Un nouveau corps a été découvert mardi dans les carcasses des trains qui sont entrés en collision après un déraillement dimanche à Adamuz, dans le sud de l’Espagne, portant le bilan de cette catastrophe ferroviaire à au moins 42 morts, un drame qui suscite beaucoup de questions.Et alors que l’Espagne pleurait ses morts, un autre accident a fait au moins un mort et quatre blessés graves mardi en Catalogne (nord-est), quand un train de banlieue a heurté les débris d’un mur de soutènement qui s’était effondré sur la voie.Le nombre de morts dans l’accident survenu dimanche près de Cordoue en Andalousie n’est donc toujours pas définitif près de 48 heures après, et les engins s’affairent sur place pour dégager les dépouilles qui pourraient encore s’y trouver.”Une nouvelle victime a été retrouvée dans l’un des wagons Alvia (le train de la compagnie publique espagnole Renfe, ndlr) cet après-midi, portant le nombre de morts à 42″, ont indiqué dans un communiqué les autorités régionales andalouses.Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a avancé que le bilan définitif pourrait être de 43 morts – soit le nombre de signalements de disparus.Selon les médias espagnols, l’enquête s’intéresse à une rupture du rail de plus de 30 cm de long à l’endroit de l’accident.Citant “des techniciens” ayant eu accès à l’enquête, le quotidien El Mundo estime ainsi que cette rupture serait le résultat d'”une mauvaise soudure ou d’une soudure qui s’est détériorée en raison de la circulation (des trains) ou du climat” et y voit “une cause plus que probable” du déraillement d’un des deux trains à l’origine de la tragédie.Le ministre Puente a cependant indiqué qu’il était encore trop tôt pour savoir si la rupture du rail était “la cause ou la conséquence” de l’accident.C’est la seule piste des enquêteurs à ce stade, car la vitesse des trains n’est pas en question et “l’erreur humaine est pratiquement écartée”, avait assuré dès lundi le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia. Il en avait déduit que la faute était peut-être due “au matériel roulant d’Iryo”, le premier train qui a déraillé, ou à un problème d’infrastructure”.- Réduction de vitesse -Le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol, Adif, a par ailleurs annoncé réduire “temporairement” la vitesse sur un tronçon de la ligne à grande vitesse entre Madrid et Barcelone. “Des conducteurs ont signalé des bosses et, par sécurité, nous avons mis en place cette limitation. Cette nuit, la maintenance vérifiera la situation et, si tout est en ordre, cette limitation sera levée”, a indiqué l’opérateur à l’AFP.Au premier des trois jours de deuil national, le roi Felipe VI et la reine Letizia sont venus témoigner leur “affection” aux proches des victimes et aux rescapés. Après être restés une heure sur les lieux de l’accident, les souverains se sont rendus à l’hôpital Reina Sofía de Cordoue, à 35 kilomètres de là, où sont soignés certains des blessés.Trente-sept personnes, dont quatre enfants, restent hospitalisées, parmi lesquelles neuf adultes sont toujours en soins intensifs.Dimanche à 19H45 (18H45 GMT), les trois dernières voitures d’un train allant vers Madrid (nord) de l’opérateur privé Iryo – une compagnie privée filiale à 51% du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia) – avaient déraillé et s’étaient déportées sur la voie d’à côté.- “Transparence absolue” -Un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui arrivait au même moment dans l’autre sens en direction de Huelva (sud), avait alors heurté de plein fouet ces voitures.Les deux trains à grande vitesse, qui roulaient à plus de 200 km/h au moment de la collision, transportaient au total plus de 500 passagers.La collision est survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée, alors même que trois trains étaient passés au même endroit “20 minutes avant” sans que “personne ne signale la moindre anomalie sur la voie”, a affirmé Oscar Puente mardi matin.Pour sa part, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a écarté l’hypothèse d’un acte de sabotage. Il n’y a “jamais eu le moindre élément permettant de l’envisager”, a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.Face à l’émotion suscitée dans tout le pays par ce drame, le Premier ministre Pedro Sánchez a promis une “transparence absolue” et “la vérité” sur cette catastrophe, survenue plus de dix ans après un autre déraillement meurtrier qui avait fait 80 morts en 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest).Un premier rapport préliminaire sur l’accident pourrait être publié dans “deux ou trois mois”, avant une version définitive dans un délai maximal d’un an, a précisé César Franco, président du Conseil des ingénieurs industriels. bur-CHZ-mig-rs/liu/lpt