Foot: au Portugal, rien n'ébranle le statut de patron de Cristiano Ronaldo

L'attaquant de Manchester United et international portugais Cristiano Ronaldo (G) sur le banc des remplaçants lors du match de championnat d'Angleterre à Southampton, le 27 août 2022

Qu’il joue ou non avec Manchester United, Cristiano Ronaldo fait toujours l’unanimité au Portugal, où le quintuple Ballon d’Or reste considéré comme le pilier de la Seleçao en vue du Mondial au Qatar.

L’attaquant de 37 ans, habitué durant sa carrière à disputer pratiquement toutes les rencontres dans leur intégralité, se trouve relégué sur le banc en ce début de championnat d’Angleterre: “CR7” n’est entré en jeu que pour disputer les dernières minutes face à Liverpool et Southampton. A tel point que son avenir chez les Reds Devils apparait incertain jusqu’à la toute fin du mercato jeudi soir.

Mais, au Portugal, son statut de patron de la sélection, avec laquelle il totalise près de 200 capes et 117 réalisations, ne fait toujours aucun doute.

Pour certains, la défaite infligée en juin par la Suisse (1-0) en Ligue des nations a même confirmé que la Seleçao souffrait toujours de sa Ronaldo-dépendance. Sans lui, les champions d’Europe 2016 se sont procuré beaucoup d’occasions mais ne sont pas parvenus à trouver la brèche.

– “Cristiano c’est Cristiano” –

“Même s’il ne joue pas, Cristiano c’est Cristiano. C’est un honneur de l’avoir dans notre sélection. Même à 37 ans, on peut toujours compter sur lui”, a estimé la semaine dernière l’attaquant de l’Atlético Madrid Joao Félix, dans un entretien à ESPN.

Alors que le Mondial-2022 au Qatar approche à grands pas –le Portugal entrera en lice le 24 novembre face au Ghana (groupe H)–, d’autres veulent même voir un effet potentiellement bénéfique à la réduction du temps de jeu du capitaine portugais.

“On peut voir sa situation comme une occasion pour lui d’arriver frais pour disputer le Mondial”, a récemment affirmé un célèbre commentateur du football portugais, Antonio Tadeia.

“Je ne suis pas partisan de l’idée que si Ronaldo ne joue pas à Manchester, il ne doit pas jouer en sélection”, a-t-il conclu dans un de ses podcasts.

Il y a tout juste un an, avant de quitter la Juventus Turin pour retrouver Manchester United au dernier jour du mercato, Cristiano Ronaldo avait déjà moins joué en début de saison… pour ensuite devenir le meilleur buteur des Red Devils avec 24 réalisations, toutes compétitions confondues.

– “Equipes de haut niveau” –

Insuffisant néanmoins pour permettre aux Red Devils de se qualifier en Ligue des champions, une déception qui a largement contribué aux envies d’ailleurs du Portugais, meilleur buteur de l’histoire de la compétition (140) devant l’Argentin Leo Messi (125).

Sur cette exigence, “CR7” trouve assez aisément des défenseurs dans son pays.

“Certains n’apprécieront pas son comportement, mais je pense que la plupart ont compris (…). Cristiano Ronaldo ne veut être que dans des équipes de haut niveau qui se battent pour des titres”, a commenté Daniel Sa, spécialiste en marketing sportif à l’Institut portugais de l’administration et du marketing (IPAM), dans un entretien au Diario de Noticias.

Ces derniers jours, la presse sportive portugaise n’a par ailleurs pas accordé beaucoup d’importance aux rumeurs prédisant un retour au Sporting Portugal, son club du cœur, qualifié pour la C1, et où Cristiano Ronaldo a été formé avant son premier séjour à Manchester de 2003 à 2009.

Aucune information notable n’a été relayée sur cet éventuel transfert, et notamment sur la question d’une baisse de salaire qui en résulterait, compte tenu des contraintes économique du club lisboète.

Au Sporting, aucun joueur ne gagne plus de deux millions d’euros par an alors que Cristiano Ronaldo émarge à quelque 30 millions d’euros annuels.

Interrogé samedi sur la possibilité d’un retour de la superstar, l’entraîneur des “Lions”, Ruben Amorim, s’est montré très sceptique.

“Ronaldo est un joueur de Manchester United et je pense qu’il le restera”, a dit le jeune coach de 37 ans.