Le Livret A n’a plus la cote: les épargnants ont retiré plus d’argent qu’ils n’en ont déposé sur leurs Livrets A l’an dernier, une première depuis 2015 liée à des taux en berne et une concurrence féroce de l’assurance vie.”C’est un retour de balancier qui est tout à fait logique”, a estimé lors d’un échange avec des journalistes le directeur financier du fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations CDC) Stéphane Magnan, après plusieurs années de dépôts importants.Dans le détail, les retraits ont dépassé les dépôts de 2,12 milliards d’euros en 2025, selon les données de la CDC publiées jeudi, malgré un mois de décembre honorable.Cette situation dite de “décollecte nette” est rare en année pleine pour le produit financier le plus populaire en France, détenu par 57 millions d’épargnants qui y ont placé près de 450 milliards d’euros.Elle arrive après plusieurs années fastes pour le Livret A: l’encours avait fortement augmenté ces dernières années, notamment depuis le début de la pandémie de Covid-19.La capacité d’épargne élevée des Français, motivée par le fort degré d’incertitude, voire d’inquiétude, concernant leur avenir et celui du pays, est toujours intacte.Mais elle ne profite plus au Livret A, dont l’attrait a été plombé l’an dernier par les deux baisses successives de son taux de rémunération: de 3% à 2,4% au mois de février, puis de 2,4% à 1,7% en août.”Cette baisse a amené les ménages à réaliser des arbitrages” en sa défaveur, constate dans une note le président du Cercle de l’épargne Philippe Crevel.- Perspectives moroses -Le taux de rendement des produits concurrents, les fonds euros de l’assurance vie, commercialisés par les réseaux bancaires et les compagnies d’assurance, apparaissait dans le même temps comme plus compétitif, à 2,65% en moyenne, selon les estimations de plusieurs experts de l’épargne.Le montant de collecte nette de l’assurance vie pour 2025 sera connu de source officielle la semaine prochaine, mais le Magistère Banque-Finance de l’université Panthéon-Assas table déjà sur 50 milliards d’euros.La nouvelle baisse à venir du taux du Livret A, à 1,5% le 1er février, ne devrait pas permettre d’inverser la tendance, a expliqué à l’AFP Marc Campi, associé au sein du cabinet Square Management.Ce dernier taux s’entend toutefois net d’impôts, contrairement à ceux des fonds euros qui sont soumis à des prélèvements sociaux et fiscaux pouvant aller jusqu’à 30%.Le petit livret rouge n’a également pas bénéficié d’un soutien massif des établissements bancaires, à qui il coûte cher. Peu promeuvent les produits d’épargne réglementée sur leurs étagères.Beaucoup d’agents économiques, dont le ministère de l’Economie et la Banque de France, ont par ailleurs volontiers mis en avant des placements financiers concurrents et plus risqués, destinés au financement du capital des entreprises.Le Livret A et son cousin le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) pâtissent du manque de transparence de la “Caisse” sur l’utilisation des fonds, dont une partie est investie au capital d’entreprises dont la liste n’est pas publique.- Le LEP à la peine -Le LDDS s’en cependant est un peu mieux sorti l’an dernier que le Livret A, avec une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros. Les deux produits, gérés par les banques et par la Caisse des dépôts, totalisaient fin décembre 615,2 milliards d’euros. Ils ont rapporté 12,64 milliards d’euros d’intérêts à leurs possesseurs, précise jeudi la CDC.La CDC a également partagé jeudi les données concernant le Livret d’épargne populaire (LEP), affichant un taux avantageux (2,5% à partir du 1er février) mais réservé aux ménages modestes.Malgré les efforts déclarés de la Banque de France et de Bercy, les LEP ont connu eux aussi l’an dernier une situation de décollecte nette, de 840 millions d’euros, essentiellement due à la radiation des titulaires n’étant plus éligibles du fait d’une augmentation de leurs revenus.Seules 12 millions de personnes détiennent un LEP, un nombre très loin des quelque 31 millions éligibles en France.”Les chiffres d’ouvertures de LEP sont un peu décevant”, a déploré M. Magnan, “il y a clairement une question d’information de l’ensemble des gens qui pourraient avoir un LEP et qui ne l’ont pas encore ouvert”.
Le Livret A n’a plus la cote: les épargnants ont retiré plus d’argent qu’ils n’en ont déposé sur leurs Livrets A l’an dernier, une première depuis 2015 liée à des taux en berne et une concurrence féroce de l’assurance vie.”C’est un retour de balancier qui est tout à fait logique”, a estimé lors d’un échange avec des journalistes le directeur financier du fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations CDC) Stéphane Magnan, après plusieurs années de dépôts importants.Dans le détail, les retraits ont dépassé les dépôts de 2,12 milliards d’euros en 2025, selon les données de la CDC publiées jeudi, malgré un mois de décembre honorable.Cette situation dite de “décollecte nette” est rare en année pleine pour le produit financier le plus populaire en France, détenu par 57 millions d’épargnants qui y ont placé près de 450 milliards d’euros.Elle arrive après plusieurs années fastes pour le Livret A: l’encours avait fortement augmenté ces dernières années, notamment depuis le début de la pandémie de Covid-19.La capacité d’épargne élevée des Français, motivée par le fort degré d’incertitude, voire d’inquiétude, concernant leur avenir et celui du pays, est toujours intacte.Mais elle ne profite plus au Livret A, dont l’attrait a été plombé l’an dernier par les deux baisses successives de son taux de rémunération: de 3% à 2,4% au mois de février, puis de 2,4% à 1,7% en août.”Cette baisse a amené les ménages à réaliser des arbitrages” en sa défaveur, constate dans une note le président du Cercle de l’épargne Philippe Crevel.- Perspectives moroses -Le taux de rendement des produits concurrents, les fonds euros de l’assurance vie, commercialisés par les réseaux bancaires et les compagnies d’assurance, apparaissait dans le même temps comme plus compétitif, à 2,65% en moyenne, selon les estimations de plusieurs experts de l’épargne.Le montant de collecte nette de l’assurance vie pour 2025 sera connu de source officielle la semaine prochaine, mais le Magistère Banque-Finance de l’université Panthéon-Assas table déjà sur 50 milliards d’euros.La nouvelle baisse à venir du taux du Livret A, à 1,5% le 1er février, ne devrait pas permettre d’inverser la tendance, a expliqué à l’AFP Marc Campi, associé au sein du cabinet Square Management.Ce dernier taux s’entend toutefois net d’impôts, contrairement à ceux des fonds euros qui sont soumis à des prélèvements sociaux et fiscaux pouvant aller jusqu’à 30%.Le petit livret rouge n’a également pas bénéficié d’un soutien massif des établissements bancaires, à qui il coûte cher. Peu promeuvent les produits d’épargne réglementée sur leurs étagères.Beaucoup d’agents économiques, dont le ministère de l’Economie et la Banque de France, ont par ailleurs volontiers mis en avant des placements financiers concurrents et plus risqués, destinés au financement du capital des entreprises.Le Livret A et son cousin le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) pâtissent du manque de transparence de la “Caisse” sur l’utilisation des fonds, dont une partie est investie au capital d’entreprises dont la liste n’est pas publique.- Le LEP à la peine -Le LDDS s’en cependant est un peu mieux sorti l’an dernier que le Livret A, avec une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros. Les deux produits, gérés par les banques et par la Caisse des dépôts, totalisaient fin décembre 615,2 milliards d’euros. Ils ont rapporté 12,64 milliards d’euros d’intérêts à leurs possesseurs, précise jeudi la CDC.La CDC a également partagé jeudi les données concernant le Livret d’épargne populaire (LEP), affichant un taux avantageux (2,5% à partir du 1er février) mais réservé aux ménages modestes.Malgré les efforts déclarés de la Banque de France et de Bercy, les LEP ont connu eux aussi l’an dernier une situation de décollecte nette, de 840 millions d’euros, essentiellement due à la radiation des titulaires n’étant plus éligibles du fait d’une augmentation de leurs revenus.Seules 12 millions de personnes détiennent un LEP, un nombre très loin des quelque 31 millions éligibles en France.”Les chiffres d’ouvertures de LEP sont un peu décevant”, a déploré M. Magnan, “il y a clairement une question d’information de l’ensemble des gens qui pourraient avoir un LEP et qui ne l’ont pas encore ouvert”.
