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Ligue 1: Lens se relance face au Havre et reprend la tête

Une semaine après sa défaite à Marseille, Lens s’est repris contre Le Havre (1-0) vendredi soir au stade Bollaert pour reprendre provisoirement la première place de Ligue 1 au Paris SG en ouverture de la 20e journée.La désillusion au Vélodrome samedi dernier (3-1) n’aura donc pas marqué le début d’un essoufflement tant redouté par le public lensois. Sur sa pelouse, le club du bassin minier a rejoué l’intense partition qui lui permet de réussir une saison bien au-delà des attentes.Le voilà de nouveau au sommet du championnat avec 46 points, soit un de plus que le club de la capitale, qui se déplace à Strasbourg dimanche soir (20h45).Les joueurs de Pierre Sage ont profité de la réception du Havre, l’un des mal-classés du championnat (15e, 20 pts), pour reprendre leur marche en avant et redémarrer, peut-être, une série de victoires, après avoir vu la plus belle de l’histoire du club (dix toutes compétitions confondues) s’interrompre à Marseille.Ce succès tient en partie aux choix de l’entraîneur lensois, qui, toujours privé de son roc défensif Samson Baidoo, a cette fois choisi de décaler Ismaëlo Ganiou dans l’axe de sa défense à trois et de la compléter, à droite, par le jeune Kyllian Antonio. Ainsi, le Jurassien a pu replacer Matthieu Udol et Ruben Aguilar aux postes de pistons, respectivement à gauche et à droite.Dans sa position préférentielle, l’ancien capitaine messin a été très actif, débordant souvent pour offrir des centres à ses coéquipiers, jusqu’à trouver… Aguilar au deuxième poteau, qui a inscrit le seul but du match juste avant la mi-temps (45e+1).- Florian Thauvin omniprésent -Le latéral de 32 ans a concrétisé la nette domination des siens lors du premier acte, où Florian Thauvin, moins en vue ces dernières semaines, a beaucoup tenté avec plus ou moins de réussite (12e, 19e, 20e, 64e).Tout au long de la rencontre, l’international français a été un détonateur du jeu lensois, parfois avec des gestes de grande classe, comme ce petit pont (24e) et ce sombrero (90e) qui ont fait rugir Bollaert.Mais les joueurs de l’Artois ont souvent péché dans la finition, que ce soit par Thauvin ou Malang Sarr (31e), Matthieu Udol (36e), Mamadou Sangaré (45e), Wesley Saïd (90e) et Kyllian Antonio (90e+4).Après une entame convaincante – axe de progression ciblé par Pierre Sage au vu des retards à l’allumage ces derniers temps -, les Artésiens ont baissé de pied en deuxième période, laissant les Havrais espérer.Mais lorsqu’ils ont fait preuve d’adresse, les Normands ont buté sur Robin Risser, auteur de deux arrêts déterminants pour repousser une reprise de la tête d’Arouna Sangante (55e) et une frappe d’Issa Soumaré (62e).A 21 ans, Risser a ainsi rappelé qu’il est aussi l’un des grands artisans de la superbe saison lensoise, pour rassurer une défense encore plus jeune que lui avec Ganiou (20 ans) et Antonio (18 ans). Une jeunesse en or.

L1: De Zerbi a “la force pour encore cinq ou six ans” à l’OM

L’entraîneur de Marseille, Roberto De Zerbi, dont l’avenir à l’OM semblait incertain après l’élimination de son équipe en Ligue des champions, a assuré vendredi qu’il serait bien sur le banc samedi face au Paris FC et qu’il avait “la force pour encore cinq ou six ans” à son poste.QUESTION: Beaucoup de choses ont été dites et écrites quant à votre situation. Qu’en est-il exactement ?REPONSE: “Il n’y a rien de particulier. On a perdu un match important, d’une mauvaise façon, et on est éliminés de la Ligue des champions. C’est un match qui fait mal. On a parlé hier soir avec Pablo Longoria et Medhi Benatia pour chercher les meilleures solutions. C’est normal de faire un examen de conscience et le point de la situation. J’ai ma part de responsabilité mais je ne suis pas seul. Je n’ai pas dirigé l’entraînement d’hier parce que j’avais beaucoup analysé le Paris FC, j’avais peu dormi et je ne me sentais pas très bien. Tout le reste, ce sont des choses écrites et racontées. Mais je suis encore là, je suis devant vous. C’est ça la vérité.”Q: Est-ce que vous avez envisagé de quitter Marseille et est-ce que les dirigeants vous ont confirmé jusqu’à la fin de saison ?R: “Ça n’est pas un sujet. J’ai voulu venir à Marseille. Je suis resté pour cette deuxième saison et je connaissais toutes les problématiques. J’ai toujours dit que Marseille était l’endroit idéal pour moi. On m’a appris à prendre mes responsabilités, même si ça fait mal. Le coach doit apporter des résultats et des prestations. Je crois qu’on a eu des résultats, qu’on a une équipe très forte, mais avec un gros problème à régler, celui du manque de constance, de l’irrégularité. Pour le reste, il n’y a rien à confirmer.- “Demain je serai sur le banc” -J’étais l’entraîneur de l’OM et je suis l’entraîneur de l’OM. On a parlé, on a analysé ce qu’il y avait à faire, comme ça se fait partout. Aujourd’hui j’ai préparé l’équipe et demain je serai sur le banc.”Q: Les joueurs sont-ils encore avec vous ?R: “Les joueurs m’ont toujours suivi. J’ai encore parlé hier soir avec sept ou huit d’entre eux. Ils sont avec moi. C’est normal que ceux qui ne jouent pas, ou peu, ne soient pas contents. Mais il n’y a pas de frictions liées à la défaite. On a déjà vécu des moments difficiles l’an dernier. On a toujours réussi à en sortir ensemble et on y arrivera aussi cette fois. Je pense avoir la force pour encore cinq ou six ans ici. Ça me plaît, c’est ma passion, les joueurs me suivent. Ce qui me gêne c’est la défaite, la manière, l’irrégularité. Il faut deux victoires et on verra les choses sous un angle différent.”Propos recueillis en conférence de presse

Ligue 1: supporters du Paris FC, combien de divisions?

La réception de l’Olympique de Marseille samedi est une belle occasion pour les supporters du Paris FC de jauger la popularité croissante du deuxième club de la capitale en Ligue 1.La montée parmi l’élite de l’ambitieux promu, désormais propriété de la famille Arnault, et le passage du peu fonctionnel stade Charléty à Jean-Bouin, situé dans le 16e arrondissement juste en face du Parc des Princes, ont permis de multiplier par deux le nombre de spectateurs, selon le secrétaire général du club Arnaud Campanella. Dans un même mouvement, les principaux groupes de supporters ont également profité de la nouvelle dimension prise par le PFC et ont vu leurs contingents singulièrement gonfler, avec des abonnements multipliés par quatre ou cinq. Il s’agit désormais de “fidéliser les abonnés (au nombre de 7000) et conquérir de nouveaux supporters”, expose le dirigeant à l’AFP.Le choc face à l’OM, s’il n’a pas le même lustre que le traditionnel “Clasico” PSG-OM, est donc l’opportunité rêvée de mesurer l’engouement naissant autour de l’ex-pensionnaire de Ligue 2.    “C’est un match spécial parce que c’est Paris-Marseille, même s’il n’y a pas de rivalité particulière avec l’OM contrairement au Paris Saint-Germain”, explique à l’AFP Bastien Oriano, ancien membre du groupe Ultras Lutetia.Clément (il n’a pas souhaité donner son nom de famille), du Old Clan, l’autre groupe ultra, voit ce PFC-OM comme “une belle affiche contre un grand club français, comme le PSG, Lens ou Lyon” qui va remplir l’enceinte que le promu parisien partage avec le Stade Français.”La dynamique commence à prendre, l’histoire est en train de se créer”, poursuit-il.- “Familial” -Un avis partagé par le sociologue Ludovic Lestrelin, spécialiste du supportérisme.”C’est plutôt réussi, estime le chercheur. Les supporters veulent être au début d’une nouvelle aventure”, dopée par la puissance des actionnaires du PFC, la famille Arnault 52,4% (70% en 2027) et Red Bull (10,6%). Le succès populaire du PFC s’explique notamment par “l’accessibilité”, poursuit-il. Ils viennent voir de la Ligue 1 bien moins chère qu’au PSG et avec beaucoup plus de tickets disponibles.Cette montée en puissance a commencé il y a deux saisons avec l’idée du président Pierre Ferracci d’instaurer la gratuité à Charléty, leur ancienne enceinte dans le 13e arrondissement.”On est passé de 1000 à 8.000 ou 9.000 spectateurs par matches en L2, rembobine Bastien Oriano. De nombreux supporters présents à Charléty sont restés fidèles au PFC et viennent désormais à Jean-Bouin. Ils viennent pour le foot, ils peuvent devenir supporters”.Quel est le profil de ce nouveau public? Plutôt “familial”, disent de concert Arnaud Campanella et les supporters rencontrés.”L’identité du PFC, c’est moins strass et paillettes que le PSG”, ajoute Clément du Old Clan.Bastien Oriano “voi(t) notamment en tribune des jeunes quarantenaires qui viennent avec leurs enfants et des couples”.- “Fidéliser” -Lui par exemple a pris un abonnement en même temps que deux amis, “un supporter du PSG qui veut voir de la L1 à moindre prix et un autre qui n’est pas supporter de club mais aime le foot”.Ils paient chacun 280 euros le billet annuel, soit 16,50 euros la place. En comparaison, les rares places restantes au Parc des Princes, qui joue à guichets fermés depuis des années, se vendent ou se revendent très rarement en-dessous de 100 euros.Si Jean-Bouin est bien rempli, il le doit aussi aux provinciaux qui viennent soutenir leur club. Contre Strasbourg, Lyon ou Toulouse, chaque but de l’adversaire a été célébré ici et là dans les travées par quelques bouquets de bras levés.”Ce n’est pas une surprise. C’était déjà le cas pour le Parc des Princes avec le PSG des années 1970 et 1980″, selon le sociologue Ludovic Lestrelin, qui a notamment travaillé sur le supportérisme à distance.”On espère les fidéliser et les voir revenir comme supporters du PFC”, souhaite Arnaud Campanella. Des supporters adverses à Jean-Bouin, “ça risque d’arriver avec l’OM!” rigole Bastien Oriano, le club phocéen étant celui en France qui draine le plus de fans à l’extérieur, bien que ce déplacement à Paris soit interdit aux ultras marseillais par la préfecture.S’il peine un peu au classement (14e), le PFC est donc en train de réussir son opération populaire. “Ça prend forme, conclut Bastien Oriano, c’est chouette de voir un projet grandir, on est presque parti d’une page blanche”.