Une délégation de cheikhs druzes syriens s’est rendue en Israël vendredi pour la première fois depuis cinquante ans sur fond de soutien affiché de l’Etat hébreu à cette communauté religieuse dans la Syrie de l’après Bachar al-Assad.A bord de trois bus blancs escortés par des véhicules militaires israéliens, plusieurs dizaines de religieux ont traversé la ligne de cessez-le-feu à Majdal Shams, dans la partie du Golan syrien occupée par Israël peu avant 11h30 (09h30 GMT), ont constaté des journalistes de l’AFP.Selon une source au sein de la communauté, ils ont rencontré le chef religieux des druzes d’Israël, cheikh Mowafaq Tarif, à Julis, dans le nord du pays, avant d’aller prier près de Tibériade sur le site du tombeau de Nabi Chouaïb, plus haut lieu saint druze en Israël où ils sont arrivés dans la soirée.Plusieurs centaines de personnes ont accueilli les pèlerins en chantant et dansant, agitant des drapeaux vert, rouge, jaune, bleu et blanc, les couleurs de cette communauté. D’autres tiraient des coups de feu en l’air. Tous étaient habillés de noir et portaient la coiffe traditionnelle blanche et rouge. – “Submergés par l’émotion” -“Nous sommes submergés par l’émotion en accueillant nos frères, desquels nous avons été séparés tant d’années par la politique et les fils barbelés”, a dit à l’AFP Salim Zeidan, 74 ans.Cet enseignant à la retraite est venu du Mont Carmel, à Haïfa (nord) pour voir des membres de sa famille faisant partie de la délégation.Nabi (“prophète” en arabe) Chouaïb est un des prophètes mentionnés dans le Coran, dont la figure est associée à Jéthro, le beau-père de Moïse, dans le récit biblique. Les druzes, adeptes d’une religion ésotérique issue de l’islam, sont répartis entre la Jordanie, le Liban, Israël, et la Syrie.Dans un entretien à une télévision arabe, le cheikh Tarif a indiqué que la dernière venue de druzes syriens sur la tombe de Nabi Chouaïb remontait à “environ 51 ans”, soit vraisemblablement 1973, année de la quatrième guerre israélo-arabe au cours de laquelle la Syrie avait tenté, en vain, de reprendre la partie du Golan conquise par Israël en juin 1967.A Majdal Shams, les visiteurs avaient été accueillis par une centaine de druzes entonnant des chants de bienvenue, tapant dans leurs mains.- “Droit légitime” -“C’est leur droit légitime d’aller dans les lieux saints ici et c’est notre droit d’entrer dans notre pays (la Syrie) pour rendre visite à nos familles et aller sur les lieux saints”, a expliqué Joulan Abou Zeid, un habitant de Majdal Shams qui, comme la majorité des 24.000 Druzes du Golan, se définit avant tout comme Syrien.Mais de l’autre côté de la ligne de démarcation, un communiqué signé d’habitants du village de Hadar a condamné “fermement” cette visite. “Nous n’avons pas oublié et n’oublierons pas les crimes et les violations commis par (Israël) contre notre peuple au Golan, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza”, ajoute le texte.Dès la chute à Damas du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie, à la lisière de la partie de ce plateau occupée puis annexée par Israël en 1981.Seuls les Etats-Unis, sous la première administration de Donald Trump, ont reconnu cette annexion en 2019. – “10.000 colis d’aide” -Israël assure avoir pris le contrôle de la zone tampon pour “défendre” les communautés qui vivent sur le plateau du Golan et les citoyens israéliens. Le porte-parole du gouvernement israélien, David Mencer, a indiqué jeudi que 10.000 colis d’aide humanitaire avaient été fournis à “la communauté druze dans des zones de combat en Syrie” ces dernières semaines. Les druzes d’Israël forment une minorité arabophone d’environ 150.000 personnes réputée pour son patriotisme, et sont surreprésentés dans l’armée et la police par rapport à leur nombre. Début mars, à la suite d’escarmouches dans une banlieue de Damas à majorité druze et chrétienne, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a menacé d’une intervention militaire si les autorités syriennes s’en prenaient aux druzes. Ces propos ont été immédiatement rejetés par les dignitaires druzes, qui ont réaffirmé leur attachement à l’unité de la Syrie.
Une délégation de cheikhs druzes syriens s’est rendue en Israël vendredi pour la première fois depuis cinquante ans sur fond de soutien affiché de l’Etat hébreu à cette communauté religieuse dans la Syrie de l’après Bachar al-Assad.A bord de trois bus blancs escortés par des véhicules militaires israéliens, plusieurs dizaines de religieux ont traversé la ligne de cessez-le-feu à Majdal Shams, dans la partie du Golan syrien occupée par Israël peu avant 11h30 (09h30 GMT), ont constaté des journalistes de l’AFP.Selon une source au sein de la communauté, ils ont rencontré le chef religieux des druzes d’Israël, cheikh Mowafaq Tarif, à Julis, dans le nord du pays, avant d’aller prier près de Tibériade sur le site du tombeau de Nabi Chouaïb, plus haut lieu saint druze en Israël où ils sont arrivés dans la soirée.Plusieurs centaines de personnes ont accueilli les pèlerins en chantant et dansant, agitant des drapeaux vert, rouge, jaune, bleu et blanc, les couleurs de cette communauté. D’autres tiraient des coups de feu en l’air. Tous étaient habillés de noir et portaient la coiffe traditionnelle blanche et rouge. – “Submergés par l’émotion” -“Nous sommes submergés par l’émotion en accueillant nos frères, desquels nous avons été séparés tant d’années par la politique et les fils barbelés”, a dit à l’AFP Salim Zeidan, 74 ans.Cet enseignant à la retraite est venu du Mont Carmel, à Haïfa (nord) pour voir des membres de sa famille faisant partie de la délégation.Nabi (“prophète” en arabe) Chouaïb est un des prophètes mentionnés dans le Coran, dont la figure est associée à Jéthro, le beau-père de Moïse, dans le récit biblique. Les druzes, adeptes d’une religion ésotérique issue de l’islam, sont répartis entre la Jordanie, le Liban, Israël, et la Syrie.Dans un entretien à une télévision arabe, le cheikh Tarif a indiqué que la dernière venue de druzes syriens sur la tombe de Nabi Chouaïb remontait à “environ 51 ans”, soit vraisemblablement 1973, année de la quatrième guerre israélo-arabe au cours de laquelle la Syrie avait tenté, en vain, de reprendre la partie du Golan conquise par Israël en juin 1967.A Majdal Shams, les visiteurs avaient été accueillis par une centaine de druzes entonnant des chants de bienvenue, tapant dans leurs mains.- “Droit légitime” -“C’est leur droit légitime d’aller dans les lieux saints ici et c’est notre droit d’entrer dans notre pays (la Syrie) pour rendre visite à nos familles et aller sur les lieux saints”, a expliqué Joulan Abou Zeid, un habitant de Majdal Shams qui, comme la majorité des 24.000 Druzes du Golan, se définit avant tout comme Syrien.Mais de l’autre côté de la ligne de démarcation, un communiqué signé d’habitants du village de Hadar a condamné “fermement” cette visite. “Nous n’avons pas oublié et n’oublierons pas les crimes et les violations commis par (Israël) contre notre peuple au Golan, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza”, ajoute le texte.Dès la chute à Damas du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie, à la lisière de la partie de ce plateau occupée puis annexée par Israël en 1981.Seuls les Etats-Unis, sous la première administration de Donald Trump, ont reconnu cette annexion en 2019. – “10.000 colis d’aide” -Israël assure avoir pris le contrôle de la zone tampon pour “défendre” les communautés qui vivent sur le plateau du Golan et les citoyens israéliens. Le porte-parole du gouvernement israélien, David Mencer, a indiqué jeudi que 10.000 colis d’aide humanitaire avaient été fournis à “la communauté druze dans des zones de combat en Syrie” ces dernières semaines. Les druzes d’Israël forment une minorité arabophone d’environ 150.000 personnes réputée pour son patriotisme, et sont surreprésentés dans l’armée et la police par rapport à leur nombre. Début mars, à la suite d’escarmouches dans une banlieue de Damas à majorité druze et chrétienne, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a menacé d’une intervention militaire si les autorités syriennes s’en prenaient aux druzes. Ces propos ont été immédiatement rejetés par les dignitaires druzes, qui ont réaffirmé leur attachement à l’unité de la Syrie.
