Le Minez, cheffe de l’unité des études démographiques et sociales de l’Insee, lors d’une conférence de presse.Mais pour la première fois depuis 1944, cette croissance de la population est uniquement liée au solde migratoire, estimé à +176.000 personnes, soit la différence entre le nombre de personnes entrées et sorties du territoire.Le solde naturel, qui correspond à la différence entre les naissances et décès, est lui devenu négatif: -6.000 personnes. Une situation qui s’explique par deux facteurs: le recul des naissances et la hausse des décès.”Ce qui frappe, c’est à quel point, en quelques années, le solde naturel a diminué en raison de la diminution rapide des naissances”, a souligné Sylvie Le Minez. Ce solde était encore de +200.000 personnes en 2015.- Natalité en berne -En 2025, 645.000 bébés ont vu le jour dans le pays, soit 2,1% de moins que l’année précédente, ce qui correspond au plus faible nombre sur un an depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour la quatrième année consécutive. Il s’agit même d’une chute de 24% par rapport à 2010, “année du dernier point haut des naissances”.La baisse des naissances est due au repli de la fécondité, soit le nombre d’enfants par femme. L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) a continué lui aussi de diminuer: il s’est établi à 1,56 enfant par femme, après 1,61 en 2024, soit le plus faible niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale.Ce recul s’inscrit aussi dans une tendance de moyen terme: cet indice diminue depuis 2010, lorsqu’il s’élevait à 2,02 enfants par femme en France métropolitaine.Les démographes avancent diverses explications: les personnes ont d’autres aspirations que fonder une familles, sont freinées par des difficultés (à trouver un travail stable, à se loger) ou des craintes (conciliation vie professionnelle et familiale, incertitudes climatiques…)A 37 ans, Jessica envisage d’avoir un seul enfant avec son compagnon, à cause notamment de son âge. “Mon envie de fonder une famille est arrivée tard, on vit très bien et on est très heureux à deux”, explique cette Francilienne, qui travaille dans la communication et s’inquiète aussi du “coût d’une éducation”.La crainte de manquer de moyens financiers est ressortie comme l’un des principaux freins au désir d’enfant lors d’une récente consultation citoyenne, menée dans le cadre d’une mission parlementaire sur la baisse de la natalité.”La crèche représente un poste de dépense énorme pour nous – 800 euros par mois – nous ne pourrions pas avoir deux enfants”, témoigne Océane, 32 ans, mère d’un enfant de trois ans et cadre dans une entreprise à Marseille. “Le travail, la maison, les enfants, je ne saurais pas comment tout mener de front”.- Grippe -Face aux difficultés évoquées par les familles, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) a récemment appelé le gouvernement à réinvestir dans la politique familiale.En parallèle de cette baisse des naissances, on observe une hausse des décès du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom.En 2025, 651.000 personnes sont décédées en France, ce qui représente une hausse de 1,5% par rapport à l’année précédente. Cette progression s’explique également par l’épidémie de grippe hivernale, “particulièrement virulente en janvier”, selon l’Institut nationale de la statistique. Le solde naturel négatif a contribué à réduire la population de 0,01%.”Avec cette nouvelle situation, plus de décès que de naissances, finalement la France ne fait que rejoindre une situation que connaissent déjà la plupart des pays européens”, a commenté auprès de l’AFP Gilles Pison, démographe et conseiller de la direction de l’Institut national d’études démographiques (Ined).En 2024, outre la France, seuls cinq pays affichaient encore un solde naturel de population positif: Chypre, l’Irlande, le Luxembourg, Malte et la Suède, selon Eurostat. Le Danemark était à l’équilibre, les autres nations avaient un solde négatif.

Marine Le Pen joue son avenir présidentiel au procès en appel du RN

Le procès en appel de Marine Le Pen, du Rassemblement national et de onze autres prévenus s’ouvre mardi à Paris: la cheffe de file de l’extrême droite française joue son éligibilité pour l’élection présidentielle de 2027 et, plus généralement, son avenir politique.L’audience, présidée par Michèle Agi, doit débuter à 13H30. Le procès est prévu théoriquement jusqu’au 11 février dans le palais de justice historique au cœur de la capitale, avant une décision attendue à l’été.”J’espère pouvoir être entendue par la cour d’appel”, a glissé dans la matinée Marine Le Pen avant une réunion de son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, se disant “dans un état esprit d’espérance, en quelque sorte…”. La triple candidate malheureuse à l’Elysée a été condamnée pour détournement de fonds publics le 31 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme sous bracelet électronique, 100.000 euros d’amende et, surtout, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, c’est-à-dire immédiate, qui l’empêche à date de concourir à la présidentielle – ou, en cas de dissolution, à sa propre succession dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais.Les juges de première instance l’ont reconnue coupable d’avoir mis en place un “système” entre 2004 et 2016 de captation des enveloppes versées par le Parlement européen aux eurodéputés, destinées à rémunérer leurs assistants dans le cadre de leurs fonctions à Bruxelles et Strasbourg.Pour l’accusation, représentée devant la cour d’appel par Thierry Ramonatxo et Stéphane Madoz-Blanchet, lesdits assistants travaillaient en réalité pour le seul parti Front national (FN, devenu RN) ou leurs dirigeants.”Il y a une règle intangible qui a toujours été là, c’est que les fonds qui sont versés à l’assistant parlementaire, c’est pour le député, c’est pas pour le parti. Cette règle-là a toujours existé”, a rappelé mardi sur RTL l’avocat en partie civile du Parlement européen, Me Patrick Maisonneuve.Le tribunal correctionnel a établi le préjudice à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros déjà remboursés par une partie des prévenus – ils étaient 25 en première instance, douze ont renoncé à faire appel malgré leur condamnation, dont la propre sœur de Marine Le Pen, Yann Le Pen.Le maire de Perpignan Louis Aliot, le député RN Julien Odoul, l’eurodéputé Nicolas Bay ou Bruno Gollnisch seront en revanche à nouveau sur le banc des prévenus.- Bardella “meilleur président” -Lundi, Mme Le Pen, 57 ans, avait estimé qu’il n’y avait qu'”un seul axe de défense: dire la vérité, c’est la stratégie qui est la mienne, comme je l’ai fait en première instance”.Mais, assistée de son conseil historique, Me Rodolphe Bosselut, et d’une nouvelle avocate, Me Sandra Chirac-Kollarik, elle pourrait davantage insister sur sa “non-intentionnalité” de commettre les faits qui lui sont reprochés plutôt qu’une dénégation en bloc, parfois perçue comme une “défense de rupture”, telle que plaidée en première instance, selon plusieurs de ses proches.Le député RN Jean-Philippe Tanguy a par ailleurs indiqué mardi sur RTL qu’une consigne de sobriété avait été adressée à la garde rapprochée: “il n’y a pas à médiatiser outre mesure cette affaire; nous, en tant que parlementaires, on a beaucoup de dossiers à l’Assemblée nationale”.Si Marine Le Pen n’a pas abandonné l’espoir d’être relaxée, une déclaration de culpabilité n’obérerait pas sa possibilité de concourir à la présidentielle de 2027 mais à une double condition: qu’une éventuelle peine d’inéligibilité soit inférieure à deux ans et que les magistrats renoncent à la condamner au port d’un bracelet électronique, perçu comme incompatible avec la possibilité de mener une campagne.Elle a quoi qu’il en soit indiqué que la seule décision de la cour d’appel déterminera son avenir, sans attendre une éventuelle décision de la Cour de cassation – bien que cette dernière entende se prononcer, si elle devait être saisie, avant l’échéance présidentielle.Neuf mois après sa condamnation, Marine Le Pen a déjà vu son image se dégrader dans l’opinion, l’idée d’une candidature de substitution de Jordan Bardella à l’Elysée s’étant peu à peu imposée comme la plus probable.Dans une étude Verian pour Le Monde et L’Hémicycle parue dimanche, 49% des Français estiment que, des deux leaders d’extrême droite, c’est le président du RN qui a “le plus de chances de remporter la présidentielle”, contre 16% pour la fille de Jean-Marie Le Pen. De même que M. Bardella ferait “un meilleur président de la République” qu’elle pour 30% des personnes interrogées, alors que 22% pensent le contraire.Qu’importe: cet automne, Marine Le Pen avait pris la peine de rappeler qu’il était “sûr et certain” qu’elle briguerait à nouveau l’Elysée “si elle p(ouvait) être candidate”. Tout en reconnaissant que, à défaut, “Jordan Bardella peut gagner à (sa) place”.

Pour les proches d’Alain Orsoni, “innommable” de l’avoir assassiné aux obsèques de sa mère

Au lendemain de l’assassinat retentissant d’Alain Orsoni, figure du nationalisme corse reconverti dans les affaires, sur la tombe de sa mère, camarades nationalistes et religieux dénoncent un crime “innommable”, qui mobilise enquêteurs et magistrats anticriminalité les plus rodés du pays.Du côté politique ou des collectifs anti-mafia, qui s’étaient mobilisés de façon historique en novembre pour dénoncer le poids des bandes criminelles dans l’île, c’est par contre un quasi silence radio à ce stade.”Il vient pour enterrer sa mère de 91 ans et on jette le corps du fils sur le cercueil de sa mère, c’est innommable, c’est ignoble”, s’indigne Jo Peraldi, proche d’Alain Orsoni et ancien chef  du mouvement clandestin du Front de libération nationale corse (FLNC), interrogé par l’AFP.Lundi vers 16H30, Alain Orsoni, 71 ans, a été touché “en plein cœur” d’une unique balle provenant “d’un tir à longue distance” avec une arme “certainement équipée d’une lunette” alors qu’il assistait à l’enterrement de sa mère dans le cimetière en terrasses de Vero, son village familial situé à une trentaine de kilomètres d’Ajaccio, selon le procureur d’Ajaccio et une source proche de l’enquête.Le tout nouveau Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), dont un magistrat est attendu sur place mardi, a très rapidement annoncé se saisir de l’affaire “au regard notamment de la qualité de la victime et de son appartenance au milieu corse”. Il mènera l’enquête en co-saisine avec la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille, spécialisée notamment dans les dossiers de criminalité sur l’île.Alain Orsoni, qui a aussi été président à deux reprises du club de foot de l’Athletic Club Ajaccio (ACA) aujourd’hui exclu des compétitions nationales, venait d’arriver dimanche du Nicaragua où il vivait et où il avait monté des activités dans le secteur des jeux.”Il n’avait pas l’air inquiet du tout, il avait fait des courses le matin en ville à Ajaccio sans gilet pare-balles”, selon M. Peraldi.- “Où on est ?” -Les drames et vengeances, la famille Orsoni les connaît depuis plus de 40 ans. En 1983, Guy, le frère d’Alain, lui même militant nationaliste, était assassiné. Un an plus tard, nait le fils d’Alain, qu’il appellera Guy en souvenir. Actuellement détenu, Guy est aujourd’hui considéré comme une figure du banditisme insulaire.Après des études à Paris, Alain Orsoni était devenu l’un des chefs du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) avant de fonder le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), qualifié plus tard par ses adversaires de “Mouvement pour les affaires”.Réputé pour son sens politique et son sang froid, il avait été condamné et écroué dans plusieurs dossiers et avait quitté la Corse en 1996, en pleine guerre fratricide au sein de la mouvance nationaliste. Il s’agit sans doute d’un des meurtres les plus retentissants depuis celui du bâtonnier Antoine Sollacaro en 2012, qui était d’ailleurs son avocat et dont le tueur a été condamné en décembre à 30 ans de prison en l’absence du commanditaire présumé de ce meurtre, Jacques Santoni, soupçonné d’être le chef de la bande criminelle du Petit Bar.C’est cette même bande criminelle qui avait été impliquée dans le projet d’assassinat visant déjà Alain Orsoni en 2008 et une forte rivalité oppose depuis plusieurs années le clan Orsoni, dont plusieurs membres ont été assassinés, au Petit Bar.Avec ce nouvel assassinat, pour le parti de la nation corse (PNC), des autonomistes opposés au parti autonomiste au pouvoir de Gilles Simeoni, “le respect des morts, ainsi bafoué, emporte dans sa chute terrible notre tradition et les valeurs de notre civilisation”.”On vient d’enterrer la maman d’Alain, c’est un moment de peine et de chagrin, d’un coup, on entend un coup de feu, et Alain tombe mort”, a confié à France 3 Via Stella l’abbé Roger-Dominique Polge, qui officiait aux obsèques.”Je me demande où on est ? Dans quelle époque on est ? Qu’est-ce qui se passe chez nous ? C’est inimaginable”, a-t-il ajouté.