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Quatre ans de prison pour Joël Guerriau pour soumission chimique sur Sandrine Josso

Un cas retentissant de soumission chimique: le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi soir à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, l’ex-sénateur Joël Guerriau, reconnu coupable d’avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer.Au terme de plus de quatre heures de délibéré, le tribunal a considéré que l’ancien élu centriste, qui plaidait l’accident, avait bien intentionnellement drogué à la MDMA une amie députée, Sandrine Josso, lors d’un dîner en tête-à-tête le 14 novembre 2023 à son domicile parisien.De même, l’intention sexuelle du prévenu, que celui-ci dément fermement, “se déduit” notamment des “conditions intimistes de la soirée”, des “déclarations constantes de la plaignante” et de “l’insistance” du sénateur à lui faire boire la flûte de champagne qu’il avait préparée contenant de la MDMA diluée.Il a été condamné en conséquence à 30 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, comprenant notamment une obligation de soins, et 18 mois ferme.Pour la partie ferme, le tribunal a décerné à l’encontre de l’ex-élu Horizons de 68 ans un mandat de dépôt à effet différé, mais sans exécution provisoire. Celui-ci sera donc suspendu par l’appel du sénateur, que son avocat Henri Carpentier a annoncé à la presse après l’audience.Devant les caméras, Sandrine Josso a exprimé son “immense soulagement” de voir sa qualité de victime reconnue sur toute la ligne par la juridiction.À l’encontre de celui qui avait été l’un des représentants de la Loire-Atlantique au Sénat de 2011 à 2025, charge dont il a démissionné en octobre 2025, le parquet avait requis dans l’après-midi quatre ans de prison, dont trois ferme, estimant que son geste était “préparé, prémédité”.”Je suis totalement écrasé par ce que le procureur a pu dire et ses conclusions. Je n’ai jamais eu l’intention de commettre une agression ou de faire du mal à Mme Josso”, a réagi Joël Guerriau, visiblement abattu, lors de son ultime passage à la barre avant que le tribunal ne se retire pour délibérer.Les deux jours d’audience ont donné lieu à l’affrontement dans le prétoire de lectures opposées de ce huis-clos vespéral survenu dans le pied-à-terre de Joël Guerriau, à deux pas du Sénat.”Je suis allée voir un ami, je suis allée le cœur léger fêter sa réélection. Au fur et à mesure de la soirée, j’ai découvert un agresseur, en fait”, a résumé lundi d’une voix faible à la barre Sandrine Josso, 50 ans, qui s’est dite meurtrie psychologiquement et physiquement par cette soirée.- “Un imbécile” -Invitée par Joël Guerriau, un ami de dix ans de sa famille politique, la députée Modem avait débarqué vers 20H00 dans son petit triplex de la rue Monsieur Le Prince, profitant d’une pause entre deux séances à l’Assemblée nationale. Là elle avait découvert avec surprise son hôte en jogging et qu’elle était la seule invitée.A mots pesés, la parlementaire a refait devant le tribunal le fil de la soirée: il lui demande si elle souhaite du champagne blanc ou rosé, elle choisit le blanc. Il prépare les verres sur le comptoir de sa kitchenette, les sert. En bouche, le champagne s’avère “sucré”, “comme un peu gluant”.”J’ai pensé que c’était peut-être un mauvais champagne. Là, il a insisté pour qu’on trinque à nouveau. Je trouvais ça étonnant. Et puis il allait vers le variateur (de lumière). Et puis après, il mettait fort l’intensité, puis il baissait. Il revenait s’asseoir. Il disait +Mais tu bois rien+”, a raconté Sandrine Josso.Au bout d’une vingtaine de minutes, la députée commence à se sentir mal: palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausées, tremblements… La panique la gagne totalement lorsqu’elle le voit manipuler, à la cuisine, un sachet transparent à côté de sa coupe de champagne.Prétextant devoir retourner à l’Assemblée, elle commande un taxi, récupérée au palais Bourbon par des collègues, en grande détresse, parlant ou se tenant difficilement debout, se croyant mourir.Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, très nettement supérieure à une prise récréative. Associée à l’alcool, la MDMA peut provoquer des trous de mémoire.Interrogé durant trois heures lundi par le tribunal, Joël Guerriau a justifié par une rocambolesque inadvertance l’intoxication par une MDMA pure à 91,1% de son amie “Sandrine” – qui le nomme, elle, “M. Guerriau”.Selon sa version, il aurait servi par erreur à son invitée la poudre euphorisante qu’il s’était destiné dans le contexte d’un épisode dépressif.”Bref, je suis un imbécile”, a-t-il conclu… allant même jusqu’à saluer l’engagement politique de Sandrine Josso contre le fléau de la soumission chimique.

Gabriel Attal: chez Renaissance, combien de divisions ?

Chez Renaissance, Gabriel Attal contrôle les instances et le groupe de députés. Il entend en faire “un vrai parti” et dispose de moyens importants pour préparer l’élection présidentielle. Mais sa stratégie ne fait pas l’unanimité, certains ténors critiquant une démarche “personnelle”.Renaissance organisait mardi soir la “Nuit de la Nouvelle République” au Palais Brongniart à Paris. Une soirée de débats dont la teneur tranchait quelque peu avec leurs intitulés iconoclastes (“Faut-il tout péter pour refonder la France ?”, “Ecologie, économie, autorité: tout est foutu ?”).Avec des invités de marque, de Patrick Martin (Medef) et Amir Reza-Tofighi (CPME) à Marylise Léon, ou encore Alain Finkielkraut, un peu bougon de devoir répondre à une question posée par l’animateur de la soirée, une intelligence artificielle baptisée “Nuit”, qui ne s’est pas formalisée des remontrances de l’académicien.”Ce n’est pas un meeting politique”, a expliqué en ouverture Gabriel Attal. Car “dans la période d’affrontements, de doute que traverse notre pays, je veux y voir une forme de parenthèse, loin du tumulte de la vie politique” car “notre pays a besoin d’apaisement”.Peu de membres de Renaissance ont pris la parole. Car l’évènement n’était “pas axé autour d’une personnalité ou d’un parti”, avait fait valoir l’entourage de M. Attal.”Nouvelle République” ? Si le changement de nom n’est pas encore officiel -renvoyé à l’après-municipales-, l’appellation s’affiche déjà au fronton du siège du parti. Cette démarche, l’ancien Premier ministre l’a lancée en septembre à Arras. Lors de cette rentrée du parti, un certain nombre de ténors avaient séché son discours, invoquant malicieusement les Journées du patrimoine, en réalité pour protester contre la tonalité trop émancipée de leur secrétaire général vis-à-vis d’Emmanuel Macron.Parmi eux, Élisabeth Borne, qui a remis une pièce lundi, expliquant qu’elle ne se rendrait pas au Palais Brongniart.”On peut avoir en tête l’échéance présidentielle mais il ne faut pas perdre de vue qu’il y a avant une échéance municipale. Et je crois que c’est important que notre parti, y compris son secrétaire général, s’implique”, a-t-elle lancé, ajoutant qu’un parti devait être “un collectif” et non “un outil d’une communication personnelle”.”Je suis secrétaire général de ce parti. Les militants m’ont élu pour ça, et mon objectif c’est d’en faire un véritable parti, de tout refonder. (…) Pour le reste il y a toujours des commentaires”, a rétorqué Gabriel Attal mardi sur RMC et BFMTV.- “Un après-municipales” -“La politique, c’est une incarnation et des idées. Et Gabriel, depuis un an, il apporte l’incarnation qu’on avait avec le président et qu’on n’avait plus depuis. Et le parti n’a jamais autant travaillé”, défend une dirigeante.M. Attal et ses équipes mettent régulièrement en avant les nombreuses conventions thématiques organisées depuis un an. D’abord sur les questions régaliennes, un “angle mort de ce qu’a été le macronisme”, mais aussi sur l’écologie, l’économie ou encore les retraites.D’autres conventions, sur la santé et l’éducation, livreront leurs conclusions dans les prochaines semaines, qui devraient également voir M. Attal dévoiler des propositions sur les institutions.Le patron de Renaissance a également porté l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, votée lundi à l’Assemblée, sur fond de concurrence avec l’Élysée.”Attal doit montrer ce qu’il veut incarner lui, et ses thèmes. Et ensuite, au niveau du parti, recréer une dynamique sur les propositions, comme il l’a fait sur les retraites”, souligne une députée.Faudra-t-il déjà réussir les élections municipales ? Un autre sujet de critiques. “On n’existe nulle part”, fulmine une figure du parti, regrettant l’absence de candidat estampillé Renaissance dans la plupart des plus grandes villes.”La stratégie de 2020 consistant à planter le drapeau partout nous a conduit à ne pas avoir d’élu à Paris, Lyon, Marseille, qui étaient quand même des bastions”, rétorque un proche de M. Attal, qui vante la stratégie “d’implantation locale” retenue pour 2026.Gabriel Attal peaufine sa candidature présidentielle. Sans pour l’heure se déclarer: le projet avant tout. Mais “il y aura un après-municipales”, pronostique un député. “Si c’est le parti d’Attal et de personne d’autre, il y aura un moment de clarification… Sauf s’il s’impose dans les sondages”.

L’Assemblée adopte le budget de l’Etat, qui va être transmis au Sénat

L’Assemblée nationale a de nouveau repoussé mardi deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, permettant l’adoption en nouvelle lecture du budget de l’Etat pour 2026, qui après un bref passage au Sénat devrait être adopté définitivement en début de semaine prochaine.Le débat a été l’occasion pour le Premier ministre, disant engager sa responsabilité “devant l’Histoire”, de défendre un budget de “sursaut”, qui permettra d’augmenter les crédits de la défense de 6,5 milliards d’euros – occasion aussi pour lui de distribuer quelques coups de griffe et d’inviter à regarder “plus loin” que 2026.La motion de censure commune des groupes Insoumis, écologiste et GDR (communistes et ultra-marins) a été approuvée par 267 députés, alors que 289 voix étaient nécessaires pour faire tomber le gouvernement.Celle du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR a recueilli seulement 140 voix.Les uns et les autres ont une nouvelle fois dénoncé sur le plan de la méthode le choix du Premier ministre de recourir à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui permet de faire passer un texte sans vote, en rupture avec la promesse faite en octobre devant le Parlement d’y renoncer.Sur le fond, l’oratrice écologiste Christine Arrighi a fustigé un budget qui relègue l’écologie “au tout dernier rang”, pointant notamment l'”effondrement” du budget alloué au Fonds vert: dédié à accompagner localement la transition écologique, celui-ci a, selon elle, vu ses crédits fondre de 2,5 milliards d’euros en 2024 à 850 millions d’euros en 2026.Pour le RN, Jean-Philippe Tanguy a critiqué un budget qui va alourdir les impôts “d’au moins 9 milliards d’euros”, tout en creusant la dette.Comme déjà vendredi, le PS et LR ont refusé de s’associer à ces motions, au nom de la “stabilité” et de la nécessité de doter la France d’un budget.- Impôts et économies “imaginaires” -Le député LR Corentin Le Fur, saluant l'”humilité” et l'”écoute” de Sébastien Lecornu durant les débats, n’a cependant pas manqué d’égratigner un budget qui reste “largement imparfait”, dans la mesure où il évite de s’attaquer suffisamment “au chantier fondamental de la réduction de notre dépense publique”.Prenant la parole après tous les orateurs, le Premier ministre a répondu sur un ton particulièrement offensif.S’en prenant à tous ceux, à droite comme à gauche, qui “parlent d’un autre budget, mais sans jamais dire lequel”, et font surgir des impôts ou des économies “imaginaires”, l’ancien élu de la chambre haute n’a pas épargné la droite sénatoriale, qui se prétend “plus rigoureuse”, mais in fine a voté “un budget à 5,3% de déficit”. “Pour la première fois depuis longtemps, les chiffres disent une chose claire: la dépense ralentit réellement”, a-t-il défendu, tout en affirmant la nécessité dans le futur de mener des “réformes de structures profondes” et de recentrer l’Etat sur “l’essentiel”.Invitant à “regard(er) plus loin”, il a souhaité que les crédits militaires puissent atteindre “des niveaux proches de 90 à 100 milliards d’euros par an”, contre 57 en 2026, alors que “nous changeons de monde”.Le Sénat, qui examinera le texte jeudi, devrait le rejeter d’emblée, permettant son retour rapide à l’Assemblée pour une lecture définitive.Le Premier ministre pourrait ainsi engager la responsabilité de son gouvernement une troisième fois dès vendredi, s’exposant à deux dernières motions de censure, qui pourraient être rejetées le 2 ou le 3 février, fermant quatre mois de débats parlementaires sur le budget.

L’Assemblée adopte l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

La France bientôt pionnière en Europe? Les députés ont adopté dans la nuit de lundi à mardi une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure visant à protéger la santé des adolescents, soutenue de tout leur poids par le gouvernement et Emmanuel Macron.La proposition de loi Renaissance devra maintenant être examinée au Sénat, et ce “dans les semaines à venir” a promis la ministre du Numérique Anne Le Hénanff. Le président de la République, attaché à cette réforme qui marquerait son second quinquennat, a salué “une étape majeure”. “Parce que le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre. Ni aux plateformes américaines, ni aux réseaux chinois”, a-t-il ajouté sur X. S’il est adopté définitivement, la France deviendrait le deuxième pays à se doter d’une législation aussi restrictive pour les mineurs, après l’Australie qui a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans début décembre.Le gouvernement souhaite aller vite, avec une interdiction mise en œuvre dès la rentrée 2026 pour les nouveaux comptes, et une vérification d’âge efficace pour tous les utilisateurs (y compris les comptes déjà existants) d’ici le 1er janvier 2027, a précisé Mme Le Hénanff.Le texte, porté par la députée Laure Miller, prévoit que “l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans”.Il exclut de l’interdiction certaines plateformes éducatives. “Les messageries privées interpersonnelles” comme WhatsApp ne sont pas non plus concernées, a indiqué Mme Miller.La proposition de loi a été adoptée par 130 voix contre 21, avec notamment le soutien du camp gouvernemental, de l’alliance RN-UDR, et de la majorité des socialistes. Seuls les insoumis et deux députés du groupe écologiste ont voté contre.Durant les débats, le député LFI Arnaud Saint-Martin a dénoncé “une forme de paternalisme numérique” et une réponse “simpliste”.- Santé mentale -Les débats se sont par moments déroulés au pas de course, et des votes à quelques voix près ont parfois créé la surprise. Plusieurs amendements visant à contraindre les plateformes de réseaux sociaux, combattus par la rapporteure et la ministre car contrevenant selon elles au droit européen, ont été adoptés. Il y aura “encore de multiples occasions de réajuster le texte”, a toutefois voulu rassurer l’entourage de Mme Miller, dans une déclaration à l’AFP.Le texte entendait aussi étendre l’interdiction des téléphones portables aux lycées, comme c’est déjà le cas dans les écoles et les collèges. Les députés ont adopté une réécriture de cette mesure, prévoyant désormais que le réglement intérieur des lycées précise “les lieux et les conditions d’utilisation” des téléphones portables. A défaut, cette utilisation est “interdite pendant les cours” et “dans les couloirs, mais autorisée dans une zone définie de la cour”, prévoit l’amendement.Les réseaux comme TikTok, Snapchat ou encore Instagram, devenus omniprésents dans la vie des adolescents, nuisent gravement à leur santé mentale, a alerté au début du mois l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).Les risques listés sont nombreux, entre cyberharcèlement, comparaison permanente ou exposition à des contenus violents. Également pointés: les systèmes de captation de l’attention, au détriment du sommeil.L’ex-Premier ministre et chef des députés Renaissance Gabriel Attal s’est félicité d’une mesure “décisive pour la protection de nos jeunes”, rappelant qu’elle semblait “impossible” il y encore “quelques mois”. – Sanctions -La principale difficulté du texte réside dans l’obligation de conformité avec le droit européen – plus précisément avec son règlement sur les services numériques (DSA). Objectif: ne pas subir le même sort qu’une loi de 2023 instaurant une majorité numérique à 15 ans mais n’ayant jamais pu être appliquée.Depuis cet été, la publication par la Commission européenne de nouvelles lignes directrices a permis d’ouvrir la voie à une régulation, dans le droit national, de l’accès aux réseaux sociaux sous un certain âge.”Les plateformes ne respectant pas l’interdiction (…) seront passibles de sanctions pouvant s’élever jusqu’à 6% de leur chiffre d’affaires”, a déclaré Laure Miller.Pour que l’interdiction devienne une réalité, un système de vérification d’âge efficace devra être mis en place. Des travaux sont en cours au niveau européen.Un “tiers de confiance”, qui ne serait “ni l’État ni les plateformes de réseaux sociaux” pourrait procéder soit par reconnaissance faciale, soit par téléchargement de documents d’identité, a avancé lundi Gabriel Attal. Plusieurs députés ont toutefois estimé que des contournements par les mineurs seraient inévitables. “Mais est ce une raison pour renoncer?”, leur a lancé la rapporteure Laure Miller.

Municipales à Paris: Dati promet de “rafraîchir” et “apaiser” la capitale

Rachida Dati, candidate de droite à la mairie de Paris, a dévoilé mardi son programme pour l’écologie qui ambitionne de “rafraîchir” et d'”apaiser” la capitale avec une végétalisation “systématique”, et de faire de la rénovation du bâti le “chantier du siècle”.Critiquant “l’écologie de communication” de la majorité sortante d’Anne Hidalgo, elle veut mettre l’arbre “au centre” d’une “politique de végétalisation systématique”, en promettant de n’abattre “aucun des 200.000 arbres de Paris et 300.000 des bois, sauf exception motivée”.”Beaucoup d’arbres sont morts et ont été abattus par la politique des chantiers permanents” de l’actuelle équipe municipale, regrette la candidate des LR et du MoDem dans un entretien au Parisien.Si elle est élue en mars, Rachida Dati créera “500 nouvelles bandes végétalisées” en privilégiant la “plantation en pleine terre plutôt que des installations d’affichage”.La capitale compte actuellement 4.530 surfaces végétalisées sur la voie publique, essentiellement sur des places de stationnement supprimées, soit un doublement depuis 2020, selon la mairie.La ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement espère “gagner 3 degrés dans les rues” en “débitumant” Paris pour en faire une “ville éponge”, à l’instar de ce que prévoit le “plan pluie” adopté cet été en Conseil de Paris.L’avenue de la Grande Armée (ouest) sera “largement végétalisée et débitumée” avec des pavés filtrants pour laisser passer l’eau, détaille le dossier de presse. La place de la République (est), aujourd’hui “entièrement bitumée”, “devra être remise en chantier” et végétalisée par endroits, ajoute Rachida Dati qui voit dans le réaménagement de ce site “le symbole de l’échec de la majorité sortante”.Elle s’engage à faire de la rénovation thermique du bâti le “chantier du siècle parisien”, avec une exonération de la taxe foncière pendant cinq ans des logements qui sont sortis des étiquettes G ou F. Cela répond à une demande régulièrement défendue par des associations de propriétaires et certains professionnels immobiliers.La candidate promet aussi de rénover 10.000 logements sociaux par an – le double de l’objectif que s’est fixé la ville – en raccordant le quart des résidences aux réseaux urbains de froid et de chaleur.Elle entend réduire “la moitié des nuisances sonores” d’ici 2032, avec un “permis à points” pour les terrasses, pour atteindre “un équilibre entre le Paris festif et le droit au sommeil”. Pour “apaiser la circulation”, des revêtements phoniques seront posés sur les artères les plus fréquentées, y compris le boulevard périphérique.Une étude sur le passage à 50 km/h sur cette autoroute urbaine sera par ailleurs lancée pour évaluer ses effets sur la pollution.  Rachida Dati souhaite encourager les modes de déplacement à faible empreinte écologique, avec des aides à l’achat de véhicules électriques, et préserver la place du vélo en “renforçant et sécurisant les pistes cyclables sur les axes sous-dotés, comme l’axe nord-sud”. 

Au procès du RN, le travail inconditionnel de Catherine Griset “pour Marine Le Pen”

“Je travaillais pour Marine Le Pen, pas pour un parti”: Catherine Griset a soutenu mardi devant la cour d’appel de Paris n’avoir jamais été qu’au service de la leader d’extrême droite lorsque celle-ci était eurodéputée… mais aussi, malgré tout, patronne du RN.En 1995, dans l’un de ses “albums”, le mouvement de jeunesse du Front national, le FNJ, consacre un encadré à “Catherine” titré “Je bosse grâce à Le Pen”: “Mes camarades (du FNJ) m’ont trouvé un poste de secrétaire chez un avocat proche du Front”, témoigne la brune de 23 ans à côté de son portrait en gros plan.Son employeur était en fait la fille du président du FN, une robe noire nommée Marine Le Pen, rencontrée trois ans plus tôt. Depuis, les deux ont toujours lié leur destin amical, professionnel et même familial – Mme Griset fut la compagne du frère du second mari de sa patronne, les deux se sont depuis séparées.Est-ce l’intensité d’une telle proximité qui a conduit Catherine Griset à ne pas s’embarrasser de séparer la personne de ses fonctions ?Au neuvième jour du procès en appel du RN, celle qui est elle-même devenue eurodéputée RN, en convient: elle a pu, à hauteur de “20%”, travailler pour Marine Le Pen présidente du FN lorsqu’elle était officiellement à 100% au service de Le Pen Marine députée européenne et, à ce titre, payée par des enveloppes du Parlement de Strasbourg.Là réside l’accusation de détournement de fonds pour laquelle les deux, ainsi que le parti et neuf autres cadres sont poursuivis.En première instance, Catherine Griset avait notamment été condamnée à un an d’emprisonnement avec sursis.- “C’est bien le problème” -A la barre, l’assistante s’attarde sur son travail, tenue de l’agenda et organisation de déplacements. “On ne peut pas dire que tout le travail de Marine Le Pen se résumait à son activité de députée européenne: à cette époque, elle est cheffe du parti”, fonction dont “on imagine bien qu’elle a dû générer une activité importante”, lui fait observer la présidente de la cour d’appel, Michèle Agi.D’autant, appuie la magistrate, qu’elle apparaît dans un organigramme – public – du parti FN comme “l’assistante de Marine Le Pen”, sous-entendu la présidente de la formation – le même document mentionne au passage un “assistant parlementaire” de l’eurodéputée Le Pen. “Ça ne m’a pas choquée parce que je travaillais pour Marine Le Pen”, élude Catherine Griset. “C’est bien le problème: vous travailliez pour Marine Le Pen mais ça n’est plus elle qui vous embauche: c’est le Parlement européen qui vous paie”, la coupe la présidente. Catherine Griset, sans vaciller: “Moi, mon travail, je l’ai fait, je l’ai bien fait. J’étais la seule à gérer l’agenda”. “Donc, forcément, vous gérez aussi l’agenda de Marine Le Pen présidente du parti”, enfonce la magistrate.Catherine Griset, en reprenant à la volée: “Vous avez raison. C’est la partie où j’ai travaillé pour elle en tant que présidente”.- “Un militant politique” -Le demi-aveu passé, l’interrogatoire se resserre. Car la prévenue n’a pas respecté son obligation de résidence à Bruxelles – inhérente à l'”assistante accréditée” qu’elle était, entre décembre 2010 et 2016 -, ce qui ne constitue pas stricto sensu un élément de l’infraction reprochée mais tout de même “un élément dans le débat”, relève la magistrate.Plus ennuyeuse, cette fonction de “cheffe de cabinet” de la présidente du FN à partir de février 2015. “Ça n’a absolument rien changé à mon travail”, jure l’intéressée, “Marine Le Pen n’a plus de chef de cabinet, il faut faire un organigramme, c’est juste honorifique”.Michèle Agi hausse la voix: “Là, je ne vous suis plus du tout: vous disiez que vous pouviez être assistante parlementaire parce qu’il y avait un chef de cabinet (qui s’occupait du reste), et vous dites que lorsque vous le devenez, ça ne change rien!”C’est encore un ton haut dessus que, mardi après-midi, la présidente a rudoyé Guillaume L’Huillier, officiellement l’assistant de Bruno Gollnisch, puis de Marine Le Pen, puis à nouveau de Bruno Gollnisch, tout en étant le directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen.”Moi, je suis un militant politique. Que je fasse mon travail” pour l’un ou l’autre des trois, “c’est pareil: je ne suis pas fonctionnaire européen !”, s’est-il agacé.”Je ne me suis pas posé la question”, insiste-t-il, “à raison”. La présidente, sèchement: “Ça, vous laisserez la cour l’apprécier”.

Procès en appel de l’assassinat de Paty: Ruffin dénonce “l’infâme défense des bourreaux”

François Ruffin a critiqué mardi, au lendemain de l’ouverture du procès en appel des personnes impliquées dans l’assassinat en 2020 de Samuel Paty, “l’infâme défense des bourreaux” et a accusé le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui et son avocat de “salir la mémoire et l’honneur” du professeur. “Sefrioui, le prédicateur islamiste ayant jeté Samuel Paty à la vindicte sur les réseaux sociaux, change de pied. Sa défense ne consiste plus à refuser tout lien avec l’assassin Anzorov. Désormais, il attaque l’enseignant reprenant la rumeur: il aurait discriminé des élèves. La morale est retournée: à l’origine, le délit viendrait de Samuel Paty”, a écrit sur X le député de Picardie, candidat à la primaire des unitaires de gauche pour l’élection présidentielle de 2027.”Sefrioui et son avocat diffament Samuel Paty, l’insultent, salissent sa mémoire et son honneur. Où sont les réactions du ministre de l’Education nationale?”, a ajouté l’élu de la Somme en dénonçant une “intimidation directe pour tout le corps enseignant”.”Que nous valent ces pudeurs de gazelle quand l’honneur d’un enseignant décapité pour transmettre les valeurs de la République est ainsi souillé en place publique?”, conclut-il en interpellant la gauche.L’ancien Insoumis, fondateur du parti Debout, réagissait aux déclarations de Me Francis Vuillemin lundi.L’avocat d’Abdelhakim Sefrioui a accusé le professeur d’avoir “procédé à la discrimination des élèves musulmans”.”Je démontrerai qu’il faisait la même chose dans le précédent établissement où il était affecté en 2016 (…) Lui disait que c’était pour protéger les élèves par rapport à cette caricature. Mais on ne protège personne dans l’école de la République en discriminant, en demandant à des élèves de se désigner en fonction de leur religion”, a-t-il dit devant la presse.L’enseignant d’histoire-géographie avait été décapité le 16 octobre 2020 aux abords du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, abattu par la police juste après son crime.Une élève de 13 ans avait menti en l’accusant d’avoir discriminé les élèves musulmans de sa classe lors d’un cours sur la liberté d’expression où il avait présenté une caricature de Mahomet. En réalité, elle n’y avait pas assisté.”Il n’est évidemment pas question de faire le procès post-mortem de Samuel Paty. Ce n’est pas le sujet et ce serait totalement contreproductif, qui plus est compte tenu de l’émotion suscitée par la barbarie de l’acte”, a déclaré un autre des conseils d’Abdelhakim Sefrioui, Me Vincent Brengarth, à l’AFP.”Rien ne doit venir occulter le fait que notre client n’avait aucun lien avec l’auteur de l’attentat, qu’il ne connaissait pas et que ce dernier n’a jamais vu sa vidéo”, a-t-il ajouté.

Municipales: en six ans, le vélo s’est trouvé des ailes

Avec plus de 12.000 kilomètres de nouvelles pistes cyclables ou voies vertes et près de 3.000 kilomètres de “véloroutes” touristiques supplémentaires depuis 2020, le vélo a tenu le haut du pavé depuis les dernières élections municipales, indiquent mardi les élus favorables au vélo.”Depuis 2019, la pratique du vélo a augmenté de 40% en France”, a souligné mardi à Paris Chrystelle Beurrier, maire d’Excenevex en Haute-Savoie, et coprésidente de l’Association transpartisane Vélo et Marche qui regroupe des élus engagés pour le vélo et la marche.”On a vu exploser le vélo pendant ce mandat” grâce au plan pluriannuel vélo, a ajouté Françoise Rossignol, maire de Dainville (Pas-de-Calais) et vice-présidente chargée des transports de la communauté urbaine d’Arras, qui s’inquiète néanmoins pour l’avenir, en raison des coups de rabot budgétaire qui menacent l’enveloppe vélo du fonds vert.Fin 2025, la France comptait 63.390 km de pistes cyclables et de voies vertes contre 51.154 km en 2020, selon le bilan présenté mardi par le réseau national Vélo et Marche à l’Assemblée Nationale.Au total, en incluant les “bandes cyclables”, ces espaces dévolus aux vélos au milieu des voitures et délimités par des bandes peintes sur la chaussée, ou encore les couloirs de bus accueillant des vélos, l’association recense 88.497 km d’aménagements cyclables en France à fin 2025, pour un objectif de 100.000 km en 2030. Tout au long de la mandature, les véloroutes ont elles aussi progressé. Ces itinéraires touristiques à vélo — par exemple la piste qui suit le cours de La Loire, ou la “Velodyssée” le long de la côte Atlantique de Roscoff en Bretagne jusqu’à Hendaye à la frontière espagnole — ont augmenté de 16%, à 21.830 km au total en 2025, contre 18.848 en 2020, selon l’association. “Nous sommes à 83,6% du schéma national des véloroutes”, contre 73,7% en 2020, a ajouté Mme Beurrier. Objectif final: parvenir à 25.900 km de véloroutes en 2030. Un travail de fourmi pour relier les collectivités entre elles, gérer l’accès au foncier et coordonner les différents réseaux (gaz, eau, électricité) sur les trajets. Autre avancée, le nombre de places de stationnement pour vélos: depuis 2019, 48.904 places de stationnement ont été créées dans les gares en France. “On est à un peu plus de 50% de l’objectif”, qui est de 80.000 places d’ici 2027, a précisé Mme Beurrier.

Mairie d’Orange: levée de l’inéligibilité de Jacques Bompard qui peut être candidat

L’inéligibilité de l’ancien maire d’extrême droite d’Orange Jacques Bompard, condamné en mars 2021 pour prise illégale d’intérêt, a été levée mardi par la cour d’appel de Nîmes, l’autorisant à être candidat aux prochaines municipales, a-t-on appris auprès de son avocat.La décision survient le lendemain de la condamnation, à moins de deux mois de l’élection municipale, de son fils Yann, qui lui avait succédé en 2021 à la mairie d’Orange (Vaucluse), et lui-même rendu inéligible.Yann Bompard a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de Marseille à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et 18 mois de prison avec sursis pour avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire.”Hier, Yann Bompard est dégagé de la mairie et dans l’incapacité de se présenter, et ce matin son père peut à nouveau retrouver son éligibilité, le tout sur deux juridictions différentes, le tribunal correctionnel de Marseille pour Yann et la cour d’appel de Nîmes pour Jacques, c’est assez fou”, a commenté l’avocat de Jacques Bompard, Me Gilbert Sindrès.”J’ai été surpris”, a réagi mardi après-midi Jacques Bompard, 82 ans, cité par Ici Provence, confirmant son intention d’être candidat. “Ma popularité est intacte”, a-t-il assuré.Son fils a annoncé faire appel de sa condamnation, estimant qu’il serait “encore opérationnel” pour les municipales de 2032. Aucun des deux hommes n’a pu être immédiatement joint par l’AFP.Yann Bompard avait succédé en novembre 2021 à son père Jacques, contraint de démissionner après le rejet de son pourvoi en cassation contre une condamnation à cinq ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt.Maire d’Orange, ville de 30.000 habitants, depuis 1995, Jacques Bompard avait été condamné en mai 2019 à une peine de six mois de prison avec sursis, mais avait échappé à la peine d’inéligibilité requise par le parquet. Le 25 mars 2021, il avait été condamné en appel à un an de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité.”La cour a dû se dire qu’à 15 jours près, on n’allait pas l’empêcher de se présenter aux municipales, sinon ça correspondait de fait à prolonger sa peine d’inéligibilité de six ans puisque s’il sautait le tour de 2026, il ne pouvait se représenter qu’en 2032″, a expliqué à l’AFP M. Sindrès.Le décision de la cour d’appel n’était pas immédiatement disponible, ayant été rendue en audience non publique.La justice reprochait au maire d’Orange la vente par la ville d’un bien immobilier à sa fille et à son gendre. Il était également mis en cause pour avoir acheté avec son épouse deux terrains à bâtir dans un lotissement d’Orange via une société civile immobilière (SCI). Elu en 1995 sous l’étiquette Front national, Jacques Bompard avait quitté dix ans plus tard le FN, devenu depuis RN, avant de fonder en 2010 la Ligue du Sud qu’il préside depuis.

Lecornu accuse Ciotti “d’importer” à l’Assemblée sa campagne des municipales de Nice

Sébastien Lecornu a accusé mardi Eric Ciotti “d’importer” sa campagne des municipales à Nice en faisant du “recel du malheur” d’une nonagénaire victime de viol dans cette ville, pour lequel un Tunisien en situation irrégulière a été arrêté.”On vous voit importer votre campagne municipale ici dans cet hémicycle, en faisant le recel du malheur de cette famille”, a lancé lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le Premier ministre, applaudi par les députés du bloc central et de La France insoumise.Il était interrogé par le président de l’UDR Eric Ciotti, allié du Rassemblement national, à propos du viol d’une femme de 90 ans à Nice, pour lequel un Tunisien en situation irrégulière a été arrêté. Le député dénonçait l'”incapacité” du gouvernement “à expulser” et “à protéger”.”Monsieur le président Ciotti, puisque vous nous appelez à agir, pourquoi dans une heure vous allez censurer le budget du ministère de l’Intérieur, du ministère de la Justice, du ministère des Armées?”, a demandé le chef du gouvernement, confronté à de nouvelles motions de censure mardi après-midi pour avoir déclenché un nouveau 49.3 sur la partie dépenses du budget.L’Assemblée devrait repousser ces deux nouvelles motions, les socialistes ayant annoncé qu’ils ne les voteraient pas.”Qu’attendez vous pour agir? Plutôt que de bloquer, plutôt que d’entraver?”, a poursuivi Sébastien Lecornu en haussant la voix. C’est “insupportable de vous voir faire le recel de cette émotion (…) Au bout d’un moment, halte avec cette petite politique”.M. Ciotti a en retour crié au “scandale”, déplorant que M. Lecornu n’ait pas eu “un mot de compassion” dans sa réponse. “Un Premier ministre responsable et coupable qui doit présenter des excuses à la victime et sa famille”, a-t-il estimé sur X.Sébastien Lecornu s’en était déjà pris à Eric Ciotti fin novembre, en multipliant les piques et en mettant en avant ses divergences avec le parti de Jordan Bardella, notamment sur la fiscalité.