Des attaques de drones navals endommagent un important terminal pétrolier russe en mer Noire

Des attaques de drones navals ont fortement endommagé samedi une infrastructure pétrolière dans un port russe en mer Noire, ont annoncé les autorités, tandis que Kiev a revendiqué des frappes contre deux pétroliers de la flotte fantôme qui permet au Kremlin de contourner les sanctions occidentales.Ces attaques interviennent alors que l’Ukraine fait face à une forte pression sur le front militaire et politique: l’armée russe progresse dans l’est du pays, tandis que l’administration de Volodymyr Zelensky est secouée par un grave scandale de corruption qui a poussé le président ukrainien à limoger vendredi son chef de cabinet, Andriï Iermak, bras droit extrêmement influent.Parallèlement, de nouvelles frappes russes sur l’Ukraine, dans la nuit de vendredi à samedi, ont fait au moins trois morts.Les Etats-Unis ont présenté récemment un nouveau plan pour mettre fin au conflit déclenché par l’offensive russe contre l’Ukraine en 2022, qu’ils cherchent à finaliser avec l’approbation des belligérants, mais Kiev craint d’être contraint de faire d’importantes concessions en échange de la paix.Selon Kiev, une équipe de négociateurs ukrainiens est partie samedi pour les Etats-Unis afin de discuter du plan américain visant à arrêter cette guerre, la plus sanglante en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.Dans ce contexte, alors que Kiev cherche à continuer à peser dans les pourparlers, des attaques de drones navals ont touché samedi très tôt un terminal pétrolier majeur dans le port russe de Novorossiïsk sur la mer Noire.Ce terminal permet d’exporter le pétrole venant d’un oléoduc — l’un des plus importants au monde — partant de champs pétrolifères du Kazakhstan au bord de la mer Caspienne et traversant la Russie vers la mer Noire.Le Caspian Pipeline Consortium, qui exploite cet oléoduc, a affirmé dans un communiqué qu’une “attaque terroriste” de drones navals avait endommagé l’une des trois bouées d’amarrage du terminal permettant le chargement en mer des pétroliers.Selon cette source, ce point d’amarrage a subi “d’importants dégâts” et son exploitation “n’est plus possible”. Elle a précisé que les systèmes d’urgence avaient bloqué les valves au moment de l’attaque et, selon des données préliminaires, aucune pollution au pétrole n’a eu lieu dans la mer.Pour sa part, le ministère kazakh de l’Energie a dénoncé dans un communiqué une attaque “inacceptable” qui crée des “risques pour la sécurité énergétique mondiale”.- Pétroliers visés -L’Ukraine a revendiqué par ailleurs samedi l’attaque de deux pétroliers en mer Noire au large de la Turquie, disant avoir frappé avec des drones navals des navires de la flotte fantôme russe utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales.Une source au sein des services de sécurité ukrainiens (SBU) a affirmé à l’AFP que ces pétroliers, le Kairos et le Virat, avaient été la cible de drones “Sea Baby” lors d’une opération conjointe entre le SBU et la marine ukrainienne.Selon cette source, ils étaient vides au moment de l’attaque et se rendaient au port russe de Novorossiïsk pour être réalimentés en hydrocarbures.Les attaques du Virat et du Kairos, deux pétroliers battant pavillon gambien, ont eu lieu à l’intérieur d’une zone économique spéciale (ZES) de la mer Noire, et non dans les eaux territoriales turques, a indiqué samedi le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloglu.Ces derniers mois, l’armée ukrainienne vise régulièrement des sites pétroliers et des raffineries en Russie pour tenter de perturber la rente des hydrocarbures permettant à Moscou de financer son effort de guerre. – Frappes russes sur l’Ukraine -De son côté, Moscou poursuit ses attaques nocturnes massives sur l’Ukraine, en visant en particulier le système énergétique pour faire plier la population.Dans la nuit de vendredi à samedi, 36 missiles et 596 drones russes ont attaqué l’Ukraine, selon l’armée de l’air ukrainienne.Ces frappes ont fait deux morts à Kiev, un autre dans la région de la capitale, et au moins une trentaine de blessés, selon le ministère de l’Intérieur. Au moins 600.000 usagers ont été privés de courant.”A la suite de l’attaque, plus de 500.000 usagers à Kiev, plus de 100.000 dans la région de Kiev et près de 8.000 dans la région de Kharkiv se sont retrouvés sans électricité ce matin”, a indiqué le ministère ukrainien de l’Energie.Dans son rapport quotidien, l’armée russe a affirmé avoir frappé des entreprises du complexe militaro-industriel ukrainien et des infrastructures énergétiques qui l’alimentent.Galyna Bondarenko, une journaliste ukrainienne, a affirmé à l’AFP à Kiev que l’une des explosions avait projeté des débris dans son logement.