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A Tours, la gauche unitaire annonce sa primaire pour le 11 octobre

La primaire de la gauche non mélenchoniste en vue de la présidentielle de 2027 a passé la vitesse supérieure samedi à Tours, où ses représentants ont annoncé qu’elle aurait lieu le 11 octobre prochain, même si le PS, divisé en interne, doit encore se prononcer officiellement sur sa participation.La machine est lancée. Après leur serment fait en juillet dernier à Bagneux (Hauts-de-Seine) d’avoir un “candidat commun” pour 2027,  la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, les députés Clémentine Autain (L’Après), François Ruffin (Debout!) et l’ancienne prétendante de la gauche à Matignon, Lucie Castets, ont annoncé qu’une primaire aura lieu le 11 octobre, destinée à leur permettre d’accéder au second tour de la présidentielle.”Nous n’avons pas le droit de ne pas offrir une perspective aux classes populaires, au peuple de gauche”, a défendu Clémentine Autain, lors d’une conférence de presse commune.Face au scepticisme de certains à gauche, Marine Tondelier a répliqué que “toutes les personnes qui prétendent pouvoir se qualifier au deuxième tour seules vous mentent, se mentent à elles- mêmes et mentent à leurs électeurs”.Les membres du Front Populaire 2027, nom de leur alliance, ont indiqué avoir pour objectif deux millions de votants à la primaire, avec un vote physique dans tous les cantons de France, et possiblement aussi un vote numérique. Si les modalité de scrutin n’ont pas encore été actées, l’idée d’un scrutin uninominal à deux tours semble avoir été écartée à ce stade.Ils ont également annoncé que tout prétendant à la primaire devrait recueillir 500 parrainages de maires, comme c’est le cas pour une élection présidentielle. Un maire pourra parrainer deux ou trois candidats. Cela signifie “qu’il n’y aura pas de candidature bidon de gens qui pourront venir alors même qu’ils n’auraient pas les soutiens qui leur permettraient, à l’issue de cette primaire, de devenir candidat à l’élection présidentielle”, a détaillé Olivier Faure.Ce dernier a rappelé que ce processus de primaire serait soumis après les municipales au vote des militants socialistes, qu’il tentera de convaincre, alors que ses opposants internes, dont le camp du maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol n’y sont pas favorables.Olivier Faure n’a “pas mandat” pour “cautionner les annonces” faites à Tours, avait précisé vendredi le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner.-Convaincre Vallaud-Le patron des socialistes a assuré qu’il continuerait à se battre au sein de son parti “pour que cette primaire ait lieu”.Il n’a pas encore indiqué s’il serait candidat, à l’inverse de Clémentine Autain, Marine Tondelier et François Ruffin, déjà dans les starting-blocks.Mais chez les socialistes, certains, dont François Hollande, penchent pour une fédération de la gauche réformiste allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot, qui désignerait un candidat au consensus.Pour M. Hollande, “la preuve que la primaire n’a pas de sens, c’est bien ce qui se passe à l’Assemblée, où Ecologistes, Autain et Ruffin ont voté pour la censure de LFI et contre le budget au risque de faire sauter le gouvernement quand les socialistes cherchaient une issue”.”Nous avons des divergences, nous avons des différences. Simplement, nous estimons que le moment fait que ce que nous avons en commun est infiniment supérieur à ce qui nous divise”, a répondu Clémentine Autain.  Olivier Faure devra aussi convaincre le camp de Boris Vallaud, charnière pour faire ou défaire une majorité au PS, qui considère qu’en l’absence de Raphaël Glucksmann dans le dispositif, cette primaire est “de bric et de broc”, selon les mots d’un proche du chef des députés socialistes.Les mêmes réclament par ailleurs que le PS désigne en amont son propre candidat, sans faire mystère de l’ambition de Boris Vallaud. “Il sera OK pour la primaire de la gauche s’il gagne celle du PS”, ironise un responsable favorable à la primaire.Mais les doutes subsistent toujours sur cette démarche unitaire, d’autant que les deux candidats de gauche les mieux placés dans les sondages, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon et le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, sur deux lignes antagonistes, continuent de refuser d’y participer.Le PCF n’est pas de l’aventure non plus, même si PS et Ecologistes sont convaincus qu’il rentrera tôt ou tard dans le dispositif.”Quand le train (de la primaire) aura démarré ceux qui seront restés à quai auront l’air bien bête”, a prévenu François Ruffin. 

Macron veut l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans “dès la rentrée prochaine”

Emmanuel Macron a promis, dans une vidéo diffusée samedi par BFMTV, que le gouvernement engagerait “la procédure accélérée” pour que le texte sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans soit rapidement adopté par le Parlement et puisse entrer en vigueur à la rentrée prochaine. “J’ai demandé au gouvernement d’engager la procédure accélérée pour que ça puisse aller le plus vite possible, que ça puisse passer au Sénat. Parce que ce que je veux faire, l’engagement que j’ai pris d’ailleurs dans un de mes débats en province avec la presse quotidienne régionale, c’est que ce soit applicable à la rentrée prochaine”, déclare le chef de l’Etat dans cette vidéo où il se filme lui-même, visiblement depuis l’Elysée.La “procédure accélérée” d’examen, au Parlement, d’un texte permet selon la Constitution une entrée en vigueur rapide de ce dernier.  Selon la présidence, interrogée par l’AFP, le président de la République a adressé cette  vidéo à la députée Renaissance Laure Miller, qui défend le texte qui sera étudié à partir de lundi dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.”On interdit les réseaux sociaux au moins de 15 ans et on va interdire les portables dans nos lycées. Je crois que c’est une règle claire, claire pour nos adolescents, claire pour les familles, claire pour les enseignants, et on avance”, déclare encore Emmanuel Macron sur cet enregistrement. “Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n’est pas à vendre. Les émotions de nos enfants et de nos adolescents ne sont pas à vendre ou à manipuler, ni par les plateformes américaines, ni par les algorithmes chinois”, ajoute Emmanuel Macron, qui porte dans la vidéo les lunettes de soleil avec lesquelles il a été vu ces derniers jours.La proposition de loi du groupe Renaissance entend aussi étendre l’interdiction, dès la rentrée 2026, des téléphones portables pour les élèves au lycée comme dans les écoles et collèges.

L’armement des policiers municipaux, un débat qui n’en est presque plus un

Dans une campagne pour les municipales où la sécurité s’affirme comme la première préoccupation des électeurs, la dotation des policiers municipaux en armes à feu, une demande des agents eux-mêmes, fait de moins en moins débat.Les sondages placent la sécurité en tête des thèmes déterminants pour le scrutin des 15 et 22 mars, et “l’insécurité n’est pas juste un sentiment”, explique à l’AFP Thierry Colomar, président de la Fédération nationale des policiers municipaux de France (FNPMF).Avec l’essor du narcotrafic, “la délinquance se déplace énormément sur le territoire”, notamment “dans les petites communes où il n’y a pas de caméras de surveillance”, et les dealeurs “n’hésitent pas à utiliser leurs armes à feu partout”, détaille le policier municipal.Dans ce contexte, l’idée d’équiper les policiers municipaux d’armes létales ne provoque plus de débats houleux, comme lors des municipales de 2020. La France compte plus de 28.000 policiers municipaux (pour près de 150.000 policiers nationaux), répartis dans 4.500 communes où vit environ 80% de la population, selon le ministère de l’Intérieur. Leur nombre a presque doublé depuis 2012, où ils étaient environ 15.000. Les policiers municipaux sont autorisés à porter des armes à feu létales (de catégorie B1), ainsi que des matraques, bombes lacrymogènes, flash-balls ou tasers.”L’armement de la police municipale, qui n’allait pas de soi historiquement, s’impose désormais comme une évidence pour une large majorité de communes”, note un rapport d’information du Sénat de mai dernier.En France, 83% des polices municipales étaient armées (d’armes létales ou non) en 2023, contre 65% en 2016. Et la part des agents dotés d’une arme à feu de poing est passée de 48% en 2012 à 58% en 2023. Exception notable: Paris, où les plus de 2.200 policiers municipaux ne sont pas armés du tout. C’est “une police d’ultraproximité, pas une police d’intervention”, explique la mairie.Du centre droit à l’extrême droite, les candidats à l’Hôtel de ville Pierre-Yves Bournazel, Rachida Dati, Sarah Knafo et Thierry Mariani proposent d’augmenter les effectifs et de les équiper d’armes à feu.A contrario, le chef de file de la gauche unie (hors LFI) et ancien premier adjoint socialiste, Emmanuel Grégoire, se dit “totalement hostile” à leur armement létal, estimant qu'”aucune des missions confiées à la police municipale ne le justifie”. Les brigades nocturnes pourront néanmoins être dotées de pistolets à impulsion électrique, s’il est élu maire. – “Une arme à la ceinture, ça rassure” -La dotation en arme à feu est une demande des fonctionnaires eux-mêmes. “Ils veulent être armés pour leur sécurité et pour protéger la population, parce qu’ils sont souvent les premiers sur les lieux” d’un incident, explique à l’AFP Jean-Paul Jeandon, maire socialiste de Cergy (Val-d’Oise) et coprésident de la commission prévention de la délinquance et sécurité de l’Association des maires de France. “Avoir une arme à la ceinture pour faire des contrôles routiers la nuit, ça rassure”, estime Stéphane Poupeau, policier municipal à Tours et président du Syndicat national de la sécurité publique. “La mise en place de l’armement est aujourd’hui une condition sine qua non pour développer une police municipale digne de ce nom”, insiste Sofyan El Belqasmi, chef de la police municipale de Saint-Denis, qui est équipée d’armes à feu.Les policiers municipaux suivent une formation obligatoire, dispensée par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). Elle dure 120 jours pour les agents, 183 pour les encadrants. Le maniement des armes leur est enseigné par des moniteurs eux-mêmes formés par la police nationale ou la gendarmerie. Thierry Colomar assure que les entraînements au tir sont “très contrôlés, autant que dans les troupes d’élite comme le GIGN”, l’unité d’intervention de la gendarmerie. Selon lui, l’armement des policiers municipaux “ne devrait plus être un débat”. Alors que 4.500 postes de policiers municipaux restent non pourvus en France, la possibilité d’être armé attire davantage de candidats. Quand Jean-Paul Jeandon a créé en 2022 la brigade de nuit de la police municipale de Cergy, non armée, il n’a reçu aucune candidature. Il lui a fallu doter les postes de nuit d’armes à feu pour qu’ils trouvent preneurs.

Lecornu éloigne la censure et veut tourner la page du budget

Sébastien Lecornu a souhaité vendredi tourner la page du budget pour s’engager dans des projets plus “réalistes”, réfutant ainsi tout “immobilisme”, après avoir surmonté sans surprise deux motions de censure grâce à la mansuétude des socialistes.”Il faut savoir terminer une crise politique”, a affirmé le Premier ministre en marge d’un déplacement en Seine-Saint-Denis consacré au logement, pour justifier son recours au 49.3 pour faire adopter le budget.”Maintenant, il faut avancer” car “très vite, la campagne présidentielle va débuter” et dans ce contexte “la projection du gouvernement” sur la suite des réformes “sera réaliste”, a-t-il ajouté.Mais “on ne va pas rien faire. Il n’y aura pas d’immobilisme” car “il y a des sujets qui ne peuvent pas attendre”, comme le logement, a-t-il souligné en se donnant un ambitieux objectif de construction de 2 millions de logements d’ici 2030 dans le cadre d’un plan de “relance” à venir du secteur.Le chef du gouvernement a assuré qu’il n’avait pas “d’agenda” politique, semblant ainsi écarter une candidature à l’Elysée, et redemandé à ses ministres de se tenir “le plus éloigné de la campagne présidentielle”.- “Dernier secours” -Dans la matinée, Sébastien Lecornu avait surmonté sans surprise les motions de censure déposées par la gauche hors PS et le RN, en réponse à sa décision d’utiliser le 49.3 sur la partie “recettes” du budget. La partie recettes adoptée, il a dans la foulée engagé un nouveau 49.3, sur les dépenses et l’ensemble du texte qui pourrait être adopté définitivement début février. La France insoumise et le RN ont déposé de nouvelles motions de censure, qui devraient être examinées et rejetées de la même manière mardi.La motion commune des groupes Insoumis, écologiste, GDR (communistes et ultra-marins) a obtenu 269 voix, 19 de moins que les 288 nécessaires pour faire tomber le gouvernement, la droite et le PS refusant de s’y associer.”Il y a une majorité fragile”, a reconnu sur BFMTV Laurent Panifous, le ministre des Relations avec le parlement. “Elle est à peu près la même depuis deux, trois mois (…) Soyons prudents, il faut faire preuve de beaucoup d’humilité”.La motion du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR a aussi échoué, recueillant 142 voix.Le Premier ministre a redit vendredi son “regret” de devoir actionner le 49.3 sur le budget de l’Etat pour 2026, rompant avec la promesse faite début octobre d’y renoncer, à la demande des socialistes.Après plus de trois mois de discussion, le Parlement “ne peut pas dire qu’il a été privé de son pouvoir” mais  désormais le 49.3 “ne pourra plus être utilisé comme avant”, sauf “en absolu et dernier ressort” pour “préserver les institutions”, a-t-il espéré.- Majorité “fragile” -Le débat, tenu dans un hémicycle clairsemé, a mis en lumière les fractures de la gauche, le PS se trouvant isolé face aux trois autres groupes.”Le PS vole 65 voix d’opposition du NFP (l’alliance de gauche Nouveau Front populaire aux législatives 2024; ndlr). Il faudra s’en souvenir aux municipales”, a déclaré sur X le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, fustigeant des “milliards de coupe” de la “nouvelle majorité Attal, Faure, Wauquiez”.La cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, a elle fustigé la “trahison du pacte solennel” conclu par le Premier ministre avec le Parlement, et un “passage en force”, selon elle “marque de fabrique” du macronisme. “Tout aurait dû vous conduire à démissionner”, a-t-elle estimé, pointant du doigt l'”impuissance” du gouvernement.Le PS avait confirmé dès mardi qu’il ne voterait pas la motion de censure déposée par les trois autres groupes de gauche. Le député PS Laurent Baumel a défendu ce choix, saluant les “inflexions substantielles” obtenues par son groupe, et se félicitant que l’abandon au moins temporaire du 49.3 ait permis de donner une “portée effective” aux discussions menées dans l’hémicycle.Du côté de la coalition présidentielle, les choix budgétaires de M. Lecornu laissent aussi un goût amer, alors que le déficit devrait s’élever à 5% du PIB. “Nos désaccords avec ce texte sont réels et assumés”, a souligné l’ancienne ministre Horizons Agnès Firmin-Le Bodo. Mais en attendant la présidentielle, “nous devons sortir (le pays) du blocage permanent”, a souligné le député LR Nicolas Ray.Le ministre de l’Economie Roland Lescure, qui accompagnait M. Lecornu à Rosny-sous-Bois, a dit espérer “de bonnes nouvelles sur la croissance”.

Municipales à Paris: à gauche, Emmanuel Grégoire en quête de visibilité

A moins de deux mois des municipales, le candidat de la gauche à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, cherche à booster une campagne encore peu visible qui l’oblige à marcher sur un fil, entre l’héritage revendiqué d’Anne Hidalgo et son désir d’incarner une “nouvelle histoire”.L’accord historique de premier tour arraché en décembre entre socialistes, écologistes et communistes a placé le chef de file de la gauche non-mélenchoniste en tête dans les sondages au premier tour du scrutin des 15 et 22 mars, devant sa rivale de droite, Rachida Dati. Avant un second round au coude à coude.”Etre en tête au premier tour, même de peu, était la raison principale de l’union”, souligne une source chez les Ecologistes. “Sinon, trois listes auraient été en concurrence à gauche. Désormais il n’y a qu’un match, Grégoire-Dati”.”Nous avons une dynamique positive, notre responsabilité c’est de l’amplifier”, estimait la semaine dernière le chef de file de la gauche après son premier meeting.- Dynamique “encore faiblarde” -Pour le directeur général de l’Ifop, Frédéric Dabi, cette dynamique est “encore faiblarde”. “La campagne peine à prendre faute de visibilité”, abonde Anne-France Taiclet, enseignante chercheuse en sciences politiques.En face, analyse-t-elle, la dynamique de Rachida Dati “n’est pas non plus vertigineuse” mais la candidate de droite “a commencé assez fort, avec sa capacité produire rapidement des effets d’opinion”, grâce à ses vidéos virales.En terme de visibilité, la ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement, déjà candidate en 2020, “joue hors catégorie”, constate Bernard Sananès, le président d’Elabe. Selon un récent sondage de l’institut, 89% des inscrits sur les listes électorales connaissent Rachida Dati contre seulement 45% pour Emmanuel Grégoire, derrière Sarah Knafo (Reconquête) et Sophia Chikirou (LFI). Le prétendant à l’Hôtel de ville a beaucoup progressé en six mois (+18 points), mais cherche à gagner encore en notoriété. Un facteur rendu déterminant avec la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille qui permet de voter directement pour la tête de liste centrale sans passer par les arrondissements.Il y a deux semaines, le député de 48 ans s’est affiché avec Bertrand Delanoë sur un marché, où l’ancien édile socialiste a été souvent mieux reconnu. – “Un vrai bosseur” -“Sur le terrain, on ressent un manque de notoriété mais il passe bien. Et puis en 2001 les Parisiens ne connaissaient pas tant que ça Delanoë”, se souvient Franck Guillory, secrétaire de la section socialiste de Paris Centre.”C’est pas un bateleur mais il est à l’aise et accessible. Après son meeting, il est rentré en métro. Et c’est un vrai bosseur”, témoigne un militant écologiste. Emmanuel Grégoire a aussi “l’avantage d’être peu clivant” par rapport à Rachida Dati, ajoute Bernard Sananès. Sur le projet, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo pendant six ans doit jouer les équilibristes: il revendique un héritage dont il est “fier”, en tant qu’architecte du PLU bioclimatique dessinant l’avenir de Paris, tout en proposant une “nouvelle histoire” après un quart de siècle de règne à gauche.Malgré son froid avec la maire sortante et sa volonté de gouverner différemment, Emmanuel Grégoire a du mal à incarner le renouvellement, ses principaux partenaires, l’écologiste David Belliard et le communiste Ian Brossat, ayant eux aussi été adjoints. Le rassemblement inédit au premier tour “n’est pas la reproduction à l’identique de la majorité municipale depuis 2001”, rétorque Maxime Sauvage, l’un des porte-parole de campagne, citant le ralliement de l’ex-Insoumise de L’Après Danielle Simonnet, qui fut “longtemps notre farouche opposante à gauche”.Emmanuel Grégoire est également comptable d’un bilan sévèrement critiqué par le camp adverse, sur les finances de ville ou les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire dont il a dit “prendre sa part de responsabilité”. “La campagne est encore embryonnaire et sa visibilité peut s’améliorer car la gauche sait faire sur le terrain. A condition de la compléter avec des propositions”, selon la professeure Taiclet. “On a choisi de privilégier le porte-à-porte pour mobiliser dans les quartiers populaires. L’union nous permet de nous y déployer très nombreux, c’est un avantage stratégique”, affirme Ian Brossat.

Sextape à Saint-Etienne: l’ex-maire sera rejugé en appel en juin

L’ex-maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, condamné en première instance à quatre ans de prison ferme pour chantage à la sextape, sera rejugé du 8 au 12 juin devant la cour d’appel de Lyon, a appris jeudi l’AFP auprès de cette juridiction.Maire de Saint-Etienne et président de sa métropole de 2014 à 2025, Gaël Perdriau (ex-LR), 53 ans, a été incarcéré le 7 janvier à la prison de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain.L’élu a démissionné de ses mandats dans les jours qui ont suivi le jugement du 1er décembre dernier le condamnant à cinq ans de prison, dont un avec sursis et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire.Deux de ses avocats ont précisé vendredi à l’AFP que l’audience de la cour d’appel au cours de laquelle sera examinée sa demande de remise en liberté interviendra “prochainement”, sans toutefois vouloir en communiquer la date.Malgré ses protestations d’innocence, M. Perdriau avait été reconnu en première instance coupable, tout comme trois anciens membres de son entourage, d’avoir comploté pour filmer le Premier adjoint Gilles Artigues à son insu dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un prostitué, d’avoir utilisé cette vidéo intime pour museler ce rival du maire, et d’avoir financé le piège avec des fonds publics. Parmi ses trois coaccusés, l’ancien adjoint à l’Éducation Samy Kefi-Jérôme et l’ex-compagnon de ce dernier Gilles Rossary-Lenglet, condamnés à trois ans de prison ferme, ont eux aussi fait appel. Seul l’ancien directeur de cabinet du maire, Pierre Gauttieri, qui a écopé de deux ans de prison ferme, n’a pas interjeté appel.

“On est perdu”: à Levallois, des habitants perplexes face au retour en coulisse de Balkany

Un premier candidat estampillé Balkany, puis un deuxième, des élus exclus du conseil municipal: à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), les rebondissements autour du retour en coulisse de Patrick Balkany, 77 ans, ex-édile de la ville sous le coup d’une peine d’inéligibilité, laissent des habitants perplexes.”On est perdu, ça devient une guerre d’ego”, résume Marianne, 36 ans, qui comme plusieurs habitants rencontrés par l’AFP exprime, sous couvert d’anonymat, une lassitude face aux frasques de l’ancien maire.Jeudi soir, les élus de Levallois ont convoqué une réunion extraordinaire dans la luxueuse salle du conseil municipal d’une des villes les plus cossues d’Ile-de-France. Objectif pour la maire actuelle, Agnès Pottier-Dumas: évincer deux adjoints vus en train de prendre un café avec Patrick Balkany.”Quand vous êtes une majorité et qu’il y a une ambiance de déloyauté, il faut prendre une décision”, a-t-elle tranché lors du conseil municipal, où sa très large majorité lui a permis d’écarter les deux élus.”Un café devient une faute politique, une rencontre devient une trahison”, s’est exclamé un des deux adjoints, par ailleurs impliqué dans une autre affaire: il a porté plainte contre un YouTubeur qui l’a qualifié d'”arnaqueur” dans une de ses vidéos.- Générations successives -Patrick Balkany, qui avait cédé sa place en 2020 en raison d’une peine d’inéligibilité après sa condamnation pour blanchiment de fraude fiscale, avait rapidement retiré son soutien à son ancienne directrice de cabinet.Alors que Mme Pottier-Dumas (LR) est candidate à sa réélection, M. Balkany compte présenter une liste, sur laquelle il ne figurera donc pas.”Je ne peux pas faire 10 mètres dans la rue sans qu’on m’arrête pour me demander de revenir”, assure à l’AFP Patrick Balkany, qui compte présenter “une liste, Générations Balkany, comme ça on saura de quoi on parle”.Le nom suffit-il encore pour être élu à Levallois ? Habitante de la ville depuis sa naissance, Marianne dit avoir “grandi dans la ville de Balkany” et ne pas vouloir “cracher sur lui, qui a tant fait” quand il était maire de cette ville au nord-ouest de Paris, de 1983 à 1995 puis de 2001 à 2020.”Mes clients l’aiment bien, Balkany, mais Jérôme Gauliard, Mounia Inoughi, on ne sait pas qui c’est”, abonde un commerçant de la ville.La liste de Générations Balkany a en effet déjà changé de tête : le candidat qui la menait initialement, Jérôme Gauliard, a connu un début de campagne difficile, des articles de presse évoquant des impayés de ses sociétés.Lâché par M. Balkany, il a annoncé se retirer de la course mardi, selon le Parisien.- Nouveau procès -Alors que les listes officielles seront déposées entre les 12 et 26 février, Patrick Balkany défend désormais la candidature de Mounia Inoughi, “une fille formidable” selon lui.”On ne sait même pas ce qu’elle a à dire, et lui il continue de se pavaner, c’est une honte, tout simplement”, s’énerve Christine, 74 ans, habitante de Levallois depuis 22 ans.”Aujourd’hui, quand on me parle de Balkany, c’est en mal, on ne veut plus de ça à Levallois”, assure à l’AFP la maire actuelle, Mme Pottier-Dumas.A quelques mois des élections, Patrick Balkany a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nanterre, qui doit le juger pour détournement de fonds publics, dans un dossier où il est soupçonné d’avoir utilisé des policiers municipaux comme chauffeur et des véhicules à des fins privées.”C’est un mauvais procès qui comme par hasard tombe juste avant les élections”, évacue Patrick Balkany, qui se focalise sur le scrutin: selon lui, “tout se fera au deuxième tour”.

Sandrine Josso, “en mission malgré elle” contre la soumission chimique

A 50 ans, la députée Sandrine Josso est devenue “malgré elle” la porte-voix politique de la lutte contre la soumission chimique, une “mission” qu’elle entend bien poursuivre au nom de toutes les “victimes silenciées”. A quelques jours de l’ouverture du procès, lundi, de l’ancien sénateur Joël Guerriau, accusé de l’avoir droguée en vue de l’agresser sexuellement en novembre 2023, l’élue MoDem de Loire-Atlantique se dit “ravagée à l’intérieur” mais “déterminée”.”Depuis cette histoire, j’ai des problèmes de santé, notamment de dos et de dents, parce que je suis tout le temps contractée et crispée, tout le temps sur le qui-vive”, déclare-t-elle à l’AFP. “Je me serais bien passée de tout ça. Mais je prends ça comme une mission, je me dis +si ça m’est arrivé et que j’ai trouvé l’énergie nécessaire pour m’échapper, je dois en faire quelque chose+”.En novembre 2023, sa plainte contre son collègue parlementaire, qui a toujours nié avoir agi volontairement, invoquant une “erreur de manipulation” de la MDMA ce soir-là, fait l’effet d’une déflagration. Son récit braque les projecteurs sur la soumission chimique, phénomène jusque-là cantonné dans l’imaginaire collectif à l’espace festif, loin des couloirs feutrés du Parlement.Elle aussi tombe des nues – “c’était une telle trahison de la part d’une personne que je connaissais depuis 10 ans” – et découvre alors “la réalité des victimes de soumission chimique, les problèmes d’accès aux preuves, les problèmes d’empathie, le manque de connaissance sur ce sujet dans la société”.Quelques semaines après sa plainte, elle devient marraine de l’association M’endors pas, cofondée par Caroline Darian, la fille de Gisèle Pelicot, droguée et livrée par son époux à des dizaines d’inconnus pendant près de 10 ans. Elle se voit parallèlement confier par Gabriel Attal, alors Premier ministre, une mission sur “la soumission chimique comme forme de violence faite aux femmes”. Mission qui débouchera fin 2025 sur un rapport coécrit avec la sénatrice socialiste Véronique Guillotin et exhortant l’exécutif à passer à la vitesse supérieure. “En brisant le silence”, Sandrine Josso a “permis de faire de ce fléau un combat politique”, estime la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes hommes, Aurore Bergé, saluant un “courage et un engagement sans limite”. – “Money time” -Mère de trois enfants, nutritionniste de formation, Sandrine Josso n’en est pas à son premier “combat”. En 2012, lorsque les médecins détectent une leucémie chez sa fille de 4 ans, elle promet à cette dernière qu’elle ira porter la voix des victimes de cancers pédiatriques au Parlement.Cinq ans plus tard, en 2017, elle est élue députée sous les couleurs de la République en marche, face au candidat LR, l’ancien directeur de communication de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier.En revanche, elle ne parvient pas à être élue maire de la Baule lors des élections municipales de 2020, scrutin pour lequel elle sera par ailleurs condamnée à un an d’inéligibilité pour avoir tardé à rendre ses comptes de campagne.A l’Assemblée, elle “tien(t) parole” et devient notamment rapporteuse d’une commission d’enquête sur les politiques de santé environnementale, dont un volet insiste sur l’importance d’agir contre les cancers pédiatriques.Ses autres combats, menés depuis 2021 sous les couleurs du MoDem, seront au service des droits des femmes. Sa proposition de loi visant à mieux prendre en charge les femmes après une fausse couche est adoptée en 2023, tout comme deux ans plus tard son amendement sur le contrôle coercitif. “Même si on me dit que je suis devenue +Madame sujet politique sociétale+, en réalité c’est arrivé malgré moi, mais ça me va bien parce qu’il y a énormément d’attentes là-dessus”, déclare-t-elle. “Il y a encore trop de victimes de violences sexuelles qui sont silenciées dans ce pays”, déplore la députée. “Tout ce que j’ai vu me fait dire qu’on n’a aucunement une politique d’État à la hauteur. Le procès Mazan, ce qui s’est passé quand moi j’ai lancé l’alerte, c’était le money-time (moment décisif au basket, ndlr) et en fait rien ne se passe”. 

La journée réservée à LR peu fructueuse à l’Assemblée, la gauche accusée d’obstruction

Après l’adoption d’un texte appelant à inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, la journée réservée à LR à l’Assemblée s’est terminée sans que les députés n’aient le temps de voter sur l’usage d’armes à feu par les forces de l’ordre ou le travail le 1er-Mai, les députés de droite accusant la gauche d’obstruction.”Nous sommes parvenus à faire voter deux résolutions”, a souligné peu avant minuit Laurent Wauquiez, patron du groupe Droite républicaine (réunissant les députés LR). “Mais dans le même temps, nous avons assisté à des comportements qui ne font pas honneur à la démocratie.” “Cinq heures ce matin pour voir la France Insoumise défendre les Frères musulmans”, a-t-il lancé. “A cause de cette obstruction, nous n’avons pas pu parler de la France qui travaille.”Dans un climat houleux, rappels au règlement et suspensions de séance se sont multipliés toute la journée, notamment à l’initiative de la gauche cherchant à gagner du temps. Toute “niche parlementaire” se finit obligatoirement à minuit.Les députés ont adopté dans l’après-midi une résolution non contraignante appelant la Commission européenne à engager une procédure pour inscrire “la mouvance des Frères musulmans et de ses responsables sur la liste européenne des organisations terroristes”.Si le gouvernement a dit partager “l’objectif” d’agir “contre la mouvance des Frères musulmans et son idéologie séparatiste”, la ministre de la Francophonie Éléonore Caroit n’a pas soutenu la résolution, estimant sa rédaction fragile juridiquement.LR a toutefois pu compter sur les voix du reste du camp gouvernemental et de l’alliance RN-UDR. “Une diversion politicienne opportuniste, minable, qui risque d’alimenter la stigmatisation d’une partie de nos concitoyens”, a rétorqué l’écologiste Dominique Voynet, qui comme toute la gauche a voté contre, lors de débats très tendus.Laurent Jacobelli, député RN, a notamment fustigé l’opposition des Insoumis au texte : “les Frères musulmans veulent lapider les homosexuels, eh bien si vous voulez lapider les homosexuels, votez LFI”, a-t-il lancé, suscitant de multiples réactions et demandes de sanctions à gauche. – “Image désolante” -L’Assemblée a par ailleurs adopté une autre résolution non contraignante appelant l’Etat à “suspendre toute nouvelle création” d’agences administratives, pour alléger les finances de l’Etat et améliorer son fonctionnement.Dans la soirée, les députés ont ensuite débattu d’une proposition de loi pour instaurer une présomption d’utilisation légitime par les forces de l’ordre de leur arme à feu, soutenue par le gouvernement. Le texte visait initialement à créer une présomption de “légitime défense”.Après des divisions en commission, le gouvernement a proposé une nouvelle rédaction prévoyant que les agents de police nationale et les gendarmes ouvrant le feu “sont présumés avoir agi” dans le cadre des conditions prévues par la loi. L’amendement a été adopté avec les voix du camp gouvernemental et de l’alliance RN-UDR.”Une présomption ce n’est pas une immunité”, “elle lèvera simplement l’automaticité de la garde à vue du policier qui a fait usage de son arme”, a avancé le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez. Mais la réécriture n’a pas convaincu la gauche. “Tuons d’abord, on jugera plus tard, si seulement on juge”, a lancé Pouria Amirshahi (groupe écologiste), arguant que “le sentiment d’impunité policière (…) mine la confiance indispensable entre la police et la population”.Durant plusieurs heures, les députés insoumis et écologistes ont multiplié les prises de parole contre le texte, sur lequel un vote n’a pas pu avoir lieu avant minuit.”Fierté de présider le groupe insoumis qui par son combat acharné a empêché la droite et l’extrême droite de voter des textes dangereux pour le pays”, s’est félicitée la cheffe des députés LFI Mathilde Panot.M. Nunez a lui accusé les insoumis d’avoir “trainé dans la boue les policiers et les gendarmes”. Faute de temps, les députés n’ont pas examiné un texte déjà approuvé au Sénat visant à sécuriser le travail le 1er-Mai de salariés de certains commerces (fleuristes, boulangers…) ou établissements culturels. Environ 200 syndicalistes (CGT, Solidaires, FSU), travailleurs et députés s’étaient rassemblés jeudi matin près de l’Assemblée pour protester contre.Un autre texte à l’ordre du jour prévoyait une entrave controversée au port du voile islamique par des mineures dans l’espace public.”Chacun pourra juger de la nature et de la tonalité de la niche DR du jour. Image désolante de la vie politique…”, a critiqué dans la soirée sur X le président du groupe MoDem à l’Assemblée, Marc Fesneau.bur-clf-sac-la/ms

Mélenchon: aux municipales, LFI doit incarner “la nouvelle France” de la diversité

Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a estimé jeudi à Toulouse que son parti devait démontrer aux prochaines élections municipales “sa capacité à incarner la nouvelle France, celle du grand remplacement”, lors d’un meeting de soutien au candidat local LFI, François Piquemal.”Nous avons besoin d’élections municipales qui puissent être une démonstration du niveau de conscience politique du peuple français dans sa diversité, de la capacité de nos listes à incarner la nouvelle France, celle du grand remplacement, celle de la génération qui remplace l’autre parce que c’est comme ça depuis la nuit des temps”, a lancé M. Mélenchon, devant une salle de “plus de 1.500 personnes”, selon les organisateurs.”Ce n’est pas parce qu’il y a dix dingues dans un coin qui ont peur d’être remplacés par leurs enfants que nous devons partager leurs peurs”, a-t-il ajouté, devant une assistance où flottaient des drapeaux français, de LFI, du NPA ou de la Palestine.Dans un discours de plus d’une heure jalonné de références historiques et de nombreux commentaires sur la situation internationale, le leader de LFI a estimé que la bataille des municipales était liée à celle de la présidentielle car “nous allons faire localement des choses dont on voudra donner le goût pour tout le pays”.M. Mélenchon a par ailleurs ironisé sur les listes concurrentes de gauche qui n’ont qu’une “chose à dire, la même — ils ne sont même pas originaux — d’une ville à l’autre: ils disent (à propos de LFI, ndlr) ils ne feront pas 10% et le pire qui leur arrive, c’est qu’ils croient à leur propre propagande”.”Ne rentrez pas la tête dans les épaules, ne regardez pas ailleurs, ce que nous faisons, c’est construire cette France dont non seulement les Français ont besoin mais dont le monde a besoin”, a lancé M. Mélenchon à ses partisans, souhaitant que la France soit “une puissance qui n’a peur de personne (…) et qui porte haut la voix pour dire: M. Trump, vous êtes un grossier plouc, vous ne nous faites pas peur”.Avant lui, François Piquemal, député LFI des quartiers populaires de l’ouest de Toulouse, qui se lance à 41 ans pour la première fois à l’assaut du Capitole, avait appelé à en finir “avec quatorze années de droite réactionnaire” dans la ville rose, incarnées selon lui par le maire sortant, Jean-Luc Moudenc (DVD).