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Budget: le gouvernement abat ses dernières cartes pour arracher un budget

Des heures décisives. Sébastien Lecornu entre dans la toute dernière ligne droite pour trouver un accord sur le budget avec les socialistes qui lui éviterait une censure, se résignant à une adoption sans vote, par 49.3 ou ordonnance.Il s’exprimera “en fin de journée depuis Matignon afin de présenter les éléments de fond pour construire le contenu d’un accord sur le projet de loi de finances pour l’année 2026”, a fait savoir son entourage.Le Premier ministre s’est donné jusqu’à mardi pour trouver une solution acceptable aux yeux du PS qui l’a jusqu’à présent épargné. Sur le fond mais aussi sur la forme, ces deux outils constitutionnels étant perçus par ses opposants comme des “passages en force”.Le gouvernement a pris jeudi soir la décision de suspendre les interminables débats budgétaires à l’Assemblée nationale. Un coup de théâtre justifié par l’impossibilité d’aller à un vote sur le budget de l’Etat.Le Premier ministre, qui s’est rendu vendredi matin à l’Elysée pour rencontrer Emmanuel Macron, a averti qu’un renversement de son gouvernement serait quasi automatiquement synonyme d’élections législatives anticipées qui pourraient coïncider avec les municipales (15 et 22 mars).”On a donné toutes ses chances au débat” mais “nous avons des saboteurs à l’Assemblée nationale”, la France insoumise et le Rassemblement national, a accusé sur France 2 la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, en première ligne dans les discussions avec les forces politiques qu’elle a déjà réunies à plusieurs reprises à Bercy.La ministre a esquissé quelques pistes de propositions du gouvernement, sur les collectivités locales, en attente d’engagements financiers à quelques semaines des élections municipales, ou la fiscalité.- “Amateurisme” -Le gouvernement va regarder pour les collectivités “comment on répartit l’effort” et “qu’est-ce que chacun peut faire”, a-t-elle dit. Il s’agit sur ce point de trouver un juste milieu avec la droite au Sénat, chambre des territoires, désireuse d’abonder fortement les moyens des collectivités.Sur le plan fiscal, le gouvernement pourrait aussi rétablir une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, après avoir vu échouer là aussi son amendement sur le sujet, censé rapporter 6,3 milliards d’euros et aider à la négociation avec le PS, mais repoussé y compris par des députés du camp gouvernemental. Pour le cadre général, Matignon a prévenu qu’il souhaitait arriver à un déficit de 5% maximum du PIB, déplorant qu’il atteigne “à ce stade” 5,3%.Une fois les propositions sur la table, le chef du gouvernement va devoir trancher sur la manière de les faire entrer dans la loi.Les discussions budgétaires sont théoriquement censées reprendre mardi après-midi, et le Premier ministre devrait donc avoir d’ici là choisi de recourir soit à l’article 49.3 de la Constitution, soit à une ordonnance budgétaire (article 47). – “Décanter” -Amélie de Montchalin a dit qu’elle n’avait “pas de préférence” mais qu’elle souhaitait “de la stablité et un budget”.Un recours à l’article 49.3, auquel Sébastien Lecornu avait solennellement renoncé à la demande du PS pour éviter une censure, permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix. Mais il devrait l’utiliser potentiellement trois fois (sur les dépenses, les recettes, puis sur l’ensemble du texte), s’exposant à chaque fois à une censure.L’ordonnance budgétaire, c’est-à-dire la traduction du budget dans un texte qui n’a pas besoin de passer devant le Parlement, serait inédite, et constituerait un précédent potentiellement lourd de conséquences.Sauf que, contrairement au 49.3, elle permettrait de doter le pays d’un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.Le député socialiste Emmanuel Grégoire a jugé sur TF1 “inacceptable” le recours à une ordonnance qui voudrait dire “forcément censure, puisque sur les ordonnances il ne peut pas y avoir d’amendements, d’enrichissement” du texte ou de correction du budget”. Sur le 49.3, “ça dépend évidemment de la copie finale” et des propositions du gouvernement. “Et donc nous allons vivre évidemment des heures décisives”.Pour Sébastien Lecornu comme pour les socialistes, un recours au 49.3 aurait un goût amer. Son abandon était un marqueur d’action du Premier ministre et pour le PS, le signe d’un retour au premier du parlementarisme.

Au lycée, les téléphones dans des mallettes pour mieux se concentrer

“Au début, c’était compliqué, parce que je suis addict à mon téléphone”, admet Lina, 18 ans. Dans son lycée du Val-d’Oise, les portables sont déposés dans une mallette pendant les cours et “ça m’a aidée à me concentrer”, reconnaît l’élève de terminale. “Mes notes ont augmenté”, poursuit la lycéenne aux cheveux retenus par un bandeau, qui prépare un bac professionnel Agora (Assistance à la gestion des organisations) au lycée de Montsoult (Val d’Oise). “Avant, je tournais autour des 8, 9, 10. Maintenant, je suis plus autour des 14” de moyenne.Dans ce lycée professionnel, qui accueille 600 élèves, souvent en difficulté voire en décrochage scolaire et socialement défavorisés, l’interdiction du téléphone en cours, inscrite dans le règlement intérieur, peinait à être respectée.L’équipe pédagogique a décidé l’an dernier de faire déposer le portable dans une boîte en classe, une expérimentation pérennisée cette année grâce à une aide de la région dans le cadre d’un dispositif “Zéro portable en cours”. Il a permis de financer des mallettes pour chaque salle de classe. Les élèves peuvent récupérer leur téléphone après le cours et l’utiliser dans le reste de l’établissement.”J’ai géré beaucoup moins d’incidents de portables” et “ça a été accepté dans l’ensemble, à partir du moment où la règle a été collective”, constate la proviseure, Françoise Rossi.- “climat apaisé” -14H15, début du cours d’espagnol, 24 élèves de terminale entrent dans la classe et s’installent. Leur professeure passe entre les tables avec une mallette souple noire, qui comporte un emplacement numéroté par élève pour ranger son téléphone. Chacun y glisse le sien, le cours commence. L’enseignante Christine Antunes distribue des dictionnaires papier aux élèves, dont l’utilisation est peu familière à certains, “à force d’utiliser le téléphone portable notamment”, glisse-t-elle.Pour elle, la collecte des portables a “apaisé le climat scolaire” car “beaucoup d’altercations étaient dues à l’utilisation des téléphones”. “C’était des élèves qui essayaient de tricher”” ou “qui ont filmé parfois ce qui se passait en classe”. “Il y avait toujours la petite main qui était dans le sac pour essayer de regarder un contenu, de taper un message…”. Aujourd’hui, “on voit que les élèves sont beaucoup plus concentrés”, observe-t-elle. Un constat partagé par Lina et ses camarades. “Il n’est plus dans ma poche, déjà. Je n’ai plus cette habitude de penser à mon téléphone”, explique Wiâm, 18 ans, qui reconnaît passer “beaucoup d’heures” sur TikTok, Spnapchat, Instagram ou Youtube.- 12 heures par jour -Lina avoue aussi être “tout le temps sur son téléphone” sauf en cours, et passer “11 heures facile” voire 12 par jour sur son écran, surtout sur les réseaux sociaux. Maintenant, en cours, “elle est plus concentrée sur le tableau” que sur l’appareil.A côté d’elle, Nisa, 18 ans, adepte de TikTok et Snapchat, trouve “difficile de laisser” son téléphone, sur lequel elle est constamment “quand elle ne dort pas”. Mais depuis elle a appris à “gérer”, explique la jeune fille aux yeux maquillés de noir.Quant à une interdiction généralisée du téléphone au lycée, à laquelle le gouvernement travaille, “ce serait très compliqué”, estime Wiâm. Lina, elle, pense que “les gens ne vont pas le respecter du tout”.La proviseure est aussi dubitative. “Ça demande une autre gestion si on veut l’interdire sur l’ensemble de l’établissement”, estime-t-elle. “Il faut gérer les flux d’entrée et de sortie des élèves”, et “est-ce que, dans ce cas-là, il ne faut pas basculer sur des casiers nominatifs d’élèves?”, se demande-t-elle. Mais “600 casiers d’élèves, je ne sais même pas comment je l’organise dans l’espace…”.Christine Antunes craint, elle, que cela renforce l’absentéisme, déjà élevé dans ce lycée. L’important est de “continuer le travail d’éducation et de prévention”, car “le problème, c’est que quand ils rentrent chez eux, ils reprennent leurs habitudes”, souligne-t-elle.

A Arques, la verrerie qui était “le poumon de la ville”

“C’était tout, Arc. La ville vivait avec la cristallerie”, résume Frédéric Specque, salarié depuis 1989. Depuis deux siècles, la petite commune d’Arques (Pas-de-Calais), 10.000 habitants, a été façonnée par sa verrerie-cristallerie, qui occupe le coeur de la ville.Grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, en difficulté chronique depuis deux décennies, Arc France a été placé en redressement judiciaire début janvier, ravivant la crainte de nouvelles suppressions d’emplois.À quelques centaines de mètres des fours, l’ancien château de la famille Durand, qui a fait l’âge d’or d’Arc au XXe siècle, trône toujours. Timothée Durand, 49 ans, fils et petit-fils de dirigeants de l’entreprise, est sur les rangs pour la reprendre.”Depuis 200 ans, la ville s’est construite autour de l’usine. Beaucoup de maisons ouvrières ont été bâties à proximité”, raconte Tanguy Tartar, 53 ans, syndicaliste Unsa, entré chez Arc en 1994 après son père. “Nos employeurs donnaient même une prime de rapprochement quand on voulait se rapprocher du site”, se souvient-il.Longtemps premier employeur privé du département, Arc ne compte plus que 3.500 salariés aujourd’hui, contre près de 12.000 au début des années 2000.- “On signait pour la vie” -“Postuler chez Arc, c’était une évidence pour ceux qui n’avaient pas fait de longues études. C’était la boîte qui embauchait, avec une vraie sécurité de l’emploi”, se rappelle Frédéric Specque, délégué CGT.”Tout le monde vivait avec la cristallerie. Il y avait des bus qui passaient dans tous les villages, à chaque prise de poste, matin, après-midi, nuit, pour récupérer les travailleurs”, raconte l’ouvrier, qui dit n’avoir connu aucun mouvement social d’ampleur.”Il y avait tous les métiers ici: cuisiniers pour le restaurant intégré, jardiniers, menuisiers, ingénieurs, ouvriers”, poursuit-il.”On vivait en autarcie”, selon Régis Boulanger, aujourd’hui retraité après 43 ans à l’usine. Entré comme cariste, sorti responsable d’exploitation, il compare Arc à “la fonction publique: on signait pour la vie”. “C’était le poumon de la ville”.Illustration d’un paternalisme industriel, le patron Jacques Durand avait même acheté un camping à Saint-Cécile”, sur la côte, raconte Tanguy Tartar. “Pour les salariés, c’était quasiment gratuit. En contrepartie, quand l’usine avait besoin d’eux, ils étaient juste à côté”.Fondée en 1825, l’entreprise est devenue un empire industriel familial qui a conquis le monde, avant de connaître ses premières difficultés au début des années 2000. Implanté au bord d’un canal facilitant son approvisionnement en sable, le site d’Arques tourne 24 heures sur 24.”C’est un pilier économique en termes d’emplois, d’attractivité et de rayonnement international” qui a permis “l’essor du territoire”, souligne le maire socialiste de la commune, Benoît Roussel. “Chaque famille a au moins un membre qui a travaillé ou travaille encore chez Arc”, ajoute-t-il.- “Phare” -L’entreprise a aussi façonné le paysage urbain. “À Arques, on compte 33 équipements sportifs, ce qui n’est pas anodin pour une commune de cette taille”, observe le maire.Didier Barras, mécanicien mouliste de 57 ans, entré chez Arc en 1989, se souvient d'”une ville dans la ville”. “C’était une fourmilière. On se disait qu’on irait jusqu’à la retraite”.Aujourd’hui, “ce qu’on vit est une catastrophe économique”, estime-t-il. “Le carnet de commandes s’est effrité. Le coût de l’énergie nous a fait très mal. Avec le pouvoir d’achat en berne, les gens achètent moins: la vaisselle n’est pas une priorité”.Derrière lui, il pointe l’ancienne usine 1, en friche depuis une quinzaine d’années, et les anciens bâtiments administratifs abandonnés. “C’est un désert”, lâche-t-il.”Si Arc disparaissait demain, je n’ose pas l’imaginer. Ce serait comme la fermeture des mines ou des aciéries: on deviendrait une zone sinistrée”, redoute M. Specque.Arc, dont dépend aussi plusieurs centaines d’emplois de sous-traitants, demeure l’un des principaux employeurs industriels de la région. Mais “l’agglomération dépend un peu moins d’Arc” qu’autrefois, estime Laurent Denis, président socialiste de la communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer (Capso).Après les premières difficultés du groupe, les collectivités ont cherché à diversifier le bassin d’emploi, avec l’arrivée notamment de la brasserie Goudale ou d’Alphaglass (bouteilles en verre), explique M. Denis.”L’entreprise tousse, mais elle tient”, veut croire le maire d’Arques, qui a récemment tenu à faire rénover le rond-point Jacques Durand et sa sculpture en cristal. “C’est un phare”.

Enquête administrative ouverte après le suicide d’une lycéenne en Seine-et Marne

Une enquête administrative a été ouverte après le suicide d’une lycéenne de 17 ans en Seine-et-Marne, cible selon sa famille de harcèlement scolaire depuis décembre, a indiqué vendredi le ministère de l’Education nationale. Cette enquête a été confiée “à l’inspection générale de l’éducation nationale, du sport et de la recherche”, a dit le ministère à l’AFP, confirmant une information du Monde.”Elle devra établir, avec rigueur et objectivité, le déroulement des événements, les réponses apportées par l’institution, et en tirer tous les enseignements nécessaires”, a-t-on ajouté.Le parquet de Meaux a annoncé l’ouverture de deux enquêtes – l’une pour déterminer les causes de la mort et l’autre sur la question du harcèlement scolaire – après le suicide de Camélia, élève de 17 ans du lycée Balzac de Mitry-Mory. L’adolescente, qui a été mortellement percutée par un train RER mardi et qui était selon sa famille victime de harcèlement scolaire depuis décembre, s’est “volontairement donné la mort”, a indiqué le procureur de la République de Meaux.L’académie de Créteil avait déclaré jeudi qu’elle n’allait pas ouvrir d’enquête administrative “à ce stade” car il n’y avait, selon elle, pas d’éléments suggérant qu’il y ait eu un dysfonctionnement dans le système d’alerte harcèlement.

Grève des médecins : le gouvernement propose une série de mesures

Le gouvernement a dévoilé vendredi une série de propositions visant à renouer le dialogue avec les médecins libéraux, au terme d’une grève de dix jours de la profession, actant notamment l’abandon d’objectifs obligatoires de réduction des prescriptions décidés par l’Assurance maladie.Dans un communiqué, le ministère de la Santé précise ainsi que le gouvernement s’engage à porter, dans le cadre du débat parlementaire, “un amendement de suppression de la mesure faisant évoluer la procédure de Mise sous objectifs (MSO) du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, actuellement examiné par le Parlement”.Cette mesure, contestée par les syndicats de médecins libéraux qui avaient appelé à une grève entre le 5 et le 15 janvier, figure dans ce projet de loi que le Sénat a adopté en décembre, et qui doit maintenant être examiné par l’Assemblée.Dans le même temps, “une mission d’accompagnement sera lancée pour réaliser un diagnostic sur cette procédure et identifier des voies d’amélioration, notamment en termes de transparence”, indique le communiqué.Il ne s’agit pas d’un recul mais d'”une écoute des médecins qui considèrent, et on peut le comprendre, qu’ils se sentent stigmatisés quand on met une mesure de telle sorte dans un projet de loi de lutte contre la fraude”, a expliqué la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur France inter vendredi matin.Autre annonce du ministère de la Santé, la “suppression des mesures permettant des baisses unilatérales de tarifs” adoptées dans la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (articles 77 et 78), “à travers le prochain vecteur législatif qui le permettra”.Ces articles, qui permettent aux autorités sanitaires de fixer de manière unilatérale des tarifs médicaux en l’absence d’accord avec les syndicats représentatifs, figurent également parmi les principales raisons de la grève des médecins. L’article 78 avait été adopté sur la base d’un amendement parlementaire, et non d’une proposition gouvernementale.Le ministère de la Santé évoque également la mise en place effective d’un guichet d’aide et d’information à l’installation des médecins, adopté dans le budget de la Sécu 2023 mais jamais concrétisé.Avec ces annonces, “mon objectif est de recréer une confiance et un travail avec les médecins” pour “que nous puissions améliorer ce travail commun au bénéfice de nos concitoyens”, a poursuivi Stéphanie Rist, tout en insistant sur le fait qu’il n’était “pas question de revenir sur la maîtrise de nos dépenses”.

Social media sites block 4.7 million underage accounts in Australia

Tech giants have blocked 4.7 million accounts under Australia’s world-first social media ban for under-16s, the country’s online safety watchdog said Friday.Initial figures showed platforms were taking meaningful action to remove underage users, Australia’s eSafety Commissioner Julie Inman Grant said.”It is clear that eSafety’s regulatory guidance and engagement with platforms is already delivering significant outcomes,” she said in a statement.Australia …

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Matignon juge “impossible” l’adoption du budget par un vote, un 49.3 ou une ordonnance attendus

Matignon a acté jeudi soir que le vote d’un budget était “désormais impossible” à l’Assemblée nationale, le gouvernement officialisant le fait qu’il tranchera entre un recours au 49.3 ou à une ordonnance pour faire passer le texte. Pour tenter d’éviter ensuite la censure, il fera des propositions de “compromis” vendredi.”Il y a deux options devant nous”, le “49.3” ou une “ordonnance”, a déclaré jeudi soir la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, interpellée par des députés pendant les débats sur le budget dans l’hémicycle.Un peu plus tôt, Matignon avait dénoncé, dans un communiqué, un “sabotage continu” de certaines formations politiques qui “rend désormais impossible l’adoption d’un budget par un vote de l’Assemblée nationale”.Ciblant explicitement le Rassemblement national et La France insoumise, les équipes du Premier ministre Sébastien Lecornu reprochent notamment au groupe de Marine Le Pen d’avoir fait voter une réduction de la dotation globale de fonctionnement (DGF) de 4,9 milliards d’euros, dans l’enveloppe des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales.”Si vous n’avez pas de budget aujourd’hui, ce n’est pas la faute du groupe Rassemblement National (…) ce n’est pas la faute des Insoumis (…) C’est parce que la majorité absolue du PS jusqu’aux LR, est incapable de se mettre d’accord sur un budget”, a rétorqué dans l’hémicycle le député RN Jean-Philippe Tanguy.Jeudi matin, le gouvernement a subi un autre revers important: son amendement sur la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, censé rapporter 6,3 milliards d’euros en 2026, étant sèchement battu, alors que la mesure est un point-clé de la négociation avec le PS.Et Matignon de déplorer que le déficit public “à ce stade” de la discussion se monte à “5,3%” du PIB, plus haut que les 5% au maximum souhaité par l’exécutif, “ce qui est inacceptable”. De quoi rendre “inéluctable” selon les équipes de Sébastien Lecornu le recours au 49.3 ou à une ordonnance inédite sous la Ve République, pour faire passer le budget.- “Propositions vendredi” -Le scénario pourrait être tranché d’ici mardi”, a confirmé l’entourage du Premier ministre. La décision doit être prise “quand les débats seront arrivés à leur terme”, a déclaré Amélie de Montchalin, alors que le vote sur la partie “recettes”, crucial pour l’avenir du texte, doit avoir lieu en fin de semaine ou en début de semaine prochaine. Un recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix. Mais il devrait l’utiliser potentiellement trois fois, s’exposant à chaque fois à une censure qui renverrait le texte dans la navette parlementaire.L’ordonnance budgétaire, c’est-à-dire la traduction du budget dans un texte qui n’a pas besoin de passer devant le Parlement, serait inédite et le précédent serait potentiellement lourd de conséquences pour les débats budgétaires des années suivantes. Mais contrairement au 49.3, l’ordonnance permettrait de doter le pays d’un budget, même si le gouvernement devait être censuré ensuite par l’Assemblée, ce qui est plausible au vu des réactions virulentes contre cette piste, y compris au Parti socialiste.”Aucune femme, aucun homme attaché à la défense de la République ne peut accepter ce qui ne serait ni plus ni moins qu’un nouveau 18 Brumaire (coup d’Etat de Napoléon, ndlr)”, affirme ainsi l’un des négociateurs du PS sur le budget, Philippe Brun, dans une tribune transmise à l’AFP, assurant qu’il censurerait un gouvernement qui prendrait cette voie.Aurélien Le Coq (LFI) a de son côté fustigé les deux solutions (49.3 ou ordonnance) entre lesquelles va trancher l’exécutif et qui conduiront, dans les deux cas, à un “coup de force”.Pour autant, Sébastien Lecornu semble toujours décidé à trouver un compromis pour éviter une censure du PS. En ce sens, Matignon a annoncé que “le Premier ministre et les ministres feront des propositions demain (vendredi) d’évolution de la copie initiale” du budget.Et l’entourage du Premier ministre assure qu’il n’y aura quoi qu’il arrive pas de budget définitivement adopté “avant la mi-février”.Emmanuel Macron escomptait un budget pour “fin janvier”, et a appelé jeudi dans ses voeux aux armées à des “efforts” “pour accélérer notre réarmement”, qui passent notamment par l’adoption d’un projet de finances pour 2026. “L’idée c’est de décanter les choses en janvier et ce sera bien le cas”, a relevé jeudi soir un proche du président.Dans une ambiance de lassitude à l’Assemblée, les débats doivent s’achever jeudi à minuit, avant de reprendre à 9H00 vendredi matin.pol-sl-are-sac/sde/cbn

Face aux juges, le producteur de Werenoi se défend d’avoir violenté une amie du rappeur défunt

Le producteur de Werenoi, Babiry Sacko dit Babs, jugé jeudi à Bobigny pour violences aggravées contre une amie du rappeur décédé, a nié avoir porté le moindre coup, sans s’expliquer comment elle avait fini amochée après leur entrevue dans un bar où il venait lui réclamer un million d’euros.”Repose en paix mon frère”, avait écrit Babs à l’annonce de la mort du rappeur de 31 ans Werenoi – Jérémy Bany Owona de son vrai nom – dans un hôpital parisien le 17 mai. Mais depuis les proches de l’artiste ne font que se déchirer sur fond de conflits financiers.En survêtement Yves Saint Laurent, mâchant un chewing-gum, le producteur de 33 ans a fait une entrée nonchalante devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny, avec 1H30 de retard. Ses avocats ont fait valoir qu’il avait dû être extrait du centre de semi-liberté où il purge, jusqu’au 18 janvier, une peine due à sa condamnation dans une ancienne affaire d’extorsion avec violence.En six heures d’audience, Babs a maintes et maintes fois évoqué le “million d’euros envoyé à Jérémy pour qu’il achète un bien immobilier à Dubaï” et dont il réclame et réclamera toujours, dit-il, la restitution à Fatima B., 35 ans.Une victime que le prévenu traite sans cesse de “voleuse”, en rappelant qu’il porte plainte contre elle à Paris pour escroquerie, au déplaisir de la présidente qui tente de recentrer le débat sur les violences et le cyberharcèlement qui lui sont reprochés.Au cours de l’enquête, Fatima B. a raconté avoir grandi avec Jérémy en Seine-et-Marne avant de le retrouver en 2021 à Dubaï où elle travaillait déjà “dans l’évènementiel”, “le business”. C’est là qu’elle est devenue, a-t-elle dit, “la petite amie officieuse” du rappeur, ce que la défense de Babs conteste ironiquement en la surnommant “l’amante imaginaire”.La trentenaire relate avoir été agressée, le 22 mai à 2H00 du matin, dans l’arrière-salle d’un bar à chicha de Montreuil (Seine-Saint-Denis) par des membres de l’entourage professionnel du producteur et Babs lui-même. Sept jours d’ITT (incapacité totale de travail) lui ont été attribués pour les coups portés au corps et au visage, et le traumatisme psychologique. Elle accuse Babs de lui avoir donné la première gifle, de l’avoir étranglée, de lui avoir donné des coups de pied au pubis et de l’avoir menacée de mort, puis d’avoir volé son passeport en lui lançant: “y’a plus de Dubaï”. – “Enervé” -S’il a gardé le silence en garde à vue, Babs accepte de répondre à la présidente, qui lui fait d’abord cracher son chewing-gum. “Je n’ai commis aucune violence envers elle”, dit-il, reconnaissant seulement avoir passé douze minutes, cette nuit-là, dans le bar. Juste le temps de faire écouter des audios qui prouveraient qu'”elle a fait une magouille”, ce qu’elle a toujours contesté. Il ajoute: “Oui j’étais énervé contre Fatima. Est-ce qu’énervé veut dire +taper+? Non”.Le gérant du bar avait vu la jeune femme “bien amochée”. Lui non. Il dit ignorer comment les blessures ont pu être occasionnées…- Vous avez écrit sur vos réseaux: “Tu m’auras sur le dos jusqu’à ta mort”, lui lit la juge. – “Je confirme”, répond le prévenu.Revendiquant d’avoir promu Werenoi, l’artiste ayant vendu le plus d’albums en 2023 et 2024 en France, Babs se présente en producteur de musique “reconnu”, propriétaire de sept à huit logements, et n’ayant “pas besoin d’argent”. La partie civile, elle, ne manque pas de lui rappeler la douzaine de mentions à son casier judiciaire, pour trafic de stupéfiants, escroquerie ou extorsion avec violence.”S’il y a une victime dans cette affaire, ce n’est pas M. Sacko!”, lance Me Clarisse Serre, plaidant que Fatima B. a été “défoncée” ce soir-là. “Il est incontestable qu’il y a eu des violences”, a rappelé le procureur, même si “aucun témoin direct” n’a pu être entendu. Il a réclamé “une peine de 12 mois d’emprisonnement aménagé en semi-liberté” et “l’interdiction d’entrer en relation avec la victime pendant trois ans”.En défense, Me Mourad Batikh a demandé la relaxe, en plaidant que la parole de Fatima B. n’était “pas crédible”. Il a souligné que son client, lui, était “venu nature peinture” devant le tribunal, “sans jamais feindre” d’avoir de la peine pour la victime.Jugement attendu le 19 févier.

South Korea’s ex-leader Yoon faces first court verdict over martial law chaos

A South Korean court will rule Friday on whether former president Yoon Suk Yeol obstructed justice during his disastrous martial law declaration and in its chaotic aftermath, the first in a series of verdicts for the disgraced ex-leader.Yoon briefly suspended civilian rule in South Korea for the first time in more than four decades on …

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France: 40 ans d'”emprise” dans une congrégation de soeurs catholiques

Gavage, chantage, abus financiers, psychologiques et spirituels: un rapport détaille un système d'”emprise” marqué par une “dérive sectaire” qui a régné pendant 40 ans au sein d’une congrégation de soeurs catholiques à Paris.Un rapport de 142 pages publié par une commission indépendante, mandatée en 2024, décrit le système mis en place chez les Bénédictines du Sacré-Coeur de Montmartre (BSCM) par l’ancienne supérieure, mère Marie-Agnès, à l'”autorité excessive et inappropriée” avec “une dérive manifeste dans tous les domaines”.Les soeurs de cette congrégation catholique avaient déjà reconnu en 2023 qu’un “système d’emprise” avait existé pendant plusieurs décennies, et demandé que la lumière soit faite sur le passé.Après avoir rencontré les 86 sœurs actuellement membres des BSCM et 28 ayant quitté la communauté, la commission fait état de 1.489 faits, allant de l’abus d’autorité au culte de la personnalité en passant par le pouvoir financier et la maltraitance physique ou psychologique.Ce système a perduré de 1969, date de l’élection de soeur Marie-Agnès en tant que prieure générale, jusqu’au début des années 2010, avec une dérive qui “s’est accentuée après 2004”.Pour les jeunes victimes poussées à s’engager “très vite” après leur recrutement s’instaure ce qu’une soeur décrit comme “un régime policier”.Car la responsable, à la personnalité “de type pervers narcissique”, a une capacité à repérer les vulnérabilité des soeurs qu’elle harcèle ensuite et manipule, souligne la commission présidée par l’ancien général Hervé Giaume.Coupées de leur famille, les religieuses doivent accepter que leurs parloirs soient écoutés et leur courrier lu. “L’espionnage, l’incitation à la délation et le chantage sont présents dans tous les prieurés et sanctuaires”, ajoute le rapport qui parle de “contexte clairement marqué par une dérive sectaire”.Le rapport détaille une “suractivité” imposée aux soeurs pour “empêcher toute prise de recul”, et une série de “violences verbales, parfois physiques” ainsi qu’une maltraitance psychologique: “infantilisation, culpabilisation, humiliation, dévalorisation”.”Je ne pouvais pas me mettre à genoux (…) et elles m’ont demandé de récurer l’entièreté des lieux à la brosse à dent et à l’éponge”, témoigne une soeur. Le rapport évoque même une “soumission médicamenteuse pour les plus récalcitrantes”.S’il n’y a pas ici de violences sexuelles, la maltraitance passe aussi par la nourriture avec des “repas forcés et déséquilibrés” et des “gavages allant jusqu’aux vomissements”. Car “il fallait (…) ressembler même physiquement” à la supérieure, a expliqué une soeur à la commission.- Héritages captés -Sur le plan financier, le rapport note que “le recrutement des jeunes filles visait manifestement les familles aisées” et que “faire +entrer de l’argent+ constituait une préoccupation constante” de mère Marie-Agnès.La congrégation “prenait en main les biens des sœurs dès le postulat”, avec parfois des “comptes bancaires et livrets vidés, héritages captés”. Un total de 857.356 euros a ainsi été prélevé sur les comptes de cinq soeurs et de la congrégation, selon le rapport. Mère Marie-Agnès, décédée en 2016, était secondée dans sa tache par deux acolytes (des soeurs40 nommées X et Y dans le rapport).Ce trio menait un “train de vie fastueux”: repas gastronomiques, vacances sur la Côte d’Azur… ainsi que des investissements immobiliers dans deux appartements et une maison près de Vernon (Nord de Paris). Le rapport note que le trio a habité “souvent en civil” dans cette maison entre 2008 et 2012, avant de la revendre avec une moins-value de 150.000 euros.La commission, qui émet 58 préconisations, appelle à plusieurs mesures de réparation (indemnisations et remboursements). Elle prône une reconnaissance officielle par l’Eglise des dérives “qu’elle n’a pas vues, ou pas voulu voir”, notamment au niveau du diocèse de Paris dont Jean-Marie Lustiger était archevêque pendant une partie des faits.Dans un communiqué le diocèse de Paris “reconnaît aujourd’hui que pendant de nombreuses années, il n’a pas exercé, en ses responsables, son propre devoir de vigilance”.La commission souligne qu’avec des “changements importants” engagés depuis 2014, la congrégation “a retrouvé aujourd’hui un fonctionnement normal mais encore fragile”.Car il est “essentiel de restaurer la confiance”, ajoute le texte.