En léger décrochage dans les sondages, le candidat de centre-droit à la mairie de Paris Pierre-Yves Bournazel a mis l’accent mercredi sur son refus d’alliance avec Rachida Dati au second tour des municipales, avant d’être contredit par Edouard Philippe, l’un de ses soutiens de poids.”Je ne rejoindrai ni Grégoire, ni Dati au second tour. Je mène campagne pour gagner et je crois que les Parisiens méritent un autre chemin que celui proposé par M. Grégoire et Mme Dati”, a affirmé M. Bournazel au micro de France Inter.”J’ai beaucoup réfléchi, j’écoute les Parisiens. Ils me demandent de proposer un chemin pour ne pas avoir à subir ce match du passé contre le passé entre Grégoire et Dati. J’incarne la solution”, a-t-il ajouté, affirmant que “le match n’est pas du tout joué”.Ce n’est pas la première fois que Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons soutenu par Renaissance, prend cette position. Mais c’est la première fois qu’il le dit aussi clairement, alors que son camp le pousse à une alliance avec Rachida Dati au soir du 15 mars.- Recadrage -L’ex-Premier ministre Edouard Philippe et patron d’Horizons n’a pas d’ailleurs manqué de s’en démarquer nettement quelques heures plus tard, dans une forme de recadrage.Interrogé par l’AFP, le maire du Havre a indiqué qu’il ferait “tout” pour “l’alternance” à Paris, “avec un grand rassemblement de la droite et du centre” au second tour.”Ce que je peux vous dire, moi, c’est que la compétition doit être projet contre projet au premier tour, elle ne doit pas être personnelle, et qu’au soir du premier tour, je ferai tout ce que je peux pour qu’on fasse l’union et qu’on ait l’alternance à Paris, avec un grand rassemblement de la droite et du centre”, a-t-il déclaré. Une mise au point qualifiée de “responsable” par Mme Dati.M. Bournazel a redit en fin de journée sur RTL qu’il menait “campagne pour gagner” et non “pour rejoindre” une liste ou l’autre dans l’entre-deux tours.”On mérite mieux que ce match (…) entre deux clans qui se détestent”, a développé celui qui se dépeint comme un “homme libre”. Tout en se gardant de redire explicitement qu’il refuserait toute alliance.Crédité d’une tendance à la hausse jusque début janvier, où il atteignait 16% des suffrages selon l’Ifop, M. Bournazel, également soutenu par le patron de Renaissance Gabriel Attal, était donné dimanche à 12% des voix, en perte de deux points par rapport à fin janvier. – “Suicide politique” -Deux points gagnés par Rachida Dati, dont le camp ne cesse d’appeler au “vote utile” pour battre la gauche alors même que 78% des sondés assurent désormais avoir fait leur choix.Signe d’une sortie calculée sur France Inter, l’équipe de campagne de Pierre-Yves Bournazel a aussitôt diffusé une tribune à la presse.Et, dans le camp Bournazel, tout le monde n’est pas de l’avis d’Edouard Philippe. Son aile gauche notamment, pour qui “les troupes du bloc central sont chez Bournazel et non chez Dati”.”Dati peut être candidate avec le risque d’être condamnée à de la prison en septembre”, a déclaré à l’AFP un soutien, allusion au renvoi en procès pour corruption de Mme Dati pour des faits qu’elle dément.”Les gens qui votent pour Pierre-Yves Bournazel sont des gens qui ont envie d’alternance, pas de bêtise, et qui veulent du sérieux”, a ajouté cette source, souhaitant garder l’anonymat.Le camp Dati n’a pas manqué de réagir.”Les Parisiens sont prévenus. Pierre-Yves Bournazel choisit délibérément d’empêcher l’alternance à Paris”, a réagi de son côté le député macroniste Sylvain Maillard. Thierry Guerrier, tête de liste pour Rachida Dati dans le XVIIIe, a lui évoqué un “suicide politique”.”Il serait inconcevable que le candidat Horizons prenne le risque de laisser la gauche d’Anne Hidalgo continuer à plomber Paris pendant six ans”, a également réagi Bruno Retailleau, président de LR et candidat à l’élection présidentielle.
