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PMA, IA et autres questions sensibles: lancement des Etats généraux de la bioéthique

Comment concilier “science, santé, solidarités” ? La résolution de cette équation sera au cœur de multiples débats ces prochains mois sur des sujets sensibles comme l’extension de la PMA, l’impact de l’intelligence artificielle ou de l’environnement lors des Etats généraux de la bioéthique, lancés mercredi.Cet exercice de démocratie sanitaire, piloté par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et d’une durée de six mois, doit éclairer les enjeux de la future loi bioéthique, attendue après la présidentielle de 2027 pour réviser le texte de 2021. “La science a encore énormément progressé, le modèle de solidarité intergénérationnelle est questionné dans une France qui vieillit, les solidarités constituent un enjeu majeur”, déclare à l’AFP Jean-François Delfraissy, président du CCNE. Et “la bioéthique n’est pas figée”: son champ s’élargit progressivement face aux transformations multiples.Examens génétiques et médecine génomique, neurosciences, cellules souches et organoïdes, transplantations d’organes et xénogreffes, procréation, numérique, IA et santé, santé, environnement et climat: les états généraux vont revisiter de grandes thématiques présentes lors de l’édition précédente.Trois autres font leur apparition: nouveaux enjeux de la prévention, sobriété en médecine -jusqu’où traiter?-, enjeux sanitaires spécifiques à l’Outremer.Car, la bonne santé ne se résume pas à la maladie et son traitement, “80% se joue ailleurs, dans les déterminants sociaux, la malbouffe, le changement climatique…”, note le Pr Delfraissy.Sur tous les sujets, “les Etats généraux vont mettre en tension deux grandes valeurs éthiques. D’un côté, l’autonomie, dans un sens de liberté individuelle et dans une vision un peu anglo-saxonne, et de l’autre, la solidarité à l’égard des plus fragiles”, pointe-t-il.Citoyens, experts, associations, institutions, religions: la consultation sera large. Une place accrue sera accordée aux jeunes (journée des lycéens pour 300-400 classes de terminale, débats avec des étudiants en médecine et en droit, formats dédiés sur Instagram et TikTok, etc), et aux territoires.- “Temps d’écoute”-Les échanges et contributions, qui nourriront un rapport de synthèse en juin, emprunteront plusieurs canaux: environ 200 auditions nationales, quelque 400 débats citoyens en régions, “comité citoyen” formé d’un échantillon représentatif de la population jeune, plateforme de contributions en ligne ouverte à tous…”Dans un contexte national et international que nous n’aurions pas imaginé il y a quelques années” et dans une atmosphère plus défiante envers la science et plus polarisée dans la société, les États généraux ouvrent “un temps d’écoute bienveillante de positions différentes sur des sujets difficiles, pour tenter de sortir le meilleur dans une vision collective”, insiste le président du CCNE.Face à la chute de la natalité, les questions sensibles autour d’une extension de la procréation médicalement assistée promettent, entre autres, de susciter des prises de positions divergentes.L’ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples de femmes avait ainsi été l’un des sujets polémiques lors des précédents Etats généraux, en 2018. La Manif pour tous était alors remontée au créneau, cinq ans après les manifestations contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels.Sur le potentiel recours à une “mère porteuse” ou GPA (gestation pour autrui), pratique interdite en France, “des associations nous demandent déjà d’être entendues: des contre la GPA, et des pour”, glisse le Pr Delfraissy.Outre son rapport de synthèse des Etats généraux, qui se veut neutre, le CCNE publiera à l’automne un avis sur les priorités de la révision législative.Il reviendra ensuite aux politiques de construire la future loi de bioéthique, attendue seulement après la prochaine élection présidentielle.De son côté, le Parlement a entamé fin 2025 des auditions en vue de cette révision législative, via l’Office parlementaire de l’évaluation des choix scientifiques et technologiques et la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la baisse de la natalité.Les premières lois de bioéthique datent de 1994, suivies d’autres évolutions par paliers: une première révision en 2004, avant celles de 2011, puis de 2021. La prochaine ne devrait pas voir le jour avant 2028.

Loi fin de vie: le Sénat se penche sur l’aide à mourir, la droite monte au créneau

Maintes fois reportée, la réforme de la fin de vie a fait son retour mardi au Sénat, où la droite, très réticente sur la création d’un droit à l’aide à mourir, compte réduire nettement la portée du dispositif adopté à l’Assemblée nationale.”Un texte d’abandon”: à l’ouverture de ces débats très sensibles, le président des Républicains Bruno Retailleau a résumé la position d’une grande partie de la droite, majoritaire à la chambre haute avec ses alliés centristes.”Le risque, c’est qu’il devienne demain plus facile de demander la mort que d’obtenir un soin”, s’est inquiété le sénateur de Vendée, assurant qu’il s’opposera à cette réforme synonyme pour lui de “rupture anthropologique”.Les débats s’étireront pendant une semaine, avant un vote solennel prévu le mercredi 28 janvier à 16H30. Ils s’annoncent imprévisibles et serrés, même si les premiers votes, mardi soir, ont laissé présager un rapport de force favorable aux sénateurs les plus réservés, voire aux opposants du texte.Nourrie de nombreuses réflexions et travaux, la proposition de loi du député Olivier Falorni légalise un dispositif très encadré de suicide assisté et – dans certains cas – d’euthanasie, même si ces mots de figurent pas noir sur blanc dans le texte.Largement soutenue à l’Assemblée nationale au printemps 2025, son examen au Palais du Luxembourg a été plusieurs fois reporté en raison de l’instabilité politique.Si cette réforme majeure du second quinquennat d’Emmanuel Macron aboutissait, la France rejoindrait d’autres pays ayant légiféré sur la question, comme les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, le Canada.- Long chemin parlementaire -Le président de la République a promis d’aller “au bout du travail législatif” dès cette année, ce qui nécessitera encore plusieurs aller-retours entre Sénat et Assemblée nationale.L’examen du texte au Sénat n’est donc qu’une étape préliminaire. Mais cette discussion va permettre d’observer le fossé qui sépare les députés des sénateurs dans leur vision de cette réforme d’ampleur.Les premiers avaient opté pour la création d’un “droit à l’aide à mourir” accessible aux malades atteints d’une maladie incurable en “phase avancée” ou “terminale”, une rédaction jugée “équilibrée” par la ministre de la Santé Stéphanie Rist.Les seconds se dirigent eux vers une refonte profonde du dispositif, transformé en une “assistance médicale à mourir” réservée aux malades dont le pronostic vital est engagé “à court terme”, soit potentiellement de quelques jours seulement. Le spectre des personnes éligibles serait donc extrêmement restreint. La gauche et quelques centristes ont regretté ce ciblage sur les malades “à l’agonie”: ce serait “vider le texte de sa substance” et “faire semblant d’avancer”, a regretté la sénatrice socialiste Annie Le Houérou. En résumé, “une loi pour rien ou pas grand chose”, selon l’auteur du texte, Olivier Falorni.Mardi soir, le rétablissement des critères votés à l’Assemblée nationale a été repoussé à 18 voix près, donnant un premier signal des rapports de force au Sénat. L’article-phare du texte, qui définit précisément le dispositif et ses modalités, doit être mis au vote mercredi après-midi.L’issue du texte reste imprévisible, car la droite sénatoriale oscille entre deux stratégies: celle de rejeter en bloc le texte, quitte à ce que le gouvernement donne le dernier mot à l’Assemblée nationale, ou celle d’amoindrir au maximum le dispositif avec de nombreux garde-fous pour tenter de peser sur le débat.- “Droit de tuer” ? -Les sénateurs LR ont confirmé leur vive opposition, certains allant jusqu’à craindre la légalisation d’un “droit de tuer”, suscitant d’importantes protestations à gauche.”Partout où la loi a été votée, la brèche s’est ouverte”, a fustigé Francis Szpiner (LR), redoutant à terme que “l’euthanasie” concerne “les mineurs, les personnes âgées”.Au contraire, “ce texte n’organise pas la mort, il encadre une ultime et respectueuse protection”, a plaidé le chef des sénateurs PS Patrick Kanner.Les débats dépassent largement les murs du Palais du Luxembourg, avec des prises de position multiples d’associations, militants, syndicats de soignants et autres représentants des cultes, ces derniers ayant publiquement rappelé leur hostilité.Plusieurs milliers d’opposants ont aussi manifesté dimanche à Paris dans le cadre de la “marche pour la vie”, et une quinzaine d’entre eux s’est réunie devant le Sénat mardi soir, brandissant des pancartes appelant à “des soins, pas l’euthanasie”.Une autre proposition de loi plus consensuelle sur les soins palliatifs sera examinée en parallèle dans les prochains jours.

Deux chasseurs condamnés après avoir tué un cerf sur la propriété de Luc Besson

Deux chasseurs jugés pour avoir abattu un cerf sur la propriété du réalisateur Luc Besson ont été condamnés mardi à un stage de sensibilisation, au retrait de leur permis de chasse et à plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêts.Le 21 février 2025, les deux pères de famille étaient entrés sur la propriété du réalisateur du Grand Bleu à Cisai-Saint-Aubin (Orne) lors d’une chasse, poursuivant un cerf avec une meute de chiens jusqu’à la terrasse de la maison.L’un d’eux avait ensuite tué l’animal à coups de dague alors que l’autre tenait ses bois, sous les yeux de la mère de Luc Besson qui filmait la scène, puis laissé le cerf mort sur sa terrasse.Les deux hommes ont été déclarés coupables de “chasse non autorisée sur le terrain d’autrui” et “chasse à l’aide d’un engin, instrument, mode ou moyen prohibé”.Ils ont été condamnés à un stage de sensibilisation à la réglementation et la sécurité de la chasse, pris en charge par l’Office français de la biodiversité (OFB), et au retrait de leurs permis de chasse pendant un an avec exécution provisoire.Les deux hommes, qui ont refusé de parler à la presse, sont également condamnés à 600 euros d’amende (doublée pour l’auteur du coup de couteau), et à payer solidairement 3.000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles, les associations Stéphane Lamart et Aspas (Association pour la protection des animaux sauvages).Luc Besson et sa mère ont obtenu l’euro symbolique de dommages et intérêts qu’ils réclamaient.Dans sa motivation, le tribunal a estimé que le cerf “n’était pas blessé mortellement” avant l’arrivée sur la terrasse des deux chasseurs, qui s’étaient justifiés en prétendant avoir achevé l’animal pour mettre fin à ses souffrances.Selon le tribunal, les deux hommes auraient dû faire reculer les chiens, appeler l’OFB et mettre en sécurité l’habitante des lieux.Sur X, Luc Besson s’est félicité de la condamnation des deux chasseurs en disant espérer qu’elle les “fera réfléchir quant à la cruauté de leur geste”. “Comme le tribunal l’a souligné, le cerf n’était pas mortellement blessé avant leur acte barbare. Puisse ce jugement servir d’exemple”, a poursuivi le cinéaste.A l’audience, le 9 décembre 2025, il avait accusé les deux chasseurs d’avoir “tué l’animal comme des sauvages en rentrant chez une dame de 85 ans sans rien lui demander”. “Ce cerf vient dormir dans le jardin parce que c’est +safe+ (sûr, ndlr) pour lui. Ils ont enfreint les règles de sécurité pour aller massacrer un cerf”, avait-il ajouté.

Syria government agrees new truce with Kurdish forces

Syria’s government and the Kurdish-led Syrian Democratic Forces agreed a new ceasefire on Tuesday as Washington said the SDF’s purpose in fighting Islamic State group jihadists was largely over.The announcement came after the army sent reinforcements to the Kurds’ Hasakeh province stronghold in the northeast, and Kurdish forces withdrew from the Al-Hol camp which houses …

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Redressement fiscal en vue pour Castel, sur fond de dissensions

Castel, géant des boissons, est “dans le collimateur” du fisc français avec un “redressement” pouvant atteindre le milliard d’euros, a déclaré mardi le dirigeant de sa branche vins, rapidement désavoué par sa maison-mère, qui évoque des “éléments inexacts”, sur fond d’affrontement au sommet du groupe.”Bercy a le groupe Castel dans le collimateur. Il a mené une enquête sur plusieurs années”, a déclaré au quotidien régional Sud Ouest Alain Castel, neveu du fondateur du groupe bordelais, le milliardaire Pierre Castel (99 ans). Ce redressement “est +pré-lancé+. Le chiffre d’un milliard d’euros est évoqué. C’est colossal mais, s’il le faut, on paiera”, a-t-il ajouté, évoquant “l’opportunité” de remettre “tout ça d’aplomb”.Ce montant, avancé par le magazine Challenges, n’est qu’une “supposition”, a nuancé Castel Vins dans un communiqué transmis à l’AFP, ajoutant qu’il “représente une fourchette très haute”. Symbole du conflit ouvert entre la famille Castel et l’actuel directeur général de la principale holding du groupe, les propos d’Alain Castel ont poussé DF Holding, maison-mère de Castel Vins, à réagir.”DF Holding s’étonne qu’une de ses filiales, Castel Vins, ait communiqué publiquement sur des sujets qui relèvent exclusivement de la sphère du groupe et présentent, par ailleurs, un caractère confidentiel”, a écrit la structure dirigée par le Suisse Gregory Clerc.- “Peur” et “menace” -“DF Holding s’étonne également qu’une filiale se permette aussi de conjecturer sur d’éventuels montants de régularisations, alors même qu’ils relèvent de la compétence exclusive de l’administration concernée”, a ajouté la société, dont le chiffre d’affaires a atteint 6,5 milliards d’euros en 2024.La perspective d’un redressement fiscal avait été mentionnée par Gregory Clerc dans un récent courrier interne, consulté par l’AFP, où le directeur général évoquait “le lancement de plusieurs chantiers de régularisation fiscale et sociale” depuis 2024, dont un “dossier majeur” avec le fisc français “relatif à des périodes antérieures à (s)a prise de fonctions”.Nommé en octobre 2023 à la tête de DF Holding, cet avocat fiscaliste helvète avait auparavant défendu Pierre Castel, à titre privé, dans un litige fiscal en Suisse. Le fisc genevois a condamné le milliardaire français, exilé en Suisse depuis 1981, à verser plus de 350 millions d’euros pour avoir omis de déclarer une partie de sa fortune pendant plusieurs années.Alain Castel a dénoncé dans Sud Ouest “la captation du pouvoir” par M. Clerc, qui “ne rapporte à personne et manage par la peur et la menace”. La société qu’il dirige, Castel Vins, a pour sa part assuré que le redressement à venir faisait suite à une demande de “régularisation volontaire” engagée non pas par M. Clerc mais par “l’ancienne gouvernance” en 2022.- “Éléments inexacts” -En réponse, DF Holding a maintenu sa version: “la procédure de régularisation a bien été engagée auprès de l’administration en 2024”, a dit la société, dénonçant “des éléments inexacts, tant s’agissant des faits que des dates évoqués”.Le point à régulariser avec le fisc français, selon Castel Vins, concerne la localisation du centre de décision du groupe.”DF Holding relève du droit luxembourgeois. À la suite de cet établissement (au Luxembourg), pendant une période les principales équipes sont restées en activité en France. Il a été établi que le siège effectif était pendant ce temps-là en France. Le dossier vise à la régularisation des impôts dus sur cette période en France”, a expliqué la société.Un autre dossier, “dissocié” de cette procédure fiscale, concerne une enquête menée entre 2022 et 2025 par l’Office national antifraude (Onaf), qui a remis les éléments obtenus au Parquet national financier (PNF), a précisé Castel Vins, disant en attendre “les conclusions”.Le groupe Castel, connu en France pour ses marques Baron de Lestac, Listel, Kriter ou encore les cavistes Nicolas, et en Afrique pour ses bières, traverse une profonde crise de gouvernance.Le 8 janvier, la famille du fondateur a tenté, en vain, de révoquer Gregory Clerc lors d’une assemblée générale extraordinaire à Singapour, où siège la holding de tête du groupe, mais espère y parvenir lors d’une prochaine nouvelle assemblée.

“Autour de 20 milliards d’euros” d’exportations d’armements français en 2025 (ministre)

Les exportations françaises d’armements devraient s’établir en 2025 “autour de 20 milliards d’euros”, s’approchant des 21,6 milliards enregistrés l’année précédente, a annoncé mardi la ministre des Armées Catherine Vautrin.”Pour 2025, nous devrions, comme en 2024, enregistrer autour de 20 milliards d’euros de prises de commandes à l’export, dont un tiers sur le continent européen”, a déclaré Mme Vautrin en présentant ses voeux.Si ce montant est confirmé, il s’agira de la troisième meilleure performance annuelle pour l’industrie française de défense après 2022 et 2024, alors que les dépenses militaires mondiales ne cessent de croître, particulièrement en Europe.La ministre n’a pas précisé quelles commandes avaient contribué à ce résultat. En 2025, L’Inde a notamment signé un contrat pour acquérir 26 avions de combat Rafale pour sa marine, la Grèce acquis une quatrième frégate de défense et d’intervention (FDI), la Roumanie des missiles anti-aériens Mistral, la Croatie des canons Caesar.”Sans export, il n’y a pas d’autonomie stratégique crédible. C’est pourquoi le sujet à l’export n’est pas un sujet périphérique, c’est un élément pivot de notre système de défense”, a plaidé Mme Vautrin.La France a elle pour sa part passé commande pour 38 milliards d’euros, “dont 80% concernent notre base industrielle technologique de défense”, selon la ministre, citant notamment le porte-avions de nouvelle génération (PANG), les futurs sous-marins lanceurs d’engins (SNLE3G) ou une évolution du missile nucléaire M51.

Mort d’un étudiant après une soirée d’intégration à Lille: relaxe générale requise

Une relaxe générale a été requise mardi pour trois étudiants jugés à Lille pour bizutage ou complicité après la mort d’un étudiant en marge d’une soirée d’intégration alcoolisée en 2021, ainsi que pour les autres prévenus, dont l’Université de Lille.La décision est attendue le 18 février à 14H00. Le procureur a estimé que les investigations n’avaient pas permis d’établir que la victime de 19 ans, Simon Guermonprez, était ivre au moment des faits, ni qu’il avait été contraint de consommer de l’alcool, ni qu’il ait subit des actes humiliants ou dégradants. La relaxe a également été requise pour l’Université de Lille, qui avait été citée directement à comparaître par la famille pour homicide involontaire et bizutage, ainsi que pour le chauffeur du poids lourd impliqué dans l’accident mortel. Simon Guermonprez, admis en deuxième année de médecine à Lille, participait le 8 juillet 2021 à une soirée d’intégration organisée par des étudiants plus âgés. À l’issue de la soirée, déposé vers minuit en Uber devant le domicile de ses parents dans la métropole lilloise, le jeune homme s’est ensuite rendu sur un pont surplombant l’autoroute A27.Selon l’enquête, il a pris un selfie avant d’être mortellement percuté par un camion circulant sur l’autoroute en contrebas, possiblement en tentant de récupérer son téléphone tombé sur les voies.Le chauffeur du poids lourd, poursuivi pour homicide involontaire, a affirmé à l’audience que le jeune homme se trouvait sur la bande d’arrêt d’urgence avant de se “jeter” sous son véhicule. “Je n’ai pas eu le temps de piler, il s’est jeté”, a déclaré à la barre le prévenu de 50 ans. Daniel Guermonprez, le père de la victime, rejette lui la thèse d’un suicide: “Il n’y a rien de rationnel à ce que Simon reparte vers ce pont autoroutier”, a-t-il déclaré, estimant que la “seule conclusion” possible est que son fils était “désorienté à cause de l’alcool”. La présidente du tribunal a détaillé l’organisation de la soirée, organisée par un groupe d’étudiants baptisé “Les Borgia”, dont faisaient partie les trois prévenus étudiants. Le rendez-vous avait été fixé à la citadelle de Lille à 20H00, avant un déplacement vers un appartement. Des équipes étaient chargées de l’accueil, de la préparation des boissons, de la communication et il existait une équipe “PLS” chargée de l’assistance aux étudiants en difficulté.- “Soirées non contrôlées” -Selon les éléments de l’enquête exposés à l’audience, les étudiants admis en deuxième année choisissaient de consommer de l’alcool ou non: ceux qui refusaient se voyaient apposer la mention “H2O” sur le front, tandis que ceux qui acceptaient portaient une “cible”, comme Simon Guermonprez. Des seringues de 50 à 60 ml étaient utilisées pour servir les boissons alcoolisées. Aucun des trois prévenus n’a reconnu avoir administré de l’alcool à la victime.À la barre, en larmes, une étudiante qui faisait partie de l’organisation de la fête a assuré que la mort de Simon avait “traumatisé beaucoup de monde”. “On fait des études de médecine, notre but est de sauver des gens”, a-t-elle déclaré, exprimant sa “tristesse” pour la famille, comme les deux autres prévenus.”Nos enfants ne choisissent pas la médecine pour être embarqués dans des soirées risquées puisque non contrôlées et non sécurisées”, a déclaré à la presse Daniel Guermonprez, appelant à “éradiquer ces moeurs insensées en faculté de médecine”.Dans ce dossier “il n’y a rien”, a plaidé Me Quentin Lebas, l’avocat de l’Université de Lille. “Ce n’est pas un dossier de bizutage” et “l’Université n’a commis aucune négligence”, a-t-il estimé, soulignant que cette soirée s’était déroulée “sans alcoolisation massive” et en dehors du campus.En 2022, un rapport de l’IGESR (Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche) avait conclu qu’il ne pouvait être exclu que le décès de Simon soit relié à d’autres facteurs que cette soirée étudiante, mais qu’il était “très difficile” de le considérer comme indépendant, “en raison de la concomitance des événements et de l’alcoolisation attestée de l’étudiant”.