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Coupe de France: exploit du PFC qui élimine le PSG en 16e de finale
Le Paris FC a signé lundi l’exploit d’éliminer en 16e de finale de la Coupe de France (1-0) le double tenant, le Paris SG, qui abandonne son premier titre de la saison, payant cher ses nombreuses occasions manquées.L’année 2026 avait bien commencé par un premier trophée, le Trophée des champions, gagné aux dépens de Marseille, mais elle s’est vite assombrie avec cet échec aussi inattendu que précoce.Cette défaite constitue le premier accroc majeur dans la saison du PSG, qui a bouclé une année 2025 historiquement faste avec six titres (L1, Coupe de France, Trophée des champions, Ligue des champions, Supercoupe d’Europe, Coupe intercontinentale) sur sept (finale perdue au Mondial des clubs).Il faut remonter à la saison 2013-2014 pour voir le PSG sortir dès les 16es de finale de Coupe de France, ce qui illustre encore davantage la performances des joueurs de Stéphane Gilli, voisins du PSG. Les coéquipiers de Maxime Lopez ont réussi à faire sortir les champions d’Europe de leur match, même s’ils ont poussé jusqu’au bout, à l’image de cette tête manquée de Désiré Doué (90+6) et de la frappe de Vitinha (90+7) stoppée par Obed Nkambadio, très bon lundi soir. Il aura fallu ce second derby en une semaine, après celui gagné par le PSG en Ligue 1 (2-1), pour voir le PFC réaliser cet exploit, malgré une nette domination de la part des joueurs de Luis Enrique, qui ont monopolisé le ballon.Avec une équipe remaniée malgré la présence de plusieurs cadres (Vitinha, Fabian Ruiz, “Kvara”, Barcola, Pacho, Chevalier), les doubles tenants du titre ont été laborieux une grande partie du match devant le but d’Obed Nkambadio, qui a sauvé à plusieurs reprises les siens.- le PFC ultra efficace -Et les champions d’Europe se sont fait punir assez facilement à la suite d’une perte de balle de Nuno Mendes au milieu du terrain. Sur l’une des seule occasion du PFC, Jonathan Ikoné, formé au PSG, a surpris Lucas Chevalier (1-0, 74e) d’une frappe croisée. Avant cela, le PSG a une une floppée d’occasions qu’il n’a jamais conclu: Bradley Barcola a d’abord échoué (22e, 25e, 65e), Gonçalo Ramos (23e, 56e) mais aussi Senny Mayulu qui a mal géré plusieurs situations (23e, 36e), “Kvara” (45+1).Ce match, décalé à lundi en raison du Trophée des champions remporté jeudi au Koweit contre l’OM (2-2, tab 4-1), était donc piège et les Parisiens ont payé l’enchainement des matches et le manque de concentration malgré le discours tenu dimanche par Luis Enrique.”En termes de rythme, je pense qu’il est préférable de jouer tous les 4 jours plutôt que tous les 10 jours. On aime la Coupe de France, c’est une compétition différente. On est concentré sur ce match. C’est comme une finale puisque c’est un match à élimination directe”, expliquait Luis Enrique dimanche devant la presse, reconnaissant que les voyages sont les plus fatiguants.Privés de Ndjantou, Safonov, Lee (blessés), Hernandez (malade), Hakimi et Mbaye (CAN), les joueurs de l’Espagnol ont perdu leur calme qu’ils arrivent normalement à garder, surmontant très souvent des situations compliquées. Mais Gonçalo Ramos, sauveur sur le fil au Koweit, ne peut pas renverser à chaque fois les matches.La rivalité entre le PFC et le PSG, qui peinait à exister, est donc lancée, animant les prochaines rencontres entre les deux clubs voisins. L’ambitieux promu de la famille Arnault, 15e de Ligue 1, a signé donc le premier grand exploit de leur saison, renvoyant le PSG à la réalité. La troisième manche est prévue en mai, pour la dernière journée de Ligue 1.
Espagne: Xabi Alonso licencié, nouvel échec “Galactique” au Real Madrid
Venu pour relancer le Real Madrid, Xabi Alonso a vu son projet collectif ambitieux prendre brutalement fin lundi au lendemain de la défaite en Supercoupe d’Espagne face au Barça, après huit mois seulement sur le banc, où va s’installer son ex-coéquipier Alvaro Arbeloa.À son arrivée fin mai 2025, le technicien basque souhaitait “construire une grande équipe”, capable de ramener le géant espagnol vers les sommets du football mondial, et rejoindre ses prédécesseurs Carlo Ancelotti et Zinédine Zidane au panthéon merengue. C’est, au final, aux côtés de son ancien coach à Liverpool Rafael Benitez et du malheureux Julen Lopetegui, eux aussi renvoyés prématurément après des séries de mauvaises résultats (en 2016 et 2018), que Xabi Alonso va s’asseoir.Cette cinquième défaite de la saison, dimanche contre le Barça (3-2) en Arabie saoudite, était donc bien celle de trop pour l’ex-milieu de terrain et stratège de la sélection espagnole, victime des nombreuses blessures et de l’irrégularité de ses joueurs, et emporté par l’exigence extrême de la Maison Blanche.La situation du Real, deuxième de Liga à quatre points du FC Barcelone, et bien parti pour finir dans le Top-8 de la phase de ligue de Ligue des champions, synonyme d’une qualification directe pour les huitièmes de finale, est bien loin d’être désastreuse.Mais les résultats, et surtout le niveau collectif affiché par le géant madrilène, sont globalement jugés insuffisants dans la capitale espagnole, où deux défaites de rang peuvent avoir la tête d’un entraîneur.”C’était un plaisir de jouer pour toi et apprendre à tes côtés. Merci pour ta confiance depuis le premier jour. Je me souviendrai de toi comme un entraîneur aux idées claires et qui connaît énormément de choses dans le football. Bonne chance dans le prochain chapitre de ta carrière”, a réagi Kylian Mbappé sur son compte instagram, suivi par 129 millions de personnes.- Méritocratie contestée -La révolution tactique promise par Alonso lors du Mondial des clubs aux Etats-Unis n’aura toutefois jamais réellement pris, malgré des débuts très encourageants avec 13 victoires sur les 14 premiers matches.La dernière image laissée par son équipe, proche d’égaliser dans les dernières minutes pour arracher une séance de tirs au but, sera celle d’une formation sans identité de jeu ni idée claire, loin du “Rock’n Roll” et de la “méritocratie” qu’il souhaitait installer.Malgré un sursaut collectif face à Manchester City (défaite 2-1), suivi par cinq succès d’affilée, le champion du monde 2010 n’a pas pu se sortir de la même impasse que son prédécesseur Carlo Ancelotti, dans l’incapacité de gérer une armada de stars aux égos démesurés, peut-être mal habitués à la méthode douce et au rapport père-fils qu’ils avaient avec le tacticien italien.”Xabi Alonso tombera tôt ou tard, mais l’échec sera davantage celui du Real Madrid que le sien. Parce que le problème va persister et ce n’est autre qu’un vestiaire vicié et installé dans le confort”, jugeait début décembre le quotidien sportif Marca.De nombreux observateurs du club estiment ainsi que les résultats actuels sont aussi – et surtout – de la responsabilité des dirigeants, qui ont bâti un effectif déséquilibré, sans remplacer les légendes Toni Kroos, parti à la retraite en 2024, et Luka Modric, aujourd’hui à l’AC Milan.- Arbeloa à la rescousse -Sans entraîneur du calibre de Xabi Alonso disponible sur le marché, l’exécutif merengue s’est tourné vers une solution interne – et sûrement temporaire – en nommant Alvaro Arbeloa, ex-coéquipier d’Alonso, champion du monde en 2010 et actuel entraîneur de la réserve.Un choix plutôt logique, car les noms de la légende Zinédine Zidane, annoncé comme prochain sélectionneur de l’équipe de France après la Coupe du monde 2026, et de l’Allemand Jurgen Klopp, directeur du football mondial au sein du groupe Red Bull, avaient rapidement été écartés.L’ancien latéral droit de 42 ans aura la lourde tâche de tenter de relancer le Real, qui pourrait se diriger vers une deuxième saison consécutive sans titre majeur malgré les statistiques individuelles exceptionnelles de Kylian Mbappé, auteur de 29 buts en 25 rencontres. Et éviter ainsi un autre Galactique gâchis.
Foot: décès de Rolland Courbis, grande gueule et coach à tout faire
Sanguin qui marchait aux coups de gueule et aux coups de coeur, “coach” respecté et régulièrement appelé à la rescousse d’équipes en souffrance, Rolland Courbis est mort lundi à 72 ans après mille et une vies dans le football.Saluant un “personnage haut en couleurs”, le directeur général de RMC Karim Nedjari a annoncé sa mort à l’antenne, la voix étreinte par l’émotion, après les 22 années de Rolland Courbis comme consultant de la radio.”Je suis triste, très ému… Il a énormément compté pour moi comme entraîneur et sur le plan humain; c’était un mec très attachant, entier”, a réagi Zinédine Zidane sur Instagram.L’Olympique de Marseille, où Courbis officia deux ans et demi comme entraîneur (mai 1997 – novembre 1999), a décrit “une figure de son histoire, un entraîneur emblématique et une personnalité incontournable du football français”.Pour le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps, “le football français perd une personnalité attachante, chaleureuse, au caractère bien affirmé”, un “vrai passionné” qui avait “choisi de transmettre, ces dernières années, derrière un micro, avec un sens de la formule bien à lui”.Signe de l’importance de Rolland Courbis dans l’imaginaire phocéen, le maire de Marseille Benoît Payan a aussi salué la “trace forte (laissée) dans l’histoire du club et dans le coeur des supporters.”Courbis, c’était comme Tintin, mais réécrit par un Pagnol un peu trash. Le natif de Marseille a démarré comme entraîneur à Bordeaux, exploré le nord à Lens, connu le froid à Vladikavkaz dans le Caucase. Au long de ses voyages, sa réputation sulfureuse lui a souvent collé aux doigts, comme le sparadrap du capitaine Haddock.”Parfois, j’aimerais demander: +Est-ce qu’on peut refermer la parenthèse sur certaines choses qu’on me reproche?+”, soupirait-il dans Le Monde en 2013. Courbis a fait deux séjours en prison, entre octobre 1990 et janvier 1991 dans le cadre de l’affaire de la caisse noire du club de Toulon et entre septembre 2009 et février 2010 dans l’affaire des comptes de l’Olympique de Marseille. Il avait également échappé de peu à une fusillade à Hyères en 1996, dans un règlement de compte qui visait une figure du milieu corse qu’il accompagnait.Comme Tintin, il était aussi célèbre comme reporter, le “Coach Courbis” très populaire sur la radio RMC.- Technicien capé -Si son palmarès d’entraîneur est quasi vierge, il s’estimait “peut-être pas le moins compétent”, racontait-il lors d’un entretien accordé à l’AFP à l’été 2015. A l’époque, il comptait plus de 500 matches de Ligue 1 à son bilan, de quoi en faire l’un des techniciens les plus capés.Grâce à son expérience, l’aventurier de la L1 n’a pas mis longtemps à entamer un nouvel épisode, comme conseiller puis entraîneur de Rennes en 2016. Mission éclair également à Caen en 2019, qui n’a pas permis d’éviter au club la descente en Ligue 2.De courts détours à l’image d’un homme qui a tout connu ou presque dans le football, même une sélection nationale, celle du Niger, en 2012.Ancien habitué des casinos, grande gueule intarissable qui a charmé la comtesse Maria-Luisa Rizzoli, Courbis n’a qu’une maigre Coupe d’Algérie et une Coupe de l’Union arabe en tant qu’entraîneur à son palmarès, remportées avec l’USM Alger en 2013.- Par amitié -Il a perdu une finale de Coupe de la Ligue avec Bordeaux (1997) et, en 1999, une finale de Coupe de l’UEFA et un championnat avec l’OM, à la dernière minute de la dernière journée, pour un but controversé encaissé par le Paris SG contre Bordeaux. Il avait connu plus de réussite comme joueur avec trois titres de champion de France (1972 avec l’OM, 1978 et 1982 avec Monaco), se permettant même une aventure lucrative à l’Olympiakos Le Pirée (1973-1974).Et il a de jolies médailles de coach: le fameux 5-4 remporté par l’OM contre Montpellier qui menait 4-0, une victoire prestigieuse sur le grand Manchester United, la montée avec Montpellier ou le maintien de petits clubs comme Endoume, quartier de Marseille en 3e division, et l’AC Ajaccio en Ligue 1, rejoints par amitié pour leurs dirigeants.Tenir deux ans et demi sur le banc de l’OM est aussi un exploit. “C’est long, racontait-il, Didier Deschamps qui a bouclé la troisième saison ressemblait sur la fin à son arrière-grand-père, plus de cheveux, rouge comme une tomate, rétamé.”Courbis, lui, était inusable. “Je n’ai pas eu une vie monotone, admettait-il. Si l’histoire était à refaire, il y a certaines conneries que je ne referais pas.”



