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Municipales à Paris: l’ancien maire PS Delanoë s’affiche avec Grégoire sur un marché

L’ex-maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë est venu afficher dimanche son soutien au candidat de la gauche Emmanuel Grégoire, en campagne sur un marché où l’ancien édile a été chaleureusement accueilli et parfois davantage reconnu que le candidat à l’Hôtel de ville.”Bertrand Delanoë, c’est pour nous une référence, celle de la conquête symbolique de Paris” il y a 25 ans, a dit devant les journalistes Emmanuel Grégoire, ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo, qui n’a pas apporté son soutien à son ancien dauphin dans la campagne.”Vous connaissez Emmanuel ? Il est formidable !”, a soufflé Bertrand Delanoë à une femme venue saluer l’ancien maire de 75 ans sur un marché du 13e arrondissement (sud-est), où venaient tracter les équipes d’Emmanuel Grégoire et du maire de gauche Jérôme Coumet.”Il y en a qui sont meilleurs dans le spectacle, le buzz et le fait d’agresser”, a taclé Bertrand Delanoë en visant la candidate de droite Rachida Dati.”Emmanuel a été mon chef de cabinet, il a cet amour de Paris, la compétence et le sérieux. En principe, ce sont les meilleurs atouts pour devenir maire”, a ajouté celui qui a fait deux mandats à la tête de Paris (2001-2014). Il s’est depuis retiré de la vie politique et ne vit qu’en partie dans la capitale.Son apparition sur le marché, en doudoune et en jean dans un froid mordant, a été remarquée, voire davantage que celle du candidat de gauche. “Mais c’est Delanoë, ça faisait un bail !”, s’est exclamée une retraitée.Venue faire campagne pour Emmanuel Grégoire, Séverine Matheus, 54 ans, regrette que son candidat soit “trop discret”. “Je lui ai dit qu’il devrait se montrer plus, j’ai croisé plein de gens sur le marché qui ne savent pas qui il est. Tout le monde ne parle que de Dati!”, regrette cette virologue.”Moi j’aimais bien Delanoë, avec lui la ville était bien gérée. Mais je suis mécontent de ce qu’a fait Anne Hidalgo sur la circulation, ça devient horrible”, se plaint Gabriel Aboudaya, 71 ans, qui n’exclut pas de voter pour Rachida Dati.”Il y a chez les Parisiens un certain nombre d’insatisfactions. Ce qu’ils veulent, c’est une nouvelle étape”, analyse Bertrand Delanoë. “Mais qu’ils veuillent tourner la page de 25 ans de gauche, je ne suis pas sûr, car ils sont attachés à une modernité qui passe par une exigence écologique et une volonté de vivre ensemble dans la diversité”, estime-t-il.Selon deux sondages publiés samedi, la liste d’union de la gauche conduite par Emmanuel Grégoire (socialistes, écologistes, ex-Insoumis de l’Après) devancerait légèrement celle de la candidate de droite Rachida Dati au premier tour des municipales le 15 mars, avant un second tour très serré le 22.

Municipales à Paris: la gauche unie, sans LFI, légèrement devant Dati au 1er tour

La liste d’union de la gauche menée par le socialiste Emmanuel Grégoire, sans LFI, arriverait légèrement en tête du premier tour des municipales à Paris, devant la candidate de droite Rachida Dati, selon un sondage Ifop pour L’Opinion et Sud Radio paru samedi.Quatre candidats sont en capacité de se maintenir au second tour, avec Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons soutenu par Renaissance, en troisième position, devant l’Insoumise Sophia Chikirou, selon cette enquête parue à quelques semaines du scrutin des 15 et 22 mars.La gauche rassemblée derrière Emmanuel Grégoire (socialistes, écologistes, communistes et ex-Insoumis de L’Après), recueille 30% des intentions de vote, en baisse de trois points par rapport au précédent sondage Ifop réalisé en novembre, qui cumulait les scores des listes séparées d’Emmanuel Grégoire et du chef de file des écologistes David Belliard, avant que ces derniers annoncent un accord inédit d’union dès le premier tour.”Je porte la seule liste désormais capable de battre Rachida Dati et ses amis d’extrême droite”, s’est félicité Emmanuel Grégoire sur X.Rachida Dati, candidate des Républicains, du MoDem et l’UDI, est créditée de 28% des intentions de vote, en hausse de deux points depuis ce même sondage.”La dynamique est réelle, sur le terrain comme dans les sondages”, a réagi sur X la ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement.L’écart entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati reste cependant dans la marge d’erreur, souligne l’Ifop.Donné à 16%, Pierre-Yves Bournazel, candidat d’Horizons et du parti de Gabriel Attal, progresse de deux points, montrant selon son équipe de campagne qu’il est “le mieux placé et potentiellement le candidat le plus rassembleur”.La liste LFI de Sophia Chikirou atteindrait les 10%, seuil minimal pour se qualifier au second tour, en baisse de deux points par rapport à la précédente enquête réalisée avant que l’Insoumise se lance dans la course à la succession d’Anne Hidalgo.A l’extrême droite, Sarah Knafo, qui a officialisé cette semaine sa candidature pour le parti d’Eric Zemmour Reconquête, obtiendrait 8% des voix, et son concurrent du RN Thierry Mariani 7%.Le sondage a été réalisé en ligne du 5 au 9 janvier auprès d’un échantillon de 983 personnes représentatif de la population parisienne inscrite sur les listes électorales.

Benoît Payan ambitionne de conserver Marseille, fort de sa coalition de gauche

Le maire sortant de Marseille, le divers gauche Benoît Payan, se lance dans la course pour un second mandat avec encore “d’immenses chantiers” à mener dans la deuxième ville de France, où le scrutin municipal s’annonce indécis.Cet ex-socialiste, légèrement favori des sondages, devra affronter la candidate de la droite et du centre Martine Vassal, battue en 2020, le député RN Franck Allisio et l’Insoumis Sébastien Delogu, qui a opté pour une candidature séparée. La campagne du député LFI a toutefois été bousculée vendredi par l’annonce de son procès en juin pour diffusion de documents privés volés d’un entrepreneur en marge d’un conflit social.L’annonce de M. Payan constitue tout sauf une surprise tant l’édile, à la tête du Printemps marseillais -coalition de gauche-société civile allant des socialistes aux communistes en passant par les écologistes-, avait régulièrement rappelé qu’un mandat serait insuffisant pour “changer la ville” après 25 ans aux mains du LR Jean-Claude Gaudin.”Marseille a retrouvé sa voix et sa place. Oui, Marseille est de retour. Mais je le dis avec lucidité et humilité : il reste encore de grandes choses à accomplir”, écrit-il dans une lettre aux Marseillais transmise à l’AFP, sans détailler à ce stade les lignes de son programme pour les municipales des 15 et 22 mars.Son objectif sera de “planter pendant le mandat qui vient les graines de ce qui va être le grand changement” afin “d’imaginer cette ville pour les 50 ou 100 ans qui viennent”, a promis l’ex-socialiste lors d’une conférence de presse dans son futur local de campagne.-  “Maire non-élu” -En 2020, ce n’est pas derrière lui, mais avec Michèle Rubirola en cheffe de file, que le Printemps marseillais avait fait basculer la ville.Cette écologiste, médecin de formation, avait néanmoins démissionné quelques mois plus tard, officiellement pour raisons de santé. M. Payan, bon orateur et fin connaisseur de la politique locale, avait ensuite été élu par ses pairs mais le scrutin avait été boycotté par l’opposition de droite qui dénonçait une “forme de déni de démocratie”, voire un “féminicide politique” et le traite encore aujourd’hui de “maire non-élu”.Depuis, Benoît Payan, 47 ans, a gagné en popularité et son nom s’est facilement imposé comme tête de liste de cette coalition hétéroclite même si un adjoint écologiste a préféré rejoindre le camp de LFI.Lors de son investiture, M. Payan avait promis de faire de la deuxième ville de France “une ville plus verte et plus juste”.Depuis, 26 parcs et jardins de la ville ont été créés ou rénovés. En revanche, le bilan est plus contrasté sur le plan de la pollution, due notamment à l’importante circulation automobile mais aussi aux paquebots de croisière. Le parc scolaire, longtemps délabré, a lui été amélioré avec 27 écoles sorties de terre et plusieurs dizaines prévues d’ici 2032.- “Aux abois” -La municipalité s’est également emparée de l’immense chantier du logement indigne dans une ville de près de 900.000 habitants minée par plus de 40.000 taudis et autant de demandes de logements sociaux en multipliant les recours judiciaires contre les “marchands de sommeil”. Elle a aussi renforcé les réglementations contre les locations touristiques de courte durée. L’effondrement mortel de deux immeubles de la rue d’Aubagne en 2018 avait traumatisé les habitants et mis en lumière l’inaction de l’équipe de Jean-Claude Gaudin. “Benoît Payan, isolé et aux abois, précipite sa candidature aux municipales. Quatre pages de vide sidéral ne changent rien au bilan du plus mauvais maire de l’histoire de Marseille”, a estimé sur X le collectif “Une génération pour Marseille”, qui soutient Mme Vassal.”Les Marseillais s’inquiètent de l’explosion de l’insécurité, du trafic de drogue, des impôts et de l’effondrement général de notre ville, Benoît Payan s’inquiète de la victoire de Franck Allisio”, a cinglé le candidat RN.La question sécuritaire risque de prendre une place centrale dans la campagne dans cette ville gangrenée par le trafic de stupéfiants et encore marquée par l’assassinat mi-novembre du frère du militant écologiste Amine Kessaci.

Le gouvernement fait quelques concessions face à la colère persistante des agriculteurs

Le gouvernement français, impuissant en Europe face au vote de l’accord avec le Mercosur et menacé en interne par deux motions de censure, a annoncé vendredi soir une série de mesures “de justice agricole”, peinant néanmoins à apaiser la colère des agriculteurs qui ont manifesté en tracteur à Paris ces derniers jours.Doublement du fonds à 22 millions d’euros pour les éleveurs touchés par la dermatose nodulaire bovine, augmentation des tirs autorisés contre les loups menaçant les troupeaux, simplification du registre sur les pesticides…Un “paquet de 300 millions” qui contient aussi d’autres mesures égrainées ces dernières semaines (sur les engrais ou l’aide à l’arrachage des vignes) mais que la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a conditionné à la non-censure du gouvernement et au vote du budget.Si la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a ouvert la voie à une évolution du protocole d’abattage total des troupeaux dans lesquels la dermatose est détectée, en cas “d’immunité collective” après vaccination, elle l’a conditionné à un “avis scientifique” encore en construction.Ce qui a fortement déçu la Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne qui demandent la fin de l’abattage total et une généralisation ou un assouplissement des vaccinations.La seule annonce jugée positive par la Confédération paysanne sur un potentiel assouplissement du protocole de vaccination “arrive avec six mois de retard et le sacrifice de milliers de vaches bien portantes et d’éleveurs” s’est désolée auprès de l’AFP Fanny Métrat, porte-parole du troisième syndicat agricole qui demande “la démission de la ministre Annie Genevard”.- “Plus rien à se dire” -La CR souhaitait aussi un moratoire sur tous les contrôles pesant sur les agriculteurs jusqu’à la présidentielle et la suppression des agences environnementales.”Ces deux volets n’ont pas été traités. On n’a plus rien à se dire (…). Il faut souhaiter une dissolution rapide du gouvernement pour en finir avec ces ministres qui n’écoutent rien”, a lancé vendredi soir à l’AFP Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale à la pointe de la contestation.Une cinquantaine d’actions ont été menées vendredi dans 31 départements, par la CR et la Confédération paysanne mais aussi par des sections locales de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs: blocages d’autoroutes, manifestations devant les préfectures… Plusieurs pays européens ont aussi observé des actions d’agriculteurs.La FNSEA souhaitait, elle, une “loi spéciale” pour répondre aux demandes les plus urgentes, pas au programme, ainsi que la publication des décrets d’application de la loi Duplomb, ce qui sera fait “d’ici la fin du mois” mais sur un seul point qui concerne l’agrandissement des élevages, a annoncé la ministre.Malgré certaines “réponses positives”, le compte “n’y est pas” a estimé vendredi soir Yohann Barbe, éleveur et porte-parole de la FNSEA, il manque notamment “un périmètre pour l’utilisation de l’enveloppe d’accompagnement” à la lutte contre la dermatose, selon lui.”Il faut que l’ensemble des élus et du pays prennent conscience de l’importance du budget de l’agriculture qui doit absolument être voté la semaine prochaine”, a-t-il ajouté à l’adresse des députés et sénateurs.- Interpellations -La crispation pour les agriculteurs réside aussi dans la signature, prévue le 17 janvier au Paraguay après le vote des Etats membres vendredi, de l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur. FNSEA et JA ont appelé à manifester le 20 janvier à Strasbourg devant le Parlement européen qui devra voter pour le ratifier.Reconnaissant que la défiance était un “signal d’alarme majeur”, la ministre Annie Genevard a salué vendredi des manifestations “pacifiques, à l’exception de quelques épisodes dommageables”. Deux des porte-parole nationaux de la Confédération paysanne, interpellés devant l’Arc de Triomphe vendredi à Paris, ont été relâchés en début de soirée. Il est “inadmissible que la Confédération paysanne soit le seul syndicat à subir cette répression”, a dénoncé cette organisation, classée à gauche, qui avait mené à l’aube une opération escargot avec des tracteurs sur le périphérique autour de Paris.Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a assumé pour sa part jeudi de n’avoir pas dispersé l’action “illégale” de la Coordination rurale (CR) avec ses tracteurs à Paris alors que les rassemblements non déclarés y étaient interdits.Le ton est monté aussi vendredi devant le siège de l’agence sanitaire Anses, au sud de Paris, où des adhérents de la CR ont lancé des oeufs contre la façade. Aucune interpellation n’a été rapportée.bur-sb-mdz-im/ved/cbn

Eric Ciotti entendu dans une enquête sur des soupçons de fichage

Eric Ciotti, candidat UDR-RN à la mairie de Nice, a été entendu vendredi en audition libre à Nanterre dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de fichages illégaux, a-t-on appris de source proche du dossier confirmant une information du Parisien.”Il est particulièrement serein dans la mesure où aucune infraction pénale ne peut lui être reprochée”, a assuré son avocat, Me Franck de Vita, dans un communiqué en fin de journée.L’avocat a dans le même temps regretté “une nouvelle violation du secret de l’enquête”, propre à alimenter “des polémiques artificielles et des tentatives de diversion”, malgré la délocalisation de l’audition par mesure de discrétion.Cette enquête préliminaire avait été ouverte en mai par le parquet de Nice du chef d'”enregistrement ou conservation de données à caractère personnel sensibles sans le consentement des intéressés” et des perquisitions avaient été menées en août.Selon le quotidien Nice-Matin, ces perquisitions visaient le siège du Conseil départemental, que M. Ciotti a présidé de 2008 à 2017 et où il est encore à la tête de la commission des finances.Selon Libération, l’enquête fait suite au signalement d’un “lanceur d’alerte anonyme” sur l’existence de fichiers mis en place par l’équipe de M. Ciotti et listant les noms de plusieurs centaines de Niçois présentés comme influents – responsables associatifs, commerçants, etc. -, pour certains suivis de mentions d’une religion, d’une origine, d’un handicap ou d’éléments comme “propriétaire foncier”.Contacté par l’AFP, le parquet de Nice s’est refusé à tout commentaire.

Sébastien Delogu, candidat LFI à Marseille, jugé en juin pour diffusion de documents privés volés

À deux mois d’un premier tour indécis à Marseille, la campagne pour les municipales du candidat Insoumis Sébastien Delogu est bousculée par l’annonce de son procès en juin pour diffusion de documents privés volés d’un entrepreneur en marge d’un conflit social.Il ne sera cependant jugé qu’après les élections: le 9 juin devant le tribunal correctionnel de Marseille pour “recel de biens provenant d’un vol”, “divulgation d’informations personnelles permettant d’identifier ou localiser une personne et exposant un risque direct d’atteinte à la personne” et “d’atteinte au secret des correspondances”, a-t-on appris auprès du parquet de Marseille, confirmant une information du Parisien.Contacté par l’AFP, M. Delogu, auditionné en mai 2025 par des enquêteurs pendant près de trois heures sur ce sujet et dont les locaux avaient été perquisitionnés, n’a pas pu être joint dans l’immédiat.L’affaire remonte à septembre 2024 lorsque le turbulent député des quartiers Nord avait apporté son soutien à des salariés grévistes d’une société privée de nettoyage du métro et de la gare Saint-Charles de Marseille. Le 19 septembre 2024, plusieurs salariés dont des syndicalistes CGT, qui se plaignaient notamment de ne pas percevoir l’intégralité de leurs salaires, avaient pénétré dans le bureau d’Isidore Aragones, éphémère président du conseil d’administration de Laser Propreté du 12 septembre à début octobre 2024.- Mail à l’armée israélienne -Une pochette contenant des documents privés de cet avocat à la retraite et ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) de Marseille avait alors été dérobée. Cinq jours plus tard, le 24 septembre 2024, Sébastien Delogu diffusait sur son compte Instagram, fort aujourd’hui de 445.000 abonnés, “une grande partie des documents dérobés à Isidore Aragones, évoquant ses liens avec l’État d’Israël, ainsi que ses projets financiers personnels, et en précisant que des gens bienveillants les leur avaient transmis”, avait détaillé en mai le parquet.Il lui est reproché d’avoir “sciemment recelé” des documents privés dont “un mail envoyé par Isidore Aragones à un haut responsable de l’armée israélienne concernant l’organisation de la venue d’une délégation française en Israël” et d’autres concernant un voyage au Brésil ou une vente aux enchères de biens immobiliers, a précisé une source proche du dossier à l’AFP.”Dans le contexte (du conflit au Proche-Orient, NDLR), c’est ma vie qu’il a exposée, et il m’a exposé à un danger réel, à un grave danger”, avait alors témoigné M. Aragones auprès de l’AFP. Réinterrogé vendredi, il n’a pas souhaité réagir à ce stade de la procédure.L’avocat de M. Delogu, Me Yones Taguelmint, dit se poser “la question du timing de l’annonce publique de cette information (…) Ça sort aujourd’hui, alors qu’il y a une rentrée politique et qu’on reprend une campagne électorale et municipale en ce début d’année”, souligne-t-il, affirmant “être au courant de cette convocation” depuis “quelques semaines”. Sur le fond, il assure que son client “n’avait pas connaissance de l’origine frauduleuse de ces documents”. Sébastien Delogu, 38 ans, qui avait gagné en popularité en brandissant en 2024 un drapeau palestinien à l’Assemblée nationale, ce qui lui avait aussi coûté 15 jours d’exclusion du Parlement, avait été condamné en février 2025 à 5.000 euros d’amende pour violences envers deux cadres de l’Éducation nationale lors d’un blocus lycéen en 2023 en marge du mouvement contre la réforme des retraites. Des faits qu’il conteste sans avoir fait appel. Il avait annoncé mi-décembre se lancer avec la seule étiquette LFI à l’assaut de la deuxième ville de France, avec pour ambition de succéder au maire sortant et probable candidat à sa propre succession, le divers gauche Benoît Payan, qui a réuni derrière lui les autres partis de gauche.Dans les derniers sondages, le trio de tête composé de M. Payan, de la candidate de la droite et du centre Martine Vassal et de l’extrême droite, le RN Franck Allisio sort au coude-à-coude, M. Delogu arrivant en 4e position. dac-alc-tgg-ll/san/abl

Municipales: l’Union des démocrates musulmans français présentera des listes dans deux villes

L’Union des démocrates musulmans français (UDMF) compte présenter des listes à Nanterre et à Vénissieux aux prochaines élections municipales, a affirmé vendredi à l’AFP le fondateur du parti Nagib Azergui.”Nous serons là pour défendre vos libertés, protéger vos droits, porter une voix politique libre, digne et déterminée”, promet le parti vendredi sur X dans un message lançant sa campagne d’adhésion annuelle.L’idée est de “concentrer les moyens” afin d'”arriver au deuxième tour” (ce qui nécessite de recueillir 10% des suffrages), ajoute M. Azergui, également vice-président du parti.À Nanterre où l’UDMF avait recueilli 2% des suffrages aux municipales de 2020, “la configuration est idéale” car “la gauche a du mal à se mettre en ordre de bataille”, explique le responsable, qui se targue de présenter “la seule liste citoyenne” avec “des gens issus de tous les quartiers”. À Vénissieux, bastion communiste de la banlieue lyonnaise, c’est le président de l’UDMF Farid Omeir qui conduira la liste.Créée en 2012, l’UDMF revendique un peu moins de 800 adhérents et espère atteindre 1.300 cette année. Présent aux dernières européennes au sein d’une coalition “Free Palestine party”, le parti avait recueilli moins de 15.000 voix.L’UDMF se définit sur son site internet comme “le mouvement de gauche alliant éthique et politique pour réaffirmer notre devis républicaine de Liberté, d’Egalité et de Fraternité”.”Nous centrons nos problématiques autour des quartiers populaires”, affirme M. Azergui. À Nanterre ainsi, l’UDMF propose que les locataires installés depuis plus de 15 ans “puissent devenir propriétaires de leur logement”, que “10% des emplois créés à Nanterre soient réservés aux Nanterriens” et projette d'”investir dans la vidéo surveillance”.Symboliquement, le parti propose aussi de “jumeler Nanterre avec une ville palestinienne”, ajoute M. Azergui.S’il rejette le terme de “communautarisme”, le fondateur assume que l’UDMF veuille “défendre les musulmans”, une “population orpheline” politiquement même si “tous les partis de gauche ont été là pour nous courtiser”.”Je ne crois pas que sur l’islamophobie des personnes extérieures à l’islam peuvent nous représenter réellement”, ajoute-t-il, “fatigué” que les musulmans “soient considérés comme des citoyens à part”.Au-delà de Nanterre et Vénissieux, “il n’est selon lui pas exclu que dans un mois on annonce d’autres listes constituées”, notamment dans les Hauts-de-France et en région Paca.

Quand Macron et Attal s’écharpent sur les réseaux sociaux

Emmanuel Macron, futur ex-président en quête d’héritage, et Gabriel Attal, prétendant à sa succession en pleine émancipation, ont trouvé un nouveau motif de discorde: l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, objet de deux textes concurrents des députés macronistes et du gouvernement.Jeudi, le Conseil d’État s’est penché sur les deux textes. Ses conclusions n’ont pas été publiées. La proposition de loi de la députée macroniste (EPR) Laure Miller, signée par les 90 députés de son groupe mais aussi des élus MoDem, Horizons, LR et du groupe Liot, a été déposée le 18 novembre à l’Assemblée.Trois semaines plus tard, Emmanuel Macron annonçait le dépôt d’un texte gouvernemental “dès janvier” pour une adoption “dans les meilleurs délais”.Un proche du chef de l’État, alors interrogé sur cette concurrence d’initiatives, évoquait un texte gouvernemental “beaucoup plus large”, qui traiterait également des ingérences étrangères, de l’anonymat, de la transparence des algorithmes, de la responsabilités des plateformes…Au final, le projet comprend deux articles: l’un sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, l’autre sur l’interdiction du portable au lycée.Pour quel calendrier d’examen ? Si la ministre du Numérique Anne Le Hénanff avait évoqué un examen pour “le début de l’année”, le gouvernement est surtout affairé à clore l’épineux dossier du budget. Récupérant au passage, dans l’agenda de l’Assemblée, la semaine du 19 janvier lors de laquelle devait se tenir la “niche” du groupe EPR. Lequel devra donc patienter une semaine de plus pour faire examiner son texte en séance, le 29 janvier.Mais pour le texte du gouvernement, la date de présentation en Conseil des ministres n’est pas arrêtée, selon deux sources gouvernementales.Dans ce contexte embrouillé, la perspective d’une adoption définitive d’un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de quinze ans demeure incertaine. Avec, en perspective, une interruption parlementaire pour cause d’élections municipales (15-22 mars).En cas d’adoption de sa proposition de loi au Palais Bourbon, le parti Renaissance souhaiterait la voir examinée au Sénat dans le cadre d’une niche du groupe Union centriste…. qui vient pourtant de faire adopter à l’unanimité de la Chambre haute une proposition de loi sur le même thème, comprenant une interdiction des réseaux sociaux aux moins de treize ans.-“Plutôt un sujet présidentiel”-Les réseaux sociaux, nouvel épisode de la brouille entre Gabriel Attal et Emmanuel Macron ? Le président avait évoqué une interdiction en janvier puis en juin 2024. Gabriel Attal était alors son Premier ministre.La dissolution de l’Assemblée a achevé de brouiller les deux hommes. Deux logiques semblent s’affronter, celle d’un président soignant d’ores et déjà son héritage et celle du président de Renaissance, soucieux de marquer des points en vue d’une possible candidature à l’Élysée.Chez Renaissance, on conteste tout “bras de fer”. “Cela fait maintenant deux ans et demi que l’on souhaite interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. On lance une commission d’enquête en mars (2025). On fait une tribune en avril. On a une proposition de loi en octobre. On la dépose, on l’inscrit à l’ordre du jour. Le gouvernement a souhaité annoncer un projet de loi alors que tout cela a été enclenché. Libre à eux”, développe un membre de l’entourage de Gabriel Attal.La régulation des réseaux sociaux est “plutôt un sujet présidentiel”, estime de son côté un ancien ministre d’Emmanuel Macron.Avec Sébastien Lecornu à Matignon, “pour la première fois depuis la dissolution, (le président) a plutôt bien défini son champ d’action. Europe-International, défense de la démocratie/réseaux-sociaux/lutte contre les ingérences. Et aussi, même s’il n’en a plus vraiment les moyens, défense de la politique de l’offre, de l’attractivité, les sommets Choose France, etc. Ces trois chantiers-là lui correspondent assez bien, il les défend depuis longtemps et c’est le niveau présidentiel”, poursuit cette source.Lors de ses vœux le 31 décembre, le président a listé ce sujet parmi ceux dont il entend veiller “tout particulièrement” à l’aboutissement, avec le service national et le texte sur la fin de vie.Mais “ce conflit entre Renaissance et le président, c’est quand même le summum. Si tant est que le sujet soit rassembleur, je ne vois pas très bien l’intérêt de multiplier les textes”, regrette un cadre du bloc central.

L’énigmatique monsieur Lecornu au pied du mur

Avare de sa parole, le “moine soldat” Sébastien Lecornu va devoir pourtant rompre son voeu de silence à plus ou moins brève échéance pour décider de l’issue d’un budget qui semble avoir peu de chances d’être voté par le Parlement.Le discret voire mutique Premier ministre va-t-il ravaler sa méthode basée sur son grand effacement devant les parlementaires et son renoncement au 49.3 ?Il avait concédé aux socialistes –condition pour qu’ils ne le censurent pas– de ne plus utiliser cette arme constitutionnelle, vue comme un passage en force mais désormais réclamée par plusieurs responsables politiques pour sortir de l’ornière d’un budget menacé d’être rejeté par les députés.Le chef du gouvernement qui, il y a dix ans déjà, quand il avait été élu président du département de l’Eure, vantait son côté “moine soldat” et a fait de la sobriété de sa parole une stratégie de communication –s’exposant presque jamais aux questions de la presse–, a deux objectifs à remplir.Sur fond de crise agricole, qui lui vaut déjà des motions de censure de la France insoumise et du Rassemblement national, il veut “repousser le désordre” pour éviter l’instabilité dans laquelle le pays replongerait s’il était renversé, et en même temps doter la France d’un budget.Or pour l’adoption de ce texte sans vote, il a deux outils à sa main qui l’exposent à une potentielle censure: l’article 49.3 de la Constitution ou les ordonnances, qui permettent à l’exécutif de prendre des mesures sans l’approbation du Parlement.- “Besogneux” – A ce stade, “tout est sur la table”, affirme à l’AFP une source gouvernementale qui promet que, “quel que soit le véhicule ou le contenu” du texte, “tout sera négocié”. La France disposera d’un budget en janvier, assure l’exécutif. Car “un pays qui n’a pas de budget, ce n’est pas une situation de stabilité”, souligne la même source.M. Lecornu a mouillé sa chemise et s’est impliqué dans les débats budgétaires “pas à pas”, dans ce qui s’apparente à une forme de “navigation à vue”, au gré des amendements, selon un conseiller. Ses ministres ont mené un travail d’accompagnement, “de médiation”, suivant les consignes d'”humilité” du premier d’entre eux. “Les Français aiment bien quelqu’un qui ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas”, loue un lointain prédécesseur à Matignon.Ses réparties dans l’hémicycle face à la cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot ou à l’allié du RN Eric Ciotti ont été remarquées.Le chef de gouvernement ne dévoile pas pour autant ses intentions. “C’est quelqu’un qui a une conscience de la modestie”, aux dires d’un ministre. Il glisse juste, avant Noël, que “le gouvernement aussi” prendra ses responsabilités.Car sortir du silence pour Sébastien Lecornu, c’est rompre avec une “communication très modeste, très en retrait” qu’il cultive et “incarne même physiquement”, décrypte Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication à Sciences Po, pointant ses pulls à col V qui lui donnent un “profil d’expert comptable”, “besogneux”, “proche d’un président de conseil de la IVe République”.- “Au bout de l’habileté” -L’intéressé âgé de 39 ans sourit de cette image qu’on lui donne de “jeune vieux” gaulliste, aperçu le week-end à Vernon (Eure) où habitent ses parents, avec un cabas de poireaux à la main, selon des photos publiées par Paris Match. Cet ancien sénateur de droite avoue aussi une passion pour le jardinage, son “petit côté écolo”.Fidèle d’Emmanuel Macron, qui lui fait toute confiance, il s’exprimera “au moment où il le jugera utile”, selon la source gouvernementale. Combien de temps gardera-t-il le silence ? S’il refuse de se dédire sur le 49.3, il pourrait laisser les députés aller au bout de leurs débats jusqu’à rejeter le budget avant de prendre des ordonnances. Mais sur quel texte ? Le président LFI de la commission des Finances Eric Coquerel fait remarquer que le budget de la Sécurité sociale, adopté de justesse grâce à la suspension de l’emblématique réforme des retraites, a eu des incidences sur le budget de l’Etat, qui ne peut donc pas être la copie initiale. “On est au bout de l’habileté du Premier ministre”, estime le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand. “Là maintenant clairement, il nous faut un budget”.

Le candidat LFI à Marseille Sébastien Delogu jugé en juin pour la diffusion de documents privés volés

Le député et candidat LFI à la mairie de Marseille Sébastien Delogu sera jugé en juin notamment pour recel de vol pour avoir diffusé sur ses réseaux sociaux des documents privés d’un chef d’entreprise fin 2024, a appris l’AFP vendredi auprès du parquet.Il comparaitra devant le tribunal correctionnel de la deuxième ville de France le 9 juin pour “recel de biens provenant d’un vol”, “divulgation d’informations personnelles permettant d’identifier ou localiser une personne et exposant un risque direct d’atteinte à la personne” et “d’atteinte au secret des correspondances”, a détaillé le parquet de Marseille, confirmant une information initiale du Parisien.Contacté par l’AFP, le député n’était pas joignable dans l’immédiat pour réagir.En mai, il avait été entendu par les enquêteurs et son domicile tout comme sa permanence avaient été perquisitionnés. Cette enquête portait sur le vol d’une pochette contenant des documents privés d’Isidore Aragones, éphémère président du conseil d’administration de Laser Propreté du 12 septembre à début octobre 2024. Ces faits étaient intervenus en plein conflit social touchant le nettoyage du métro et de la gare Saint-Charles de Marseille au cours duquel le député avait apporté son soutien aux salariés.M. Aragones, avocat à la retraite et ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) de Marseille, s’était rendu compte de ce vol après que son bureau avait été envahi par une délégation syndicale de la CGT d’une centaine de personnes, le 19 septembre 2024.Cinq jours plus tard, le 24 septembre 2024, Sébastien Delogu diffusait sur son compte Instagram, fort de 95.000 abonnés, “une grande partie des documents dérobés à Isidore Aragones, évoquant ses liens avec l’Etat d’Israël, ainsi que ses projets financiers personnels, et en précisant que des gens bienveillants les leur avaient transmis”, avait détaillé en mai le parquet.Dans ses posts sur Instagram le 24 septembre, M. Delogu évoquait notamment des voyages de M. Aragones au Brésil et en Israël et des travaux que celui-ci envisageait de réaliser dans une résidence secondaire, en publiant au passage les factures correspondantes. “Dans le contexte (du conflit au Proche-Orient, NDLR), c’est ma vie qu’il a exposée, et il m’a exposé à un danger réel, à un grave danger”, avait alors témoigné M. Aragones auprès de l’AFP.