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C1: Hué et abattu, Vinicius touche le fond à Madrid avant de recevoir Monaco

On lui prédisait le Ballon d’Or il y a deux ans et samedi il a subi une bronca retentissante au Bernabeu: Vinicius Junior, en attente de prolongation au Real Madrid, incarne la crise traversée par le club merengue avant de recevoir Monaco mardi en Ligue des champions.L’attaquant est marqué par le triple traumatisme encaissé en 72 heures la semaine dernière: la défaite en finale de la Supercoupe face au FC Barcelone (3-2), le remplacement de Xabi Alonso par Alvaro Arbeloa au poste d’entraîneur qui a suivi et l’élimination en Coupe face à Albacete, un club de deuxième division. Avant le début du match de Liga face à Levante samedi, le public madrilène a copieusement sifflé les joueurs, Jude Bellingham et Vinicius en tête, en agitant des mouchoirs blancs et en appelant à la démission du président Florentino Perez.Des images ont montré le Brésilien dans le tunnel, assis sur des marches et le visage enfoui dans ses mains, accablé en entendant la bronca monstre lorsque son nom était prononcé parmi les titulaires.Au cours du match, les supporters ne lui ont rien pardonné. Ils l’ont sifflé non seulement lorsqu’il perdait un ballon mais aussi lorsqu’il tentait de dribbler, de frapper au but ou de servir un coéquipier. – Pointé du doigt -Vinícius, qui évolue depuis 2024 loin de l’aura qui a failli le propulser vers le Ballon d’Or après avoir remporté la Ligue des champions, est considéré comme l’un des principaux responsables du limogeage d’Alonso, depuis l’esclandre qu’il avait provoqué lors de son remplacement pendant le Classico remporté par le Real en octobre.C’est dans ce climat tendu que le club négocie la prolongation de son contrat qui expire en 2027. Le fait que le Brésilien de 25 ans demande une augmentation de salaire à un moment de méforme sur le terrain (cinq buts en championnat, aucun en Ligue des champions) a également sapé sa relation avec les supporters merengues. Samedi, l’ailier gauche n’a pas répondu au public et a contribué pendant 90 minutes à la victoire madrilène (2-0). Au coup de sifflet final, il a été le premier à quitter le terrain et a filé en courant aux vestiaires.”Les sifflets affaiblissent l’équipe. Je sais qu’il y a des campagnes visant à affaiblir le Real Madrid et je sais qui les organise. Ils ne m’auront pas”, a affirmé lundi en conférence de presse Alvaro Arbeloa, sans vouloir s’étendre sur les instigateurs de ces “campagnes”.”Ce que je souhaite et que j’attends, c’est que le Bernabéu soutienne tous ses joueurs, et surtout Vinicius (…). Il nous a offert deux Ligues des champions magiques. Et il a besoin du Bernabéu pour donner le meilleur de lui-même”, a-t-il insisté. “Ce n’est pas la faute de Vinicius si nous ne jouons pas comme nous jouons. C’est la faute de tout l’effectif”, a abondé l’attaquant vedette Kylian Mbappé.Pour l’actuel meilleur buteur de Liga (19 buts) et de C1 (9 buts), de retour de blessure, l’ailier gauche brésilien est un “très grand joueur” et “un type incroyable”. – Emoji coeur – “Il est surprenant que l’on se focalise autant sur Vinicius, c’est quelque chose de bien plus global. C’est à lui de renverser la situation. Aujourd’hui, il s’est battu et on a démontré que quand on veut, on peut”, avait expliqué samedi l’ex-professionnel Alvaro Benito, désormais consultant pour la radio Cadena Ser.Peu après le succès de samedi et le calme revenu, Vinicius a publié un message sur Instagram où il apparaît souriant et posant avec le maillot commémorant son 350e match avec le Real Madrid. À côté de la photo, un émoji en forme de coeur. Face à Monaco, qui traverse une crise sportive avec sept défaites en huit matches de Ligue 1, l’international auriverde cherchera à se réconcilier avec les tribunes. Une victoire aiderait la Maison Blanche, actuellement septième en C1, à rester parmi les huit premiers de la phase de poules avec la perspective de se qualifier directement pour les huitièmes de finale.

Ligue des champions: l’Inter Milan et son “gros” paradoxe avant d’affronter Arsenal

Fort avec les faibles, faible avec les forts: l’adage colle cette saison aux crampons de l’Inter Milan qui doit mettre fin à cette anomalie mardi contre Arsenal, sous peine de devoir passer par les barrages pour atteindre les 8e de finale de la Ligue des champions.Leader du Championnat d’Italie avec trois points d’avance sur son premier poursuivant, sixième de la phase de ligue de la C1 (12 pts) avant la septième journée, à mi-saison, le bilan de l’Inter est loin d’être infamant.Mais ses tifosi sont inquiets avant de recevoir Arsenal, leader du Championnat d’Angleterre et de la Ligue des champions avec un impressionnant sans-faute (18 pts).Les Nerazzurri restent sur deux défaites consécutives, à Madrid contre l’Atletico (2-1) et à San Siro, face à Liverpool (1-0), confirmant leur incapacité à battre des équipes de leur standing.Dès que la route monte en championnat aussi, les vice-champions d’Italie et d’Europe 2025 calent: ils ont concédé quatre défaites durant la phase aller de la Serie A, trois face à des rivaux directs pour le titre (4-3 contre la Juventus, 3-1 contre Naples et 1-0 contre l’AC Milan).- “A un ou deux petits détails” -Pire, l’Inter n’a plus battu Naples, sa nouvelle bête noire, depuis octobre 2023 et court après un succès dans le derby milanais contre le rival honni depuis avril 2024 (quatre défaites, deux nuls toutes compétitions confondues).Mais son entraîneur Cristian Chivu balaye l’idée selon laquelle son équipe aurait deux visages, implacable face aux “petits”, fébrile quand elle est opposée à un “gros”.”Un club comme le nôtre ne sous-estime jamais aucun adversaire comme il ne fait jamais aucun complexe. Cette équipe essaie toujours de donner le meilleur d’elle-même”, a-t-il insisté en conférence de presse lundi.Mais l’ancien international roumain, joueur de l’Inter de Jose Mourinho qui avait réalisé l’inédit triplé Serie A-Coupe d’Italie-Ligue des champions en 2010, reconnait aussi que ses joueurs ont parfois des sautes de concentration.”Si on veut finir dans les huit premiers (de la phase de ligue, synonyme de qualification directe pour les 8e de finale, NDLR), il faut pour ces matches qui se jouent à un ou deux petits détails, qu’on réduise nos erreurs, qu’on soit prêts mentalement et physiquement à accepter d’avoir des moments plus difficiles”, a-t-il diagnostiqué.- 24 buts sur coups de pied arrêtés -Dans un contexte où Lautaro Martinez et ses coéquipiers perdent parfois les pédales brièvement, ou longuement comme lors de leur calamiteuse finale 2025 perdue 5-0 contre le Paris SG, un aspect du jeu d’Arsenal peut faire la différence, son efficacité sur les coups de pied arrêtés.Le club du nord de Londres, rebaptisé “Corner FC”, a inscrit 24 buts sur coups de pied arrêtés, toutes compétitions confondues, plus qu’aucune autre équipe dans les cinq grands championnats européens ou même dans l’histoire de la Premier League.Plus inquiétant pour l’Inter, Arsenal que le club lombard avait battu 1 à 0 en phase de ligue la saison dernière, n’a concédé que deux défaites en 33 matches (26 victoires, 5 nuls), à Liverpool (1-0) fin août et contre Aston Villa (2-1) début décembre.L’équipe de Mikel Arteta a notamment étourdi l’Atlético Madrid (4-0) et le Bayern Munich (3-1) en C1, Manchester United (1-0) et Aston Villa (4-1) en championnat.Elle peut aussi peiner contre des cadors, comme l’ont montré ces nuls face à Manchester City (1-1), Sunderland (2-2) et Chelsea (1-1, en supériorité pourtant). Ce n’est peut-être pas très avisé, mais le défenseur suisse de l’Inter Manuel Akanji a lancé lundi une pique à Arsenal: “Cela sera un match difficile, mais pour moi, Arsenal n’est pas la meilleure équipe actuellement en Europe, c’est le Bayern Munich”.

Ligue des champions: du Tage à la Seine, Nuno Mendes, la métamorphose d’un Lisboète

Originaire de Lisbonne, Nuno Mendes, devenu l’un des joueurs majeurs du PSG et considéré comme l’actuelle référence mondiale au poste d’arrière gauche, retrouve le Sporting, son club formateur, mardi en Ligue des champions pour consolider la place dans le top 8 des champions d’Europe en titre.”C’est le club qui m’a lancé, mon club, qui a tout fait pour que je puisse en être là. Donc ça va être spécial. C’est un grand stade, magnifique. Les supporters aussi du Sporting sont incroyables et ça va être un plaisir de jouer là-bas”, racontait en octobre à l’AFP Nuno Mendes, arrivé à l’âge de 10 ans au Sporting.”C’est une fierté de revenir à la maison, forcément c’est un match spécial, on essaie de faire au mieux, j’aurai un peu de pression, car c’est la Ligue des champions”, a-t-il dit lundi.”Pour jouer au football, le Sporting c’est le meilleur club au Portugal. J’étais trop content. Mais aussi un peu stressé avec tous ces joueurs, toutes ces choses nouvelles. C’était bien pour grandir aussi comme personne”, expliquait Nuno Mendes en octobre.Celui qui a grandi dans le quartier de Boavista à Lisbonne, “un quartier tranquille, où les gens se retrouvent dans la rue pour jouer au football” et qui lui “a permis de grandir”, va donc recroiser son ancienne formation après avoir totalement changé de statut dans la capitale française.Depuis sa dizaine d’années de formation, l’international portugais, 23 ans, s’est vite habitué à Paris. Le défenseur sous contrat au PSG jusqu’en 2029, y est arrivé en prêt en 2021, d’abord sur la pointe des pieds avant de devenir l’un des cadres de cette équipe cinq ans plus tard.”C’était un autre pays, une autre langue, mais j’ai eu la chance d’avoir (le Portugais) Danilo ici, il m’a beaucoup aidé. J’ai essayé de vite parler français pour sortir de chez moi. C’est un grand club avec de grands joueurs, je voulais en faire partie”, disait en octobre le Portugais, dont la fabuleuse saison 2024-2025 lui a valu une 10e place au classement du Ballon d’Or.- Joueur complet -“C’est le type de joueur qui peut évoluer où il veut. Il a une mentalité incroyable, une qualité technique top, une qualité physique top. C’est un joueur incroyable, il peut défendre face à n’importe quel joueur et devant, il a la qualité d’un attaquant. C’est un des joueurs les plus complets que j’ai pu entraîner dans ma carrière”, commentait en septembre l’entraîneur parisien Luis Enrique à propos de celui qui avait écoeuré des attaquants de la trempe de Lamine Yamal, Mohamed Salah ou Bukayo Saka sur la route du premier sacre du PSG en Ligue des champions.Alors que Paris traverse une période plus délicate depuis plusieurs semaines avec des joueurs empruntés physiquement et un pressing moins efficace, le N.25 reste le seul qui sort du lot: avec ses courses et une percussion toujours aussi impressionnantes. “Il est dans une forme incroyable, il a très bien commencé cette saison. Il me facilite beaucoup les choses, c’est un grand joueur. C’est le meilleur latéral gauche du monde”, détaillait en novembre son compatriote et ami Vitinha.Victime d’une petite entorse du genou au début du mois de novembre puis d’une “blessure minime à la cuisse”, il est revenu très rapidement et sans que cela ne nuise à sa forme.Cette saison, il a encore progressé en défense – secteur qu’il aimait moins quand il était jeune – et il excelle de plus en plus en attaque: “il peut jouer partout”, rappelle souvent Luis Enrique.”Avant, en un contre un en défense, c’était un peu difficile, parce que je ne pensais qu’à l’attaque. Mais Luis Enrique m’a dit +il faut que tu défendes mieux et après, je te donne la liberté pour attaquer+”, insistait auprès de l’AFP en octobre Nuno Mendes, devenu bilingue en français. Depuis ses premières années de foot à Lisbonne, le temps des promesses a laissé place au temps de l’épanouissement d’un joueur complet, que ce soit défensivement ou offensivement.