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La France suspend les importations de produits traités avec 5 pesticides interdits dans l’UE

Avocats, mangues et autres agrumes ne pourront plus entrer en France s’ils contiennent certaines substances interdites en Europe: le gouvernement français a officialisé mercredi cette mesure “conservatoire”, à quelques jours de la signature du traité de libre échange UE-Mercosur, qui fait craindre aux agriculteurs une concurrence accrue.L’arrêté, qui entre en vigueur jeudi, est pris pour une durée d’un an maximum, dans l’attente de “mesures appropriées par la Commission européenne”, selon le texte paru au Journal officiel.Celui-ci concrétise une annonce du Premier ministre Sébastien Lecornu et de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard pour répondre à l’inquiétude du monde agricole quant à l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur, qui ne respectent pas les même normes que les pays européens.”Compte tenu du profil des produits”, le texte concerne “pas mal l’Amérique du Sud. Mais ça n’est pas un arrêté dirigé contre l’Amérique du Sud, il est dirigé contre tout pays du monde qui traiterait les fruits et légumes concernés avec une de ces cinq substances”, indiquait-on au ministère de l’Agriculture en début de semaine. Les substances concernées sont quatre fongicides – le mancozèbe, utilisé pour traiter les avocats, les mangues ou encore les poivrons, le thiophanate-méthyl (coings, agrumes, avoine…), le carbendazime et le bénomyl (tomates, graines de soja, blé…) – et un herbicide, le glufosinate (pommes de terre).L’interdiction doit encore obtenir un feu vert le 20 janvier de la Commission européenne, qui peut “soit ne pas s’y opposer (…), soit (…) le généraliser à tout le reste de l’Union européenne (…), (soit) s’y opposer”, détaillait mardi le ministère de l’Agriculture.Mais Bruxelles, à l’issue d’une réunion spéciale des ministres européens de l’Agriculture, a annoncé mercredi vouloir interdire à l’importation tous les résidus de trois de cinq substances visées par l’arrêt du gouvernement français (carbendazime, bénomyl and thiophanate-méthyl).”C’est une victoire française”, s’est réjouie Annie Genevard sur BFMTV.Depuis des mois, la ministre appelle au “patriotisme alimentaire” et affirme pousser Bruxelles à harmoniser les règles concernant les pesticides, plaidant pour que les produits importés respectent les normes, notamment environnementales, imposées dans l’Union européenne.- “Pas beaucoup d’impact” -L’arrêté demande également aux entreprises du secteur alimentaire de mettre en oeuvre des contrôles afin de s’assurer que les produits importés ne contiennent pas les substances interdites en question. Cela passe notamment par “la collecte” ou “l’analyse” d’informations “sur la provenance des denrées alimentaires acquises”, ou encore des “analyses” permettant de prouver “l’absence de résidu quantifiable” des substances interdites. Interrogé sur le sujet sur BFMTV/RMC, le PDG de Carrefour Alexandre Bompard a estimé que cet arrêté “n’aura(it) pas beaucoup d’impact”, assurant que son groupe contrôlait déjà, avant la publication de l’arrêté, “l’existence ou non de ces résidus”. Et “il n’y a pas de traces de résidus” dans “99,9%” de ces contrôles, selon le dirigeant. “Ce sera 100% après l’arrêté”, promet-il.  L’arrêté se fonde “sur la réglementation sanitaire européenne qui autorise les États membres, avec des motifs justifiés, de déroger aux règles européennes et de prendre de façon unilatérale des dispositions d’interdiction d’import de substances interdites lorsqu’elles sont présentes à des niveaux préoccupants”, a expliqué le ministère de l’Agriculture. Ce n’est pas la première fois que certains produits sont temporairement interdits d’importation pour des motifs sanitaires: une clause de sauvegarde avait été actionnée en 2016 pour interdire l’importation de cerises traitées au diméthoate, un insecticide dangereux pour la santé, en attendant son interdiction dans l’UE à partir de 2019.L’arrêté prévoit une durée d’écoulement des stocks d’au maximum un mois après son entrée en vigueur. 

Saint-Tropez dit adieu à BB, qui repose face à la mer

Saint-Tropez a dit adieu mercredi à Brigitte Bardot, sex-symbol du cinéma mondial devenue passionaria de la cause animale, qui repose désormais au cimetière marin du petit port dont elle a fait la renommée, face à la Méditerranée, non loin de la maison de pêcheur où elle a vécu et est morte fin décembre.Sous un soleil radieux dans un ciel clair et un froid mordant, le corbillard blanc transportant le cercueil recouvert de rotin de BB est arrivé dans la matinée devant la petite église Notre-Dame de l’Assomption, accueilli par son fils Nicolas-Jacques Charrier, 65 ans, qui a porté le cercueil en pleurs.La présence de ce fils, qui vit en Norvège, était un des points d’interrogation de la cérémonie, tant il a entretenu une relation tumultueuse avec sa mère, qui s’était dite dénuée d’instinct maternel et l’avait laissé à son père, l’acteur Jacques Charrier, décédé en septembre. Il avait fait déposer une gerbe de mimosas, petits pompons jaunes typiques de la Riviera, orné d’un simple “A maman”.Avant de commencer la messe, devant le cercueil flanqué de deux photos de BB, le curé de Saint-Tropez, le père Jean-Paul Gouarin, a demandé à l’assistance de couper les portables, comme un symbole de la vie de celle qui fut traquée par les paparazzis.La star, décédée des suites d’un cancer le 28 décembre à 91 ans, souhaitait des obsèques “sans chichi”, avec des fleurs champêtres et une liste d’invités soigneusement sélectionnés par ses proches et sa fondation pour la protection des animaux, cause pour laquelle elle avait tourné le dos au cinéma en pleine gloire, à l’âge de 38 ans.Moments forts de la cérémonie, le Panis Angelicus chanté a capella par Mireille Mathieu et la sortie au son des guitares de Chico and the Gypsies, qui la qualifie de “grande soeur d’âme”.”Toutes ces fleurs, cette générosité, je pleurais C’était magnifique. Brigitte Bardot, c’est la France, c’est le monde entier, c’est Saint-Tropez”, a confié Mireille Mathieu à l’AFP.La soeur de BB, Mijanou, 87 ans, qui n’a pu faire le déplacement depuis Los Angeles, a fait lire un message: “je sens ta présence joyeuse et heureuse. S’il te plait, reste avec moi jusqu’à ce que je te rejoigne”.Egalement présents, le fils de l’acteur Jean-Paul Belmondo, Paul, le directeur de la SPA Guillaume Sanchez ou le défenseur des baleines Paul Watson. Et dans les rangs politiques, la députée Rassemblement national Marine Le Pen ou le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, venus à “titre amical”.La personnalité de l’ancienne actrice, plusieurs fois condamnée pour propos racistes et homophobes et proche de l’extrême droite, divise. Le gouvernement était représenté par Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes. Emmanuel Macron, que l’actrice n’appréciait guère, a fait porter avec son épouse une large gerbe.”Chacun connaît mes engagements et positions face aux discriminations, au racisme, à l’antisémitisme et mes combats politiques face au RN. Mais le temps des obsèques de Brigitte Bardot n’est pas un temps politique”, a estimé Aurore Bergé auprès de l’AFP.Sur le port, un millier de personnes étaient rassemblées pour suivre la retransmission de la cérémonie, loin des foules des jours d’été du Saint-Trop’ que la célébrité de BB a propulsé comme étape sur le circuit de la jet-set, à son grand dam.Des sexagénaires de Montpellier brandissaient des drapeaux français. “Elle a été Marianne dans toutes les mairies de France, nous sommes venus rendre hommage à une Française qui aimait la France. C’était une gloire nationale, c’est étonnant qu’il n’y ait pas plus de drapeaux”, estime Laurence, 60 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.Après l’église, le corbillard est reparti en procession vers le cimetière marin, pour l’inhumation strictement privée. Deux cents personnes triées sur le volet ont pu l’accompagner là aussi au son des guitares jusqu’à la tombe où reposent déjà ses parents et grands-parents, non loin de celle de Roger Vadim, son premier mari qui en avait fait une star internationale en 1956 avec “Et Dieu… créa la femme”.Passant devant le  “Brigitte Bardot – 28 septembre 1934 – 28 décembre 2025” gravé sur la tombe épurée blanche, ces proches ont pu chacun y jeter un tournesol.fcc-jfg-san-jmt/so/cbr

Bouchons routiers, vols annulés, conséquences de la neige sur le nord et l’ouest de la France

Marche du manchot pour les uns, galère dans les transports et activité avortée pour les autres… L’épisode neigeux a continué de perturber mercredi une partie de la France revêtue d’un épais manteau blanc, avant l’arrivée dans la soirée d’une nouvelle perturbation.En cours depuis lundi entre le nord et l’ouest du pays, le phénomène neigeux est d’une “ampleur rare dans le climat actuel”, selon Météo-France. Sept départements autour du Massif central sont placés en vigilance orange neige-verglas, soit le deuxième niveau le plus élevé d’alerte, à partir de 18h00 et deux autres à partir de minuit dans les Alpes (Savoie et Haute-Savoie)Si la perturbation actuelle “s’est atténuée” et “s’évacue par les frontières de l’est”, une “nouvelle perturbation circule en fin de journée et impacte le Massif-Central avec quelques chutes de neige et surtout des pluies verglaçantes dans la nuit de mercredi à jeudi”, avertit Météo-France dans son dernier bulletin publié à 18H00.À cela vont s’ajouter à partir de jeudi les conséquences de la tempête Goretti, qui doit s’accompagner de fortes rafales de vent. Quatre départements normands proches des côtes de la Manche seront placées jeudi en vigilance orange pour vent. Dans la capitale, où 9 cm cumulés de neige ont été mesurés à 15H00, la mairie a invité les habitants à “rester chez eux” et recourir “au télétravail” si possible.Les intempéries, qui ont fait au moins cinq morts sur les routes en France mardi, ne présentaient mercredi “pas de difficultés majeures” dans la capitale, a expliqué à la mi-journée Antoine Guillou, adjoint de la maire de Paris chargé notamment de la propreté, assurant qu’une trentaine de saleuses traitent “700 km de voiries prioritaires”, en premier lieu les trottoirs et pistes cyclables.- Amélioration -La RATP aussi a invité les usagers à “privilégier le télétravail” et à “réduire les déplacements”, tandis qu’Ile de France Mobilités (IDFM) signale des trafics perturbés ou interrompus sur plusieurs lignes de RER ou de tramways.”La neige ne m’inquiète pas aujourd’hui. Ce matin, j’ai pu déposer mes enfants à l’école maternelle, puis prendre les RER A et E sans problème”, a nuancé Jihane Nait, vendeuse de 26 ans et habitante de Seine-Saint-Denis, interrogée à Vincennes (Val-de-Marne) peu avant 07H00.En fin d’après-midi, la situation s’améliore par endroits, conduisant les autorités à lever une partie des restrictions de circulation imposées.La préfecture de police de Paris a par exemple levé l’interdiction de circulation des véhicules de plus de 3,5 tonnes, tandis que les poids-lourds peuvent de nouveau rouler dans les Hauts-de-France, à la faveur d’une situation qui s’est “nettement améliorée”, a indiqué la préfecture locale soulignant qu'”aucun accident grave n’est à déplorer durant cet épisode”.Dans la journée, une centaine de vols ont été annulés à Roissy-Charles-de-Gaulle, le premier aéroport français, et environ 40 vols à Orly, le deuxième. Les bouchons monstres et ralentissements sur les routes d’Ile-de-France, qui ont culminé à 960 km en matinée, ont quasiment disparu (11 km) à 17H00, selon le site Sytadin.Toutefois, les bus ont cessé leur service dans Paris et sa banlieue, où le niveau 3 du Plan neige et verglas reste en vigueur, avec notamment la limitation de la vitesse à 70 km/h et la suppression des transports scolaires en grande couronne.Dans l’ouest de la France, les transports scolaires ont été supprimés dans une dizaine de départements. Dans l’Allier également.Le ministre des Transports Philippe Tabarot a appelé “à la plus grande prudence” jeudi, notamment sur les routes, et invité à suspendre les transports scolaires “s’il y a un infime risque”. – “C’est juste l’hiver” -Faute de bus à Lille, “je suis obligé de faire le trajet à pied”, donc “je marche comme un pingouin”, raconte Amine (il n’a pas souhaité donner son nom), 30 ans, responsable d’une boutique lilloise.”On a l’impression que c’est le chaos” mais “non, c’est juste l’hiver”, observe également Ingrid, une voyageuse de 47 ans, qui a dû “déplacer son premier rendez-vous de la journée” à cause d’un train retardé.L’épisode neigeux a perturbé aussi l’alimentation électrique: selon Enedis, 6.000 foyers sont privés d’électricité, dont 2.500 en Ile-de-France, 1.800 dans le Centre-Val de Loire ou encore 1.100 en Charente-Maritime.À Dunkerque, le chauffage urbain connaît de graves dysfonctionnements depuis mardi soir, affectant quelques centaines de foyers selon la mairie.Dans toutes les zones concernées, La Poste a prévenu des “risques de retard dans la livraison de colis”.Météo-France rappelle que sous l’influence du réchauffement de la planète den raison des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, les périodes de froid sont plus rares et moins intenses que par le passé.Dimanche et lundi, les minimales en moyenne sur le pays étaient de -4°C, “ce qui n’était pas arrivé depuis fin février 2012”, souligne Météo-France.

Aide à mourir: le débat sur la fin de vie reprend enfin, le Sénat dévoile ses réticences

Longtemps repoussé en raison de l’instabilité politique, le sensible débat parlementaire sur la fin de vie a repris mercredi en commission au Sénat, où des réticences persistent sur la création d’un dispositif d’aide à mourir, souhaité par l’exécutif mais profondément remanié par les sénateurs.Erigée par Emmanuel Macron comme priorité sociétale du second quinquennat, la loi sur la fin de vie verra-t-elle le jour avant 2027? C’est l’objectif du président de la République et du gouvernement.”Nous irons au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité”, a assuré le chef de l’Etat lors de ses vœux aux Français.Les soubresauts politiques – dissolution, chute des gouvernements Barnier et Bayrou, étirement des débats budgétaires – ont déjà causé plusieurs reports. Le Sénat attend le texte depuis mai, date de son adoption par l’Assemblée nationale en première lecture.La chambre haute en débattra dans l’hémicycle à partir du 20 janvier, avant un vote solennel prévu le 28 janvier. Puis l’Assemblée nationale devrait s’en saisir à nouveau en février.- “Assistance médicale à mourir” -Le débat prend la forme de deux propositions de loi examinées en parallèle: une première plutôt consensuelle sur les soins palliatifs, et une autre, nettement plus sensible, sur la création d’une aide à mourir.C’est autour de ce texte que les débats s’annoncent les plus complexes, surtout dans un Sénat qui penche à droite et est jugé bien plus conservateur que l’Assemblée nationale, particulièrement sur les sujets sociétaux.Dans une tribune publiée dans Le Figaro, 53 personnalités dont de nombreux praticiens et deux anciens ministres, Jean Leonetti et François Braun, ont appelé les sénateurs à un “sursaut” pour s’opposer au texte, dénonçant un “basculement éthique majeur”.La commission des Affaires sociales du Sénat, chargée du travail préliminaire sur ce texte, n’a pas fait ce choix, optant pour une adoption dans une version largement remaniée sous l’impulsion des rapporteurs issus de la droite sénatoriale, majoritaire dans l’hémicycle aux côtés de ses alliés centristes.”Si on rejette le texte au Sénat, on n’existe plus. Or nous avons des choses à dire”, a expliqué à l’AFP le rapporteur Alain Milon (Les Républicains), attaché à “protéger le patient et protéger le professionnel de santé” appelé à pratiquer le futur acte médical.Il a ainsi prôné une transformation du “droit à l’aide à mourir”, dispositif initial, en une “assistance médicale à mourir” encadrée bien plus strictement.Le dispositif prévoirait donc toujours une légalisation très encadrée du suicide assisté et de l’euthanasie – sans que ces mots ne figurent dans le texte -, avec la possibilité pour un malade de recourir à une substance létale, ou de se la faire administrer par un médecin ou un infirmier dans certains cas.- “Le dernier recours” -Mais le périmètre du dispositif est considérablement restreint dans la version sénatoriale: cette “assistance médicale” serait ainsi réservée aux patients dont le “pronostic vital” est “engagé à court terme”, soit une espérance de vie de quelques jours seulement.”Cela doit être le dernier recours”, développe Alain Milon, qui craint des “dérapages considérables” si la formulation de l’Assemblée était maintenue. Les députés vont en effet beaucoup plus loin car ils ouvrent le dispositif aux patients atteints d’une “affection grave et incurable” non seulement en “phase terminale” mais aussi “en phase avancée”, avec potentiellement plusieurs semaines ou mois à vivre.Principal artisan du texte à l’Assemblée, le député MoDem Olivier Falorni s’est réjoui auprès de l’AFP de voir les rapporteurs du Sénat “accepter le principe d’une assistance à mourir”: “Ce n’est pas un tir de barrage comme certains pouvaient le craindre”, a-t-il souligné, regrettant néanmoins une proposition sénatoriale qui rendrait le dispositif “quasiment ineffectif”.Les socialistes ont aussi regretté de voir “dénaturé” le compromis trouvé à l’Assemblée, tandis que les centristes se sont montrés partagés. Certains, comme Olivier Henno (UDI), proposent “un autre chemin” en focalisant le texte sur “l’assistance au suicide” et non l’euthanasie, ce qui laisse présager d’intenses débats à venir dans l’hémicycle.

Neige: le point sur les perturbations dans les transports

L’épisode de neige et de verglas qui a perturbé les transports mercredi dans le nord et l’ouest de la France, région francilienne comprise, devrait encore toucher neuf départements jeudi, situés surtout dans le Massif Central et les Alpes, selon Météo-France. Le point sur les perturbations dans les transports mercredi en fin d’après-midi et les prévisions pour jeudi matin.La routeMercredi à 18H, sept départements étaient placés en vigilance orange — deuxième niveau d’alerte pour la neige et le verglas —, selon un message publié par Météo-France sur X. A Paris et dans sa banlieue, le niveau 3 du Plan neige et verglas avait été activé, avec notamment la limitation de la vitesse à 70 km/h.En fin d’après-midi, les bouchons étaient quasiment tous résorbés sur les routes d’Ile-de-France, selon le site Sytadin, mais la RN 118, au sud de Paris, était encore fermée dans le sens Paris-Province vers 17H00, selon le ministre des transports Philippe Tabarot.Dans le sud, le trafic sur l’A8 a pu reprendre à 16H00 dans le seul sens Nice-Aix, selon le préfet du Var.Dans la journée, la circulation des poids lourds était interdite dans l’ouest de la France, en Ile-de-France et en Nouvelle-Aquitaine et les transports scolaires suspendus dans une dizaine de départements, dont la région parisienne.Dans les Hauts-de-France, les restrictions de circulation des poids-lourds ont été levées en fin d’après-midi par la préfecture. Elles devaient l’être aussi en Ile-de-France, a indiqué le ministre.Dans les Hauts de France, des limitations de vitesse, à 110 km/h sur les routes habituellement limitées à 130 et à 90 km/h sur celles habituellement limitées à 110, restent actives jusqu’à jeudi 8H00, en raison notamment de l’afflux attendu “de poids lourds à nouveau autorisés à circuler”.Pour jeudi, Météo-France place 13 départements en vigilance orange, essentiellement en Auvergne-Rhône-Alpes, des zones “plus habituées à la neige” que l’Ile-de-France, a souligné le ministre. Mais le prévisionniste a néanmoins mis en garde contre les “pluies verglaçantes” sur le “Limousin, l’ouest de l’Auvergne et le nord de l’Occitanie” en recommandant “la plus grande prudence”, alors que la neige persistera aussi toute la journée “dans les vallées alpines”.Le trainLe réseau ferroviaire a enregistré durant la journée “des dérangements d’aiguilles/appareils de voie”, “bloqués par la neige notamment en Ile-de-France”, selon la SNCF, mais la situation revenait “progressivement à la normale” en fin de journée.Dans le secteur de Saintes (Charente-Maritime), “des reconnaissances sont en cours pour une reprise du trafic prévue jeudi”, ajoutait SNCF Réseau.Les bus, métros et RERA Paris, et en Ile de France, quelques bus ont repris leur service en fin de journée après une interruption générale depuis le matin 07H00, selon RATP et Ile-de-France Mobilités.Les métros fonctionnaient tous, malgré des “ralentissements” sur les lignes 5 et 6 qui ont des portions en voies aériennes. Les tramways sont revenus à la normale, avec le seul T1 interrompu entre Pont de Bondy et Gare de Noisy, a précisé IDFM, qui signale par ailleurs que les horaires des derniers trains de banlieue par ligne sont disponibles sur les applications de mobilités et les sites internet.Les avionsPlus d’une centaine de vols ont été annulés mercredi matin à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle. A Orly, 40 annulations de vols avaient été anticipées dès mardi.Selon le gestionnaire ADP, quelque 1.200 vols étaient initialement programmés mercredi à CDG et environ 500 à Orly.Le trafic est resté très perturbé, avec des retards de plus d’une heure à l’arrivée en moyenne dans les aéroports parisiens, indique le tableau de bord de la Direction générale de l’aviation civile. L’aéroport de Nantes a réouvert dans la journée selon l’organisme de surveillance du trafic aérien européen, Eurocontrol. bur-fmp-im-tq/ved/cbn

Le lancement des soldes refroidi par la météo hivernale

Mises à mal par un calendrier commercial saturé de promotions, les soldes d’hiver ont débuté mercredi dans une France perturbée par la neige et le froid, un contexte météo qui menace la fréquentation pour de nombreux commerçants déjà à la peine.Après un début de saison très doux et un mois de décembre décevant, les commerçants comptent sur cette période de promos qui court jusqu’au 3 février pour limiter la casse.”Il ne faut pas que la première semaine soit trop perturbée, mais dès qu’il y a un peu de neige, plus personne ne sort pour faire du shopping”, relève pour l’AFP Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce, qui représente les grandes enseignes.Vingt-et-un départements ont été placés en vigilance orange pour la neige et le verglas par Météo-France mercredi, contre 32 lors du précédent point, et les transports sont fortement perturbés.A Paris, l’observatoire de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Île-de-France a “observé des commerces vides, même dans les artères les plus commerçantes du 15e et du 6e arrondissement” et rencontré des commerçants “inquiets” par cette météo, qui risque de “pousser les consommateurs à privilégier le commerce en ligne”.Les commerces d’habillement sortent déjà d’un mois de décembre morose en raison notamment de températures clémentes et du Black Friday, qui siphonne une bonne partie des achats de Noël.- Consommateurs déjà “gavés” -“On a des attentes assez fortes sur le mois de janvier, d’autant plus qu’il y a du stock, donc on espère terminer mieux la saison qu’elle n’a commencé”, souligne Yohann Petiot. Les soldes “ne représentent plus l’événement commercial d’il y a 10 ou 20 ans quand les gens attendaient le matin devant la porte”, mais ça reste tout de même un “événement important inscrit dans le calendrier des Français”.Sous un soleil radieux mercredi matin à Strasbourg, loin de la pagaille des zones les plus perturbées par la neige, Frédéric Marchand, étudiant de 22 ans, sort avec un gros sac d’une grande enseigne dans le centre commercial Place des Halles: “Je fais rarement les soldes, je préfère acheter sur internet où il y a souvent des promos, mais comme je n’ai pas cours ce matin, qu’il fait beau et que j’ai besoin d’un nouveau manteau d’hiver, je me suis dit allons voir ! Et j’ai trouvé !”Comme Frédéric, 67% des Français n’attendent pas spécifiquement les soldes, mais restent avant tout opportunistes face à une bonne affaire, selon un sondage de l’application de shopping Joko. Selon ce sondage, 64% comptent profiter des soldes, autant en ligne qu’en boutique.Rencontrée aux Galeries Lafayette de Strasbourg, Ghyslaine, retraitée, fait les soldes “tous les ans” malgré la multiplication des promos toute l’année: “je trouve qu’on peut vraiment faire de bonnes affaires pendant la période officielle des soldes, surtout en hiver”, dit-elle.Si des fidèles restent au rendez-vous, pour les commerçants indépendants, “les soldes ont perdu leur force et leur signification” depuis des années, résume auprès de l’AFP Pierre Talamon, président de la Fédération nationale de l’habillement (FNH).Après les fêtes, les consommateurs arrivent début janvier déjà “gavés par le Black Friday et par des ventes privées”. Ajoutez à cela “les petits prix des plateformes” en ligne et vous avez “beaucoup de commerçants pris dans un étau”, regrette-t-il.Lors du cru 2025, les commerçants indépendants ont vu leur chiffre d’affaires chuter de 5,5% par rapport à janvier 2024 (en comparaison, les grandes enseignes de l’Alliance du commerce ont stagné à -0,2% sur la période). Alors que 2026 devrait suivre cette tendance, la FNH demande au gouvernement de repousser les soldes de trois semaines. Les soldes “peuvent être un levier de croissance” mais il faut les “reconnecter à la réalité des saisons” et leur “redonner du sens en les positionnant en fin de saison”, selon M. Talamon.La Confédération des commerçants de France (CDF) défend elle aussi, dans un communiqué mercredi, un décalage du calendrier, qui ne correspond plus “au rythme réel de la consommation ni aux contraintes économiques des commerçants indépendants”, explique Pierre Bosche, son président.

Sous-location illégale: la Cour de cassation reconnaît la responsabilité d’Airbnb

Airbnb, simple hébergeur de contenus ou éditeur? La Cour de cassation a tranché mercredi estimant que la responsabilité de la plateforme pouvait être engagée si des internautes recouraient à ses services pour de la sous-location illicite.Les magistrats de la plus haute juridiction judiciaire ont estimé que “la société Airbnb n’a pas la qualité d’hébergeur internet car elle joue un rôle actif à l’égard des utilisateurs, lui permettant d’avoir connaissance et de contrôler les offres déposées sur sa plateforme”.”Dès lors elle ne bénéficie pas de l’exonération de responsabilité accordée aux hébergeurs et elle peut être tenue responsable si des internautes recourent à sa plateforme pour de la sous-location illicite”, indiquent-ils dans un communiqué.La Cour de cassation devait clarifier ce point après deux décisions en appel contradictoires: l’une à Paris en janvier 2023 où la cour d’appel avait estimé qu’Airbnb avait “largement contribué” à l’infraction commise par une locataire parisienne qui avait sous-loué illégalement son logement.L’autre, rendue par la cour d’appel d’Aix en Provence en septembre 2023, estimait au contraire que la plateforme n’était qu’un simple hébergeur de contenus, et n’était donc pas co-responsable d’une affaire de sous-location illégale dans un logement social.La Cour de cassation s’est notamment appuyée sur le droit européen pour trancher.”Selon la Cour de justice de l’Union européenne, un hébergeur internet doit jouer le rôle de simple +intermédiaire+ en se limitant à fournir de façon neutre un service purement technique et automatique de stockage et de mise à disposition des données fournies par ses clients. L’hébergeur internet ne joue donc aucun rôle actif dans le traitement de ces données: il ne lui en est confié ni la connaissance ni le contrôle”, rappelle la Cour de cassation.Or, “la société Airbnb ne joue pas un rôle neutre à l’égard de ses utilisateurs. Elle s’immisce dans la relation entre +hôtes+ et +voyageurs+: en leur imposant de suivre un ensemble de règles (lors de la publication de l’annonce ou de la transaction) dont elle est en mesure de vérifier le respect; en promouvant certaines offres par l’attribution de la qualité de +superhost+, exerçant ainsi une influence sur le comportement des utilisateurs”.- “Etape majeure” -Concrètement, l’arrêt de la cour d’appel d’Aix est cassé est l’affaire est renvoyée tandis que dans l’affaire parisienne, la Cour de cassation annule l’amende (32.399,61 euros) que devait verser Airbnb et la locataire, et renvoie l’affaire sur ce point, sachant qu’ils avaient été condamnés à verser 58.000 euros d’amende en première instance.”Les procédures judiciaires continuent dans ces deux affaires et nous sommes déterminés à explorer toutes les voies de recours possibles afin que la jurisprudence française reflète les principes européens de régulation des plateformes”, a réagi Airbnb dans une déclaration transmise à l’AFP, estimant que “ces décisions sont contraires au droit européen”.La plateforme assure par ailleurs appliquer “une politique de tolérance zéro” pour les cas de sous-locations illégales “portées à notre attention, allant jusqu’à la suppression des annonces concernées”.Jonathan Bellaïche, avocat de la propriétaire parisienne lésée, salue “une étape jurisprudentielle majeure dans la clarification du régime de responsabilité applicable aux plateformes numériques”.Il estime que “cela peut avoir comme effet de rendre Airbnb co-responsable de tous les abus qu’il peut y avoir sur leur plateforme”.”C’est l’aboutissement de dix ans de bataille”, se réjouit-il auprès d’une journaliste de l’AFP, indiquant avoir défendu pour la première fois un propriétaire victime de sous-location sur Airbnb en 2016, et “ça va changer beaucoup de choses dans le rapport de force”, poursuit-il.L’avocat avait déjà obtenu la reconnaissance du statut d’éditeur pour Abritel en 2024.Il a également fait condamner Airbnb à 8,2 millions d’amende pour des “manquements graves” à la collecte de la taxe de séjour en 2021 et 2022 sur l’île d’Oléron (Charente-Maritime), puis Booking.com (574.000 euros d’amende) et Leboncoin (410.000 euros) pour les mêmes raisons.L’avocat représente également des hôteliers ainsi que la principale organisation patronale de l’hôtellerie, l’Umih, dans une procédure de concurrence déloyale à l’encontre d’Airbnb.

200 km/h dans le blanc: à Paris-Orly, la neige déclenche une mission commando

Dans le brouillard et sous les flocons, un convoi de véhicules jaunes avance lentement pour dégager les pistes. À l’aéroport Paris-Orly, les volontaires de l’équipe d’hiver défient mercredi une neige “exceptionnelle”.”On avait une prévision de 3 à 6 centimètres de neige sur huit heures, mais six centimètres sont tombés en une heure et demie”, raconte à l’AFP Jérôme Lauferon, directeur des aires aéronautiques à Orly.Des précipitations brutales et inhabituelles depuis plusieurs années, souligne le responsable. Ce qui relèverait de la routine au Canada ou en Russie déclenche une alerte maximale à Paris où les chutes de neige se font de plus en plus rares et dont les aéroports ne sont pas conçus pour une logistique hivernale lourde.Avant les premiers flocons lundi, la cellule d’anticipation a été mise en place dimanche et fonctionne 24 heures sur 24 tout comme le “poste de commandement neige”.  C’est alors que commence l’aventure humaine: la gestion de la neige à Orly repose sur cinq responsables qui s’appuient sur quelque 300 volontaires qui quittent leurs bureaux chez le groupe ADP (Aéroports de Paris) pour affronter les éléments. – “Commando d’hiver” -“Cela fait plaisir de pousser les flocons”, s’enthousiasme Stephen Chasseriaud, 58 ans, chauffeur de déneigeuse.  Ancien pilote, actuellement responsable interface-travaux voierie, il a passé son permis poids lourds pour rejoindre il y a 12 ans les rangs des volontaires du “service hivernal”. “On est en mode commando”, sourit-il, un souvenir de son service militaire et du stage commando grand froid.  “Cela permet de voir une autre facette de l’aéronautique. C’est une expérience humaine riche, on se sent utile”. Même ressenti pour Benjamin Sinegre, responsable de stratégie environnementale à Paris-Orly et lui aussi volontaire, content de quitter son bureau pour s’installer au commandement neige. “C’est enivrant de vivre l’instant présent et d’aider l’aéroport à tourner”, confie-t-il.Sa mission: dispatcher les cinq “trains neige”, chacun composé de plusieurs véhicules, entre les pistes et les voies de circulation des avions. – 200 km/h au décollage -Robin Durand, responsable de la cellule de l’anticipation, embarque une équipe de AFP à bord d’une voiture jaune qui circule sur les pistes et supervise le déneigement. A la tête de chaque “train neige” un véhicule convoyeur ouvre la voie, guidant cinq déneigeuses équipées de larges lames pour pousser la neige. Derrières elles, un véhicule qui récupère la neige et l’éjecte hors des pistes et finalement un épandeur qui répand du formiate de potassium, équivalent du sel routier, mais moins corrosif pour les avions et plus efficace contre la glace.  “Ce produit sert à abaisser le point de congélation: là où l’eau gèle normalement à 0°C, le sel jusqu’à -5°C et le formiate protège jusqu’à -15 ou -20”, explique-t-il.  Dans les aéroports l’enjeu est crucial en cas de chute de neige et de verglas: si sur une route, les voitures peuvent adapter leur vitesse en fonction des conditions climatiques, un avion en phase de décollage ou d’atterrissage doit atteindre la vitesse de 200 km/h en toute circonstance. Les pistes longues sont déneigées en 35 à 45 minutes en moyenne et pendant la durée du déneigement, le trafic sur la piste est interrompu. Ce qui réduit les capacités de l’aéroport et peut causer la réduction du nombre de vols des compagnies.  Une centaine de vols ont ainsi été annulés mercredi matin dans les aéroports parisiens, dont une cinquantaine à Paris-Orly sur 517 sur une journée. “On n’est pas surpris par la neige”, assure Coralie Chabot, responsable du centre opérationnel en ajoutant que les entraînements ont été menés “toutes les semaines” depuis septembre.”La neige comme aujourd’hui est assez exceptionnelle et nous se sommes pas dimensionnées en termes d’équipes”, ni en termes de postes de stationnement pour les avions, conclut-elle. 

Grand froid à Paris: le Carreau du Temple mue en refuge d’urgence pour sans-abri

Dehors, le centre de Paris s’est tu sous une neige qui étouffe les bruits. Mais passées les grilles gris-vert du Carreau du Temple, le silence vole en éclats. Sous la monumentale verrière, plus de 200 enfants et adultes ont été mis à l’abri pour échapper au grand froid.Le lieu est habituellement réservé aux défilés de la Fashion Week ou aux foires d’art. À la place, mercredi, un océan géométrique de 300 lits picots bleus et verts sature l’espace, alignés au centimètre près sur le parquet de chêne clair.Alors que Paris traverse un épisode de froid critique mettant en danger les personnes à la rue, le lieu a été réquisitionné par la préfecture. A ce jour, le numéro d’urgence sociale 115 y a orienté 229 personnes: 129 membres de familles, 69 femmes isolées et 31 hommes seuls.– “Je dors sous les chaises” –Salif, 16 ans, est le premier visage de cette urgence. Collé à la vitre de l’entrée, le jeune Gambien regarde fixement les flocons. “Je n’avais jamais vu la neige”, souffle-t-il. Dans un anglais approximatif, il décrit le froid parisien comme une nouvelle épreuve. Il raconte sa route d’une traite, factuel: le Sénégal, l’Algérie, la Libye. Il remonte soudain la manche de son sweat gris pour dévoiler une épaisse balafre sur son avant-bras gauche.”Mon sang a trop coulé… les passeurs”, lâche-t-il. Aujourd’hui chauffé par des canons à air rouge vif, il balaie le dortoir géant sans s’y attarder. Il a une seule obsession : “Je veux aller à l’école. C’est ma destination”.Quelques mètres plus loin, Lydie, 47 ans, est assise au bord de son lit de camp, entourée de sacs plastiques. Revenue de Guadeloupe pour faire opérer son fils cardiaque, elle s’est retrouvée à la rue en août dernier. Sa voix est calme, pragmatique: “Quand on n’a pas d’hébergement, je vais à Roissy-Charles de Gaulle. Je dors sous les chaises”.Souffrant d’apnée du sommeil, elle traîne une lourde valise contenant son assistance respiratoire. “Dehors, je ne peux pas la brancher. Je prends des risques chaque nuit”, explique-t-elle.Ici, elle a repéré une multiprise. Pour la première fois depuis des semaines, elle dormira connectée à sa machine.Pour d’autres, l’épuisement vient du mouvement perpétuel imposé par le système d’hébergement.Dansoko, Guinéen de 35 ans, berce son nourrisson de cinq mois qui tousse.”On tourne, on tourne. Parfois c’est Mantes-la-Jolie, parfois c’est Coulommiers”, résume-t-il. La veille, il a traversé l’Île-de-France sous la neige avec deux enfants et des valises. Pourtant, il garde un objectif précis en tête, noté mentalement: “Je dois commencer une formation de cariste le 19”. Il a la date, la volonté, mais pas de toit fixe.– Le 14 janvier, le retour du réel –C’est la présence massive des enfants qui marque la gravité de la situation. Partout, des parcs à bébé dressent leurs filets noirs entre les lits de camp. Ariel Weil, le maire de Paris Centre, traverse les allées avec un constat d’impuissance technique: “Ce qui me rend dingue, c’est que ces mômes ne sont pas à l’école”, l’institution scolaire se grippant faute d’adresse stable.Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice du Centre d’action sociale protestant (CASP) qui gère le lieu, pose un regard lucide sur les chiffres du jour.”Ce n’est plus la misère classique de l’homme isolé, on a aussi des femmes seules. C’est toute la violence du système: on leur offre un répit de quinze jours, mais le 14 janvier, faute de places pérennes, la réalité du trottoir les rattrapera”, déplore-t-elle.Cette parenthèse repose sur une logistique de l’ombre.Sollicitée vendredi par la Ville, Sandrina Martins a rappelé la sécurité en urgence pour ouvrir la halle dès le lendemain. Une évidence pour la directrice générale du lieu: “Je vois ça en termes de responsabilité. Si le site est disponible, on prend notre part”.A l’entrée, la solidarité du quartier s’organise par petites touches. Des riverains déposent aux vigiles des sacs de brosses à dents ou de produits d’hygiène.Une parenthèse à durée déterminée. Le 14 janvier, la priorité économique reprendra ses droits pour le retour des salons commerciaux. Le campement sera démonté, signifiant pour la grande majorité de ces familles un retour brutal à la rue.

Crans-Montana: un drame avec une forte résonance française

Victimes, gérants, enquête “miroir”: l’incendie dans un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana, qui a fait 40 morts et 116 blessés la nuit du Nouvel An, présente de multiples composantes françaises.- Les victimesNeuf Français ont perdu la vie dans l’incendie, dont plusieurs mineurs: cinq adolescents ou hommes français âgés de 14, 17, 20, 23 et 39 ans, deux femmes françaises de 26 et 33 ans, une Franco-Suisse de 24 ans et une Franco-Israélo-Britannique de 15 ans.Le plus jeune parmi tous les morts recensés dans ce drame, toutes nationalités confondues, est un adolescent français de 14 ans, Noa.Vingt-trois ressortissants français ou binationaux ont par ailleurs été blessés, certains très grièvement.Le président Emmanuel Macron se rendra vendredi à la cérémonie d’hommage aux victimes en Suisse, où une journée de deuil national a été décrétée.- Les gérantsLes deux propriétaires du bar Le Constellation, où s’est déroulé le drame, sont un couple de Français, Jacques et Jessica Moretti.Ils sont soupçonnés d'”homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence”. Ils ont été laissés libres.Mardi, ils se sont dits “dévastés et envahis par le chagrin”. Ils ont assuré de leur “entière collaboration” à l’enquête, promettant qu’ils ne chercheraient “d’aucune façon à (se) dérober”.Selon des sources proches du dossier, Jacques Moretti, âgé de 49 ans, était connu de la justice française pour une affaire de proxénétisme: il avait été incarcéré en Savoie en 2005 puis condamné en 2008 à une peine de prison.Selon le quotidien Le Dauphiné Libéré, il était alors accusé d’avoir recruté des jeunes femmes en France pour les faire travailler dans un salon de massage de Genève. La même source indique que sa condamnation avait été assortie d’une interdiction de gérer une entreprise en France.Selon une autre source proche du dossier, Jacques Moretti a aussi été mis en cause par le passé dans sept autres affaires, notamment pour escroquerie, sans que cela ne débouche sur des condamnations.- Enquête miroirLe parquet de Paris a ouvert lundi une enquête dite “miroir” afin “d’accompagner les familles françaises”. L’idée est de leur permettre “de bénéficier d’un interlocuteur commun en France et de faciliter, si nécessaire, leurs échanges avec les autorités suisses”, a expliqué la procureure de Paris Laure Beccuau dans un communiqué.Sur franceinfo, elle a précisé que “face à ce parcours de deuil que certaines familles allaient devoir entamer, face à ce parcours de souffrance qu’allaient avoir de nombreuses victimes”, il ne fallait pas ajouter “au traumatisme (…) l’incompréhension d’un processus judiciaire”.Mme Beccuau a souligné que les autorités judiciaires suisses restaient les seules compétentes pour enquêter “sur le déroulement des faits et la recherche de toute responsabilité”.Cette enquête miroir “n’a pas pour objet d’aboutir à un procès en France, en l’état des éléments judiciaires que nous avons”, a-t-elle précisé.- Entraide internationaleLa procureure de Paris a souligné que le pôle accidents collectifs de son parquet, qui a ouvert l’enquête miroir, avait “une compétence technique”. “Dès que nous aurons des actes de demande d’entraide pénale internationale (de la part de la Suisse), nous y répondrons immédiatement”, a affirmé Mme Beccuau. “Si les autorités suisses nous demandent, par exemple, d’investiguer sur le parcours des personnes susceptibles d’être mises en cause parce qu’elles sont françaises, parce qu’elles ont des liens en France, parce qu’elles ont encore des sociétés en France, nous l’accomplirons de façon extrêmement rapide et efficiente”, a-t-elle promis.- Des précédentsLa procureure de Paris a indiqué que son parquet avait “une coopération parfaite” avec les autorités judiciaires suisses.”La coopération avec les autorités judiciaires helvétiques est totale. On en a eu plusieurs exemples” par le passé comme dans l’affaire Philippine, une étudiante de 19 ans dont le corps avait été découvert enterré dans le bois de Boulogne à Paris, en septembre 2024, a rappelé Mme Beccuau.Le suspect, Taha O., qui avait fui en Suisse, avait été arrêté à Genève peu après, et extradé “très rapidement”, en novembre 2024, a-t-elle noté.