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Un budget “à portée de main”? Le gouvernement appelle à un dernier effort

Le gouvernement a appelé mardi les députés à un “dernier effort” en vue d’un compromis autour du budget de l’Etat, de retour à l’Assemblée où une majorité semble toujours inatteignable et un recours au 49.3 difficile à éviter.Un moment décisif pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, de nouveau sous la menace d’être censuré, fragilisé par une crise agricole, et qui joue sa crédibilité.”Le budget est à portée de main. L’urgence est de s’accorder sur le fond. Un dernier effort est nécessaire”, a lancé le ministre de l’Economie Roland Lescure aux députés, à l’ouverture de la nouvelle lecture du projet de loi de finances.Après “les centaines d’heures de débats” et l’examen de “plusieurs milliers d’amendements”, il est “l’heure” de “faire aboutir” les discussions, a souligné à sa suite la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.Elle a listé “trois grands sujets” sur lesquels l’Assemblée doit encore “rapprocher ses positions”. D’abord, sur le financement des collectivités, dont l’examen des articles a commencé dans la soirée, appelés en priorité par le gouvernement. Puis sur “les dépenses d’avenir”, l’enseignement, la recherche, la transition écologique ou encore le logement. Et enfin sur le pouvoir d’achat, “pour mieux protéger les plus modestes”.Trois priorités détaillées par le groupe socialiste dans ses négociations avec le gouvernement dont la clémence est cruciale pour la survie du gouvernement.- Vers le 49.3 ? -Mais si l’exécutif continue d’afficher sa volonté d’aboutir à un accord, un vote dans l’hémicycle semble toujours aussi improbable. Le Rassemblement national d’un côté, la France insoumise, les écologistes et les communistes, de l’autre, ont redit leur opposition au texte.Ainsi le recours à l’article 49.3 de la Constitution ou aux ordonnances semble quasi inéluctable pour doter la France d’un budget. Une partie de la classe politique presse le gouvernement d’abréger les débats en recourant rapidement à l’article constitutionnel qui lui permet de faire adopter un texte sans vote mais l’expose à une motion de censure.Mais Sébastien Lecornu “veut traîner le plus longtemps possible”, confie à l’AFP l’un de ses proches. Recourir au 49.3 serait un “échec” pour lui qui s’était initialement engagé à ne pas l’activer, et “s’il l’utilise, c’est qu’il est allé jusqu’au bout ”.Il faut y avoir recours “le plus tôt possible”, et éviter de “s’abîmer dans des discussions dont on sait hélas qu’elles n’aboutiront pas”, a appelé le député MoDem Jean-Paul Mattei en conférence de groupe.L’exécutif semble, pour l’heure, privilégier la première option.Ainsi en début de soirée, les députés ont commencé à examiner les premiers articles sur le financement des collectivités. Contre l’avis du gouvernement, et à l’initiative de La France insoumise, l’Assemblée a voté pour indexer la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales sur l’inflation, afin de couvrir la hausse de leurs dépenses. En 2026, cela signifierait une augmentation de 1,3% de cette dotation soit une hausse de 248 millions d’euros.- Tracteurs -Au même moment, à l’extérieur du Palais Bourbon, des centaines d’agriculteurs mobilisés depuis la matinée avec leurs tracteurs continuaient d’occuper les devants de l’Assemblée. La promesse de Sébastien Lecornu d’une “loi d’urgence agricole” examinée avant l’été pour tenter de calmer la colère agricole en France n’a pas convaincu la FNSEA de lever le camp. Le Premier ministre a peu à craindre de deux motions de censure du Rassemblement national et de La France insoumise, sur la question de l’accord de libre-échange Mercosur, depuis que les socialistes ont affiché leur intention de ne pas voter ces motions qui devraient être examinées mercredi.Mais sur le budget, il devra composer avec leurs demandes sans braquer la droite, qui a réaffirmé son refus d’augmenter les impôts et son attachement à réduire les dépenses.En début de soirée, Amélie de Montchalin a évoqué plusieurs points sur lesquels le gouvernement était prêt à bouger pour tenter de trouver un terrain d’entente avec la gauche. Elle a cité, pêle-mêle, la réduction d’économies prévues sur l’enseignement, la recherche, l’économie sociale et solidaire, ou encore sur les APL, les bourses, la prime d’activité, sans en préciser les montants.Mais ces limitations d’économie doivent s’inscrire dans un cadre, a précisé la ministre, cette fois en direction de la droite: la réduction du déficit à 5% du PIB (contre 5.4% en 2025) et un taux de prélèvements obligatoires qui reste inférieur à ce qu’il était en 2019, soit 44% du PIB.Les efforts demandés devront également provenir pour moitié d’une baisse des dépenses, et au maximum pour moitié d’une hausse de la fiscalité, a-t-elle prévenu.  bur-are-sl-od-cma/jmt/bfi

Les agriculteurs passeront la nuit devant l’Assemblée malgré l’annnonce d’une “loi d’urgence agricole”

Une nuit dans leurs tracteurs: la FNSEA a annoncé rester jusqu’à mercredi matin devant l’Assemblée nationale malgré la “loi d’urgence agricole” promise par le Premier ministre dans la journée pour tenter de calmer la colère des agriculteurs. “On a décidé, après consultation des délégations, de rester ici pour la nuit”, a déclaré mardi soir Damien Greffin, l’un des vice-présidents de la FNSEA, afin de “mener un dernier combat”. Entre la fatigue et la déception, le désarroi était palpable dans la soirée, dans les rangs des manifestants.Ici, un groupe discute sur des tabourets improvisés en paille, au pied de leurs tracteurs ; là, un barbecue improvisé et du boudin grillé sur les quais de Seine, sous le regard amusé de joggeurs nocturnes.- Déçus et fatigués -Qu’est-ce que cela change d’y rester la nuit? “Peut-être rien. Sûrement rien, mais on espère quelques trucs quand même”, dit à l’AFP Paul Dherouville, céréalier vers Saint-Lys (Occitanie).”C’est une façon d’affirmer notre position, nos revendications. Partir maintenant, ce serait déposer les armes”, confie-t-il à l’AFP sans savoir s’il monte dans son tracteur pour dormir ou reste dehors avec les autres profitant d’une nuit parisienne étonnamment clémente. “Franchement, je ne pense pas qu’il y aura plus de résultats. On est dans l’attente. On est un déçus. Fatigués aussi”, abonde Audrey Roubault, céréalière de Fontainebleau.  Portant un foulard “agriculteurs en colère”, le chanteur Francis Lalanne est venu de Bruxelles se joindre au mouvement “par solidarité” et pour rendre hommage à ses “grands-parents agriculteurs”. Plus tôt dans la journée, Sébastien Lecornu a pourtant annoncé “une loi d’urgence agricole” portant sur “plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production”. “Ce texte sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été”, a promis le Premier ministre.”Ces annonces montrent que les propositions du réseau FNSEA résonnent auprès des décideurs publics”, a indiqué le syndicat dans un communiqué tout en ajoutant que la mobilisation se poursuivait.  Parmi la base des délégations agricoles, beaucoup ont exprimé leur volonté de rester pour poursuivre les négociations et maintenir le rapport de force. Devant ses troupes, le vice-président de la FNSEA a affirmé mardi soir vouloir “remonter au créneau” sur le “sujet de trésorerie, actuellement en discussion”. Mardi, Sébastien Lecornu a également affirmé qu’un “cap clair” sur la politique de l’eau serait par ailleurs “fixé d’ici le salon” de l’Agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars, et demandé, avant la présentation du projet de loi, un “moratoire sur toutes les décisions relatives” à cette question de l’eau et la suspension des “textes fixant les volumes d’eau prélevables (…) jusqu’à septembre”. Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier “les possibilités de dérogation” à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais par les agriculteurs. Cela s’ajoute à un paquet de “300 millions d’euros” annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d’autres déjà égrainées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.- Divergences syndicales -Les annonces de mardi répondent quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole et dont les sections locales du grand bassin parisien -qui va jusqu’au Pas-de-Calais- ont lancé leurs tracteurs sur Paris.Entrés à l’aube dans Paris, les tracteurs ont descendu les Champs-Elysées avant de s’établir devant l’Assemblée nationale, avec duvets et matelas. Mardi, plus de 350 tracteurs selon les autorités, 500 selon les manifestants, ont stationné aux abords de l’Assemblée nationale, et les agriculteurs présents ont aussi déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur le pont de la Concorde: cadeau aux Parisiens.- “Noyer le poisson” -Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale n’ont pas suffi à calmer la colère.La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X “la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations”, en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.”Le Premier ministre se moque des paysannes !!”, a pour sa part dénoncé la Conférération paysanne dans un communiqué mardi soir en estimant que demander “une loi spéciale” revenait à “noyer le poisson”.Ravivée par la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest, la contestation est nourrie par la signature prévue samedi au Paraguay de l’accord de libre-échange UE-Mercosur et plus largement par un ras-le-bol général d’une profession confrontée directement aux aléas climatiques et économiques.bur-sb-mdz-cho-are-hrc-mca-neo/jbo/bfi

Trump warns of ‘very strong action’ if Iran hangs protesters

US President Donald Trump warned Tuesday of unspecified “very strong action” against Iran if its authorities go ahead with the threatened hanging of some protesters, as international outrage grew over a crackdown that one rights group said has likely killed thousands.Iranian authorities insisted they had regained control of the country after successive nights of mass …

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Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans: la proposition de loi réécrite

La proposition de loi sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, portée par le groupe de Gabriel Attal à l’Assemblée nationale, a commencé a être étudiée en commission mardi, où elle a été profondément réécrite après un avis critique du Conseil d’Etat.La rapporteure Renaissance du texte, Laure Miller, a elle-même proposé une refonte totale de l’article premier du texte, central, qui a été adoptée par les députés de la commission des Affaires culturelles.La suite du texte continuera à être examinée en commission mercredi. Il doit ensuite arriver dans l’hémicycle le 26 janvier. Le texte initial indiquait que les plateformes devaient “refuse(r) l’inscription à leurs services des mineurs de quinze ans”.Mais le Conseil d’Etat a estimé, dans un avis consulté par l’AFP, que cette formulation pourrait soulever “des difficultés au regard du règlement sur les services numériques” (DSA), c’est-à-dire du droit européen. Celui-ci ne permet pas aux États membres “d’imposer de nouvelles obligations aux plateformes”, a expliqué Mme Miller. Mais par “un artifice de rédaction, en changeant la formulation, on arrive quand même finalement à leur imposer cette contrainte”. Le nouveau texte indique donc, comme suggéré par le Conseil d’Etat, qu'”il est interdit au mineur” de quinze ans et moins “d’accéder à un service” de réseaux sociaux. Par ricochet, en vertu du réglement européen, les plateformes “ne respectant pas l’interdiction d’accès aux mineurs de moins de quinze ans seraient donc sanctionnées”, a expliqué Mme Miller. Le Conseil d’Etat s’est par ailleurs inquiété qu’une interdiction générale s’applique également à des réseaux sociaux ne présentant “aucun risque sur la santé et la sécurité des mineurs”, comme des services “d’entraide” ou à “dimension éducative”.Le dispositif finalement adopté propose donc une solution à deux étages. D’une part l’interdiction serait totale pour les réseaux sociaux susceptibles de nuire à l'”épanouissement physique, mental ou moral” des mineurs. Ceux-ci seraient listés par décret, après avis de l’Arcom. Il pourrait s’agir notamment des réseaux comme TikTok, Snapchat, Instagram et X, selon Laure Miller. D’autre part, les autres réseaux sociaux seraient eux soumis à une autorisation parentale. Le député socialiste Arthur Delaporte a salué cette réécriture: “Ce n’est plus, stricto sensu une interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, mais une interdiction des réseaux sociaux dangereux”, a-t-il souligné, émettant malgré tout des doutes sur l’applicabilité du dispositif.Par ailleurs, le texte ne comporte plus de couvrefeu numérique entre 22H00 et 08H00 pour les 15-18 ans, une mesure jugée sans “justification suffisante” par le Conseil d’Etat.Ce texte est l’une des nombreuses initiatives sur le sujet: en plus d’un texte sénatorial, un projet de loi concurrent a été présenté par le gouvernement.

Possible monnaie d’échange contre Kohler et Paris, l’Iranienne Esfandiari cautionne les massacres du 7-Octobre

Jugée à Paris pour apologie du terrorisme, l’Iranienne Mahdieh Esfandiari, possible monnaie d’échange avec Téhéran contre les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, a cautionné mardi les publications en ligne sur les massacres commis par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël pour lesquels elle est poursuivie. Née en Iran et arrivée en France en 2018 où elle a fait un master avant de monter une entreprise de traduction et interprétariat, cette femme aujourd’hui âgée de 39 ans est poursuivie, avec quatre autres coprévenus, pour des publications en 2023 et 2024, notamment sur les plateformes Telegram, X, Twitch et YouTube et le site Egalité et réconciliation de l’essayiste d’extrême droite multicondamné Alain Soral.Au premier jour du procès, juste avant le début de l’audience, la prévenue, vêtue d’une longue robe sur un jean et d’un foulard, a assuré vouloir dissiper les “mensonges” à son sujet.Le 30 octobre 2023, le parquet de Paris avait reçu un signalement du ministre de l’Intérieur sur un compte Telegram @Axe_de_la_Résistance, faisant l’apologie de l’attaque menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive.Selon les juges d’instruction qui l’ont renvoyée en procès, Mahdieh Esfandiari a occupé une “place centrale dans l’organisation Axe de la Résistance” et “secondé” Maurizio Busson, un ancien étudiant de l’université Al-Mustafa de Qom en Iran qui en était le principal organisateur. Il est jugé à ses côtés.Alors qu’elle a effectué près de huit mois de détention provisoire, elle comparaît notamment pour apologie d’un acte de terrorisme commis en ligne et provocation directe en ligne à un acte de terrorisme, des délits passibles de sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende.Parmi les nombreux propos qui lui sont reprochés: avoir publié la phrase “Une attaque qui fait le bonheur de milliards de gens dans le monde…” en référence aux massacres du 7-Octobre; avoir remercié “ceux qui ont soutenu la Résistance (…) Et à leur tête la République islamique d’#Iran” ou, un an plus tard, avoir célébré notamment avec des émoticônes l’anniversaire de l’attaque perpétrée par le Hamas.- Admiratrice des gardiens de la Révolution -A la barre, cette admiratrice des gardiens de la Révolution, qui a traduit en français des ouvrages publiés par une maison d’édition rattachée au régime iranien, reconnaît avoir été à l’origine de la chaîne Axe de la Résistance, mais conteste être l’autrice des publications. Ce qui ne l’empêche pas de défendre les massacres.”Notre vision de l’impérialisme est un peu différente de votre vision”, affirme-t-elle dans un français quasi-parfait, évoquant la “colonisation” et “la guerre menée par les Etats-Unis ou son allié Israël”. “Notre chaîne avait pour mission d’éclairer les gens sur les enjeux politiques dans cette région”.Au fil de l’audience et des questions, elle devient de plus en plus virulente.”Il y a eu des enfants tués, des femmes tuées, des prises d’otage du côté palestinien et le 7-Octobre, c’était une réponse logique”, estime-t-elle encore. “Ce n’est pas un acte de terrorisme, c’est un acte de résistance”, poursuit-elle, n’hésitant pas à affirmer qu’aucune enquête internationale n’avait fait la lumière sur l’attaque.Le procès, qui intervient en plein mouvement de protestation en Iran durement réprimé, doit durer quatre jours et est scruté de près.Les autorités iraniennes souhaitent échanger Mahdieh Esfandiari, arrêtée en France en février 2025, contre Cécile Kohler, 41 ans, et Jacques Paris, 72 ans, incarcérés en Iran en mai 2022 avant d’être condamnés respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage pour Israël, puis libérés début novembre 2025 avec interdiction de quitter le pays. Ils restent pour l’heure bloqués à l’ambassade de France à Téhéran.”Cet échange entre nous et la France a été négocié. Il y a eu un accord et en effet, nous attendons que toute la procédure juridique et judiciaire se fasse dans les deux pays”, avait déclaré fin novembre le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.La diplomatie française a pour sa part refusé de commenter une procédure judiciaire “en cours” et n’a rien voulu dire sur l’impact potentiel sur leur libération du mouvement actuel.Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a néanmoins justifié mardi la prudence de la France sur la contestation en Iran, critiquée par le fils de l’ancien chah et d’une partie de la classe politique française, par la situation “plus que fragile et préoccupante” des deux Français.La soeur de Cécile Kohler, Noémie, a toutefois indiqué qu’ils allaient “bien”. “Ils se remettent peu à peu de leur détention mais sont impatients de rentrer”, a déclaré Anne-Laure Paris, fille de Jacques Paris.

Un budget à portée de main ? Le gouvernement appelle à un dernier effort

Le gouvernement a appelé mardi les députés à un “dernier effort” en vue d’un compromis autour du budget de l’Etat, de retour à l’Assemblée où une majorité semble toujours inatteignable et un recours au 49.3 difficile à éviter.Un moment décisif pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, de nouveau sous la menace d’être censuré, fragilisé par une crise agricole, et qui joue sa crédibilité.”Le budget est à portée de main. L’urgence est de s’accorder sur le fond. Un dernier effort est nécessaire”, a lancé le ministre de l’Economie Roland Lescure aux députés, à l’ouverture de la nouvelle lecture du projet de loi de finances.Pour fournir un “cap aux entreprises”, “préserver la confiance des investisseurs” et face à “la situation internationale préoccupante”, le ministre a redit la volonté du gouvernement d’aller vite. Et l’objectif de ramener le déficit sous la barre des 5% en 2026, contre 5,4% en 2025.Après “les centaines d’heures de débats” et l’examen de “plusieurs milliers d’amendements”, il est “l’heure” de “faire aboutir” les discussions, a souligné à sa suite la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin. Elle a listé “trois grands sujets” sur lesquels l’Assemblée doit encore “rapprocher ses positions”. D’abord, sur le financement des collectivités, dont l’examen des articles devrait commencer dans la soirée. Puis sur “les dépenses d’avenir”, l’enseignement, la recherche, la transition écologique ou encore le logement. Et enfin sur le pouvoir d’achat, “pour mieux protéger les plus modestes”.Trois priorités détaillées par le groupe socialiste dans ses négociations avec le gouvernement dont la clémence est cruciale pour la survie du gouvernement. “Je crois que le gouvernement a entendu nos points”, affirmait plus tôt le député socialiste Arthur Delaporte.- Vers le 49.3 ? -Mais si l’exécutif continue d’afficher sa volonté d’aboutir à un accord, un vote dans l’hémicycle semble toujours aussi improbable. Le Rassemblement national d’un côté, la France insoumise, les écologistes et les communistes, de l’autre, ont redit leur opposition au texte.L’hémicycle a toutefois balayé la motion de rejet préalable défendue par le groupe LFI, permettant à l’examen de se poursuivre.Ainsi le recours à l’article 49.3 de la Constitution ou aux ordonnances semblent quasi inéluctables pour doter la France d’un budget. Une partie de la classe politique presse le gouvernement d’abréger les débats en recourant rapidement à l’article constitutionnel qui lui permet de faire adopter un texte sans vote mais l’expose à une motion de censure.Le rejet du texte la semaine dernière en commission a renforcé les interrogations. Faut‑il laisser les débats se dérouler ou écourter sans tarder ? Il faut y avoir recours “le plus tôt possible”, et éviter de “s’abîmer dans des discussions dont on sait hélas qu’elles n’aboutiront pas”, a appelé le député MoDem Jean-Paul Mattei en conférence de groupe.L’exécutif semble, pour l’heure, privilégier la première option.- Tracteurs -Sébastien Lecornu “veut traîner le plus longtemps possible”, confie à l’AFP l’un de ses proches. Recourir au 49.3 serait un “échec” pour lui, et “s’il l’utilise, c’est qu’il est allé jusqu’au bout ”.Car pour Sébastien Lecornu, c’est non seulement prendre le risque d’être renversé, mais aussi de se dédire. Le Premier ministre s’était en effet engagé à ne pas utiliser ce 49.3, dans un Parlement sans majorité. “Les étapes qui viennent seront importantes sur sa popularité, sur l’image qu’il renvoie”, affirme à l’AFP une ministre.Le Premier ministre a peu à craindre de deux motions de censure du Rassemblement national et de La France insoumise, sur la question de l’accord de libre-échange Mercosur, depuis que les socialistes ont affiché leur intention de ne pas voter ces motions qui devraient être examinées mercredi.Mais sur le budget, il devra composer avec leurs demandes sans braquer la droite, qui a réaffirmé son refus d’augmenter les impôts et son attachement à réduire les dépenses.Selon une ministre, le gouvernement choisira son moment pour actionner le 49.3 en fonction du “climat” ambiant, plutôt que sur le fond du compromis, alors que la colère agricole persiste.Des centaines d’agriculteurs avec leur tracteurs étaient encore mobilisés mardi en début de soirée devant le Palais Bourbon, où les klaxons résonnaient jusque dans l’hémicycle. Face à cette pression, Sébastien Lecornu a annoncé “une loi d’urgence agricole” examinée avant l’été.bur-are-sl-od-cma/gbh/spi

Au premier jour de son procès en appel, Marine Le Pen soutient n’avoir “rien dissimulé”

Pour sa première prise de parole à l’ouverture de son procès en appel à Paris, décisif pour la présidentielle de 2027, Marine Le Pen a soutenu mardi n’avoir eu “aucun sentiment” de commettre un délit ni “rien dissimulé” dans l’affaire des assistants d’eurodéputés FN.Au terme de deux heures et demie de rapport introductif de la présidente de la cour, Michèle Agi, la cheffe de file de l’extrême droite, 57 ans, a été appelée à la barre pour expliquer les raisons de son appel du jugement de mars 2025 qui l’a condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.”Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis -, je veux bien l’entendre. Mais je veux que la cour sache qu’en ce qui nous concerne, nous n’avions aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit lorsqu’en 2004, 2009 puis 2014 nous avons embauché nos propres assistants puis mutualisé ces assistants”, a déclaré la patronne des députés RN, veste bleu nuit et chemisier rose, dans un discours tranchant avec ses virulents démentis des faits en première instance.”Si tant est qu’une faute ait été commise”, a-t-elle insisté, le Parlement européen n’a selon elle “pas joué ce rôle d’alerte tel qu’il aurait dû (le) jouer, alors qu’il avait connaissance de l’ensemble des éléments constitutifs de ces contrats”.”Nous n’avons jamais rien dissimulé, ni dans la publication de nos organigrammes ni dans les contrats déposés”, a poursuivi Marine Le Pen.L’audience, qui se tient sous les boiseries de la première chambre du palais de justice de Paris sur l’île de la Cité, a été suspendue vers 17H40. Elle reprendra mercredi matin et doit durer jusqu’au 11 février.La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres prévenus d’avoir payé entre 2004 et 2016 des salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.Le 31 mars, le tribunal correctionnel de Paris a déclaré Marine Le Pen coupable et l’a condamnée, outre à sa peine d’inéligibilité, à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme et 100.000 euros d’amende. Un coup de tonnerre au moment où la candidate survolait les intentions de vote pour le premier tour de la prochaine présidentielle. – “Un peu étonné” -En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.Au moment où l’extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l’Assemblée, Marine Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l’élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.Le maire de Perpignan, Louis Aliot, le député RN Julien Odoul, l’eurodéputé Nicolas Bay ou Bruno Gollnisch se trouvent eux aussi de nouveau sur le banc des prévenus.Appelés à la barre à leur tour, tous ont soutenu à l’instar de leur cheffe n’avoir eu aucunement l’intention de commettre un délit. “J’ai le sentiment d’avoir été ni compris ni totalement entendu dans les explications”, a déclaré Louis Aliot aux magistrats de la cour d’appel.L’avocat du Parlement européen, qui s’est constitué partie civile, Patrick Maisonneuve, a dit “constater” l'”évolution” de la stratégie de Marine Le Pen et de ses co-prévenus, se disant “un peu étonné de cette progression, lorsque l’on a vécu, notamment (l’instruction) et la première audience, où il y avait une contestation brutale, en ce qui concerne l’accusation de détournement de fonds publics”.Si Marine Le Pen assure publiquement ne pas avoir abandonné l’espoir d’être relaxée, une déclaration de culpabilité ne l’empêcherait pas de concourir à la prochaine présidentielle à une double condition: qu’une éventuelle peine d’inéligibilité soit inférieure à deux ans et que les magistrats renoncent à la condamner au port d’un bracelet électronique, perçu comme incompatible avec la possibilité de mener une campagne.Elle a quoi qu’il en soit indiqué que la seule décision de la cour d’appel déterminerait son avenir, sans attendre une éventuelle décision de la Cour de cassation, bien que cette dernière entende se prononcer, si elle devait être saisie, avant l’échéance présidentielle.Neuf mois après sa condamnation, Marine Le Pen a déjà vu son image se dégrader dans l’opinion, l’idée d’une candidature de substitution de Jordan Bardella à l’Elysée s’étant peu à peu imposée comme la “plus probable”, selon plusieurs sondages.pab-amd-gbh-mby/cal/bfi

“Un coup dur”: le Salon de l’agriculture bousculé par l’absence inédite de vaches

“Un coup dur”: le Salon de l’agriculture devra se passer de vaches, les éleveurs refusant d’amener leurs animaux par “crainte” et par “solidarité” avec ceux touchés par la dermatose nodulaire. Les organisateurs appellent à présent à une édition “sans tensions”, malgré les manifestations.C’est une première dans l’histoire du salon parisien créé en 1964: les organismes de sélection des races bovines ont décidé de ne pas présenter de bovins au concours général agricole et refusé la présence, même symbolique, de quelques vaches, dont Biguine, l’égérie brahman venue de Martinique.C’est “un coup dur pour le salon”, qui laisse ses organisateurs “profondément attristés”, a déclaré mardi à la presse son président, Jérôme Despey, ajoutant respecter le choix des éleveurs.Cette décision intervient alors même que “85% des bovins” parmi les 500 à 600 qui devaient concourir venaient de zones indemnes de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).Mais le protocole sanitaire pourtant strict du salon – qui s’ouvre cette année le 21 février – n’a pas convaincu: “quand on élève pendant plusieurs années des bêtes de concours, on peut comprendre la peur des éleveurs” qui ont choisi de ne pas transporter leurs meilleurs animaux, a expliqué Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca, organisateur du salon.C’est aussi une première en 132 éditions du Concours général agricole qui ne récompense pas que les bovins mais aussi d’autres productions animales ainsi que des centaines de produits du terroir.Une médaille au concours général assure souvent aux producteurs de vins, saucissons et viandes récompensés “20% de revenus”.Les autres animaux (cochons, ovins, chiens, chats, chevaux et ânes) seront bien présents ainsi que les milliers d’exposants de produits de différentes régions.- Des débats, “pas des combats” – Arnaud Lemoine a aussi souligné la “solidarité” des organismes de sélection avec les éleveurs des zones touchées par la maladie, dont les animaux sont bloqués en attendant la levée des restrictions le temps que l’immunité vaccinale se construise.La gestion par l’Etat de l’épizootie de DNC a relancé le mouvement de contestation agricole, nourri par l’accord de libre-échange UE-Mercosur mais aussi par le ras-le-bol général de la profession. Les manifestations ont pris une nouvelle dimension depuis jeudi dernier avec des défilés de tracteurs dans Paris de tous les syndicats, avec la FNSEA à la manoeuvre mardi.La période avant le Salon de l’agriculture est traditionnellement celle où les agriculteurs font pression sur les politiques, qui viennent ensuite défiler parmi les stands pour montrer leur proximité avec le monde rural. Ils seront cette année en campagne pour les élections municipales de mars.En 2024, le premier jour du salon avait été fortement perturbé par des agriculteurs prêts à en découdre avec le président Emmanuel Macron. L’événement avait ouvert au public plus tardivement, dans une atmosphère tendue.Des manifestations avaient fait peser des craintes sur l’édition 2025, qui s’est finalement tenue dans le calme.”On ne peut pas mettre la pression sur le salon (…) chaque année pour des raisons différentes aussi importantes soient-elles (…) On n’a pas de problème avec les débats” mais “pas de combats”, a lancé Arnaud Lemoine, appelant au “respect des visiteurs”, qui sont en moyenne 600.000 à venir chaque année.Les organisateurs souhaitent un salon de la “solidarité” mais “pas un salon des tensions”. Jérôme Despey a d’ailleurs lancé le nouveau slogan de l’événement “venir c’est soutenir” l’agriculture française.”Il n’y aura pas de vaches mais il y aura tout le reste et même un peu plus, il nous reste un mois et demi pour être à la hauteur”, a ajouté Arnaud Lemoine, refusant de donner le nombre de visiteurs nécessaire pour maintenir la rentabilité de l’événement.L’absence de vaches et de l’égérie, qui sera même retirée de l’affiche au grand désespoir des éleveurs d’outremer pour la première fois mis à l’honneur, risque en effet d’avoir un impact sur la fréquentation de ce salon grand public.Une conférence de presse aura lieu début février pour annoncer le programme remodelé de l’événement.

La vie “bouleversée” de la directrice des Baumettes menacée d’un “contrat” par la DZ Mafia

“Ce que vous avez publié a bouleversé ma vie”, lance l’ancienne directrice de la prison des Baumettes, exfiltrée de son poste après avoir été menacée par un “contrat” de la DZ Mafia, relayé sur les réseaux sociaux par deux détenus jugés mardi à Marseille.Fin 2024, une “offre d’emploi” rémunérée 120.000 euros est affichée en ligne “pour tuer un représentant de l’État” et revendiquée par le groupe criminel DZ Mafia, nébuleuse majeure du narcotrafic marseillais, expose mardi la présidente du tribunal correctionnel de Marseille.Cette annonce visant notamment la directrice de la prison des Baumettes, l’un des plus grands établissements pénitentiaires de France, est repostée par deux trentenaires, Othmane B. et Sabrina M., sur leurs comptes Snapchat respectifs depuis leurs cellules en mars 2025.”J’ai demandé à mon administration de me protéger. Je suis partie de Marseille en 15 jours pour un poste que je n’ai pas choisi, je suis partie toute seule à Paris pour sauver ma vie”, a poursuivi la fonctionnaire, en uniforme à la barre des témoins, où elle s’exprime pour la première fois publiquement dans cette affaire toujours en cours d’instruction.Sous escorte policière depuis un an, l’ancienne directrice vit “à l’isolement”. “Vous avez brisé ma vie. Je ne vais pas bien du tout”, poursuit-elle à l’attention d’Othmane B., qui comparait en visioconférence depuis la prison de l’ouest de la France où il purge une lourde peine.- “J’ai fait le con” -Propriétaire du compte Snapchat +cellule frappe+, il reconnaît avoir republié le “contrat” mais assure ne “pas avoir lu” le contenu. “J’ai fait le con, je suis désolé d’avoir participé à 1% de toute cette bêtise.”Dans ses explications laborieuses, il indique avoir réutilisé la publication car l’en-tête comportait le mot “DZ”, référence à ses “origines algériennes” DZ étant le code internet de l’Algérie. Et ajoute avoir voulu “gagner de nouveaux abonnés” sur ses réseaux.Pour la procureure, les deux prévenus “ne sont pas au cœur de la DZ mafia mais dans ses marges”. “Les réseaux sociaux diffusent leurs idées, leurs messages, promettent des montagnes de cash. C’est par les réseaux sociaux qu’ils recrutent. La republication, ce n’est pas anodin. On ne peut pas se déresponsabiliser”, estime la magistrate.Originaire de Marseille, la deuxième mise en cause a refusé de comparaître depuis sa prison. Lors de sa garde à vue, la jeune femme avait déclaré n’avoir “aucune animosité” contre la directrice des Baumettes, qu’elle a connue lors de sa détention. Elle a posté la “story” du contrat pour montrer qu’à Marseille “les gens sont fous”.La procureure a requis deux ans de prison dont six mois avec sursis probatoire et mandat de dépôt a l’encontre des deux prévenus pour “apologie publique de crime” et “menace, violence ou acte d’intimidation envers un dépositaire de l’autorité publique pour qu’il s’abstienne d’un acte de sa fonction”.Le jugement a été mis en délibéré au 28 janvier.Concernant l’enquête sur les menaces de mort contre la direction des Baumettes, dont le chef de la détention était également visé, deux suspects ont été mis en examen pour “tentative d’homicide volontaire avec préméditation” après avoir été interpellés en décembre 2024 aux abords de la maison d’arrêt lors d’une course-poursuite au cours de laquelle ils se sont débarrassés d’un sac contenant une arme.Au moment de quitter le tribunal, l’ancienne directrice de la prison a remis son gilet pare-balles, rappelant la menace qui pèse toujours sur elle.

Attentat près de la tour Eiffel en 2023: le juge antiterroriste a terminé ses investigations

Le juge d’instruction antiterroriste saisi de l’attaque au couteau ayant coûté la vie à un touriste germano-philippin près de la tour Eiffel en décembre 2023 a terminé ses investigations lundi, le suspect revendiquant toujours, deux ans plus tard, son allégeance au groupe Etat islamique.Le 6 décembre 2023, Armand Rajabpour-Miyandoab, un ressortissant franco-iranien, a été mis en examen et placé en détention provisoire à l’isolement dans la foulée de cette attaque, au cours de laquelle il a aussi blessé deux personnes à coups de marteau. Il a ensuite été déchu de sa nationalité française.Lundi, le magistrat instructeur antiterroriste en charge de son dossier a terminé ses investigations, a indiqué mardi à l’AFP une source judiciaire. “C’est quelqu’un qui revendique encore aujourd’hui son allégeance et la nature terroriste de son acte”, a ajouté par ailleurs une source proche du dossier.Contactée, son avocate Clémentine Perros n’a pas souhaité commenter.En décembre 2023, le suspect avait longuement parlé lors de sa garde à vue.Il avait affirmé avoir répondu à un “appel fin octobre de l’Etat islamique, demandant à tuer des juifs”, avait précisé une source judiciaire après son interrogatoire. Il disait ainsi avoir agi “en réponse aux exactions, selon lui, de l’Etat d’Israël sur la bande de Gaza”.Il avait également indiqué, d’après une source proche de l’enquête, ne pas avoir supporté que la tour Eiffel ait été illuminée “aux couleurs d’Israël” après les massacres commis par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023.- “Plusieurs cibles” -Il avait précisé avoir envisagé “plusieurs cibles”, et notamment le jardin mémoriel des enfants du Vel d’Hiv, en mémoire des enfants juifs raflés les 16 et 17 juillet 1942 pendant la Shoah. “Il y avait des sites juifs envisagés, mais pas que”, avait ajouté la source judiciaire.Plus précisément, sa mise en examen a été prononcée pour assassinat et tentative d’assassinat, en relation avec une entreprise terroriste et en état de récidive légale, et pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.Au moment de l’attaque, les parents et une proche avaient été placés en garde à vue. Ses parents, “très attachés à la France”, avaient été vite remis en liberté, d’après la source proche de l’enquête.La proche, une femme de la “sphère jihadiste”, avait reçu une proposition de mariage d’Armand Rajabpour-Miyandoab et l’avait vu “la veille” de son passage à l’acte, selon cette source. Elle avait aussi vu sa garde à vue levée sans poursuites.Les investigations se sont finalement resserrées sur Armand Rajabpour-Miyandoab, seul mis en examen à la clôture du dossier, selon une autre source proche.Armand Rajabpour-Miyandoab avait déjà été condamné à cinq ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs terroriste, après un projet d’action violente à La Défense, le quartier des affaires à l’ouest de Paris, en 2016. Il était sorti en mars 2020 de prison, avec une injonction de soins “impliquant un suivi psychiatrique resserré et contrôlé par un médecin coordinateur” jusqu’à la fin de la mise à l’épreuve le 26 avril 2023, selon le Pnat.L’attentat avait mis sous pression le gouvernement, deux mois à peine après celui d’Arras (Pas-de-Calais), qui a coûté la vie à l’enseignant Dominique Bernard.