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Ligue 1: les chantiers de Gary O’Neil à Strasbourg
Redonner la victoire à Strasbourg, de la confiance à ses meneurs, de l’enthousiasme dans le jeu… Plusieurs chantiers attendent Gary O’Neil, arrivé en Alsace dans la tourmente du départ de Liam Rosenior à Chelsea, qui passe son premier test à la Meinau contre Metz dimanche (15h00).- Retrouver les places européennes -À l’heure de disputer le derby de l’Est lors de la 18e journée de Ligue 1, l’objectif premier du nouveau technicien est “clair”: “Finir dans le Top 5, Top 6. Un petit écart s’est creusé, on doit le combler”, a-t-il annoncé dès sa présentation en Alsace la semaine dernière.Le consortium américain BlueCo, à la tête du club depuis juin 2023 et qui possède également Chelsea, a érigé la qualification pour une coupe européenne en priorité. Mais à mi-championnat, les partenaires d’Emmanuel Emegha ne sont pas dans les temps. La faute à une vilaine série de cinq matches sans victoire depuis fin novembre, pour seulement deux points pris. Six unités séparent aujourd’hui les Strasbourgeois (septièmes) de Rennes, actuel sixième et virtuellement qualifié pour la Ligue Conférence.- Relancer certains leaders -Où est passé ce Racing si séduisant capable d’aller décrocher un spectaculaire match nul (3-3) au Parc des Princes mi-octobre? Avec un doublé, Joaquin Panichelli avait alors brillé, comme Valentin Barco ou Diego Moreira. Les trois, à l’image de leur équipe, ont ensuite connu un vrai coup de mou.À Avranches samedi dernier en Coupe de France (6-0), le trio a esquissé les prémices d’un retour au premier plan en étant impliqué dans quatre buts. Mieux, d’autres joueurs qui semblaient en retrait jusqu’à la trêve se sont réveillés, comme le Paraguayen Julio Enciso ou le Suédois Sebastian Nanasi. Mais c’était face à une équipe de National 2…- Séduire par le jeu -Une possession souvent stérile, peu d’occasions et des errements défensifs coupables. L’ère Rosenior s’est beaucoup moins bien terminée qu’elle n’avait débuté. En décembre, il n’était même pas rare d’entendre des sifflets à la Meinau devant le manque de percussions du jeu alsacien.Sera-t-il plus séduisant dimanche dans le derby contre Metz? “Il va y avoir quelques similitudes avec ce qui a été fait avant, mais il y aura bien sûr des différences”, a indiqué vendredi Gary O’Neil, en Premier League.”Mais ce n’est pas en quelques séances qu’on va jouer comme je veux qu’on le fasse, notamment au niveau du pressing”, a ajouté l’ancien coach de Bournemouth (2022-2023) et Wolverhampton (2023-2024) en Premier League, qui a promis “des changements”. Il a déjà eu l’occasion de répéter son envie “d’avoir le ballon le plus possible” et d’entraîner “une équipe agressive et offensive”.- Apaiser les tensions avec les ultras – Avant la rencontre ce dimanche, quatre associations de supporters organisent une marche “dans un esprit ouvert et rassembleur” à Strasbourg. Une manière pacifique de montrer, encore, leur opposition à la multipropriété incarnée par BlueCo.Des banderoles devraient également être déployées dans le stade, si le club les y autorise. Le dialogue avec la direction n’est pas rompu mais toujours tendu, comme en témoigne la dernière sortie du président Marc Keller sur le sujet: “Chacun doit rester à sa place. Les supporters supportent, les joueurs jouent, le manager manage. Je regrette que l’ambiance de la Meinau ne soit plus celle qui a fait notre force pendant 14 ans.””Je n’ai qu’une envie: rendre cette région et les supporters fiers”, a déjà tenté d’apaiser Gary O’Neil, qui va maintenant découvrir son public et le derby de l’Est.
CAN-2025: les mousquetaires de la Teranga veulent installer une dynastie sénégalaise
Si Kalidou Koulibaly est suspendu, il reste au Sénégal les trois trentenaires de sa colonne vertébrale, Sadio Mané, Idrissa Gueye et Edouard Mendy, pour commencer à instaurer un règne sur la Coupe d’Afrique avec une troisième finale en quatre éditions, dimanche contre le Maroc.. Sadio Mané, le sorcierCelui que son village de Casamance, Bambali, a toujours appelé Ballonbuwa, “le sorcier du ballon”, peut s’installer encore plus haut dans le panthéon du football africain en remportant une deuxième CAN après celle de 2021.Frustré d’avoir dû renoncer à la Coupe du monde 2022 en raison d’une blessure, frustré encore par l’élimination dès les 8e de finale contre la Côte d’Ivoire (1-1, 5 t.a.b. à 4) il y a deux ans, Sadio Mané a un appétit de Lion, comme le montre son but de patron pour venir à bout de l’Egypte (1-0) en demi-finale.Il prolonge son “rêve de gamin”, qui était “d’écrire l’histoire et de gagner tous les trophées”, disait-il dans le documentaire “Sadio Mané, made in Senegal” que lui a consacré Rakuten TV.Leader et buteur providentiel, Mané peut rentrer dans le carré des meilleurs buteurs de l’histoire de la CAN. Avec son onzième but en demie, il a rejoint les géants du continent Patrick Mboma, Didier Drogba, Hossam Hassan ou Mohamed Salah au cinquième rang.S’il marque en finale, il peut rejoindre le carré de tête formé de Samuel Eto’o (18 buts), Laurent Pokou (14), Rashidi Yekini (13) et Hassan El-Shazly (12).L’ancien de Liverpool domine le classement honorifique des joueurs les plus décisifs lors des différentes CAN, cumulant but et passe décisive.”Un joueur comme ça, c’est une chance de l’avoir dans un effectif, salue son sélectionneur Pape Thiaw. Au fil des matches, il monte en puissance”. Et la finale arrive.A 33 ans, Mané a annoncé que ce serait sa dernière Coupe d’Afrique, mais “il n’est pas prophète”, a plaisanté Idrissa Gueye qui est sûr qu’il “peut encore nous faire gagner la CAN”.. Idrissa Gueye, le pilierIdrissa Gana Gueye (36 ans) est justement le plus ancien des actuels Lions de la Teranga. La première des 132 sélections (7 buts) du joueur d’Everton remonte à novembre 2011, celle de l’ancien Messin (123 sél., 52 b.) date de mai 2012.Si le quatrième mousquetaire Koulibaly, blessé et, de toutes façons, suspendu, va manquer sa deuxième des trois finales du Sénégal après celle de 2019 perdue contre l’Algérie (1-0) en 2019, Gueye, comme Mané et Mendy, va jouer sa troisième.Il sera capitaine, comme en 8e de finale contre le Soudan (3-1) où Koulibaly était suspendu. Comme en demi-finale lorsqu’il a récupéré le brassard après la sortie du défenseur d’Al-Hilal, blessé. Il reste le grand ordonnateur du milieu de terrain.”Gana n’est pas un maître à jouer, ce n’est pas son registre, mais c’est un formidable récupérateur et relayeur”, explique l’ancien sélectionneur du Sénégal (1988-1992) Claude Le Roy à l’AFP.Gueye joue aussi un rôle de tuteur. “Quand j’ai rejoint l’équipe du Sénégal, il y avait des cadres, aujourd’hui, mon rôle a changé. Je fais partie des cadres et c’est à nous de montrer le chemin, faire passer les messages du coach, disait-il pendant la CAN. Nous apportons cette expérience aux plus jeunes et de la sérénité”. Et peut-être un nouveau titre continental.. Edouard Mendy, la force tranquillePour faire face aux redoutables attaquants marocains, survoltés par le public électrique du stade Moulay Abdellah de Rabat, le Sénégal compte sur un troisième mousquetaire, son gardien Edouard Mendy (55 sél.).L’ancien gardien de Reims, Rennes et Chelsea a déjà réalisé quatre “clean sheets”, match sans prendre de but, depuis le début du tournoi, une prouesse car le jeu de Pape Thiaw est plus tourné vers l’offensive que celui de son prédécesseur et mentor Aliou Cissé.Ce dernier, vainqueur de la CAN-2021, la toute première du Sénégal, adorait le “mental d’acier” d’Edouard Mendy (33 ans), qui a remporté trois des quatre séances de tirs au but qu’il a disputées avec le Sénégal.Le troisième mousquetaire des Lions pour affronter le Maroc mise sur l’expérience accumulée par son équipe. “Quel que soit le scénario, a-t-il dit après la victoire contre le Soudan, qui menait 1-0, nous sommes capables de réagir et de prendre le contrôle du match. C’est très positif, car plus nous avançons dans la compétition, plus ces détails compteront”. C’est ainsi qu’on installe une dynastie.
Espagne: le Real de Mbappé éteint les sifflets et offre un premier succès à Arbeloa
Sifflé en début de match par Bernabeu après sa déconvenue en Coupe, le Real Madrid a renoué avec le succès face à Levante (2-0) samedi en Liga, grâce notamment au revenant Kylian Mbappé, buteur sur penalty.Cette victoire contre l’avant-dernier, longue à se dessiner, donne un peu d’air au Real à l’issue d’une semaine très mouvementée, marquée par le limogeage lundi de son entraîneur Xabi Alonso, au lendemain du revers en finale de Supercoupe d’Espagne face au FC Barcelone (3-2).Son successeur, l’ancien latéral droit des Merengues Alvaro Arbeloa, s’est offert samedi, le jour de ses 43 ans, un premier succès après son baptême raté mercredi en huitièmes de finale de la Coupe du Roi face à Albacete, club de deuxième division (défaite 3-2).Grâce à leur victoire contre Levante, les Madrilènes reviennent à un point du Barça en championnat, avant le déplacement du leader dimanche sur la pelouse de la Real Sociedad.- Sifflets et mouchoirs blancs -Les trois points de la victoire en Liga sont plus que bienvenus après deux défaites en une semaine que les supporters n’ont pas digérées. Ils ont accueilli avec des sifflets leurs joueurs, Jude Bellingham et Vinicius en tête, le tout en agitant des mouchoirs blancs et en appelant à la démission du président Florentino Perez.De retour d’une blessure au genou gauche et laissé au repos par Arbeloa face à Albacete, Kylian Mbappé était titulaire contre Levante. Après une première période poussive, où il a été le seul à se mettre en évidence en tentant une reprise de volée, c’est lui qui a délivré les siens peu avant l’heure de jeu. Fauché dans la surface par Adrian de la Fuente, le Français a obtenu un penalty qu’il a transformé avec succès (1-0, 58e).La rentrée après la pause d’Arda Güler à la place d’Eduardo Camavinga, peu à son avantage, a également fait du bien aux Madrilènes. Un corner frappé par le jeune Turc a été repris de la tête par Raul Asencio qui a mis le Real à l’abri (2-0, 65e).De quoi faire taire pour le moment les sifflets.”Ce qui s’est passé à Albacete n’aurait pas dû arriver, nous nous sentions coupables et nous voulions redresser la barre (…) Nous jouions devant nos supporters et nous voulions renverser la situation”, a déclaré Asencio à Real Madrid TV. Les Madrilènes devront toutefois se montrer plus convaincants le week-end prochain face à Villarreal, toujours troisième de Liga à huit points de Barcelone après sa défaite à domicile samedi face au Real Betis (0-2). D’ici là, Madrid affrontera dès mardi Monaco en Ligue des champions. Les Madrilènes, quinze fois vainqueurs du Trophée, sont septièmes au classement et restent sur une défaite à domicile contre Manchester City en décembre (2-1).



