Quelque 80 manifestants défilent samedi à Toulouse lors d’une action “symbolique” de l’intersyndicale agricole de Haute-Garonne visant à rappeler leurs revendications concernant la gestion de la dermatose bovine par le gouvernement et le Mercosur, ont constaté des journalistes de l’AFP.Après le blocage de nombreux axes routiers et le déversement de tonnes de lisier et déchets agricoles devant des préfectures un peu partout en France depuis mi-décembre, les membres de cette intersyndicale ont voulu aller “à proximité des Toulousains pour leur expliquer” leur démarche, a expliqué Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA 31.Lors de ce défilé que M. Mesbah a décrit comme “symbolique”, les manifestants ont brandi plusieurs dizaines de croix portant les prénoms – Victoire, Tina, Clara… – de certaines des 106 vaches abattues en Haute-Garonne depuis le début de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).”On est contre l’abattage, et même si les vaches sont vaccinées, elle se font tuer. C’est pas normal. On est aussi contre le Mercosur. L’Etat n’écoute rien, ils n’en ont rien à faire”, a regretté auprès de l’AFP Lydia Michel, agricultrice céréalière de 54 ans, installée à Cintegabelle (Haute-Garonne).A l’appel de l’intersyndicale, bonnets jaunes de la Coordination rurale, casquettes rouges des Jeunes agriculteurs, drapeaux de la FNSEA et de la confédération paysanne cohabitent dans ce cortège parti du palais de justice, en direction de la préfecture, en passant par la place du Capitole.Arrivés à l’hôtel de ville, les manifestants ont entonné la Marseillaise a capella avant d’observer une minute de silence face à la statue de vache remorquée par un petit tracteur orange.”C’est une honte ce qui se passe (…) Il faut les soutenir parce qu’ils crèvent et on les entends pas”, a lancé Joëlle Fournier, secrétaire à la retraite, 64 ans, venue manifester avec les agriculteurs, une petite croix appuyée sur l’épaule.Depuis l’apparition des premiers cas de DNC en France, en Savoie cet été, l’Etat tente de contenir la propagation du virus en se basant sur “trois piliers”: l’abattage systématique, la vaccination – autour des foyers et généralisée dans 10 départements du Sud-Ouest – et la restriction de mouvements au sein de zones réglementées.Vendredi, 113 vaches ont ainsi été abattues dans un élevage de l’Ariège, autre département occitan d’où est partie la colère agricole après l’abattage mi-décembre de plus de 200 bovins dans une ferme des Bordes-sur-Arize.