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Le nombre de chômeurs inscrits à France Travail en hausse en 2025

Une hausse du chômage, qui confirme un retournement de tendance au-delà de changements de paramètres: le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité inscrits à France Travail a augmenté de 2,6% au quatrième trimestre 2025 par rapport au précédent et de 6,8% sur un an.Ces chiffres, valables pour toute la France hors Mayotte, tiennent compte de l’inscription, depuis début 2025, de tous les allocataires du RSA et des jeunes en parcours d’insertion à France Travail, un chamboulement majeur pour les chiffres de l’institution, ainsi que d’un nouveau régime de sanctions entré en vigueur au 1er juin.Sans ces modifications, qui dégradent les chiffres, la hausse du nombre de chômeurs aurait été limitée à 2% sur le quatrième trimestre et à 1,7% sur l’année.”Les chiffres du 4e semestre de @FranceTravail présentent une hausse modérée du nombre de demandeurs d’emplois” a réagi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur X. Sans “les changements de règles administratives” qui ont élargi le périmètre des personnes inscrites et réduit les radiations automatiques, “les estimations indiquent un ralentissement modéré du marché du travail, sans rupture brutale”, ajoute le ministre, soulignant aussi que le taux d’emploi se maintient parallèlement “à un niveau historiquement élevé”. Une analyse que ne partage pas le directeur du département Analyse et Prévision de l’OFCE, Eric Heyer. “C’est une forte dégradation au quatrième trimestre et elle n’est pas liée à la loi plein emploi, elle est vraiment liée à une dégradation du marché du travail”, estime l’économiste. “Globalement, il y avait une baisse du nombre de demandeurs d’emploi continue de 2015 jusqu’à 2022, puis de 2022 à mi-2024, cela s’est stabilisé et depuis le troisième trimestre 2024, il y a un retournement”, résume l’économiste. Parmi les éléments “un peu alarmants” des derniers chiffres, il cite le fait que “ce sont essentiellement les demandeurs d’emploi de longue durée qui augmentent, ce qui laisse entendre que plus longtemps vous restez demandeur d’emploi, plus il vous est difficile de retourner sur le marché du travail”.- “Incertitude” -“On voit une dégradation qui n’est pas surprenante”, analyse pour sa part Nathalie Chusseau, économiste à l’université de Lille. Elle liste “l’incertitude politique nationale et le contexte géopolitique et commercial international qui obèrent les investissements et un taux de faillites d’entreprises record depuis trois ans” parmi les explications de cette situation morose.Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité a atteint en moyenne sur le trimestre 3,35 millions, contre 3,26 millions au trimestre précédent.En tenant compte des chômeurs exerçant une activité partielle (catégories A, mais aussi B et C), la hausse s’élève à 1% sur le trimestre et 4,8% sur l’année. Hors nouveaux publics (bénéficiaires du RSA et jeunes en parcours d’insertion) et corrigés des effets du nouveau régime de sanctions, ce nombre de demandeurs d’emploi aurait toutefois été stable au quatrième trimestre et en hausse de 1,6% sur l’année.Dans son communiqué, le département des études du ministère du Travail (Dares) précise que les sanctions qui prennent souvent, depuis juin, la forme d’une “suspension-remobilisation”, entraînent des retenues financières mais plus une radiation de la liste des inscrits à France Travail, ce qui a eu pour conséquence “une baisse des radiations”.En prenant en compte les nouveaux publics inscrits et le nouveau régime de sanctions, le chômage des jeunes a explosé sur l’année, avec une hausse de 23,6% en catégorie A, mais l’augmentation s’est ralentie en fin d’année, à 1,7% sur le seul quatrième trimestre. Le nombre d’inscrits placés provisoirement dans la catégorie G, en attente de leur entretien d’orientation, ne se résorbe que lentement, avec 812.100 personnes concernées au quatrième trimestre, contre 867.200 au troisième (-6,4%).Dans le même temps, le nombre de chômeurs en parcours social, qui ne sont pas immédiatement disponibles pour reprendre un emploi, a bondi de 179.500 à 255.400 (+42,3%). Lors de sa campagne en 2022, Emmanuel Macron avait mis en avant l’objectif de plein emploi en 2027, avec un taux de chômage autour de 5%. Un objectif qui s’éloigne de plus en plus, avec un taux de 7,7% au troisième trimestre.  

Les plaintes s’accumulent en France dans le dossier des laits infantiles

L’affaire des laits infantiles, déjà à l’origine de deux enquêtes ouvertes en France après la mort de deux nourrissons, connaît jeudi un nouvel épisode judiciaire avec la plainte déposée à Paris par l’association Foodwatch et huit familles qui accusent les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi à temps.A un mois, Adam, nourri au lait Guigoz, s’est retrouvé plusieurs semaines en réanimation, après des crises de diarrhées et vomissements. Amani, cinq mois, a été pris de vomissements et maux de ventre pendant quatre jours, jusqu’à ce qu’il arrête de boire son Babybio. Fièvres répétées et problèmes de digestion ont alerté le personnel de crèche et les parents d’un bébé de quatre mois nourri au Picot 1er âge…”Certains parents ont vraiment cru que leur enfant allait mourir”, a raconté Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch, lors d’une conférence de presse.Huit familles – représentant neuf bébés – se sont jointes à cette plainte de l’association, consultée par l’AFP, et font le lien entre les maux de leurs nourrissons et le lait concerné par des rappels de lots potentiellement contaminés par la toxine céréulide.”Les faits sont particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés au système immunitaire d’autant plus vulnérable”, a souligné cette association européenne de consommateurs.”Ils ont été vendus dans le monde entier par des multinationales qui ont commercialisé des produits exposant les bébés à un risque pour leur santé. C’est hors la loi”, poursuit-elle.- Soixantaine de pays -Plusieurs industriels, dont les géants Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot), mais aussi de plus petits acteurs comme Vitagermine (Babybio Optima) et la Marque en Moins ont procédé depuis décembre à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays, dont la France.A Angers et Bordeaux, la justice enquête déjà sur les décès de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de “possible contamination” par une substance d’origine bactérienne, sans “lien de causalité” établi pour l’heure, selon les autorités.A Paris, où le tribunal est doté d’un pôle “santé publique”, la plainte contre X vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l’intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité.”(Les) fabricants ne pouvaient ignorer les obligations de sécurité sanitaire qui leur incombent. Nous demandons la plus grande fermeté”, a déclaré l’avocat des familles et de l’association, Me François Lafforgue.La toxine mise en cause, la céréulide, est une substance produite par certaines bactéries et “susceptible d’entraîner principalement des troubles digestifs, tels que des vomissements ou des diarrhées”, indiquait jeudi dernier le ministère de la Santé. Sans faire de lien, “à ce stade”, entre la consommation des laits rappelés et les symptômes.- “Opacité” -Au centre des préoccupations se trouve une huile riche en acide arachidonique (ARA), à l’origine de la présence potentielle de céréulide. Le producteur chinois Cabio Biotech, qui détient des parts de marché importantes au niveau mondial sur ce produit, a été mis en cause par plusieurs fabricants de lait infantile ayant procédé à des rappels, même si un lien de causalité n’a pas formellement été établi à ce stade.Foodwatch reproche notamment aux fabricants de lait d’avoir tardé entre les premières alertes émises en décembre et les rappels.”On veut casser ce cycle d’opacité et d’impunité, en le dénonçant haut et fort, et en comptant sur le fait que la justice fasse son travail”, a déclaré la directrice générale de Foodwatch, Karine Jacquemard.L’association estime que les parents n’ont pas été suffisamment informés, souvent trop tard et de façon confuse et met en cause les autorités dans la plainte pour avoir tardé à agir et pour des carences dans les contrôles.Le gouvernement a lui défendu son action en affirmant que les procédures avaient été “très très bien respectées” et que tous les lots concernés ont “été retirés”.Mercredi, le tribunal administratif de Paris avait rejeté le recours déposé par une association de défense de la santé des enfants pour “carence grave de l’Etat dans la gestion du scandale sanitaire des laits infantiles contaminés”.

Coup d’envoi à Toulouse d’une journée de mobilisation pour le journaliste Christophe Gleizes

Une centaine de personnes ont réclamé, jeudi en fin de matinée à Toulouse, la libération du journaliste français Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie, ouvrant une journée de mobilisation qui doit s’achever par un concert de soutien organisé au Bataclan par Reporters sans frontières.Arrêté en mai 2024 alors qu’il préparait un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie, le journaliste de 36 ans avait d’abord été placé sous contrôle judiciaire, puis incarcéré en juin 2025 après sa condamnation à 7 ans de prison pour “apologie du terrorisme”, confirmée en appel.”Nous demandons au président algérien Abdelmadjid Tebboune de gracier Christophe Gleizes”, a déclaré jeudi Anthony Assémat, du Club de la presse Occitanie, face aux dizaines de personnes, dont une vingtaine d’élus, venues exprimer leur soutien au collaborateur des magazines français So Foot et Society et ses proches.L’arrestation de Christophe Gleizes sur des “motifs fallacieux” est “profondément injuste”, a dénoncé la conseillère régionale Emilie Dalix, venue représenter la présidente socialiste de la région Occitanie Carole Delga, devant notamment le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, et le député insoumis de Haute-Garonne, François Piquemal.”Christophe n’a fait qu’exercer son métier (…) il n’est coupable de rien”, a fustigé Romain Amalric, de  l’Union des journalistes de sport en France (UJSF). “Il ne doit pas être la victime de complications diplomatiques. Il n’était en Algérie que pour parler de football”, a-t-il ajouté.D’autres événements de soutien au journaliste français doivent se tenir jeudi, notamment à Lille, Perpignan, Montpellier et Paris, où une soirée de concerts doit rassembler au Bataclan Alex Beaupain, Malik Djoudi, Jeanne Cherhal, Elephanz et Mathilda, selon RSF.Le billet d’entrée coûte 9,50 euros et “100 % des bénéfices seront reversés à RSF pour la campagne de libération dédiée à Christophe Gleizes”, a indiqué l’organisation de défense de la presse.La mère du journaliste sportif, Sylvie Godard, a transmis une demande de grâce au président algérien Abdelmadjid Tebboune, et Christophe Gleizes a par ailleurs formé un pourvoi en cassation pour obtenir un nouveau procès.

Violences à l’école: près d’un tiers des collégiennes victimes de cyberviolences

Près d’un tiers des collégiennes (30,6%) et un quart des lycéennes (24,9%) déclarent avoir été victimes de cyberviolences, selon une étude de l’Observatoire national des violences faites aux femmes dévoilée jeudi, alors que le gouvernement veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.Un collégien sur quatre (26,2%) et un lycéen sur cinq (20,4%) indiquent également avoir été victimes de violences en ligne, selon cette étude basée sur des données de la DEPP, le service statistique du ministère de l’Éducation nationale, qui datent de 2021-2022 pour les collèges et de 2022-2023 pour les lycées.Les violences verbales ou écrites (injures, moqueries, surnoms désagréables) représentent la majorité des cyberviolences subies par les écoliers victimes. Cette étude est publiée quelques jours après le vote, lundi, à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le texte, qui doit désormais être examiné par le Sénat, pourrait faire de la France une pionnière en Europe.L’enquête de l’Observatoire publiée jeudi revient également en détail sur les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire.Les violences sexuelles (“baisers” forcés, “caresses” forcées, voyeurisme) touchent 15% des collégiennes et 19% des lycéennes.”8% des écoliers et écolières déclarent avoir subi des +embrassades+ forcées au moins une fois au cours de l’année scolaire 2020-2021, et 15% avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes”, détaille le rapport.Ces chiffres “justifient, si besoin était, l’urgence” du déploiement des programmes scolaires d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars), estime Roxana Maracineanu, la secrétaire générale de la Mission pour la protection des femmes (Miprof) dont dépend l’Observatoire national.”Aucune violence à caractère sexiste ou sexuel n’a sa place à l’École”, affirme de son côté le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray, dans l’étude. Selon le premier bilan fourni mercredi par le ministre dans les colonnes du Monde, 66% des écoliers, 48% des collégiens et 35% des lycéens avaient déjà bénéficié, au 31 décembre 2025, “d’au moins une séance” d’éducation à la vie affective et relationnelle. 

Masculinisme : des associations féministes font état de menaces ciblées

Des associations féministes ont fait état jeudi, au Sénat, de menaces ciblées et de tentatives d’intimidation contre leurs mouvements dans un contexte de montée des masculinismes. “On a des attaques violentes, avec de l’intimidation auprès de militantes” et “des vagues de harcèlement”, a déclaré la présidente du Planning familial Sarah Durocher lors d’une table ronde organisée par la délégation aux droits des femmes qui mène actuellement des travaux sur les mouvements masculinistes. “Au mois d’octobre, nous avons eu ce message : +Demain à 10h30 à l’heure de pointe, je vais commettre un attentat suicide au Planning familial d’Asnières-sur-Seine. Je les soupçonne d’avoir avorté mon âme sœur en 2004+”, a-t-elle rapporté, précisant qu’une plainte contre cette personne “se revendiquant du mouvement Incel”, composante masculiniste connue pour sa haine des femmes, avait été déposée.A ses côtés, la porte-parole de la Fédération nationale Solidarité Femmes (FSF) Camille Lextray a évoqué des “tentatives de saturation” du 3919, sa ligne d’écoute destinée aux femmes victimes de violence notamment conjugales.”On a repéré des appels coordonnés à certains moments, on a aussi des appels de plus en plus virulents, des attaques envers les exécutantes qui s’ajoutent à un contexte de travail déjà difficile où les écoutantes sont toute la journée exposées à des récits de violence extrême”, a-t-elle souligné. “On a enfin aussi l’affichage de nos visages sur les réseaux sociaux qui incitent à nous interpeller, à venir nous alpaguer.”En cause, selon elle, des actions menées par des collectifs qui réclament l’ouverture du 3919 aux hommes, au nom d’une “discrimination anti-hommes” alors qu’il existe d’autres “dispositifs existants et adaptés”. “C’est une manière de remettre les hommes au centre de tout et de refuser aux femmes une prise en charge adaptée et dédiée pour se reconstruire après les violences”, a-t-elle dénoncé. “Cette démarche a clairement pour intention de mener une charge réactionnaire pour faire croire qu’il y aurait une symétrie dans les violences, cela participe d’un projet de négation des inégalités de genre.”Cette “stratégie fallacieuse (…) nous préoccupe beaucoup”, a abondé Faustine Garcia, chargée de plaidoyer à la Fondation des femmes, jugeant “très dangereux de les mettre sur le même plan”. Selon les dernières données du ministère de l’Intérieur, 84% des victimes des violences conjugales en France sont des femmes et 85% des mis en cause sont des hommes. Sur les 138 morts violentes au sein du couple enregistrées par les forces de l’ordre en 2024, 107 étaient des femmes. 

L’affaire des laits infantiles prend un tour judiciaire avec une plainte de Foodwatch

L’affaire des rappels de laits infantiles potentiellement contaminés par la toxine céréulide prend un tour judiciaire avec une plainte à Paris de l’association Foodwatch et de huit familles qui accusent les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi à temps.A un mois, Adam, nourri au lait Guigoz, s’est retrouvé plusieurs semaines en réanimation, après des crises de diarrhées et vomissements. Amani, cinq mois, a connu son lot de vomissements et maux de ventre pendant quatre jours, jusqu’à ce qu’il arrête de boire son Babybio. Fièvres répétées et problèmes de digestion ont alerté le personnel de crèche et les parents d’un bébé de quatre mois nourri au Picot 1er âge…Huit familles, qui font le lien entre les maux de leurs bébés et du lait concerné par des rappels se sont jointes à cette plainte de l’association européenne de consommateurs, que l’AFP a pu consulter.”Les faits sont particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés au système immunitaire d’autant plus vulnérable”, a souligné l’association.”Ils ont été vendus dans le monde entier par des multinationales qui ont commercialisé des produits exposant les bébés à un risque pour leur santé. C’est hors la loi, et Foodwatch est déterminée à réclamer justice et transparence dans cette affaire”, poursuit-elle.- Soixantaine de pays -La plainte contre X vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l’intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité.”(Les) fabricants ne pouvaient ignorer les obligations de sécurité sanitaire qui leur incombent. Nous demandons la plus grande fermeté dans cette affaire qui concerne la santé de nourrissons”, a déclaré l’avocat des familles et de l’association, Me François Lafforgue.Plusieurs industriels, dont les géants Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot), mais aussi de plus petits acteurs comme Vitagermine (Babybio Optima), ont procédé depuis décembre à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays, dont la France, en raison d’un risque de contamination à la céréulide.Cette substance, produite par certaines bactéries, est “susceptible d’entraîner principalement des troubles digestifs, tels que des vomissements ou des diarrhées”, selon le ministère de la Santé.”À ce stade, il n’a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons”, ajoutait-il jeudi dernier.Au centre des préoccupations se trouve une huile riche en acide arachidonique (ARA), à l’origine de la présence potentielle de céréulide, fabriquée par le producteur chinois Cabio Biotech.Foodwatch reproche notamment aux fabricants de lait d’avoir tardé entre les premières alertes émises en décembre et les rappels, certains discrets puis plus massifs jusqu’en janvier. L’association estime que les parents n’ont pas été suffisamment informés, souvent trop tard et de façon confuse.- Risques pour les bébés -Foodwatch estime que les producteurs ne pouvaient pas ignorer les risques pour les bébés de laisser leurs laits en vente, en France et dans plus d’une dizaine de pays européens, ainsi qu’en Australie, Russie, au Qatar ou en Egypte, dans le cas de Nestlé.Deux enquêtes pénales distinctes ont déjà été ouvertes à Angers et Bordeaux après les décès de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de “possible contamination” par une substance d’origine bactérienne, sans “lien de causalité” établi pour l’heure, selon les autorités.Ces dernières sont mises en cause dans la plainte pour avoir tardé à agir et pour des carences dans les contrôles.Mercredi, la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Annie Genevard avait défendu son action devant les parlementaires, affirmant que les procédures avaient été “très très bien respectées”.Une fois que l’origine de la contamination a été “trouvée”, “l’alerte a été faite sur l’ensemble des industriels”, qui ont effectué des rappels au fil des analyses, a assuré la ministre.L’autorité sanitaire européenne (Efsa) a annoncé mercredi avoir été saisie par la Commission européenne pour établir une norme sur la céréulide dans les produits pour enfants. Elle rendra son avis le 2 février.

Boualem Sansal aux portes de l’Académie française

Va-t-il devenir un “immortel”? L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal pourrait être élu jeudi à l’Académie française, près de trois mois après sa libération de prison en Algérie.Les membres de l’Académie se réunissent à 15H00 à huis clos sous la coupole de leur illustre édifice des bords de la Seine à Paris pour choisir un successeur à l’historien Jean-Denis Bredin, décédé en 2021.Six prétendants sont en lice, dont Boualem Sansal, de loin le plus connu d’entre eux, qui s’est déclaré à la dernière minute le 8 janvier.Un premier vote pour ce fauteuil avait eu lieu le 11 décembre mais aucun candidat n’avait obtenu la majorité.S’il était élu, Boualem Sansal rejoindrait à 81 ans les “immortels”, le surnom donné aux académiciens, qui sont actuellement 35, cinq sièges étant vacants. Parmi eux, figurent Amin Maalouf, Jean-Christophe Rufin, Sylviane Agacinski, Chantal Thomas ou Erik Orsenna.L’écrivain franco-algérien en a eu un avant goût le 4 décembre lorsqu’il a été honoré par l’Académie, qui lui a remis le prix mondial Cino del Duca trois semaines après sa libération le 12 novembre.”Je suis un peu euphorique parce que je goûte à la liberté, des petites choses. Je ne parle pas des grandes. Des petites choses. Des bons petits repas, des petits trucs. Vous n’imaginez pas comme les petites choses sont de grands plaisirs”, a-t-il déclaré lundi en recevant à Strasbourg la médaille de la ville.- Critique du pouvoir -La vie de cet ex-fonctionnaire algérien avait basculé le 16 novembre 2024 quand il était arrêté à son arrivée à Alger en provenance de Paris, avant d’être emprisonné.Son sort émeut aussitôt en France où une campagne se lance en faveur de cet athée revendiqué, adversaire acharné des jihadistes et critique féroce du pouvoir à Alger.Il est condamné à cinq ans de prison, accusé d'”atteinte à l’unité nationale” après des déclarations en octobre 2024 au média français d’extrême droite Frontières sur l’Algérie et le Maroc. Avant de bénéficier d’une grâce accordée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.Boualem Sansal est l’auteur d’une trentaine de romans, recueils de nouvelles et essais depuis 1999.Il a reçu le grand prix du roman de l’Académie française en 2015 pour “2084. La fin du monde” (Gallimard), inspiré du chef-d’œuvre de George Orwell “1984”, ex aequo avec Hédi Kaddour.Boualem Sansal est également l’auteur de “Rue Darwin”, du “Village de l’Allemand” et de “Vivre”.En s’exprimant lundi à Strasbourg, l’écrivain a précisé avoir détaillé sa vision de la langue française dans “Le français, parlons-en !” (Cerf), publié en 2024. “Je crois qu’il faut redéfinir beaucoup, beaucoup de termes”, a-t-il indiqué.Fondée en 1635 par Richelieu, l’Académie a comme mission de “donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences”. Elle rédige un dictionnaire et se prononce sur des règles orthographiques.Pour y être élu, un candidat doit recueillir la majorité absolue des suffrages. Trois, voire quatre tours de scrutin peuvent être nécessaires pour l’atteindre. Au delà, les académiciens décident soit de poursuivre le vote, soit de l’abandonner, précise l’Académie.Le nouvel “immortel” est intronisé lors d’une cérémonie à huis clos et reçoit alors un habit vert brodé de rameaux d’olivier et une épée. En novembre, l’Académie avait élu deux nouveaux entrants, les écrivains Florian Zeller et Éric Neuhoff. 

Réforme infirmière: Rist publiera les décrets manquants “au premier semestre”

Après une loi en juin et un décret fin décembre qui ont redéfini le métier d’infirmière, le gouvernement publiera “au premier semestre” le reste des textes réglementaires, et les infirmières participeront “dès mars” au dépistage du cancer colorectal, s’est engagée jeudi la ministre de la Santé.Adoptée le 27 juin, la réforme du métier d’infirmière leur offre un rôle élargi et beaucoup plus central dans le système de soins. Jusqu’ici rémunérées à partir d’une liste d’actes vieille de 20 ans, qu’elles ne pouvaient réaliser que sur prescription préalable d’un médecin, les infirmières pourront désormais prendre en charge “directement” les patients dans leur domaine de compétences.Un “décret socle”, publié le 24 décembre, a réorganisé le métier en dix “missions essentielles”. Il a notamment créé la “consultation infirmière” et leur a donné le droit de prescrire “des produits de santé et examens complémentaires” dont la liste doit encore être précisée.”Les textes relatifs aux soins et aux prescriptions infirmières font actuellement l’objet de concertations approfondies” avec les syndicats, l’Ordre et des associations. Ils “seront finalisés dans les prochaines semaines pour une publication avant la fin du premier semestre”, annonce le ministère de la Santé dans un communiqué.”Demain, quand vous aurez une plaie, qu’elle soit aiguë – vous venez de vous faire une blessure – ou chronique, vous pourrez aller chez l’infirmière qui s’en occupera, qui pourra prescrire ce qu’il y a besoin (…) Ça, c’est une avancée, ça va permettre d’améliorer l’accès aux soins en libérant du temps de médecin”, a expliqué la ministre Stéphanie Rist sur Ici Champagne-Ardenne.En matière de prévention, “elles pourront avoir un rôle plus important dans la lutte contre le tabac, ou délivrer des kits pour le cancer colorectal”, a-t-elle précisé. Et comme la campagne contre le cancer colorectal – “Mars bleu” – est en mars, le gouvernement entend publier ce texte d’application d’ici là, a-t-elle ajouté.Pour ce dépistage, les infirmières recevront “une valorisation financière équivalente aux autres professions”, précise le ministère.Plus largement la revalorisation financière, pour les nouvelles missions et notamment la consultation infirmière, doit être déterminée lors de négociations conventionnelles “en cours” avec les syndicats représentatifs.La réforme “s’accompagne d’une refonte de la formation” infirmière, “dont les textes seront publiés en février 2026”, précise le ministère. Elle vise “une formation plus moderne, mieux adaptée aux évolutions du métier” et qui permettrait de réduire le taux d’abandon” important.

Manipulation de cours et corruption: décision jeudi pour l’ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri

L’ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri doit connaître jeudi son sort judiciaire, poursuivi pour corruption et manipulation de cours, tout comme la société de grande distribution, trois anciens cadres et le patron de presse Nicolas Miguet.Le tribunal correctionnel de Paris doit rendre sa décision à 13H30.Lors de leur réquisitoire, mi-octobre, les deux procureurs du parquet national financier avaient demandé quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis et aménagement de la partie ferme, ainsi que 2 millions d’euros d’amende contre M. Naouri.Ils avaient également réclamé 75 millions d’euros d’amende contre la société Casino en tant que personne morale.Lors des débats, les représentants du parquet avaient pointé une manipulation de cours “orchestrée par Casino” de septembre 2018 à juin 2019, mais aussi l'”intention frauduleuse des dirigeants et cadres de Casino ainsi que de Nicolas Miguet dans la diffusion d’un +feuilleton manipulatoire+”.Sous couvert d’une convention de prestation de conseils d’environ 800.000 euros, ce dernier avait, selon l’accusation, utilisé ses différents canaux de diffusion pour défendre le cours de Bourse de l’entreprise, notamment auprès d’actionnaires individuels. Et ce, sans informer son public de ses liens financiers avec le groupe.A l’époque des faits reprochés, Casino était sous le feu d’analystes financiers s’inquiétant de sa solvabilité et était pressé par les marchés de réduire son endettement. Début septembre 2018, l’action Casino était tombée au plus bas jusqu’alors, autour de 25 euros.Tous les prévenus ont réclamé leur relaxe.Reprise depuis 2024 dans l’escarcelle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, l’enseigne avaient déploré des réquisitions “disproportionnées”, faisant valoir que “le Nouveau Casino n’a plus rien à voir ni par sa taille, ni par sa situation financière ou sa gouvernance, avec celui qu’il était à l’époque des faits”.A l’encontre de Nicolas Miguet, des peines de quatre ans d’emprisonnement avec exécution immédiate et 850.000 euros d’amende à titre personnel ont été requises, ainsi que 1.500.000 euros d’amende pour ses diverses sociétés.Le parquet avait par ailleurs réclamé des peines de deux à trois ans d’emprisonnement avec sursis et des amendes de 300.000 à 500.000 euros à l’encontre des trois ex-cadres de Casino.

L’Assemblée nationale entérine la fin du devoir conjugal

Prévenir les viols conjugaux en mettant fin à une ambiguïté juridique ancienne: les députés ont voté mercredi à l’unanimité pour entériner dans le droit l’absence de tout devoir conjugal au sein du mariage.La proposition de loi transpartisane devra maintenant être examinée au Sénat. Ses auteurs Marie-Charlotte Garin (Ecologiste) et Paul Christophe (Horizons) espèrent une promulgation avant l’été 2026.”Droit de cuissage”, “passer à la casserole”, autant d’expressions qui montrent “tout le poids de cette notion de devoir conjugal qui persiste dans notre société”, selon Mme Garin. “C’est cette croyance que l’on devrait à l’autre des relations sexuelles ou qu’on serait en droit d’en exiger dans le cadre du mariage, en particulier, et du couple, en général”, a lancé la députée à la tribune.Dans le code civil pourtant, quatre devoirs découlent du mariage: la fidélité, le secours, l’assistance et la communauté de vie. Il ne consacre aucun devoir d’avoir des relations sexuelles.Mais une jurisprudence ancienne a parfois assimilé la communauté de vie à une “communauté de lit”, laissant subsister l’idée d’un prétendu “devoir conjugal”. C’est ainsi qu’en 2019, un homme avait obtenu le divorce aux torts exclusifs de son épouse, au motif qu’elle avait cessé d’avoir des relations sexuelles avec lui pendant plusieurs années. L’année suivante, la femme s’était pourvue en cassation, sans succès, et l’affaire avait été portée devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui, en janvier 2025, a condamné la France sur ce sujet.”En laissant subsister dans notre droit un tel devoir, nous avons collectivement cautionné un système de domination, un système de prédation du mari envers son épouse”, a déclaré Mme Garin. – Culture du viol -“Nous devons changer la loi pour que plus jamais cette notion ne puisse exister ni dans le droit ni dans les mentalités” et dire que “le mariage ne peut être une bulle où le consentement aux relations sexuelles serait acquis, définitif, à vie”, a-t-elle ajouté. Le texte soutenu par plus de 120 députés, des communistes à LR (les auteurs n’ont pas souhaité y associer l’extrême droite), clarifie dans le code civil que la communauté de vie ne crée aucune obligation pour les époux d’avoir des relations sexuelles.Il ajoute aussi l’impossibilité de fonder un divorce pour faute sur l’absence ou le refus de relations sexuelles, alors que cet argument est encore parfois avancé par certaines parties lors des procédures. “Les magistrats et les avocats nous demandent ce texte, pour que plus aucune plaidoirie ne vienne remettre en cause le libre consentement”, a ainsi déclaré Paul Christophe (Horizons) à la tribune. Mais son objectif est double: il s’agit aussi de renforcer la prévention des violences sexuelles. Etudes à l’appui, M. Christophe a rappelé qu’un homme sur quatre considère aujourd’hui normal en France qu’une femme ait un rapport sexuel par devoir et non par envie. “C’est notre devoir de leur rappeler qu’ils se trompent”, a-t-il appuyé. Le but est “une meilleure sensibilisation des époux à la problématique des violences sexuelles lors de la célébration du mariage”, la lecture par l’officier de l’état civil des principaux droits constituant un moment propice à ce travail de pédagogie, pour ses auteurs.”Notre travail n’est pas terminé, au-delà du droit c’est dans la société tout entière que le devoir conjugal doit être aboli”, a lancé Mme Garin, plaidant notamment pour le respect de la loi de 2001 qui prévoit que chaque élève reçoive les séances d’éducation à la vie affective prévues par la loi. Socialistes et Insoumis ont cherché, sans y parvenir, à supprimer la mention de fidélité dans l’article énumérant les obligations résultant du mariage, estimant que cette notion peut également être interprétée comme l’obligation d’une sexualité entre époux.