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L’Assemblée adopte un texte pour la protection d’urgence d’enfants victimes de violences

L’Assemblée nationale a adopté jeudi en première lecture une proposition de loi transpartisane visant à mieux protéger un enfant victime d’inceste ou de violences, en accroissant les contrôles et en instaurant une nouvelle “ordonnance de protection provisoire”.Porté par Perrine Goulet (MoDem), le texte a été adopté par l’ensemble des 35 députés présents. Il devra désormais aller au Sénat.”Pour de trop nombreux enfants la famille n’est pas un espace protecteur, elle peut même devenir le lieu du danger (…) il est temps que le doute bénéficie à la protection de l’enfant, plutôt qu’à la personne soupçonnée de violences”, a déclaré la députée.Comportant plusieurs volets, la proposition de loi entend notamment renforcer les contrôles dans les lieux d’accueil et de protection de l’enfance, en les rendant obligatoires tous les trois ans, – voire deux ans pour les pouponnières à caractère social -, contre cinq ans jusqu’ici.Les députés ont aussi adopté des amendements pour qu’une majorité des contrôles prévus se fassent de manière “inopinée”.Fin 2025, une vidéo montrant des éducateurs d’un foyer à Paris rasant la tête d’un enfant de 8 ans contre son gré, en guise de “sanction”, avait déclenché l’ouverture d’une enquête pour violences volontaires sur mineur.La nouvelle loi interdirait également l’ouverture de structures de protection de l’enfance sous statut privé à but lucratif, laissant trois ans à celles qui existent pour s’y conformer. Le gouvernement soutient en partie le texte, mais la ministre Charlotte Parmentier-Lecocq (Autonomie et Personnes handicapées) a jugé que cette mesure emportait un “risque constitutionnel”.Elle a estimé “plus sûr” d’imposer “des conditions d’autorisation et de contrôle plus strictes”, expliquant que le gouvernement le proposerait via un projet de loi à venir sur l’aide sociale à l’enfance.Autre pilier de la proposition de loi portée par Perrine Goulet : la création d’une “ordonnance de protection provisoire”, qui vise à agir avant d’éventuelles poursuites judiciaires.En cas de mise en danger de l’enfant par un parent, le procureur de la République devrait organiser sa mise sous protection, pouvant aller jusqu’à interdire au parent mis en cause d’entrer en contact avec l’enfant et de paraître dans certains lieux (domicile, école, lieux d’activités…).Il devra statuer dans les 72 heures, puis saisir le juge compétent dans les huit jours, afin que ce dernier dispose ensuite de 15 jours pour décider du maintien ou non de la mesure. L’enfant devrait donner son consentement pour revoir son parent violent.

Municipales à Paris: des élus écologistes rejoignent Sophia Chikirou

Les conseillers de Paris écologistes Jérôme Gleizes et Emile Meunier ont annoncé jeudi rejoindre Sophia Chikirou, candidate LFI à la mairie de Paris, marquant leur rupture avec la ligne de leur parti, qui a choisi de s’allier dès le premier tour avec les socialistes.”On est rentrés très souvent en conflit avec la politique sociale-démocrate menée à Paris, que ce soit sur les questions d’urbanisme, sur les questions de la place de la publicité, ce qu’on appelle la +LVMHisation+”, a déclaré à l’AFP Emile Meunier, conseiller du 18e arrondissement, qui avait voté contre le ralliement des écologistes à une union de la gauche hors LFI emmenée par le socialiste Emmanuel Grégoire.Au total, 20% des places éligibles sur la liste LFI pour la mairie centrale et les mairies d’arrondissement seront réservées à des candidats écologistes réunis dans le collectif des “Verts populaires”.”On a passé beaucoup de temps à travailler sur le programme”, a expliqué Sophia Chikirou.Parmi les propositions vertes intégrées à son programme, celle de faire évoluer le périphérique parisien “vers un boulevard urbain”, ou encore le fait de “ne plus artificialiser un seul mètre carré”.Les deux élus parisiens, qui revendiquent être “plusieurs dizaines” à franchir le pas à Paris, font partie des quelque 400 signataires d’une tribune, publiée lundi dans Mediapart, qui critique la stratégie d’alliance de la direction nationale du parti Les Ecologistes. Les signataires disent refuser d’être “la béquille d’une social-démocratie qui entend exclure La France insoumise et choisit de tourner le dos au programme comme à la logique unitaire du Nouveau Front populaire”. Cette stratégie d’alliance parisienne rappelle celle récemment annoncée à Montpellier.”L’élection municipale n’est pas déconnectée des enjeux nationaux”, a commenté Sophia Chikirou, qui critique régulièrement Emmanuel Grégoire pour ses votes en tant que député à l’Assemblée nationale, notamment pour avoir validé le budget 2026 aux côtés des députés macronistes.”A Paris, Grégoire se dit de gauche. Mais à l’Assemblée, ses votes sont clairs: brutalisation du Parlement, austérité, coupes dans la santé, la culture, l’écologie, le social”, lui avait-elle reproché mardi sur X.La candidate LFI, qui tient son premier grand meeting vendredi, souhaite par ailleurs entamer dès ce week-end un travail de terrain pour “aller chercher les abstentionnistes”, notamment les jeunes et les habitants des quartiers populaires.”Notre objectif, c’est d’aller chercher les 30% d’électeurs qui ont voté Mélenchon en 2022 parce que s’ils ont adhéré au projet +Avenir en commun+, c’est qu’ils adhèrent au projet +Nouveau Paris Populaire+”, a-t-elle précisé.”Jérôme Gleizes et Émile Meunier ont exprimé lors des échanges internes leur désaccord sur le choix de l’union avec les forces de gauches qui l’ont souhaité, ils ont été largement minoritaires”, a réagi auprès de l’AFP l’ex-tête de liste écologiste David Belliard, assurant veiller “à ne rien faire qui puisse faciliter la victoire de la droite radicalisée à Paris”.

Municipales à Paris: Grégoire veut relancer le pouvoir d’achat des Parisiens

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a dévoilé jeudi une série de mesures pour réduire le coût de la vie des Parisiens en matière de santé, d’alimentation et de logement.”Paris c’est la plus belle ville du monde, mais quand on n’a pas d’argent, quand on n’a pas de temps, elle peut être très dure”, a-t-il déclaré lors d’un point presse.Sur le logement, dont les loyers représentent en moyenne à Paris 36% du budget mensuel des ménages, M. Grégoire ambitionne de créer à terme “jusqu’à 60.000 logements” sociaux et intermédiaires supplémentaires et de “rendre aux Parisiens les 70.000 meublés touristiques qui font artificiellement monter les prix”. Un plan de rénovation des copropriétés privées doit par ailleurs permettre de rénover 200.000 logements d’ici la fin de la mandature.”On a des loyers qui sont, à Paris, 40% plus élevés que la moyenne française. On a des produits alimentaires qui sont 7% plus chers dans les supermarchés parisiens qu’ailleurs en France”, a rappelé Lucie Castets, ex-candidate du Nouveau front populaire pour Matignon qui a rejoint la liste d’Emmanuel Grégoire.A l’instar de sa concurrente LFI Sophia Chikirou, M. Grégoire dresse lui aussi le constat d’une capitale qui “devient un désert médical”. Il propose pour y remédier de mettre en place une mutuelle municipale et de créer cinq centres de santé supplémentaires -la Ville en coordonne dix- ainsi que d’en rénover deux autres, ce qui permettra selon lui d’organiser “100.000 consultations supplémentaires par an”.Face à l’envolée des prix de l’énergie, l’ex-premier adjoint veut proposer aux Parisiens des achats groupés d’énergie grâce auxquels il estime pouvoir “réduire de 100 à 200 euros par ménage et par an la facture”.Sur le plan de l’alimentation, alors qu’un Français sur six ne mange pas à sa faim, selon le Credoc, il souhaite créer un réseau d’épiceries et de supermarchés solidaires “à moins de dix minutes à pied” de chaque habitant, instaurer un goûter gratuit dans les écoles et maintenir le gel du tarif des cantines pour tous les élèves.Il propose enfin de mieux lutter contre le non-recours aux aides sociales, de créer “un statut particulier pour les aidants” et propose deux heures de garde gratuites par semaine, sous condition de ressources, pour les “mamans solos”. La gratuité des fournitures scolaires sera par ailleurs étendue jusqu’au collège, également sous condition de ressources.

Condamnation de Joël Guerriau: Sandrine Josso appelle Larcher à réagir à de “graves dérives”

La députée Sandrine Josso a demandé jeudi au président du Sénat Gérard Larcher de sortir du “silence” à son égard et de faire la lumière sur de “graves dérives” impliquant le Sénat après la condamnation du sénateur Joël Guerriau pour l’avoir droguée à son insu.Dans un courrier dont l’AFP a obtenu copie, la députée MoDem s’adresse au patron de la chambre haute, ténor des Républicains. Elle se dit notamment “peinée” et “surprise” face au “silence” du sénateur des Yvelines, à qui elle a déjà écrit par deux fois depuis les faits, sans réponse selon elle. Joël Guerriau a été condamné mardi soir à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, coupable d’avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer. Lui plaide un accident et a fait appel. Mme Josso s’inquiète notamment du fait que M. Guerriau a affirmé avoir reçu la drogue qui s’est retrouvée dans son organisme auprès d’un autre sénateur. Elle s’interroge aussi sur les révélations de Mediapart, le média ayant affirmé que le Sénat aurait fait pression sur le gendarme audiovisuel (l’Arcom) pour mettre en garde l’émission Complément d’enquête sur France 2, dont un volet a été dédié au Sénat et incluait une interview téléphonique de Joël Guerriau.Des pratiques “illégales” ou “contraires a l’éthique” sur lesquelles la présidence du Sénat devrait enquêter au nom de la “transparence”, dit-elle. “Je vous prie de mettre en oeuvre dès maintenant des actions pour expliquer et mettre fin définitivement à ces graves dérives”, écrit la députée. Interrogé en début de semaine sur RTL, Gérard Larcher avait expliqué avoir attendu pendant un an une réponse du procureur, préalable selon lui à une saisine du comité de déontologie du Sénat. Celui-ci a été saisi cet été, quelques mois avant que Joël Guerriau n’annonce sa démission de son poste de sénateur.”Les faits sont d’une extrême gravité”, avait-il insisté, mais “je ne pouvais pas démissionner de moi-même ce sénateur”.

Narcotrafic: Macron demande de nouvelles mesures pour les douanes et les Antilles

“Plan douanes massif” dans les ports et aéroports, mobilisation accrue aux Antilles, campagne de sensibilisation: Emmanuel Macron a demandé jeudi au gouvernement de “muscler” la lutte contre le narcotrafic, enjeu majeur à quelques semaines des municipales.Lors d’une réunion autour du chef de l’Etat, le Premier ministre Sébastien Lecornu et plusieurs membres du gouvernement ont fait le point sur les décisions prises depuis novembre et sur de “nouvelles mesures” voulues par le président, a dit son entourage à des journalistes.Emmanuel Macron a demandé “un plan douanes massif” pour “muscler notre action dans la lutte contre le narcotrafic dans les ports et les aéroports”, estimant qu’il fallait “changer d’échelle”. Sébastien Lecornu et la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin doivent “rendre ce plan dans un mois”, a rapporté la présidence.Les autorités ont constaté que les opérations contre les mules, ces personnes chargées d’acheminer la drogue, particulièrement sur les avions au départ de Guyane, avaient eu un vrai succès, mais ont aussi comme conséquences de déporter le trafic via d’autres plateformes aéroportuaires ou dans les bagages et le frêt des avions.Il s’agit donc notamment d’investir dans des scanners de “façon massive” afin que les contrôles ne se concentrent pas uniquement sur les passagers.Emmanuel Macron a aussi demandé des “opérations coup de poing” dès “les prochains jours” dans plusieurs aéroports, y compris en métropole, a ajouté l’Elysée.- Après Marseille, les Antilles -Il a par ailleurs estimé que “la mobilisation devait être totale et beaucoup plus massive” dans les Antilles, où il se rendra “dans les prochains mois” pour faire le point.A l’instar de ce qui est fait à Marseille, il a demandé des “moyens humains, techniques et interministériels qui soient à la hauteur” du nombre élevé des “narchomicides” de l’année 2025, notamment à Fort-de-France en Martinique, a ajouté la présidence. Il a dit attendre “sous un mois” des “propositions”, avec notamment un “plan d’urgence sur les quatre îles de la zone avec une coopération régionale intensifiée immédiatement” avec les partenaires d’Amérique du Nord et du Sud, selon la même source.Enfin, le chef de l’Etat a réclamé une “campagne de sensibilisation” sur “les ravages de la consommation” d’ici la fin du premier trimestre, a dit son entourage.Il avait annoncé en décembre le doublement de l’amende forfaitaire pour la consommation de stupéfiants, et d’autres mesures sur le sujet sont attendues dans le prochain projet de loi sur la sécurité du quotidien.Il faut “rediaboliser” les drogues dites “récréatives”, a-t-on fait valoir à l’Elysée.S’agissant des mesures actées fin 2025, en matière de coopération avec des pays étrangers, le président a dit vouloir des “résultats” avec des “auteurs d’assassinats” impliqués dans les cartels de drogue “qui puissent être localisés et neutralisés judiciairement pour qu’ils puissent arrêter de donner leurs ordres de trafic, voire d’assassinats commandités depuis l’étranger sur le territoire national”.Pour alléger la charge de juridictions nationales “embolisées” par les dossiers liés au narcotrafic, des dispositions ont été identifiées et seront intégrées au prochain projet de loi du ministre de la Justice Gérald Darmanin.Outre M. Darmanin et Mme de Montchalin, les ministres Laurent Nuñez (Intérieur), Stéphanie Rist (Santé), Naïma Moutchou (Outre-mer) étaient présents, et celui des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot représenté.Il s’agissait de la troisième réunion de ce type depuis celle du 18 novembre convoquée quelques jours après l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, jeune frère d’un militant écologiste, Amine, engagé dans la lutte contre le narcotrafic et candidat sur la liste du maire sortant de gauche, Benoît Payan, à Marseille.

La CNCDH dénonce une gestion “essentiellement répressive” de la crise calédonienne en 2024

La gestion de la crise qui a embrasé la Nouvelle-Calédonie en mai 2024 a été “essentiellement répressive”, estime la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) dans un avis publié jeudi, jugeant que l’État n’a durant la crise pas respecté plusieurs droits humains fondamentaux.”Les réponses des pouvoirs publics ont essentiellement été répressives, s’appuyant sur des mesures de police administrative, une intervention massive des forces de l’ordre, des mesures judiciaires exceptionnelles et des mesures (…) perçues comme de rétorsion collective”, pointe l’instance indépendante dans cet avis.La CNCDH avait été saisie par le Sénat coutumier, instance consultative de représentation des Kanak, après ces violences qui avaient fait 14 morts et plus de deux milliards d’euros de dégâts, en réponse à un projet de réforme électorale votée à Paris.Elle formule six recommandations pour “rétablir la confiance”, appelant notamment à “respecter pleinement l’intégrité” du processus de décolonisation de l’archipel français du Pacifique sud.  Parmi celle-ci, la Commission demande des “mesures effectives visant à remédier aux discriminations systémiques et aux inégalités structurelles” subies par les Kanak. Selon la CNCDH, le déploiement massif des forces de l’ordre après les premières violences du 13 mai 2024, l’état d’urgence imposé sur l’archipel du 15 au 28 mai ou les transferts de détenus vers l’Hexagone ont alimenté les tensions.L’avis évoque “un traitement judiciaire hors normes” et souligne que “la majorité des affaires a été jugée en comparution immédiate”, une procédure appliquée “quasi-exclusivement à la population kanak” qui soulève “des interrogations” sur d’éventuels “biais”.Il relève aussi une “présomption de culpabilité” pesant de manière disproportionnée sur cette population. Le rapport s’attarde également sur des décisions prises après les violences par la province Sud, dirigée par les loyalistes, et “perçues comme autant de mesures de rétorsion collective”.Le gouvernement avait défendu à l’époque le déploiement des forces de l’ordre et l’état d’urgence comme une réponse aux violences. De son côté, la province Sud avait justifié ses décisions post-émeutes, notamment une forte baisse des aides scolaires, par la perte de recettes fiscales après les émeutes.La commission a mené de nombreuses auditions et “ce n’est pas un avis écrit sur un bureau à Paris”, insiste auprès de l’AFP le président de la commission, Jean-Marie Burguburu, déplorant que plusieurs responsables n’aient cependant pas répondu à ses sollicitations.La réponse de l’État a présenté un “caractère partisan”, estime le vice-président Pierre Tartakowsky. Les pouvoirs publics “savaient que ça risquait de dégénérer” mais ont “appelé les renforts (…) au lieu de déminer politiquement le conflit”, estime-t-il.La CNCDH formule six recommandations visant à “rétablir la confiance” et “restaurer la proportionnalité” de l’action publique. Anticipant des critiques, M. Burguburu assure qu'”aucune orientation partisane” ne guide la commission. L’avis de la CNCDH devait être initialement publié le 20 novembre mais son adoption avait été reporté in extremis par l’assemblée plénière.

Municipales à Montpellier: la liste LFI engrange les ralliements au détriment des Verts

La candidate LFI aux municipales à Montpellier, la députée Nathalie Oziol, a annoncé mercredi plusieurs ralliements à gauche, dont neuf transfuges de la liste du député EELV Jean-Louis Roumégas, de plus en plus isolé à six semaines du premier tour.L’objectif est de “battre” le maire socialiste Michaël Delafosse, qui se représente, et de “tourner la page du PS”, a expliqué lors d’une conférence de presse cette proche de Jean-Luc Mélenchon, qui viendra la soutenir lors d’un meeting le 15 février.”Il est possible de rompre avec le macronisme et son relais local”, a ajouté depuis un kiosque à musique du centre-ville la députée de 35 ans, entourée de ses nouveaux alliés, leur promettant d’être “très haut” sur sa liste.A ses côtés se trouvait notamment Julia Mignacca, figure de l’aile gauche des Verts, qui a annoncé lundi son retrait de la liste “Printemps montpelliérain” du député Jean-Louis Roumégas et sa démission des Ecologistes, dont elle présidait le conseil fédéral.”Ce n’est pas rien de quitter sa famille politique”, a expliqué Julia Mignacca, en lui reprochant ses liens “privilégiés” avec le PS et à Jean-Louis Roumégas d’avoir été “incapable” de faire alliance avec LFI.Même critique pour l’un des huit autres transfuges, Kevin Hoareau, chef de file local de Génération.S, pour qui “le Printemps montpelliérain n’a pas tenu ses promesses de rassemblement”.M. Roumégas, qui prône l’autonomie vis-à-vis du PS et de LFI, se retrouve d’autant plus seul que des écologistes avec lesquels il a rompu de longue date sont en bonne place sur la liste de Michaël Delafosse.Nathalie Oziol a aussi rallié à sa cause l’élue de gauche Alenka Doulain (Cause commune), qui s’était alliée à la surprise générale en 2020 au milliardaire Mohed Altrad, dont elle juge aujourd’hui qu’il “n’a rien fait et n’a rien à dire”.Côté programme, “on ne revient pas sur la gratuité” des transports en commun à Montpellier, a affirmé Nathalie Oziol, clarifiant une position jusqu’ici ambiguë, tout en critiquant “le manque de planification” dans sa mise en place par Michaël Delafosse.S’ils n’ont pas d’avis unanime sur le projet controversé de chaudière CSR (combustibles solides de récupération), la candidate LFI et ses colistiers ont promis une “convention citoyenne” pour solliciter l’avis des Montpelliérains sur “toute la gestion des déchets”. 

Les plaintes s’accumulent en France dans le dossier des laits infantiles

L’affaire des laits infantiles, déjà à l’origine de deux enquêtes ouvertes en France après la mort de deux nourrissons, connaît jeudi un nouvel épisode judiciaire avec la plainte déposée à Paris par l’association Foodwatch et huit familles qui accusent les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi à temps.A un mois, Adam, nourri au lait Guigoz, s’est retrouvé plusieurs semaines en réanimation, après des crises de diarrhées et vomissements. Amani, cinq mois, a été pris de vomissements et maux de ventre pendant quatre jours, jusqu’à ce qu’il arrête de boire son Babybio. Fièvres répétées et problèmes de digestion ont alerté le personnel de crèche et les parents d’un bébé de quatre mois nourri au Picot 1er âge…”Certains parents ont vraiment cru que leur enfant allait mourir”, a raconté Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch, lors d’une conférence de presse.Huit familles – représentant neuf bébés – se sont jointes à cette plainte de l’association, consultée par l’AFP, et font le lien entre les maux de leurs nourrissons et le lait concerné par des rappels de lots potentiellement contaminés par la toxine céréulide.”Les faits sont particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés au système immunitaire d’autant plus vulnérable”, a souligné cette association européenne de consommateurs.”Ils ont été vendus dans le monde entier par des multinationales qui ont commercialisé des produits exposant les bébés à un risque pour leur santé. C’est hors la loi”, poursuit-elle.- Soixantaine de pays -Plusieurs industriels, dont les géants Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot), mais aussi de plus petits acteurs comme Vitagermine (Babybio Optima) et la Marque en Moins ont procédé depuis décembre à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays, dont la France.A Angers et Bordeaux, la justice enquête déjà sur les décès de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de “possible contamination” par une substance d’origine bactérienne, sans “lien de causalité” établi pour l’heure, selon les autorités.A Paris, où le tribunal est doté d’un pôle “santé publique”, la plainte contre X vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l’intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité.”(Les) fabricants ne pouvaient ignorer les obligations de sécurité sanitaire qui leur incombent. Nous demandons la plus grande fermeté”, a déclaré l’avocat des familles et de l’association, Me François Lafforgue.La toxine mise en cause, la céréulide, est une substance produite par certaines bactéries et “susceptible d’entraîner principalement des troubles digestifs, tels que des vomissements ou des diarrhées”, indiquait jeudi dernier le ministère de la Santé. Sans faire de lien, “à ce stade”, entre la consommation des laits rappelés et les symptômes.- “Opacité” -Au centre des préoccupations se trouve une huile riche en acide arachidonique (ARA), à l’origine de la présence potentielle de céréulide. Le producteur chinois Cabio Biotech, qui détient des parts de marché importantes au niveau mondial sur ce produit, a été mis en cause par plusieurs fabricants de lait infantile ayant procédé à des rappels, même si un lien de causalité n’a pas formellement été établi à ce stade.Foodwatch reproche notamment aux fabricants de lait d’avoir tardé entre les premières alertes émises en décembre et les rappels.”On veut casser ce cycle d’opacité et d’impunité, en le dénonçant haut et fort, et en comptant sur le fait que la justice fasse son travail”, a déclaré la directrice générale de Foodwatch, Karine Jacquemard.L’association estime que les parents n’ont pas été suffisamment informés, souvent trop tard et de façon confuse et met en cause les autorités dans la plainte pour avoir tardé à agir et pour des carences dans les contrôles.Le gouvernement a lui défendu son action en affirmant que les procédures avaient été “très très bien respectées” et que tous les lots concernés ont “été retirés”.Mercredi, le tribunal administratif de Paris avait rejeté le recours déposé par une association de défense de la santé des enfants pour “carence grave de l’Etat dans la gestion du scandale sanitaire des laits infantiles contaminés”.

Immigration: Glucksmann prône le “contrôle” mais réfute toute “submersion”

L’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann a réfuté jeudi toute “submersion” de la France par l’immigration mais prôné “la maîtrise”, le “contrôle” de l’immigration clandestine estimant qu'”il n’y a pas de ras-le-bol” de l’immigration économique, étudiante ou de l’asile politique.”Il y a un ras-le-bol face à l’absence de contrôle, il y a un ras-le-bol face à ces situations de totale opacité concernant l’immigration clandestine, il y a un ras-le-bol face à la non application des OQTF” (Obligation de quitter le territoire français), a assuré sur franceinfo celui qui pourrait se lancer dans la présidentielle en 2027. “Mais il n’y a pas de ras-le-bol face à ces travailleurs qui viennent chez nous et qui travaillent pour la société française, il n’y a pas de ras-le-bol face au fait que nous sommes un pays qui rayonne et qui doit attirer des étudiants”, a-t-il complété. Il a également évoqué “les titres de séjours qui sont donnés au titre du droit d’asile pour les Ukrainiens, première nationalité, les ressortissants de la République démocratique du Congo ou d’Afghanistan”. “Est-ce qu’on veut fermer complètement notre pays aux femmes afghanes? Non”, a-t-il ajouté. “Quand on rentre dans le détail, il n’y a pas de submersion comme je l’entends partout”, a encore insisté Raphaël Glucksmann. Le gouvernement a annoncé mercredi son intention de “renforcer la sélectivité des étudiants” étrangers accueillis en France et, à l’inverse, de réfléchir sur “les filières économiques prioritaires” en matière d’immigration. Les chiffres de l’immigration en 2025 ont été publiés mardi et montrent qu’il a été délivré plus de titres de séjour et moins de régularisations. La France a également enregistré une petite baisse des demandes d’asile. Dans un débat politique toujours plus polarisé sur ce thème en vue de la présidentielle, Raphaël Glucksmann a défendu notamment l'”immigration de travail” dans “des secteurs entiers qui en ont besoin”, mais avec la volonté de “contrôler qui vient sur notre territoire et faire en sorte que nos lois soient appliquées”. Il faut “proposer aux pays de provenance un contrat où on facilite les migrations pendulaires, c’est-à-dire que les gens viennent travailler et peuvent repartir chez eux de manière digne, pas en risquant leur peau dans la Méditerranée”, a-t-il encore plaidé, moyennant “en échange” des laissez-passer consulaires de la part des pays de provenance. 

Fin de vie: le Sénat rejette la loi sur l’aide à mourir, bientôt de retour à l’Assemblée

Après des débats chaotiques sur la fin de vie, le Sénat a rejeté mercredi une proposition de loi sur l’aide à mourir déjà vidée de sa substance par les opposants à cette réforme sociétale majeure soutenue par l’exécutif. Les députés s’apprêtent à reprendre la main.Le texte du député Olivier Falorni, qui avait recueilli une majorité claire à l’Assemblée nationale au printemps 2025, va retourner au palais Bourbon en deuxième lecture dès le 16 février. C’est un retour à la case départ, ou presque: suite au rejet du texte par le Sénat, les députés seront saisis de leur propre version adoptée il y a près d’un an. Ils pourront y apporter des modifications s’ils le souhaitent.Promesse présidentielle du second quinquennat d’Emmanuel Macron, la proposition de loi prévoit la création d’un dispositif encadré de suicide assisté et d’euthanasie, même si ces deux termes, dont la connotation est jugée négativement, n’y sont pas mentionnés noir sur blanc.- “Sabordage collectif” -Le débat sur la fin de vie, qui se voulait apaisé et serein, a finalement tourné au vinaigre au Sénat. L’aile la plus conservatrice de la droite et des centristes, incarnée notamment par le patron des Républicains Bruno Retailleau, s’est très largement mobilisée lors de la discussion de ce texte pour en supprimer certaines mesures phares.Résultat: la proposition de loi a été totalement vidée de sa substance. Un “texte fantôme”, “caricatural”, “un puzzle sans modèle” voire “une forme de sabordage collectif”, selon plusieurs sénateurs. Au final, ce texte sans cohérence a été rejeté dans sa globalité au Sénat, par la combinaison des voix de la gauche, qui militait pour un retour au texte voté à l’Assemblée nationale, et d’une part non-négligeable d’élus centristes et LR, très insatisfaits par l’issue des débats. Seulement 122 sénateurs ont voté pour, contre 181 oppositions.Certains ont notamment redouté que ce texte ainsi modifié, s’il avait été adopté, vienne affaiblir la loi Claeys-Léonetti actuellement en vigueur, qui autorise notamment la “sédation profonde et continue jusqu’au décès” pour certains patients en fin de vie. “Rejeter le texte, c’est finalement n’offrir qu’un silence en réponse aux travaux de l’Assemblée”, a regretté la sénatrice Les Républicains Frédérique Puissat, pour qui la rédaction du Sénat offrait “une piste équilibrée”.De nombreux sénateurs ont au contraire fait part de leur malaise face à cette copie sans ossature. “Ce que nous avons vécu ici ressemble à une forme d’abandon démocratique, abandon du débat, abandon de la nuance. Nous avons collectivement échoué”, a regretté le sénateur Renaissance Xavier Iacovelli.- Dernier mot aux députés ? -Les dissensions qui traversent le Sénat sur cette réforme risquent en tout cas de mettre la chambre haute hors-jeu dans ce débat sociétal d’importance, car le gouvernement pourra donner la décision finale aux députés en cas de désaccord persistant.”Le principe constitutionnel, c’est le dernier mot à l’Assemblée”, a prévenu mercredi sur Public Sénat le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’est elle dite convaincue que le texte pourrait y être adopté définitivement “avant l’été”.Les associations et collectifs mobilisés sur le sujet ont eu des analyses opposées après ce vote du Sénat. Les plus favorables à l’aide à mourir, comme l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), ont fustigé “l’incapacité du Sénat à se montrer à la hauteur du débat”. Alors que les opposants, comme la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) ont appelé le gouvernement à “entendre le signal du Sénat”.Si cette réforme aboutissait, la France rejoindrait d’autres pays ayant légiféré sur la question, comme les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, le Canada.Emmanuel Macron a aussi envisagé un référendum sur le sujet si les blocages persistaient. Une option qui semble avoir été atténuée à ce stade par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, car il n’y a pas “d’enlisement parlementaire” selon elle.Un autre texte sur les soins palliatifs, passé au second plan mais examiné en parallèle et adopté très largement au Sénat, pourrait lui faire l’objet d’un accord entre les deux chambres du Parlement, au vu de son caractère bien plus consensuel. Il prévoit notamment l’instauration d’une stratégie nationale de déploiement de ces soins, ainsi que la création de “maisons d’accompagnement et de soins palliatifs” dans les territoires.