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Municipales: à Roubaix, LFI en terrain fertile mais pas conquis

“On peut faire une photo ?” Sur un marché à Roubaix, David Guiraud (LFI) déambule en vedette. Si son parti a fait de cette ville populaire du Nord une cible, il devra surmonter abstention et divisions à gauche pour espérer la conquérir.”C’est le festival de Cannes”, s’amuse l’élu de 33 ans en répondant aux sollicitations dans le quartier du Pile. En arpentant les allées bordées de petites maisons ouvrières en briques rouges, le candidat martèle sa consigne: “Il faut voter !”Parachuté de Seine-Saint-Denis aux législatives de 2022, David Guiraud a été élu député de la 8e circonscription du Nord sous l’étiquette Nupes avant d’être reconduit en 2024.Il a depuis cherché à s’ancrer dans cette ville de près de 100.000 habitants, où près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon l’Insee.”Il défend les gens d’en bas et n’a pas froid aux yeux”, affirme sur le marché une habitante qui souhaite rester anonyme.Absente du conseil municipal, LFI domine les scrutins nationaux à Roubaix: Jean-Luc Mélenchon y avait recueilli 52,5% des voix au premier tour de la présidentielle en 2022.Roubaix “compte une population jeune, marquée par la précarité sociale et en partie issue de l’immigration, donc confrontée à des discriminations. Les discours de La France insoumise sur ces sujets ainsi que sur les conflits internationaux y trouvent un écho”, analyse le politologue Tristan Haute, lui-même proche de LFI.David Guiraud a officialisé sa candidature dès 2024. Une entrée en campagne en solitaire qui a crispé une partie de la gauche roubaisienne. Il a considéré “que les autres devaient naturellement se ranger derrière lui, ça n’a pas fonctionné”, commente Mehdi Chalah, socialiste rallié à la liste divers gauche de Karim Amrouni.Selon lui, LFI fait de Roubaix un “laboratoire” et “David Guiraud n’est que le produit d’un parti national, qui veut exposer ici une vision nationale de La France insoumise à un an d’une présidentielle”. Quand on est membre de LFI, “on porte une seule ambition: amener Jean-Luc Mélenchon au pouvoir”, abonde le principal rival de LFI Karim Amrouni, déjà candidat en 2020 et conseiller municipal d’opposition.- “Pas de +Mélenchon-ville+ !” -“Nous ne sommes ni une vitrine ni un laboratoire”, rétorque David Guiraud. “Mais on peut faire la démonstration politique qu’une autre manière de gérer les communes est possible, avec des programmes ambitieux, sans se renier”.Pour l’heure, la plus grande ville dirigée par le mouvement de gauche radicale est Fâches-Thumesnil, dans la banlieue de Lille (18.000 habitants).Le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a tenu samedi un meeting à Roubaix pour soutenir son candidat, consacrant une large part de son discours aux situations nationale et internationale ainsi qu’à la lutte contre l’islamophobie. Il a également vivement attaqué les socialistes: “Punissez-les sévèrement partout où vous les trouvez”. Pour ses opposants, LFI est à Roubaix “à l’épreuve de la réalité du quotidien”. “Les questions de tranquilité publique et de sécurité font partie des priorités”, souligne M. Chalah. Or, David Guiraud “revient-il sur ses propos pendant les émeutes lorsqu’il disait ne pas appeler au calme ?”.Alors que LFI prône le désarmement de la police municipale, M. Guiraud s’y oppose à Roubaix: “Quand on veut être maire d’une ville, il faut prouver qu’on va bien la gérer”.David Guiraud “a une image de sniper de l’Assemblée nationale qu’il met en scène sur les réseaux. C’est un candidat TikTok”, raille le centriste Alexandre Garcin, devenu maire en décembre après la condamnation définitive de Guillaume Delbar (DVD) dans une affaire de fraude fiscale.Le candidat divers droite André Hibon appelle, lui, à “un Front Républicain” contre LFI. “Je ferai tout pour que Roubaix ne devienne pas +Mélenchon ville+”.Reste l’inconnue majeure: la participation. A Roubaix, “l’abstention est beaucoup plus importante qu’au niveau national (…) Quand ça vote très peu, comme aux municipales de 2020, ça ne vote pas nécessairement à gauche”, prévient Tristan Haute.L’abstention à Roubaix avait dépassé 77% aux municipales de 2020.D’où ce paradoxe: “Une ville qui accorde 52% de ses voix à Jean-Luc Mélenchon mais qui est dirigée par la droite”. Alors, “toute la stratégie locale de La France insoumise consiste à mobiliser les abstentionnistes, avec une occupation massive du terrain”, résume le politologue.

Gérard Larcher prêt à recevoir la députée Sandrine Josso, lui exprime son “soutien”

Le président du Sénat Gérard Larcher a exprimé samedi son “soutien” à la députée Sandrine Josso après la condamnation du sénateur Joël Guerriau pour l’avoir droguée à son insu, et a dit à l’AFP vouloir prendre contact avec elle “dans les prochaines jours” pour évoquer l’affaire.La députée MoDem avait adressé en fin de semaine un courrier au président de la chambre haute pour lui demander de sortir de son “silence” à son égard et de faire la lumière sur de “graves dérives” impliquant le Sénat.Mme Josso “se dit être à ma disposition pour évoquer l’ensemble des éléments de cette affaire, j’y suis bien sûr favorable et prendrai contact avec elle dans les prochains jours”, a écrit Gérard Larcher dans une déclaration à l’AFP. “Au nom du Sénat et en mon nom personnel, je tiens a exprimer mon soutien à l’égard de Mme Sandrine Josso, dont nous mesurons la souffrance face à cette épreuve”, a-t-il ajouté. L’ex-sénateur Joël Guerriau a été condamné mardi soir à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, coupable d’avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer. Lui plaide un accident et a fait appel.Une “condamnation exemplaire”, selon M. Larcher. “La justice est passée et je m’en félicite”, a-t-il ajouté.Dans un courrier dont l’AFP a obtenu copie, la députée avait dit regretter que M. Larcher ne soit jamais “venu prendre quelques minutes pour échanger” avec elle, alors qu’elle s’était plusieurs fois rendue au Sénat depuis les faits dans le cadre de sa mission gouvernementale sur la soumission chimique. Elle s’est également dite “peinée” et “surprise” face au “silence” du sénateur des Yvelines, à qui elle avait déjà écrit par deux fois depuis les faits, sans réponse selon elle. Elle s’est par ailleurs inquiétée du fait que M. Guerriau a affirmé avoir reçu la drogue auprès d’un autre sénateur.Et s’est interrogée sur des révélations de Mediapart, le média ayant affirmé que le Sénat aurait fait pression sur le gendarme audiovisuel (l’Arcom) pour mettre en garde l’émission Complément d’enquête sur France 2, dont un volet a été dédié au Sénat. Sans répondre sur ces points, Gérard Larcher a rappelé avoir “autorisé une perquisition dans les locaux du Sénat”, “transmis sans délai l’ensemble des documents requis par la Justice” et “saisi le Comité de déontologie parlementaire”.Selon lui, M. Guerriau avait “refusé, dans un premier temps, mon invitation à démissionner de son mandat”. “Je pouvais demander à Monsieur Joël Guerriau de démissionner, je ne pouvais l’y contraindre”, s’est-il défendu.”Seul le Conseil constitutionnel peut démettre un parlementaire de son mandat après une condamnation définitive, ce qui a pu susciter, je le reconnais, une certaine incompréhension”, a-t-il ajouté.

Municipales à Paris: Chikirou galvanise ses troupes et étrille la gestion socialiste

Sophia Chikirou, candidate LFI à la mairie de Paris, a galvanisé son camp vendredi autour de la promesse d’une alternative à gauche, étrillant au passage les 25 ans de gestion socialiste à l’Hôtel de Ville, lors de son premier grand meeting de campagne.”Nous allons faire de Paris la plus grande ville insoumise de France, mais aussi du monde, après New York, après Zohran Mamdani”, a lancé la candidate devant près de 1.500 sympathisants chauffés à bloc, à six semaines du premier tour. Le meeting, qui devait initialement se tenir dans la ménagerie du Cirque d’Hiver, a finalement été déplacé dans la grande salle, compte tenu de l’affluence, même si les gradins n’étaient pas entièrement remplis.Plusieurs membres de collectifs de lutte pour Gaza ou contre les violences policières, dont Assa Traoré, fondatrice du comité Vérité et justice pour Adama, étaient venus apporter leur soutien, de même qu’Awa Diabley, mère d’Hismaël, tué à 15 ans en 2018 dans une rixe entre bandes.”On ne peut pas avancer (…) si on n’a pas un maire allié, qui va porter toutes ces questions, de la jeunesse, de l’éducation, de la santé, du racisme, des violences policières”, a déclaré Assa Traoré.Sur scène, les dix-sept têtes de liste d’arrondissement se sont présentées tour à tour, applaudies par la salle.Le député et coordinateur national de La France insoumise Manuel Bompard a décoché ses flèches contre Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, qui n’a pas censuré le budget du gouvernement.”La seule liste garantie 100% censure, 100% anti-Macron, 100% anti-fasciste, c’est la liste du +nouveau Paris populaire+”, a-t-il martelé.Sophia Chikirou a salué le ralliement la veille des conseillers de Paris écologistes Emile Meunier et Jérôme Gleizes. “L’écologie que nous portons avec eux (…), c’est une écologie anticapitaliste et populaire. L’écologie sans la lutte des classes, c’est du jardinage”, a-t-elle ironisé.Emile Meunier n’a lui pas fermé la porte à une alliance de second tour avec la liste d’Emmanuel Grégoire, pourtant clairement écartée par ce dernier.”Il est évident qu’on ne va pas laisser la ville dans les mains de la droite et de l’extrême droite”, a-t-il insisté, alors que Sophia Chikirou s’était opposée à ce qu’un socialiste soit maire de Paris.La candidate a énuméré ses priorités que sont le logement, l’éducation et la protection de l’enfance ainsi que la démocratie locale.”Le premier texte que nous ferons adopter (…) déclarera l’état d’urgence dans le logement à Paris, car 10.000 personnes à la rue, c’est un état d’urgence”, a-t-elle proposé. “Paris est devenu le terrain de jeu des grandes fortunes et des grands fonds d’investissement français et étrangers”, a-t-elle critiqué en promettant la création d’une régie publique de gestion locative.

En Algérie, Ségolène Royal tente d’amorcer un dégel

Alors que la crise s’éternise entre la France et l’Algérie et que les canaux officiels semblent à bout de souffle, l’ex-ministre socialiste Ségolène Royal s’est posée en médiatrice lors d’une visite à Alger vendredi, disant avoir “obtenu” le transfert près d’Alger du journaliste français emprisonné Christophe Gleizes.Reçue notamment par le président Abdelmadjid Tebboune, elle a eu l’autorisation de rendre visite au journaliste français, condamné à 7 ans de prison pour “apologie du terrorisme”.Son transfert depuis Tizi-Ouzou, à 100 km à l’est de la capitale algérienne, où il était détenu depuis juin “va le rapprocher (de sa famille) et faciliter les visites”, a déclaré Mme Royal, en remerciant les autorités algériennes pour ce “geste humanitaire”.A part ses parents et le cardinal franco-algérien d’Alger, Jean-Paul Vesco, Christophe Gleizes – qui fêtera ses 37 ans samedi – n’a reçu “aucune autre visite”, a rappelé l’ancienne ministre qui dit avoir également “appuyé” la demande de grâce de sa famille auprès du président Abdelmadjid Tebboune. Celle qui est devenue en décembre présidente de l’Association France Algérie (AFA) a assuré que le dirigeant algérien était prêt au dialogue “dès lors que le respect et la considération sont au rendez-vous”.Les relations restent acrimonieuses entre Paris et Alger et les coopérations de sécurité et économique sont au plus bas.Une visite du ministre de l’Intérieur français Laurent Nuñez, invité par son homologue, ne s’est pas encore concrétisée. M. Nuñez a dit vendredi matin sur France Inter attendre d’Alger “des bougés très forts sur deux sujets”: “la reprise des reconduites des Algériens en situation irrégulière”, ainsi que “la situation de Christophe Gleizes”.- Climat délétère -La crise diplomatique entre les deux pays a éclaté après la reconnaissance, à l’été 2024 par Paris, d’un plan d’autonomie “sous souveraineté marocaine” pour le Sahara occidental. l’Algérie soutient de son côté le mouvement indépendantiste Polisario.Depuis, une série d’épisodes sont venus entretenir les tensions. Parmi eux, la détention et la condamnation en Algérie de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, finalement libéré, celle de Christophe Gleizes, ou encore l’incarcération en France d’un agent consulaire algérien accusé d’être impliqué dans l’enlèvement d’un influenceur.Tout récemment, Alger a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France pour protester contre une émission Complément d’enquête diffusée sur la chaîne publique France 2, estimant c’était “une véritable agression contre l’Etat algérien, ses institutions et ses symboles”.C’est dans ce climat délétère que Ségolène Royal, qui fut candidate à l’élection présidentielle en France en 2007, est venue plaider pour une “reconstruction de l’amitié entre la France et l’Algérie”.Elle a expliqué à l’AFP être venue en tant que présidente de l’Association France Algérie et à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie algérienne, “pas du tout” en mission officieuse pour le président français Emmanuel Macron.Elle avait indiqué un peu plus tôt avoir informé le chef de l’Etat de son initiative et qu’elle comptait, à son retour en France, l'”aider en lui donnant les éléments dont (elle) dispose”.Elle a notamment déclaré que le “premier geste” d’apaisement qu’il “doit faire” est la restitution des biens culturels spoliés pendant la colonisation française (1830-1962).- “La bienvenue” -Cette visite est “totalement de sa propre initiative et ses déclarations sont personnelles”, a souligné auprès de l’AFP une source ayant connaissance du dossier, et souhaitant rester anonyme. Mais “dans le contexte extrêmement tendu entre la France et l’Algérie, tous les canaux doivent être utilisés”, a souligné cette source.Bruno Fuchs, président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, a également estimé qu’en plein blocage, “toute initiative permettant de détendre la relation est la bienvenue”.”Son approche sur les questions mémorielles est courageuse”, a réagi l’historien Benjamin Stora, qui dans un rapport remis à l’Elysée avait fait des préconisations allant dans le même sens. “La question est de savoir quel interlocuteur elle pourra trouver dans la société politique française actuelle — à deux mois des municipales et à un an de la présidentielle — pour avancer concrètement”, dit-il.Le ton de Mme Royal lui a en tout cas valu les louanges de plusieurs médias algériens.”C’est la première fois qu’une personnalité française de ce rang (tient) de tels propos rassembleurs dans un contexte de montée en puissance de l’extrême droite en France”, s’est notamment félicité TSA Algérie.Dt-fka-iba-cl/sva/lpt

Municipales: les Ecologistes se déchirent sur la stratégie d’alliance de Tondelier

Des défections pour rejoindre LFI dans plusieurs villes, une tribune critiquant la ligne de Marine Tondelier, écartelée entre LFI et Parti socialiste: les Ecologistes s’offrent une nouvelle crise interne, à la veille d’un scrutin municipal où ils craignent pour leur bastions.Lancée dans la campagne pour la primaire de la gauche en vue de 2027 -organisée notamment avec le PS-, la patronne des Ecologistes se trouve dans le viseur de l’aile gauche de son parti qui lui reproche de préférer, aux municipales mais aussi à la prochaine présidentielle, l’alliance avec le Parti socialiste, qui n’a pas censuré le gouvernement sur le budget, plutôt qu’avec les insoumis.Jeudi soir, les conseillers de Paris écologistes Jérôme Gleizes et Emile Meunier ont annoncé rejoindre Sophia Chikirou, candidate LFI dans la capitale, alors que leur parti a choisi de s’allier dès le premier tour avec le socialiste Emmanuel Grégoire, positionné sur une ligne anti-LFI.A Montpellier, la présidente du conseil fédéral, Julia Mignacca, a quitté la liste autonome de Jean-Louis Roumégas, pour se rallier à celle de la députée LFI Nathalie Oziol.Même chose à Avignon, où la cheffe de file des écologistes Sabah Badji s’est alliée avec la liste insoumise. Plusieurs d’entre eux sont signataires d’une tribune, publiée lundi dans Mediapart, dans laquelle ils affirment ne pas accepter “que l’écologie se dissolve à nouveau dans la social-démocratie”, déplorant la ligne électorale “illisible” de la direction du parti qui a “privilégié l’alliance avec le PS” aux municipales.Pour ces scrutins des 15 et 22 mars, les Ecologistes ont majoritairement fait des accords avec les socialistes, comme à Paris, Marseille, Nantes, Rennes derrière le PS. A Lyon, Bordeaux, Grenoble ou Besançon, c’est un des leurs qui a pris la tête de liste.Mais ils partent aussi avec les insoumis dans certaines villes, comme à Boulogne-Billancourt, Fécamp, Boulogne-sur-mer ou La Courneuve. Face à cette fronde, la direction, qui parle d’un événement “picrocholin”, a exigé que les signataires de la tribune -autour de 500 selon Jérôme Gleize, mais tous ne sont pas encartés- retirent leur signature, menaçant de les suspendre du parti.  Le secrétaire général adjoint des Ecologistes, Aïssa Ghalmi, dénonce à l’AFP une “opération de déstabilisation” et de “débauchage” orchestrée par LFI. – “pressions” -“La France insoumise ne manipule personne et n’agit pas autrement que par une démarche de conviction basée sur des engagements politiques clairs”, a répondu sur X le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, alors que plusieurs cadres insoumis se sont réjouis de ces prises de guerre.Les deux partis s’accusent mutuellement d’être responsables du peu d’accords conclus entre eux pour ce scrutin.  Aïssa Ghalmi rappelle que chez les Verts, les alliances aux municipales se décident au niveau local. Jérôme Gleizes rétorque que la direction a exercé des “pressions” pour que les groupes locaux acceptent des accords avec le PS.  “Tout ça se fait en sous-main, insidieusement”, affirme un autre signataire, soulignant que les craintes de perdre les villes acquises par les Ecologistes en 2020 a poussé la direction à défendre des alliances avec le PS.”Il fallait bien qu’on se range derrière Emmanuel Grégoire à Paris, pour que les socialistes se rangent derrière Grégory Doucet (le maire sortant écologiste) à Lyon”, décrypte le même, évoquant des pressions dans d’autres villes, comme à Rennes ou à Dunkerque, où les écologistes locaux souhaitaient faire des listes autonomes.”On est en train de revenir à la pire période de notre histoire, quand on était un satellite des socialistes”, regrette Jérome Gleizes. “Il y a toujours eu des mécontents dans les organisations politiques, qui au moment des élections vont voir si l’herbe est plus verte ailleurs”, estime M. Ghalmi, sans nier “les désaccords sur la stratégie”. Marine Tondelier “paye le prix de sa ligne incohérente” consistant à être “le trait d’union entre le PS et LFI”. “Pour le moment elle tient debout, parce qu’elle n’a pas tranché”, estime un autre élu écologiste.Il souligne que d’autres militants, partisans d’une rupture totale avec LFI, ont aussi quitté le parti, pour rejoindre notamment Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann. “Je suis convaincu qu’il y aura une explosion du parti après les municipales”. 

Inquiétudes face à un “recentrage” de Santé publique France par le gouvernement

Réorganisation pour plus d’efficacité, selon le gouvernement, reprise en main politique aux dépens de l’indépendance scientifique, pour des acteurs de la santé: l’annonce d’un “recentrage stratégique” de Santé publique France, qui perdrait la main sur des campagnes de prévention, suscite l’inquiétude.Ce “recentrage stratégique” de l’agence sanitaire publique a été décidé, avec deux évolutions principales: “la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire” va dépendre directement du ministre de la Santé, et les campagnes nationales de communication en santé publique seront “transférées” au ministère et à la Caisse nationale d’assurance maladie, a indiqué le cabinet de Stéphanie Rist à l’AFP.Selon France Inter, qui l’a révélée, cette réforme a été décidée lors d’une réunion interministérielle, validée par le Premier ministre Sébastien Lecornu et annoncée jeudi aux personnels par la directrice générale de SpF, Caroline Semaille. Il y a près d’un an, les ministres pilotant alors la santé, Catherine Vautrin et Yannick Neuder, avaient demandé à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) un “état des lieux” des missions et des “moyens humains, financiers, techniques” de SpF, faisant naître des premières craintes sur le sort de l’agence. Ce rapport n’a pas été divulgué.Née de la fusion de plusieurs organismes publics (InVS, Inpes, Eprus, Adalis), Santé publique France a été créée en 2014 pour doter la France, comme les États-Unis ou l’Angleterre, d’un établissement regroupant des missions de prévention et promotion de la santé, d’alertes et de surveillance, d’intervention.Le retrait de la gestion des stocks et de la réserve sanitaire à SpF a pour objectif de “raccourcir la chaîne de commandement” et “de renforcer la capacité de décision”, a défendu le ministère auprès de l’AFP.Quant au transfert des campagnes de communication, à partir de “début 2027”, il vise à produire “des messages plus clairs” car une “multiplication des porteurs de campagnes” a “pu brouiller la lisibilité de la parole publique en santé”, selon le cabinet de Mme Rist, écartant toute recherche d'”économies”. Le gouvernement envisage environ deux milliards d’euros d’économies supplémentaires sur les agences et opérateurs de l’Etat, a indiqué mi-janvier la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin.- “Impression de reprise en main” -Pas hostile à “recentraliser un peu, pour avoir un seul maître à bord” et favoriser la prévention, un connaisseur du système de santé a évoqué auprès de l’AFP, sous couvert d’anonymat, “un grand meccano en cours entre le ministère de la Santé et différentes agences”. Mais sur fond de tensions persistantes sur le budget de l’Etat et des sujets de santé et d’environnement, la restructuration annoncée de SpF a créé de l’émoi vendredi.L’agence est “dans le giron de l’État mais, scientifiquement, elle a une expertise indépendante”, s’est alarmé auprès de l’AFP le Dr François Bourdillon, craignant un “démantèlement” de cette agence qu’il a créée et dirigée jusqu’en 2019. “Replacer les campagnes de santé publique au ministère de la Santé donne vraiment l’impression d’une reprise en main”. “Pourquoi est-elle attaquée alors qu’elle assume pleinement ses missions et qu’il y a tant à faire dans la santé ?”, a-t-il demandé, évoquant une influence de lobbies.Pointant une “logique illisible”, Bernard Basset, président d’honneur du réseau Addictions France et ex-directeur adjoint de l’Inpes, se demande “s’il n’y a pas un calcul politique sur le contrôle d’informations sur des sujets de santé où des lobbies sont actifs: alcool et nutrition”.Hendrik Davi, député écologiste et administrateur de SpF, redoute aussi “un risque majeur de censure sur des campagnes pourtant essentielles: tabac, alcool, drogues, pollution, santé sexuelle…”Pour le Pr Serge Hercberg, l’un des concepteurs du Nutri-Score, “ni l’idéologie politique ni les intérêts économiques ne doivent prévaloir sur la science”.”Dans de nombreux contextes internationaux, l’affaiblissement du rôle des agences scientifiques indépendantes a conduit” à (…) “une perte de confiance durable des citoyens dans la parole publique”, a aussi prévenu la Société Française de Santé Publique dans un communiqué.

Soumission chimique: une expérimentation pour rembourser les analyses même sans plainte

Une expérimentation visant à améliorer la prise en charge des victimes de soumission chimique en simplifiant leur accès aux analyses médicales a été lancée vendredi à Nantes, en présence de la ministre Aurore Bergé et de la députée Sandrine Josso.Cette expérimentation de trois ans, qui concerne les Pays de la Loire, l’Ile-de-France et les Hauts-de-France, prévoit notamment le remboursement des analyses médicales en cas de suspicion de soumission chimique, même en l’absence de plainte préalable. Elle comprend également la mise en place d’un “parcours patient” qui permettra aux victimes de déposer plainte en cas de résultat positif.L’objectif est d’être “extrêmement rapide sur la réalisation des prélèvements”, a expliqué Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes, les substances recherchées par ce type d’analyses disparaissant rapidement de l’organisme. Le dispositif est ouvert à toute personne munie d’une ordonnance établie par un médecin pratiquant dans l’une des régions concernées.En dehors de l’expérimentation, les examens pour détecter les substances montrant un état de soumission chimique sont pris en charge à condition que la victime potentielle ait porté plainte au préalable.La ministre a visité vendredi le laboratoire de toxicologie du CHU de Nantes aux côtés de la députée MoDem de Loire-Atlantique Sandrine Josso, dont elle a salué l'”engagement”, la “détermination” et le “courage”. L’ex-sénateur Joël Guerriau a été reconnu coupable mardi d’avoir drogué Mme Josso en vue de la violer et condamné à quatre ans de prison dont 18 mois ferme. Lui plaide l’accident et a fait appel. Sandrine Josso, qui a mené une mission sur le sujet confiée par le gouvernement, s’est réjouie du lancement de cette expérimentation, qui mobilisera médecins et laboratoires pour “faire en sorte d’avoir des preuves”. “Comme on le comprend tous ici, c’est un contre-la-montre”, a-t-elle déclaré devant la presse.Sandrine Josso a expliqué qu’elle allait aujourd’hui “de l’avant” après “l’épreuve” qu’a représenté le procès de Joël Guerriau. “Je suis d’un côté victime et d’un autre côté députée. Les actions que je mets en place servent aussi pour le plus grand nombre”, a-t-elle ajouté.

Budget: un ultime 49.3 dégainé en 13 secondes, épilogue lundi

La ligne d’arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu a activé vendredi pour la troisième fois l’article 49 alinéa 3 de la Constitution à l’Assemblée nationale, ultime étape avant l’adoption définitive du budget de l’Etat, attendue lundi.”La France doit avoir un budget. Et donc, devant cet hémicycle, j’engage la responsabilité du gouvernement sur l’ensemble du PLF (projet de loi de finances, ndlr) pour 2026, sur la base de l’article 49 de la Constitution”, s’est contenté de déclarer, en 13 secondes chrono, devant l’Assemblée nationale le chef du gouvernement qui s’était engagé à y renoncer au début de l’automne, à la demande du PS.Dans la foulée, La France insoumise a annoncé le dépôt d’une motion de censure, qui devrait être examinée et rejetée lundi faute du soutien de la droite et des socialistes, tout comme une autre motion du Rassemblement national et son allié UDR.Selon le président de la commission des Finances Éric Coquerel (LFI), ces motions de censure seront examinées lundi à 17H00 – et non mardi comme il le demandait pour permettre à tous les députés de revenir à Paris. Autre critique sur la forme de l’écologiste Arnaud Bonnet, “le Premier ministre n’a même pas attendu que les membres de la commission des Finances”, qui venaient de rejeter une ultime fois ce budget, “arrivent dans l’hémicycle que le 49.3 était déjà prononcé”. Après quatre mois de très denses discussions au Parlement, le projet de loi de finances pour 2026 va pouvoir aboutir. – Matelas confortable -Sauf immense surprise, les motions de censure seront rejetées comme les deux précédentes, le gouvernement disposant d’un matelas relativement confortable d’une vingtaine de voix d’avance.”Le groupe socialiste a serré la vis (aux députés qui voudraient voter la censure) et est maintenant dans un soutien sans participation au gouvernement”, a déploré M. Coquerel.”C’est la dernière chance que peuvent avoir les députés LR et socialistes de sanctionner ce gouvernement”, a lancé Sébastien Chenu (RN).Le rejet des motions vaudra alors adoption définitive du budget de l’Etat, qui devra tout de même passer le filtre du Conseil constitutionnel avant d’être promulgué. Sa mise en place mettra fin au régime fragile de la loi spéciale, votée fin décembre faute d’accord parlementaire pour assurer la continuité de l’État.Après ce dernier 49.3, Sébastien Lecornu effectuait un déplacement vendredi après-midi dans le village de Baigneaux, en Eure-et-Loir, dans la Beauce, pour valoriser l’agriculture locale et diversifiée. Pour promouvoir les “contrats d’avenir” réclamés par le syndicat des Jeunes agriculteurs, pour les aider à diversifier leurs productions notamment face au changement climatique, il doit visiter une exploitation qui s’est mise à faire des amandes en plus des céréales.Confronté à la colère des agriculteurs, le Premier ministre avait promis le 13 janvier un projet de “loi d’urgence” sur la politique de l’eau, la “prédation” du loup et les “moyens de production”. – “Texte utile” mais “imparfait” -S’il est certes “imparfait”, ce budget “est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d’incertitude qui s’est installé depuis quelques mois”, a salué jeudi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.Si certains parlementaires, tout comme l’agence de notation Moody’s, en doutent, le texte entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.Initialement, l’exécutif visait 4,7%. Mais, selon le rapporteur Philippe Juvin (LR), le budget de l’Etat a dû d’une part “assumer les décisions prises au niveau du budget de la Sécurité sociale”, avec notamment la suspension de la réforme des retraites, qui s’est traduite par “une hausse du déficit de 0,3 point de PIB”. D’autre part, a-t-il regretté, l’effort des collectivités locales “a été réduit de moitié” à la demande du Sénat. Le texte prévoit diverses concessions en direction notamment du PS, comme les repas à un euro pour les étudiants ou la hausse de la prime d’activité.Le bloc central et la droite ne sont pas plus satisfaits de ce budget que le RN et LFI mais M. Juvin s’est félicité “d’avoir évité de graves écueils” au niveau fiscal, comme “la remise en cause du pacte Dutreil” sur la transmission d’entreprises et “une fiscalité supplémentaire pour les PME et les ETI (entreprises de taille intermédiaire)”.ama-are-far-lak/lum/hr/dch   

A Paris, Rachida Dati veut fermer le Champ-de-Mars et suscite le débat

Bientôt des grilles autour du Champ-de-Mars ? Le projet de Rachida Dati de fermer le site la nuit déplaît fortement aux défenseurs du patrimoine. Mais ils partagent la volonté de la candidate à la mairie de Paris d’une “reconquête esthétique” du parc.Le Champ-de-Mars, comme les bois de Boulogne et de Vincennes, “est devenu un lieu d’insécurité récurrent”, affirme la candidate des LR et du MoDem à l’Hôtel de ville.La ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement, où se trouve le parc, martèle que les agressions sexuelles y sont quotidiennes, ce qui n’a pu être confirmé par la préfecture de police.”C’est devenu une zone de non-droit, avec le jour, des vendeurs à la sauvette et arnaqueurs professionnels, et la nuit des bandes rôdant autour des touristes”, développe sa porte-parole de campagne Nelly Garnier. Rachida Dati, qui réclame régulièrement des mesures de sécurisation, propose dans son programme d’installer une brigade équestre dans le parc et de le fermer complètement la nuit par des grilles “patrimoniales” semblables aux clôtures du parc Monceau ou des Tuileries.Une aberration pour les défenseurs du patrimoine, déjà échaudés par le mur de verre entourant la tour Eiffel contre le risque terroriste.”Des grilles viendraient barrer l’une des plus célèbres perspectives de Paris”, cette “échappée vers le lointain” qui va de l’Ecole Militaire au Trocadéro en passant sous les arches de la Dame de fer, redoute Julien Lacaze, président de Sites & Monuments. – “Nous mettre en cage” -Aujourd’hui propriété de la ville, le Champ-de-Mars était au départ un terrain d’exercice militaire qui a accueilli la fête de la Fédération (1790) puis des expositions universelles. “C’est un espace libre”, résume Christine Nedelec, présidente de SOS Paris. Au début du XXe siècle il fut réaménagé en parc d’agrément par l’architecte Jean-Camille Formigé et le paysagiste Jean-Claude-Nicolas Forestier, désireux de créer “une continuité avec l’urbanisme”, raconte Pierre Lamalattie, auteur d’un ouvrage sur le sujet.”L’idée, qui a essaimé dans le monde entier, était d’avoir une interpénétration avec la ville grâce à des rues traversantes sécurisant le jardin”, explique cet historien de l’art. “Il y a un fonctionnement automatique qui fait que l’espace n’a pas besoin d’être clos”, analyse-t-il.”Quand je pense que certaines veulent nous enfermer derrière des barreaux et mettre le Champ-de-Mars en cage !”, s’est étranglée la maire socialiste sortante Anne Hidalgo.Une fermeture nocturne de l’un des plus grands espaces verts de la capitale exclurait ceux qui viennent y pique-niquer le soir, faire un footing, veiller sur la pelouse en regardant scintiller le monument…, énumère, agacé, Jean-François Martins, le patron de la société d’exploitation de la tour Eiffel (Sete). “L’avantage d’un parc ouvert c’est de permettre le passage entre le VIIe et le XVe arrondissements”, relève en outre Gérard Der Agobian, président des Amis du Champ-de-Mars.Ce dernier se dit néanmoins “partagé” sur la sécurisation par des grilles car, “même s’il n’y a pas d’agressions massives, les riverains éprouvent un sentiment d’insécurité”.”En matière de sécurité il y a objectivement des progrès”, souligne le patron de la tour Eiffel. “Ca reste néanmoins un site touristique dense attirant forcément ceux qui veulent profiter de l’insouciance des touristes. Mais des grilles créeraient une concentration encore plus propice à la délinquance”, selon lui.- “Champ de foire” -Au-delà d’assurer la sécurité, le projet de Rachida Dati s’inscrit dans une “reconquête esthétique” du jardin en le préservant de la “surexploitation évènementielle et commerciale”, précise Nelly Garnier.Une nécessité pour les défenseurs du patrimoine aux yeux desquels le site est devenu moins désirable, faute d’entretien.”Il faut arrêter d’en faire un champ de foire ! Il y a des évènements en permanence, ça massacre les pelouses”, s’emporte Didier Rykner, directeur de la rédaction de La Tribune de l’Art.Lors du démontage, au printemps 2025, du Palais Ephémère, “la pelouse a été raclée et les racines des arbres arrachées”, déplore Christine Nedelec.Mais la mairie de Paris a “fini par prendre conscience que c’est un écrin magnifique, qui a accueilli les JO. Et donc qu’il fallait diminuer les évènements et mieux l’entretenir”, selon elle.

Plainte contre Thierry Mariani pour “provocation à la discrimination au logement”

Thierry Mariani, candidat RN à la mairie de Paris, est visé par une plainte de l’association La Maison des Potes pour “provocation à la discrimination au logement” en raison de sa promesse de campagne d’instaurer la priorité nationale, a indiqué vendredi le plaignant à l’AFP.L’association estime qu’avec cet argument électoral Thierry Mariani “appelle explicitement tous ceux qui seront candidats sur sa liste” à “l’instauration d’une politique municipale fondée sur un critère de nationalité, lequel est prohibé par la loi”.Cette plainte, transmise au parquet de Paris récemment, mentionne le site internet dédié à la candidature de M. Mariani. On pouvait encore y lire vendredi matin: “instaurer la priorité nationale”, juste au dessus de la phrase, dans la même fenêtre, “garantir aux Parisiens et travailleurs l’accès au logement social”.”Il s’agit d’une violation manifeste de la loi et du principe d’égalité prévu par la Constitution. Ce type de promesse porte atteinte à l’Etat de droit”, a commenté pour l’AFP Me Jérôme Karsenti, qui porte cette plainte.En fin de matinée, la proposition avait été reformulée par la phrase: “Instaurer la priorité nationale dans l’accès au logement social et y favoriser les familles et les travailleurs dès que la loi le permettra en 2027 avec la victoire de nos idées au national”.Interrogé par l’AFP, Thierry Mariani a souligné qu’il ne proposait “que des choses qu’il est possible de faire”.”Aujourd’hui, ce n’est pas possible, mais comme on le met dans notre programme, on espère qu’après la victoire de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen, ce sera possible. Et nous, on le revendique”, a-t-il ajouté, rappelant que la première mesure proposée en cas de victoire du RN à la présidentielle de 2027 est un référendum sur l’immigration.Le RN a déjà eu dans le passé des démêlés avec la justice dans ce domaine. En septembre 2024, trois cadres de l’époque ou ex-cadres du Front national (devenu RN), dont le maire d’Hénin-Beaumont Steeve Briois, avaient été relaxés par le tribunal de Nanterre des faits de complicité de provocation à la discrimination par le biais du “guide de l’élu FN”, qui incitait à appliquer la “priorité nationale”.La Maison des Potes était déjà à l’origine de la plainte dans cette affaire. Dans ce dossier, le parquet avait requis six mois d’emprisonnement avec sursis et 10.000 euros d’amende à l’encontre de Steeve Briois et de l’ex-secrétaire nationale du Front national chargée des élus Sophie Montel, qui a quitté la formation en 2017.Une amende de 10.000 euros avait été demandée contre une autre cadre du RN, Marie-Thérèse Costa-Fesenbeck. Le ministère public avait estimé que ce “Petit guide pratique de l’élu municipal Front national” – édité avant les municipales de mars 2014 et dans lequel le FN recommandait à ses candidats “l’application” de “la priorité nationale dans l’accès aux logements sociaux” – comportait “une incitation claire à commettre cette distinction” entre Français et étrangers. Mais le tribunal avait finalement considéré que la “participation personnelle et volontaire” de Steeve Briois et de Sophie Montel dans la publication du guide sur un site internet n’avait pas été démontrée. Marie-Thérèse Costa-Fesenbeck avait été relaxée en raison d’une insuffisance de preuves démontrant sa responsabilité dans la publication.