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Meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti prescrit: choc pour la famille, coup dur pour les cold cases

Larmes et colère rentrée ont traversé les rangs de la famille: la Cour de cassation a entériné vendredi la prescription du meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, pourtant résolu 36 ans après sa disparition, ce qui risque de fragiliser certains dossiers du pôle cold cases de Nanterre.Le premier président de la Cour de cassation, Christophe Soulard, l’a dit au moment de rendre la décision: elle serait “lourde” et “difficile à comprendre” pour la famille de la victime.Les mots de la plus haute juridiction judiciaire française sont sans appel: “Dans cette affaire, il n’y a pas eu d’obstacle insurmontable (absence de corps jusqu’aux aveux, absence de scène de crime, absence de mobile par exemple, ndlr) de nature à suspendre le cours de la prescription”. “Des investigations pouvaient donc être réalisées (…) L’action publique est donc prescrite”, a conclu la Cour de cassation.  Le délai de prescription de meurtre, qui court à compter du jour où le crime a été commis, était de 10 ans avant 2017 et est de 20 ans depuis (cet allongement du délai ne s’applique pas aux crimes prescrits avant 2017).Cette décision ferme donc la porte aux poursuites contre Yves Chatain, aujourd’hui sexagénaire, qui avait finalement avoué en 2022 avoir étranglé Mme Bonfanti, portée disparue à l’âge de 25 ans en 1986 en Isère.A l’énoncé de la décision, la famille de la victime est restée abasourdie sur son banc. Et les gorges ont eu du mal à se dénouer devant la presse.  – “Abandon moral” -Son mari, Thierry Bonfanti, a dénoncé une “injustice violente”. “C’est un jour terrible pour nous, c’est incroyable d’entendre ça de la part d’une justice dont nous sommes les victimes”, a-t-il encore déploré, amer et les larmes aux yeux, entouré d’autres membres du clan, éplorés. “On nous demande d’accepter l’inacceptable”, a renchéri Eugène Saia, frère de la victime, évoquant “le sentiment” d’une “incompréhension profonde et d’un abandon moral”. “Marie-Thérèse n’est pas un dossier, c’est une femme dont la vie a été brutalement arrachée. Sa mémoire mérite mieux que le silence et l’oubli”, a-t-il appuyé.”L’affaire se termine puisque c’est une cassation sans renvoi. Vous comprendrez l’immense désespoir de la famille”, a regretté Me Catherine Bauer-Violas, avocate de la famille dans ce dernier volet judiciaire devant la Cour de cassation.Me Bernard Boulloud, avocat historique de la famille, a critiqué “une bénédiction légale et judiciaire” pour des “individus qui peuvent commettre ce que j’appellerais maintenant une sorte de crime parfait”.Marie-Thérèse Bonfanti fut portée disparue le 22 mai 1986, alors qu’elle distribuait des journaux à Pontcharra (Isère). Yves Chatain, qui vivait dans le voisinage, avait été soupçonné puis relâché. Un non-lieu prononcé en 1987 a été confirmé en 1989. L’affaire est alors devenue un cold case (crime non élucidé).- Pôle de Nanterre “fragilisé” -Mais le dossier a connu un revirement majeur en mai 2022 avec une nouvelle interpellation d’Yves Chatain, qui a finalement avoué avoir étranglé Marie-Thérèse Bonfanti, avant de cacher son cadavre. Mis en examen après ses aveux pour enlèvement, séquestration et meurtre, c’est lui qui avait formé le pourvoi en cassation. “Il va se voir délié de son contrôle judiciaire, va pouvoir terminer ses jours le plus librement possible”, s’est lamenté Me Boulloud.La plus haute juridiction judiciaire n’a donc pas suivi l’avis de Rémy Heitz, procureur général près la Cour de cassation, qui avait insisté lors de l’audience du 28 novembre pour une évolution de la jurisprudence dans un tel cas, invoquant les attentes de la société aujourd’hui, notamment en terme d’impunité. Rémy Heitz avait aussi élargi la focale: parmi les 22 procédures qualifiées fin 2025 d’enlèvement et séquestration dans le périmètre du pôle cold cases de Nanterre, sept pourraient être remises en cause si la prescription était établie dans cette affaire, avait-il mis en garde.La situation du pôle cold cases de Nanterre “va se trouver éminemment fragilisée”, a prévenu Me Bauer-Violas.Le parquet de Nanterre, qui ne peut pas s'”exprimer sur l’arrêt rendu ce jour”, a toutefois précisé à l’AFP les cas où des procédures sans corps découvert seraient impactées: “dans l’éventualité où l’auteur des faits avouerait un crime instantané commis à la date retenue de l’enlèvement ou de la séquestration de la victime”.Ce parquet rappelle aussi qu’il n’est pas “l’unique entité juridictionnelle à être saisi” de cold cases.

Procès de Mahdieh Esfandiari: un an ferme requis contre l’Iranienne, la défense plaide la relaxe

Une peine d’un an de prison ferme a été requise vendredi contre l’Iranienne Mahdieh Esfandiari, jugée notamment pour apologie du terrorisme et possible monnaie d’échange avec Téhéran contre Cécile Kohler et Jacques Paris, et pour laquelle la défense a plaidé la relaxe.”On est face à une procédure qui interroge sur l’état de la liberté d’expression dans notre démocratie aujourd’hui”, a lancé Me Antoine Pastor, un des avocats de la prévenue.Auparavant, la représentante du pôle national de lutte contre la haine en ligne, du parquet de Paris, avait demandé quatre ans de prison dont trois avec sursis, et une interdiction définitive du territoire français à l’encontre de cette femme de 39 ans jugée depuis mardi par le tribunal correctionnel, en pleine vague de protestation étouffée en Iran par la répression.Mahdieh Esfandiari est aussi accusée de provocation directe en ligne à un acte de terrorisme (des délits passibles de sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende), injure publique en ligne en raison de l’origine, ethnie, nation, race ou religion et association de malfaiteurs.La justice française la soupçonne d’avoir alimenté en publications les comptes de l’organisation Axe de la Résistance en 2023 et 2024, notamment sur les plateformes Telegram, X, Twitch et YouTube et le site Egalité et Réconciliation de l’essayiste d’extrême droite multicondamné Alain Soral.En particulier, le compte Telegram de cette organisation a fait l’apologie de l’attaque sanglante menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive, ce qui a mené le ministère de l’Intérieur à faire un signalement à la justice.Dans ses réquisitions, la procureure a estimé qu’il n’était pas nécessaire de réincarcérer Mahdieh Esfandiari, qui a déjà effectué huit mois de détention provisoire, jusqu’en octobre dernier. Contre les quatre autres prévenus de ce dossier, le ministère public a réclamé jusqu’à trois ans de prison ferme, la peine la plus lourde étant demandée pour Alain Soral, absent. Une amende de 30.000 euros et un mandat d’arrêt ont aussi été requis contre celui qui cumule 30 mentions à son casier judiciaire.Contre Maurizio Busson, “animateur de la chaîne”, le parquet a aussi requis quatre ans de prison dont trois avec sursis.A la barre, Mahdieh Esfandiari avait reconnu être à l’origine de la chaîne Axe de la Résistance mais contesté être l’autrice des publications.- “Ingérence étrangère” -“Elle se présente devant nous sous un jour parfaitement lisse”, mais “elle est au centre du dispositif”, a soutenu la procureure, qui a appelé le tribunal à prendre en compte le contexte d'”ingérence étrangère” dans ce dossier, bien que cet aspect-là ne fasse pas l’objet de poursuites.”Ce dossier est un dossier bien plus iranien que palestinien”, a-t-elle souligné, prenant soin par ailleurs d’indiquer qu’il ne signifiait “pas la criminalisation du soutien à la cause palestinienne, qui est un débat d’intérêt général” et “mérite bien mieux que cela”.Une ingérence soulevée par les avocats des parties civiles.Me Ilana Soskin, conseil de la Licra, a observé que Mahdieh Esfandiari, qui avait notamment confié pendant les débats son admiration pour les Gardiens de la révolution, prenait “ses instructions directement auprès du bureau du Guide” suprême iranien afin d'”importer en France le narratif de (d’Ali) Khamenei, pour diffuser le discours islamique des mollahs”.”On a fait d’elle une espionne, un agent du régime iranien”, a déploré Me Antoine Pastor. Alors que “c’est simplement une militante sincèrement et profondément engagée, qui revendique une lecture politique et historique” du 7 octobre 2023 “qui est d’un intérêt général majeur”.Me Nabil Boudi, autre conseil de Mahdieh Esfandiari, a pour sa part observé que la décision pouvait avoir “des incidences sur le sort” de sa cliente et des deux Français, incarcérés en Iran en mai 2022 avant d’être condamnés respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage au profit d’Israël, puis libérés début novembre 2025 avec interdiction de quitter le pays. “C’est un arrangement, une négociation entre nos deux Etats”, a déclaré jeudi soir sur BFMTV l’ambassadeur d’Iran en France, Mohammad Amin Nejad. “Mon souhait est leur retour dès que possible après la réalisation des arrangements entre les deux Etats”.

Budget: le gouvernement abat ses dernières cartes pour arracher un budget

Des heures décisives. Sébastien Lecornu entre dans la toute dernière ligne droite pour trouver un accord sur le budget avec les socialistes qui lui éviterait une censure, résigné à une adoption sans vote, par 49.3 ou ordonnance.Avant même de présenter depuis Matignon, vers 18H, les “éléments de fond” visant ce compromis, le Premier ministre a annoncé une première mesure en direction des socialistes qui la réclamaient: la généralisation des repas universitaires à 1 euro. Cette disposition en faveur du pouvoir d’achat des étudiants, défendue par la députée PS Fatiha Keloua-Hachi et approuvée en première lecture par l’Assemblée nationale, “sera inscrite dans le budget final”, a assuré son entourage. La députée évaluait son coût à environ 90 millions d’euros.L’Union étudiante, classée à gauche, a salué une “victoire” mais refusé que cette mesure serve “à faire accepter un budget austéritaire et raciste”Le Premier ministre s’est donné jusqu’à mardi pour trouver une solution acceptable aux yeux du PS. Sur le fond mais aussi sur la forme, même s’il ne dira pas vendredi son choix, entre les deux outils constitutionnels à sa disposition (49.3 ou ordonnance), perçus par ses opposants comme des “passages en force”. Le député PS Laurent Baumel, proche du Premier secrétaire Olivier Faure, a rappelé sur BFMTV que son parti demandait également des mesures “en faveur du pouvoir d’achat des plus modestes”, comme une hausse de la prime d’activité, ainsi que sur le logement et la transition écologique.- “Effort” -Le gouvernement a suspendu jeudi soir les interminables débats budgétaires à l’Assemblée nationale. Un coup de théâtre justifié par l’impossibilité d’aller à un vote sur le budget de l’Etat.Alexandre Lecornu, qui s’est rendu vendredi matin à l’Elysée, théâtre d’un défilé de ministres, a averti qu’un renversement de son gouvernement serait synonyme d’élections législatives anticipées qui pourraient coïncider avec les municipales (15 et 22 mars).”On a donné toutes ses chances au débat” mais “nous avons des saboteurs à l’Assemblée nationale”, La France insoumise et le Rassemblement national, a accusé sur France 2 la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, en première ligne dans les discussions avec les forces politiques.La ministre a esquissé quelques pistes de propositions, sur les collectivités locales, à quelques semaines des élections municipales, ou la fiscalité.Le gouvernement va regarder pour les collectivités “comment on répartit l’effort”, a-t-elle dit, afin de trouver un juste milieu avec la droite au Sénat, chambre des territoires, désireuse d’abonder fortement les moyens des collectivités.Sur le plan fiscal, il pourrait rétablir une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises censée rapporter 6,3 milliards d’euros et aider à la négociation avec le PS, mais repoussé à l’Assemblée y compris par des députés du camp gouvernemental. “C’est ce qui va déverrouiller les choses”, estime un cadre du bloc central.Le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée, Eric Coquerel, venu à Bercy réclamer des documents sur la “fiscalité des ultra-riches”, a estimé que la “seule vraie concession” pour la gauche était de les “taxer” davantage.- “Déverrouiller” -Une fois les propositions sur la table, le chef du gouvernement va devoir trancher sur la manière de les faire entrer dans la loi.Les discussions budgétaires sont théoriquement censées reprendre mardi après-midi, et le Premier ministre devrait donc avoir d’ici là choisi de recourir soit à l’article 49.3, soit à une ordonnance budgétaire (article 47).Un recours à l’article 49.3, auquel Sébastien Lecornu avait solennellement renoncé à la demande du PS pour éviter une censure, permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix. Mais il devrait l’utiliser potentiellement trois fois (sur les dépenses, les recettes, puis sur l’ensemble du texte), s’exposant à chaque fois à une censure.Pour Sébastien Lecornu, comme pour les socialistes, un recours au 49.3 aurait un goût amer. Son abandon visait à redonner la main au Parlement.L’ordonnance, soit l’inscription du budget dans un texte sans passer devant le Parlement, serait inédite, et constituerait un précédent potentiellement lourd de conséquences.Mais contrairement au 49.3, elle permettrait de doter le pays d’un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.Un projet d’ordonnance budgétaire serait à l’étude à Matignon, selon une source à Bercy, mais cela ne veut pas dire que le gouvernement choisira cette option.Le député socialiste Emmanuel Grégoire a jugé sur TF1 “inacceptable” le recours à une ordonnance qui voudrait dire “forcément censure, puisque sur les ordonnances il ne peut pas y avoir d’amendements, d’enrichissement” du texte. 

Procès de Mahdieh Esfandiari: quatre ans de prison dont trois avec sursis requis contre l’Iranienne

Une peine de quatre ans de prison dont trois avec sursis a été requise vendredi à Paris contre l’Iranienne Mahdieh Esfandiari, jugée notamment pour apologie du terrorisme et possible monnaie d’échange avec Téhéran contre Cécile Kohler et Jacques Paris.Le parquet a aussi requis une interdiction définitive du territoire français contre la prévenue de 39 ans, jugée depuis mardi  par le tribunal correctionnel, en pleine vague de protestation étouffée en Iran par la répression.Elle est aussi accusée de provocation directe en ligne à un acte de terrorisme (des délits passibles de sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende), injure publique en ligne en raison de l’origine, ethnie, nation, race ou religion et association de malfaiteurs.La justice française la soupçonne d’avoir alimenté en publications les comptes de l’organisation Axe de la Résistance en 2023 et 2024, notamment sur les plateformes Telegram, X, Twitch et YouTube et le site Egalité et Réconciliation de l’essayiste d’extrême droite multicondamné Alain Soral.En particulier, le compte Telegram de cette organisation a fait l’apologie de l’attaque sanglante menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive, ce qui a mené le ministère de l’Intérieur à faire un signalement à la justice.Dans ses réquisitions, la procureure a estimé qu’il n’était pas nécessaire de réincarcérer Mahdieh Esfandiari, qui a déjà effectué huit mois de détention provisoire avant d’être libérée sous contrôle judiciaire en octobre dernier. Contre les quatre autres prévenus de ce dossier, le ministère public a réclamé jusqu’à trois ans de prison ferme, la peine la plus lourde étant demandée pour Alain Soral, absent. Une amende de 30.000 euros et un mandat d’arrêt ont aussi été requis contre celui qui cumule 30 mentions à son casier judiciaire.Contre Maurizio Busson, “animateur de la chaîne”, la représentante du parquet a aussi requis quatre ans de prison dont trois avec sursis.A la barre, Mahdieh Esfandiari avait reconnu être à l’origine de la chaîne Axe de la Résistance mais contesté être l’autrice des publications.- “Ingérence étrangère” -“Elle se présente devant nous sous un jour parfaitement lisse”, mais “elle est au centre du dispositif”, a soutenu la magistrate, qui a appelé le tribunal à prendre en compte le contexte d'”ingérence étrangère” dans ce dossier, bien que cet aspect-là ne fasse pas l’objet de poursuites.”Ce dossier est un dossier bien plus iranien que palestinien”, a-t-elle souligné, prenant soin par ailleurs d’indiquer qu’il ne signifiait “pas la criminalisation du soutien à la cause palestinienne, qui est un débat d’intérêt général” et “mérite bien mieux que cela”.Un aspect soulevé par les avocats des parties civiles dans leurs plaidoiries.Me Ilana Soskin, conseil de la Licra, a observé que Mahdieh Esfandiari, qui avait notamment témoigné pendant les débats son admiration pour les Gardiens de la révolution, prenait “ses instructions directement auprès du bureau du Guide” de la Révolution iranienne afin d'”importer en France le narratif de (d’Ali) Khamenei, pour diffuser le discours islamique des mollahs”.Les protagonistes d’Axe de la Résistance “sont structurés, organisés, financés et déterminés à partager sur notre territoire la propagande du régime iranien, la propagande du Hezbollah et la propagande du Hamas”, a déclaré de son côté Me Sacha Ghozlan, qui défend l’Union des étudiants juifs de France (UEJF).L’avocat a dénoncé un “système soralo-iranien, un système d’extrême droite qui s’est allié à un régime dictatorial qui propage des idées contraires” à celles de la France.Pour lui, “c’est la raison pour laquelle le régime iranien met la pression” pour échanger la prévenue contre les deux Français, incarcérés en Iran en mai 2022 avant d’être condamnés respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage au profit d’Israël, puis libérés début novembre 2025 avec interdiction de quitter le pays. Ils restent pour l’heure bloqués à l’ambassade de France à Téhéran.”C’est un arrangement, une négociation entre nos deux Etats”, a déclaré jeudi soir sur BFMTV l’ambassadeur d’Iran en France, Mohammad Amin Nejad. “Mon souhait est leur retour dès que possible après la réalisation des arrangements entre les deux Etats”.

Le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, résolu 36 ans après sa disparition, est prescrit

Le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, résolu 36 ans après sa disparition, est prescrit, a statué vendredi la Cour de cassation, plus haute juridiction judiciaire française, ce qui fera jurisprudence dans les cas similaires. Cette décision ferme la porte aux poursuites contre Yves Chatain, qui avait finalement avoué en 2022 avoir étranglé Mme Bonfanti, portée disparue à l’âge de 25 ans le 22 mai 1986 en Isère. La position de la Cour de cassation, très attendue, rejaillira sur tout “cold case” similaire, notamment dans certains dossiers du pôle de Nanterre spécialisé dans les crimes non élucidés.”Dans cette affaire, il n’y a pas eu d’obstacle insurmontable de nature à suspendre le cours de la prescription”, a estimé la Cour de cassation. “En effet, dès la disparition de la victime, la commission d’une infraction a été suspectée. Des investigations pouvaient donc être réalisées”, ajoute la plus haute juridiction française. “L’action publique est donc prescrite”, conclut la Cour de cassation.Elle n’a donc pas suivi l’avis de Rémy Heitz, procureur général près la Cour de cassation, qui avait insisté lors de l’audience du 28 novembre pour une évolution de la jurisprudence dans un tel cas. Rémy Heitz avait soutenu qu’un crime comme celui-ci “ne peut commencer à se prescrire tant qu’il est ignoré de tous, sauf de son auteur”.Le procureur général avait aussi invoqué les attentes de la société aujourd’hui, notamment en terme d’impunité. “La mémoire du crime ne s’efface jamais pour les victimes et leurs familles”, avait-il martelé à l’audience.Rémy Heitz avait aussi élargi la focale: parmi les 22 procédures qualifiées fin 2025 d’enlèvement et séquestration dans le périmètre du pôle “cold cases” de Nanterre, sept pourraient être remises en cause si la prescription avait été établie dans cette affaire.Cette question centrale dans le dossier Bonfanti avait déjà été examinée précédemment par les cours d’appel de Grenoble et Lyon, avant de revenir devant la Cour de cassation.Cette fois, cette juridiction s’est réunie en assemblée plénière, sa formation la plus solennelle, preuve de l’importance de sa décision.Le pourvoi en cassation tranché ce vendredi avait été formé par Yves Chatain, mis en examen après ses aveux il y a quatre ans pour enlèvement, séquestration et meurtre. Le mis en cause, aujourd’hui sexagénaire, demandait qu’il soit mis fin à la procédure judiciaire, estimant que l’action publique était prescrite.  Le délai de prescription de meurtre, qui court à compter du jour où le crime a été commis, était de 10 ans avant 2017 et est de 20 ans depuis (cet allongement du délai de prescription ne s’applique pas aux crimes prescrits avant 2017).

Médicaments innovants: le professeur Alain Fischer dénonce une dérive des prix

Les “prix exorbitants” des médicaments innovants “favorisent une médecine de riches”, dénonce l’immunologue Alain Fischer, l’un des pionniers de la thérapie génique en France, plaidant pour “une réflexion politique et éthique” sur les bénéfices du secteur pharmaceutique, qui atteignent “75% du prix du médicament, voire davantage”.”Il n’y a pas une thérapie génique dont le prix soit raisonnable et cette situation ne fait qu’empirer”, affirme le chercheur, ancien président de l’Académie des sciences, dans le Quotidien du médecin de vendredi.”C’est aussi vrai pour toutes les nouvelles thérapeutiques, depuis les biothérapies, comme les anticorps monoclonaux utilisés dans le cancer ou les maladies auto-immunes, jusqu’aux médicaments chimiques innovants, comme la trithérapie Kaftrio dans la mucoviscidose (…) ou les analogues du GLP-1 dans l’obésité”, détaille l’ancien “Monsieur vaccin” du gouvernement pendant la pandémie de Covid.”Par conséquent, certains médicaments ne sont même pas disponibles car les autorités réglementaires estiment que leur coût par rapport au bénéfice est excessif”, explique le Pr Fischer, comme en France le Casgevy (Vertex Pharmaceuticals), une thérapie génique autorisée en Europe pour traiter la bêta-thalassémie (une anémie sévère) et la drépanocytose sévère.Ainsi “l’augmentation régulière du prix des médicaments innovants favorise une médecine de riches, comme c’est déjà le cas aux États-Unis”, dit-il, où le Lenmeldy, un traitement contre une maladie génétique héréditaire, la LDM, est vendu “plus de 4,2 millions de dollars l’injection”.Or “le pire serait d’arriver à un tri en fonction des ressources du patient” en France, où “le système de solidarité est fragile”. Si l’industrie pharmaceutique fait valoir la capacité des médicaments innovants “à transformer la vie de patients” jusque là sans traitement, pour justifier leurs prix, ceux-ci sont en réalité fondés sur “ce que le marché accepte”, poursuit le Pr Fischer, et “selon des estimations, la part bénéficiaire pourrait représenter 75% du prix du médicament, voire davantage”.Ainsi “certaines thérapies sont vendues au moins trois fois le prix de production”, affirme-t-il, évoquant la production de cellules CAR-T en Espagne.Or la vingtaine de thérapies géniques sur le marché “ont été développées initialement par la recherche publique”: la société se retrouve ainsi “à payer deux fois, en finançant la recherche publique en amont et en payant très cher les médicaments une fois commercialisés”.”Le bénéfice des nouvelles thérapies ne peut-il être partagé avec la société sous la forme de prix plus raisonnables ?”, s’interroge-t-il, appelant l’État à mieux soutenir la recherche.

Enquête administrative ouverte après le suicide d’une lycéenne en Seine-et Marne

Une enquête administrative a été ouverte après le suicide d’une lycéenne de 17 ans en Seine-et-Marne, cible selon sa famille de harcèlement scolaire depuis décembre, pour “clarifier les faits” et “prendre les mesures nécessaires”, a déclaré vendredi le ministre de l’Education nationale.”J’ai demandé, hier (jeudi), à l’inspection générale, de procéder à une enquête administrative, indépendamment de l’enquête pénale, pour clarifier les faits, quels qu’ils soient”, a déclaré Edouard Geffray lors d’un déplacement à Givors (Rhône), évoquant un “drame humain atroce”. “On est sur une situation manifestement complexe, sur un acte désespéré (…) Le procureur fait une enquête pénale, et c’est dans ce cadre-là évidemment que la vérité sera établie. Nous, on va faire une enquête administrative pour savoir ce qui, administrativement, s’est passé”, a précisé le ministre à la presse.”Tirer des conséquences hâtives, sans savoir ce qui s’est exactement passé, ce serait irresponsable (…) Les inspecteurs généraux seront sur site, probablement dès lundi, peut-être même qu’ils y sont d’ailleurs dès cet après-midi. Et quand on saura, on prendra les mesures nécessaires”, a-t-il ajouté.L’enquête a été confiée “à l’inspection générale de l’éducation nationale, du sport et de la recherche”, a précisé le ministère.Le parquet de Meaux a annoncé l’ouverture de deux enquêtes – l’une pour déterminer les causes de la mort et l’autre sur la question du harcèlement scolaire – après le suicide de Camélia, élève de 17 ans du lycée Balzac de Mitry-Mory. L’adolescente, qui a été mortellement percutée par un train RER mardi et qui était selon sa famille victime de harcèlement scolaire depuis décembre, s’est “volontairement donné la mort”, a indiqué le procureur de la République de Meaux.L’académie de Créteil avait déclaré jeudi qu’elle n’allait pas ouvrir d’enquête administrative “à ce stade” car il n’y avait, selon elle, pas d’éléments suggérant qu’il y ait eu un dysfonctionnement dans le système d’alerte harcèlement.

Tentative de féminicide à Blois en 2022: “J’ai vrillé”, dit l’ex-compagnon de la victime

L’ex-compagnon de Chloé P., victime d’une violente agression en 2022 dont elle garde de profondes séquelles, a déclaré vendredi avoir “vrillé”, devant la cour d’assises du Loir-et-Cher, où il est jugé pour tentative de meurtre sur son ex-compagne.”J’ai vrillé (…) C’est comme si ma force avait été décuplée”, a déclaré Marvin Joli, 30 ans, crâne rasé et en jogging, au deuxième jour de son procès.Durant plus d’une heure, il a décrit de manière confuse et détachée la relation qu’il a partagée pendant quatre mois avec Chloé P., rencontrée sur internet en août 2022, minimisant les violences et menaces décrites par les proches de la jeune femme.Il est aussi revenu sur la journée du 13 décembre 2022, au cours de laquelle la victime s’est présentée au commissariat de Blois pour porter plainte contre lui, avant d’être invitée à revenir le lendemain.Deux heures plus tard, elle est retrouvée laissée pour morte dans les parties communes de son immeuble.Le jour des faits, alors que Chloé P. avait rompu avec lui, l’accusé a expliqué être revenu à Blois pour récupérer la jeune femme, qui était tombée enceinte au cours de leur relation et qui avait avorté avant l’agression.”Elle m’a dit avoir décidé d’interrompre la grossesse. J’ai été pris pour un con, j’étais triste et en colère”, a-t-il dit, agité, depuis le box.Marvin Joli a alors raconté ces “dix secondes top chrono”, où tout a basculé, alors qu’elle s’apprêtait à sortir pour appeler à l’aide.”Je l’ai attrapée par les épaules, tirée vers l’intérieur de l’immeuble, puis j’ai porté deux à trois coups de pied dans la tête”, a décrit l’accusé, qui risque la perpétuité, indiquant ne pas avoir imaginé “que c’était aussi grave”.Il a nié avoir voulu la tuer.Sur le banc, Chloé P., entourée de ses parents, n’a pas montré de réaction. La veille, elle avait momentanément quitté la salle en découvrant les images de son visage tuméfié par les violences.Les séquelles de le jeune femme, qui a notamment passé deux mois dans le coma, sont nombreuses. Outre la perte de son oeil droit, les séquelles neurologiques sont irréversibles. Jeudi à la barre, la mère de la victime a détaillé la perte des “souvenirs”, du “goût”, de “l’odorat” dont souffre désormais sa fille.Chaque jour en France, plus de trois femmes sont victimes de féminicide ou tentative de féminicide conjugal, un chiffre en hausse sur un an selon les données 2024 de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).Le verdict est attendu vendredi soir.

Dans les Landes, le ballet des abatteuses pour éradiquer le ver tueur de pins

“Il faut éradiquer cette +saloperie+ et la seule solution est de tout couper avant le printemps”: dans la forêt des Landes, de puissantes machines, qui abattent et débitent les pins comme des brindilles, ont engagé une course contre-la-montre contre le nématode du pin.Ce petit ver translucide de moins d’un millimètre a été détecté pour la première fois en France, cet automne, à Seignosse, près de l’océan Atlantique.Classé “organisme de quarantaine prioritaire” par la législation européenne, le “Bursaphelenchus xylophilus” est “une menace sanitaire majeure” pour les résineux, selon les autorités.Pour empêcher sa propagation, un arrêté a défini mi-novembre une “zone infestée” de 500 mètres autour des conifères contaminés et, au-delà, une zone tampon de 20 kilomètres, soit 36.000 hectares de forêts, parcs et jardins, publics et privés.D’ici au 15 février, les sylviculteurs doivent abattre les conifères des 40 hectares boisés de la “zone infestée”, constitués à 98% de pins maritimes, soit 10 à 12.000 mètres cubes (m3) de bois.”Hier, j’ai fait 381 arbres, soit 332 m3″, comptabilise Julien Queyron, aux manettes d’une abatteuse dont les griffes font craquer les pins débités en rondins.En fonction de leur diamètre, ils seront valorisés en bois d’œuvre (menuiserie et construction) et d’industrie (panneaux, papier et carton), à la condition d’être chauffés à 56 degrés minimum pendant 30 minutes pour éliminer tout risque ou bien brûlés pour le chauffage.- “Patient zéro” -Il faut aller vite, avant que le vecteur du nématode “ne se réveille”, souligne Stéphane Viéban, directeur général de la coopérative Alliance Forêts Bois, la plus grande du pays.Car le parasite ne se déplace pas seul: il dépend du “Monochamus galloprovincialis”, un petit coléoptère naturellement présent dans les forêts landaises.En hiver, les nématodes migrent vers ce longicorne, alors à l’état de nymphe et logé dans la partie tendre du bois. Et quand le Monochamus adulte s’envole au printemps pour aller se nourrir de jeunes rameaux à la cime des pins, les petits vers profitent du voyage et colonisent l’endroit par milliers, provoquant le dépérissement des arbres en bloquant la circulation de la sève.Originaire d’Amérique du Nord, où il cohabite avec les pins locaux sans nuisance, le nématode est apparu au Japon au début du XXe siècle, gagnant ensuite une partie de l’Asie.Puis il est arrivé en Europe en 1999, au Portugal, où quatre millions d’arbres ont dû être abattus, avant de toucher l’Espagne: depuis des années, les sylviculteurs du Sud-Ouest redoutaient qu’il franchisse les Pyrénées.C’est chose faite dans les Landes, où le “patient zéro” aurait été trouvé selon Stéphane Viéban, aucun nouveau cas n’ayant été signalé dans un rayon de trois kilomètres. “C’est très bon signe.””Les premiers résultats sont rassurants”, a confirmé la préfecture jeudi. En dehors de la parcelle initialement détectée, où 17 arbres contaminés ont été abattus et broyés mi-décembre, 880 prélèvements se sont avérés négatifs au sein et autour de la zone infestée.- “Préjudice” -Dépréciation de 30% du prix du bois, traitement thermique des arbres abattus… Un classement de toute la France en zone infestée, si le nématode se répandait, serait une “catastrophe”, pointe la filière.Des pins du massif des Landes de Gascogne, qui couvre plus d’un million d’hectares dans les Landes, la Gironde et le Lot-et-Garonne, dépend l’essentiel de l’industrie sylvicole locale.Pour le maire de Seignosse, Pierre Pecastaings, l’abattage de ces emblèmes du paysage est aussi vécu par les habitants comme un “préjudice moral, environnemental et patrimonial”. “C’est lourd à encaisser même si l’enjeu, l’existence du massif, nous dépasse”, souligne l’élu.La dizaine de propriétaires concernés doivent avancer les frais de coupe et de transport du bois avant d’être remboursés par l’État. Deux ont contesté l’opération en cours devant la justice administrative.”Nous avons engagé une course contre-la-montre (…) et nous ne devons pas baisser la garde”, prévient le préfet de région, Étienne Guyot, appelant “à la mobilisation et au sens des responsabilités”.D’ici au 31 mars, les arbres morts devront également être retirés de la zone tampon. Soit “plus de 100.000 arbres”, estime Stéphane Viéban: un travail “colossal”.

“Livrés à nous-mêmes”: d’anciens “otages” dénoncent l’abandon de la France

Après les souffrances de la détention, l’abandon: d’anciens “otages” ayant passé des mois, voire des années en prison ou en captivité à l’étranger, décrivent un retour douloureux, livrés à eux-mêmes, et réclament un accompagnement plus fort de l’Etat français.”Le retour, c’est une double peine. Il n’y a pas d’aide, pas d’accompagnement, rien. Il faut juste serrer les dents”, explique l’un d’eux, Benjamin Brière, emprisonné en Iran de 2020 à 2023, en décrivant l’isolement social, la précarité financière et l’errance administrative qui ont suivi sa libération.”La seule chose à laquelle j’ai eu droit, comme je faisais moins de 50 kilos en rentrant et que j’étais en fauteuil roulant, c’est une place à l’hôpital militaire de Bégin (à Paris, ndlr)”, affirme cet ancien voyageur de 40 ans, arrêté alors qu’il sillonnait l’Iran à bord de son van.En l’absence d’un statut juridique spécifique, quelque 80 anciens “otages” et leurs proches réunis au sein de l’association SOS otages ont adressé jeudi une lettre ouverte au président Emmanuel Macron pour demander l’instauration de “droits clairs” et “opposables”.Parmi les signataires, on trouve aussi le journaliste et ancien otage en Syrie Nicolas Hénin, l’humanitaire Claire Dubois, ex-otage au Soudan, ou encore Pierre Legrand, enlevé sur un site minier français au Niger en 2010.- Première nuit sur un canapé -A leur retour, le ministère des Affaires étrangères leur délivre une attestation établissant ce qu’ils ont vécu, avec des “conséquences déterminantes” sur la reconnaissance du préjudice subi, disent-ils.Certains se voient qualifiés d'”otage” ou de “victimes d’enlèvement”, sans qu’ils ne sachent jamais sur quels critères. Benjamin Brière est considéré comme “détenu arbitraire”.D’autres, comme Camilo Castro, professeur de yoga libéré en novembre après cinq mois de détention au Venezuela, sont qualifiés de simples “détenus”. Comme “un vulgaire criminel”, dénoncent ses proches.Le Venezuela l’accusait d’entrée illégale sur le territoire, selon les autorités françaises, qui avaient jugé cette accusation “sans fondement”.”Il a été emprisonné sans motif, dans des conditions totalement illégales. Certes la France l’a fait libérer, et c’est très important, mais la façon dont la France qualifie sa détention est tout aussi arbitraire que sa détention”, fustige son beau-père, Yves Guibert.La qualification de détention arbitraire est “une reconnaissance par l’État d’une situation exceptionnelle” qui est “strictement encadrée et réservée à un nombre très limité de situations”, a expliqué le ministère à l’AFP.Après avoir été accueilli à l’aéroport par le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, “une fois les caméras parties, on s’est trouvés complètement livrés à nous-mêmes”, raconte M. Guibert. Aucun bilan médical effectué, aucune prise en charge financière. Camilo Castro a dormi “sur le canapé d’un cousin” le soir-même.”Nous avons dû contacter et payer nous-mêmes un pneumologue, puisque Camilo a des problèmes de poumon, et nous devons payer un avocat pour essayer d’obtenir une indemnisation”, dit son beau-père.Le ministère des Affaires étrangères assure qu’une “attention particulière est portée à la situation des personnes après leur retour en France, notamment sur les plans médical, psychologique et social”, citant notamment les dispositifs portés par la Direction interministérielle d’aide aux victimes (Diav) pour “faciliter leur accompagnement et l’ouverture de certains droits, lorsque la situation le justifie”.- “Case” -Suivi psychologique, emploi, logement, droits à la retraite… Le retour s’apparente pour beaucoup à un véritable “parcours du combattant”, notamment face au monde parfois kafkaïen des administrations.Dans son livre “Azadi” publié en octobre, Benjamin Brière racontait le dialogue absurde avec une employée des impôts lui demandant pourquoi il n’avait rien déclaré pendant quatre ans: – “Parce que j’étais en prison”. – “Oui, mais même en prison, on peut le faire”.- “Pas depuis l’Iran”.”Il fallait qu’elle me mette dans une case et pour un cas comme le mien, rien n’est prévu”, écrit-il.”Tout est violent” au retour, ajoute-il aujourd’hui: “Il faut se refaire une place dans sa famille, se refaire une place avec ses potes, se refaire une place au sein de la société…”.Depuis Genève, où il tente de faire reconnaître son statut de victime auprès du Groupe d’experts de l’ONU sur les détentions arbitraires, Camilo Castro se dit “épuisé”. “Je passe mes journées à raconter la torture, celle que j’ai vue, entendue (sur les autres détenus, ndlr), et la torture psychologique à laquelle j’ai été soumis”, explique-t-il, au bord des larmes: “Tout ça est complètement surréaliste. C’est pas ma vie. Ma vie, c’est de donner des cours de yoga”.