Un mois après l’incendie meurtrier d’un bar à Crans-Montana, en Suisse, des victimes françaises se sentent désorientées par la complexité des procédures, déplore la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac), qui doit rencontrer la semaine prochaine le parquet de Paris.Ce drame, survenu dans la nuit du Nouvel An, a fait 40 morts et 116 blessés. Parmi eux: neuf Français ont perdu la vie et 25 ont été blessés.La Fenvac souligne la “difficulté persistante” pour les proches à identifier leurs interlocuteurs dans ce dossier transfrontalier complexe.”Un rendez-vous est prévu avec le procureur de la République (de Paris) adjoint, dans le cadre d’un travail de coopération visant à améliorer la circulation de l’information dans l’intérêt exclusif des victimes françaises et leurs familles”, explique dans un communiqué l’association, qui a aussi saisi les autorités suisses fédérales et cantonales. Ce rendez-vous est prévu la semaine prochaine, précise-t-elle à l’AFP.Le parquet de Paris a ouvert le 5 janvier une enquête dite “miroir”, “afin d’accompagner les familles françaises”, tout en précisant que les autorités suisses demeuraient compétentes pour les investigations en elles-mêmes.Avec pour leitmotiv: éviter “une victimisation secondaire” – notion selon laquelle une victime subit un préjudice supplémentaire en raison de la manière dont les institutions et d’autres individus la traitent.Sollicité vendredi par l’AFP, le parquet a précisé que son enquête miroir avait “vocation à permettre aux victimes de disposer d’interlocuteurs judiciaires sur le territoire français, d’être entendues par la police française (OCRVP), de voir un médecin à proximité de leur domicile afin de faire évaluer leurs préjudices (physiques et psychologiques)”.La Fédération France victimes (réunissant les associations d’aide aux victimes réparties sur tout le territoire national) a été mandatée par le parquet: “les associations du réseau ont contacté les victimes pour proposer leur accompagnement de proximité. Elles sont en mesure de mettre les victimes en relation avec des avocats et des psychologues”, a précisé le ministère public.Le parquet a par ailleurs indiqué que le ministre de la Justice avait mandaté en urgence la Diav (Délégation interministérielle à l’aide aux victimes) et le Sadjav (Service de l’accès au droit et à la justice et de l’aide aux victimes) pour assurer une prise en charge.- “Labyrinthe” -“Notre rôle et notre obsession, c’est que les familles soient accompagnées dans ce contexte si particulier, avec trois pays qui sont directement concernés: la France, la Suisse et l’Italie”, insiste auprès de l’AFP Marie-Claude Desjeux, vice-présidente de la Fenvac, qui entend échanger de manière “constructive” avec le parquet.Pour éviter que l’après-drame ne devienne un “labyrinthe”, la Fenvac, qui met en avant ses 30 années d’expérience dans les drames collectifs, a présenté des propositions.Outre l’organisation “le plus rapidement possible” d’une réunion d’information centralisée et la mise en place de “coordonnateurs identifiés”, elle demande l’accès des associations de victimes aux procédures pénales transfrontalières, afin qu’elles puissent se constituer partie civile.Le parquet de Paris a précisé à ce sujet que “les constitutions de parties civiles reçues en France seront transmises aux autorités suisses”.Il va par ailleurs “être destinataire d’une commission rogatoire internationale pour mener des investigations en France qui viendront alimenter le dossier des autorités suisses”.- Souci de l’indemnisation -Autre demande clé de la Fenvac: “une stratégie indemnitaire coordonnée et équitable, afin d’éviter des inégalités de traitement entre victimes, selon leur nationalité ou leur lieu de résidence”.”Il n’y a pas d’avance de provision à ce jour”, expose à l’AFP Sophie Cormary, autre vice-présidente de l’association, en qualifiant la situation de “scandaleuse” pour les victimes françaises.De plus, selon elle, l’assureur AXA Suisse a fait savoir que les garanties souscrites par l’établissement “ne permettraient pas de dédommager tout le monde”.”Nous sommes en lien avec les autorités et les instances concernées pour remplir nos engagements, que ce soit en termes de responsabilité civile ou de prise en charge médicale”, a indiqué l’assureur à l’AFP.L’enquête pénale en Suisse a été élargie cette semaine à deux responsables de la sécurité de la commune de Crans-Montana, qui reconnaît avoir failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans le bar Le Constellation depuis 2019.Les Français propriétaires de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, font l’objet d’une instruction pénale pour “homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence”.
Un mois après l’incendie meurtrier d’un bar à Crans-Montana, en Suisse, des victimes françaises se sentent désorientées par la complexité des procédures, déplore la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac), qui doit rencontrer la semaine prochaine le parquet de Paris.Ce drame, survenu dans la nuit du Nouvel An, a fait 40 morts et 116 blessés. Parmi eux: neuf Français ont perdu la vie et 25 ont été blessés.La Fenvac souligne la “difficulté persistante” pour les proches à identifier leurs interlocuteurs dans ce dossier transfrontalier complexe.”Un rendez-vous est prévu avec le procureur de la République (de Paris) adjoint, dans le cadre d’un travail de coopération visant à améliorer la circulation de l’information dans l’intérêt exclusif des victimes françaises et leurs familles”, explique dans un communiqué l’association, qui a aussi saisi les autorités suisses fédérales et cantonales. Ce rendez-vous est prévu la semaine prochaine, précise-t-elle à l’AFP.Le parquet de Paris a ouvert le 5 janvier une enquête dite “miroir”, “afin d’accompagner les familles françaises”, tout en précisant que les autorités suisses demeuraient compétentes pour les investigations en elles-mêmes.Avec pour leitmotiv: éviter “une victimisation secondaire” – notion selon laquelle une victime subit un préjudice supplémentaire en raison de la manière dont les institutions et d’autres individus la traitent.Sollicité vendredi par l’AFP, le parquet a précisé que son enquête miroir avait “vocation à permettre aux victimes de disposer d’interlocuteurs judiciaires sur le territoire français, d’être entendues par la police française (OCRVP), de voir un médecin à proximité de leur domicile afin de faire évaluer leurs préjudices (physiques et psychologiques)”.La Fédération France victimes (réunissant les associations d’aide aux victimes réparties sur tout le territoire national) a été mandatée par le parquet: “les associations du réseau ont contacté les victimes pour proposer leur accompagnement de proximité. Elles sont en mesure de mettre les victimes en relation avec des avocats et des psychologues”, a précisé le ministère public.Le parquet a par ailleurs indiqué que le ministre de la Justice avait mandaté en urgence la Diav (Délégation interministérielle à l’aide aux victimes) et le Sadjav (Service de l’accès au droit et à la justice et de l’aide aux victimes) pour assurer une prise en charge.- “Labyrinthe” -“Notre rôle et notre obsession, c’est que les familles soient accompagnées dans ce contexte si particulier, avec trois pays qui sont directement concernés: la France, la Suisse et l’Italie”, insiste auprès de l’AFP Marie-Claude Desjeux, vice-présidente de la Fenvac, qui entend échanger de manière “constructive” avec le parquet.Pour éviter que l’après-drame ne devienne un “labyrinthe”, la Fenvac, qui met en avant ses 30 années d’expérience dans les drames collectifs, a présenté des propositions.Outre l’organisation “le plus rapidement possible” d’une réunion d’information centralisée et la mise en place de “coordonnateurs identifiés”, elle demande l’accès des associations de victimes aux procédures pénales transfrontalières, afin qu’elles puissent se constituer partie civile.Le parquet de Paris a précisé à ce sujet que “les constitutions de parties civiles reçues en France seront transmises aux autorités suisses”.Il va par ailleurs “être destinataire d’une commission rogatoire internationale pour mener des investigations en France qui viendront alimenter le dossier des autorités suisses”.- Souci de l’indemnisation -Autre demande clé de la Fenvac: “une stratégie indemnitaire coordonnée et équitable, afin d’éviter des inégalités de traitement entre victimes, selon leur nationalité ou leur lieu de résidence”.”Il n’y a pas d’avance de provision à ce jour”, expose à l’AFP Sophie Cormary, autre vice-présidente de l’association, en qualifiant la situation de “scandaleuse” pour les victimes françaises.De plus, selon elle, l’assureur AXA Suisse a fait savoir que les garanties souscrites par l’établissement “ne permettraient pas de dédommager tout le monde”.”Nous sommes en lien avec les autorités et les instances concernées pour remplir nos engagements, que ce soit en termes de responsabilité civile ou de prise en charge médicale”, a indiqué l’assureur à l’AFP.L’enquête pénale en Suisse a été élargie cette semaine à deux responsables de la sécurité de la commune de Crans-Montana, qui reconnaît avoir failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans le bar Le Constellation depuis 2019.Les Français propriétaires de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, font l’objet d’une instruction pénale pour “homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence”.
