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Après la neige, les vents violents: la tempête Goretti s’abat sur la France

Le nord-ouest de la France, à peine remis d’un épisode neigeux, affronte la tempête Goretti avec une rafale de vent mesurée à plus de 200 km/h en Normandie et des coupures d’électricité touchant 50.000 foyers jeudi soir.Du Finistère à la Seine-Maritime, les pompiers ont effectué des dizaines d’interventions pour des chutes d’arbres et de câbles électriques.Environ 20.000 foyers étaient privés d’électricité en Bretagne, 7.000 en Pays-de-la-Loire et 5.000 en Normandie, pour un total de 50.000 au niveau national, a annoncé le gestionnaire de réseau Enedis, précisant que la situation restait évolutive.Une rafale de vent a atteint 213 km/h à Barfleur, sur la côte nord-est du département de la Manche secoué par la tempête Goretti, a annoncé la préfecture. Selon les prévisions, le pic d’intensité était attendu entre 0h30 et 1h00 du matin.Peu avant 21H00, le vent soufflait déjà très fort dans le port de plaisance de Cherbourg, quasiment désert. Les drisses et les mâts des voiliers qui s’entrechoquent résonnent dans tout le bassin, constate un journaliste de l’AFP.Jean-Michel Coleman, un Franco-Américain de 58 ans dont le père a débarqué sur Omaha Beach, arrime son voilier “avec quatre sangles pour poids lourds qui supportent 15 tonnes chacune”. “Ce soir il vaut mieux plus que pas assez”, explique-t-il, en attribuant au changement climatique les tempêtes selon lui “de plus en plus fréquentes”.La Manche est placée en vigilance rouge, niveau d’alerte le plus élevé. Un tel seuil pour vents violents en France avait été atteint la dernière fois lors de la tempête Ciaran en 2023.Le pays avait alors été balayé par des rafales à près de 200 km/h, privant d’électricité plus d’un million de foyers et couchant au sol des pans entiers de forêt.- Population calfeutrée -Sur les îles Chausey, au large de Granville, la population s’est calfeutrée. “J’ai mon ciré, mes bottes, ma lampe torche, ma tronçonneuse aussi, tout est prêt”, témoigne pour l’AFP Hervé Hillard, habitant de l’archipel.La préfecture de la Manche a appelé la population à rester à l’abri durant la tempête. Les écoles, collèges et lycées sont fermés vendredi dans ce département ainsi qu’en Seine-Maritime.Les autorités ont également incité les habitants de la Manche à prévoir des moyens d’éclairage de secours et une réserve d’eau potable.Une trentaine d’autres départements, de la Charente-Maritime à l’Ile-de-France, ont été placés en vigilance orange par Météo-France.Le préfet de Normandie Jean-Benoît Albertini a dit se préparer à un “événement dont l’ampleur dépasse ceux observés habituellement” dans la région. Un millier de pompiers y sont mobilisés. Le gestionnaire du réseau électrique Enedis a fait venir des renforts et mis en place un dispositif de crise.- Vagues de 10 m -La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord a demandé de ne pas prendre la mer, redoutant la formation de vagues de plus de 10 mètres.L’abbaye du Mont Saint-Michel a fermé ses portes jeudi à 17h et ne devrait rouvrir qu’à 14h vendredi.Cinq grands viaducs, dont le pont de Normandie ou le pont de Cheviré à Nantes, sont fermés de manière “préventive” jusqu’à vendredi matin.La circulation des trains est elle suspendue dans l’ensemble de la Normandie à partir de 22H00 et sera aussi perturbée en Bretagne ainsi que dans les Hauts-de-France.En région parisienne, les rafales devaient atteindre environ “90 à 100 km/h voire plus” pendant plusieurs heures, selon Météo-France.La tempête Goretti affecte aussi le Royaume-Uni, où l’agence britannique de météorologie, le Met Office, a émis une alerte rouge aux vents violents pour les Cornouailles, dans le sud-ouest de l’Angleterre.Les compagnies maritimes qui desservent la Corse ont par ailleurs annoncé des perturbations entre jeudi et dimanche en raison des forts vents prévus sur la Méditerranée. La Corsica Linea et la Méridionale ont ainsi annulé des trajets entre l’île et Marseille. La préfecture maritime de Méditerranée a demandé de “reporter” les sorties en mer et de vérifier les amarrages des bateaux.bur-ban-llb-mac-mas/aro/lpa

Retour en France du chercheur français Vinatier échangé contre un basketteur russe

Le chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné en Russie depuis juin 2024, est rentré à Paris après avoir été libéré jeudi, en échange de la libération et du retour en Russie du basketteur russe Daniil Kasatkin, qui était réclamé par la justice américaine pour cybercriminalité. Cette libération intervient alors que Paris et Moscou ont récemment manifesté leur intérêt d’un contact direct au sommet, sur fond de guerre en Ukraine. En décembre, le Kremlin avait fait savoir que Vladimir Poutine était prêt à parler à Emmanuel Macron, répondant à des déclarations en ce sens du président français.Laurent Vinatier est arrivé en début d’après-midi à la base militaire de Villacoublay, près de Paris, avant d’être accueilli avec ses parents au ministère français des Affaires étrangères où il a échangé avec le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot.Le service de sécurité russe (FSB) avait précisé plus tôt que le chercheur avait été libéré en échange du basketteur russe, détenu en France depuis juin dernier à la demande de la justice américaine, qui le soupçonne d’être membre d’un groupe de hackers. La mère du chercheur a confié à l’AFP son “choc” et “immense soulagement” après son retour à Paris dans la foulée de sa sortie de prison. “Cela a été très rapide, violent presque et surprenant”, a dit Brigitte Vinatier. “On se disait qu’il y avait une opportunité de grâce présidentielle. Mais dans mes plus beaux rêves, je pensais que cela arriverait plus tard”, a-t-elle ajouté.”Laurent va bien”, a indiqué son avocat, Me Frédéric Bélot, à l’AFP en précisant qu’il subit “des examens de santé” selon “les protocoles classiques”.”Je partage le soulagement de sa famille et de ses proches”, a réagi le président Emmanuel Macron sur le réseau social X, en saluant la “mobilisation” des agents diplomatiques.Les relations bilatérales sont fortement dégradées depuis l’invasion russe de l’Ukraine: Paris accuse les autorités russes d’actes de déstabilisation tandis que le Kremlin reproche à la France son soutien à Kiev ou encore de censurer les médias russes.Fin décembre, la possibilité que Laurent Vinatier soit échangé avait néanmoins été évoquée après que Moscou avait déclaré avoir fait une “proposition” à la France dans cette affaire. Dans un communiqué, le FSB a annoncé que Daniil Kasatkin était rentré jeudi en Russie et avait été “échangé” contre Laurent Vinatier.Peu après, il a diffusé une vidéo de la libération de Laurent Vinatier. On y voit le chercheur écouter un homme lire un document lui annonçant sa grâce par le président Vladimir Poutine avant de rejoindre un avion duquel le basketteur Daniil Kasatkin est sorti.- Accusations d’espionnage -Chercheur spécialiste de l’espace post-soviétique, Laurent Vinatier, 49 ans, travaillait au moment de son arrestation pour le Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels, notamment s’agissant de l’Ukraine. “Il aime (la Russie), la langue russe et sa littérature”, un intérêt né lors de ses études, puis pendant une thèse sur la Tchétchénie, a précisé sa mère.S’agissant de Daniil Kasatkin, la justice française avait donné fin octobre un avis favorable à son extradition, mais finalement “il n’y a pas eu de décret d’extradition vers les Etats-Unis du Premier ministre” français, a expliqué à l’AFP Me Bélot, également avocat du basketteur russe.Washington a été informé par Paris du retour du basketteur en Russie, selon une source ayant connaissance du dossier.En juin 2024, Laurent Vinatier avait été arrêté en Russie puis condamné à trois ans de prison pour ne s’être pas enregistré en tant qu'”agent de l’étranger”. L’intéressé avait dit ignorer que c’était obligatoire dans son cas. Même s’il n’avait pas été déclaré officiellement “agent de l’étranger” par Moscou, il aurait dû se signaler comme tel selon la justice russe car il collectait des “informations militaires” pouvant être “utilisées contre la sécurité” de la Russie.En août dernier, il avait comparu cette fois dans le cadre d’une affaire bien plus grave pour “espionnage”, un crime passible de 20 ans de prison en Russie et qui faisait craindre une très lourde condamnation supplémentaire.Après cette audience à huis clos, il avait déclaré être “fatigué” et avait répondu “oui” lorsqu’une journaliste lui avait demandé s’il s’estimait “otage” du pouvoir russe.- Vers une reprise de dialogue ? -Moscou a arrêté plusieurs ressortissants occidentaux pour divers motifs, dont “espionnage”, depuis le lancement de l’attaque à grande échelle contre l’Ukraine en février 2022, et a procédé à des échanges de prisonniers avec les Etats-Unis.Fin novembre, trois personnes ont par ailleurs été mises en examen et écrouées à Paris dans le cadre d’une double affaire d’ingérence et d’espionnage économique au profit de Moscou.En décembre, Emmanuel Macron avait cependant jugé qu’il allait “redevenir utile” pour les Européens de parler à Vladimir Poutine, plutôt que de laisser seuls les Etats-Unis — qui s’imposent en médiateur principal dans le règlement du conflit ukrainien — à la manœuvre dans les négociations.bur-Dt-vl-cco-bb/cbn

Procès requis contre le plasticien Claude Lévêque pour viols sur mineurs

Le parquet de Bobigny a requis un procès devant la cour criminelle de Seine-Saint-Denis contre l’artiste plasticien Claude Lévêque, suspecté de viols et agressions sexuelles sur trois mineurs, a indiqué jeudi soir le ministère public à l’AFP, confirmant une information du journal Libération.A l’issue de l’instruction, ouverte au printemps 2019, “trois victimes, mineures au moment des faits, sont donc retenues”, annonce le parquet. Il précise que les faits de viols sur mineur de 15 ans, viols sur mineur par personne ayant autorité et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité se seraient produits sur une période de près de 20 ans, entre 1989 et 2007.”Pour cinq autres victimes, les faits sont prescrits,” signale le parquet.Âgé aujourd’hui de 72 ans, Claude Lévêque avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en 2023.C’est une plainte du sculpteur Laurent Foulon qui provoque l’ouverture d’une enquête.Dans les colonnes du quotidien Le Monde, il a raconté avoir été violé par le plasticien dès l’âge de 10 ans et jusqu’à ses 17 ans, au milieu des années 1980. Il a signalé ces agissements dans une lettre adressée à la procureure de la République de Bobigny en février 2019.Les faits le concernant sont prescrits mais deux frères, originaires de la Nièvre qui connaissent Claude Lévêque depuis leur enfance ont été identifiés comme victimes. L’artiste avait été le témoin de mariage de leurs parents.Les deux frères “attendent beaucoup de ce procès,” a commenté jeudi auprès de l’AFP Me Anastasia Pitchouguina, ajoutant que ses clients “ont besoin d’être reconnus aussi dans leur statut de victime par une décision de justice.”L’avocate de la fratrie a salué le travail d’instruction, “avec beaucoup de monde qui a été entendu, ce qui a permis de dresser un peu le maillage du système Lévêque.”  Au cours de leurs auditions, l’un de ses deux clients a évoqué des relations sexuelles entre l’âge de 13 et 16 ans, entre 1997 et 2000. Il dit avoir été “été masturbé” à plusieurs reprises par Claude Lévêque, selon les précisions d’un article du Monde publié en 2023.Son frère aurait subi ses premiers viols par sodomie lorsqu’il était âgé de 10-11 ans.Lors de l’ouverture d’enquête, le plasticien avait pointé des “accusations graves” et dénoncé des “propos diffamatoires et calomnieux soutenus par Laurent Foulon”, estimant que ce dernier faisait preuve d’un “acharnement incessant” envers lui, dans un communiqué transmis à l’AFP par son ancien avocat, Emmanuel Pierrat.Figure à la mode des avant-gardes de la fin des années 1970, l’artiste libertaire est connu pour ses installations, aux thèmes souvent provocateurs. 

L’écrivain Boualem Sansal candidat à l’Académie française

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal est officiellement candidat à l’Académie française, deux mois après sa libération de prison en Algérie, a indiqué jeudi cette institution.Boualem Sansal est ainsi prétendant au fauteuil de Jean-Denis Bredin, décédé en 2021. Sa candidature pour devenir un “immortel”, du nom des membres de l’Académie, a été révélée par le Figaro.L’élection aura lieu le 29 janvier prochain.Parmi les autres candidats figure notamment le poète belge Philippe Leuckx.Un premier vote pour ce fauteuil avait eu lieu le 11 décembre mais aucun candidat n’avait obtenu la majorité.Début décembre, l’Académie française avait honoré Boualem Sansal lors d’une cérémonie pendant laquelle il avait reçu le prix mondial Cino del Duca, qui lui avait été décerné au printemps pour l’ensemble de son œuvre.Incarcéré pendant près d’un an pour certaines prises de position sur son pays natal, Boualem Sansal, 81 ans, a retrouvé la liberté le 12 novembre après avoir été gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.Il avait reçu en 2015 le grand prix du roman de l’Académie française pour “2084”, inspiré du chef-d’oeuvre de George Orwell “1984”, ex aequo avec Hédi Kaddour.En novembre, l’Académie avait élu deux nouveaux entrants, les écrivains Florian Zeller et Eric Neuhoff, totalisant ainsi 35 membres sur les 40 fauteuils d'”immortels”. Fondée en 1635 par Richelieu, l’Académie a comme mission de “donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences”. Elle rédige un dictionnaire et se prononce sur des règles orthographiques.

Mercosur: face au risque politique, Macron choisit de dire non malgré des concessions “incontestables”

Emmanuel Macron a tranché: malgré les concessions “incontestables” de Bruxelles, la France votera “contre” l’accord commercial avec le Mercosur, un choix qui ne bloquera pas le traité et qui l’expose à un procès en perte d’influence mais qui devrait permettre de sauver le gouvernement.”Le constat doit être dressé d’un rejet politique unanime de l’accord”, a déclaré jeudi soir le chef de l’Etat dans un communiqué annonçant sa décision, après un appel à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour l’informer.Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a estimé que ce “non” était “une manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite, “une mise en scène”, et donc “une trahison des agriculteurs”. Il a donc annoncé que le parti d’extrême droite déposerait une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui n’a toutefois que peu de chances d’aboutir.Le patron du parti Les Républicains Bruno Retailleau avait lui aussi fait planer le “risque d’une censure” mais uniquement si Emmanuel Macron avait choisi de voter en faveur du texte.Avec une classe politique hostile et des manifestations agitées d’agriculteurs venus en tracteurs à Paris, la pression était forte contre cet accord de libre-échange sur lequel les Vingt-Sept doivent se prononcer vendredi, pour une signature avec le bloc latino-américain prévue la semaine prochaine.Face à cette équation, le président de la République, qui évoque un traité “d’un autre âge” à l’impact limité, a fait le calcul politique qu’il valait mieux aller dans le sens des opposants, pour préserver son Premier ministre et lui éviter de chuter avant même d’avoir réussi à faire adopter un budget pour l’année en cours.Et tant pis si, au fond, et contrairement aux manifestants, il ne juge pas cet accord commercial si néfaste.Début novembre, depuis le Brésil, Emmanuel Macron avait insisté sur les bienfaits du texte pour “notre filière viticole qui est heurtée par les tarifs américains” et pour “beaucoup de secteurs industriels” en quête de “diversification”.Il avait aussi salué le “paquet” de mesures “tout à fait acceptable” proposé par Bruxelles, notamment sur une “clause de sauvegarde” pour protéger les filières agricoles en cas de perturbation du marché. “Je suis plutôt positif mais je reste vigilant”, avait-il lâché, laissant entrevoir un possible feu vert français à terme, si d’autres exigences étaient satisfaites.Ses déclarations avaient toutefois mis le feu aux poudres en France.Le président était donc vite revenu sur la position des mois précédents: un “non très ferme de la France” à l’accord “en l’état”. Et redoublé d’efforts dans son bras de fer pour obtenir plus de garanties de la Commission européenne.Avant Noël, à Bruxelles, grâce au soutien de l’Italie, il avait même réussi à arracher un bref report de la signature qui semblait imminente.- Impuissance -Depuis, l’exécutif français se targue d’avoir engrangé des victoires pour ses agriculteurs, sur le coût des engrais comme sur le futur budget de la politique agricole commune (PAC) pour sécuriser les aides européennes à leur revenu.”C’est le résultat de notre mobilisation déterminée et de mon engagement constant pour nos agriculteurs”, s’est-il félicité cette semaine. Des “avancées incontestables” dont “il faut donner acte à la Commission européenne”, a-t-il abondé jeudi.Mais la France n’a pas réussi, a priori, a réunir une minorité de blocage, et l’accord devrait donc être entériné par l’UE à la majorité qualifiée.De quoi nourrir les accusations d’impuissance d’un chef de l’Etat en fin de règne, voire d’une entente tacite avec les instances européennes, très favorables au Mercosur qui est aussi plébiscité par l’Allemagne et l’Espagne.”Emmanuel Macron a une responsabilité directe si ce traité passe”, puisque “depuis huit ans, il aurait pu et il aurait dû bloquer cet accord”, a affirmé la cheffe des députés La France insoumise Mathilde Panot à l’issue d’une réunion à l’Elysée.Si Emmanuel Macron a un temps espéré que la “pédagogie” permettrait de mettre en avant les avantages du traité et d’en relativiser les méfaits, le débat public est resté totalement défavorable.Jusqu’au bout, le gouvernement a donc dit que “le compte n’y est pas”. Le président a lui préféré jeudi pointer l’équation politique pour justifier son refus.

Hôpital: “tension dans tous les services d’urgences”, selon la ministre de la Santé

La ministre de la Santé Stéphanie Rist a fait état jeudi soir d’une “tension dans tous les services d’urgences” liée aux épidémies hivernales, à la neige et à la grève des médecins libéraux, qui s’est intensifiée selon les chiffres de l’Assurance maladie.”Il y a une tension dans tous les services d’urgences” du pays, a déclaré Stéphanie Rist lors d’une visite aux urgences de l’hôpital Saint-Antoine à Paris.”On arrive à réquisitionner s’il y a besoin”, a-t-elle ajouté, évoquant un “moment compliqué où il y a l’épidémie de grippe, où il y a eu l’épisode neigeux et la grève des médecins qui entraîne une augmentation d’activité dans tous les services d’urgence”.Concernant la grève des médecins libéraux débutée lundi, qui est censée monter crescendo et durer dix jours, l’activité était en baisse de 19% chez les généralistes mardi par rapport à l’activité habituelle, et celle des spécialistes de 12%, selon les données de l’Assurance maladie, a-t-elle indiqué, faisant état de “chiffres importants”.Ils correspondent au volume de feuilles de soin électroniques télétransmises à l’Assurance maladie par les médecins, par rapport au même mardi l’année dernière.Lundi, l’activité avait moins baissé: 15% chez les généralistes, et 6% chez les spécialistes, selon des chiffres donnés précédemment par la ministre.Pour les urgences de l’hôpital Saint-Antoine, qui subissent un pic de fréquentation, “c’était +40% d’activité hier, qui ont été absorbées”, avec des patients qui “ont été correctement pris en charge dans le service”, a indiqué Stéphanie Rist.Entre mardi minuit et mercredi minuit, le service a enregistré 240 passages contre 180 en moyenne habituellement. La nuit de mardi à mercredi a été particulièrement difficile, ont indiqué à la ministre le chef de service Pierre-Alexis Raynal et une urgentiste.De nombreux services d’urgences et les Samu-SAS (Services d’accès aux soins, qui répondent aux appels au 15) ont été débordés ces derniers jours par un pic de fréquentation intense, du “jamais vu” depuis la pandémie de Covid-19 selon plusieurs urgentistes.Divers hôpitaux ont déclenché des plans blancs (dispositif permettant notamment le rappel de soignants en repos, ou la déprogrammation de soins non-urgents), comme le CHU de Toulouse, qui dit dans son communiqué jeudi vouloir “anticiper et gérer” le report d’activité lié à la grève des praticiens des cliniques.

La Coordination rurale appelle ses troupes au repos mais le “combat continue”

La Coordination rurale a appelé jeudi soir ses troupes au repos et a demandé pour cela la “libération” de ses tracteurs ainsi que de ses adhérents interpellés, mais les agriculteurs “à bout” craignent la signature imminente de l’accord UE-Mercosur malgré l’opposition réaffirmée d’Emmanuel Macron.”Je n’ai vu aucune déclaration comme quoi les paysans étaient essentiels pour la France, c’est une honte”, a déclaré devant des dizaines d’agriculteurs réunis devant le Palais Bourbon le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau, juché sur un tracteur à la sortie de son rendez-vous avec la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet. Le deuxième syndicat agricole, habitué des actions coup de poing, a bravé les interdictions et débarqué à l’aube autour de l’Arc de Triomphe et de la tour Eiffel.La mobilisation avait commencé début décembre, la colère ayant été ravivée par la gestion gouvernementale de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest et par l’accord de libre-échange UE-Mercosur.”Le combat sera dur et sera long”, a ajouté M. Venteau, en précisant que ses troupes étaient prêtes à “revenir”. Il avait posé au préalable la condition d’un moratoire sur les contrôles administratifs, ou par l’Office français de la biodiversité, des agriculteurs, dont il souhaite la suppression, affirmant que le gouvernement avait désormais la main sur les annonces.Des actions de blocages routiers et manifestations sont prévues dans certaines régions, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne ces prochains jours, soit le troisième hiver d’affilée marqué par des mouvements d’agriculteurs qui déplorent précarité et concurrence déloyale des produits importés, notamment d’Amérique du Sud.- Macron “contre” le Mercosur -La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes Agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strabourg le 20 janvier si l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur était signé. Le président Emmanuel Macron a annoncé que la France voterait contre cet accord vendredi à Bruxelles, invoquant un “rejet politique unanime”. Ce vote des pays membres ne constitue pas “la fin de l’histoire”, a-t-il ajouté puisque l’accord devra encore être soumis au Parlement européen pour ratification.Ces dernières semaines, le gouvernement français et Bruxelles ont multiplié les annonces, mais la pilule du Mercosur ne passe pas pour les agriculteurs, qui craignent unanimement l’arrivée de bœuf, sucre et de volailles sud-américains produits avec des normes moins disantes que celles imposées aux européens. A sa sortie de rendez-vous avec le président du Sénat et la présidente de l’Assemblée, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a demandé un “créneau d’ici mars-avril” au Parlement pour une loi spéciale destinée à apporter des réponses “concrètes”. Il a appelé les parlementaires à voter le budget de l’État pour 2026 et à faire appliquer la loi d’orientation agricole et la loi dite Duplomb.- Pas de “défaillance” -José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, a déploré une absence d’engagement après l’échange avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard devant l’Assemblée. “Il n’y a rien du tout, aujourd’hui il faudrait un engagement sur la suppression des normes françaises”, a-t-il ajouté. Des parlementaires sont venus échanger avec des manifestants de la CR et Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée, a été violemment chahutée et invectivée.Selon la préfecture de police, les abords de l’Arc de Triomphe commencent à être évacués et les échanges se poursuivent pour encadrer le départ des engins aux portes de Paris.Une centaine de tracteurs a été bloquée dans la journée par les forces de l’ordre, a indiqué la préfecture de police. Une quarantaine était présente dans Paris et une soixantaine aux portes de la ville.Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées par le ministère de l’Intérieur en Ile-de-France mais hors de la capitale.En dehors de Paris en France, 67 actions ont réuni 2.200 manifestants, notamment sur des routes dans 39 départements, et 625 tracteurs, a déclaré à la presse le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez en début de soirée.La préfecture de police avait interdit les manifestations autour de certaines zones comme l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères ou le marché de Rungis mais les barrages ont été forcés. Le ministre a nié toute “défaillance” du dispositif, affirmant qu’il n’avait “pas souhaité” disperser les actions parisiennes de la CR, alors même qu’elles étaient “illégales”.Il a ajouté prendre note des demandes de libération des tracteurs et des adhérents de la CR. bur-mdz-sb-mca/uh/LyS

Après la neige, les vents violents: la France attend la tempête Goretti

Le nord-ouest de la France, à peine remis d’un épisode neigeux, se prépare à affronter la tempête Goretti avec des rafales de vent qui pourront atteindre 160 km/h dans la Manche où les établissements scolaires seront fermés vendredi.Ce département est placé en vigilance rouge, niveau d’alerte le plus élevé. Un tel seuil pour vents violents en France avait été atteint la dernière fois lors de la tempête Ciaran en 2023.Le pays avait alors été balayé par des rafales de près de 200 km/h, privant plus d’un million de foyers d’électricité et couchant au sol des pans entiers de forêt.Sur l’archipel de Chausey, au large de Granville (Manche), les habitants se sont déjà calfeutrés. “J’ai mon ciré, mes bottes, ma lampe torche, ma tronçonneuse aussi, tout est prêt”, témoigne pour l’AFP Hervé Hillard.A Granville, les tables en terrasse ont été rentrées et de nombreux magasins étaient déjà fermés dans l’après-midi. Au restaurant Le Cabestan, tout a été rangé “pour éviter d’abîmer le mobilier ou qu’il fasse des dégats en volant sur la route”, explique la patronne, Séverine Ledauphin.- Ne prendre “aucun risque” -Elle a décidé de fermer pour que ses employés ne prennent “aucun risque en rentrant” chez eux, une “première depuis 20 ans”, assure-t-elle.”On s’attend à un événement comparable à Ciaran”, à la différence notable que la tempête de 2023 s’accompagnait de “vents constants” à plus de 150 km/h alors que Goretti ne devrait atteindre cette vitesse qu’en rafales, a expliqué le préfet de la Manche, Marc Chappuis.Dans le département normand, Météo-France prévoit des rafales jusqu’à 160 km/h sur la côte et 140 km/h dans l’intérieur des terres.Le pire de la tempête est attendu entre 22H00 et 04H00. La préfecture appelle à limiter les sorties après 18H00. Les écoles, collèges et lycées seront fermés vendredi dans la Manche et la Seine-Maritime.Tous les véhicules de plus de 7,5 tonnes ont interdiction de circuler dans la Manche, avec une dérogation pour la collecte du lait.La préfecture incite les habitants à prévoir des moyens d’éclairage de secours et une réserve d’eau potable.Outre la Manche, une trentaine de départements, de la Charente-Maritime à l’Ile-de-France, sont placés en vigilance orange par Météo-France.Le préfet de Normandie Jean-Benoît Albertini a dit se préparer à un “événement dont l’ampleur dépasse ceux observés habituellement” dans la région. Un millier de pompiers y sont mobilisés.Le gestionnaire du réseau électrique Enedis a adopté des mesures préventives avec l’envoi de renforts et la préparation de kits de matériel spécialisés.- Vagues de 10 m -La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord a demandé aux usagers de ne pas prendre la mer “afin d’assurer la sécurité de tous” alors que des vagues de plus de 10 mètres sont attendues.L’abbaye du Mont Saint-Michel a annoncé la fermeture de ses portes à 17h et ne devrait rouvrir qu’à 14h vendredi.Plus à l’ouest, sur la plage du Sillon à Saint-Malo, des vagues de presque 7 m de haut sont également attendues.Cinq grands viaducs, dont le pont de Normandie ou le pont de Cheviré à Nantes, seront fermés de manière “préventive” de jeudi soir à vendredi matin, selon le ministère des Transports.La circulation des trains sera suspendue dans l’ensemble de la Normandie à partir de 22H00 et sera aussi perturbée en Bretagne ainsi que dans les Hauts-de-France.En région parisienne, les rafales devraient atteindre environ “90 à 100 km/h voire plus” pendant plusieurs heures, selon Météo-France.La tempête Goretti doit aussi balayer le Royaume-Uni, où l’agence britannique de météorologie, le Met Office, a émis une alerte rouge aux vents violents pour les Cornouailles, dans le sud-ouest de l’Angleterre. De fortes chutes de neige sont également prévues “dans certaines régions du Pays de Galles et des Midlands” dans le centre de l’Angleterre.bur-mas-ban-llb-mb/aro/dch   

Prison avec sursis pour un ex-patron de la DGSE dans une affaire de tentative d’extorsion

Au terme de dix années de procédure judiciaire, l’ex-directeur des services secrets français, Bernard Bajolet, a été condamné jeudi à un an de prison avec sursis pour avoir orchestré une tentative d’extorsion contre un homme d’affaires qui, selon la DGSE, l’aurait arnaquée.L’ex-directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure entre 2013 et 2017 a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Bobigny de complicité de tentative d’extorsion et d’atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique.Les faits qui lui sont reprochés remontent au 12 mars 2016. C’est donc une décennie d’enquête et de rebondissements judiciaires qui auront été nécessaires pour aboutir à cette condamnation, plus lourde que les six à huit mois d’emprisonnement avec sursis requis par le parquet.Conformément aux réquisitions, cette condamnation ne sera toutefois pas inscrite au casier judiciaire de M. Bajolet, 76 ans, du fait de ses états de service pour le pays.- Investissements infructueux -Le 12 mars 2016, Alain Dumenil, homme d’affaires franco-suisse impliqué dans pléthore d’affaires judiciaires et de litiges commerciaux, est arrêté par la police aux frontières à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle alors qu’il doit se rendre en Suisse.Les policiers l’emmènent sous prétexte de devoir vérifier son passeport et le conduisent dans une salle.Deux hommes en civil, appartenant à la DGSE mais jamais identifiés, entrent dans la pièce et informent M. Dumenil qu’il doit rembourser 15 millions d’euros à la France. Les services de renseignement estiment qu’il les a escroqués au début des années 2000, lorsqu’ils l’ont appelé à la rescousse pour sortir la DGSE d’investissements infructueux. Ceux-ci avaient été réalisés avec un fonds secret, confié par l’Etat il y a des décennies dans une volonté d’indépendance de l’institution en cas d’occupation étrangère ou de disparition du gouvernement. Les agents menacent M. Dumenil, dont les manœuvres financières lui ont valu d’être mis en examen pour banqueroute, notamment en lui montrant un album de photographies de ses proches. L’homme d’affaires s’emporte et annonce porter plainte. Les agents s’éclipsent.Au cours du procès, qui s’est tenu en novembre et a parfois semblé devenir celui des services secrets tout entier, Bernard Bajolet a toujours reconnu avoir validé le principe d’une rencontre mais sans avoir jamais imaginé, a-t-il assuré, que cela se ferait avec “une forme quelconque de contrainte”.”Les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû”, avait toutefois reconnu M. Bajolet qui, avec ses avocats, n’a pas souhaité faire de commentaire jeudi après lecture de la décision.- “Souffrances” -Le tribunal, qui a qualifié les méthodes employées de “choquantes”, “inquiétantes” et “contraires à l’Etat de droit”, a considéré qu'”il est peu probable que des agents puissent agir en toute autonomie” dans un dossier “aussi sensible”.De plus, selon le président du tribunal, si M. Bajolet avait fini par disqualifier la manière dont s’était déroulée l’entrevue avec M. Dumenil, il n’a pour autant jamais signalé ces faits à la justice ni engagé de démarche disciplinaire à l’égard des agents, jamais identifiés, le secret défense ayant été invoqué à plusieurs reprises lors de l’instruction.”Cette décision marque après des années de combat judiciaire une étape importante”, en rappelant que “la justice peut établir des responsabilités, y compris lorsque l’affaire touche à des pouvoirs d’Etat particulièrement sensibles et en dépit des obstacles qui lui sont opposés”, a réagi Me Nicolas Huc-Morel, avocat de M. Dumenil qui, lui, était absent lors de l’annonce de la décision. M. Bajolet a par ailleurs été condamné à verser 25.000 euros à M. Dumenil, dont 15.000 euros pour “les souffrances endurées”, le reste étant pour les frais de justice.Lors de l’audience de novembre, M. Dumenil était apparu très marqué, accusant, dans une déclaration quelque peu confuse, la DGSE de tentatives d’assassinat contre sa personne et de pression sur la justice. Il avait demandé trois millions d’euros.

Des fouilles prévues pour retrouver les Méchinaud, l’un des plus anciens “cold cases” français

Des fouilles sont prévues dans l’un des plus vieux “cold cases” de France pour retrouver la famille Méchinaud, disparue sans laisser de traces dans la nuit du 24 au 25 décembre 1972 en Charente, a-t-on appris jeudi auprès du parquet de Nanterre.Les “actes d’enquête (qui se poursuivent, ndlr) concernent notamment la réalisation de fouilles”, indique le parquet du pôle des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE), confirmant une information révélée par Ouest-France.Dans ce mystérieux dossier, plusieurs fouilles ont été réalisées sans succès à ce jour. Les dernières datent de 2020, ajoute le parquet.Menée par deux magistrats du pôle “cold cases”, l’enquête pour arrestation, enlèvement et séquestration a été ouverte par ce pôle spécialisé le 23 novembre 2023.”Aucune piste n’est à ce stade privilégiée”, indique encore le parquet.Selon Ouest-France, l’une des principales hypothèses dans ce dossier porte néanmoins les soupçons sur Jacques Méchinaud, qui aurait appris que sa femme avait un amant quelque temps avant la disparition.Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1972, le couple Méchinaud et leurs deux fils quittent dans leur Simca 1100 grenat des amis chez qui ils ont passé le réveillon à Cognac (Charente).Ils n’arriveront jamais à leur maison de Boutiers-Saint-Trojan, à quatre kilomètres de là. Une semaine après, quand l’enquête commence, on retrouve chez eux la dinde et les huîtres de Noël dans le réfrigérateur, les cadeaux des enfants au pied du sapin.La famille des disparus a “toute confiance” dans les juges d’instruction et “espère que la reprise du dossier par le pôle permette de faire enfin la lumière sur ce dossier mystérieux”, a commenté pour l’AFP Me Marine Allali du cabinet Seban Avocats, qui défend une soeur de Pierrette Méchinaud, âgée à l’époque de sa disparition de 29 ans.